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Se souvenir et espérer – Texte : Nathalie Courcy

Aujourd’hui, 1er juillet 2021, nous fêtons le Canada. C’est la fête de notre grand

Aujourd’hui, 1er juillet 2021, nous fêtons le Canada. C’est la fête de notre grand pays. Nous célébrons le fait d’être Canadiens et Canadiennes.

Le drapeau unifolié sera à mi-mât cette année. Notre drapeau en deuil de nos enfants.

Un peu partout sur notre immense territoire, des tombes de bébés et d’enfants des Premières Nations ont été et seront découvertes, après avoir été recouvertes par la terre et le secret pendant des décennies.

Ce jour de fête se transforme en jour de deuil national. Les chandails rouges et blancs qui envahissaient habituellement la Colline parlementaire d’Ottawa prendront des teintes orangées cette année. Les visages maquillés en rouge et blanc seront tristes. Des manifestations de peine et d’appel à la justice seront sûrement entendues, aujourd’hui et dans les années à venir.

Appelons à la mémoire. Appelons à l’harmonie. Appelons au pardon, mais pas un pardon naïf qui se retourne et oublie. Appelons à l’humanité et à la diversité. La vraie, pas juste la politique ou la « pour faire beau ».

Appelons à la Vérité ; pas celle enseignée dans les cours d’histoire, qui donne juste une version, juste une partie. Ouvrons la discussion. Répondons aux questions de nos enfants. Osons une prière ou une pensée sincère pour ces enfants, pour ces familles. Pour nos enfants, pour nos familles.

On ne peut pas changer le passé. D’autres générations, motivées par d’autres croyances et d’autres principes, ont commis des crimes odieux. Le Canada a changé, mais le racisme existe encore. Le racisme blesse et tue encore. La discrimination fait des victimes chaque jour, malgré la bonne volonté des citoyens et des dirigeants. Mais ça ne sert à rien de se sentir coupable et de continuer notre chemin. Il faut agir, même à hauteur individuelle.

Pourquoi ne pas profiter de ce jour de commémoration pour regarder des reportages en ligne sur l’histoire des pensionnats autochtones ou pour lire le livre d’un auteur des Premières Nations ? Combien d’artistes autochtones connaissez-vous ? Elisapie Isaac, Norval (Oiseau-Tonnerre de cuivre) Morrisseau, Kathia Rock, Alanis Obomsawin, Q052, Hannah Claus, Ayimach, Kent Monkman, Jemmy Echaquan Dubé, Natasha Kanapé-Fontaine… Ça vaut franchement la peine de s’intéresser à eux et à leur travail. La sensibilisation passe souvent par l’art, c’est une occasion à ne pas manquer de jouer notre rôle dans la construction d’un meilleur monde, d’un pays plus juste. On ne veut surtout pas que l’histoire se répète, peu importe la couleur de la peau, les croyances, l’origine, la langue.

Cette année, on peut utiliser le 1er juillet pour plus grand qu’un congé ou un déménagement. On peut l’utiliser pour se souvenir et espérer. Espérer que ça n’arrivera plus jamais, à aucune nation.

Si vous êtes un membre des Premières Nations ou si vous êtes bouleversés par l’actualité, vous êtes invités à contacter la Ligne d’écoute d’espoir (sac-isc.gc.ca) (1-855-242-3310 ou clavardage à https://www.espoirpourlemieuxetre.ca/).

Nathalie Courcy

Mon prof d’histoire – Texte : Véronique Daigle

Il y a de cela un peu plus de 20 ans, assise sur une chaise orange

Il y a de cela un peu plus de 20 ans, assise sur une chaise orange au secondaire, je tombais sous le charme de mon prof d’histoire. Il était de ceux qui dégageaient une telle prestance et un savoir à couper le souffle. Assise sur ma chaise orange, j’aurais pu l’écouter me parler de guerre et de politique pendant des heures et des heures. Il était captivant, intéressant et surtout, il savait motiver les élèves devant lui. Il y a de cela un peu plus de 20 ans, assise sur cette même chaise orange, j’ai compris que je voulais être comme lui.

Devenir enseignante n’est pas une décision que j’ai prise à la légère. Mon amour pour les enfants et ma passion pour l’éducation ont toujours été au centre de ce choix de carrière. Depuis des années que je me lève chaque matin avec l’envie de changer le monde à ma façon, un enfant à la fois. Je me souviens de cette première étincelle dans les yeux d’un élève. Je me rappelle cette fierté que j’ai dignement pavanée. Apprendre à la génération de demain est certainement une vocation, mais pour moi cela était une passion.

Les années ont passé et avec un immense regret, j’ai vu le métier d’enseignant perdre son blason doré. La charge de travail ne cesse d’augmenter et les groupes classes ne cessent de s’agrandir au détriment du bien-être des enfants. Les mêmes enfants qui, un jour, deviendront les adultes de demain. Je n’avais jamais pensé voir mon métier d’un œil différent. Malheureusement, je ne peux plus me mettre la tête dans le sable telle une autruche. L’éducation va mal, l’éducation a mal.

J’ai toujours dit qu’il faut investir dans ce qui nous tient à cœur. Investir pour développer, investir pour bâtir. Cependant, les hauts dirigeants ne semblent pas voir la réalité. Les yeux fermés, ils continuent de dire que tout va bien quand tout s’écroule. Comment est-ce possible de continuer d’ignorer quand autant de gens pointent la situation ? Une question qui reste malheureusement sans réponse. J’entends déjà les gérants d’estrade nous traiter nous, les enseignants, de bébés gâtés. Nous remettre sur le nez nos vacances d’été que nous payons à même notre propre salaire. Toi, le gérant d’estrade, as-tu déjà regardé pourquoi moi, l’enseignante, je milite ?

 

J’ai à cœur la réussite de mes élèves. J’ai le souci du bien-être de ceux-ci. J’ai la conviction qu’avec mes demandes, ils seront plus heureux, plus entendus et mieux soutenus. Les enfants sont des êtres humains avec des forces et des faiblesses. Ils ont besoin de cheminer à leur propre rythme dans un milieu adapté à leurs besoins. Ils ont besoin d’une enseignante présente qui peut passer du temps un à un avec eux. Ils ont besoin de différenciation et non de globalité. Ils ont besoin de moi et avec la réalité d’aujourd’hui, je sens que je n’y arrive plus. Qu’allons-nous faire ?

Assise sur cette chaise orange il y a de cela quelques années, en regardant mon prof d’histoire enseigner, j’y croyais.

Ma flamme pour l’enseignement n’est pas éteinte. Elle vacille doucement, mais fragilement. Il est temps d’investir dans l’avenir des enfants. Il est temps de redonner au mot ÉDUCATION son blason doré.

Une enseignante de cœur qui aime son métier.

Véronique Daigle

Non planifiés, mais tout autant désirés – Texte : Maggy Dupuis

Lorsque les gens apprennent que ton petit ventre réchauffe désorma

Lorsque les gens apprennent que ton petit ventre réchauffe désormais l’embryon qui t’a choisie, une panoplie de questions arrivent aussitôt. En dehors des traditionnelles félicitations, on nous submerge de questions. Une de celles-ci me fait grincer les dents : « Est-ce que c’était prévu ? » Comme si tous les couples ne se devaient pas de vivre leur désir de procréer en toute intimité.

Si je suis enceinte et que j’annonce la nouvelle, que cet enfant ait été planifié depuis des semaines, des mois, voire des années, ou qu’il soit arrivé dans nos vies rapidement, ça ne regarde que nous. Que le couple décide d’aborder le sujet, c’est une chose. Le lui imposer en est une autre.

Ayant eu une grossesse à 19 ans, prenant méticuleusement mon comprimé, l’imprévu a traversé notre route après un mince deux mois de fréquentation. Oui, nous avons dû nous ajuster, nous avons dû apprendre à vivre ensemble et nous connaître au milieu des hormones de grossesse. Idéal ? Non. Réalisable ? OUI. Vous comprenez donc que la question est revenue souvent à mes oreilles. Souvent même de la part de parfaits inconnus. En ligne au supermarché. Chez le médecin. Des gens qui s’exclamaient : « Oh ! Tu vas faire quoi ? » Je vais le chérir, madame, l’aimer de toutes mes forces et tenter de lui offrir ce que je peux lui offrir de meilleur. Lui donner la tendresse et l’attention dont il aura besoin. Je vais me lever chaque nuit pour le bercer, le bécoter, le cajoler, le sécuriser et le consoler. Je vais faire ce que tout parent se doit de faire. J’imagine qu’avec l’amour et des parents aimants qui prennent leurs responsabilités, tout devrait bien aller.

Puis un jour, quand mon fils avait un an et demi, chez le pédiatre… j’arborais ma deuxième petite bedaine de quelques mois déjà. Une dame dans la salle d’attente me regardait sans cesse. Elle a fini par me cracher au visage ses vulgaires paroles que voici : « Tu ne trouvais pas qu’un accident, c’était déjà assez à l’âge que t’as ? T’as pas l’air bien vieille. »

Mes enfants ne sont pas des ACCIDENTS. Mes enfants n’ont peut-être pas été prévus au calendrier ou faits dans l’ordre idéal des choses, mais JAMAIS mes enfants ne se feront nommer comme étant des accidents. Un accident, c’est quelque chose que tu ne souhaites pas et qui t’arrive un jour. Un enfant, même s’il n’était pas prévu, ne peut pas porter ce terme sur ses épaules. Un enfant à la base, c’est la vie. C’est une décision que nous prenons en toute connaissance de cause. C’est un choix. Si je mène ma grossesse à terme et que NOUS faisons le choix de lui faire voir la vie, il a tout le mérite de porter le mot « enfant » comme n’importe quel autre enfant que les parents ont mis quatre ans à avoir.

J’ai trois garçons, dont deux non planifiés, et dès le jour où j’ai su qu’ils se cachaient au fond de moi, je les ai immédiatement désirés.

Maggy Dupuis

Inspirer, expirer : la petite histoire d’une garde partagée – Texte : Julie Lévesque

Préparer le sac de transfert, tes petits patins, les rares objets q

Préparer le sac de transfert, tes petits patins, les rares objets qui ne sont pas en double dans l’autre maison. Inspirer, expirer. Faire une réserve de bisous sur ton joli visage au cas où tu en aurais besoin quand je ne serai pas là. Oui, je sais… c’est moi que ça rassure.

Te prendre dans mes bras, te serrer fort, avoir chaque fois une petite humidité dans le regard. Je ne sais pas quand ça va passer ou si ça passera un jour. Je n’en ai pas l’impression.

Prendre place dans la voiture, mettre des chansons que tu aimes, chanter fort et rire encore. Être parfois aussi en silence parce que c’est toujours un peu difficile de se séparer. Inspirer, expirer jusqu’à l’autre maison.

Te sortir de la voiture, te voir si grande déjà du haut de tes cinq ans aller retrouver ton papa d’amour. Cogner à la porte, inspirer, expirer. Te rappeler avec le sourire pour la 100 000e fois combien je t’aime. Et surtout, te dire de passer une super fin de semaine avec ton papa à t’amuser et à faire plein de belles activités ! Voir ton magnifique sourire une dernière fois et fermer la porte.

Je sais que tu seras bien. Soupirer de soulagement. Un baume.

M’asseoir dans la voiture, inspirer, expirer et ne pas être capable de contenir les maudites larmes qui arrivent comme un torrent dans mes yeux… encore une fois.

Aller prendre soin de moi, parce que ça aussi, c’est important. Inspirer, expirer…

Julie Lévesque

Ils nous font vivre les plus belles années de notre vie.

Nous étions des adolescents. Nous voulions plus de pouvoir, plus de respo

Nous étions des adolescents. Nous voulions plus de pouvoir, plus de responsabilités, plus de liberté. Nous nous sentions comme des lions invincibles pris en cages… Nous avions si hâte d’avoir un réel pouvoir de décision sur nos propres vies, sur l’avenir. Nous sommes tous passés par cette période un peu sombre où notre corps changeait et pendant laquelle on se sentait totalement impuissants.

Puis, jeunes adultes, nous tentions de notre mieux de profiter de cette nouvelle liberté, tout en essayant de nous construire une vie réelle d’adulte. Nous nous sommes heurtés à ces nouvelles responsabilités, si lourdes à porter. Les changements d’emplois, le parcours universitaire, les soucis financiers, etc. On imaginait une grande période digne des années Peace and Love, mais on a vite frappé le mur de la réalité.

Maintenant, adultes assumés, nous sommes comblés par la vie. Nous avons choisi nos carrières. Nous avons appris à nous connaître et par‑dessus tout, à nous respecter nous‑mêmes dans nos choix. Nous avons exilé de nos vies les personnes toxiques pour choisir de rester avec celles qui nous font du bien. Nous avons mis au monde des petits êtres. Puis, nous avons compris. Compris la vie.

Nous regardons ces petits humains, créés avec tant d’amour. Ils grandissent, s’épanouissent et découvrent peu à peu qui ils sont. Nous sommes tous persuadés que nos enfants accompliront de grandes choses. Et pour l’instant, on profite d’eux, de leur présence. Ils nous font vivre les plus belles années de notre vie. Rien de moins.

Quand ils partiront vivre leur vie, nos grandes maisons seront tout à coup plus propres, mais tellement plus vides. Nos portefeuilles seront plus pleins, mais cela nous semblera tellement futile… Le temps aujourd’hui file à une vitesse folle. Quand nous serons vieux, ce même temps passera un grain de sable à la fois et nos longues journées seront bien calmes.

Le meilleur de nos vies, c’est maintenant. Avec nos enfants. Avec ces petits êtres qui n’ont encore aucun souci sur les épaules. Leurs rires, leur amour, leur magie, leur naïveté… C’est tellement ça, la vie. Je pense que l’on a commencé à vivre réellement le jour où on les a mis au monde. On a beau être allés à l’école pendant vingt ans, ce sont ces petits êtres qui nous apprennent ce qu’est la vie, et ce, chaque jour.

Alors nous devrions tenter d’en profiter au maximum. Profiter d’eux. Les dettes vont être encore là dans vingt ans. Le ménage sera encore à faire dans vingt ans. Mais dans vingt ans, nous n’aurons plus la chance de partager nos quotidiens avec eux. C’est notre vie d’adulte que l’on devrait mettre sur pause pour prendre le temps de vivre leur enfance avec eux.

Ils sauront nous réapprendre toutes ces petites choses que l’on a oubliées. Regarder voler un papillon comme si c’était magique. Jouer dans la piscine sans se soucier de la température. Faire des bulles et trouver que c’est la plus belle expérience scientifique au monde. Se balancer au parc comme si c’était possible de s’envoler. Courir au ralenti à la Tag pour donner une chance aux plus petits de nous toucher. Pis être content d’être la Tag… Ne pas vouloir dormir ni aller se laver, parce que ce sont des minutes de moins à jouer…

Il est plus que temps d’arrêter de perdre patience en essayant de les faire entrer dans notre horaire, dans nos vies d’adultes. Il est plus que temps de mettre nos cerveaux sur pause pour vivre la vraie vie avec eux et à travers leurs yeux. Parce que nos enfants nous font vivre les plus belles années de notre vie. Maintenant. Alors, allez en profiter.

Joanie Fournier

 

Je ne veux pas que ça finisse!

Ne me lancez pas des roches (de toute façon, je suis à plus de deu

Ne me lancez pas des roches (de toute façon, je suis à plus de deux mètres). Pas tout de suite, en tout cas. Attendez au moins d’avoir lu jusqu’au bout.

Le confinement, je ne veux pas que ça finisse (à quelques détails près).

Le coronavirus, oust. DÉGAGE! Tu nous fais mal, tu déjoues nos efforts et nos lavages de mains.

Les questionnements angoissants : Jusqu’à quand le compte en banque résistera‑t­‑il à la perte d’emploi? Le test, il est positif ou négatif? Qui nous appelle au milieu de la nuit?… Tout ça, on le jette aux poubelles, que dis-je, au déchiqueteur.

Les humains qui tombent comme des mouches, comme dans la chanson « Plus rien » des Cowboys fringants : on fait un reset, on arrête le carnage!

Les mourants que personne ne veille parce qu’ils ne peuvent pas être les bienvenus, les funérailles où seul le mort est invité, c’est trop. C’est inhumain, insupportable.

Les statistiques qui roulent en boucle aux nouvelles : la courbe, on ne veut pas l’aplatir, on veut l’écrapoutir.

À tous ceux qui vivent les contrecoups de la pandémie (bref, tout le monde, genre, tout humain qui habite sur la planète Terre en ce moment), sachez que je suis de tout cœur avec vous en pensées, en ondes et en tout ce que vous voudrez.

 

Mais pour le reste? J’ose dire que j’en prendrais encore longtemps :

Des tonnes de câlins matin, midi et soir avec mes cocos, n’importe quand!

Des journées en famille, en pyjama ou pas, go! User mes pantoufles, j’adore ça!

Aucune obligation sociale, même pas celle de se maquiller…

Pas de centres commerciaux pour aller dépenser (désolée pour l’économie mise à mal ; ce n’est rien contre les entrepreneurs ni les employés… c’est juste que je suis mieux dans mon cocon que coincée dans le capitalisme)…

Pas de parades de conducteurs stressés deux fois par jour, pas de nervosité à l’idée d’arriver en retard à un rendez-vous ou à l’école, pas de « dépêche‑toi », pas de « tabarouette, l’essence a encore monté »…

La chance de télétravailler aux côtés de mon amoureux (et de créer des stratégies pour rester concentrés)…

Pas de taxi-mom, pas de papou-taxi…

Des repas partagés, des recettes inventées, mille occasions de s’entraider…

La permission de vivre et d’apprendre au rythme de chacun, pas de pression, pas d’évaluations…

Pas d’appels de l’école pour discuter d’un comportent dérangeant ou d’un devoir non remis (un soulagement, je vous dis!)…

Mon rêve d’enseigner à mes enfants, même si dans ma tête, ça ne se passait pas comme ça…

Du temps en quantité pour écouter mes enfants, les entendre rire, accueillir leurs plaintes (« C’est long, maman! Quand est-ce qu’on retourne à l’école? ») et trouver des solutions, pour observer leurs défis, leurs progrès, pour combler leurs besoins et les convaincre que les autres aussi en ont…

Des semaines intensives de maternage pour analyser l’impact de mes interventions parentales, pour admirer les fleurs qui poussent et ajouter un tuteur là où la tige a poussé croche…

Du soleil pour jouer, de la pluie pour danser, de la neige pour se blottir au chaud avec un bon roman…

Le ciel qui se dégage, les rivières qui retrouvent leur transparence, la planète qui arrête de trembler de peur…

Le temps de prendre le temps…

Tout ça, j’en prendrais encore longtemps. Plus la permission d’aller voir ma maman.

Nathalie Courcy

Ce que je vous souhaite, mes beaux enfants

Mi-quarantaine et boom! J’ai besoin de m’épanouir. J’ai besoi

Mi-quarantaine et boom! J’ai besoin de m’épanouir. J’ai besoin de ce petit plus, de cette petite étincelle qui rallumera ma flamme et cassera mon traditionnel métro-boulot-dodo.

Oui, j’ai toujours la flamme de développer ma nouvelle compagnie, mais j’en veux plus. Et là, ma tête va de tout bord, tout côté… nouveau travail, retour aux études? Et entre ça, mon travail, ma compagnie, les enfants, la maison… mais que faire? Après 24 ans en entreprise à pratiquer un métier non traditionnel, malgré l’obtention d’un baccalauréat il y a 20 ans, qu’est-ce que je fais de moi? Et c’est là que ce texte m’est venu.

Ce que je vous souhaite pour l’avenir mes beaux enfants…

Je vous souhaite de toujours faire ce qui vous passionne le plus.

Je vous souhaite de vous dépasser au maximum dans tout ce que vous allez entreprendre et surtout, de voir un échec ou un refus comme un signe que l’avenir vous apportera quelque chose de meilleur.

Je vous souhaite des études qui viendront allumer la flamme dans votre esprit et qui vous guideront vers un travail que vous aimerez au point de le pratiquer toute votre vie. Un travail qui vous procurera les défis desquels vous avez besoin pour vous sentir complets.

Je vous souhaite des amis qui vous aideront et qui seront là dans les meilleurs moments, mais aussi dans les pires. Des amis comme les miens qui seront toujours là pour vous. Là pour vous écouter, là pour vous faire passer des moments inoubliables.

Je vous souhaite un amoureux ou une amoureuse qui sera plus que ça. Un amoureux ou une amoureuse qui est aussi votre compagnon de vie. Sur qui, dans les mauvais moments, vous pourrez vous appuyer. Qui vous tiendra la main et qui vous dira que tout va bien, que tout ira bien. Un amoureux ou une amoureuse avec qui vous pourrez rire aux larmes. Une personne qui ne brisera pas votre cœur et qui saura vous comprendre, vous écouter, vous aimer à votre juste valeur car oui, nous avons tous le droit d’être aimé!

Et surtout, et surtout… je vous souhaite d’avoir des enfants aussi extraordinaires, forts, résilients et beaux que vous deux!

Annie Corriveau

 

Redécouvrir ses enfants

Je l’ai souvent dit, je n’ai jamais autant ri que depuis que je

Je l’ai souvent dit, je n’ai jamais autant ri que depuis que je suis maman. L’apprentissage du langage, les découvertes maladroites, les explorations un peu gauches nous offrent de nombreux fous rires. Quand on ajoute à ça leur personnalité qui se dessine et leur sens de l’humour qui se développe, il n’en faut pas plus pour nous attendrir.

Notre grand de trois ans et demi désamorce depuis peu de manière savoureuse les moments de tension (lire ici : tester nos limites et se rendre compte qu’il les a presque atteintes) avec humour. Il nous répond « ok, j’accepte » à la consigne qu’on lui donne (pour la dernière fois, il le sent!) comme s’il nous faisait une faveur, ou « d’accord patron-maman », le sourire dans l’œil. Ça fonctionne à tout coup et l’ambiance s’adoucit. Il nous a habitués à son humour et à ses éclats de tendresse. Il nous fait encore autant rire et continue de nous surprendre, mais son genre d’humour est maintenant bien défini et s’affine tranquillement.

Depuis un peu plus de deux mois, notre bébé de vingt mois a lui aussi commencé à nous étonner et à nous prendre par surprise. Il tente de nous faire rire, veut faire des blagues à son grand frère et est très taquin. Il s’esclaffe de rire, de manière un peu exagérée, lorsque nous rions aussi. Il comprend qu’il nous fait rire et répète le geste ou le son qui a déclenché la risée. Ce qu’il préfère, c’est quand son grand frère le trouve drôle. Là, il redouble d’énergie pour que ça ne s’arrête pas.

Mais ce qui me touche le plus, c’est lorsque je suis témoin de leur tendresse, de leur douceur, de leur désir de prendre soin des autres. Nous sommes allés rencontrer le bébé tout neuf de nos précieux, parrain et marraine de notre plus jeune. Il était si doux! Il lui donnait de petits becs, des câlins et redemandait à le prendre. Il était lui-même attendri, notre encore-bébé-pour-si-peu-de-temps-encore, par ce si petit bébé. J’étais tellement émue de le voir aller ainsi. C’était la première fois qu’on le voyait interagir avec réellement plus petit que lui.

Et notre grand qui chante une chanson à son petit frère pour le consoler, qui lui « lit » des histoires, qui nous fait des massages, qui nous aide à ranger, qui nous raconte des histoires de plus en plus longues et élaborées… On n’a pas fini d’être fasciné par nos minis!

Jessica Archambault

 

Laissez-les jouer!

C’est le festival des yeux rougis et des épaules qui tressautent

C’est le festival des yeux rougis et des épaules qui tressautent sous la force des sanglots. Dans une boîte, un corps. Une personne aimée. Adorée. Partie trop jeune. Beaucoup trop jeune.

Il fait froid dans la salle et dans nos cœurs. On ressent le vide immense laissé par cet être cher. On gèle… Plus tard, à la réception, on aura la force de se remémorer quelques anecdotes plus rigolotes. Le son de son rire. Ses rêves d’enfance. Et ceux qu’elle avait pour ses enfants. Devenus orphelins.

Mais pour l’instant, on observe le silence rituel. On chuchote nos condoléances. On entend le voisin se moucher, discrètement. On regarde le plancher parce qu’au moins, lui ne nous fait pas pleurer. L’atmosphère est lourde.

Et puis, il y a ces enfants qui jouent à la cachette entre les chaises. Les plus jeunes qui chevauchent les épaules des plus vieux. Une table avec des cahiers à colorier, quelques collations. Un enfant endormi au creux d’un fauteuil. Il est capable d’oublier ce qui se passe à l’instant, le chanceux… Un bébé qui réclame bruyamment son lait ou sa routine.

Il fut un temps où petits et grands avaient la même obligation lors des cérémonies mortuaires. À genou, debout, chut! Contenance obligatoire. Comme si le deuil faisait vieillir de vingt ans. Mais plus maintenant.

J’ai tellement passé de temps dans les salons funéraires que je m’y sens chez moi. Et chaque fois, je remarque les yeux embués qui s’illuminent quand un enfant reste un enfant. Je remarque la tension qui baisse de quelques échelons dès qu’un jeune parent entre dans la pièce avec son bébé. Je vois les regards soulagés de pouvoir observer les enfants qui jouent au lieu de n’avoir que le cercueil comme seul point de mire. Je vois les sourires au milieu des larmes. À la vue des enfants, on se souvient que la vie continue…

Je n’amènerais pas mes enfants « pour le fun » dans un salon mortuaire ou dans des funérailles, mais je ne m’empêcherai jamais de les y amener pour une personne proche ou s’ils demandent de m’accompagner. Et surtout (dans les limites du raisonnable, bien sûr!), je ne les empêcherai jamais d’être des enfants.

Au salon comme partout, les enfants ont un pouvoir magique : celui de s’ancrer dans le moment présent et de faire sourire les gens.

Nathalie Courcy

Maman… AIDE-MOI!

J’ai beaucoup hésité à écrire ce texte. Même en écrivant ces

J’ai beaucoup hésité à écrire ce texte. Même en écrivant ces lignes, je doute toujours. Ce soir-là, j’ai pleuré en me demandant si la vie ne s’était pas trompée en me donnant le titre de maman…

Pourtant, c’était un dimanche soir plus que banal. On terminait notre souper. C’est vrai que dans la journée, il y avait eu beaucoup de frictions entre sœurs et entre maman et enfants. Pourtant, le souper se déroulait plutôt bien malgré tout.

Une simple petite phrase a tout fait basculer : « Mady, n’oublie pas, il faut faire tes devoirs ce soir. » J’aurais dû comprendre, avec son « non » tranchant et un peu agressif, de ne pas insister. Pourtant, j’ai succombé à la pression scolaire… j’ai insisté.

La tornade a touché terre à ce moment. Une crise forte, trop forte à mon avis, pour ce que je lui avais demandé. Des objets fusaient de tout bord tout coté. Des larmes, des cris, des mots durs sortaient de sa bouche. Toutes les tensions accumulées dans cette journée, cette semaine ou même ce mois s’évacuaient dans cet énorme débordement.

J’ai fermé les yeux et j’ai voulu mettre ma soirée sur pause. Rembobiner la cassette juste avant le moment qui a déclenché la crise. Malheureusement, je ne pouvais pas… Je devais vivre ça.

Mais mon cerveau refusait de gérer ça. J’ai regardé mon chum, en le suppliant du regard de m’aider. Je me suis butée à la même demande dans ses yeux.

Alors j’ai crié moi aussi, crié plus fort qu’elle. Je l’ai conduite dans sa chambre. Je lui ai interdit de sortir tant qu’elle ne serait pas calmée. J’ai fermé la porte sur ses pleurs, ses cris. J’ai fermé la mienne pour étouffer mes pleurs, mon désespoir.

Ma petite Boucle d’or est revenue plus tard, toujours en pleurant mais sans colère, me donner un petit carnet.

Elle y avait écrit son désespoir et me suppliait de l’aider à se comprendre. Elle se sentait perdue. Perdue face à ses explosions de colère qui la submergeaient, la contrôlaient.

Les larmes ont recommencé à rouler sur mes joues. Je n’ai pas compris ma fille, je n’ai pas vu toute cette peine, cette incompréhension, cette douleur en elle.

Je sentais que j’avais échoué dans mon rôle de maman. Même encore ce matin en vous écrivant, je me demande pourquoi je n’ai rien vu…

Mélanie Paradis

Offrir son temps pour les enfants

Ce matin, j’ai eu la chance d’accompagner mes collègues pour re

Ce matin, j’ai eu la chance d’accompagner mes collègues pour remettre un beau chèque à Opération Enfant Soleil ☀️.

Je m’attendais à être émue devant les enfants malades, à regarder mes filles en me demandant : « Et si c’était elles? ». Je m’y attendais et c’est arrivé.

Toutefois, je ne m’attendais pas à découvrir tous ces bénévoles, bien cachés derrière nos écrans de télés… Des humains au grand cœur, unis pour une cause rassembleuse.

Parce qu’un enfant, ça ne devrait pas être malade. Un enfant, ça court, ça fait du bruit, ça te saute au cou…

Des humains unis pour les enfants et pour leurs proches.❤️

Parce qu’une famille, ça fait des pique-niques, ça part en voyage, ça fait du camping…

Il y a des familles pour qui rien de cela n’est possible.

Et il y a des humains qui DONNENT de leur temps pour faire pousser un brin d’espoir pour tous ces gens…

Ce matin, c’est cela qui m’a frappée. Tous ces bénévoles, le sourire aux lèvres, les yeux brillants, le cœur fier! Une dame m’a confié être bénévole tout au long de l’année ; le téléthon, c’est plus que les quelques heures à la télé…

Les humains qui donnent de leur temps sont des êtres bons. La générosité, le grand cœur, on naît avec. La bonté se lit sur le visage d’un humain ; c’est comme s’il était enveloppé de velours.🌸

Vraiment, je tenais à souligner tout le travail qui s’opère derrière ces quelques heures de diffusion.

Bravo à toi, cher bénévole!

Karine Lamarche