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L’intense, tu connais ? Texte : Claudie Castonguay

Je parle de l’enfant qui déplace, teste, parle plus. Celui que tout le monde remarque (ou celui d

Je parle de l’enfant qui déplace, teste, parle plus. Celui que tout le monde remarque (ou celui dont personne ne veut). Est-ce que ça fait de lui un enfant moins aimable ?

Que ce soit à petite ou grande échelle, chaque enfant a ses besoins, ses capacités d’adaptation, ses peurs, ses forces.

Il est très dur pour un parent d’avoir un enfant à besoins particuliers. Il est encore plus dur d’accepter que notre enfant ne colle pas dans le moule parfait. Et par le fait même, lorsque notre propre entourage nous le ramène sur le bout du nez.

Si la société apprenait à s’entraider plutôt qu’à juger ? Quand on est parent, on connaît les défauts de nos enfants. Et on se flagelle assez soi-même, parce qu’après tout, ils sont une moitié de nous ! On n’a pas besoin de se faire dire que notre enfant est intense. Et encore moins de se faire dire « Je préfère ton premier, ton deuxième… » Nous, comme parent, on aime tous nos enfants de façon égale.

Et si nos intenses étaient plutôt des curieux, des explorateurs, des sensibles, etc. ?

Bref des humains… 💗

 

Claudie Castonguay

Mon corps d’enfant – Texte : Marina Desrosiers

Je n’ai pas réussi à te faire bander. Tu me l’as reproché. Tu m’as boudée parce que je

Je n’ai pas réussi à te faire bander. Tu me l’as reproché.

Tu m’as boudée parce que je n’étais pas assez excitante.

Pourtant, j’ai essayé! Je voyais le cadeau que tu m’avais promis me glisser entre les doigts, alors que toi, tu voulais que ce soit ton pénis qui y glisse. J’ai pleuré. Pas de honte, pas de rage. De déception. J’étais déçue de moi, de mon échec. J’étais déçue de toi, de ta trahison. Tu m’avais promis que si je me mettais toute nue, que je te laissais me pénétrer, tu me donnerais ton plus gros toutou. Le jaune, presque aussi grand que moi.

J’ai couru à l’étage. Maman, maman, mon frère ne veut pas me donner son toutou, il m’avait dit qu’il me le donnerait!

J’ai dû révéler la condition. Tu voulais éjaculer. Et ça n’a pas fonctionné.

Un corps d’enfant de huit ans ne t’avait pas excité. Peut-être aussi que la peur de te faire pogner les culottes baissées avait refroidi tes ardeurs.

Tu t’es fait prendre quand même, parce que j’ai crié à l’injustice. Pas celle de l’abus, mais celle de la promesse non tenue. Tu as dû t’excuser, notre autre frère aussi. Parce que tu n’étais pas seul, on exigeait de moi des deux côtés. J’étais la petite sœur de service.

Vous avez demandé pardon, merci, bonsoir. Fin de l’histoire.

Jusqu’à ce que mon adolescence se réveille et que mes cellules se souviennent.

J’avais été touchée illégalement, sans mon consentement (on ne peut pas dire oui au sexe à cet âge et encore pendant de nombreuses années). Le pardon avait été demandé à la va-vite, comme le sexe que vous aviez essayé d’avoir à quelques reprises.

Plus tard, quand j’ai révélé ces abus, mon malaise, mon mal-être, on m’a accueillie à bras ouverts ou à cœur fermé, selon la confidente. On m’a comprise et écoutée. On m’a aussi jugée. « Arrête d’en faire tout un plat, ils étaient jeunes et remplis d’hormones, ils avaient besoin d’expérimenter. Tu étais là, c’est tout. »

Je cite ici une enseignante de formation personnelle et sociale qui enseignait la sexualité dans une école de filles. C’est bien ce qu’elle m’avait répondu.

En gros, farme ta gueule.

J’avais été choquée, blessée, mais je ne l’avais pas crue. Moi, je savais qu’ils m’avaient salie avec leurs hormones dans le tapis. Sperme ou pas, c’était dégueulasse. Point.

Dans le temps, on ne dénonçait ni les abuseurs ni ceux qui camouflaient. On endurait. Peu ont su la vérité, mais j’ai bien dû la révéler à des hommes qui me trouvaient crispée.

J’aurais aimé que le pardon soit suivi d’une réelle réparation. Sous quelle forme, je ne sais pas. Je portais encore des robes roses à dentelle, c’est jeune pour prendre une si grande décision. Mais j’aurais voulu ne pas devoir me battre à l’âge adulte pour que les abuseurs admettent leurs gestes à la femme que j’étais devenue.

« T’es folle, t’inventes des histoires, t’es juste bonne pour l’asile! »

C’est ce qu’un des coupables m’avait répondu. Plus d’une fois. L’autre s’était excusé, sincèrement. Mais de grâce, qu’on enterre ce sujet pour de bon, qu’on l’incinère, qu’on le jette aux oubliettes! La force du tabou, même quand on ose dire.

J’ai fini par recevoir une demande de pardon, maladroite, insuffisante, mais quand même mieux que rien. Une excuse pour le geste, pas pour les séquelles, qu’il ne connaît pas, puisqu’il ne m’a pas écoutée. On n’écoute pas les folles, après tout.

En passant, au cas où l’étymologie vous intéresse, le mot « inceste » vient du latin et signifiait « sacrilège », profanation du sacré.

Le corps d’un enfant, fille ou garçon, est sacré. Sacrez-lui la paix. Respectez-le.

Marina Desrosiers

Le poids de l’inconscient

Prendre du poids. Perdre du poids. Avoir de l’acné, ou pas. Être jolie et bien dans sa peau. Êt

Prendre du poids. Perdre du poids. Avoir de l’acné, ou pas. Être jolie et bien dans sa peau. Être jolie et mal dans sa peau. Se sentir moche. Être gênée et peu parler ou au contraire, être volubile et parler fort.

Je pourrais passer des heures à vous énumérer des aspects physiques et psychologiques qui font de nous des êtres uniques, mais qui peuvent aussi faire de nous des êtres complexes et complexés.

La vie c’est ça, la recherche d’un bonheur qu’on croit connaître, mais qui ne nous convient pas toujours une fois obtenue.

Pour toi qui me lis, j’aurais une petite question. Une toute petite et simple question. Au plus profond de toi, t’aimes-tu à 100 % ? Es-tu ce que tu as toujours souhaité être ?

Peu de gens admettront haut et fort que la réponse est non.

Maintenant, mon autre question est celle-ci : te sens-tu jugée par les gens autour de toi ? Peu importe la situation.

 

Vous devez vous demander où je veux en venir hein ? Je vous explique.

Depuis quelque temps, je remarque une tonne de citations concernant notre droit à être ce que nous sommes sans jugements des autres.

  • Cessons de juger les gens avec un surplus de poids, ils ont le droit de s’habiller comme ils veulent.
  • Cessons les filtres, vous avez le droit de vous montrer sous votre propre jour sans jugement.

 

Aujourd’hui, je me suis demandé comment je me sentais face au regard des gens, et ce, depuis toujours.

Quand j’étais plus jeune et plus mince, je détestais m’arranger. J’avais toujours peur que les gens se disent « Check l’autre guidoune qui s’arrange ben trop ». Je ne portais pas de talons hauts (sauf pour mes émissions de Vendre ou rénover), je ne me maquillais presque pas. Quand ça arrivait et que j’avais un compliment, je le prenais comme une remarque pas si positive. Je ne me baignais pas, parce que j’avais un peu de cellulite et que je ne voulais pas que les gens le remarquent et en parlent.

 

Avec les années, mes trois grossesses et… le fait que j’aime manger, j’ai pris 40 livres. Je ne porte pas de jeans, parce que… les jeans, c’est pour les femmes minces.

Je porte des chandails toujours très lousses pour que les gens ne me jugent pas en disant que les chandails serrés ne sont pas faits pour les femmes plus dodues.

 

Etienne m’a invitée à de multiples reprises sur son podcast pour animer avec lui les entrevues, parce qu’il ne cesse de me dire que je suis excellente. J’y suis allée deux fois et en me voyant à l’écran, je n’ai pas reconnu la Maïka d’avant Livia, d’avant mes 40 livres. J’ai donc commencé, subtilement à refuser ses invitations à faire partie du podcast. Je ne voulais pas que ses invités me voient et se disent « Eh boy, elle a pris du poids ».

 

Quand on reçoit à la maison, je porte des robes lousses, parce que je sais que les gens qui me connaissaient d’avant vont voir le changement et se dire que j’ai vraiment pris du poids.

Je m’occupe à faire plein de choses pour qu’ils ne puissent pas s’attarder à ce que je suis devenue.

Pendant que les gens se baignent, peu importe leur âge, leur poids… Moi, je reste assise en disant que je n’ai pas chaud. Je regarde mes amies et ma famille s’amuser dans la piscine avec mes enfants, alors que j’aimerais moi aussi faire partie de ce beau moment. Mais s’ils me voyaient sous ma robe…

 

Et puis, je réalise que les gens n’en ont rien à faire. Oui, ils vont probablement se dire que j’ai pris du poids, mais c’est vrai après tout. Après cette réflexion, ils vont continuer leur vie et se contreficher de ce que JE pense de moi.

Je suis ma pire critique. Je suis celle qui m’empêche de vivre ma vie par peur du regard des gens.

 

Où je veux en venir, c’est que plusieurs d’entre nous avons un travail à faire sur nous-mêmes.

Cessons de penser que les gens nous jugent constamment. OK soyons francs, il y a des tatas partout qui passent leur temps à juger haha ! Ceux-là, mettons-les dans une classe à part, genre la classe des idiots à ignorer.

 

Vous êtes votre pire critique. Vous êtes en train de passer à côté de plein de belles choses simplement parce que VOUS vous autocritiquez en pensant que ce sont les autres qui le font.

Chaque fois, donnez-vous le défi de faire quelque chose que vous n’auriez JAMAIS osé faire avant.

Apprenez-vous à vous aimer. Et si vous n’en êtes pas capable, travaillez à améliorer les points qui vous rendent heureux.

 

Mais cessons de toujours tout mettre sur le dos des autres, le fait que leur regard nous gêne.

Une personne peut vous regarder en se disant « Oh wow, sa robe est vraiment belle », et automatiquement notre cerveau se met à paniquer en imaginant le pire.

Non, les gens ne vous jugent pas toujours négativement.

On se juge déjà assez soi-même…

 

Sur ce, je vais retourner mettre mes chandails lousses et continuer à faire des stories en ne montrant que le haut de mon corps.

Par contre, je vais aller magasiner un maillot. Parce que je n’en ai pas. Et j’irai me baigner avec mes enfants. Parce que je n’ai qu’une vie.

Un pas à la fois, les filles…

 

Qui sait, demain je porterai peut-être un jean ! 🙂

 

Apprenez à vous respecter et à vous aimer, tout comme vous le faites pour de purs étrangers.

 

Xxxx

Maïka

 

Les commentaires… Texte : Marilou Savard

Il est évident qu’on ne peut pas mettre tout sur le dos de la pan

Il est évident qu’on ne peut pas mettre tout sur le dos de la pandémie, mais une chose est certaine : c’est que comme nous sommes limités en activités, on passe beaucoup plus de temps sur les réseaux sociaux.
C’est à cet endroit que l’on peut faire un malheureux constat.
Il y a un si grand nombre de commentaires négatifs gratuits à l’égard d’autrui, probablement motivés par l’excuse que chacun a droit à son opinion.

Toutefois, n’oublions pas que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. C’est entièrement vrai qu’on peut s’exprimer librement comme on le souhaite, mais il faut penser que c’est un être humain qui est en jeu, qui a le droit d’être librement lui-même.

On est de plus en plus une société qui accepte la différence, mais quand quelque chose n’est pas à notre goût, nous sommes les premiers à exprimer notre désaccord et pas nécessairement avec les mots les plus gentils. On se dirige vers une société tranchante.

Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est de l’égoïsme, mais quand on y pense, c’est un peu plus penser à soi-même qu’aux autres de dire des choses qui peuvent blesser des gens, qu’on ait raison ou non.

Il faut se rappeler aussi qu’on ne sait jamais vraiment tout. L’arrière-plan. La raison derrière.
Donner le bénéfice du doute, c’est encore quelque chose qu’on peut choisir.

Les proverbes sont une formule présentant des caractères formels stables, souvent figurée, qui exprime une vérité tirée de l’expérience ou un conseil de sagesse pratique.
Ils sont là pour nous enseigner et nous dire ce qui est le mieux.
Je crois que l’expression suivante doit être remise en lumière :
Tournons notre langue sept fois avant de parler.
De nos jours, nous pourrions dire : tournons nos doigts sept fois avec d’écrire quoi que ce soit.
Il faut réfléchir avant de parler, il faut réfléchir minutieusement avant de s’exprimer.

C’est une chose de penser, c’en est une autre de communiquer.

En terminant, je tiens à dire que les commentaires constructifs sont d’une importance capitale. Ils permettent l’évolution pour une amélioration.
Toutefois, ça dépend du moment, du comment et de notre relation avec le répondant.

On sait maintenant à quel point un virus peut se propager rapidement. Est-ce qu’on pourrait en propager un nouveau ? Celui de l’amour, du respect et de l’acceptation ?

Marilou Savard

J’aime ça la crème glacée — Texte : Kim Boisvert

Moi j’aime ça la crème glacée.

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Moi j’aime ça la crème glacée.

Je me suis longtemps levée la nuit pour en manger. En appartement ? Certes. Mais aussi quand j’habitais chez mes parents, jadis.

Je me levais et je prenais une grosse cuillère à soupe. Ne vous demandez pas comment j’ai eu ce corps de déesse grecque.

Avouez que le soir, ou plutôt la nuit, de la crème glacée au chocolat, ça se mange à la pleine 15 ml. Même que tout le temps, ma 15 ml ressemblait bien plus à une 5 012 047 ml. Je la plongeais vigoureusement en plein dans le milieu du rectangle cartonné de la marque maison de crème glacée présente dans notre congélateur. Et je me délectais de cette matière ultra calorique comme si c’était le meilleur truc que j’avais mangé à vie ! Ma mère avait le tour avec les cochonneries. Je suis certaine qu’elle se disait : tant qu’à manger de la scrap, aussi bien en prendre de la vraie, pas chère !

On était loin du Chocolats Favoris ! Sélection Mérite, Chapman’s et President’s choice guidaient mes nuits à tour de rabais.

Dans ma vie d’adulte, eh bien, même affaire. Insomnie ? Pourquoi pas me récompenser d’être debout par une belle grosse pioche à saveur de menthe et pépites de chocolat. J’avais presque hâte de faire de l’insomnie ! Je crois que mon cerveau disait : Menthe Glacée à Kim Boisvert. Vite, lève-toi !

Mais dans la crème glacée, il y a du lactose et de la caséine (j’ai vérifié dans Google pour ne pas l’écrire tout croche, je ne voudrais pas que ma kiné pleure devant un amas de lettres mal alignées !) Et moi, le lactose et la caséine, ça marche moyen dans mon système. Je pète, je viens le ventre dur comme la tête à ma sœur et je feele pas bien. Bref, ça me fuck le système. Ça et le gluten. Et les gens qui ne savent pas payer aux caisses libre-service du Dollarama. Même affaire.

Pendant un souper avec des patrons hauts placés, un d’eux m’a demandé  (je vais traduire ça pour mon beau-père, pour être certaine qu’il comprenne que je suis capable d’y faire honte, même en anglais !) :

JG —What about the gluten free ? (C’est quoi l’affaire du sans gluten ?)

Moi : I’m intolerant. (Je suis intolérante)

JG : What happens when you eat gluten? (Qu’est-ce que ça fait quand tu manges du gluten ?)

Moi : I fart and it smells like shit. (Je pète et ça sent la marde)

Alors voilà. Moi j’aime ça la crème glacée. Mais dès demain, je fais le choix de couper les produits laitiers et le gluten. Parce que c’est pas bon pour moi. Oh, mes nuits d’insomnie ne seront plus les mêmes. Mes cuillères à soupe serviront pas mal moins.

Mais parfois, y a des moments où on choisit de faire les choses pour nous, pas pour les autres. Pas juste de dire : je vais essayer. Non. Je vais le faire. Pour moi. Pas parce que Dr Leclerc me l’a demandé. Parce que je comprends que ça me nuit. Et c’est pas comme si les boyaux internes du côté maternel étaient faits de béton armé. Une plomberie digne d’Aurore.

C’est donc pour ça que je vais retirer ça de mon alimentation.

Parce que je suis assez grande pour faire mes choix et que de dire non à du pain, de la farine, du fromage et de la crème glacée, c’est de dire oui à une qualité de vie bien meilleure.

C’est dire non à des kilos en trop.

C’est dire non à des pètes odorants.

J’ai envie de vous demander si vous, vous faites vos choix ou si ce sont les autres qui les font pour vous. J’ai 28 ans et j’ai encore de la difficulté à aller contre-courant de l’opinion des gens. J’entends déjà les gens dire : une fois, ça te tuera pas !

C’est bien vrai. Mais j’ai envie que ça vienne de moi. Pas des jugements des autres.

Faites vos choix. Vivez-les mais surtout, vivez avec. Si vous avez le goût de vous marier en Irlande, cool ! Nouveau piercing ? Génial ! Nuit blanche un mardi soir ? Mais certainement ! Mais vivez. Y a que ça de vrai.

Je vous embrasse. Je repousse le moment où je parlerai des gens extraordinaires de ma vie. Mais je suis de même, un peu feeling, beaucoup Freestyle.

Pour le moment, j’avais envie de vous assurer que même si je fais des pètes odorants (et que ça me rendait attachante), je ne lâche pas ! ÇA ACHÈVE ! 🙂

Kim Boisvert

De la relâche au chantier – Texte : Nancy Pedneault

Je pense qu’il faut qu’on se parle. J’ai lu tes commentaires s

Je pense qu’il faut qu’on se parle. J’ai lu tes commentaires sur les médias sociaux. J’avoue, je suis blessée. Depuis vingt ans déjà, je prends soin des enfants, je leur enseigne. Chaque jour, je fais de mon mieux pour qu’ils apprennent, qu’ils développent leur estime et leur autonomie et surtout, qu’ils soient heureux. Mais quand je lis le mépris et la hargne, mon moral en prend pour son rhume.

Alors là, je pense qu’on ne se comprend pas. Je vais te faire une petite analogie.

Parlons construction.

Imaginons que tu as un contrat de rénovation. C’est une maison récente mais bâtie toute croche. Les fondations sont fissurées et le chantier a été laissé en plan pendant plusieurs mois. C’est vraiment une grosse job. Tu te dis qu’avec ton équipe, vous allez y arriver. Alors tu planifies, tu achètes les matériaux et tu décolles le projet, plein d’espoir.

Cependant, il y a une pandémie mondiale (ben oui, c’est pour tout le monde cette patente‑là !). Ton chantier doit fermer. Quand tes gars sont à la maison, tu leur donnes des petites jobs, mais ce n’est pas vraiment efficace. Tu leur envoies des vidéos en espérant qu’ils apprennent de nouvelles techniques mais leur motivation est au plus bas. Enfin, ton chantier ouvre. Tes gars travaillent d’arrache-pied pour reprendre le temps perdu, puis toi, tu ne comptes plus tes heures depuis longtemps.

Et comble de malheur, ton chantier ferme encore. Tes clients mettent de la pression, veulent que la maison soit prête à la date prévue. Tu n’as aucun contrôle sur la situation.

Ton chantier ouvre enfin. C’est maintenant complètement fou. Tu motives tes gars comme tu peux. Tu vois qu’ils travaillent vraiment fort. Il faut remettre ça en ordre ce chantier‑là ! Tes gars travaillent en double mais le client ne le voit pas. Tu es brûlé, les gars aussi. Heureusement, les semaines de la construction s’en viennent. Ça va vous faire du bien, car depuis que le chantier est rouvert, tu travailles sans compter. Cependant, ton client n’est pas content. Il veut que le chantier avance pendant les vacances. Toi, tu le sais que tes gars n’ont plus de jus, que c’est même dangereux pour les blessures. Finalement, les clients comprennent et les semaines de repos si attendues seront là, comme d’habitude.

Un soir, alors que tu relaxes enfin à la maison, tu regardes les médias sociaux. Tu lis plein de commentaires à propos de ton métier. Et ce n’est vraiment pas réjouissant. Les gens vous traitent de lâches, de paresseux, de chialeux. Ils disent que vous vous plaignez le ventre plein car vous avez de bons salaires et que vous êtes en chômage une partie de l’hiver (en passant, ce n’est pas ce que je pense, c’est un parallèle avec ma job). Ta famille voit les cernes à tes yeux, l’énergie qui baisse, le moral qui vacille. Mais les gens sur les médias sociaux ne voient pas le chantier de l’intérieur. Les gens qui commentent n’ont jamais vraiment fait ta job, mais puisqu’ils ont déjà construit un patio, ils pensent tout savoir.

Maintenant, change les mots de mon histoire :

Chantier = classe

Gars = enfants (entre 5 et 16 ans)

Clients = gouvernement, parents, contribuables, monsieur-madame tout le monde

Je ne me plains pas, j’adore mon métier. C’est juste que des fois, j’aurais le goût de t’inviter dans ma classe et de te laisser seul avec mes élèves avec l’objectif de leur enseigner quelque chose (d’ailleurs, on cherche des profs, si ça te tente).

Nous sommes des professionnels de l’éducation. Si on dit que nos élèves ont besoin de repos, ce n’est pas pour nos vacances. On travaille avec des petits êtres humains, on les connaît mieux que quiconque. Alors, appuie-nous ou du moins, fais-nous confiance. Ce sera beaucoup mieux pour tout le monde.

Nancy Pedneault

Les #@?%* de parents

Avant toute chose, je tiens à mentionner que j’ai œuvré dans le

Avant toute chose, je tiens à mentionner que j’ai œuvré dans le domaine où j’ai eu à en côtoyer une panoplie. Je sais que ce n’est pas toujours facile. Je le sais…

La pandémie aura su exposer au grand jour le phénomène des #@?%* de parents. Bon, peut-être que vous les connaissez mieux sous l’appellation des parents rois.

Au début, les publications étaient principalement liées au fait que nous allions être « pognés » avec nos petits, qu’on allait enfin goûter à notre incompétence. Bon, je ne comprenais pas trop cette hargne, mais je me disais que c’était de l’humour. Cependant, ces publications se sont multipliées, elles ont été partagées sur mon fil d’actualité à un point tel que j’ai fini par comprendre que ce n’était pas que pour rire. À la lecture des commentaires et des déclarations d’enseignants dans les publications, j’ai compris que l’aversion face aux parents est plutôt problématique. Peu importe la façon de transmettre le message, peu importe la formule utilisée, le mépris qui se cache derrière a le même effet. Même quand c’est de l’humour.

C’est un peu comme si nous, les parents, étions les cancres de la société. On pose problème quand on s’investit et on pose problème quand on ne le fait pas. La façon dont le message est reçu est que l’on pose problème, peu importe la façon dont on se positionne. La fameuse phrase « Tu voulais des enfants, occupe-toi s’en ! » me laisse toujours un peu perplexe. Bon, disons‑le, ça m’est passé par la tête à un moment ou un autre dans ma carrière, là. Seulement, pas de là à l’exprimer haut et fort sur les réseaux sociaux ; ça, ça me rend mal à l’aise.

Permettez‑moi une analogie. Si vous avez un problème de santé et que vous allez à l’hôpital, il serait tout à fait inacceptable qu’un médecin vous attende en vous disant que c’est votre santé et que c’est à vous de vous en occuper. Tout le monde serait en colère et avec raison puisque c’est lui le professionnel de la santé !

À mes yeux, il s’agit de la même chose pour l’éducation. Les enfants ont devant eux des professionnels de l’éducation qui sont là pour les accompagner dans leur cheminement scolaire. En toute humilité, en tant que parent, je ne peux compétitionner avec ce niveau. Nous avons besoin de votre expertise, comme on a besoin de celle du médecin. Il serait utopique de croire que je peux donner ne serait‑ce que l’équivalent en termes de qualité. Ce n’est pas pour me débarrasser de mes enfants qu’ils vont à l’école, c’est parce que l’éducation est essentielle. Oui, pendant ce temps, je vais travailler et faire mon métier à moi, métier qui est bien utile à la société aussi.

Quand une phrase commence par « Les profs… », la majorité se sent concernée. Quand ça commence par « Les parents », ça a le même effet. On a besoin de vous, avec nous, pas contre nous ! Je ne le dirai jamais assez, j’apprécie réellement votre travail !

On dit qu’il ne faut pas généraliser. Je sais pertinemment que ce ne sont pas tous les enseignants qui tiennent ce discours passif-agressif. Tout comme ce ne sont pas tous les parents qui méritent de porter le chapeau des #@?%* de parents et le jugement qui l’accompagne.

Eva Staire

#AllLivesMatter

Que valent un Blanc, un Noir, un membre des Premières Nations, une

Que valent un Blanc, un Noir, un membre des Premières Nations, une personne riche, un handicapé, un homme avec ses deux jambes et ses deux bras, un aîné atteint d’Alzheimer, une femme qui a fait une fausse couche, un enfant dysphasique, un criminel récidiviste, un employé, un ado rebelle ou un premier de classe ?

Qui vaut plus, qui vaut moins, qui ne vaut rien ?

Comment évalue-t-on la valeur humaine ?

En termes financiers ? D’actifs et de passifs ? En quantité d’amour reçu et donné ? En fonction des diplômes potentiels ou obtenus ? En évaluant la descendance à venir ? En fonction de ce que la personne apportera à la société et de ce qu’elle lui coûtera ? En dénombrant les amis et les ennemis ? Ou le nombre d’« amis » Facebook ?

La vie des Noirs compte. Tout à fait. La vie de Joyce compte. Tout à fait. Je suis d’accord avec tous ces mouvements, avec toutes ces idées. Ce sont des réflexions nécessaires pour faire respecter les droits de tous et pour obtenir la justice pour tous.

Mais j’ai le goût d’aller plus loin. J’ai le goût de dire que #AllLivesMatter. Toutes les vies comptent. La vie de toutes, la vie de tous, la vie des jeunes, des vieux, de ceux du milieu. La vie de ceux qui entrent dans la norme et de ceux qui cassent le moule volontairement ou génétiquement. La vie de ceux qu’on voit comme « méchants », les pas fins des uns et les pas fins des autres, comme la vie de ceux qui se font encenser pour leur bonté ou parce qu’ils ont trouvé le traitement du cancer. Toutes les vies comptent.

Ça vous choque ? Vous pensez que le tata qui a battu sa femme mérite la mort ? Que le politicien qui enfile les absurdités devrait disparaître ? Que l’enfant qui dérange devrait être expulsé du système scolaire ? Que la maman enceinte d’un bébé polyhandicapé devrait se faire avorter, that’s it, that’s all ? Ben non. Je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord avec la méchanceté, avec la tatatitude non plus. Je suis en faveur de la prévention et des conséquences. Mais la vie de tous vaut quelque chose. Point.

On ne sait pas ce que les gens peuvent devenir. On ne sait pas ce qu’ils peuvent faire devenir leur entourage et même des inconnus.

Personne n’a toutes les versions de l’histoire de quelqu’un, personne ne détient la vérité totale sur le passé, le présent et le futur des autres. Et personne n’a le droit de menacer quelqu’un de lui enlever la vie. Personne n’a le droit de souhaiter la mort ou la douleur. En personne ou à travers le faux anonymat des médias sociaux.

Ce qu’on sait, c’est que personne n’a le droit de décider si un humain existe ou non.

Nathalie Courcy

L’allaitement : date d’expiration?

J’ai allaité mes trois filles jusqu’à ce que je n’aie plus a

J’ai allaité mes trois filles jusqu’à ce que je n’aie plus assez de lait. Les deux premières pendant 2 mois et la troisième, jusqu’à 4 ½ mois. Pour le petit dernier, je m’étais dit que j’allaiterais jusqu’à ce qu’il ait 9 mois, si tout allait bien.

J’ai été chanceuse, l’allaitement était facile. Neuf mois après la naissance, je produisais encore beaucoup de lait, mon bébé prenait bien le sein, cela semblait lui apporter du réconfort et je chérissais ces moments précieux pendant lesquels j’étais collée à mon petit homme.

Pour une fois, ce n’est pas mon corps qui arrêterait l’allaitement. J’étais donc confrontée à une nouvelle situation : j’arrête à quel moment?

J’ai longuement réfléchi à la question et je me suis demandé s’il devait vraiment y avoir une date d’expiration.

La recherche nous enseigne que l’allaitement est fortement recommandé jusqu’à l’âge de 2 ans. Au début, je me disais que c’était beaucoup, que ça ferait un peu étrange d’allaiter un bébé si longtemps. En fait, j’avais peur du jugement des autres. Que vont penser les gens s’ils me voient allaiter mon enfant qui a plus d’un an? Moi-même, je n’étais pas particulièrement à l’aise d’allaiter très longtemps, mais j’ai poursuivi sans trop y penser.

Par la suite, je me suis dit que le bébé allait bien finir par ne plus vouloir prendre le sein, mais ça ne semble pas être parti pour cela. Il a maintenant 19 mois et je l’allaite toujours. Quand vais-je arrêter d’allaiter? Je ne le sais pas encore.

Mais une chose est certaine : je n’arrêterai pas parce que j’ai peur de ce que les gens vont penser. L’allaitement est la chose la plus belle et la plus naturelle qui soit. Ce sont les adultes qui voient quelque chose de mal dans le fait de poursuivre l’allaitement au-delà de la première année. Pour l’enfant, c’est ce qu’il connaît depuis qu’il est né, en plus d’être une superbe source de réconfort. Alors si la mère est à l’aise et qu’elle aime allaiter, qu’y a-t-il de mal à poursuivre l’allaitement? À mon avis, absolument rien.

Pour ma part, mon quatrième aura contribué à faire tomber mes préjugés sur l’allaitement. J’assume pleinement le fait qu’il a 1 ½ an et que je l’allaite encore, peu importe où je suis.

L’allaitement est une chose très personnelle. Ça regarde la mère et son bébé. Personne ne devrait juger une mère qui cesse d’allaiter rapidement ou encore qui allaite longtemps. Écoutez votre cœur, votre corps et votre bébé. Si les trois sont en accord pour poursuivre un allaitement longtemps, faites-le! Ne soyez surtout pas mal à l’aise en public. Il est plus que temps de briser les tabous sur le fait qu’on ne devrait pas allaiter un bébé au-delà de sa première année.

Annick Gosselin

L’intolérance à l’intolérance

Je suis une grande fan du « vivre et laisser vivre ». Pas au p

Je suis une grande fan du « vivre et laisser vivre ». Pas au point de me mêler de mes affaires si le voisin bat ses enfants. Pas au point de me ficher de ce que vivent mes proches. Mais dans la mesure où il n’y a pas de danger, ça me va. Je peux avoir mon opinion sur ce qui se passe dans les nouvelles ou sur les vêtements dépareillés d’une personne, mais rien ne m’oblige à partager cet avis en public. Entre autres parce que ce que je pense n’est pas nécessairement d’intérêt public, mais aussi parce que mon opinion n’a pas plus ou moins de valeur que celle d’une autre personne sensée. Et qui détermine qui est sensé et qui ne l’est pas ?

C’est peut-être pour ça que je me sens intolérante face aux intolérances.

Ces temps-ci, on parle beaucoup (trop) des couvre-visage, masques et autres bouts de tissu visant à protéger la population contre la multiplication des cas de COVID. Les discussions enflammées ont longtemps porté sur d’autres bouts de tissu qui couvraient les cheveux, le visage ou même le corps entier des femmes musulmanes. Ou encore sur le tissu trop translucide ou trop court ou trop voyant qui couvre (à peine) le corps des célébrités ou des ados. Tant de mots dépensés et de colères exprimées pour des bouts de tissu. Et ça change quoi, au juste ?

Je comprends la montée d’émotions générée par l’abus (ou l’impression d’abus, selon le point de vue). Je suis soumise aux mêmes règles sanitaires que tout le monde depuis le mois de mars. J’ai voyagé en Égypte et j’ai croisé des milliers de visages couverts en me demandant « est-ce que ces femmes sont heureuses ainsi ? ». J’ai fait des faces de « vraiment ?! » à ma fille qui portait un vêtement trop court (« oui mais maman, je porte des shorts en dessous ! »). Mais au bout du compte, de quoi je me mêle… et pourquoi je m’en mêlerais ?

Je choisis de porter le couvre-visage en public et de le faire porter à mes enfants. Je choisis de les encourager à respecter les règles sanitaires comme je les encourage à ne pas voler, à dire merci, à ne pas marcher sur la pelouse du voisin et à faire leurs devoirs. J’encourage aussi mes enfants à respecter leurs valeurs et leurs convictions, et à respecter celles des autres. Mes enfants ont des amis de toutes les couleurs et de toutes les religions, et tout se fait dans le respect. Il y a parfois des questionnements ou des étonnements, mais jamais d’inacceptation ni de rejet. Je choisis d’éduquer mes enfants à propos des choix vestimentaires appropriés en fonction de la température, de l’activité prévue et de l’image qu’ils veulent projeter. Depuis leur naissance, je me garde deux droits de veto par année pour imposer une tenue (pour un événement spécial ou une sortie) ; sinon, ils choisissent comment s’habiller et on adapte au besoin. Le bikini à -30 est rarement de mise, mais le manteau d’automne avec une veste en plein hiver équivaut au manteau d’hiver, tant qu’ils ne se plaignent pas de geler à la récré.

Ce qui est le plus drôle, c’est que dans ma quête de la tolérance, je suis souvent jugée. Jugée parce que je ne donne pas souvent mon opinion sur les réseaux sociaux. Jugée parce que mes enfants portent des pantalons de jogging et des espadrilles usées (« Mais maman, elles sont trop confortables ! »). Jugée parce que mes enfants mangent du porc et des légumes au déjeuner. Jugée parce qu’ils font leurs devoirs sous la table et non assis sagement à leur pupitre. Jugée aussi parce que nous avons certaines particularités de santé. Si j’ose dire que ma fille et moi sommes intolérantes au gluten : « Ben là, si ça ne vous donne pas des maux de ventre, ce n’est pas une vraie intolérance. Encore une affaire de régime à la mode… ». Bon, des tests génétiques ont prouvé l’intolérance et on a des symptômes invisibles aux yeux des personnes que ça ne concerne pas, mais je ne me sens pas l’obligation de me justifier, tant qu’on nous laisse faire attention à notre santé. C’est juste plate de se sentir jugé, surtout quand on fait notre possible pour se montrer tolérant face aux autres.

Mais attention : l’intolérance à l’intolérance va plus loin ces temps‑ci (je vous invite d’ailleurs à regarder le documentaire The Social Dilemma sur Netflix… ça explique bien comment les opinions unilatérales se créent de nos jours…) Qu’on soit pro-Trump ou contre Trump, complotiste ou non, anti-écrans ou accroc aux réseaux sociaux, on a droit à notre opinion et on a le droit de l’exprimer. Et on a aussi un certain droit de réserve. Le droit des uns se termine toujours là où le droit des autres commence. Avec une frontière très fine et mouvante entre les deux.

Nathalie Courcy

On ne pointe pas du doigt !

Un matin d’été, j’attendais à la clinique et tu étais là, avec to

Un matin d’été, j’attendais à la clinique et tu étais là, avec ton petit bonhomme d’à peine 5 ans. Tu ne le sais pas, on ne s’est jamais revues, mais je pense régulièrement à toi. Ce jour-là, tu m’as émue aux larmes.

Nous attendions sagement notre rendez-vous, chacun dans notre coin. Puis, ton garçon m’a pointé du doigt. Un geste anodin, penses‑tu ? Pour moi, non. En fait, ça m’arrive souvent, surtout l’été. Parfois, les gens se retournent sur mon passage, me fixent ou font une moue dédaigneuse. C’est que je suis atteinte de vitiligo.

Le vitiligo est une dépigmentation de la peau. J’ai donc plein de taches blanches, partout sur mon corps. L’été, ma peau saine bronze et mes taches paraissent vraiment plus. Pendant des années, je me suis cachée, mais plus maintenant. Ce matin‑là, j’étais en jupe et on voyait beaucoup mon vitiligo.

Quand ton garçon m’a pointée du doigt, j’ai attendu de voir ta réaction. C’est l’habitude, tu vois. Et j’avoue, je m’attendais à tout, sauf à ça. En repliant son petit doigt, tu lui as dit : « Tu te demandes pourquoi la peau de la madame est comme ça? Viens, on va lui demander. » Et vous êtes venus vers moi. Tu m’as posé la question avec tellement de respect que j’en ai eu les larmes aux yeux.

En prenant la peine de venir me voir avec ton petit, tu lui as montré qu’il ne faut pas avoir peur de la différence. En me posant la question, tu lui as appris que ce qu’on ne connaît pas peut être impressionnant, mais qu’on doit essayer de comprendre. Une fois qu’on sait, on ne juge plus. Après notre discussion, tu lui as expliqué pourquoi il aurait pu me faire de la peine en me pointant ainsi du doigt. Ce matin‑là, tu lui as enseigné la bienveillance.

Après notre rencontre, dans ma voiture, des larmes de joie ont coulé sur mes joues. Je me suis sentie respectée et ça m’a fait un bien fou. Maintenant, quand je revois des gens qui plissent du nez devant ma différence, je repense à toi et je souris. Je me dis qu’ils auraient besoin d’une maman comme toi dans leur vie. Merci pour ce beau moment.

Nancy Pedneault