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Nancy a des couilles

Quand j’ai vu la Présidente de la Chambre des représentants des

Quand j’ai vu la Présidente de la Chambre des représentants des États-Unis debout derrière son lutrin et son masque fleuri alors qu’elle expliquait la mise en accusation de l’homme le plus puissant du monde (jusqu’au 20 janvier 2021, du moins…), ma première réaction a été : « Wow ! Nancy a des couilles ! »

Une deuxième mise en accusation de Trump par cette femme en petite robe noire, sans compter la fois où elle a osé déchirer le discours présidentiel, debout entre le drapeau américain et les caméras, à un mètre à peine derrière le… Président. Ça prend du guts (des intestins, si on se permet de traduire… pas vraiment mieux que les parties en bas de la ceinture…) en titi ! Qu’on soit pour ou contre, on doit admettre qu’elle s’est, littéralement et symboliquement, tenue debout pour tenir son bout. Discours construit, voix calme et ferme dénuée d’émotions (j’imaginais le stress intense qui devait lui tordre les entrailles, les menaces qu’elle doit recevoir… genre la peur avant un exposé oral au primaire × 1 million), colonne droite malgré les tentatives d’intimidation. Un exemple pour tous les parents, pour tous les humains. On recherche toutes les informations pertinentes, on analyse, on utilise les ressources disponibles pour confronter nos idées, on construit notre discours et on s’y tient. Ferme et bienveillant. That’s it. 

Et là, je me suis demandé pourquoi la première expression qui m’était venue à l’esprit parlait de couilles. Une femme ne peut-elle pas être courageuse et solide sans se faire assigner un attribut mâle ? Nancy Pelosi est féminine, élégante, chic. Et puissante. Pas besoin de veston, de cravate et de testicules pour se tenir debout pour ses convictions, même devant le plus grand clown homme de l’histoire américaine.

Nancy n’a pas de couilles. Elle n’en a pas besoin. Elle a un utérus et des idées qu’elle assume. Elle porte un masque à fleurs qui tient tête à l’entêtement de son opposant. Qu’on soit pour ou contre le masque, le président, l’existence de la COVID ou le port du vernis à ongles, inclinons-nous devant cette démonstration de calme déterminé.

Nathalie Courcy

 

Crédit photo : Eric Thayer/The New York Times/Redux

L’impact des médias sur la femme

La première fois que j’ai lu un magazine f

La première fois que j’ai lu un magazine féminin, c’est aussi la première fois que je me suis dit que je n’étais pas assez pour les autres. Pas assez féminine, pas assez jolie, pas assez intéressante. Après ma lecture, j’ai pensé que mon ventre devait être plus plat, que mes épaules étaient trop carrées et que mon visage n’était pas assez beau sans maquillage. Je ne crois pas qu’à sept ans, ou à n’importe quel âge d’ailleurs, ça devrait être une préoccupation pour une femme. Ce thème n’est pas seulement récurrent dans les magazines, mais dans tous les médias. Partout, je vois des bêtises comme des pubs d’applications qui aident à avoir le parfait beach body, comment éviter ou cacher son acné, quoi mettre selon ton type de corps ou quel régime utiliser pour avoir une silhouette de rêve. 

J’ai déjà lu un article dont le titre était : « Quoi porter pour plaire aux garçons ». On dirait que, selon eux, le seul but d’une femme est d’être appréciée par la gent masculine et que c’est tout ce qui devrait être important. On voit toujours les mêmes types de corps qui nous disent quoi faire pour leur ressembler. C’est insensé de devoir stresser pour correspondre à des critères de beauté inatteignables qui changent tout le temps.

C’est déjà si dur de s’accepter et de s’aimer, moi‑même je travaille sur mes complexes qui, je le sais, ne sont que naturels. Ce serait tellement aidant si les médias nous soutenaient vraiment au lieu de nous rabaisser indirectement. Il faudrait montrer des femmes fortes et brillantes de toutes les formes, couleurs et orientations sexuelles. On pourrait aussi normaliser ce que la société appelle des défauts tels que la cellulite, les vergetures, l’acné, le vitiligo, l’eczéma et les autres conditions de peau répandues et normales. Ce serait vraiment bien de parler de ce qu’est une femme au‑delà d’un corps. 

En plus, toutes les femmes sont magnifiques, peu importe le corps dans lequel elles sont nées. Alors, pourquoi ne pas le leur rappeler une fois de temps en temps pour qu’elles arrêtent de se sentir aussi mal par rapport à elles‑mêmes ? Il faut encourager toutes les femmes à s’aimer, sans exception.

Layla Archambault

L’autre côté de moi

Avez-vous déjà eu l’impression de n’être qu’une moitié de

Avez-vous déjà eu l’impression de n’être qu’une moitié de vous ? C’est un sentiment que j’ai souvent et qui est difficile à expliquer.

Il y a celle que je suis devenue et celle que j’aimerais être… comme si ces deux entités ne pouvaient pas faire une seule et unique personne. Comme si ces deux personnalités remplies de rêves différents ne pouvaient cohabiter dans le même corps.

Je me relis et me dis que plusieurs vont se demander si je suis devenue folle… et j’espère que d’autres, comme moi, se reconnaîtront.

Il y a des jours où je me sens forte et bien où je suis. J’avance en tant que maman louve prête à cajoler ses enfants. Je fonce en tant que maman lionne, qui est prête à rugir face à quiconque oserait ne serait-ce qu’un instant essayer de s’approcher de mes enfants.

Je suis aussi une maman solitaire qui se concentre sur le bien‑être de ces enfants bien avant le sien, parce qu’un jour, j’aurai le temps d’être et de faire ce que je veux. Pour l’instant, ils sont là et comme le disent si bien toutes les personnes qui ont des enfants adultes : « Profites-en, le temps passe vite ». Le temps passe vite, c’est vrai !

Avez-vous remarqué combien de fois je me suis décrite en tant que maman ? Plusieurs.

Et combien de fois me suis-je décrite en tant qu’être humain, en tant que femme ? Aucune.

Parce que dans mon cas, c’est pas mal ça ma vie.

Je travaille et je m’occupe de mes enfants. Je fais aussi des activités… avec mes enfants.

J’écoute de longs films… que mes enfants ont choisis.

Combien d’entre vous êtes comme ça ?

Je tiens à préciser que je ne me plains pas. Au contraire, j’adore ma vie.

Mais j’aimerais parfois que cette vie rencontre mon autre vie.

Celle où je me permettrais de sortir manger le soir une fois de temps en temps, sans enfants et sans me sentir coupable de ne pas être avec eux.

La vie où je prendrais une fin de semaine de vacances en amoureux pour prendre du temps pour mon couple.

La vie où j’oserais porter des talons hauts et de beaux vêtements pour aller chercher les enfants à l’école, sans fabuler que tout le monde me juge et se dit que je suis une pimbêche.

Pour vrai, si tu avais dit à la moi d’avant mes enfants que je serais plus à l’aise d’aller mener ma fille à l’école à pied et en pyjama que de m’arranger… j’aurais sûrement eu honte !

C’est ça que je veux dire par « deux côtés de moi ».

Comme si être une maman m’empêchait d’être une femme à part entière. En fait, c’est pas mon rôle de maman qui m’en empêche, c’est le rôle dans lequel je me suis moi-même mise.

Être une bonne mère, c’est l’opposé de tout ce que j’ai toujours pensé. Ce n’est pas de mettre ses enfants en priorité et de se laisser derrière. C’est de mettre ses enfants en priorité AVEC soi-même, au même pied d’égalité.

Et dites‑moi, qu’est‑ce qui se passerait si je permettais à l’autre partie de moi de venir se greffer avec celle que je suis?

Et que se passerait‑il si vous faisiez pareil ?

Bonne réflexion !

xxx

L’injustice d’être une fille

Élever des filles en 2020, c’est… comment dire? Stressant! Oui, oui, j

Élever des filles en 2020, c’est… comment dire? Stressant! Oui, oui, j’avoue, je trouve ça angoissant. L’accès à l’information de toutes sortes, la facilité de communication et les médias sociaux sont très souvent utiles dans nos vies. Mais quand on élève des ados, ça rend parfois la tâche plus difficile.

J’ai souvenir d’un moment précis qui s’est déroulé il y a plusieurs années. J’étais une belle jeune ado de quinze ans qui se promenait sur le camping en maillot de bain. Banal, jusqu’à ce que mon père me demande de m’habiller. Sur le coup, j’étais en colère. Tout le monde pouvait se promener en bikini sauf moi. Injustice! 

Avec mes yeux d’adulte, je comprends. Il me protégeait de la gang de gars en moto qui étaient venus camper chez le voisin. Ils me regardaient intensément, ce qui énervait mon père. Cependant, si les gars ne venaient pas me parler, ça finissait là. Mais aujourd’hui, ce serait plus compliqué.

En 2020, c’est facile de trouver quelqu’un. Alors, la même situation serait bien différente. La gang de gars aurait pu me localiser sur Snapchat, me trouver sur Instagram ou m’envoyer un message avec Messenger. Facile! Donc, comme parents, nous devons outiller nos filles pour qu’elles puissent se protéger, pour qu’elles ne soient pas naïves, pour qu’elles apprennent à se méfier.

Mais pourquoi avons-nous besoin de nous protéger? Pourquoi, comme femme, j’ai dû apprendre à m’habiller pour ne pas attirer les mains baladeuses? Pourquoi j’ai appris à éviter les situations qui pourraient me mettre dans l’embarras? Pourquoi je me méfie des inconnus qui me parlent?

La réponse est simple : mon père avait raison. Il y a des gens qui ont de mauvaises intentions et la naïveté est souvent mauvaise conseillère. Les statistiques parlent d’elles-mêmes.  

Pour mes deux belles ados que j’élève aujourd’hui, je fais un vœu : je souhaite qu’elles puissent s’épanouir et vivre leur vie, sans avoir besoin de se protéger, en étant libres. Que toutes les dénonciations qui ont lieu en ce moment amènent un questionnement et des changements de mentalité.

Un jour, j’espère, les jeunes filles pourront se promener en maillot en ne se protégeant que du soleil.

Nancy Pedneault

Combat à finir homme vs femme : le lave-vaisselle

Je suis là, ébahie ; je le regarde. J’hésite entre lui lancer

Je suis là, ébahie ; je le regarde. J’hésite entre lui lancer ce qui reste de vaisselle ou rire. Ce rire de psychopathe. C’est drôle, je n’ai pas choisi une de ces options, j’ai seulement dit un : « Peux-tu me dire ce que tu fais? ». Et lui de me répondre calmement, sans même avoir remarqué ma voix haut perchée légèrement hystérique.

« Ben, je replace la vaisselle que tu as mise dans le lave-vaisselle, ce n’est pas de même que ça va. »

Je suis ébahie. J’avais déjà eu droit à plusieurs pseudo-conseils de sa part.

On commence toujours à remplir les verres par le fond. Heu non! Moi, je préfère les mettre au début du tiroir, on tire un peu dessus, on place le verre, on referme le panneau légèrement ouvert. Hop! Le travail est fait. De précieuses secondes économisées. Les assiettes dans ce sens, parce que dans l’autre sens, ça ne lave pas bien, paraît-il. Honnêtement, je n’ai jamais vu la différence. Les ustensiles la tête en haut, au moins là-dessus, on est d’accord. Le riz ne reste pas pris dans le panier.

Il y a le débat pour savoir si on rince ou non. Ma théorie : on rince quand prévoit ne pas remplir la machine au complet. Si nos vestiges de repas la remplissent, alors pas besoin de rincer. Sa théorie : on rince, voire, on lave, ensuite, on met dans le lave-vaisselle, peu importe la quantité de vaisselle à l’intérieur.

Mais là, le comble, il replace le tout à sa manière. Non mais, il se prend pour qui? Le Yoda de la vaisselle?! C’en est insultant, s’il avait l’intention de tout refaire, pourquoi m’avoir laissée faire? On s’en fout des deux verres qui n’ont pas eu leur place. Ils ne nous quitteront pas pour une autre famille pour autant. Ils auront leur tour au prochain lavage.

Mais mon classement supposément inefficace les a persécutés en les reléguant au prochain lavage. Mais quel drame!?

Là, j’entends les cling clang signifiant qu’il essaie de résoudre mon casse-tête chinois. Il y travaille avec une motivation inégalable. Moi, j’ai lâché prise, je suis passée à autre chose : les devoirs.

J’entends enfin la petite musique qui m’indique qu’il a enfin mis le lave-vaisselle en marche.

Je vais me chercher un verre d’eau, j’ai soif.

Les deux verres sont toujours en place au fond de l’évier…

Mélanie Paradis

 

Arrête de traiter ton corps comme un fast food!

Ton corps est unique. Tu ne l’as pas choisi. Mais tu peux choisir

Ton corps est unique. Tu ne l’as pas choisi. Mais tu peux choisir ce que tu en fais. S’il te plaît, fille (ou gars), respecte-le. Traite-le comme un grand restaurant 5 étoiles le fait et non comme un fast food. Upgrade ta clientèle. Ton corps ne doit pas être ouvert à tous 24/7. Il doit y avoir des critères pour y accéder et c’est à toi de les définir. Un code vestimentaire? De l’attente pour un rendez-vous? Un langage et une attitude classe? Même le fast food a ses règles et exige du respect.

Si tu te voyais avec nos yeux, tu ne t’exhiberais pas de cette façon. Des fois, on dirait que tu offres des bouchées gratuites sur un plateau d’argent à qui veut en prendre. Malheureusement pour toi, ce seront les plus affamés ou les plus cheap qui voudront se servir. Souviens-toi que peu importe qui vient à toi, à n’importe quel moment, tu peux fermer la porte et tourner ta pancarte « Fermé ». Même le fast food peut expulser des clients. C’est toi le boss!

Peu importe ce que tu veux ou ce que tu as à offrir, l’important c’est que tu te sentes bien… avant, pendant et après le repas. Je suis certaine que tu veux que la personne que tu fais entrer dans ton resto reste pour un menu table d’hôte et non pour un snack rapide sur le bord du comptoir. Peut-être que tu auras moins de réservations… mais ce sera certainement de meilleure qualité.

Tu as tellement à offrir, ne l’offre pas à tous! Ce n’est pas tout le monde qui mérite tes 5 étoiles. Et surtout, ton corps est précieux tout comme toi ; prends-en soin. Laisse les gens te découvrir, te connaître. Fais en sorte que les autres te traitent avec respect… et commence par toi.

Krystal Cameron

 

Le flux instinctif des sorcières

Ce texte va parler de menstruations. De

Ce texte va parler de menstruations. De vraies menstruations, avec du sang rouge, noir et brun, pis des p’tits caillots dégueu. Pas du liquide bleu clair comme on en voit à la télévision. Alors, si t’es pas prête à ça, clairement, arrête de lire.

Bon, je sais déjà que je vais me faire juger quand vous lirez ce texte. À peine les premières lignes écrites, je sais que plusieurs d’entre vous me lanceront des pierres. La nouveauté, on n’aime pas ça. Les idées nouvelles, on les juge. Et moi, je fais la lumière aujourd’hui sur une vérité dont toi-même, femme, tu ne soupçonnais pas l’existence. Alors attache tes bobettes avec de la broche et essaie d’ouvrir un peu ton esprit, s’il te plait.

Déjà, on va remettre les choses en perspective : non, je ne suis pas une sorcière. Ni une magicienne. Je suis juste une femme qui a toujours eu un flux menstruel hyper abondant et qui cherchait une solution pour y survivre tous les mois. Sans aucune exagération, je passe les maxi-serviettes-de-grand-mère à une vitesse impressionnante. Et non, je ne les mange pas. Elles sont juste carrément pleines au bout d’une ou deux heures. Ben oui… un flux hyper-abondant pour de vrai. Et évidemment, comme si mourir au bout de mon sang tous les mois ne menaçait pas suffisamment ma survie, ça vient aussi avec des crampes menstruelles dignes de contractions. Pis je sais de quoi je parle, j’ai accouché trois fois de façon totalement naturelle pis ça faisait presque aussi mal.

Viens pas te plaindre que c’est inapproprié ce que tu viens de lire, je t’avais prévenue. Et si ça, ça t’a choquée, arrête de lire, je te jure, tu ne t’en remettras pas.

Je cherchais donc une façon de survivre à ce cauchemar mensuel. Les serviettes sanitaires me coutaient un prix exorbitant. Les tampons et la coupe menstruelle, c’est hors de question pour moi. Je suis sûrement une vieille fille coincée, mais je ne suis aucunement à l’aise à me mettre les deux mains dans le sang tous les mois. Et avec l’abondance de mon flux, personne n’aurait envie de se mettre les mains là. Faque oui, t’as le droit de me juger, mais pour moi, c’est un gros non. Les serviettes sanitaires lavables ont la cote, mais je n’ai pas confiance en leur capacité à absorber tout ça… Et il faudrait que je les lave, ce qui vient contredire mes belles intentions de respecter davantage l’environnement… faque… qu’est-ce qu’il me restait comme option?

J’ai fait quelques recherches pour trouver un moyen qui me convenait. Un moyen qui était à la fois respectueux de l’environnement, de mon maigre budget et de mon dédain évident des menstruations. Puis, je suis tombée sur des articles et des vidéos parlant du «flux instinctif».

En gros, le flux instinctif consiste à arriver à retenir ses menstruations, en contrôlant ses muscles, pour aller se soulager à la toilette tout simplement. Et ce, sans aucune utilisation de produits d’hygiène féminine. Hooooo que j’étais sceptique! Je vous le rappelle, je ne suis pas une sorcière ni une magicienne. Mais ça avait piqué ma curiosité, alors j’ai décidé d’essayer ça. J’ai profité d’une semaine moins chargée pour travailler de la maison, question de tester la théorie. Je ne suis pas bête, j’ai quand même mis une serviette sanitaire jetable pour tenter mon expérience.

Et si je te disais, femme, qu’on t’a menti toute ta vie? Qu’on a menti à ta mère et à ta grand-mère avant elle? Si je te disais que le dégoût de l’Église pour ce sang-qu’on-ne-saurait-voir a changé la vision d’une société pour en faire quelque chose de malsain… et de lucratif?! Si je te disais qu’en fait, tu payes depuis des années pour des produits d’hygiène féminine qui te sont complètement inutiles? Parce que je ne suis ni une sorcière ni une magicienne, mais que je peux t’affirmer que j’arrive maintenant à contrôler mon flux si abondant…

Attention, il s’agit d’un apprentissage. Ça demande du temps, de la volonté, pis de la foi. Mais je te jure que ça marche! Sans mauvais jeu de mots, c’est exactement comme mettre un enfant propre. L’enfant, lui, il ne sait pas qu’il peut y arriver. Il a porté des couches toute sa vie. Il pense que c’est normal de se faire pipi et caca dessus. Pis un jour, l’aventure de la propreté commence. Pis c’est pas facile! Ça peut durer des mois. Parfois ça va bien, parfois il s’échappe. Ben le flux instinctif, c’est pareil.

Au début, j’étais septique, parce que j’avais porté des serviettes sanitaires toute ma vie pis je pensais que c’était normal de laisser le sang couler. Personne ne m’a dit que je pouvais le contrôler. Mais j’ai appris à le faire. J’ai appris à faire confiance à mon corps, à apprivoiser mes sensations. Au début, je courais aux toilettes aux quinze minutes. Puis, j’ai réalisé que je pouvais retenir le sang de plus en plus longtemps.

Ça fait un peu plus de six mois que j’utilise cette méthode. Et voici mes constats :

1- Je peux porter une serviette sanitaire jetable ou un protège-dessous pour toute la journée sans problème. Je la porte les deux premiers jours de mes règles pour me rassurer, mais la plupart du temps, elle est blanche le soir venu. Je suis encore sur le même paquet de serviettes sanitaires que j’avais acheté il y a six mois… Quand il sera terminé, peut-être que je vais passer aux serviettes lavables, juste pour me rassurer.

2- Je n’ai plus jamais eu de crampe menstruelle. Je ne suis ni scientifique ni médecin. Je ne saurais expliquer quel muscle j’ai appris à contrôler ou pourquoi ça m’a soulagée. Mais le fait est que depuis quinze ans, c’est la première fois que mon corps ne me fait pas souffrir le martyre tous les mois.

3- Mes menstruations durent moins longtemps. Encore une fois, je n’ai aucune explication scientifique à vous donner. Je vous parle seulement de mon expérience. Avant, j’étais menstruée au moins six jours. Et c’était très abondant au moins pendant quatre jours. Aujourd’hui, je vais aux toilettes souvent la première journée, un peu moins souvent la seconde, puis tout est fini la troisième journée.

Je ne suis pas une sorcière ni une magicienne. Pis oui, femme, t’as le droit de me juger. J’étais tellement septique avant d’essayer! Mais je crois fermement après ce test qu’on nous a menti toute notre vie. On nous a fait croire que les menstruations étaient sales et qu’on n’y pouvait rien. Qu’on devait se cacher et payer une fortune en produits de toutes sortes. Et aujourd’hui, j’affirme tout le contraire.

Attention, je n’ai rien inventé et je ne m’attribue aucunement le mérite de cette méthode. Je veux simplement partager avec vous ma nouvelle réalité, qui peut‑être, ouvrira des esprits. Et tant mieux si mon témoignage sorti de l’ombre permet à d’autres femmes de découvrir le contrôle de leur corps et toute la liberté qui vient avec.

Joanie Fournier

 

Histoire d’îlot de cuisine

L’idée d’écrire ce billet est née un soir festif, où les adu

L’idée d’écrire ce billet est née un soir festif, où les adultes retrouvent leur cœur d’enfant le temps d’un déguisement soigné, improvisé ou à oublier. Ces occasions qui se font trop rares pour les parents, où les enfants se déclarent étrangement autonomes en s’empiffrant de croustilles et autres plaisirs gustatifs, généralement sous contrôle parental.

Je me retrouve alors dans une discussion formidable autour de l’îlot de cuisine, ce magnifique point rassembleur. Une femme jolie fée me regarde soudainement et pointe sa baguette magique vers moi. Une question jaillit, personnellement attitrée, que je n’avais pas vue venir : « Tu n’es pas en bas avec les gars? ». Tel Bambi sur la glace, déguisé en ninja, je lui relance un « Non, ça me tente pas. J’aime mieux jaser ici avec vous (les filles). C’est le fun ». Retour poli et assumé, sans rancune pour mes pairs. Je brandissais tout haut mon petit drapeau pour affirmer mon droit d’être la, moi le seul homme autour. La discussion a repris tout bonnement.

Cette idée depuis a fait son chemin. J’ai toujours été fasciné par nos différences, les hommes et les femmes. Pourquoi les planètes Mars et Vénus se distinguent tant. Que dire. D’une part Vénus, plus humaine, plus démonstrative et plus verte en ce sens. J’admire votre capacité à vous dire entre femmes les choses, les vraies choses, celles du cœur. J’aime votre facilité à vous laisser aller librement entre vous, votre fil d’actualité qui en témoigne : « Je t’aime mon amie », « T’es belle ma chum », « Je m’ennuie de toi ». D’autre part Mars, l’aride, plus sec, qui peine souvent à faire pousser les sentiments bien sentis. Pour quand ce jour où on pourra aussi se dire les vraies choses, sans crainte, sans peur des préjugés ou des moqueries? Pouvoir lire sur notre fil : « Je t’aime mon ami », « T’es beau mon chum », « Je m’ennuie de toi ».

J’avais ce besoin de vous partager ici le fruit de mes observations interplanétaires. Cliché, direz-vous, mais c’est ça pareil, c’est encore notre réalité. D’ici là, je continuerai à vous lire mesdames, à vous trouver admirablement expressives. Vous me retrouvez encore autour de l’îlot de cuisine pour parler des vraies choses. Ces choses humaines qui ajoutent du vert autour de nous.

Marc-André Bergeron

Femme en devenir

Belle adolescente, femme en devenir…

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Belle adolescente, femme en devenir…

Ces derniers temps, plusieurs discussions concernant les réseaux sociaux m’ont interpellée. On parle entre autres de l’impact qu’ils ont sur les adolescents et ce débat‑là, chaque fois, me ramène à toi.

Tu es née fille, femme en devenir. Tu ne le sais peut-être pas encore, mais tu vas marcher dans les traces de grandes dames, des femmes qui ont changé à jamais notre histoire. Le chemin parcouru est immense, et pourtant, nous sommes loin d’être à destination.

Ce qui me préoccupe, ce sont les conditions dans lesquelles tu vas devenir femme. Les réseaux sociaux font maintenant partie intégrante de notre quotidien, c’est un fait. Bien que les médias sociaux soient distrayants, les études et les statistiques commencent à parler et le portrait n’est pas joli. Pour avoir marché dans tes traces, je sais que l’adolescence est une période difficile et complexe, alors je m’inquiète réellement pour toi.

Comme j’aimerais te rassurer et te dire qu’on passe toutes par là, qu’on s’en sort toutes indemnes, mais ce n’est pas le cas. C’est malheureusement une roue qui tourne puisque beaucoup d’entre nous sont tombées à un moment ou l’autre de notre adolescence. La pression sur les femmes a toujours été grande à différents niveaux. Semblerait que les réseaux sociaux sont rendus un fardeau silencieux sur tes épaules et que les troubles alimentaires, la dépression, l’anxiété, les problèmes d’estime et une liste infiniment plus longue en sont quelques impacts. Comme je suis l’une des tiennes, j’ai envie de te dire…

Nous sommes toutes différentes et cela va de même pour nos besoins et nos valeurs. Tu vas te remettre en doute, te questionner, te laisser influencer au cours de ta vie d’adolescente et c’est normal. Cela dit, souviens‑toi toujours que la route qu’emprunte ta consœur n’est pas nécessairement tienne. Il pourrait t’arriver de dévier de ton chemin pour suivre celui d’une autre. Même s’il te semble plus intéressant pendant un moment, être à côté de ton chemin, sans te soucier de ton confort, pourrait t’user et te blesser.

Il n’y a pas qu’un modèle à idéaliser, même si on peut croire le contraire. Les réseaux sociaux mettent de l’avant quelques modèles de femmes plus populaires. Ne fais juste pas l’erreur de croire que ça se limite à ça. Tu n’es pas obligée de devenir l’une d’elles pour être inspirante, sauf si tel est ton désir. Inspire et va toucher les gens de la seule façon qui compte : la tienne. Du fond du cœur, je te souhaite de toujours avoir conscience de ta beauté, de ta valeur et de l’importance que tu as.

Le monde virtuel, c’est bien souvent de la poudre aux yeux et il faut s’en méfier. Toi, tu es bien réelle et tu dois t’écouter. Le nombre de likes ne détermine pas combien tu es jolie ou intéressante, et le nombre de followers ne détermine pas ton importance ni les gens qui t’aiment vraiment.

Alors s’il te plaît, ne laisse pas ce monde t’enlever ton étincelle.

Marilyne Lepage

 

Mes cinquante-trois printemps

Je suis une fille, mais je ne suis plus une jeune fille. Je suis une

Je suis une fille, mais je ne suis plus une jeune fille. Je suis une femme, mais je ne suis plus une jeune femme. Je suis une mère, mais je ne suis plus une jeune mère. J’ai dépassé le cap de la cinquantaine. J’ai cinquante-trois printemps.

Mes enfants sont maintenant de jeunes adultes. J’ai plus de temps libres, mais je ne sais pas toujours quoi en faire. Ils ont moins besoin de moi. Mon plus vieux a même quitté le nid familial. Mes deux plus jeunes ont dix-huit ans et ils travaillent à temps partiel, plus les études, les amis, les sorties, les amours… Je suis en déséquilibre maternel.

Je pourrais enfin profiter de mes temps libres avec mon conjoint, faire des sorties entre amis, partir une fin de semaine en amoureux, concrétiser certains projets… mais mon amoureux est maintenant l’heureux propriétaire de son entreprise, donc beaucoup moins présent et disponible. Je me retrouve plus souvent seule à la maison. J’ai perdu mes repères.

J’ai moins d’énergie lorsque je reviens du travail. Mes batteries sont plus longues à recharger. Mon corps change. Mon corps a changé. Je fais de l’apnée du sommeil depuis cinq ans. J’ai des douleurs aux articulations, j’ai pris du poids et je suis ménopausée. J’ai toujours chaud. La peau de mes mains est plissée. Je n’ai pratiquement aucune ride, puisque je suis bien enrobée. J’ai des cheveux gris, de plus en plus. Mes lunettes sont toujours bien installées sur le bout de mon nez.

Les fossettes que j’avais sur les joues sont maintenant de petits sillons. J’ai des petits points rouges sur la peau qu’on appelle des rubis. De petits poils s’incrustent sur mon menton et je ne les vois pas toujours, car ma vue a baissé.

J’ai besoin de faire une sieste en après-midi. J’aimerais bien faire la grasse matinée aussi, mais dès six heures, mon corps se réveille. Maintenant que je pourrais dormir plus longtemps puisque les enfants sont grands, c’est le contraire qui se produit. Eux dorment jusqu’à onze heures et moi, j’écoute les émissions du matin.

Si j’éternue, je dois croiser mes jambes pour ne pas faire pipi dans ma culotte. Lorsque je ris, c’est pareil.

Ma mémoire me joue aussi des tours. Je cherche plus souvent mes choses, je me questionne sur ce que j’allais faire. J’oublie et je suis facilement déconcentrée.

Si je fais une sortie avec des amis, à dix heures, je tombe de sommeil. Mes enfants, eux, quittent la maison à dix heures pour sortir dans les bars.

Dans mon nouveau milieu de travail, mes collègues sont assez jeunes pour que je sois leur mère. En fait, j’ai l’âge de leur mère. Ouche!

Pourtant quand je pense à moi dans ma tête, j’ai toujours trente ans.

Mais bon! C’est la vie! Je suis contente d’avoir dépassé le cap des cinquante ans. Je me considère choyée de pouvoir me réveiller chaque matin, d’avoir la chance d’ouvrir les yeux. J’ai grandi, vieilli, mûri et compris que c’est dans le cœur que l’on entrepose notre jeunesse et dans la tête que les souvenirs se déposent. Je vais bien trouver une façon de rééquilibrer ma vie. Juste d’en prendre conscience, c’est un début.

Merci la vie!

Line Ferraro

 

Je suis tannée d’être forte

Je n’y arrive tout simplement plus. Ça fait dix ans que je tire l

Je n’y arrive tout simplement plus. Ça fait dix ans que je tire le navire à bout de bras. On me trouvait donc bonne, on me trouvait donc forte. J’ai élevé trois enfants pratiquement seule. Parfois couchée en petite boule à pleurer toutes les larmes de mon corps parce que j’ai trouvé ça dur.

La vie m’a envoyé des messages clairs en me disant que je devais me choisir. D’arrêter de pagayer seule et de demander de l’aide. Puis un jour, quelqu’un l’a fait pour moi. J’avais un rendez-vous avec mon médecin. Je n’ai pas eu besoin de parler et j’ai craqué.

Prescription en main, je suis ressortie. J’ai arrêté de travailler deux ans. Deux ans à tenter de remonter une pente déjà trop abrupte. Jamais je n’aurais cru un jour ne plus être capable de me lever le matin pour mes propres enfants. Je ne pouvais plus subvenir à leurs besoins. La réalité me rattrapait avec la pire des gifles que j’aurais pu recevoir. Je me suis promis, plus jamais. Plus jamais je ne voulais retomber aussi bas. Pour moi avant tout et pour mes enfants.

Je sais exactement ce que je ne veux plus dans ma vie. Je sais ce qui gruge mon énergie et ce qui pourrait me ramener à ma période sombre. Je le sais que je suis toujours tout près. Malheureusement. Mais on me dit de continuer, que ça va passer. On juge mes décisions, on me remet toujours en doute. Pourtant, je le sais ce que je vaux. Autant que je le sais, autant que je n’arrive pas à faire le saut. Ma relation m’empoisonne. Je suis devenue agressive envers lui. De la patience, je n’en ai plus. J’en ai eu pendant ses dix ans d’alcoolémie. Maintenant qu’il est sobre, qu’il est devenu celui que j’ai toujours rêvé qu’il soit, je n’en veux plus. Je lui en veux. Il n’a pas été là, jamais.

Il faudrait que je sois compréhensive et que je laisse le passé derrière. Parce que toutes les blessures que j’ai eues ne devraient plus me hanter. Parce qu’une relation, c’est au présent. On s’imagine un futur. Parce qu’aujourd’hui, on jette la serviette rapidement. On dirait que je n’ai pas envie de faire partie de ces statistiques-là. Parce que oui, j’y ai cru. Mais plus maintenant. Je suis brisée. Je ne me reconnais plus. J’ai l’impression que j’ai tout donné à mes enfants pendant dix ans et que maintenant, ils côtoient la pire partie que leur mère peut leur donner. De l’impatience et de la colère refoulée. À la limite, de la vengeance. Parce que oui, ça me fait chier de voir leur père revenir dans leur vie comme si de rien n’était. Parce que lui, même s’il n’est pas là souvent, il a le beau rôle.

Une maman fatiguée qui s’occupe de la maison, des lunchs, des activités, des anniversaires, des courses, etc., seule, c’est plate pour des enfants. Parce qu’avec papa, on ne va pas à l’épicerie. Parce qu’avec papa, on peut écouter un film collés. Parce que maman préfère dormir un vendredi à vingt heures quand monsieur est enfin là. Maman est plate.

Mais maman prend soin d’elle. Maman n’est plus capable d’être la mère, la femme, l’amante et la petite fille intérieure forte. Maman n’a plus envie d’être une femme, sa femme, ni une amante. Maman a juste envie de vous aimer et de profiter du temps avec vous. Je n’ai pas envie d’avoir de la rancune. D’avoir envie de crier chaque fois que j’entends sa voix. J’ai envie de vous offrir une famille saine et équilibrée, quitte à ce qu’elle soit éclatée. Éclatée mais en santé.

Eva Staire