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Bonjour, comment vas-tu ? Texte : Klaude Laflamme

Je suis de ces personnes qui questionnent les ami.e.s de ses enfants. Personne ne rentre chez moi sa

Je suis de ces personnes qui questionnent les ami.e.s de ses enfants. Personne ne rentre chez moi sans d’abord avoir eu droit à un « Bonjour, comment vas-tu ? » Pas pour faire ma détective, mais parce que leur vie m’intéresse. Certains fixent le plancher, d’autres me renverront d’emblée la question, mais tous finiront par répondre. Je veux que dès la première rencontre, la communication soit établie.

J’aime rencontrer ces jeunes, j’aime connaître avec qui mes enfants passent leur journée. Je sais que pour bien des parents, quand les enfants deviennent des adolescents, ils deviennent plus discrets. Pourquoi ? Est-ce qu’en vieillissant, les jeunes ne veulent plus qu’on s’intéresse à eux ? L’adolescence, c’est tellement intense et tumultueux. Même les plus jeunes plus silencieux aiment qu’on prenne le temps de s’informer. Ils aiment aussi qu’on leur raconte nos premiers amours, échecs, bons ou mauvais coups. Ils aiment sentir qu’ils sont normaux, que notre adolescence n’était pas bien différente de la leur.

C’est en parlant avec eux qu’on ouvre les discussions sur les sujets plus délicats. Pour qu’ils se sentent compris, on doit nous aussi se montrer vulnérable.

La communication n’est pas que dans un sens, si je peux me permettre d’être en désaccord, ils le peuvent aussi. Je ne suis pas là pour être leur amie, mais pour les écouter, discuter et conseiller.

Ils se font souvent juger sévèrement, mais ils ont énormément à nous apprendre. Ils sont tellement plus ouverts sur les autres et la diversité que nous pouvons l’être. Ils sont beaux, sensibles et purs. C’est difficile d’être un adolescent dans ces années de pandémie. Rien n’est comme ce serait censé être, pourtant ils sont d’une résilience incroyable. J’en ai marre qu’on les mette tous dans le même panier. Il y a beaucoup plus de beaux jeunes que l’image de paresseux sans envergure qu’on aime nous projeter.

J’ai envie de vous dire de laisser vos adolescents vous impressionner. Commencez doucement par un : Bonjour, comment vas-tu ?

 

Klaude

 

À ma jeune moi — Texte : Ghislaine Bernard

Pourquoi tu pleures ? En fait, pourquoi ne pleurerais-tu pas ? Tu es une enfant, les enfants, ç

Pourquoi tu pleures ? En fait, pourquoi ne pleurerais-tu pas ? Tu es une enfant, les enfants, ça vit leurs sentiments spontanément. Pourquoi pas toi ? Tu sais, les grands aussi ça pleure. Beaucoup plus que tu ne le crois. Les larmes, c’est comme la pluie dans la nature, ça nettoie. Tu te rappelles ce gros chaudron que ta maman avait qui avait un bouchon qui vibrait et sifflait en laissant échapper la vapeur pour pas que ça explose ? Eh bien, pleurer c’est la même chose, c’est le bouchon qui laisse passer le trop-plein ; tes paupières laissent passer ton trop-plein à toi pour pas que tu exploses par en dedans. Oh ne t’inquiète pas : tu n’exploseras pas pour vrai ! Au lieu de ça, tu vas voir, ton cœur va aller plus vite, tu vas avoir mal au ventre, à la tête et tu auras peut-être envie d’être en colère pour des petits détails. Ton explosion, ça va être de ne plus avoir envie de rire ni de sourire. Ne plus jouer avec tes jouets. Te priver des plaisirs que tu aimes vraiment.

Je sais bien que parfois, les grands ils comprennent pas qu’un détail peut te faire de la peine. Ils te disent souvent « Y’a rien là ». Ta maman, elle entend souvent sans écouter ce dont tu voudrais lui parler, alors tu te tais de plus en plus. Tu deviens moins bruyante, plus agressive lorsque tu joues au ballon. Même si pour toi, tes peines sont énormes, tu te fais dire qu’il y a pire. Puis, tu écoutes ses histoires qui effectivement sont bien pires que d’avoir brisé un jouet, que ton amie te boude ou que ce garçon qui te plaît ne s’intéresse pas à toi. Il y a effectivement pire que les moqueries qu’on te dit à l’école et dans le parc. Mais je t’en prie, il faut que tu saches que tes peines, elles existent pour vrai dans ton cœur à toi. Puisqu’elles existent, elles sont aussi importantes que la faim dans le monde !

D’ailleurs c’est justement un de tes besoins ça, hein ? Ta faim et ta soif. Tu es avide que ta maman te regarde, te félicite, soit fière de toi et te le dise… qu’elle ne prenne que deux secondes pour te dire qu’elle t’aime. Tu as toujours voulu lui montrer que tu étais là, que tu étais importante. Mais c’est pas à toi de lui prouver, tu sais. C’est à elle de s’en apercevoir. Elle le fait pas, alors tu as envie de pleurer. Alors pleure. Surtout, n’aie pas honte, sois pas gênée de pleurer. Tu laves tes yeux qui ont vu des choses qui t’ont fait de la peine.

Puis, l’amoureux de ta maman, ben il fait de son mieux. Il t’aime comme sa propre fille, mais c’est pas pareil comme l’amour que tu aurais voulu avoir de ton vrai papa. Cet amour te manque, même si tu refuses de même te l’avouer à toi-même.

J’aurais voulu être là pour te prendre dans mes bras, comme je prends mes enfants aujourd’hui. Pour leurs petites et grosses peines. T’aider à comprendre la douleur qui pince ton cœur quand tu vois qu’à toi, certains ne s’intéressent pas. Alors tu crois que tu en vaux pas la peine, tu fonctionnes comme une automate. Tu grandis. Quand tu étais plus jeune, tu arrivais à faire semblant que ça te touchait pas, tu t’occupais et tu te disais que tôt ou tard, ça marcherait. Mais au fil du temps, tes émotions grandissent autant que ton corps.

Tu as bien vu les regards changer quand ils glissent sur toi. Tu as aimé cette nouvelle attention que ça t’a procurée. Même si au fond de toi, tu sais bien que certains sont malsains. Tu as accepté des caresses en te disant que c’est tout ce à quoi tu avais droit. Que c’est tout ce que tu méritais. Tu as souri, tu en as redemandé, tu les as eues. Mais en même temps, la colère grondait en toi. La haine prenait la place que l’absence d’amour avait laissée vide. Ce dédain de l’humain, mais surtout de toi-même. Tu as vu des choses que certaines personnes pensent que ça existe juste dans les films. Tu as subi, non pas le pire dans le monde, mais le pire dans TON monde. Dans TA bulle. Mais tu as toujours nié la souffrance qui pesait toujours plus lourd en toi.

Au fil des ans, tu as cumulé ces souffrances à oublier qu’elles existent. Comme l’hiver lorsque tes doigts gèlent au froid… vient un moment où, dépassant l’engourdissement, tu ne les sens plus. Les peines, les colères, les douleurs ont continué à te marteler, mais tu ne les sentais juste plus. Tu t’es dit que si au minimum, tu pouvais aider d’autres personnes à ne pas devenir comme toi, peut-être que ça t’apporterait une satisfaction. Un sentiment d’avoir une raison d’être là… d’avoir survécu. Alors depuis ce moment fatidique où tu as retiré le couteau de ta chair, tu t’es donnée à fond pour y arriver. Tu t’es trompée bien des fois depuis.

Tu sais, si je pouvais aller te parler cette journée-là où tu refusais de jouer avec ta poupée parce que tu avais pleuré, je ne sais pas réellement ce que je te dirais. Pour être franche, j’aurais peur. J’aurais peur d’intervenir, car ça t’a bâtie. Je ne sais pas ce que tu serais, qui tu serais aujourd’hui si j’avais pu t’aider à vivre tes émotions. Aujourd’hui, à fleur de peau, fatiguée, épuisée d’avoir tant combattu des démons en chair et en sang que ceux de tes souvenirs… que ceux que tu aurais pu éviter, ou qui t’auraient pas approchée si j’avais pu intervenir. Est-ce que tu serais celle que tu es aujourd’hui ? Est-ce que tu saurais aimer de toute ton âme et te battre pour eux ? Est-ce que tu serais cette maman que tu es ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Nous ne le saurons jamais, car même si aujourd’hui tu es saturée et déboussolée, tes « je t’aime » n’ont jamais été aussi profonds et sincères. Ceux que tu reçois valent tous tes combats… mille fois !

Je pense que la seule chose que j’aurais changée, c’est que je t’aurais prise cœur contre cœur, pour qu’ils battent à l’unisson. Je t’aurais dit de pleurer, car parfois, je t’assure, sans te changer, ces pleurs t’auraient quelque peu soulagée. La lourdeur en toi serait moindre. Mais encore là… qui sait ?

Je crois que la vie nous envoie les obstacles selon ce que l’ont peut combattre. Mais il est certain que gravir une montagne rocheuse est toujours plus facile bien chaussé. Alors, je t’aurais assurément aidée à apprendre à faire des boucles bien solides, pour avoir les pieds bien ancrés.

 

Simplement Ghislaine

Ta fin de session – Texte: Nathalie Courcy

Mon grand, Ma grande, On a les deux pieds en plein en décembre. Tu es à l’école depuis

Mon grand,

Ma grande,

On a les deux pieds en plein en décembre.

Tu es à l’école depuis plus de trois mois, non-stop. Pas de virtuel cette année, pas de pause.

C’est intense, je le sais !

Je te vois aller : ton agenda bien rempli, tes périodes d’études qui s’enchaînent, ta liste d’évaluations qui ne fait que s’allonger.

Je veux te dire que je te comprends et que je t’admire.

Je te comprends parce que je suis passée par là si souvent, pendant tellement d’années. J’avais du plaisir à me claquer toutes ces évaluations, tous ces travaux à remettre, mais c’était quand même exigeant. J’arrivais aux fêtes et je commençais à moucher dès que je remettais mon dernier essai. Systématiquement. Un signe que je fonctionnais sur la batterie de secours, même si je ne me donnais pas le temps de le ressentir.

Je t’admire parce que tu pourrais avoir mille autres préoccupations, mille autres occupations. Tu pourrais aller chiller avec des amis, aller magasiner, aller au gym, passer ton temps à chialer. Mais non. Tu t’appliques à bien faire les choses. Tu t’organises. Tu fais des efforts constants, résultats ou pas. Tu sacrifies des soirées en famille pour remettre un travail à temps. Tu prends le temps de préparer un cadeau personnalisé pour l’échange de cadeaux de ta classe. Tu mets même ton cadran la fin de semaine pour arriver à Noël en même temps que tout le monde. Tu prends même le temps de respirer, ce que j’ai appris à faire à quarante ans.

Wow et re-wow.

Quand je t’exprime ma fierté de te voir aller, tu me réponds humblement : « Oui mais maman, je fais juste mon travail ! Ma job présentement, c’est d’étudier… »

Ben oui. Permets-moi d’être reconnaissante parce que je le sais bien que les ados ne donnent pas tous la même importance à leurs études. Combien de parents s’arrachent les cheveux à essayer de convaincre leurs jeunes d’écouter en classe et d’étudier ? J’ai été de ceux-là, et j’apprécie d’autant plus que maintenant, tu choisisses de mettre les efforts sur ta réussite scolaire et sur ton cheminement personnel.

Je te l’ai dit, hein, que je suis fière de toi ? Ah oui, je me répète… Ça doit être mon âge vénérable. Tu ne m’obstineras pas là-dessus, certainement !

Je te l’ai dit, hein, que je suis là pour toi ? Si tu as des questions, des inquiétudes, si tu as besoin de lâcher ton fou, si tu as envie d’un câlin… je suis là ! Toi, tu fais ta job d’étudiante, ta job d’étudiant. Et moi, je fais ma job de maman.

Pis je t’aime.

Les fêtes s’en viennent. Promis, on va relaxer et s’amuser ensemble. Et je vais te laisser dormir.

Nathalie Courcy

Le temps qui rend tout croche en dedans- Texte : Sophie Barnabé

Depuis la dernière année, je les ai vus mes jeunes, perdre trop so

Depuis la dernière année, je les ai vus mes jeunes, perdre trop souvent leur sourire. S’isoler en attendant que le temps revienne comme avant. Je les ai encouragés tant bien que mal, je leur ai fait leur déjeuner préféré, je leur ai flatté les cheveux en regardant la télé, je leur ai ouvert mes bras pour qu’ils viennent y pleurer tout bas. Bien sûr, on a eu de bons fous rires, tout n’est pas noir, mais l’étincelle dans leurs yeux a parfois du mal à m’éblouir.

Après une année éprouvante sur tous les plans, je côtoie trop de jeunes qui sont à boutte ! Trois fois plus de jeunes du secondaire disent que leur santé mentale s’est grandement détériorée depuis un an. La détresse fait mal. Très mal. Au Québec, dans les dernières années, le taux de suicide a doublé chez les jeunes de 15 à 19 ans. Doublé ! La détresse fait peur.

 

Toi et moi, on l’sait bien que les mauvaises passes, ça finit toujours par finir. Que tout reviendra comme avant dans quelque temps… Quelque temps… Ce soir, bien calée sous mes couvertures, j’essaie de comprendre. Quand nos jeunes ont le moral dans les talons, qu’ils vivent des défis ou des épisodes de dépression, on leur dit que les choses vont finir par s’arranger, qu’il faut laisser le temps au temps… Et si c’était ça, le temps qui les rendait tout croches en dedans ?

Penses-y un instant… pas longtemps…

Qu’y avait-il de différent quand j’étais jeune ? Internet… Facile de mettre le blâme sur la technologie. Elle a le dos large, la pauvre. Le petit sablier qui marque le temps sur l’écran n’est pas si anodin qu’il en a l’air… Et si la technologie avait donné une nouvelle dimension au temps ? Cette ressource précieuse qui laisse retomber la poussière et qui guérit les blessures. Ce temps qu’on voudrait parfois arrêter pour savourer le moment…

Je ne sais pas si c’était comme ça pour toi, mais au secondaire, je passais des heures à la bibliothèque à chercher l’information, à photocopier, à séparer le mauvais du bon, à surligner. C’était long ! Baptême que c’était long ! Depuis qu’ils sont tout petits, mes jeunes tapent un mot-clé sur Google pour recevoir, en quelques secondes, une tonne d’informations déjà prémâchées. Ils font l’effort de chercher avec les outils à leur disposition. J’aurais fait pareil si j’avais pu. Faire une recherche en quelques minutes plutôt qu’en trois jours… Je ne peux leur en vouloir de s’impatienter quand le petit sablier sur l’écran tourne un peu trop carré.

Quand je voulais parler à mes amis, c’était parfois long. Je savais ce qu’était l’ennui. Ce feeling qui crée l’urgence en dedans quand t’as besoin d’un câlin qui arrête le temps. Mes ados communiquent par vidéo à la minute où ils en ont envie. Pourquoi attendre quand on peut le faire tout de suite ? À l’époque, suivre une série demandait une saison, une vraie… Aujourd’hui, une saison peut se résumer en une nuit. Pourquoi attendre quand ça peut se faire si vite ?

Nos jeunes sont nés à l’ère de l’efficacité, de la rapidité, des résultats immédiats… Habitués de comparer le temps au sablier qui tourne sur l’écran, nos jeunes sont probablement dépassés quand on leur dit que ça prendra six mois, une année ou cinq ans pour guérir un mal à l’âme, pour obtenir un diplôme ou avant de revoir grand-papa. Pour eux, c’est une éternité ! À leur place, je serais découragée. Bien trop long pour persévérer. Une montagne qui leur semble impossible à gravir. Ce doit être pour ça que certains pensent même à en finir.

Quand le mal-être fait trop de dommages, quand laisser le temps au temps demande trop de courage, certains jeunes lancent un ultime crime du cœur. Celui qui me fait si peur. Le suicide, c’est la mort qu’on a décidé de précipiter sans avoir donné le temps à la vie de nous prouver que ça vaut la peine de s’accrocher. Parce que toutes les émotions sont temporaires, parce que les nuages finissent toujours par passer. Parce qu’il n’y a jamais personne qui a dit que la vie était facile, mais il y a toujours un p’tit quelque chose qui fait qu’elle est belle.

Si tu connais quelqu’un qui t’inquiète, rends-lui visite. Impossible ? Prends le temps de lui téléphoner parce que les choses anodines entrent par texto. Quand on téléphone, c’est pour jaser de ce que les pouces ne peuvent communiquer. Ose en parler, ne passe pas par quatre chemins. Demande-lui : « Comment vas-tu ? Vraiment ? ». En cas de doute, prends une grande respiration et lance-lui : « As-tu des idées noires ? » BAM ! Direct de même ! Et si tu as besoin d’aide, compose le 1-866-appelle.

Sophie Barnabé

Ce que tes murs murmurent – Texte : Sophie Barnabé

T’sais ma fille, j’pas folle ! Du moins, pas complètement…

T’sais ma fille, j’pas folle ! Du moins, pas complètement… L’instinct maternel, c’est fort. Tellement que ça fait peur. Ça fait un an maintenant que tu nages à contre-courant de ces foutues vagues jugées trop fortes pour d’autres que toi. Oui, à contre-courant parce que normalement à ton âge, on suit les flots, on se laisse bercer par les vagues, on plonge, on apprend la vie contre vents et marées…

Inquiète, je lis sur la détresse des adolescents depuis le début de cette foutue pandémie. L’adolescence… cette période de transition, à la base compliquée quand tout va bien. Cette période où tu apprends qui tu veux devenir à l’aide de routines, de gaffes et de ces repères dont tu as tant besoin. Depuis un an, tu n’as plus de routine, plus de repères, et si tu fais une gaffe, ça pourrait tuer ta grand-mère !

Hier, quand t’es partie, j’suis entrée dans ta chambre. Juste ouvrir ta porte, ça a été compliqué ! Il m’aurait presque fallu un GPS pour trouver ton lit. J’me suis frayé un chemin entre tes souliers, ton coffre à bijoux renversé, des assiettes sales et une serviette mouillée. J’ai fait à peine trois pas avant de me frapper l’orteil sur ton ordi laissé au sol entre deux piles de vêtements froissés. J’te dis, en voyant ton bordel, j’avais juste envie de crier : « Ramasse-toé ! », de prendre toutes tes traîneries et de les jeter.

À la place, j’ai pris une grande inspiration. C’est bizarre, je sais, mais on dirait que ta chambre m’invitait à prendre un moment pour m’arrêter, observer et comprendre ta réalité… Elle semblait vouloir me parler. J’me suis assise sur ton lit dans la même position que celle dans laquelle je te retrouve parfois vingt-trois heures sur vingt-quatre depuis plus d’un an. J’ai regardé autour de moi. Ta toile était baissée. En un instant, je me suis sentie seule. Ça m’a serré dans l’ventre en t’imaginant, toi, à 16 ans. On dirait que les murs de ta chambre me chuchotaient un peu de ce que tu gardes en dedans.

Ton plancher, on n’en voit pas un pouce carré. Pourquoi autant de vêtements éparpillés alors que tu restes enfermée ? Depuis un an, pas de party ! Tes soirées se passent uniquement sur Snap ou sur TikTok. Les modèles qui te sont accessibles sont sur Insta… La meilleure façon de te valoriser rapidement auprès de tes amis, c’est par les photos… Tes vêtements au sol témoignent de tes dizaines de changements avant de trouver le bon kit. Celui qui te permettra de recevoir des likes, celui qui te donnera l’impression que tu fit. Parce qu’à ton âge, même si ce n’est que virtuel, on a besoin de sentir qu’on fait partie d’une gang. Ta chambre m’a fait comprendre pourquoi tu carbures tant aux réseaux sociaux et aux photos. Afficher ton look parfait est ton passeport pour rencontrer d’autres jeunes. Pour combler ton besoin d’appartenance, il faut prendre la pose…

Sur ta table de chevet, des fils pour charger. Ton téléphone, ta tablette, ton ordi… Encore une fois, ça ne ment pas. T’as besoin de communiquer, d’être en contact, de t’évader. Les fils sont entremêlés. Y’a tout plein de nœuds ! Probablement comme ceux que tu ressens dans ta gorge et qui t’empêchent de crier depuis qu’on t’a volé ta liberté.

Tu commençais tout juste à déployer tes ailes. À ton âge, on pète des bulles, on ne vit pas dedans. Depuis un an, la liberté, celle dont tu rêves, se trouve de l’autre côté d’un écran et c’est entre tes quatre murs que tu l’attends patiemment. La vraie liberté est de l’autre côté de ta fenêtre. Ce doit être pour ça que tu gardes ta toile baissée. Pour ne pas voir ce que tu manques. Les fils entremêlés servent bien plus qu’à charger… Ils servent à te connecter avec les autres, avec qui tu veux. Ils te permettent de voyager, d’oublier… parce qu’en ce moment, c’est ça, ta liberté. Ta chambre me l’a dit, ça aussi…

Sous ton oreiller, des papiers de bonbons. Je n’ose pas les compter, mais c’est clair que tu en as beaucoup mangé. Compulsivement. C’est vrai que c’est long, rester seule, sans sortir. On mange souvent par ennui… C’est angoissant aussi de penser qu’après tout ce temps sans les avoir vus, tes amis auront peut-être changé. Ton quotidien sécurisant, on l’a dérobé sous tes pieds sans t’y préparer ! T’aurais tant besoin de câlins et bien plus que juste les miens. En pleine pandémie, ta chambre me le dit, c’est entre ses quatre murs que tu te réfugies et ton réconfort s’alimente à grandes doses de sucreries.

Ton pupitre est recouvert d’une montagne de feuilles froissées, de bouchons de marqueurs mâchouillés, de coups de crayons remplis d’agressivité. Des travaux bâclés. Aucun parfum de fierté. Ça sent la démotivation à plein nez ! Pour apprendre, ça prend un encadrement global que seule l’école peut fournir. Certains pensent peut-être que les quatre murs d’une chambre forment un cadre suffisant… La pandémie aura réussi à te faire haïr l’école ! Quand t’as aucun phare pour te repérer, quand t’as aucune bouée pour t’accrocher, tu finis par décrocher…

Hier, pendant que j’étais assise sur ton lit, ta chambre m’a fait comprendre que ton bordel qui m’exaspère n’est en fait que le reflet de ta réalité… Depuis un an, ta vie est désorganisée, comme ta chambre. Comme toi. Respire un grand coup, la troisième vague arrive. J’le sais, c’est de plus en plus tough de rester la tête hors de l’eau. Tu descends de plus en plus creux. Nager à contre-courant, c’est épuisant. T’as besoin de sortir et voir le soleil, rigoler, boire en cachette et frencher… La troisième vague est là… Accroche-toi… Je ne sais pas à quoi, mais accroche-toi… à moi…

Sophie Barnabé

C’est ça, être ado

La plupart du temps, on parle de l’adolescence quand nous sommes a

La plupart du temps, on parle de l’adolescence quand nous sommes adultes, mais aujourd’hui, je vais vous parler de mon expérience dans la peau d’une ado. Je n’ai pas tout vécu encore, mais je vais essayer quand même.

Alors, commençons. Être ado, c’est quoi? L’adolescence est une des plus belles périodes parce que nous n’avons pas trop de responsabilités et beaucoup plus de liberté qu’avant, mais elle peut aussi être difficile chez certains. Parfois, on se sent comme le roi du monde et d’autre fois, on se sent comme un bon à rien.

C’est aussi là que nous vivons nos premières fois comme le secondaire, nos premiers amours, notre premier travail ou nos premières peines d’amour. C’est aussi à cette période que nous devons choisir notre métier, c’est quand même fou! C’est là que nous allons essayer plein de choses et faire plein de conneries, mais tout ça va nous aider à construire la meilleure version de nous-même.

À l’adolescence, on ne trouve pas nécessairement important d’aller à l’école, mais au fond de nous, on le sait que cela va nous servir toute la vie. Passer cinq jours par semaine assis en silence dans une classe, ce n’est pas vraiment notre passe-temps préféré. On préfère passer du temps avec nos amis, être dehors ou écouter Netflix avec un bon popcorn.

L’adolescence est une grande période de stress à cause de l’école, de notre choix de carrière et de tout le reste. C’est là qu’on voudra ressembler aux autres de peur d’être jugé ou rejeté. Là qu’on va apprendre à se connaître. Malgré toutes ces choses, c’est là que nous allons avoir le plus de plaisir. En gros c’est ça, être ado.

 

Léanne Lépine

Ode à l’ado extraordinaire

Je vous entends d’ici chialer contre les ados qui mettent leur mus

Je vous entends d’ici chialer contre les ados qui mettent leur musique trop forte dans l’autobus! Contre ceux qui laissent traîner leurs assiettes sales dans leur chambre comme un appel désespéré à la coquerelle! Contre ceux qui rentrent à pas d’heure et qui vous laissent vous morfondre dans le noir, un huitième café à la main. Contre ceux qui s’étirent tellement les yeux vers le ciel quand on leur parle qu’on craint qu’ils restent pris ainsi…

Tut tut tut.

Il y en a, des ados à l’odeur d’aisselles pas frottées, aux bras trop longs, au discours trop court, aux nuits de sommeil de quatorze heures et aux hormones dans le plafond… mais je veux vous parler d’un autre genre d’ados.

Je veux vous parler des ados qui font des efforts pour ranger leur chambre et qui se laissent même parfois aller à un extra vaisselle, même s’ils aimeraient mieux gosser sur Instagram ou ronfler jusqu’à la fin de leur secondaire.

Des ados qui acceptent sans protester de garder la petite sœur tannante ou le voisin fatigant, juste pour vous laisser une soirée en couple ou pour vous donner une heure de OH-MY-GOD! LIBERTÉ à l’épicerie ou chez le dentiste.

Des ados qui vous accueillent le soir avec un repas tout prêt et presque équilibré ou avec une assiette de biscuits chauds sortis du paradis de la pâtisserie (lire : votre four). De ceux, aussi, qui ratent des recettes ou qui salissent beaucoup trop de vaisselle, mais qui au moins, essaient d’apprendre le B-A-BA de la cuisine.

Des ados qui osent s’aventurer sur le marché du travail ou dans l’aventure de la conduite automobile même s’ils savent que le défi a les proportions everestiennes.

Des ados qui animent les camps de jour, qui mettent tout leur cœur et toutes leurs heures estivales à préparer des jeux et des comptines pour amuser vos cocos (et vous laisser travailler…). Ces mêmes ados qui ont aussi chaud que tout le monde, mais qui continuent à avoir l’air de faire la job la plus palpitante et la plus payante de la planète. Des ados qui gèrent des crises de vedettes, des fatigues de ti-pet et des « je veux ma mamaaaaaaaaannnnnn » d’enfant qui ne se peut plus.

Des ados qui vous prennent dans leurs bras en disant : « Merci tellement, maman, de m’aimer comme tu le fais. Je le sais que tu n’es pas obligée ; je le sais que je te fais parfois la vie dure ; mais je ne te remercierai jamais assez de m’avoir donné la vie et de la rendre belle. ». Des ados qui osent dire « Je suis en colère » ou « J’ai peur ».

Des ados qui n’ont pas honte de leurs parents, au contraire. Des ados qui disent : « Sais-tu quoi? Mes amis ont officiellement décrété que tu es la mère la plus cool de l’univers. Pas parce que tu essaies d’être notre amie, juste parce que tu es toi. ». Et si en plus ils te trouvent drôle et te laissent faire des jokes plates, gros bonus. Des ados qui ont appris avec le temps comment choisir de bons amis et comment dire non aux pas fins.

Des ados qui acceptent de plus en plus souvent les conseils des parents parce qu’ils se rendent bien compte que ça a bien du bon sens. Des ados qui demandent « À quoi ça goûte l’alcool? » au lieu de se saouler en cachette. Des ados qui jasent d’avortement, de cannabis et de jeans troués parce qu’ils veulent protester juste assez (mais qui se serviront de vos arguments sagement mémorisés dans leur essai de fin d’année).

Des ados qui vous apportent le déjeuner au lit le jour de votre fête, et deux-trois autres jours dans l’année. Parfois même avec un poème gribouillé sur une serviette en papier. Des ados qui boudent parfois comme des ados, mais qui viennent s’excuser sans que vous ayez à le leur demander.

Des ados qui téléphonent à leurs grands-parents « juste parce que ». Qui rêvent de leur premier appartement, de leurs premiers partys pas de parents… mais qui déposent leur tête sur votre épaule pendant le film du vendredi.

Ai-je l’air de me vanter si je vous dis que ces ados dont je parle sont très fortement inspirés de mes deux grandes chouettes? Elles ne sont pas parfaites et je les trouverais plates si elles l’étaient (ça me ferait faire des complexes!), mais mausus que je ne les remplacerais pour rien au monde!

 Nathalie Courcy

 

Hymne à l’ado

Nos adolescents ne sont pas tous les mêmes, mais il y a certaines c

Nos adolescents ne sont pas tous les mêmes, mais il y a certaines choses qui se retrouvent chez la plupart des adolescents. J’ai eu envie de vous partager ce qui semble à mes yeux revenir dans la plupart des familles qui ont des adolescents, le tout, teinté d’un peu d’humour pour dédramatiser le tout. Cher adolescent, laisse-moi t’offrir ton hymne à l’ado :

Oh! combien j’aime ces doux matins où tu ne veux pas te lever pour aller à l’école. Ces matins où je dois te réveiller… te re-réveiller… brasser ton lit pour réussir à faire lever ce corps qui n’en a pas envie. « Mais ne t’inquiète pas, papa, ça n’a aucun rapport avec le fait que je me couche tard, c’est juste que je ne m’endors pas. »

Et que dire de ton excuse répétitive selon laquelle ta sonnerie de cadran n’a pas sonné sur ton cellulaire. Problème technique uniquement réservé aux adolescents il paraît, quelle malchance. Moi, ça ne m’est jamais arrivé… je pense que je vais m’acheter un 6/49…

Comme j’aimerais un jour trouver un panier de lavage qui accepte tes vêtements sales et qui ne les vomit pas un peu partout sur ton plancher. Tu sais, ce plancher qui n’est presque pas visible à l’œil nu. Ce plancher qui sert de terre d’accueil pour tes vêtements propres et sales qui se mélangent comme le fromage et la sauce dans une poutine.

Et que dire de tes douches. Ces douches qui offriraient assez de temps pour laver un éléphant adulte avec une brosse à dents. Tu sais, ces douches qui n’offrent plus assez d’eau chaude pour celui qui te suit Par contre, je suis certain que l’éléphant adulte ne laisserait jamais ses deux ou trois serviettes mouillées par terre, lui. Car oui, oui, les serviettes mouillées vont par terre en petit tas.

Ah oui, parlons aussi de tes goûts alimentaires qui sont en perpétuel changement. Tu pourrais te nourrir uniquement de pâtes alimentaires blanches avec du beurre, du sel et du parmesan. Des repas que tu adorais dans le passé sont maintenant presque dégoûtants pour toi. Et quand on te demande ce que tu aimerais manger, il y a l’éternel : j’sais pas! À voir les papiers de bonbons et de chips dans le fond de ton sac d’école, on peut comprendre pourquoi tu n’as jamais vraiment faim à l’heure du souper… mais tard en soirée, tu te transformes en tyrannosaures et gobes tout sur ton passage.

Je remarque aussi que la maladie de la perte de mémoire se développe très rapidement chez toi, ce qui m’attriste beaucoup. C’est la mémoire à court terme qui est le plus affectée. Par exemple, tu oublies que le rouleau de papier de toilette est fini et tu le laisses vide sur le support. Ou encore, tu oublies ta vaisselle sale un peu partout dans la maison. Tu oublies que le sac de lait est vide et tu remets la pinte vide dans le frigo. Tu oublies que la poubelle est pleine et tu pèses dessus pour tout enfoncer pour être certain de ne pas avoir à le changer. La maladie va même jusqu’à te faire oublier les tâches que l’on t’a demandées. Parlant des tâches, regarde ce qui suit.

Il y a aussi des mots qui reviennent particulièrement souvent. Celui que tu as adopté et qui te suit partout est : tantôt. Il est utilisé plusieurs fois par jour et ensuite, c’est ta maladie de mémoire à court terme qui embarque. Alors nous devons redemander et ton meilleur ami « tantôt » revient… et le trouble de mémoire à son tour. C’est comme une roue qui tourne.

Ce qui me fascine réellement, c’est le temps dont tu as besoin pour étudier et apprendre par cœur des matières scolaires alors que tu me chantes mot pour mot une multitude de chansons en anglais que tu n’as entendues qu’une ou deux fois. Tu réussis à me surprendre et c’est positif. Les maths et l’histoire devraient être transformées en hip-hop.

Finalement, laisse-moi te parler de ton meilleur ami. Il prend beaucoup, beaucoup de place dans la maison. Il est toujours avec nous. Il est là chaque heure du jour et j’ai l’impression qu’il t’empêche de dormir la nuit. Je le surprends même à t’accompagner dans ton bain. Je nous trouve très permissifs. Je parle de ton cellulaire bien sûr. Il est toujours greffé à la main. Tes notifications Snapchat, Facebook, Messenger, Instagram et autres sonnent dans la maison comme une vieille cloche de vélo agitée par un enfant hyperactif.

Malgré tout, cher ado, on ne te changerait pas pour rien au monde. Mais là, comprends‑moi bien. On ne te changerait pas toi, mais on changerait clairement quelques-unes de tes habitudes. La beauté de la chose est que l’adolescence ne dure que quelques années et qu’un jour, on va en rire. On va surtout en rire quand tu auras toi‑même des ados et que tu auras envie d’écrire un hymne pour eux. Tu verras, l’adolescence se définit comme suit : c’est le moment de notre vie où l’on veut des permissions d’adulte avec des responsabilités de jeune enfant.

Et vous, est‑ce que vos ados ont quelques-unes de ces habitudes? Écrivez-nous dans vos commentaires les habitudes des vôtres pour nous faire rire ou encore pour nous faire sentir moins seul.

Espoir il y a

Quand l’adolescence de ton enfant commence avant même que le

Quand l’adolescence de ton enfant commence avant même que le terrible two se pointe… tu te dis que tu ne survivras pas.

Quand le terrible two oublie de finir. Qu’il enchaîne avec le f…g four et que les six ans sextuplent l’intensité… tu te dis que le bon Dieu t’a oubliée. Ou qu’il fait exprès pour te faire suer.

Quand toutes les méthodes enseignées par les maîtres de l’éducation bienveillante, de la discipline thatchérienne et du lâcher-prisme ne fonctionnent jamais plus de quatre jours (et demi, quand tu es chanceuse)… tu doutes. De tout : capacités parentales, possibilités de t’en sortir vivante, existence d’une justice pour les parents.

Quand tout le monde te répète : « OMG. Ça va être quoi, à l’adolescence?! », en prenant bien soin d’ajouter moult points d’exclamation et regards de découragement… tu le sais, le mauvais quart d’heure va s’étirer au‑delà de toute résistance possible. Tu vas y laisser ta peau, ton estime personnelle (il t’en reste un petit bout, n’est-ce pas?) et tout ce que ton cerveau peut contenir de sain.

Quand ton enfant, qui était pourtant si mignon au temps des couches et des siestes, te torture l’esprit autant que le cœur à force de compliquer les affaires, de la moindre demande à la plus simple sortie… tu te dis… en fait, tu ne te dis plus rien. Rendue là, tu es trop occupée à faire la nage du petit chien pour garder ta tête hors de l’eau. Et celle de ton enfant. Parce que s’il t’en fait voir de toutes les couleurs, c’est parce que lui aussi se noie à petit feu…

Et un jour, l’adolescence arrive. Pas de grandes pompes, pas de trompettes. À peine un petit « M’hein » mou de la voix qui t’indique que l’âge ingrat est au coin de la rue. Ah! non, trop tard, tu n’as pas pu l’intercepter : il est déjà chez toi, en la personne de ton ado.

Tu as déjà pris ton rendez-vous pour être internée quand… tu te rends compte que ça ne va pas si mal. Que toutes les méthodes éducatives mises en place parce que et malgré, elles finissent par donner des résultats. Que l’espoir qui t’a tenue en vie toutes ces années prend des teintes plus franches : cet ado te parle. Cet ado se rapproche de toi. Cet ado t’aime. Et en plus, il te cuisine des biscuits à l’occasion.

Ça ne règle pas tout (c’est qu’il a des années de pratique d’attitude plate derrière la cravate!), ça ne répare pas tout (une feuille froissée-déchirée-émiettée ne redevient pas lisse par miracle), ça n’efface pas les années de souffrance d’un coup de baguette magique. La mémoire est une faculté qui oublie… bien ce qu’elle veut.

Mais chaque jour qui passe permet à ton ado de grandir en dedans et en dehors (bon voilà, il t’a dépassée!) Chaque jour qui passe te permet à toi de voir ce qui ressort de tant d’années de persévérance et d’amour inconditionnel. Chaque jour qui passe vous permet de détricoter les mailles erronées, et de retricoter une relation saine.

Le fil du temps vous permettra de solidifier votre communication et votre confiance mutuelle. Oui, ça se peut, une adolescence sous le signe de l’espoir.

PS Interdiction de te venger. Ok… peut-être plus tard… gentiment, quand même… mais attends au moins qu’il soit parti de la maison.

Nathalie Courcy

À toi, l’ado qui a hâte de devenir un adulte!

J’ai voulu être une adulte rapidement. La période de l’adolesc

J’ai voulu être une adulte rapidement. La période de l’adolescence, c’était pas mal trop long à mon goût et j’avais hâte que la grande vie commence. Avoir des enfants, une famille. Dans ma tête, c’était clair depuis longtemps, j’allais être une maman.

Maintenant maman depuis dix ans, j’ai eu le réflexe de regarder en arrière et de me demander si j’avais des regrets. J’ai eu des amies, des amoureux de quelques mois, le cégep, la première voiture, un amoureux sérieux, etc. Et j’en suis venue à la conclusion que le seul regret que j’ai, c’est que je n’ai tout simplement pas appris à me connaître, moi. Je n’ai jamais habité seule ou en colocation avec des amis. Et surtout, j’ai trop souvent voulu ressembler à mes amies, à ma « gang », pour plaire. Je n’ai jamais osé être moi même, par peur de ne pas être acceptée.

Ne vous méprenez pas, j’adore mes enfants et ils sont ce que j’ai de plus précieux au monde. J’adore les regarder apprendre et découvrir, et j’adore voir leurs yeux briller. Je ne regrette pas d’avoir eu des enfants, au contraire. J’aurais simplement aimé en profiter un peu plus avant que la routine familiale nous avale.

J’ai donc décidé d’agir, ou plutôt de ralentir, pour pouvoir profiter de la vie sans toujours être dans ce train, vitesse grand V, qui fait passer les années beaucoup trop vite. Ralentir pour apprendre à me connaître, parce que je n’ai malheureusement pas pris le temps lorsque j’étais ado. Je voulais que le temps passe vite pour être une adulte rapidement. Pourtant… aujourd’hui je trouve que le temps passe trop vite. Je veux aussi apprendre à connaître mon couple et connaître mes enfants. Et ce qui est beau dans tout ça, c’est qu’en prime, je vois l’émerveillement dans leurs yeux autant que dans les miens.

À toi, l’ado qui a hâte de devenir un adulte, j’aimerais te dire d’en profiter. N’essaie pas d’être quelqu’un d’autre. Fais ce que tu aimes et fais-toi plaisir. Sois toi-même et les gens qui sauront t’apprécier comme tu es seront tes vrais amis. Il ne faut surtout pas avoir honte de ce qu’on est, c’est ce qui fait qu’on est spécial. Et tout le monde est spécial, à sa façon. Prends le temps de réfléchir à ce que tu es, à ce que tu veux dans la vie. Prends du temps pour toi, prends le temps de te connaître et surtout, de t’aimer.

Valérie Grenier

 

Lettre d’un père à son adolescente

Chère fille,

Que la vie passe

Chère fille,

Que la vie passe vite, trop vite même. Te voilà déjà rendu à quatorze ans. Il me semble qu’il n’y a pas si longtemps, nous avions encore du plaisir à colorier, à écouter Caillou ou encore à jouer avec tes toutous. Dans ma tête, tu es encore ma petite fille, mais j’ai quand même fait une constatation dans les dernières semaines.

Nous revenons tout juste de Cuba où nous avons passé une superbe semaine et j’ai eu un choc. Oui, le papa de la petite fille devenue adolescente a eu un choc. J’ai été confronté au regard que des jeunes hommes posaient sur toi. J’ai aussi été confronté à tes regards sur ces jeunes hommes. J’ai du mal à imaginer que les jeunes hommes te regardent comme ça, car tu es ma petite fille. J’ai dû me rendre à l’évidence que tu es une jeune femme avec un corps de jeune femme et probablement avec des envies de séduire. On est rendus là, je crois, et ça frappe le papa en pleine face. J’ai toujours su que ça arriverait et je m’y suis préparé comme je pouvais. Mais peut-on être prêt à ça? Moi qui suis un homme et qui ai vu neigé avant aujourd’hui, voici ce que j’ai envie de te dire.

Sachant tout ce qui s’en vient pour toi dans tes relations futures, j’ai envie de te parler. J’ai envie de te donner quelques conseils. Car je dois me rendre à l’évidence que tu vas t’intéresser de plus en plus aux hommes et aux relations amoureuses. Tu es une magnifique jeune femme à l’intérieur comme à l’extérieur. Les conseils que j’ai envie de te donner, je les donne aussi à toutes les adolescentes au nom de vos papas.

Mon premier conseil est de toujours te choisir toi en premier. Faire les choses pour faire plaisir aux autres n’est pas la meilleure solution. Apprends à t’aimer avec tes forces et tes faiblesses. Apprends à être bien avec toi‑même pour que ton futur amoureux ne soit qu’un complément à ton bonheur. Quand on a absolument besoin d’un amoureux pour être heureuse, on risque de moins bien choisir et de prendre le premier venu pour combler ce manque. Prends le temps de bien le choisir. La priorité en amour est le respect. Celui qui t’aimera doit te respecter dans les bons moments comme dans les mauvais. Il doit respecter tes limites et tes besoins.

Je ne te ferai pas de cachettes : les hommes ne sont pas tous géniaux. Il y aura des profiteurs qui ne seront pas là pour les bonnes raisons. Je te sais assez intelligente et allumée pour deviner lesquels seront de bons candidats. L’amour, ça ne s’achète pas. L’amour, ça ne se magasine pas. L’amour, ça ne s’invente pas et ça ne se force pas. C’est censé apparaître soudainement et tu le sais quand ça te frappe.

Ton chum ne t’appartiendra pas et tu n’appartiendras pas à ton chum. La jalousie ne fait que du mal. La jalousie brise l’amour et le respect. Être jalouse de ton amoureux signifie que tu ne lui fais pas confiance. Cela signifie souvent aussi que tu ne te fais pas confiance à toi. Souviens-toi que s’il t’a choisie, c’est qu’il désire être avec toi. Il a le droit d’avoir des amis de gars et des amies de filles. Cela ne change en rien ce qu’il ressent pour toi. L’inverse est tout aussi vrai. Tu ne lui appartiendras pas. Il doit apprendre à te laisser libre. C’est à toi de prendre tes propres décisions sans aucune pression de personne.

Je suis fier de qui tu es. Je sais que tu seras une très bonne amoureuse. Tu as un cœur gros comme la Terre. Tu as même tendance à t’oublier pour les autres. Il faut faire attention à cela, mais je crois que je t’ai donné cet exemple. J’espère que tu seras aimée comme tu le mérites.

Il n’y a pas meilleur sentiment que d’être amoureux. J’ai été adolescent et je sais à quel point c’est important. Mais je me permets un tout petit dernier conseil sur le genre de chose qui arrive excessivement souvent aux ados qui tombent amoureux.

L’amitié est importante. L’amitié reste dans le temps. Tes amies seront là avant ton chum, pendant ton chum et après également. Ne laisse jamais tes amies de côté quand tu as un chum. Continue à fréquenter tes amies même si c’est juste avec lui que tu voudrais être. Si tu les laisses de côté le temps de ta relation, il n’y a aucune garantie qu’elles seront là si ta relation cesse. En plus, c’est une excellente manière de vérifier si ton amoureux te respecte dans tes choix. Si tu choisis de voir tes amis et qu’il te fait la baboune ou encore s’il te le reproche, c’est qu’il te démontre déjà qu’il ne respecte pas tes choix. Bien sûr, le petit futé tentera peut-être de te manipuler en te disant que tu es sa priorité et que si tu ne veux pas le voir, c’est que tu ne l’aimes pas, que tu es tout pour lui…….. DANGER! C’est un début de jalousie et de contrôle. Tiens ton bout. N’oublie pas mon premier conseil : choisis-toi en premier. Même si toi aussi, tu n’as envie que de le voir lui, force-toi à ne pas laisser tes amies de côtés. Crois-moi, ce conseil te servira assurément puisque tu seras confrontée à cette situation.

Donc, finalement, prends le temps de bien choisir ton amoureux. Il n’y a tellement aucune presse! J’ai même envie de te dire que la beauté intérieure devra être plus importante que la beauté extérieure. Dans notre monde axé sur l’apparence, je sais que mon message n’est pas ben ben winner, mais crois-moi, c’est tout de même très important. C’est son intérieur qui te rendra heureuse à long terme, pas son physique ni son apparence.

Voilà. Il s’agit ici de conseils de base de la part d’un papa qui accepte que tu ne sois plus une petite fille, mais une jeune femme. J’espère que mes conseils seront lus par toi, mais aussi par toutes les adolescentes qui ont accès à ce blogue. N’oubliez pas que vous n’êtes plus des petites filles, mais que vous resterez les petites filles de vos pères pour toujours.

Je t’aime ma Coccinnelle!

De ton Papounai