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J’aime ça la crème glacée — Texte : Kim Boisvert

Moi j’aime ça la crème glacée.

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Moi j’aime ça la crème glacée.

Je me suis longtemps levée la nuit pour en manger. En appartement ? Certes. Mais aussi quand j’habitais chez mes parents, jadis.

Je me levais et je prenais une grosse cuillère à soupe. Ne vous demandez pas comment j’ai eu ce corps de déesse grecque.

Avouez que le soir, ou plutôt la nuit, de la crème glacée au chocolat, ça se mange à la pleine 15 ml. Même que tout le temps, ma 15 ml ressemblait bien plus à une 5 012 047 ml. Je la plongeais vigoureusement en plein dans le milieu du rectangle cartonné de la marque maison de crème glacée présente dans notre congélateur. Et je me délectais de cette matière ultra calorique comme si c’était le meilleur truc que j’avais mangé à vie ! Ma mère avait le tour avec les cochonneries. Je suis certaine qu’elle se disait : tant qu’à manger de la scrap, aussi bien en prendre de la vraie, pas chère !

On était loin du Chocolats Favoris ! Sélection Mérite, Chapman’s et President’s choice guidaient mes nuits à tour de rabais.

Dans ma vie d’adulte, eh bien, même affaire. Insomnie ? Pourquoi pas me récompenser d’être debout par une belle grosse pioche à saveur de menthe et pépites de chocolat. J’avais presque hâte de faire de l’insomnie ! Je crois que mon cerveau disait : Menthe Glacée à Kim Boisvert. Vite, lève-toi !

Mais dans la crème glacée, il y a du lactose et de la caséine (j’ai vérifié dans Google pour ne pas l’écrire tout croche, je ne voudrais pas que ma kiné pleure devant un amas de lettres mal alignées !) Et moi, le lactose et la caséine, ça marche moyen dans mon système. Je pète, je viens le ventre dur comme la tête à ma sœur et je feele pas bien. Bref, ça me fuck le système. Ça et le gluten. Et les gens qui ne savent pas payer aux caisses libre-service du Dollarama. Même affaire.

Pendant un souper avec des patrons hauts placés, un d’eux m’a demandé  (je vais traduire ça pour mon beau-père, pour être certaine qu’il comprenne que je suis capable d’y faire honte, même en anglais !) :

JG —What about the gluten free ? (C’est quoi l’affaire du sans gluten ?)

Moi : I’m intolerant. (Je suis intolérante)

JG : What happens when you eat gluten? (Qu’est-ce que ça fait quand tu manges du gluten ?)

Moi : I fart and it smells like shit. (Je pète et ça sent la marde)

Alors voilà. Moi j’aime ça la crème glacée. Mais dès demain, je fais le choix de couper les produits laitiers et le gluten. Parce que c’est pas bon pour moi. Oh, mes nuits d’insomnie ne seront plus les mêmes. Mes cuillères à soupe serviront pas mal moins.

Mais parfois, y a des moments où on choisit de faire les choses pour nous, pas pour les autres. Pas juste de dire : je vais essayer. Non. Je vais le faire. Pour moi. Pas parce que Dr Leclerc me l’a demandé. Parce que je comprends que ça me nuit. Et c’est pas comme si les boyaux internes du côté maternel étaient faits de béton armé. Une plomberie digne d’Aurore.

C’est donc pour ça que je vais retirer ça de mon alimentation.

Parce que je suis assez grande pour faire mes choix et que de dire non à du pain, de la farine, du fromage et de la crème glacée, c’est de dire oui à une qualité de vie bien meilleure.

C’est dire non à des kilos en trop.

C’est dire non à des pètes odorants.

J’ai envie de vous demander si vous, vous faites vos choix ou si ce sont les autres qui les font pour vous. J’ai 28 ans et j’ai encore de la difficulté à aller contre-courant de l’opinion des gens. J’entends déjà les gens dire : une fois, ça te tuera pas !

C’est bien vrai. Mais j’ai envie que ça vienne de moi. Pas des jugements des autres.

Faites vos choix. Vivez-les mais surtout, vivez avec. Si vous avez le goût de vous marier en Irlande, cool ! Nouveau piercing ? Génial ! Nuit blanche un mardi soir ? Mais certainement ! Mais vivez. Y a que ça de vrai.

Je vous embrasse. Je repousse le moment où je parlerai des gens extraordinaires de ma vie. Mais je suis de même, un peu feeling, beaucoup Freestyle.

Pour le moment, j’avais envie de vous assurer que même si je fais des pètes odorants (et que ça me rendait attachante), je ne lâche pas ! ÇA ACHÈVE ! 🙂

Kim Boisvert

De la relâche au chantier – Texte : Nancy Pedneault

Je pense qu’il faut qu’on se parle. J’ai lu tes commentaires s

Je pense qu’il faut qu’on se parle. J’ai lu tes commentaires sur les médias sociaux. J’avoue, je suis blessée. Depuis vingt ans déjà, je prends soin des enfants, je leur enseigne. Chaque jour, je fais de mon mieux pour qu’ils apprennent, qu’ils développent leur estime et leur autonomie et surtout, qu’ils soient heureux. Mais quand je lis le mépris et la hargne, mon moral en prend pour son rhume.

Alors là, je pense qu’on ne se comprend pas. Je vais te faire une petite analogie.

Parlons construction.

Imaginons que tu as un contrat de rénovation. C’est une maison récente mais bâtie toute croche. Les fondations sont fissurées et le chantier a été laissé en plan pendant plusieurs mois. C’est vraiment une grosse job. Tu te dis qu’avec ton équipe, vous allez y arriver. Alors tu planifies, tu achètes les matériaux et tu décolles le projet, plein d’espoir.

Cependant, il y a une pandémie mondiale (ben oui, c’est pour tout le monde cette patente‑là !). Ton chantier doit fermer. Quand tes gars sont à la maison, tu leur donnes des petites jobs, mais ce n’est pas vraiment efficace. Tu leur envoies des vidéos en espérant qu’ils apprennent de nouvelles techniques mais leur motivation est au plus bas. Enfin, ton chantier ouvre. Tes gars travaillent d’arrache-pied pour reprendre le temps perdu, puis toi, tu ne comptes plus tes heures depuis longtemps.

Et comble de malheur, ton chantier ferme encore. Tes clients mettent de la pression, veulent que la maison soit prête à la date prévue. Tu n’as aucun contrôle sur la situation.

Ton chantier ouvre enfin. C’est maintenant complètement fou. Tu motives tes gars comme tu peux. Tu vois qu’ils travaillent vraiment fort. Il faut remettre ça en ordre ce chantier‑là ! Tes gars travaillent en double mais le client ne le voit pas. Tu es brûlé, les gars aussi. Heureusement, les semaines de la construction s’en viennent. Ça va vous faire du bien, car depuis que le chantier est rouvert, tu travailles sans compter. Cependant, ton client n’est pas content. Il veut que le chantier avance pendant les vacances. Toi, tu le sais que tes gars n’ont plus de jus, que c’est même dangereux pour les blessures. Finalement, les clients comprennent et les semaines de repos si attendues seront là, comme d’habitude.

Un soir, alors que tu relaxes enfin à la maison, tu regardes les médias sociaux. Tu lis plein de commentaires à propos de ton métier. Et ce n’est vraiment pas réjouissant. Les gens vous traitent de lâches, de paresseux, de chialeux. Ils disent que vous vous plaignez le ventre plein car vous avez de bons salaires et que vous êtes en chômage une partie de l’hiver (en passant, ce n’est pas ce que je pense, c’est un parallèle avec ma job). Ta famille voit les cernes à tes yeux, l’énergie qui baisse, le moral qui vacille. Mais les gens sur les médias sociaux ne voient pas le chantier de l’intérieur. Les gens qui commentent n’ont jamais vraiment fait ta job, mais puisqu’ils ont déjà construit un patio, ils pensent tout savoir.

Maintenant, change les mots de mon histoire :

Chantier = classe

Gars = enfants (entre 5 et 16 ans)

Clients = gouvernement, parents, contribuables, monsieur-madame tout le monde

Je ne me plains pas, j’adore mon métier. C’est juste que des fois, j’aurais le goût de t’inviter dans ma classe et de te laisser seul avec mes élèves avec l’objectif de leur enseigner quelque chose (d’ailleurs, on cherche des profs, si ça te tente).

Nous sommes des professionnels de l’éducation. Si on dit que nos élèves ont besoin de repos, ce n’est pas pour nos vacances. On travaille avec des petits êtres humains, on les connaît mieux que quiconque. Alors, appuie-nous ou du moins, fais-nous confiance. Ce sera beaucoup mieux pour tout le monde.

Nancy Pedneault

Les #@?%* de parents

Avant toute chose, je tiens à mentionner que j’ai œuvré dans le

Avant toute chose, je tiens à mentionner que j’ai œuvré dans le domaine où j’ai eu à en côtoyer une panoplie. Je sais que ce n’est pas toujours facile. Je le sais…

La pandémie aura su exposer au grand jour le phénomène des #@?%* de parents. Bon, peut-être que vous les connaissez mieux sous l’appellation des parents rois.

Au début, les publications étaient principalement liées au fait que nous allions être « pognés » avec nos petits, qu’on allait enfin goûter à notre incompétence. Bon, je ne comprenais pas trop cette hargne, mais je me disais que c’était de l’humour. Cependant, ces publications se sont multipliées, elles ont été partagées sur mon fil d’actualité à un point tel que j’ai fini par comprendre que ce n’était pas que pour rire. À la lecture des commentaires et des déclarations d’enseignants dans les publications, j’ai compris que l’aversion face aux parents est plutôt problématique. Peu importe la façon de transmettre le message, peu importe la formule utilisée, le mépris qui se cache derrière a le même effet. Même quand c’est de l’humour.

C’est un peu comme si nous, les parents, étions les cancres de la société. On pose problème quand on s’investit et on pose problème quand on ne le fait pas. La façon dont le message est reçu est que l’on pose problème, peu importe la façon dont on se positionne. La fameuse phrase « Tu voulais des enfants, occupe-toi s’en ! » me laisse toujours un peu perplexe. Bon, disons‑le, ça m’est passé par la tête à un moment ou un autre dans ma carrière, là. Seulement, pas de là à l’exprimer haut et fort sur les réseaux sociaux ; ça, ça me rend mal à l’aise.

Permettez‑moi une analogie. Si vous avez un problème de santé et que vous allez à l’hôpital, il serait tout à fait inacceptable qu’un médecin vous attende en vous disant que c’est votre santé et que c’est à vous de vous en occuper. Tout le monde serait en colère et avec raison puisque c’est lui le professionnel de la santé !

À mes yeux, il s’agit de la même chose pour l’éducation. Les enfants ont devant eux des professionnels de l’éducation qui sont là pour les accompagner dans leur cheminement scolaire. En toute humilité, en tant que parent, je ne peux compétitionner avec ce niveau. Nous avons besoin de votre expertise, comme on a besoin de celle du médecin. Il serait utopique de croire que je peux donner ne serait‑ce que l’équivalent en termes de qualité. Ce n’est pas pour me débarrasser de mes enfants qu’ils vont à l’école, c’est parce que l’éducation est essentielle. Oui, pendant ce temps, je vais travailler et faire mon métier à moi, métier qui est bien utile à la société aussi.

Quand une phrase commence par « Les profs… », la majorité se sent concernée. Quand ça commence par « Les parents », ça a le même effet. On a besoin de vous, avec nous, pas contre nous ! Je ne le dirai jamais assez, j’apprécie réellement votre travail !

On dit qu’il ne faut pas généraliser. Je sais pertinemment que ce ne sont pas tous les enseignants qui tiennent ce discours passif-agressif. Tout comme ce ne sont pas tous les parents qui méritent de porter le chapeau des #@?%* de parents et le jugement qui l’accompagne.

Eva Staire

#AllLivesMatter

Que valent un Blanc, un Noir, un membre des Premières Nations, une

Que valent un Blanc, un Noir, un membre des Premières Nations, une personne riche, un handicapé, un homme avec ses deux jambes et ses deux bras, un aîné atteint d’Alzheimer, une femme qui a fait une fausse couche, un enfant dysphasique, un criminel récidiviste, un employé, un ado rebelle ou un premier de classe ?

Qui vaut plus, qui vaut moins, qui ne vaut rien ?

Comment évalue-t-on la valeur humaine ?

En termes financiers ? D’actifs et de passifs ? En quantité d’amour reçu et donné ? En fonction des diplômes potentiels ou obtenus ? En évaluant la descendance à venir ? En fonction de ce que la personne apportera à la société et de ce qu’elle lui coûtera ? En dénombrant les amis et les ennemis ? Ou le nombre d’« amis » Facebook ?

La vie des Noirs compte. Tout à fait. La vie de Joyce compte. Tout à fait. Je suis d’accord avec tous ces mouvements, avec toutes ces idées. Ce sont des réflexions nécessaires pour faire respecter les droits de tous et pour obtenir la justice pour tous.

Mais j’ai le goût d’aller plus loin. J’ai le goût de dire que #AllLivesMatter. Toutes les vies comptent. La vie de toutes, la vie de tous, la vie des jeunes, des vieux, de ceux du milieu. La vie de ceux qui entrent dans la norme et de ceux qui cassent le moule volontairement ou génétiquement. La vie de ceux qu’on voit comme « méchants », les pas fins des uns et les pas fins des autres, comme la vie de ceux qui se font encenser pour leur bonté ou parce qu’ils ont trouvé le traitement du cancer. Toutes les vies comptent.

Ça vous choque ? Vous pensez que le tata qui a battu sa femme mérite la mort ? Que le politicien qui enfile les absurdités devrait disparaître ? Que l’enfant qui dérange devrait être expulsé du système scolaire ? Que la maman enceinte d’un bébé polyhandicapé devrait se faire avorter, that’s it, that’s all ? Ben non. Je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord avec la méchanceté, avec la tatatitude non plus. Je suis en faveur de la prévention et des conséquences. Mais la vie de tous vaut quelque chose. Point.

On ne sait pas ce que les gens peuvent devenir. On ne sait pas ce qu’ils peuvent faire devenir leur entourage et même des inconnus.

Personne n’a toutes les versions de l’histoire de quelqu’un, personne ne détient la vérité totale sur le passé, le présent et le futur des autres. Et personne n’a le droit de menacer quelqu’un de lui enlever la vie. Personne n’a le droit de souhaiter la mort ou la douleur. En personne ou à travers le faux anonymat des médias sociaux.

Ce qu’on sait, c’est que personne n’a le droit de décider si un humain existe ou non.

Nathalie Courcy

L’allaitement : date d’expiration?

J’ai allaité mes trois filles jusqu’à ce que je n’aie plus a

J’ai allaité mes trois filles jusqu’à ce que je n’aie plus assez de lait. Les deux premières pendant 2 mois et la troisième, jusqu’à 4 ½ mois. Pour le petit dernier, je m’étais dit que j’allaiterais jusqu’à ce qu’il ait 9 mois, si tout allait bien.

J’ai été chanceuse, l’allaitement était facile. Neuf mois après la naissance, je produisais encore beaucoup de lait, mon bébé prenait bien le sein, cela semblait lui apporter du réconfort et je chérissais ces moments précieux pendant lesquels j’étais collée à mon petit homme.

Pour une fois, ce n’est pas mon corps qui arrêterait l’allaitement. J’étais donc confrontée à une nouvelle situation : j’arrête à quel moment?

J’ai longuement réfléchi à la question et je me suis demandé s’il devait vraiment y avoir une date d’expiration.

La recherche nous enseigne que l’allaitement est fortement recommandé jusqu’à l’âge de 2 ans. Au début, je me disais que c’était beaucoup, que ça ferait un peu étrange d’allaiter un bébé si longtemps. En fait, j’avais peur du jugement des autres. Que vont penser les gens s’ils me voient allaiter mon enfant qui a plus d’un an? Moi-même, je n’étais pas particulièrement à l’aise d’allaiter très longtemps, mais j’ai poursuivi sans trop y penser.

Par la suite, je me suis dit que le bébé allait bien finir par ne plus vouloir prendre le sein, mais ça ne semble pas être parti pour cela. Il a maintenant 19 mois et je l’allaite toujours. Quand vais-je arrêter d’allaiter? Je ne le sais pas encore.

Mais une chose est certaine : je n’arrêterai pas parce que j’ai peur de ce que les gens vont penser. L’allaitement est la chose la plus belle et la plus naturelle qui soit. Ce sont les adultes qui voient quelque chose de mal dans le fait de poursuivre l’allaitement au-delà de la première année. Pour l’enfant, c’est ce qu’il connaît depuis qu’il est né, en plus d’être une superbe source de réconfort. Alors si la mère est à l’aise et qu’elle aime allaiter, qu’y a-t-il de mal à poursuivre l’allaitement? À mon avis, absolument rien.

Pour ma part, mon quatrième aura contribué à faire tomber mes préjugés sur l’allaitement. J’assume pleinement le fait qu’il a 1 ½ an et que je l’allaite encore, peu importe où je suis.

L’allaitement est une chose très personnelle. Ça regarde la mère et son bébé. Personne ne devrait juger une mère qui cesse d’allaiter rapidement ou encore qui allaite longtemps. Écoutez votre cœur, votre corps et votre bébé. Si les trois sont en accord pour poursuivre un allaitement longtemps, faites-le! Ne soyez surtout pas mal à l’aise en public. Il est plus que temps de briser les tabous sur le fait qu’on ne devrait pas allaiter un bébé au-delà de sa première année.

Annick Gosselin

L’intolérance à l’intolérance

Je suis une grande fan du « vivre et laisser vivre ». Pas au p

Je suis une grande fan du « vivre et laisser vivre ». Pas au point de me mêler de mes affaires si le voisin bat ses enfants. Pas au point de me ficher de ce que vivent mes proches. Mais dans la mesure où il n’y a pas de danger, ça me va. Je peux avoir mon opinion sur ce qui se passe dans les nouvelles ou sur les vêtements dépareillés d’une personne, mais rien ne m’oblige à partager cet avis en public. Entre autres parce que ce que je pense n’est pas nécessairement d’intérêt public, mais aussi parce que mon opinion n’a pas plus ou moins de valeur que celle d’une autre personne sensée. Et qui détermine qui est sensé et qui ne l’est pas ?

C’est peut-être pour ça que je me sens intolérante face aux intolérances.

Ces temps-ci, on parle beaucoup (trop) des couvre-visage, masques et autres bouts de tissu visant à protéger la population contre la multiplication des cas de COVID. Les discussions enflammées ont longtemps porté sur d’autres bouts de tissu qui couvraient les cheveux, le visage ou même le corps entier des femmes musulmanes. Ou encore sur le tissu trop translucide ou trop court ou trop voyant qui couvre (à peine) le corps des célébrités ou des ados. Tant de mots dépensés et de colères exprimées pour des bouts de tissu. Et ça change quoi, au juste ?

Je comprends la montée d’émotions générée par l’abus (ou l’impression d’abus, selon le point de vue). Je suis soumise aux mêmes règles sanitaires que tout le monde depuis le mois de mars. J’ai voyagé en Égypte et j’ai croisé des milliers de visages couverts en me demandant « est-ce que ces femmes sont heureuses ainsi ? ». J’ai fait des faces de « vraiment ?! » à ma fille qui portait un vêtement trop court (« oui mais maman, je porte des shorts en dessous ! »). Mais au bout du compte, de quoi je me mêle… et pourquoi je m’en mêlerais ?

Je choisis de porter le couvre-visage en public et de le faire porter à mes enfants. Je choisis de les encourager à respecter les règles sanitaires comme je les encourage à ne pas voler, à dire merci, à ne pas marcher sur la pelouse du voisin et à faire leurs devoirs. J’encourage aussi mes enfants à respecter leurs valeurs et leurs convictions, et à respecter celles des autres. Mes enfants ont des amis de toutes les couleurs et de toutes les religions, et tout se fait dans le respect. Il y a parfois des questionnements ou des étonnements, mais jamais d’inacceptation ni de rejet. Je choisis d’éduquer mes enfants à propos des choix vestimentaires appropriés en fonction de la température, de l’activité prévue et de l’image qu’ils veulent projeter. Depuis leur naissance, je me garde deux droits de veto par année pour imposer une tenue (pour un événement spécial ou une sortie) ; sinon, ils choisissent comment s’habiller et on adapte au besoin. Le bikini à -30 est rarement de mise, mais le manteau d’automne avec une veste en plein hiver équivaut au manteau d’hiver, tant qu’ils ne se plaignent pas de geler à la récré.

Ce qui est le plus drôle, c’est que dans ma quête de la tolérance, je suis souvent jugée. Jugée parce que je ne donne pas souvent mon opinion sur les réseaux sociaux. Jugée parce que mes enfants portent des pantalons de jogging et des espadrilles usées (« Mais maman, elles sont trop confortables ! »). Jugée parce que mes enfants mangent du porc et des légumes au déjeuner. Jugée parce qu’ils font leurs devoirs sous la table et non assis sagement à leur pupitre. Jugée aussi parce que nous avons certaines particularités de santé. Si j’ose dire que ma fille et moi sommes intolérantes au gluten : « Ben là, si ça ne vous donne pas des maux de ventre, ce n’est pas une vraie intolérance. Encore une affaire de régime à la mode… ». Bon, des tests génétiques ont prouvé l’intolérance et on a des symptômes invisibles aux yeux des personnes que ça ne concerne pas, mais je ne me sens pas l’obligation de me justifier, tant qu’on nous laisse faire attention à notre santé. C’est juste plate de se sentir jugé, surtout quand on fait notre possible pour se montrer tolérant face aux autres.

Mais attention : l’intolérance à l’intolérance va plus loin ces temps‑ci (je vous invite d’ailleurs à regarder le documentaire The Social Dilemma sur Netflix… ça explique bien comment les opinions unilatérales se créent de nos jours…) Qu’on soit pro-Trump ou contre Trump, complotiste ou non, anti-écrans ou accroc aux réseaux sociaux, on a droit à notre opinion et on a le droit de l’exprimer. Et on a aussi un certain droit de réserve. Le droit des uns se termine toujours là où le droit des autres commence. Avec une frontière très fine et mouvante entre les deux.

Nathalie Courcy

On ne pointe pas du doigt !

Un matin d’été, j’attendais à la clinique et tu étais là, avec to

Un matin d’été, j’attendais à la clinique et tu étais là, avec ton petit bonhomme d’à peine 5 ans. Tu ne le sais pas, on ne s’est jamais revues, mais je pense régulièrement à toi. Ce jour-là, tu m’as émue aux larmes.

Nous attendions sagement notre rendez-vous, chacun dans notre coin. Puis, ton garçon m’a pointé du doigt. Un geste anodin, penses‑tu ? Pour moi, non. En fait, ça m’arrive souvent, surtout l’été. Parfois, les gens se retournent sur mon passage, me fixent ou font une moue dédaigneuse. C’est que je suis atteinte de vitiligo.

Le vitiligo est une dépigmentation de la peau. J’ai donc plein de taches blanches, partout sur mon corps. L’été, ma peau saine bronze et mes taches paraissent vraiment plus. Pendant des années, je me suis cachée, mais plus maintenant. Ce matin‑là, j’étais en jupe et on voyait beaucoup mon vitiligo.

Quand ton garçon m’a pointée du doigt, j’ai attendu de voir ta réaction. C’est l’habitude, tu vois. Et j’avoue, je m’attendais à tout, sauf à ça. En repliant son petit doigt, tu lui as dit : « Tu te demandes pourquoi la peau de la madame est comme ça? Viens, on va lui demander. » Et vous êtes venus vers moi. Tu m’as posé la question avec tellement de respect que j’en ai eu les larmes aux yeux.

En prenant la peine de venir me voir avec ton petit, tu lui as montré qu’il ne faut pas avoir peur de la différence. En me posant la question, tu lui as appris que ce qu’on ne connaît pas peut être impressionnant, mais qu’on doit essayer de comprendre. Une fois qu’on sait, on ne juge plus. Après notre discussion, tu lui as expliqué pourquoi il aurait pu me faire de la peine en me pointant ainsi du doigt. Ce matin‑là, tu lui as enseigné la bienveillance.

Après notre rencontre, dans ma voiture, des larmes de joie ont coulé sur mes joues. Je me suis sentie respectée et ça m’a fait un bien fou. Maintenant, quand je revois des gens qui plissent du nez devant ma différence, je repense à toi et je souris. Je me dis qu’ils auraient besoin d’une maman comme toi dans leur vie. Merci pour ce beau moment.

Nancy Pedneault

Crier contre un enfant de 4 ans

Un adulte a crié contre mon fils de 4 ans lors de son dernier entraî

Un adulte a crié contre mon fils de 4 ans lors de son dernier entraînement de soccer. Oui, contre un enfant de 4 ans. Cette histoire se termine bien, mais elle me fait réfléchir.

D’entrée de jeu, je dois vous mettre en contexte en toute transparence. Notre fils a énormément d’énergie et son principal défi est de gérer ses émotions qui peuvent être fortes et l’envahir. On travaille très fort depuis longtemps avec lui pour l’outiller. Il a tellement fait de chemin depuis son terrible two ! Les crises sont moins fréquentes, passent plus vite, il connaît ses trucs, les utilise de plus en plus par lui‑même, verbalise bien, fait de la méditation. Bref, c’est un processus qui n’est pas terminé, mais il fait de gros efforts et évolue super bien ! Je pourrais aussi vous énumérer ses mille qualités qui font de lui un enfant génial, mais ce n’est pas le sujet du jour.

Il aime beaucoup le soccer et est capable de bien faire toutes les activités, d’encourager ses amis et d’être très positif. Par contre, il peut également se fâcher quand c’est plus difficile et être brusque avec les autres enfants en les poussant, par exemple. Mon mari et moi connaissons bien notre fils. Nous ne sommes pas du genre à idéaliser nos enfants. On est tout à fait en mesure de voir leurs merveilleuses qualités, mais aussi les défauts qu’ils doivent travailler. Nous sommes donc très présents et attentifs lors de ses entraînements. Nous intervenons à partir des lignes de côté et il nous arrive même de le retirer lorsque c’est nécessaire. On essaie de trouver un juste milieu entre laisser son entraîneur (un ado qui apprend lui aussi) faire son travail et ses interventions, et ne pas laisser notre fils déborder ou exagérer. J’ai même pris la peine de vérifier auprès de l’entraîneur qu’il était à l’aise avec notre approche, lui demandant s’il préférait qu’on intervienne moins ou, au contraire, qu’on intervienne plus. L’équilibre est atteint sur ce point.

Ceci étant dit, lors du dernier entraînement, je marchais avec notre plus jeune pour rejoindre mon mari. Nous étions de l’autre côté du terrain voisin lorsque j’ai entendu un homme crier. En m’approchant et en voyant mon mari réagir, j’ai réalisé que cet homme criait contre mon fils de 4 ans. Il a crié beaucoup, contre mon mari et contre moi aussi. « Vas-tu arrêter de pousser! » Il a entre autres dit (crié) que notre fils était mal élevé. Quand je lui ai fait remarquer qu’on l’entendait du terrain voisin, sa réponse a été « J’espère ben ! » tout aussi fort. La discussion n’était pas possible, on était les pires parents, on ne faisait rien, alors qu’il nous a vus intervenir plusieurs fois depuis le début de la saison. Sa conjointe est venue nous parler. Nous avons compris que leur fils ne voulait plus venir au soccer parce qu’il en avait assez que le nôtre le pousse.

Je disais que l’histoire se terminait bien parce qu’en allant leur reparler vers la fin de la pratique, ils étaient tous deux visiblement très chamboulés par l’événement et le père s’est excusé plusieurs fois. Nous avons pu discuter.

Je comprends que ça nous chavire et nous prenne aux tripes quand il est question de nos enfants. Je tremblais de tout mon corps quand j’ai entendu cet homme crier contre mon garçon. Je peux donc imaginer à quel point ça leur brise le cœur d’entendre leur petit bonhomme leur dire qu’il ne veut pas revenir au soccer parce qu’un autre garçon le pousse. On est super sensibles à ça, c’est justement pourquoi on travaille autant ce point avec notre fils, parce qu’on est conscients de l’impact que ça peut avoir sur les autres.

Mais crier contre un enfant de 4 ans ne peut jamais être la solution. Aller en discuter avec ses parents, avec l’entraîneur, avec l’organisation. Plusieurs options sont possibles avant de se rendre là.

Cet homme a fait exactement ce qu’on essaie d’enseigner à notre enfant à ne pas faire : écraser les autres. Ce n’était pas intentionnel et je crois qu’il a été suffisamment secoué pour ne pas le refaire. J’aurais été bouleversée aussi si j’avais vu mon fils se faire pousser par un autre et en être tout à l’envers.

Cet épisode me fait réfléchir. On se transforme en lion quand nos enfants souffrent et vivent des difficultés. C’est tout à fait normal et sain. Mais il ne faut pas oublier que les autres sont aussi des enfants, qu’ils apprennent tous. Surtout, nous ne connaissons pas leur histoire et le jugement est trop facile. Leur ai‑je dit que leur fils ne savait pas s’affirmer parce qu’ils le surprotégeaient ? Bien sûr que non, parce que je n’en sais rien ! Peut-être que c’est un grand timide et que de venir au soccer est une victoire en soi. Peut-être qu’il n’en est rien et que l’épisode avec mon fils l’a simplement ébranlé, ce qui serait tout à fait humain. Même si ce garçon avait de la difficulté à s’affirmer, ce serait son défi à lui et ça n’enlèverait en rien le fait que le défi du mien est d’être plus doux et à l’écoute des autres. Mais je ne le sais pas, je ne juge donc pas ses parents.

Cet événement se termine bien. Mon fils n’en a pas été traumatisé, nous avons pu nous reparler calmement et je crois que nous avons tous appris de ça.

Par contre, je crains de revivre ou d’être témoin de ce genre de comportement à nouveau.

N’oublions pas que ce sont des enfants. Avec leur histoire, leur parcours et leurs défis. Comment vous sentiriez-vous si un autre parent s’en prenait à ce que vous avez de plus précieux ? Même si une situation difficile que vit notre petit nous remue le cœur, écraser ou intimider un autre enfant ne peut jamais être une option. Jamais. Ce sont des enfants.

Jessica Archambault

C’est pas un bon papa

Dis-moi pas ça ! Ça ne m’intéresse pas de juger le monde. Sérieusem

Dis-moi pas ça ! Ça ne m’intéresse pas de juger le monde. Sérieusement, je me demande jamais ça, moi : « Est-ce que c’est une bonne mère ou non ? » J’ai juste croisé des parents. Des êtres humains. Certains qui rushent plus que d’autres…

Je déteste les raccourcis ! Cette espèce de paresse mentale qui pousse certains à vouloir tout catégoriser. Classer les petits carrés avec les autres petits carrés. Pas de place pour la subtilité, les zones grises, les formes floues, l’évolution… Si tu n’es pas parfaitement carré, on te balance dans la chaudière des morceaux brisés sans possibilité de rédemption.

Je refuse de juger les autres parents avec toi. Même si tu veux me flatter en me disant que, moi, je suis une bonne mère. Hey ! Je le sais ben trop que c’est un titre que tu te permettras de me retirer à la moindre erreur. Ceux qui se permettent de juger que tu es une bonne mère sont souvent les mêmes qui se permettront de juger que tu ne l’es plus !

Pourtant, un parent, ça tâtonne, ça essaie, ça se réajuste avec le temps… J’ai répondu à chaque pleur nocturne de bébé pendant un an, puis j’ai décidé qu’il était assez grand pour comprendre que la nuit, c’est la nuit. Honnêtement ? J’étais juste pu capable. Bonne mère ou mauvaise mère ?

J’ai l’air super cool d’avoir fait l’école à la maison à mes enfants pendant cinq ans, mais j’ai quand même supporté que mon aîné soit malheureux à l’école pendant deux ans avant de me décider. Bonne mère ou mauvaise mère ?

J’ai géré les anxiétés de mon fils face à l’eau pendant des années de façon douce et progressive… Enfin, à sept ans, il commence à nager ! Il a du plaisir dans l’eau. L’été suivant, à huit ans, il fait une rechute : « Maman, je ne sais plus nager. Ça me prend une veste de sauvetage. » Nenon, pas question, tu manques juste un peu de confiance, mon coco. Je décide de pousser un peu. La panique pogne. Je me suis plantée dans la difficile valse entre pousser juste assez pour dépasser ses limites et éviter le déclenchement de l’alerte générale. Bonne mère ou mauvaise mère ? 

Alors s’il vous plaît, garde pour toi ta sanctification À MOINS QUE le but soit de m’encourager dans une situation difficile. Par exemple, me souffler que je suis une bonne maman quand je peine à gérer une crise, que je patauge dans mes incertitudes ou que je viens de faire une gaffe… Là, ça risque d’être apprécié. Je comprendrai l’intention de soutien derrière ces mots qui ont beaucoup de poids.

Et je tolérerai aussi que tu catégorises un parent de compétent si tu es incapable de m’en nommer un mauvais dans ton entourage. Je t’accorderai le bénéfice du doute. C’est peut-être juste ta façon de montrer ton acceptation en général. Quand tout le monde reçoit automatiquement l’étiquette « bon parent », l’étiquette n’a plus de réelle valeur.

Mais sinon, tourne ta langue avant de me demander de me prononcer sur la qualité d’un parent, parce que la discussion ne fera pas long feu. Je ne suis pas naïve, je sais que la DPJ a des piles de dossiers de mauvais parents. Mais justement, je leur laisse la tâche ingrate de juger une personne sur la base de ses actes. Moi, je ne suis pas capable. Je vois des actes horribles, mais je ne vois pas de personnes horribles.

Elizabeth Gobeil Tremblay

Maudites catégories

Depuis que j’ai des enfants, j’ai remarqué que les parents tentent de

Depuis que j’ai des enfants, j’ai remarqué que les parents tentent de se regrouper par catégories de parents… Les maternantes, ceux qui font du cododo, celles qui allaitent, ceux qui font du portage, celles qui prônent la DME (diversification de l’alimentation menée par l’enfant), ceux qui font des purées, etc. Et j’avoue que je ne vous comprends pas, chers parents.

Quand je partage une photo de moi, bébé au sein, en train d’allaiter, immanquablement, il y aura des commentaires sur l’allaitement. « C’est si beau un bébé qui boit au sein! », « J’aurais aimé ça pouvoir allaiter! », « Ouf, tu allaites encore! », « À quel âge tu penses arrêter? » « Es‑tu pro-allaitement? »… Pro‑allaitement? Je ne savais pas qu’en nourrissant mon bébé, je devais choisir un camp de parents… Moi, je pensais juste que je nourrissais mon bébé. J’allaite parce que quand mon bébé est né, il est allé boire au sein pis tout s’est super bien passé. Je n’ai pas réfléchi plus loin que ça, et je ne savais pas que ça me prendrait une carte de membre… Je ne l’ai pas fait pour offenser celles qui nourrissent leurs bébés au biberon ni pour narguer celles qui voulaient allaiter et pour qui ça ne s’est pas passé comme prévu. J’ai juste allaité naturellement, sans me poser de questions…

La semaine passée, j’ai partagé une photo de mes enfants et moi, au lever du matin. Cheveux couettés, visages fripés, et tous collés dans mon lit. Et encore une fois, les commentaires ont fusé… « C’est tellement beau le cododo! », « Ouf, moi je serais pas capable! J’ai besoin de mon intimité… », « Ils dorment tous dans ton lit? » Et j’ai réalisé encore une fois que j’étais, sans m’en rendre compte, dans une catégorie de parents… Mes enfants n’avaient pas dormi dans mon lit durant la nuit, mais ils étaient tous venus me rejoindre au petit matin pour qu’on se colle tous ensemble. J’ai beau retourner ça dans tous les sens, je ne vois pas où est le mal… Mais j’ai décidé de ne pas contredire ceux qui m’avaient déjà catégorisée dans les mamans -pro-cododo, tout simplement parce que je me fiche de ces catégories. Je n’ai pas le sentiment d’appartenir à aucune…

Hier, mon bébé a commencé à manger. Je lui ai donné des céréales d’avoine. Sans réfléchir plus loin que ça. Parce qu’il avait faim au souper, et que j’en avais dans l’armoire. Ça aurait pu être n’importe quelle autre sorte de céréales d’ailleurs, ça ne faisait aucune différence pour moi. Et encore une fois, sous la photo partagée, les commentaires sont apparus… « Déjà les céréales? Il n’est pas trop jeune? », « Trop jeune? Ben non! Il était temps qu’il lâche maman! », « Pourquoi tu ne fais pas la DME!? C’est teeeeeellement plus nice la DME que les purées! ». Donc, parce que j’ai donné une fois des céréales d’avoine à mon bébé, je suis officiellement catégorisée comme maman -anti-DME-pro-purée… Sérieusement? Et si demain je lui donne une carotte blanchie à gruger, est-ce que je change automatiquement de catégorie? Est‑ce que ça me prend une autorisation écrite du club des mamans-DME? Et si bébé préfère les purées? Et si bébé préfère les aliments entiers? Parce que moi, je suis naïve comme maman… Je pensais juste m’adapter à ses goûts au fur et à mesure…

J’aimerais vraiment que quelqu’un m’explique à quoi ça sert, toutes ces catégories de parents… parce que pour être bien honnête, je n’en vois vraiment pas l’utilité.

Mes enfants, ils ont dormi dans leur propre lit dès le jour 1. Puis quand ils le veulent, ils viennent se coller avec papa et maman dans notre lit. Je ne suis pas POUR le cododo, ni CONTRE.

Mes enfants, je les ai allaités parce que c’était facile. Je ne suis pas POUR l’allaitement, ni CONTRE.

Ils se sont sevrés seuls, avant même que j’y pense, vers neuf mois. Je ne me sentais pas forcément prête, mais je les ai respectés dans ce besoin d’autonomie. Je pensais bien continuer d’allaiter le soir au coucher, mais ils repoussaient le sein. Je ne suis pas POUR l’allaitement prolongé, ni CONTRE.

Mes enfants, ils ont mangé des céréales pour bébé. Certains ont préféré les purées jusqu’à quinze mois. D’autres ont voulu de gros aliments entiers dès six mois. Et je n’ai de préférence ni pour l’un ni pour l’autre. Je ne suis pas CONTRE les purées, ni POUR la DME.

Mes enfants, je les ai portés en maman-kangourou, tant et aussi longtemps qu’ils étaient confortables. C’est aussi simple que ça. Je ne suis pas POUR le portage, ni CONTRE.

Mes enfants, je les ai élevés de mon mieux, en tentant de m’adapter à chacun d’eux. M’adapter à chaque personnalité, aux besoins de l’un et aux demandes de l’autre. Sans jamais me casser la tête à essayer d’entrer dans des catégories de parents.

Et si tous les parents essayaient d’entrer dans une seule et même catégorie? Celle des parents. Celle des parents qui font de leur mieux pour rendre leurs enfants heureux. Les autres catégories devraient tellement disparaître ainsi que tous les jugements qui viennent avec.

On est tous des parents. On aime tous profondément nos enfants. Et c’est la seule catégorie qui compte dans la vie. La catégorie des parents aimants, ça, je suis POUR.

Joanie Fournier


Les moutons

Les moutons

Un mouton,

Les moutons

Un mouton, deux moutons, trois moutons…

Même plus besoin de les compter dans mon lit, ils me sautent dans la figure tous les jours sur les réseaux sociaux, par les temps qui courent.

« Hey gang de moutons » est devenu l’insulte de l’heure ! Une insulte dirigée contre ceux qui ont des croyances différentes quant à la situation actuelle. Étonnement, lorsqu’on tente d’entreprendre une discussion, le seul argument énoncé concerne les plateformes de nouvelles et des images visant à dénigrer l’interlocuteur.

J’en ai vu passer de la publication en ce genre, toujours le même baratin d’insultes.

Entendons-nous, je ne suis pas ici pour faire le procès de ces gens dont les croyances diffèrent des miennes. S’il y a bien quelque chose que je respecte, même si je n’y consens pas, ce sont les idéaux d’une personne. Ce que je veux dire par là ? Ce n’est pas de mes affaires ! Cela dit, il serait important que l’on respecte les autres, aussi ! Quand il y a des attaques, ça ne donne pas l’impression qu’on assiste à un partage de points de vue, mais plutôt à un recrutement. J’ai pu lire sur des pages de personnalités publiques des insultes et des préjugés quant à l’intelligence ou aux habitudes de vie d’une personne en raison de ses croyances. Voyons ! C’est fort quand même, de croire qu’on détient la vérité à ce point.

Certes, je ne savais pas que d’avoir un point de vue différent était si confrontant. La seule chose qui me confronte, c’est de voir les insultes fuser de toute part.

Si une personne porte un masque en public, c’est parce qu’elle juge bon de le faire pour des raisons qui lui appartiennent. À l’inverse, si quelqu’un s’y oppose, ses raisons lui appartiennent tout autant. Bien qu’il s’agisse d’un exemple, cela s’applique à tout ce qui se passe actuellement. Tout est question de choix et de perspective et je ne vois pas de sous-intelligence ici. Juste des gens qui respectent ce en quoi ils croient.  

Que l’on se donne le droit de s’attaquer à l’intégrité des autres, pour une question de croyance, cela me questionne grandement sur l’humanité de ces individus et que l’on reproche aux gens d’être des moutons me laisse d’autant plus perplexe. S’identifier à un groupe qui partage nos croyances est un comportement purement humain et à cet effet, je ne vois pas en quoi l’un des groupes est plus mouton que l’autre. 

Respect les amis ! Personne ne détient la vérité, nous sommes influencés par notre expérience et nos croyances. Faites ce qui est bon pour vous. Pas besoin de mettre de l’énergie à vouloir convaincre. Ce n’est pas parce que quelqu’un emprunte un autre chemin que le vôtre qu’il est inférieur à vous.

Marilyne Lepage