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Juste une maman à la maison – Texte : Stéphanie Dumas

On entend souvent de nombreux commentaires sur les mamans qui décident de rester à la maison pour

On entend souvent de nombreux commentaires sur les mamans qui décident de rester à la maison pour se consacrer à leur famille. Ces femmes qui décident de ne pas retourner sur le marché du travail.

Toutes celles qui ont passé une année à la maison savent pourtant que cela est aussi difficile et peut-être même plus dans certains cas ou certaines situations. Il n’est pas rare d’entendre des mamans dire qu’elles sont davantage fatiguées que lorsqu’elles travaillaient à leur emploi.

Je me demande pourquoi il y a maintenant ces préjugés envers ces femmes qui font le choix de demeurer à la maison. Évidemment, certaines auraient aussi aimé pouvoir faire ce choix, mais ne n’était malheureusement pas possible. Tandis que d’autres avaient hâte de retourner à leurs fonctions.

Pour ceux qui jugent ces femmes au foyer, sachez qu’elles mettent tout leur cœur et toute leur énergie pour veiller au bonheur et au bien-être des leurs.

Elles sont aussi souvent fatiguées et épuisées, mais elles font de leur mieux tous les jours. Ce n’est pas moins « glorieux » que de travailler à l’extérieur pour un emploi rémunéré. Ce qu’elles font n’a pas de prix.

Jadis, les femmes restaient à la maison. On ne se posait pas de questions. On n’émettait pas de commentaires négatifs. C’était simplement comme ça.

Respectez simplement celles qui font encore ce choix…

 

Stéphanie Dumas

 

Les pleurs sous la douche – Texte : Stéphanie Dumas

Il faut ici et maintenant parler d’un sujet capital entre mamans. Il faut mettre au grand jour un

Il faut ici et maintenant parler d’un sujet capital entre mamans. Il faut mettre au grand jour un fait réel dont nous sommes toutes victimes. Il s’agit des pleurs sous la douche que nous hallucinons toutes !

Je n’avais jamais entendu de maman parler de ces pleurs avant de devenir une maman moi-même. Puis, ils sont arrivés sans avertissement lorsque j’ai pris ma première douche à la maison pendant que bébé dormait paisiblement. J’ai vraiment cru entendre les pleurs de mon enfant. Je me suis donc empressée de sortir de la douche. Pourtant, dès que j’ai coupé l’eau et ouvert la porte de la douche, je n’ai entendu que le silence. L’image sur le moniteur m’a également confirmé que mon enfant dormait toujours.

Combien d’entre nous sommes les victimes de ces pleurs fantômes ? Pour en avoir discuté avec mes amies, je crois pouvoir affirmer que nous sommes toutes des victimes. Ces hallucinations sonores nous empêchent de prendre une douche sans nous presser lorsque nos enfants sont dans les bras de Morphée. Dès que nous refermons la porte et que les premières gouttes d’eau frôlent notre peau, les pleurs se font instantanément entendre. Nous nous empressons alors de vérifier s’ils sont réels et s’ils ne le sont pas. Puis, nous terminons de nous laver en quelques minutes pour ressortir rapidement afin d’être rassurées.

Sont-ils un élément qui vient de pair avec la maternité ? Je ne sais pas si la réponse à cette question se trouve quelque part. Si une maman la possède, je la prie de la partager afin de toutes nous libérer de ce sort.

J’aimerais aussi savoir si seulement les mamans sont sujettes à imaginer ces pleurs ou si les papas sont aussi des victimes. Je n’ai pas osé demander à certains d’entre eux. Je ne sais pas, on dirait que quelque chose m’empêche de poser cette question aux pères. J’imagine des regards intrigués face à ma question.

Bref, j’ai décidé de lever le voile sur les pleurs fantômes qui nous empêchent toutes de profiter de quelques minutes de quiétude sous la douche. Maintenant, que celles qui les entendent comme moi lèvent la main !

Stéphanie Dumas

Bonne fête des Mères, maman ! Texte : Eva Staire

Chère Maman, En cette journée de la fête des Mères, voici pour toi un petit texte que je port

Chère Maman,

En cette journée de la fête des Mères, voici pour toi un petit texte que je porte dans mon cœur depuis longtemps. Je ne l’ai pas écrit avant parce que j’avais peur de ne pas trouver les bons mots, de te gêner ou de ne pas arriver à bien m’exprimer.

Ma peur, cette peur qui m’habite depuis toute petite, je t’en ai parfois voulu de ne pas l’écouter. Je t’ai boudée, j’ai voulu fuguer, j’ai crié et je t’en ai fait à toi aussi, de la peur et de la peine. Je ne comprenais pas du haut de mon adolescence à quel point tu me donnais plus que ce que tu avais reçu. À quel point toi, petite, tu as dû te débrouiller seule à travers une enfance pleine de tourmentes, de violence et d’abus de toute sorte. Ni à la maison ni à l’école, tu ne pouvais trouver la sécurité. Pas que tu manquais d’amour ou que tes parents étaient des monstres, mais comme plusieurs femmes de ton époque, tu as dû prendre en charge trop de responsabilités trop tôt.

À coup de caractère et de débrouillardise, tu as trouvé ton chemin vers l’autonomie. Tu t’es trouvé un homme pour te faire une vie loin de la violence. Ne partant de rien, vous avez fini par voyager, vous avez rêvé et vous m’avez eue, puis mon frère. À nouveau, tu t’es retrouvée à sacrifier une partie de ta vie pour prendre soin de nous. Je sais maintenant que tu ne voulais pas reproduire ce que tu avais vécu, tu voulais que nous vivions notre vie d’enfant, que nous poursuivions nos rêves.

Aujourd’hui je veux saluer ta force et ton courage. Celui d’avoir coupé le cycle de la violence, celui de m’avoir donné ce que tu n’avais pas reçu, celui de m’avoir permis d’être moi-même avec toute mon intensité, mes craintes et mes tourbillons d’émotions. J’ai une enfance pleine de bons souvenirs, avec de l’amour à profusion.

Et ce n’est pas fini, car la lignée continue et quand je te vois être encore plus douce et sensible avec tes petits-enfants, je comprends maintenant tout le chemin que tu as fait et que tu continues de faire. Merci d’être toujours là pour nous et de nous entourer de ton amour. Je t’aime de tout mon cœur pour toute la vie, comme dirait ta petite-fille.

Et là je t’entends déjà penser : pourquoi écrire ça publiquement ? Eh bien, parce qu’en te saluant, je salue également toutes les mères qui ont eu à se battre pour garder leur individualité et qui, pour ne pas refaire vivre ça à la génération suivante, ont tout donné à leurs enfants. Grâce à vous, nous pouvons maintenant donner ce que nous avons reçu et continuer d’adoucir les lignées intergénérationnelles pour faire un monde plus doux.

Bonne fête des Mères !

Eva Staire

 

Être une maman sans s’oublier — Texte : Stéphanie Dumas

Dans chaque maman, il y a une femme. Lorsqu’on devient mère, notre vie est transformée à tou

Dans chaque maman, il y a une femme.

Lorsqu’on devient mère, notre vie est transformée à tout jamais. Nous devons répondre aux besoins de ce petit être qui devient notre priorité. Ce petit être qui devient le centre de notre univers. Les enfants sont ce que nous avons de plus précieux. Nos enfants dépendent de nous, mais nous avons aussi besoin d’eux.

Par contre, nous devrions toutes essayer de ne pas nous oublier dans ce tourbillon qu’est notre quotidien. Oui, je sais, il y a tant à faire que nous repoussons toutes au bas de la liste les moments que nous nous réservions pour nous au premier imprévu.

Quand avez-vous pris un moment pour vous la dernière fois ?

Je ne parle pas d’une vingtaine de minutes dans le bain ou pour regarder votre cellulaire dans la voiture, mais d’un vrai moment pour faire une activité et décrocher de votre rôle de maman ?

Pourtant, nous ne devrions pas repousser ces moments aussi facilement. Nous devrions mettre un peu plus l’accent sur ces instants pour notre bien-être et même celui de nos enfants ou de notre famille. Si nous pensons à nous et que nous sommes heureuses, nous serons en mesure d’offrir une meilleure version de nous à ceux qui sont le centre de notre vie. Il faut savoir miser sur soi.

Si vous le pouvez, demander l’aide de vos proches pour vous offrir des moments de répit pour vous. Même s’ils sont peu fréquents, ces moments sont bénéfiques. Une maman ne devrait pas toujours passer en dernier. Une maman, c’est la personne qui compte le plus pour ses enfants. Cette maman est aussi une personne à part entière avec des rêves, des aspirations et des besoins. Une maman a besoin de temps pour elle. Elle a besoin d’une vie sociale, d’amour, de réconfort, de temps pour elle-même. Elle mérite également de pouvoir se poser et prendre du repos. Une maman a besoin de douceur et de tranquillité pour refaire le plein d’énergie.

Entre mamans, soutenons-nous pour nous offrir du temps pour nous.

Stéphanie Dumas

Deux mois sans toi, petit ange acrobate – Texte : Valérie Marcoux

12 mars 2021 Aujourd’hui, ça fait deux mois. Deux mois qu’ils m’ont endormie. Pour que mo

12 mars 2021

Aujourd’hui, ça fait deux mois.
Deux mois qu’ils m’ont endormie. Pour que mon cœur souffre moins, pour que je n’ajoute pas un traumatisme de plus à ceux d’avoir porté la mort et d’avoir appris, seule avec l’équipe médicale, que ton petit cœur ne battait plus, la veille. Parce que j’étais quand même « chanceuse » dans les circonstances de devoir avoir une césarienne et de pouvoir être endormie.

Ça fait deux mois.
Deux mois que tu es né sans bruit, sans cris. Dans cette salle d’opération blanche et froide, entourée d’humaines extraordinaires, toutes des femmes, dont plusieurs mamans, qui ont dû t’accoucher les larmes aux yeux et les sanglots dans la voix.

Ça fait deux mois.
Deux mois qu’ils ont apporté dans la chambre d’hôpital ton petit corps tout formé, tout propre avec un petit chapeau tricoté et une doudou d’hôpital.

Ça fait deux mois.
Deux mois que ton papa t’a pris pour te déposer sur moi. Tu semblais dormir, simplement. Deux mois que notre première réaction, lorsqu’on t’a vu, a été de dire que tu ressemblais tellement à tes frères !

Ça fait deux mois.
Deux mois que j’ai demandé à ce qu’on t’emmaillote dans ta doudou, celle que j’avais choisie juste pour toi, et qu’on change ton bonnet pour celui que j’avais apporté. Deux mois que j’ai caressé ta joue, embrassé ton front, que je t’ai collé contre mon cœur.

Ça fait deux mois.
Deux mois que j’ai passé de longues minutes à observer ton beau visage, essayant de m’imprégner de toi. Deux mois que j’ai dormi avec toi dans les bras.

Ça fait deux mois.
Deux mois que j’ai pris ta main dans la mienne pour voir tes longs doigts, que je t’ai déshabillé pour voir tes grands pieds. Deux mois que l’infirmière m’a montré le nœud dans ton cordon, celui qui a causé ton décès. Tu as dû en faire des acrobaties pour réussir à faire un nœud franc, voilà pourquoi nous t’appelons notre ange acrobate.

Ça fait deux mois.
Deux mois que je t’ai serré fort, que je t’ai parlé, que je t’ai fait sourire avec mes doigts. Deux mois où j’ai essayé, du mieux que je pouvais, de te donner une vie d’amour en quelques heures.

Ça fait deux mois.
Deux mois que je t’ai laissé aller, pleurant en silence. Deux mois que je me sens si vide…
Je t’aime mon ange acrobate !

Valérie Marcoux

À la femme de ma vie, ma maman. Texte : Audrey Boissonneault            

  12 mai 2019 Ma très chère maman, La perfectionniste en moi essaie, depuis quelques

 

12 mai 2019

Ma très chère maman,

La perfectionniste en moi essaie, depuis quelques jours déjà, de trouver les mots justes et à la hauteur de tout ce que tu m’apportes. Malheureusement, jamais je n’arriverais à trouver la précision pour décrire la perfection que tu es.

Non maman, tu n’es pas parfaite. Des défauts ? Comme on dit, la pomme n’est pas tombée loin de l’arbre. En revanche, ton rôle de maman, ça, tu as réussi à le jouer haut la main. Puis en fait, même si cela semble surprenant, je crois que c’est grâce à ces imperfections que tu as si bien réussi. Que ce soit avec ton sourire qui nous apporte du réconfort. Ton rire, quelquefois gênant. Ta voix, qui mériterait des cours de chant. Ton expérience personnelle, qui nous apprend à grandir. Ta compréhension, qui amène notre honnêteté ainsi que notre confiance. Puis l’affection. L’amour que tu nous donnes, l’amour que tu partages, celui que tu ne calcules pas, mais que tu offres abondamment.

Certains diront que nous avons été pourris, gâtés. Moi je dirais aimés et éduqués. Grandir au sein d’une famille avec des valeurs telles que la bienveillance, l’ouverture d’esprit, l’empathie, l’entraide, la simplicité, sans oublier la persévérance et le respect. Maman, tu prônes avec ardeur chacune de ses qualités. Tu apportes avec toi une énergie positive et rassurante. Toujours aux côtés de tes enfants, jamais d’abandon, seulement une grosse dose d’amour, de courage et d’espoir.

 

Tu es non seulement un modèle exemplaire, mais aussi ma meilleure amie. Jamais je ne serai aussi à l’aise qu’avec toi. Personne n’arrivait à me faire parler comme toi, tu sais le faire. Personne ne me comprend mieux que toi. Lorsque je vais mal, bien que tu sois toujours la première à être présente pour moi, tu es aussi la première à me réveiller. Tu es celle qui va tout faire pour ne pas que je me laisse abattre par le monde dans lequel on vit. Le plus dur dans tout ça, c’est de t’entendre nous répéter : « Faudrait que je pense un peu plus à moi, pour une fois » pis qu’à la place, tu finis toujours par nous faire passer en premier. On te le répète chaque année, mais maman, tu es un cadeau tombé du ciel, tu es un ange et une reine pour tes enfants. Je crois que tu nous as sauvé la vie, beaucoup plus qu’une fois et ça, on ne t’en remerciera jamais assez.

S’il y a bien une chose que tu m’as apprise au cours des années, c’est que peu importe à quel point la vie t’envoie des tempêtes, elle vaut, toujours, la peine d’être vécue si c’est pour la partager avec des êtres comme toi. Après avoir eu ta belle-fille, tu as eu trois enfants et crois-moi, chacun d’entre nous est honoré d’avoir eu la chance de tomber sur toi. T’es la prunelle de nos yeux, maman, t’es tout ce qui nous reste et j’te l’promets, nous, aussi, on sera toujours là pis maudit qu’on n’arrêtera jamais de prendre soin de toi.

On t’aime, maman.
Xxx

Audrey Boissonneault

 

Maman complexe – Texte: Anne-Marie Laliberté

À toi, petite maman qui porte la vie pour la première fois, j’aimerais te mettre en garde contre

À toi, petite maman qui porte la vie pour la première fois, j’aimerais te mettre en garde contre les complexes que tu développeras sûrement et les conseils que tu recevras assurément.

Lors de ma première grossesse, je me souviens du jour où je suis revenue de mon écho et que j’ai enfin pu annoncer aux gens de mon entourage que j’étais enceinte. La joie, le bonheur, les félicitations… mais aussi les fameux conseils, ceux qu’on n’a pas demandés mais qu’on reçoit quand même ! En l’espace de quelques heures, on m’a dit que je ne prenais pas la bonne sorte de vitamines prénatales (pourtant prescrites par mon médecin), que je devais m’inscrire à un séminaire sur l’éducation positive, que je devais prendre rendez-vous avec une technicienne pour le choix du bon siège d’auto sinon mon enfant ne serait pas en sécurité, on m’a rappelé la liste complète des aliments à éviter, que l’allaitement c’est bien mieux que la préparation, on m’a même nommé des livres que je devais absolument lire avant l’arrivée de bébé sans quoi je ne serais pas bien préparée…

Je me doute qu’à la base, ces personnes étaient bien intentionnées et que leur but n’était pas de me faire sentir nulle et dépassée, mais malgré la carapace que j’ai essayé de me faire, chacun de ces mots a fait son chemin jusqu’à mon cerveau de maman en devenir.

À toutes les mamans complexées qui se demandent si elles en font assez et si elles le font bien, par pitié, soyez indulgentes envers vous-même. Si le guide du parent parfait existait, il serait déjà publié à l’heure actuelle ! On fait de notre mieux, on apprend de nos erreurs et on demande conseil lorsqu’on en a besoin !

Un petit mot pour les mamans-conseils maintenant, celles qui donnent leur opinion sans qu’on l’ait demandée. Votre but est sûrement d’aider et de guider les autres dans cette nouvelle aventure, mais s’il vous plaît, rappelez-vous que chaque maman est différente, comme chaque enfant est différent et c’est parfait comme ça. Ce n’est pas parce que vous avez allaité, fait du cododo et la DME que votre amie fera de même. Restez présentes pour cette nouvelle maman et pour les questions qu’elle aura peut-être, mais de grâce, ne lui faites pas sentir qu’elle n’est pas à la hauteur, avant même qu’elle ait sa petite merveille dans les bras ! Soutenons-nous entre mamans ; la maternité c’est magnifique, mais c’est un défi au quotidien !

Et toi, petite maman en devenir, n’oublie jamais que tu es la mère de ton enfant, tu fais ton gros possible et c’est suffisant !

Anne-Marie Laliberté

 

Lettre à la maman à la maison à bout — Texte : Anouk Carmel-Pelosse

Je sais que c’est difficile de voir ton partenaire partir travailler, faire sa journée, être imp

Je sais que c’est difficile de voir ton partenaire partir travailler, faire sa journée, être important pour des gens ou une cause. Que c’est difficile, lorsqu’il revient de sa grosse journée, que le ménage et le souper ne soient pas faits parce que c’est drainant de s’occuper des enfants. Que c’est difficile de n’avoir rien à raconter le soir.

Que c’est difficile quand, pour faire l’épicerie, tu dois te débattre pour habiller les enfants, les sortir de l’auto, gérer 2-3 crises dans l’épicerie, revenir à la maison et faire 36 voyages pour tout vider toute seule pendant que ça se chicane dans le salon.

Que c’est difficile de ne plus se faire inviter par tes amies qui ne veulent pas déranger ta routine de famille.

Certains pensent qu’être maman à la maison, c’est la belle vie, que c’est relaxant. Ce qu’ils ne voient pas, c’est que tu ne peux jamais prendre de pause de ton travail. Tu ne peux jamais être seule, manger dans le silence. Que des conversations d’adultes, tu n’en as plus.

Être maman à la maison, c’est être coiffeuse, éducatrice, cuisinière, policière, artiste, infirmière et j’en passe.

Pendant que tu te juges en tant que mère parce que tu donnes encore du Kraft Dinner à manger à tes enfants, eux mangent le meilleur dîner du monde. Pendant que tu te frappes sur la tête parce que tu ne sors pas assez jouer dehors avec eux, eux sont heureux d’écouter encore un film collés à leur mère.

Pendant que tu rêves d’avoir une vie sociable, eux rêvent de toujours rester à la maison avec toi.

Sois plus douce envers toi.

Rappelle-toi que les enfants grandissent, ils finiront par aller à l’école et tu pourras reprendre ta vie. Même si ce n’est pas toujours facile, rappelle-toi que tout finit par passer. Et probablement que tu vas t’ennuyer du temps où tu étais maman à la maison, ou pas. Mais tu pourras être fière d’avoir passé au travers.

À toutes les mamans à la maison à bout, vous êtes fortes, vous êtes bonnes et vous êtes importantes.

Anouk Carmel-Pelosse

 

Ma mère m’aimait – Texte : Ghislaine Bernard

Cet été je suis à l’arrêt (encore). Oui, j’ai fait une rechute de ma dépression. Le décès

Cet été je suis à l’arrêt (encore). Oui, j’ai fait une rechute de ma dépression. Le décès de ma mère m’est rentré dans le corps comme un poignard à double tranchant. Mon deuil est dur à faire, car malgré qu’elle est mieux partie vu sa qualité de vie des dernières années, malgré qu’elle était fatiguée et souhaitait partir en paix… c’était ma mère.

J’ai eu la chance de la voir avant son grand départ, mais depuis, ces images me hantent : elle était quasi méconnaissable. J’ai vu dans ses yeux, ses yeux qui ont été les premiers à fixer les miens du haut de mes 9 livres 4 onces et mes 19 pouces. J’y ai vu la tendresse qu’elle n’a pas toujours su démontrer, cet amour que je n’ai pas perçu autant que l’enfant en moi l’aurait souhaité.

Ma mère m’aimait.

À sa façon, avec le meilleur d’elle-même. Avec ses manquements, ses douleurs et ses incapacités. Elle m’a appris beaucoup malgré tout. Je revois ses moments de folies : ses déguisements à la « Ti-Beu » alors qu’elle enlevait son dentier, portait écharpe et casquette et se promenait avec sa batte de balle molle dans chaque pièce de la maison avec une voix enjouée qui se voulait menaçante tout en s’étouffant de rire devant nos propres éclats.

Je me souviens de cette vidéo sur le lit de mon frère, où avec ses deux lulus, entourée de peluches, elle s’était filmée pour souhaiter un bon départ en maternité à une collègue de travail. Puis, encore ses nombreux essais pour capturer nos réactions face à des situations loufoques pour espérer envoyer ne serait-ce qu’une seule vidéo cocasse à la populaire émission Drôle de vidéo devant laquelle nous avons passé des heures à rire de bon cœur. Nous étions habitués à ses blagues, nous réagissions comme si tous ses essais étaient la normalité. Elle n’a jamais réussi sa vidéo !

Elle m’a appris à rester droite. À ravaler. Ça a du bon, malgré que parfois ça m’a nui. J’ai appris à me battre, à persévérer, à être forte. Mais j’ai oublié que je pouvais m’arrêter et souffler. Ma mère n’arrêtait jamais. Elle relevait les manches, serrait la mâchoire et continuait le combat. Elle s’est essoufflée plus d’une fois. J’ai été à ses côtés, la réconfortant plus d’une fois. Cela m’a parfois laissé un goût amer : elle ne savait pas réconforter à son tour.

Ma mère m’aimait.

Avec mes qualités, mes défauts. Elle ne me jugeait pas même lorsqu’elle ne comprenait pas mes actions ou mes choix. Mais elle était fière. Oui, ma mère était fière de moi. Plus que je ne l’ai jamais su. Elle avait cette habitude de me raconter ses histoires et ses combats. Je pensais alors qu’elle n’écoutait pas les miens, qu’ils ne l’intéressaient pas. Mais j’avais tout faux : se raconter de la sorte était sa façon bien à elle de compatir, de me démontrer bien maladroitement qu’elle comprenait et de ne pas me décourager. Si seulement j’avais compris !

Ma mère m’aimait sans condition, sans fla-fla, dans mes hauts et dans mes bas. J’aurais voulu comprendre plus rapidement, j’aurais voulu être plus présente pour elle ces dernières années. Mais je n’ai pas pu, avec mes propres difficultés émotionnelles, j’en ai été incapable.

Aujourd’hui, je souffre de son absence, mais je sais que la peine s’atténuera. Je sais que le deuil passera. Mais aujourd’hui, j’ai mal. Si mal. Pardonne-moi maman. Même si je sais que tu ne m’en as jamais voulu… c’est moi qui m’en veux.

Maman, tu m’aimais. J’ai de mon côté cette douloureuse impression de t’avoir mal aimée.

 

Simplement Ghislaine

Maman – Texte : Jessica Archambault

Maman. Un mot qui dit tout. Le plus beau, le plus complet et le plu

Maman.
Un mot qui dit tout. Le plus beau, le plus complet et le plus envahissant des rôles (parce qu’on ne peut jamais le mettre sur pause — surtout en confinement). En devenant maman, j’ai ajouté de l’amour et des rires à notre vie. Mille questions en pourquoi par jour, des rugissements de dinosaures, des sauts sur notre divan-beurk, des courses, des batailles, des chatouilles, des surprises, des becs par centaines, des « je t’aime » qui nous chavirent chaque fois, des histoires inventées, des rêves sans queue ni tête racontés avec passion (qu’on doit écouter attentivement), des folies, des câlins, des danses endiablées sur la table de la cuisine, des clins d’œil, des pets sur la bedaine, des monstres merveilleux, des concours de rapidité, des balades en plein air, des forêts enchantées, des genoux boueux, des cheveux emmêlés, des sourires éclatants. Et de l’amour et des fous rires, encore plus.

En devenant maman, je me suis aussi inquiétée, questionnée, remise en question. J’ai perdu patience, j’ai parfois crié. Je suis en perpétuelle quête de l’équilibre, de cohérence, de fermeté (douce), de rigueur (bienveillante), de respect des limites de chacun en répondant au besoin de tous. Je vis la charge mentale. Je l’échappe. Je cherche des solutions. Toujours. Comment faire mieux, comment rester dans la douceur. J’accompagne dans la gestion des émotions, dans les nombreux tests de nos limites, dans l’affirmation de soi qui frôle très (trop) souvent l’arrogance, dans l’apprentissage du respect de tous, de la persévérance, dans les nombreux questionnements sur la vie (la mort, le ciel, la famille, l’amour, « comment on fait les bébés ? »). Je continue d’apprendre et d’apprivoiser le lâcher-prise, de choisir mes combats (pour vrai. Ceux qui valent la peine, qu’on choisit par conviction. Pas juste l’expression pour camoufler la paresse).

Un de mes garçons a ma sensibilité et mon intensité émotive. Mon autre fils a mon caractère têtu, qui veut faire à sa façon, souvent borné. C’est tellement challengeant de les accompagner parce que ces sphères de ma personnalité sont les plus confrontantes même pour moi, les aspects sur lesquels j’ai travaillé le plus (et ce n’est pas fini). Ils me ressemblent aussi sur un paquet de points plus légers et positifs. Mais je trouve ça important de les outiller pour adoucir ce qui vient avec ces traits de personnalité en particulier.

Mais tout ça, tous ces défis, ça vaut tellement la peine. Ça me fait grandir, évoluer, être une meilleure maman et une meilleure personne par le fait même. Et surtout, ça vaut la peine parce qu’en devenant maman, j’ai ajouté de l’amour et des rires à notre vie. Et c’est ça le plus important.

Bien que j’écrive au « je » parce que cette fête, dans notre maison, est la mienne et que je le prends sans gêne ni culpabilité, j’ai le meilleur des partenaires pour vivre tout ça, pour m’épauler et faire équipe.

Et de plus en plus, je me surprends à trouver que je ressemble énormément à ma mère, dans mes réactions, mes intonations, mes expressions, mes niaiseries avec les petits, pis j’haïs pas ça. Ma mère, celle sans qui nous ne serions rien. Celle qui nous a tout donné. Celle qui nous garde soudés. Celle qui peut encore nous ramener sur la terre ferme quand c’est nécessaire. Celle qui nous apaise en nous serrant dans ses bras. Celle que j’appelle quand j’ai le cœur gros d’avoir perdu patience ou d’avoir les limites non respectées usées. Celle qui m’accueille toujours sans jugement. Celle qui pourrait être intimidante tellement elle incarne le mot « maman », mais qui au lieu de ça, ouvre les bras, écoute, sait toujours quand il est temps de me conseiller parce que je suis finalement descendue de mes émotions et réceptive. Celle qui ne me juge jamais, même quand elle ferait différemment, parce qu’elle sait à quel point tous nos choix viennent du cœur et des tripes quand on est maman. Celle qui est la maman de cœur de beaucoup de mes amis. Celle qui est une mamie extraordinaire. Celle pour qui les yeux de mes enfants s’illuminent à tout coup. Celle qu’ils réclament quand ils nous trouvent injustes. La première qu’ils nomment quand on parle des gens qu’ils aiment et qui les aiment. Celle qui cherche toujours de nouvelles façons d’alimenter leur imaginaire. Celle qui les écoute, les fait rire, les stimule et les accueille toujours les bras ouverts et sans jugement.

Merci maman. Je savais déjà à quel point tu es une maman précieuse, mais toutes les douceurs et les défis de ma vie de mère me confirment ta grandeur. Je t’aime.

Jessica Archambault

Ma Nathalie – Texte : Joanie Fournier

J’étais dans la jeune vingtaine quand je l

J’étais dans la jeune vingtaine quand je l’ai rencontrée. J’avais eu la chance incroyable de côtoyer ses enfants, les uns après les autres, en travaillant comme éducatrice. Au fil des mois, une confiance s’est installée et un lien d’amitié s’est créé. Un lien entre deux femmes, l’une mature et expérimentée, l’autre jeune et passionnée. Puis de l’éducatrice, je suis devenue l’amie. Elle m’a ouvert les portes de leur maison et de leur intimité.

Elle m’a impressionnée, dès la première rencontre. Elle jonglait entre les enfants, comme une pieuvre bienveillante. Pourtant, comme éducatrice, je savais bien m’occuper de plusieurs enfants à la fois. Mais ma Nathalie, elle était la master-maman. Chef de file d’une famille nombreuse, elle avait réussi à élever ses enfants avec respect, bienveillance et tellement de douceur. Elle était un modèle pour moi, une inspiration.

La première fois qu’elle nous a invités à souper chez elle, mon amoureux et moi, est un souvenir tellement fort pour moi. Je la revois en train de cuisiner, le fourneau rempli à craquer. Les enfants s’amusaient, tous ensemble. Et quand on s’est mis à table, leur harmonie m’a fait envie. Chacun avait sa place, son rôle à jouer, sa responsabilité. Avant elle, je connaissais seulement des mamans qui se levaient 32 fois de table pendant le repas et qui finissait par manger froid. Pas ma Nathalie. Pendant une heure, nous étions assis à table à parler et tout était tellement paisible… Ça m’avait frappé de plein fouet : moi aussi, je voulais ÇA plus tard ! Les plus grands aidaient à débarrasser à la table, un autre aidait le bébé à ramasser sa fourchette qu’il avait lancée ou échappée. Évidemment, il y avait des petits conflits d’enfants. Mais tout était tellement naturel…

J’étais vraiment impressionnée… et quand je suis sortie de là, j’ai dit à mon amoureux que moi aussi, je voulais une grande famille. Il m’a avoué que si je lui avais demandé cela avant, il aurait fait une petite crise cardiaque… mais plus maintenant. Maintenant qu’il avait vu tout l’amour qui envahissait cette famille, il était tout aussi conquis que moi.

Puis, l’année suivante, je suis tombée enceinte pour la première fois. Les questions se bousculaient dans ma tête, au même rythme que les nouvelles sensations dans mon corps. Et à chaque petite question, ma Nathalie pouvait m’éclairer. Mon médecin me donnait des statistiques, alors qu’elle, elle me parlait de son ressenti, de ses expériences. Et c’est exactement ce dont j’avais besoin. Je ne voulais pas entendre de données scientifiques, je voulais qu’on me dise que c’était normal d’avoir peur.

Puis, elle a partagé avec moi ses histoires d’accouchements, ses récits d’allaitement et tout le bagage d’une mère-veilleuse femme. J’ai pensé à elle en poussant mon bébé, le plus naturellement possible. J’ai pensé à elle quand j’ai mis bébé au sein. J’ai pensé à elle à chaque petite étape de ma nouvelle vie de maman, me demandant souvent ce qu’elle aurait fait. J’espérais tellement fort qu’elle ait réussi à me transmettre son instinct maternel…

J’étais maintenant une maman. C’est comme s’il y avait un fil invisible qui nous liait. Grâce à elle, je voyais la maternité comme un arbre qui prend de la maturité dans une grande forêt. Chaque maman a son arbre et toutes les racines sont liées, parce que certaines épreuves de nos vies de mamans nous lient indéniablement.

Les années ont passé. Ma Nathalie n’était jamais bien loin. Toujours à un coup de fil d’une réponse rassurante… Puis, mes grossesses se sont succédé et ma grande famille m’a comblée. Je suis devenue la maman-d’une-famille-nombreuse, mature et expérimentée.

Et un jour, la jeune éducatrice passionnée de ma fille a commencé à me demander des conseils. Des conseils sur la grossesse, sur l’accouchement, sur l’allaitement… et quand elle est tombée enceinte, je lui ai promis de toujours être là pour répondre à ses questions, peu importe l’heure du jour ou de la nuit.

Elle m’a remerciée le plus sincèrement du monde et m’a avoué que j’étais tellement un modèle pour elle… Moi ? Un modèle de maman ? J’ai réalisé ce jour-là que j’étais devenue sa Nathalie à elle… Quel honneur à mes yeux ! Je veux être pour elle cette maman qui a plein d’histoires à raconter… Cette maman qui sait écouter… Cette maman qui n’est pas parfaite, mais qui est humaine et bienveillante.

Je ne sais pas si je te l’ai déjà dit, ma Nathalie, que tu étais ce modèle-là pour moi. Mais je veux te dire MERCI. Merci d’avoir toujours répondu au téléphone quand je paniquais et que j’avais besoin de toi. Merci pour toutes les fois où tu m’as rassurée. Merci de m’avoir montré que c’était aussi beau d’avoir une famille nombreuse. Je te dois une grande partie de ma belle famille.

Merci, ma Nathalie.

Et vous, avez-vous une mère-veilleuse dans vos vies ?

Joanie Fournier