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Ta non-naissance – Texte : Nathalie Courcy

Aujourd’hui, je célèbre ta non-naissance, comme chaque année. Il y a onze ans, tu es sorti de m

Aujourd’hui, je célèbre ta non-naissance, comme chaque année. Il y a onze ans, tu es sorti de mon ventre, mais tu n’es pas né(e). Je t’ai pris(e) dans ma main, mais je ne t’ai pas bercé(e). Tu es venu(e) dans ce monde pour en repartir aussi tôt. Je ne t’ai présenté(e) à personne, mais je n’ai pas non plus pu te garder pour moi. J’ai dû accepter de te laisser partir sans savoir sous quelle forme tu reviendrais vers nous ni quand. Ni si.

Il y a onze ans, mon bébé, tu as quitté le piège de mon ventre où tu étais mort depuis… quelques jours ? Quelques semaines ? Mon intuition de maman me disait depuis un mois que je ne te donnerais pas la vie. Mon ventre grossissait, bougeait, oui, déjà à trois mois de grossesse. Je sais maintenant que c’était ton frère qui s’exprimait. Peut-être cognait-il à la porte de ta part : « Hey, maman ! Quelqu’un veut sortir d’ici ! ». Savait-il, lui, si tu étais un garçon ou une fille ? Savait-il, lui, que tu étais déjà décédé intra-utéro ? Savait-il, lui, si ton cœur qui avait lâché, ou si ton cerveau fonctionnait mal, ou quel gène était défectueux ? Savait-il, lui, qu’il ne te suivrait pas malgré la porte que tu laisserais ouverte ?

Ton grand frère né après toi a maintenant dix ans et demi. Il est né en janvier, plusieurs mois après toi. Le médecin m’avait pourtant dit : « À partir de maintenant, madame, votre autre bébé a 50 % des chances de s’accrocher et 50 % des chances de partir. Il est en pleine forme, il mesure 10 centimètres, mais la porte est ouverte. Peu importe ce que vous ferez, c’est à lui de décider s’il reste ou non. » J’avais accepté que le meilleur se produirait, comme pour toi. Parfois, on ne comprend pas pourquoi, mais on l’accepte.

Il est resté.

Pendant des mois, je ne l’ai plus senti bouger. Toute la place que tu avais laissée… il barbotait dans le vide. Il devait te chercher. Même après sa naissance, il a continué. Il avait besoin de ta présence et ne comprenait pas que son partner des premiers temps n’y était plus. Encore maintenant, tu lui manques. Vous auriez fait une équipe du tonnerre !

Un intuitif m’a dit un jour que tu avais senti que je n’étais pas prête à avoir des jumeaux et que tu étais parti(e) pour me protéger. Peut-être. On ne le saura jamais. Ce que je sais, c’est que j’avais tout fait pour que tu sois bien, en santé, fort(e). Je n’ai aucun remords, aucun regret. J’aurais aimé te connaître plus longtemps, jouer avec toi, t’enseigner la vie, te voir grandir comme je vois grandir ton frère. Tu serais déjà presque aussi grand(e) que moi ! Tu aurais ta personnalité et non celle qu’on t’a imaginée. Tu aurais tes amis, tes petites habitudes, tes goûts, tes colères et tes joies. Tu aurais ta chambre, ou peut-être voudrais-tu partager celle de ton frère jumeau. Comme le fait votre petit frère, né deux ans plus tard…

Ce petit frère qui vient du même don de sperme que vous deux. Ce petit frère qui vient d’un autre monde tellement il est connecté à l’Univers. Ce petit frère fusionnel, si complice de son grand frère. Ce petit frère qui, chaque fois qu’il regarde vers le ciel noir, s’exclame : « Regarde, maman ! C’est bébé-étoile qui nous dit bonjour ! ». Ce petit frère qui est peut-être toi.

Nathalie Courcy

Merci aux sages-femmes ! Journée internationale des sages-femmes – Texte : Roxane Larocque

Ma maternité a été directement influencée par la pratique sage-f

Ma maternité a été directement influencée par la pratique sage-femme. Avant même d’être maman, j’ai eu la chance d’être formée comme accompagnante à la naissance par Huguette Boilard (un jour, je ferai mon hommage à Huguette, une grande femme du Québec, mais pour l’instant, je l’inclus dans cet hommage plus large à l’ensemble des sages-femmes.) Je suis ensuite devenue maman deux fois. Mes deux enfants sont nés chez moi en présence de sages-femmes. La pratique sage-femme m’a aidée à naître comme maman avec un suivi physique rigoureux, mais aussi avec un suivi psychologique humain et bienveillant.

J’ai souvent de la difficulté à parler de mon vécu, puisqu’il est différent. Je ne sais pas si c’est menaçant, mais assez rapidement, on change de sujet. On me dit : « Oui, mais moi je n’aurais pas pu » ou « Ah ! T’es pas peureuse ! ». Ben non ! aucune de ces réponses ! Je suis juste sensible. J’ai besoin de poser des questions, beaucoup de questions et de partager comment je me sens. J’ai besoin de me sentir en confiance, de sentir qu’on me donne tous les éléments pour que je puisse prendre mes décisions. Je déteste avoir des regrets ! Je n’aurais pas aimé avoir des regrets concernant mes choix ou le déroulement de ma grossesse et de mon accouchement.

Alors voilà, aujourd’hui j’ai envie d’écrire sur le pourquoi du comment j’aime la profession de sage-femme et sur mon vécu. Pas pour convaincre, pas pour vanter, juste pour nommer. Parce que s’il y a quelque chose que j’aime encore plus que les sages-femmes, c’est la liberté de choix !

Pour moi, avoir un suivi avec des rencontres d’une heure avec deux sages-femmes en sachant que sauf exception rare, l’une d’elles serait là le jour de mon accouchement ; savoir que j’allais pouvoir les rejoindre sur leur cellulaire en tout temps 24 h/24 h 7 jours/7 s’il y avait une urgence ou une inquiétude ; savoir que j’allais pouvoir accoucher chez moi, dans mon lit, puis manger de la bonne nourriture et me laver dans ma douche quand je le voulais ; savoir que ces mêmes sages-femmes allaient venir me visiter en postnatal pendant les six semaines après la naissance de mes enfants ; savoir qu’elles allaient favoriser le lien d’attachement au maximum dès la grossesse et s’assurer de le préserver tout au long de l’accouchement et du postnatal… savoir tout ça, pour moi, c’était le rêve ! En plus, c’est sécuritaire : la formation académique est sur la coche et le service est complètement gratuit. Honnêtement, j’aurais été triste sans bon sens que le service ne se donne pas dans ma région.

On me dit souvent aussi : « Ah ! Moi c’était presque pareil, mon médecin est super, l’infirmière était douce, etc. » Oui, je sais, il y a des perles ! Vraiment ! Le problème pour moi, ce n’est pas le personnel, c’est le système dans son entièreté. Le fait que papa n’a pas de lit pour dormir, que la nourriture n’est pas optimale pour la reprise d’énergie, que le changement de quart fait en sorte que des interventions ont lieu sans respecter le rythme de bébé et de maman, que des doutes par rapport à une écho prennent des proportions invraisemblables et laissent tout le monde dans le stress. Je sais bien que ce n’est pas un drame tout ça, pas toujours en tout cas. Mais moi avec mon tempérament, je n’avais pas envie d’être sur mes gardes, de défendre mes droits. Je sais bien que ton ami médecin, ambulancier ou infirmier a déjà entendu ou vécu des histoires d’horreur, mais pour travailler en périnatalité je peux vous confirmer que des histoires d’horreur, j’en ai entendu plein en milieu hospitalier !

Je ne peux pas croire qu’à ce jour, on pense encore faussement qu’un suivi sage-femme est plus risqué qu’un suivi médical en cas de grossesse normale. Si j’étais sage-femme, je serais en colère, tout le temps. À cause du manque de reconnaissance et du salaire trop peu élevé, mais surtout à cause de toutes les faussetés qui circulent ! Le travail de démystification reste à faire et à refaire. Même sur le plan monétaire, il y a plusieurs avantages au suivi sage-femme.

Bref, tout ça pour dire un grand merci aux sages-femmes ! Merci d’avoir parlé à mes bébés, même dans ma bedaine. Merci de vous être présentées à eux et d’avoir réchauffé vos mains avant de me toucher. Merci d’avoir fait une grande place à mon chum. Merci de nous avoir écoutés, consolés, informés, rassurés. Merci de ne jamais vous être approprié ma grossesse. Jamais je ne vous ai entendues dire que vous m’aviez accouchée ! Et quand j’avais mal en plein travail, merci pour vos câlins, vos bons mots et votre confiance. Merci de ne pas avoir brusqué mon bébé à son arrivée parmi nous, d’avoir attendu pour le peser. Merci d’avoir pris de mes nouvelles durant les six semaines post-partum qui ont complété notre suivi.

Je vous souhaite toute la reconnaissance que vous méritez et je nous souhaite que vous continuiez votre travail colossal pour changer le monde, une naissance à la fois.

Roxane Larocque

Faire un deuil de l’abstrait…

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À toutes celles (et tous ceux) qui vivent un deuil périnatal,

À vous toutes qui avez vécu le pire en ce temps de pandémie, vous n’êtes pas seules. Même si vous êtes passées par tous les échelons médicaux sans épaule pour pleurer, sans main pour vous tenir debout, sans les yeux doux de votre partenaire pour vous soulager. 

Nous sommes plusieurs femmes à partager cette souffrance. En silence, mais ensemble. Nous avons entendu les mots : avortement spontané, grossesse ectopique, grossesse pathologique. Notre monde s’est arrêté, la réalité qu’on s’imaginait s’est effacée. Nous avons dû entamer un deuil de l’abstrait, si c’était notre première grossesse. Un deuil plus concret si nous connaissions déjà la joie d’être parent.

À toutes celles qui ont pleuré devant ces spécialistes qui sont immunisés face à ces nouvelles désastreuses, qui ont pleuré lors de leurs contrôles d’hormones, qui ont pleuré dans leur lit, vous n’êtes pas seules.

À tous ces partenaires bienveillants qui vivent le même deuil, mais à qui on ne donne pas la chance d’être aux rendez-vous médicaux, vous n’êtes pas seuls. Nous avons vu vos cent pas dans le stationnement, nous avons senti vos caresses douces et apaisantes. Vous méritez tous les éloges puisque vous êtes ces rocs qui traversent la tempête avec tellement de courage.

À vous tous qui vivez ces moments indescriptibles et douloureux, en temps de pandémie, même si vous vous sentez seuls au monde, sans vos proches et leur présence physique, vous n’êtes pas seuls.

Je nous souhaite de prendre le temps de combler cette absence et d’en sortir un peu plus forts. Je me sens moins seule en sachant que vous comprenez ce deuil de l’abstrait, comme moi.

Geneviève

Le jour où je t’ai mis au monde

Mon bébé,

Je crois qu’il es

Mon bébé,

Je crois qu’il est impossible que tu te doutes du nombre de fois que je peux rejouer les scènes dans mon esprit. Je les revis encore et encore, peu importent les années qui passent.

La première contraction, je la sens encore.

La perte des eaux, je la vois encore.

Le regard ému entre papa et moi lorsqu’on a compris qu’enfin tu arrivais.

Le trajet pour l’hôpital où l’on se tient la main.

Chacune des contractions, je peux les ressentir juste en fermant mes yeux.

Les cris qui symbolisent la puissance de ce que je suis en train d’accomplir, je les entends encore.

Ton petit corps chaud blotti contre le mien m’apaise toujours autant.

Je raconte ta naissance avec tant de fierté et j’y songe si souvent.

Dans le brouillard de la souffrance, s’est imprégné dans mon esprit chaque petit détail. La musique qui jouait, la noirceur de la pièce et les gens autour de nous. S’il m’était possible de remonter le temps, ne serait‑ce qu’un instant, afin de te rencontrer pour la première fois à nouveau, je le ferais. Simplement pour revivre le moment où, au bout de mon souffle, tu as pris le tien.

Il m’est tellement apaisant de songer à ce regard que ton papa avait lorsqu’il t’a vu faire ton entrée dans le monde, j’ai tout de suite su qu’il était le tien.

Ce fut l’un des moments les plus difficiles de ma vie, mais l’un des plus beaux.

Lorsque tu me demandes de te raconter, si tu savais combien tu me fais plaisir. Cette histoire, c’est ma préférée, parce que c’est la nôtre.

Le temps passe, mais les souvenirs ne s’effacent pas.

Même si je maudissais la terre entière à cet instant précis, j’étais en train d’écrire les premières lignes de ton premier chapitre. Le jour où je t’ai mis au monde est l’un des plus beaux qu’il m’aura été donné de vivre de toute mon existence.

Ce jour est mon préféré, puisque c’est le jour où je t’ai mis au monde.

Marilyne Lepage

À toi, petit bébé de la pandémie

Tu en es à tes premiers jours ou tes premiers mois de vie, peut-êt

Tu en es à tes premiers jours ou tes premiers mois de vie, peut-être même es-tu encore bien au chaud dans le ventre qui te porte. Toi, tu as tout ce qu’il te faut : du lait, des jouets, un million de pyjamas offerts par tous ceux qui aimeraient donc te serrer fort dans leurs bras et surtout, des parents aimants avec qui tu passes tout ton temps. Tu vas bien, mais peut-être sens‑tu une tension dans l’air, une angoisse planante, une tristesse lourde en fond de trame. Vois-tu, être parent, c’est extraordinaire, c’est doux et c’est puissant, mais c’est aussi un grand défi. Un parcours en montagnes russes qui fait vivre à tes parents les plus beaux et les pires moments de leur vie, tout ça parfois à quelques secondes d’intervalle. Un moment qu’on a souvent envie de partager avec nos proches.

En temps normal, c’est déjà difficile de composer avec toute cette nouvelle réalité ; en temps de pandémie, ce l’est encore plus.

Tu vois, toi tu es un expert du moment présent : j’ai faim, je veux manger, tu joues avec moi, je trouve ça drôle. Sans te questionner sur l’avenir ou encore sans t’empêtrer dans le passé, tu es tout simplement dans le moment présent. Tu profites au maximum de ce que tu as sans te douter de tous les rêves que tes parents avaient pour vous. Ils s’imaginaient peut-être déjà te présenter à la famille à Noël, attendre la visite de tes grands-parents à l’hôpital ou même, pourquoi pas, partir quelques mois en voyage avec toi et profiter de ce congé parental que la vie leur offrait pour découvrir le monde à tes côtés.

Tu vois, tout ça n’est pas possible. Tes grands-parents qui t’attendaient impatiemment avec amour ne te prennent pas dans leurs bras aussi souvent qu’ils le voudraient. Tes parents ont peur, car tu n’as pas beaucoup de contacts avec d’autres enfants et les gens que tu vois sont soit masqués soit très loin de toi. Tes parents qui t’aiment plus que tout, c’est vrai, ne peuvent pas bénéficier du filet social normalement là pour les aider. Pas de petite gardienne le temps d’aller souper en amoureux ; pas de souper d’amis pour se changer les idées et se rappeler qu’au fond, tout ce qu’on veut, c’est d’être à la maison ; pas de belle-sœur qui vient faire une brassée de lavage.

Déchirés entre l’importance de te protéger et l’envie folle de ne pas écouter les consignes sanitaires. J’espère qu’ils vont bien tes parents à travers cette crise, mais je me doute bien qu’ils vivent des défis particuliers et encore plus d’adaptation qu’à l’habitude. J’espère qu’ils reçoivent des plats cuisinés à leur porte, des ballades en poussettes avec leurs amis et qu’ils prennent soin d’eux à travers ce chaos. Je vous envoie tout mon amour et ma compassion, parce que quand un petit bébé et sa famille ne vont pas bien, c’est toute notre collectivité qui en est affectée.

En cette période des fêtes, Bébé, je pense à l’histoire de Noël qu’on me racontait quand j’étais jeune. Si on laisse la religion humaine de côté et qu’on regarde juste la symbolique de tout ça, je dois te dire que je pense que chaque nouveau bébé devrait être accueilli de la sorte. Comme un miracle, un espoir pour l’humanité, un cadeau précieux à découvrir avec amour. Et peu importe le contexte de ta naissance et l’histoire de ta conception, je souhaite à ta famille autant de solidarité et de bienveillance que Marie et Joseph. Parce que je te le redis, quand vous n’allez pas bien toi et ta famille, c’est nous tous qui souffrons. Vous êtes la priorité de notre collectivité, parce que sans vous, il n’y a plus de relève, plus d’espoir. Tu es précieux et tu mérites le meilleur.

Bon, revenons à l’essentiel. Tout ça, Bébé, ce n’est pas de ta faute. Toi, continue de rester dans le moment présent, à rire et à grandir. Tu nous ramènes à l’importance de la famille, des amis et de la collectivité. Patience, tout cela reviendra et même si les moments volés ne reviendront pas, tu restes le plus beau cadeau de ta famille cette année. Joyeuses fêtes, Bébé !

Roxane Larocque

J’ai mal à mon corps, mon corps postnatal

J’ai mal à mon corps. Mon corps postnatal de presque 3 mois.

J’ai mal à mon corps. Mon corps postnatal de presque 3 mois.

J’ai mal à mon corps de maman. Avant, il était de femme. Maintenant, il me semble n’être que tristesse et désolation. Tout pend par en bas. Mes seins sont aussi bas que mon estime. Sauf en montée de lait. Dans ces cas‑là, j’ai les seins durs comme le roc, hauts comme l’Empire.

Pourtant, il a créé la vie, ce corps. Il a porté la vie et donné la vie. Deux fois et demie plutôt qu’une. Mais ce soir, assise dans le salon, les joues en larmes avec comme bruits de fond le mobile des enfants et mes pleurs étouffés, je ne peux que penser au fait que ce corps‑là n’est pas le mien. N’est plus le mien. Comme si je l’avais emprunté.

Qu’on me rende mon corps d’avant. Celui qui n’avait pas connu la douleur des courbatures de la grossesse ni celles de l’accouchement. Celui qui n’avait jamais pensé changer autant de forme et de texture, malgré tous les sévices subis. Parmi toutes les horreurs qu’il aura vécues, ce choc est le plus gros connu, celui qui a laissé le plus de traces. Qu’on me rende ce corps‑là qui avant me semblait si imparfait, mais qui me semble maintenant l’exemple à retrouver.

J’ai mal à mon corps. Celui que je regarde avec dégoût. Celui qui pendouille. Les cuisses qui frottent, les bras trop mous et la bedaine qui passe par-dessus bord. Oh hé matelot, on a attrapé le gros lot.

J’ai mal à mon corps. Ce corps‑là qui a craqué sous la pression des bêtes qui poussaient en moi. Celui que je dois regarder et crémer sans pleurer. Celui que mes enfants réclameront du bout de leurs cris. Celui qui fut jadis celui d’une amante sans limites.

Je sais bien que des milliers de femmes prendraient mon corps et les enfants qui vont avec sans broncher. Pour elles, je suis sincèrement désolée. Mais n’empêche que ce soir, j’ai mal à mon corps.

Kim Boisvert

Quand le bonheur est plus grand que le mal de vagin. TEXTE : Kim Boisvert

On ne se le cachera pas, même si on oublie, enfanter, c’est pas c

On ne se le cachera pas, même si on oublie, enfanter, c’est pas comme dans les films.

Je me souviens quand une ancienne amie à moi a accouché d’une belle pitoune de 7,4 lb. Un peu plus de 20 pouces de bonheur. Une petite miraculée. Cette petite-là, je l’ai aimée comme si c’était ma nièce. J’ai aucune idée pourquoi, mais ça s’est fait comme ça, tout seul, comme si elle venait de mon propre ventre. Et dans ce temps-là, j’étais en processus de fertilité pour avoir mes jumelles. Imaginez mes hormones quand je l’ai vue.

La journée de la venue au monde de Chouchoune, j’ai fait partie du Club Élite à qui on permet les visites. Je ne tenais plus en place et après avoir donné de la chnoute à mon chum du temps parce que j’étais trop nerveuse, je suis rentrée dans la chambre comme on entre probablement dans la caverne d’Ali Baba : un peu trop vite, mais le pas hésitant. Mixed emotions. Oh, ceux qui me connaissent savent déjà que j’ai pleuré. C’était clairement la plus belle chose que j’ai vue au monde. Ce n’est pas une chose, c’est un être. Et ça, c’était un couple d’amis qui l’avaient fait. Après des tentatives et des échecs en fertilité, le + s’était transformé en chair et en os mous.

On parle souvent de la maman, de la beauté de la maman enceinte, des premiers contacts, etc. Mais moi, même si cette amie a CLAIREMENT fait tout le travail, j’ai envie de vous parler de ce que j’ai vécu à travers l’émotion du papa.

Le papa. Un homme extraordinaire, doté d’un cœur immense. Un homme, un vrai. Des mains couvertes de corne bien travaillée, des ongles taillés courts, croches et le bord des doigts rude. Un papa qui passe ses journées à construire des maisons, et ses soirées à s’occuper de sa famille.

Il nous racontait quand il a vu sa petite pour la première fois, la première seconde. Il cherchait ses mots, perdus dans des souvenirs encore trop frais, pour nous expliquer son expérience. Si vous aviez vu ses yeux, ses traits, son émotion ! Il y a quelque chose d’extrêmement surprenant à voir combien un homme vit différemment les choses. Lui, la naissance de sa fille, il l’a vécue avec une émotion si complète que son corps entier transpirait le bonheur. Ses cernes de j’ai-passé-la-nuit-debout n’étaient que la preuve de sa création. Une fierté de paon. C’était magnifique. On était dans le corridor et il mimait même les premiers gestes qu’il a faits : sa petite sur le chest, une main en haut, l’autre en bas. Il nous le racontait avec tellement d’intensité que j’avais envie de crier : POUSSE POUSSE RESPIRE RESPIRE ! J’y étais clairement, je sentais l’odeur de placenta.

Ce soir-là, il y avait un autre papa dans la salle (on dirait qu’il y avait foule mais c’est vrai, on était plusieurs aux côtés de ma chum en jaquette laite, et c’était avant la COVID) et lui aussi nous racontait l’arrivée de sa petite. Mononcle Frank, qui s’appelle. Et Mononcle Frank aussi parlait de sa petite princesse avec tellement d’amour que j’en ai été bouleversée. C’était trop pour moi, mes yeux se sont mouillés.

On oublie souvent les papas, je trouve. Mais j’aimerais dire que ce que j’ai vu dans les yeux de ces deux papas‑là a fendu mon cœur. C’est beau, un papa. Et ce n’est pas vrai que c’est toujours les mamans qui sont présentes, touchées, émotives et bouleversées.

Je me souviendrai toujours du bonheur que j’ai vu dans les yeux des parents. Et de ma chum qui m’a achalée aux cinq minutes pendant neuf mois parce qu’elle avait mal au vagin. Eh bien croyez-moi que leur bonheur est clairement plus grand que son mal de vagin.

Kim Boisvert

Le coup de foudre n’est pas garanti

Depuis que le test de grossesse a affiché un positif, on a hâte de

Depuis que le test de grossesse a affiché un positif, on a hâte de voir ce petit être qui va faire de nous une famille. On attend ce moment avec impatience et on se fait plein de scénarios. Tout le monde nous parle du coup de foudre qu’on va avoir en lui voyant la face et à quel point ça va être le plus beau moment de notre vie. Pourtant, personne ne nous explique que parfois, ça ne se passe pas comme ça.

Avant d’accoucher, j’aurais aimé qu’on me dise que le coup de foudre n’est pas garanti. Qu’on me dise que c’est correct d’avoir peur. Que ce n’est pas parce que ce bébé a grandi 40 semaines dans mon ventre que je vais l’aimer au premier regard. Surtout, j’aurais aimé qu’on me dise que ça ne fait pas de moi une mauvaise mère.

C’est normal, un nouvel être débarque dans nos vies, on ne connaît rien de lui encore. C’est correct d’avoir besoin de temps pour le découvrir, le connaître. C’est ce qui est arrivé pour moi. L’accouchement s’est mal terminé et mon corps s’est mis en mode survie. J’ai ressenti beaucoup de culpabilité du fait que je ressentais une résistance envers ma fille.

Ne pas tomber en amour sur le champ ne veut pas dire que tu ne prendras pas soin de ton enfant ou que tu ne tiens pas à lui. Ça veut simplement dire que tu as besoin de temps.

J’ai appris à connaître ma fille, j’ai appris à l’aimer et je nous ai laissé du temps. Maintenant je peux dire que je l’aime plus que tout au monde.

Avec bébé no 2 qui arrive en février, je ne sais pas comment ça va se passer, mais je sais que peu importe ce qui va arriver dans cette salle d’accouchement et comment je vais me sentir, c’est valable, normal et ça m’appartient. Ça fait partie de notre histoire d’amour à nous. Nous réagissons toutes différemment à l’arrivée d’un bébé et ça ne fait pas de nous de moins bonnes mères.

À toi qui vas accoucher, tu vas peut-être avoir un coup de foudre, peut-être pas, et c’est bien correct comme ça. Parfois, l’amour nous explose au visage et parfois, il se développe et grandit avec le temps. Dans tous les cas, ce que tu vas ressentir est valable et légitime. C’est le début de la plus belle et grande histoire d’amour de ta vie.

Anouk Carmel-Pelosse

L’histoire de ta naissance

Hier soir, en allant te border, tu m’as demandé de te raconter l

Hier soir, en allant te border, tu m’as demandé de te raconter l’histoire de ta naissance. Collée contre moi, tu me regardais avec tes grands yeux fascinés et remplis de curiosité. Tu voulais savoir où tout avait commencé. Comment j’avais su que c’était LE moment ? Est ce que j’avais eu mal ? Est ce que ça s’était passé comme je l’espérais ?

Je me demandais si je devais tout te raconter… mes espoirs, mes petites victoires, comme mes grandes douleurs… Puis, j’ai jugé que tu étais assez grande et mature pour entendre l’intégralité de l’histoire, de ton histoire. J’ai répondu à chacune de tes questions, ne négligeant aucun détail.

D’une part, je suis contente que tu saches toute la vérité. Parce que le jour où tu choisiras de mettre un enfant au monde, tu sauras. Tu sauras que oui, accoucher, ça peut faire mal. Oui, ça peut se dérouler différemment que ce que l’on espérait, parce qu’on ne peut pas tout contrôler. Tu sauras que ce grand jour est une épreuve de force, d’endurance et d’amour. Tu sauras que la douleur peut être intense, mais si vite oubliée.

Et s’il m’arrivait quelque chose… si je n’avais pas la chance de vivre ta première naissance avec toi, je serais heureuse d’avoir pris le temps de te raconter la tienne. Ta venue au monde, telle que moi je l’ai vécue, telle que nous l’avons vécue ensemble. Je n’aurais pas voulu que quelqu’un d’autre te raconte cette expérience qui nous lie toutes les deux.

À chacune de mes réponses, tu buvais mes paroles et les enregistrais dans un petit tiroir bien précieux de ta mémoire. Je voyais ton regard qui photographiait ce moment. Ce moment où je te contais ton premier souffle sur Terre. Je sais que tu te rappelleras chacun de mes mots. Je sais que cet instant restera figé dans ta tête, peu importe ce qui m’arrivera dans l’avenir. J’ai vu que tu sentais toute l’importance de cette discussion, de ce moment, de notre première histoire. Je suis contente d’avoir pris le temps de le faire.

J’ai longtemps pensé à écrire ton histoire de naissance, pour que tu puisses la garder en souvenir. Je sais que plusieurs mamans la rédigent dans l’album de bébé. Mais ce soir, j’ai vu dans tes yeux que ce n’était pas que les mots qui comptaient… Tu embarquais dans l’histoire, comme si tu pouvais toucher à ce souvenir.

Tu t’es esclaffée en pensant à papa qui courait partout. Tu étais pleine de compassion quand tu savais que j’avais mal. Tu avais le regard plein d’espoir quand je t’ai parlé de ton premier souffle. Tu as vécu ton histoire, à travers mes yeux de maman. Et ça, ce moment, celui où je t’ai raconté l’histoire de ta naissance, ça n’a pas de prix.

Notre maison peut brûler, je peux mourir, tu peux perdre toutes tes photos de bébé… Mais personne ne pourra t’enlever ce souvenir. Tu connais tous les détails, tous les instants importants et les heures qui signifient quelque chose…

Et vous, quel âge avait votre enfant quand vous lui avez raconté l’histoire de sa naissance ?

Joanie Fournier

1 maman, 3 accouchements !

Lorsqu’on apprend que l’on deviendra parents, nous avons tous un

Lorsqu’on apprend que l’on deviendra parents, nous avons tous un certain nombre d’idées préconçues quant à la parentalité. Comment nous allons traverser les différentes étapes de la grossesse, quel genre de parents nous serons, comment nous allons gérer notre nouvelle vie de famille, comment nous allons éduquer nos enfants… et pour les mamans plus précisément, comment vont se dérouler nos accouchements.

Pour ma part, je ne m’étais pas réellement attardée à me faire des scénarios précis, mais j’imaginais tout de même que ça allait ressembler aux classiques que l’on peut voir au cinéma : perdre les eaux au centre d’achat, arriver à l’hôpital, avoir son beau bébé tout rose qui a déjà l’air d’avoir trois semaines, partir à la maison en chantant parce que tout a trop bien été… Vous le voyez, le cliché ? Mais non, ce n’est pas ça. De surcroît, ce n’est trois fois pas ça. Je vous partage donc mes expériences…

Notre première fille est née de façon naturelle, à 40 semaines et 2 jours. J’ai rompu mes eaux à la maison et mon travail s’est étendu tout au long de la journée. J’ai poussé durant environ 1 h 30, ce qui est assez normal pour un premier bébé. Par contre, lors de sa sortie (ou plutôt de son entrée) vers le monde extérieur, elle a malencontreusement pris une grande gorgée de liquide amniotique qui lui, avait cru bon de s’infecter durant les heures précédentes.

On a donc eu droit à trente secondes d’eye contact avec elle avant qu’une troupe d’infirmières ne l’emmènent dans une autre pièce en l’intubant. J’avoue que là, c’était assez déstabilisant comme tournure d’événement. En fin de compte, nous avons pu la voir quatre heures plus tard à travers son incubateur, puis nous sommes rentrés à la maison 8 jours plus tard puisqu’elle avait des antibiotiques intraveineux.

Notre deuxième fille, quant à elle, a décidé de nous jouer un petit tour et de ne pas se retourner la tête en bas. J’ai tenté une version à 37 semaines, mais en vain. D’ailleurs, c’est probablement l’un des pires moments que j’ai vécus, lorsque j’y repense. Enfin bref, la version n’avait pas fonctionné et je n’étais pas tout à fait game de tenter d’accoucher un siège, j’ai alors choisi la césarienne. La naissance de ma fille était donc planifiée à 39 semaines et 4 jours, un beau mercredi matin.

Entrer dans la salle d’opération toute blanche et stérile, avec de grosses lumières qui permettent presque de voir à travers ta peau, c’était un peu bizarre et angoissant. Se faire faire une rachi-anesthésie (contrairement à la péridurale, l’anesthésiant est injecté directement dans l’enveloppe du système nerveux central) et instantanément, ne plus sentir son corps ou du moins, tout ce qui se situe sous la poitrine, c’était déstabilisant pas à peu près ! Néanmoins, la naissance s’est super bien déroulée. J’ai pu avoir mon bébé sur moi pendant quelques minutes avant qu’elle ne monte à l’étage, bien au chaud dans les bras de papa, pendant que moi, j’allais « dégeler » pendant deux heures dans la salle de réveil…

Enfin, notre troisième fille a pour sa part fait la grève de fin de grossesse, car j’ai dû me faire provoquer à 41 semaines et 2 jours… après trois strippings infructueux. Clairement, elle n’était pas pressée de sortir de là et n’avait pas compris que son bail était expiré. En passant, pour celles qui ne le savent pas, cet accouchement s’appelle un AVAC, diminutif d’Accouchement Vaginal Après Césarienne. Pas très émoustillant comme titre, je l’avoue. Mais sachez que c’est tout à fait possible d’avoir un accouchement naturel après une césarienne.

Cette fois-ci, tout s’est déroulé hyper rapidement, tellement que mon chum est passé près de rater la naissance en partant 5 minutes chercher un café ! Notre fille est sortie après deux poussées et avec l’aide du médecin, je l’ai moi-même mise sur moi. Elle, j’ai pu la garder, plus que quelques secondes ou minutes. C’est comme si, pour boucler la boucle, la vie m’offrait cette petite douceur, ce moment qui avait été un peu précipité pour la naissance de mes deux autres filles.

Cette rétrospective de mes expériences d’accouchement démontre assez bien, je crois, que peu importe quels sont nos attentes, nos souhaits ou nos appréhensions en matière d’accouchement, on n’a pas vraiment de contrôle sur ce qui se passera réellement, le jour venu. La vie est bien faite et je me dis que rien n’arrive pour rien.

Pour ma part, même si on me donnait une baguette magique, je ne changerais pour rien au monde ces trois expériences merveilleuses et uniques. Mon long séjour à l’hôpital pour ma première fille m’a permis de m’adapter tout en douceur à mon nouveau rôle de maman, ce qui me sécurisait puisque je savais que si des inquiétudes ou des interrogations (qui sont fréquentes avec un premier enfant !) survenaient, j’avais un soutien immédiat. Ma césarienne a permis à papa de faire du peau à peau avec notre deuxième fille durant des heures, moment qui fut magique pour les deux. Et ma grossesse in-ter -mi-nable m’a réellement permis de vivre cette dernière expérience à fond et de clore ce chapitre de ma vie comme il se doit !

Et vous, quelles sont vos expériences uniques ?

Andrée-Anne Courchesne

Moi, je l’aime ta fraise

Moi, je l’aime ta fraise 🍓

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Moi, je l’aime ta fraise 🍓

Avant d’avoir un bébé, on nous avertit de la majorité des problèmes de santé qu’il pourrait avoir :

Les fesses rouges, la fièvre, les coliques, les otites, etc.

Cependant, il y a quelque chose dont on ne parle que très rarement, mais qui est fréquent : l’hémangiome infantile.

Selon le site de Merck, on décrit l’hémangiome comme ceci :

Les hémangiomes infantiles sont des lésions vasculaires relevées, rouges ou violacées, hyperplasiques qui apparaissent au cours de la première année de vie. Ils régressent le plus souvent spontanément ; dans certaines localisations, durant leur phase de croissance, ils peuvent affecter la vision, les voies respiratoires. Le traitement idéal varie en fonction de nombreux facteurs spécifiques du patient.

À un mois de vie, j’amène ma petite fille à la clinique pour une autre raison et je demande par la même occasion au médecin ce qu’est cette tache rouge sur le nez de ma fille. Il me répond seulement : « Ça va partir tout seul ».

Aucun autre détail.

La rougeur continuant d’augmenter, je vais voir mon médecin de famille et elle me dit que c’est un hémangiome, mais ne me donne pas plus d’informations excepté le fait que ça va partir d’ici deux à cinq ans et que ça va continuer de grandir dans la prochaine année. Je repars attristée parce que j’ai déjà entendu régulièrement les phrases :

« Tu t’es grafignée ma belle, il faut te couper les ongles! »

« C’est quoi ça sur son nez? »

« Est‑ce qu’elle va avoir ça dans la face pour toujours? »

Je sais que depuis la création de l’être humain, on veut tout savoir et comprendre.

La plupart du temps avec de bonnes intentions. Toutefois, à la longue, ça devient blessant. Ne pas pouvoir sortir dans de nouveaux endroits sans se faire poser de questions. Pour moi, que l’enfant comprenne ou non, ce n’est pas une raison pour émettre un commentaire négatif sur sa personne.

Pour en revenir au deuxième rendez-vous, j’avais le goût de m’effondrer. Dans mon cœur, ma chérie était parfaite avec sa jolie fraise au nez, ça faisait son charme, comme disait ma cousine Marianne. Par contre, je me suis mise à avoir peur que les autres enfants rient d’elle et qu’elle comprenne un jour en vieillissant. Je me suis dit que si moi, ça me déchirait le cœur, je n’osais pas m’imaginer à sa place.

Fin décembre, une amie me dit que sa plus vieille avait aussi un hémangiome et qu’il existe des traitements. Je décide donc de demander une référence pour une consultation, mais entre temps, nous sommes allées au CHEO (Children’s Hospital of Eastern Ontario), car notre fille faisait une bronchiolite.

Les spécialistes constatent également sa belle particularité et nous offrent un suivi. Ils nous disent qu’ils pourraient la traiter si on le désirait.

Moins d’un an plus tard, son hémangiome est presque complètement disparu.

J’avoue qu’il me manque. Ça faisait sa différence, mais pour nous, c’était la meilleure solution pour son avenir.

Pour ceux qui préfèrent que la vie suive son cours et qui croient que cette particularité est merveilleuse parce qu’elle rend leur enfant unique, je suis tout à fait d’accord avec vous également.

La meilleure chose pour nos enfants, c’est de faire ce que nous en tant que parents, considérons comme la meilleure chose.

Je termine ce texte en souhaitant que la société soit plus informée et que les hémangiomes deviennent une belle normalité.

C’est beau, des fraises! 🍓🍓🍓

Marilou Savard