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La covid n’a pas anéanti le rhume ! Texte : Marina Desrosiers

Vous vous souvenez de ce temps lointain, avant mars 2020, quand le virus du rhume circulait allégre

Vous vous souvenez de ce temps lointain, avant mars 2020, quand le virus du rhume circulait allégrement dans les garderies, les écoles, les milieux de travail, les hôpitaux… ? On n’en faisait pas de cas, tant que ça ne se transformait pas en « grosse grippe d’homme » (d’ailleurs, il faudrait penser à trouver une expression moins sexiste pour ça…).

Levez la main, ceux qui continuaient de se rendre au travail, qui envoyaient leurs enfants à l’école ou dans leurs activités parascolaires, qui prenaient les transports en commun, qui passaient chercher du lait ou du pain à l’épicerie… N’ayez pas honte, on l’a tous fait !

C’était la « belle époque », l’ère de l’invincibilité. Pourquoi un rhume nous aurait-il arrêtés ? Pourquoi aurait-on donné le pouvoir à un virus de gâcher notre routine métro-boulot-dodo ? On ajoutait une boîte de mouchoirs à notre boîte à lunch, un paquet de pastilles et hop ! À pieds joints dans notre quotidien inchangé. Même si ça voulait dire qu’on laissait traîner le virus partout dans les lieux publics, autour de nos collègues, autour des amis de nos enfants et de leurs enseignants, à plein d’endroits qui attendaient juste de contaminer d’autres mains et d’autres corps. Même si ça voulait dire qu’on étirait la période de symptômes parce qu’on empilait les manques d’énergie.

C’était la belle époque, non ?

Celle où la santé était prioritaire deux fois par année : au Jour de l’An (« de la santé pis ben du bonheur ! ») et quand on se retrouvait fiévreux au lit avec l’impression de mourir. L’époque où on était con‑vain‑cus que la Terre arrêterait de tourner si on manquait une journée de travail ou si nos enfants manquaient une journée de garderie ou d’école. Vous imaginez le drame ??!! Toute une journée de bricolage ou de calculs 2 +2=4 de moins dans une vie ! Une journée de repos sur les 2160 journées consacrées à l’école entre 5 et 17 ans…

Entre vous et moi, c’était surtout la belle époque pour les virus, microbes et autres bibittes du même genre. Ils n’ont pas dû nous trouver rigolos avec nos confinements et notre désinfectant à mains… Ils ont vécu cachés pendant plus de deux ans dans l’attente de leur grand retour.

Les revoici !

En force à part ça !

Parce que notre système immunitaire à nous, celui de nos enfants, de nos bébés, de nos parents, il s’est affaibli à force d’être moins stimulé. Nos anticorps ont pris une pause (bien qu’ils aient été chatouillés par les vaccins entretemps). Et maintenant, tout de suite, immédiatement, c’est le temps de les réveiller ! Les virus automnaux débarquent et ils ont faim ! Ce n’est pas parce qu’on a mis toute notre attention sur le coronavirus que le rhinovirus est mort !

Nous verrons dans les prochains mois et les prochaines années à quel point la leçon a été comprise : on est malade, on reste chez soi. On tousse, on mouche, on atchoume, on se sent comme de la m…, on a la tête dans le bol : on reste chez soi. Nos cocos coulent du nez, sont bougons, ont vomi leur déjeuner : on les garde avec soi ! Pas indéfiniment… juste le temps que le gros des symptômes et des tousse-mouche-atchoum passe. Même si les maladies bénignes ne sont pas mortelles, ce n’est quand même pas agréable, alors on laisse faire pour partager en « cadeau » d’échange.

Une journée de vrai repos permet souvent de mieux guérir et de guérir plus vite qu’une tête dans le sable qui essaie de se faire croire que « c’est pas si pire… je suis encore capable de marcher ! »

Levez la main, ceux qui ont des souvenirs d’une journée d’enfance où ils étaient malades et où ils sont restés à la maison avec papa, maman, grand-papa, grand-maman, la gentille voisine, peut-être… Les câlins en pyjama, la collation spéciale mangée dans le salon dans une grosse doudou, l’émission de petits bonhommes regardée à une heure pas rapport, la soupe fumante délayée avec de l’eau froide pour pas se brûler… Vous vous souvenez à quel point vous vous êtes sentis importants pour la personne qui a pris toute une journée pour être aux petits soins avec vous ?

Manquer une journée de travail ou d’école quand on est malades, c’est une façon d’aider la santé collective, mais c’est aussi une façon de se forger des souvenirs. Et ça, il n’y a aucun médicament qui bat ça.

Marina Desrosiers

Demandez et vous recevrez… dans six mois ! Texte : Mélanie Paradis

Dimanche matin, en ouvrant les yeux, je n’avais qu’une seule id

Dimanche matin, en ouvrant les yeux, je n’avais qu’une seule idée en tête : mettre les décos de Noël à l’extérieur. Pourquoi cette idée m’obsédait autant? Parce que j’avais demandé à l’homme de la maison, il y a deux semaines de cela, de le faire. L’an passé, j’étais encore naïve… Je m’étais dit qu’il finirait par le faire. Le 23 décembre, toujours rien. Une autre chicane de couple ne me tentait nullement. Cette année, j’allais prendre les choses en main. Parce que les priorités masculines sont diamétralement opposées aux priorités féminines.

Voici ce qui se passait dans la tête de mon chum, enfin, je crois. « Pourquoi mettre des décos le 3 décembre? Il reste encore 21 jours avant le 24. Faire quelque chose de complètement inutile pour le moment serait beaucoup plus important. Je pourrais classer mes vis par grandeur. Mais quelle bonne idée ! Je suis vraiment génial. »

Un homme et une femme, ça ne pense pas pareil. Vraiment pas ! Une femme qui se retrouve seule un samedi matin parce que papa est parti faire l’épicerie avec le reste de la famille va immédiatement se dire : « La maison est en bordel et le panier de lavage déborde. Je me mets vite à la tâche avant que tout le monde ne revienne. »

L’homme qui se retrouve dans la même situation, se dira : « La maison est en bordel, le panier de lavage déborde… Je pourrais aller faire le ménage de mon cabanon. » Le pire, c’est qu’il montrera le résultat de son travail acharné à la femme de la maison, la fierté lui sortant par les oreilles.

Je suis d’accord, le ménage du cabanon était aussi à faire, mais dans l’ordre de mes priorités, la maison passe avant. Je me vois très mal recevoir nos invités dans le cabanon parce que celui-ci est très clean, mais que la maison est tellement bordélique que ça fait deux jours qu’on n’a pas vu le chat. Mais dans ses priorités à lui…

Ce qui fait que d’attendre qu’une tablette soit installée au mur pour mettre le château de princesse en Lego (si difficilement construit avec la famille…) risque de se transformer en une très longue période. Après trois mois, je n’ai toujours pas de tablette et le château est tombé deux fois par terre…

Alors mesdames, l’expression « Demandez et vous recevrez » est non applicable dans mon couple. Je l’ai remplacée par « On n’est jamais mieux servi que par soi-même… Ou par son père retraité de la construction »!

Et vous, vos priorités sont-elles les mêmes que celles de l’homme de votre maison?

Mélanie Paradis

J’ai besoin de plus — Texte : Stéphanie Dumas

Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous, mais pour ma part depuis que le monde a été mi

Je ne sais pas si c’est la même chose pour vous, mais pour ma part depuis que le monde a été mis sur « pause », j’ai besoin de plus. Je ressens le besoin de voir mes proches et mes amies plus souvent. Je ressens le besoin de connecter davantage. De prendre le temps. Comme si cette distance forcée et ce bris de normalité mettaient en lumière l’importance que ces personnes ont dans ma vie.

Avant la pandémie, j’attendais avec impatience mes journées ou soirées en pyjama durant lesquelles rien ne figurait à l’agenda. Ces moments où j’allais enfin être seule. Ces journées ou ces quelques heures de repos dans cette folie du quotidien bien rempli avec le boulot, les projets, l’entretien de la maison, les rendez-vous et les autres obligations. Elles me semblaient si rares ! Maintenant, elles me semblent beaucoup trop nombreuses. En fait, elles sont tellement courantes que je ne trouve plus de coins à nettoyer ou à ranger dans la maison ! Comme si cette pause dans la frénésie nous avait permis de reprendre le contrôle plutôt que de se contenter de courir d’une journée à l’autre.

Ces drôles de mois nous ont permis de prendre du recul et de ralentir. J’attends maintenant avec impatience le moment d’organiser un grand souper ou un brunch avec la famille et les amis. J’attends de pouvoir passer de plus longs moments avec eux parce que ces moments font du bien. En réfléchissant bien, ce n’est pas la folie qui me manque. Mais le fait de prendre du temps avec mes proches. Peut-être que tout cela nous a permis de penser à ce qui compte le plus dans notre vie en plus de réaliser que certaines choses que nous pensions importantes ne l’étaient pas autant.

Les derniers mois ont amené plusieurs d’entre nous à réfléchir. Nous avons pu nous poser. Nous avons mis le doigt sur les choses que nous voulions changer pour le futur. Avec le ménage de la maison est venu le ménage des occupations et peut-être même le ménage dans les gens que nous fréquentions. Maintenant, il ne reste qu’à ajuster nos vies pour qu’elles soient en corrélation avec nos valeurs pour faire place au parfait bonheur.

Stéphanie Dumas

Vieux mots, nouveaux concepts – Texte : Joanie Fournier

Avant d’avoir des enfants, il existe plusieurs mots ou concepts que tu p

Avant d’avoir des enfants, il existe plusieurs mots ou concepts que tu pensais connaître. Puis, en devenant parent, tu réalises que ces vieux mots ont tout à coup un nouveau sens… Plus les années passent, et plus tu réalises que tu pensais connaître ces mots, mais qu’en réalité, tu n’avais pas une once de l’idée réelle de ce qu’ils représentaient… Je pourrais écrire des dizaines d’exemples, mais je vais tenter de m’en tenir aux cinq essentiels.

La fatigue. L’exemple le plus parlant. Quand tu es jeune, tu peux travailler 60 heures par semaine. Tu peux enchaîner les courtes nuits dans les bars. Tu peux t’entraîner pour un demi-marathon. Tu peux penser sincèrement que tu es fatigué. Mais la fatigue, la vraie, tu la découvres quand tu deviens parent. Enchaîner les nuits blanches, dormir sur une oreille, veiller les enfants… Quand ils sont petits, tu te réveilles la nuit pour t’assurer qu’ils respirent encore. Quand ils sont grands, tu te lèves la nuit pour t’assurer qu’ils sont bien rentrés et en sécurité. Avant d’avoir des enfants, tu comptais le nombre d’heures que tu allais dormir la nuit en te couchant le soir. Avec des enfants, tu dois vite t’endormir, parce que chaque minute compte.

Le strict minimum. Avant d’avoir des enfants, tu peux trimballer un kit de rechange et une brosse à dents et être prêt pour quelques jours en virée. Avec un bébé, le concept du strict minimum change du tout au tout. Tu sors de chez toi avec tellement de sacs que tu dois faire plusieurs voyages pour aller de la maison à la voiture et que tu dois rejouer à Tetris pour tout faire rentrer dans la valise. Tu as pensé à chaque petit besoin de bébé, et tu pars avec la voiture pleine à craquer. Et là, tu as un petit sourire niaiseux parce que tu sais que tu n’es parti que pour deux ou trois heures et que tu as oublié de te brosser les dents…

Les priorités. Avant, tu passais avant tout le reste. Tu prenais du temps pour toi, tu t’achetais des trucs pour te faire plaisir, tu te pomponnais juste pour te sentir belle. Avec des enfants, tu peux prendre congé pour un après-midi de magasinage, mais tu vas quand même acheter 95 % de vêtements ou de jouets pour tes enfants. Pis ça va te rendre encore plus heureuse qu’avant. Parce que le bonheur de ces petits êtres maintenant vaut plus que tout l’or du monde. Ho ! Et certaines mamans te diront qu’elles arrivent à prendre du temps pour elles, parce que c’est important. C’est vrai que c’est important, mais elles mentent si elles disent qu’elles passent encore en premier. Si c’était vrai, le matin d’Halloween, elles auraient bu leur café chaud avant de se lancer dans les maquillages de zombies.

La fierté. Quand on vit des réussites comme ado, on est certain de connaître ce sentiment-là, la fierté… Tu te souviens de tes spectacles de danse, de la fois où tu as reçu un méritas au secondaire, de la course que tu as gagnée aux olympiades de l’école… Ce sont de beaux souvenirs. Mais quand tu deviens parent, tu apprends ce qu’est vraiment la fierté. La première fois que ta petite fille monte sur scène pour son spectacle de danse, tu as la gorge nouée de cette nouvelle émotion. La première fois que ton garçon t’invite au gala des méritas, cette même émotion te coupe le souffle. Et quand ton enfant franchit la ligne d’arrivée lors de cette course pour laquelle il s’est tant préparé, tes yeux sont remplis de cette fabuleuse émotion. Ton cœur est tout à coup trop gros pour ta poitrine. Et là, tu connais la fierté. Et tu as par hasard une petite pensée pour ta mère qui pleurait le jour de votre mariage. À l’époque, tu la trouvais vraiment intense… Maintenant, tu comprends.

L’amour. L’incontournable. Tu as rencontré dans ta vie certaines personnes, des partenaires, qui t’ont fait tourner la tête. Des gens qui ont le don de faire battre ton cœur plus vite et de te faire bégayer en même temps. Pour les plus chanceux d’entre nous, la bonne personne restera jusqu’à ce que la mort nous sépare. Tu penses alors que tu sais aimer. Tu es certain de connaître l’amour. Encore une fois, tu n’avais rien vu. Parce qu’un jour, tu as mis au monde un nouvel humain. Tu as offert à la Terre une âme de plus à aimer. Tu as créé un petit être. Et quand il s’est blotti dans tes bras, tu as souri en te disant que tu pensais aimer avant ça, avant lui. Et chaque fois que tu arrêtes le temps pour le regarder, le bercer, sentir son odeur, entendre son rire… tu réapprends ce qu’est l’amour. Tu aimes si fort, plus fort qu’hier. Mais jamais aussi fort que demain…

Joanie Fournier

 

#Covid19 Revenir à l’essentiel en temps d’arrêt forcé

Cette semaine marque le début de la période de ce temps d’arrêt

Cette semaine marque le début de la période de ce temps d’arrêt forcé pour prévenir la propagation de la COVID‑19. Par quoi et par où commencer quand on doit rester à la maison avec ses enfants, que ce soit pour faire du télétravail ou non? Je dirais simplement de revenir à l’essentiel❣️Mais, concrètement qu’est‑ce que ça veut dire? Stocker du papier cul? NON!
Pour moi, ça veut dire d’utiliser cette période pour réaliser ce qui m’importe sincèrement.

Dimanche soir, j’ai soudainement repris conscience de la réalité entre deux prestations à La Voix et j’ai hurlé. Comment décrire ce hurlement?! C’était le cri d’une émotion qui vacillait entre « J’ai gagné à la loto! » et celui où j’étais convaincue que je n’allais pas survivre. C’était confus! Vous me suivez?
Mes enfants m’ont regardée étrangement et mon mari m’a demandé : « Qu’est-ce qu’il y a? »
J’ai répondu en riant : « Je viens de réaliser que je suis avec les enfants toute la semaine. »
On a ri. Ce fut un moment de grande prise de conscience. Celle où j’ai, comme on dirait, laissé tomber ma résistance, celle qui souhaitait une semaine productive, malgré ces circonstances exceptionnelles.

Comment revenir à l’essentiel?

Revenir à l’essentiel présentement, ça veut dire d’utiliser cette période pour réaliser ce qui m’importe sincèrement. Et je me questionne, j’observe, je propose et je choisis. La question qui roule dans mon esprit en ce moment, c’est : Comment profiter de ce temps pour en faire quelque chose d’important dans ma vie? Les pistes de réponses évoluent et se précisent.

En ce moment, je m’imagine en profiter pour changer nos habitudes, faire ce qu’on aime, rédiger et réaliser ma bucket list, épurer ma maison, jouer dehors avec les enfants. Honnêtement, quand l’annonce de la fermeture de l’école a été faite, j’avais prévu contrer cet état de panique qui est passé en lièvre dans mon esprit en étant structurée. Vous savez, être la maman under control qui a un parfait horaire de vie pour ses enfants. Être une fière mère parfaite!

Puis, j’ai décidé de prendre la vie comme elle allait venir et choisir avec ma gang au fur et à mesure ce qui allait nous convenir. Je veux qu’on se crée de bons moments ensemble durant ces temps hors de l’ordinaire. De ces moments où on se crée des souvenirs qu’on évoque quand on devient vieux. Je nous imagine dans vingt ans nous remémorer en famille cette période où la COVID‑19 a marqué le monde : Vous vous souvenez, nous avons été cloués à la maison pendant plus de deux semaines. On a sorti tous les Legos pour en faire le plus gros robot… Ou on a vidé la bibliothèque pour se lire histoires les plus drôles qu’on avait. Ou on a joué la plus longue partie de Monopoly, c’est toi qui avais gagné. On a joué des matchs de hockey interminables. Ces souvenirs seront certainement différents pour chacun et chacune de nous, parce que nous sommes uniques. À nous de créer ce qui nous fera vivre des moments magiques avec nos enfants. Pis c’est pas obligé d’être compliqué ni extraordinaire!

Maintenant, je commence par quoi? Aller jouer dehors, juste après mon café!

Qu’est‑ce qui va m’aider?

Cette semaine, je ne serai pas une mère parfaite. Pour m’aider, je vais simplement mettre dans mes journées beaucoup de douceur, d’humour et de force, sans forcer. Oui, parce que je devrai être ferme avec ma tribu sur l’intention de nos journées. Je vais assurément me connecter avec mon cœur d’enfant. Oui, me connecter avec cette partie de moi qui sait apprécier chaque moment et me guider vers l’essentiel. Je dois avouer que je l’avais un peu oubliée ou négligée sous une pile de priorités. « Faire » me permettait de cocher des éléments de ma liste de tâches au lieu d’« Être » connectée pour les réaliser sans forcer. Ce temps d’arrêt sera certainement bénéfique pour freiner l’évolution de la pandémie, mais surtout pour m’aider à revenir à l’essentiel et regarder arriver doucement le printemps.

En espérant que cela vous aidera à faire de ce temps d’arrêt un temps qui compte pour vous et votre famille.

Stéphanie Dionne

 

Formule magique pour couple qui ne s’entend pas sur les tâches ménagères

Chéri est maniaque du ménage et moi, je suis traîneuse. Évidemme

Chéri est maniaque du ménage et moi, je suis traîneuse. Évidemment, il va vous assurer qu’il n’est pas un cas extrême et je vais vous jurer que j’en connais des biens pires que moi… Au fond, personne ne peut se situer e-xac-te-ment au même endroit dans l’éventail des standards de propreté. Lui faisait briller les planchers de son appartement à la cire pendant que moi, j’empilais la vaisselle sale sur le comptoir jusqu’à ce que j’aie épuisé le stock de mes armoires. Dès le départ, nous savions que le ménage n’occupait pas la même place dans l’échelle de nos priorités.

Dans notre jeune foyer, la situation était fragile mais fonctionnelle. Mon Monsieur Blancheville était très autonome dans son désir de propreté. S’il voulait qu’une tâche soit faite, il la faisait tout simplement, sans rien me demander. Le partage du travail était complètement inégal au sein de notre couple. C’était comme avoir un esclave à domicile. Personne ne comprenait que je puisse m’en plaindre, mais je détestais le rôle de profiteuse qu’il me faisait jouer involontairement. Je n’avais jamais eu l’ambition secrète d’exploiter l’homme de ma vie, alors je pédalais fort pour m’améliorer et assumer ma juste part du ménage.

Puis, nous avons eu un premier bébé et j’ai quitté mon emploi pour prendre soin de notre progéniture pendant quelques années. Changer le monde, un enfant à la fois, était mon grand rêve. Mais ce rêve n’incluait pas l’entretien de la maison ou la préparation des repas! Mon amoureux me soutenait là-dedans et continuait à me traiter comme une reine. Il rentrait du travail, nous préparait à souper, partait une brassée de lavage et récurait la salle de bain de fond en comble. De mon côté, j’éprouvais une grande fierté à sortir quotidiennement me balader en nature avec mon petit trésor. Nos avant-midis au parc, à se faire des copains et à observer les écureuils, avaient bien plus de valeur à mes yeux que la propreté de la maisonnée. Pendant que je faisais la sieste l’après-midi avec mon bébé collé-collé, les graines oubliées sur le plancher de la cuisine invitaient les fourmis à venir se nourrir chez nous…

Bien vite, petit coco a grandi et m’a laissé plus de temps libre. Je savais qu’il était grand temps de régler ce manque d’équilibre qui teintait ma vie de couple d’un goût amer. Même si mon conjoint ne me faisait aucun reproche, je me sentais coupable. J’étais déterminée à devenir une partenaire exemplaire dans le partage des tâches ménagères.

Je me suis mise à en faire beaucoup plus. Et c’est là que j’ai rencontré mon plus grand obstacle : mon chum! Chaque tâche que j’effectuais lui permettait d’en faire encore plus. Tu as déjà fait l’époussetage? Fantastique, merci! Je vais frotter le micro-ondes alors. Sa liste mentale était sans fin! Et son souci de perfection, complètement démotivant. Le plancher n’était jamais assez propre! J’avais balayé après le dîner et refusé le festin aux fourmis du coin, il repassait le balai sans se questionner en rentrant du travail. Mon mari et son maudit balai… juste pour vous dire, je l’ai surpris à passer le balai le jour de notre mariage! Je ne pouvais même pas imaginer qu’on puisse penser aux planchers lors d’une telle journée. Lui ne pouvait tout simplement pas imaginer accueillir nos invités avec du sable sur le plancher… Mais on se mariait sur une plage!

Son faible niveau de tolérance face à la saleté est peu à peu devenu une grande source de frustration. Surtout lorsque j’ai réalisé qu’une maison nette n’occuperait jamais la première place sur ma liste de priorités. Les moments magiques en familles auraient toujours plus d’importance pour moi. Je le laissais trente minutes en tête-à-tête avec fiston et je retrouvais notre coco hypnotisé par la TV et mon chum, une guenille à la main. Voyons! Comment une tablette collante de frigo pouvait-elle l’empêcher de profiter d’un moment avec son fils qu’il n’avait pas vu de la journée? Je lirais des histoires aux enfants à travers les moutons de poussière sans même sourciller! Je me suis mise à souhaiter qu’on trouve un terrain d’entente qui nous conviendrait à tous les deux plutôt que de tenter de le rejoindre au sommet à tout prix. Il devenait de plus en plus évident qu’on devait travailler sur cet irritant quotidien.

J’ai finalement trouvé la recette magique après six ans de vie commune. Je n’ai rien inventé. J’ai fouillé sur Internet et trouvé un système d’organisation qui me convenait. J’ai profité de l’absence de mon chum pendant une mission humanitaire pour noter toutes les tâches que l’entretien d’une maison demandait. À son retour, nous avons convenu ENSEMBLE d’une fréquence qui nous semblait raisonnable pour effectuer les travaux. J’ai inscrit chaque tâche sur une petite fiche de carton et classé les fiches dans le dossier À faire approprié :

  • Tous les jours (ex : faire les lits, sortir la poubelle de la cuisine, remplir le lave-vaisselle) ;
  • Toutes les semaines (ex : laver les planchers, dépoussiérer les meubles, nettoyer les salles de bain) ;
  • Tous les mois (ex : récurer le four à micro-ondes, dépoussiérer les moulures, désinfecter les poignées de portes et interrupteurs) ;
  • Tous les trois mois (ex : faire briller les portes des armoires de cuisine, passer l’aspirateur entre les coussins du divan, dépoussiérer le support à épices) ;
  • Tous les six mois (ex : retourner les matelas, laver les vitres, dégraisser le four) ;
  • Tous les ans (ex : astiquer les luminaires, laver les rideaux, nettoyer les murs).

Chaque matin, je sortais les petits cartons de la journée et essayais d’en faire une bonne partie avant son retour du travail. En soirée, il m’aidait à terminer les tâches que je n’avais pas pu accomplir. Enfin, nous travaillions en équipe! C’était la solution parfaite pour me motiver à affronter la poussière tout en aidant mon chum à savoir quand s’arrêter dans sa dévotion au culte de la maison étincelante. Cette nouvelle méthode nous permettait enfin d’apprécier réellement les efforts de l’autre.

C’était il y a dix ans de cela et nous n’avons plus besoin de nos petits cartons maintenant. Le ménage est devenu une routine bien rodée chez nous et je suis heureuse de dire que le travail est partagé de façon équitable. Les bonnes habitudes sont restées. Toutefois, je n’ai pas jeté ma filière de ménage. Je la garde tout près pour quand nous aurons des ados à faire contribuer… Mouha-ha-ha-ha-ha!

Elizabeth Gobeil Tremblay

Petite maman, « sors danser! »

« Oui, tu l’aimes ton nouveau petit bébé, tu l’aimes tellem

« Oui, tu l’aimes ton nouveau petit bébé, tu l’aimes tellement que tu es en train de t’oublier. Alors, sors danser pour une soirée! »

J’ai été comme toi tu sais… Lorsque je suis devenue mère, mon attention n’était centrée que sur mon nouveau‑né. Il était le plus beau, le plus charmant, le plus fin, le plus drôle, il était le plus plus plus, et le tout tout tout. Tout comme toi, petite maman, j’ai développé un lien intense avec mon enfant, et personne ne pouvait comprendre ça. J’étais FULL en amour et en admiration.

En le mettant au monde, j’ai réalisé que j’avais un grand rôle à jouer. Je m’étais fixé des attentes et des responsabilités plutôt élevées face à mon rôle de maman, probablement comme toi! On va se l’avouer, devenir maman peut surprendre parfois. En tout cas, ça a été mon cas!

Pendant des années, je n’avais que moi à qui je devais penser et dont je devais me préoccuper. La vie était simple, paisible et sans stress! Mon quotidien a vite été remplacé par la nécessité de prendre en charge cette autre personne que moi. En fait, j’étais probablement comme toi, petite maman : toute mon attention était dirigée vers mon enfant et tranquillement, j’ai banalisé (voire ignorer) mes propres besoins.

J’avais tellement peur de ne pas être assez :

  • présente, et ce, malgré ma présence à ses côtés jour et nuit ;
  • disponible, et ce, même si j’étais disponible jour et nuit ;
  • bonne mère, et ce, même si j’y mettais toute mon énergie!

J’avais peur de quitter mon bébé, car il était l’être le plus merveilleux. Lorsque je le quittais, je vivais un gros manque. Je ressentais un vide à l’intérieur puisque je m’ennuyais de sa petite binette. Plus rien ne m’attirait, car je m’étais persuadée que rien ne valait la peine, sauf si ça tournait autour de mon bébé.

J’avais omis que j’étais une femme et que je pouvais vivre autre chose de merveilleux en dehors de mon rôle de maman. Pire encore, je vivais une énorme culpabilité dès que j’avais une petite pensée pour ma personne!

Je crois que les gens autour de moi le voyaient. Mais moi, je souriais. J’étais convaincue d’être super équilibrée, puisque j’avais le plus beau trésor entre les mains.

Un jour, ma mère m’a regardée et m’a dit : « Va danser, ma fille! »  Quand j’ai entendu ses mots, les deux bras me sont tombés! Elle avait remarqué que tranquillement, mon rôle de maman avait commencé à me peser sur les épaules. « Va danser, ma fille! Tu en as besoin. »

« Va danser! »… Ces mots me sont restés en tête pendant quelque temps avant que je comprenne réellement ce que ma mère me disait. J’ai compris que ma mère me passait le plus grand message du monde en me disant que je devais m’occuper de moi également. Qu’elle remarquait tout mon dévouement envers mon enfant, mais que je m’oubliais tranquillement.

Elle venait de me donner l’autorisation que je n’arrivais plus à me donner. L’autorisation de me retrouver en tant qu’individu. D’arrêter de vivre avec de la culpabilité et de pouvoir me donner du temps, du bonheur, de la valeur et de l’amour en tant que femme et en tant que personne tout simplement.

J’ai compris que pour bien aimer les autres autour de moi, je devais me préoccuper de moi aussi. J’ai compris que pour bien aimer, je devais aimer la vie que j’avais choisi de vivre et que je devais trouver un bel équilibre.

Par ces simples mots, ma mère m’a enseigné que le bonheur d’être mère est important, mais que prendre du temps pour moi est une nécessité. Satisfaire mes besoins, prendre soin de moi, m’accorder de la valeur humaine ne signifie pas que je suis égoïste, bien au contraire. Penser à moi contribue à mieux m’occuper des autres! De mon enfant.

Alors, si un jour, je te vois perdre ton beau sourire, petite maman, je t’inviterai à danser! Et si tu hésites à m’accompagner, appelle ta maman et écoute‑la. Elle te dira :

« Ok ma belle, sors danser, je vais garder! »

Maman Gonflée

Mon sourire niaiseux

J’ai été cette femme qui pleure en conduisant parce que la chans

J’ai été cette femme qui pleure en conduisant parce que la chanson à la radio fait remonter le trop-plein de la vie. Celle qui garde tout en dedans, qui filtre les signes du désespoir pour continuer à fonctionner. Celle qui éclate en sanglots ou en cris. Celle qui voit même la neige en noir tellement il fait sombre dans sa tête.

J’ai été cette personne qui ne croit plus en rien. Celle qui en veut à Dieu et à Satan. Celle qui s’en veut surtout à elle pour tous les choix et les non-choix qu’elle a faits dans le passé ou le matin même. Celle de qui s’est évaporé tout espoir, tout courage d’affronter un autre matin occupé ou une autre nuit esseulée.

J’ai été cette femme qui a décidé de changer ce qui n’allait pas, de risquer de tout perdre pour tout gagner. Celle qui est partie, celle qui a dit « C’est fini ». Celle qui a démissionné d’un emploi et d’un couple. Celle qui a remisé certaines amitiés qui faisaient mal au lieu de lui faire du bien. Celle qui a fini par mettre des limites et des priorités. Celle qui s’est mise en priorité.

Et maintenant, je suis celle qui sourit en conduisant. Celle qui a le goût de rire ou de danser en écoutant la chanson à la radio. Celle qui se dit que le conducteur dans l’autre voie doit se dire : « Mais qu’est-ce qu’elle fait là, elle, avec son sourire niaiseux? » Elle, elle est heureuse, tout simplement. Elle est celle qui aime la vie, tout simplement. Celle qui profite d’un petit moment calme en voiture pour constater à quel point les choses ont pris un chemin positif depuis qu’elle a donné un coup de volant dans sa vie.

Si quelqu’un m’avait dit il y a deux ans que je serais celle qui sourit sans raison à tout moment, je ne l’aurais pas cru. Je n’aurais même pas eu la force de rire de lui. Et pourtant, je souris maintenant, sans même me forcer. Juste parce que.

J’ai été celle que vous êtes parfois, ou souvent. Et je vous dis que de l’autre côté du mur de désespoir qui vous rentre dedans à chaque seconde, il y a du beau et du bon. Et de l’espoir.

Nathalie Courcy

La perpétuelle quête de l’équilibre

La petite enfance est remplie de défi et est très intense, pour le

La petite enfance est remplie de défi et est très intense, pour les parents, oui, mais surtout pour les minis qui vivent et ressentent mille et une choses.

Évidemment, chéri-mari et moi aimerions, comme tout parent, que notre grand de bientôt trois ans reste assis pendant toute la durée des repas, dise « s’il vous plaît » et merci à chacune de ses demandes, soit propre de jour comme de nuit, ne fasse aucune crise, réussisse à se calmer et à s’apaiser lorsque les émotions sont grandes, n’ait pas de suce ni aucun autre tic de bébé, ait de l’énergie pour les jeux actifs, sache se concentrer sur des tâches plus complexes et rester calme, qu’il s’exprime clairement, écoute les consignes… mais on doit lui enseigner, l’accompagner et, surtout, comprendre que ces demandes sont énormes et impossibles à réaliser toutes en même temps.

Si nous avions fait le choix d’être stricts pour tous les éléments nommés plus haut, nous serions constamment dans les avertissements et la réprimande. Pourtant, l’amour, le réconfort, l’apaisement, l’encouragement sont essentiels pour que nos enfants se développent bien.

Alors, on priorise, on s’ajuste, on choisit nos combats en tentant de rester fidèles à nos valeurs. On se remet en question. Souvent. Pour nous permettre de nous adapter dès que nécessaire. Et à travers tout ça, on aime, on encourage, on cajole, on console.
Nous l’avons vécu particulièrement intensément au début de l’automne. Alors que notre mini avait six mois, notre grand de plus de deux ans et demi a traversé un mois de septembre effervescent. Il a vécu le deuil de ses suces, ces objets de réconfort ultime; rien n’a pu le satisfaire autant. Il s’endormait une suce dans la bouche en se flattant le visage avec une autre. C’est aussi ce qui l’aidait quand ses émotions trop fortes l’envahissaient. Nous le voyions faire de grands pas, malgré la recrudescence des crises de bacon, et étions si fiers. Il devait trouver de nouvelles façons de surmonter ses grandes émotions. Et à deux ans 3/4, c’est un défi énorme. Ce l’est même pour de nombreux adultes.

Période intense parce que nous étions aussi en plein dans l’apprentissage de la propreté. Et que juste ça, c’est gros.

Intense parce qu’une molaire perçait et que ses poussées dentaires ont toujours été accompagnées d’une humeur maussade et d’un grand besoin de réconfort.

Intense parce que ça travaille notre patience de parents et que ça se répercute sur toute la famille. On essayait d’être cohérents et conséquents. Mais nous devions aussi rassurer et réconforter. Quand les crises étaient plus fréquentes, ça demandait plus d’énergie et de créativité pour maintenir qu’il est inacceptable de nous crier après, sans pour autant être toujours dans le négatif et pour garder l’amour au premier plan.

Intense parce qu’on ne voulait pas que mini soit dans une énergie poche, qu’on voulait continuer de le dorloter et de le stimuler comme il y a droit, même si c’était difficile pour son grand frère d’amour qu’il admire déjà.

Alors, comment passer au travers de ces périodes frénétiques? D’abord, on fait des choix; oui, par exemple, il gigotait et se levait pendant les repas et, non, on n’était pas très sévères sur ce point. Ce sera le prochain objectif. Ensuite, plus que tout, on profite doublement de tous les moments doux. On savoure. On nomme le bonheur et la joie. On encourage et on félicite dès qu’on le peut. En espérant très fort que c’est ce qui marquera le plus nos enfants à travers les périodes intenses où nous devons recadrer plus souvent.

Vouloir que nos p’tits gars soient des êtres droits, aimants et aimés : perpétuelle quête de l’équilibre qu’est la parentalité.

 

Jessica Archambault

À bas les cases!

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Dans ma tête, il y a toujours eu un surplus de cases. Trop pleines, pour la plupart. Trop d’idées, trop de projets, trop d’émotions. Juste trop.

Pendant longtemps, j’ai cru dur comme béton armé que la condition de mon efficacité, c’était la surcharge. J’avais l’impression que dès que j’arrêterais un peu, je m’effondrerais. L’art de fuir la réalité…

Un horaire rempli au quart de tour, chaque seconde à sa place, chaque place occupée. Comme dirait Filiatrault : « Enchaîne! » On va se le dire, avec quatre enfants, je n’ai rien fait pour me simplifier la tâche! Mais c’est comme ça que je me sens vivre. Que je me sentais vivre.

Jusqu’à ce que je me sente mourir, étouffée sous le tas de cases dans mon calendrier et dans mon esprit. Quand c’est rendu que tu dois faire des listes de tes listes de tâches… c’est peut-être signe que tu t’en es trop mis sur les épaules?

Alors j’ai décidé d’élaguer l’horaire. De vider des cases (régler les tâches « faites pour de bon » comme la peinture du sous-sol). D’en reléguer d’autres aux oubliettes, au moins temporairement (ne pas renouveler mes mandats pour les comités d’administration, dire non à certains engagements de bénévolat). De combiner certaines cases (faire une plus grosse recette de sauce à spag et la mettre en conserve pour les soupers pressés de l’hiver). De déléguer, même (les enfants sont capables de faire leur lit et leur lavage à l’occasion, non?)

Et qu’est-ce que je fais avec les cases qui restent? Parce qu’évidemment, je dois continuer de faire mon budget, de faire manger mes enfants… Parce qu’évidemment, je veux me garder des loisirs et des engagements, comme écrire pour Maïka et faire des activités avec mes cocos. T’sais, histoire de me garder saine d’esprit, équilibrée…

Ces cases-là, je les choisis. Je pèse le pour, le contre, je les mets dans la balance des priorités, des urgences ou des tâches à remettre à plus tard. Je me demande si c’est important pour moi ou pour d’autres. Et je classe. Je place les cases en ordre dans mon cerveau. C’est plus facile, maintenant que j’ai fait de l’espace! Un Tetris niveau 2, au lieu du niveau 150 auquel je carburais.

Même processus avec les émotions et les pensées. Lesquelles sont nécessaires? Lesquelles sont nuisibles, lesquelles bouffent mon temps et mon énergie? Lesquelles ne sont pas particulièrement utiles mais me gardent les pieds sur terre? Je choisis ce que je garde en fonction de mes valeurs et de mes rêves. Je fais partir le reste dans les égouts : pensées négatives et récurrentes, déceptions assurées, fausses croyances, émotions douloureuses associées au passé et déjà traitées.

Ce qui est bien avec les cases, c’est que c’est nous qui choisissons lesquelles on conserve, lesquelles on fait disparaître, lesquelles on remet au programme. Mais bien sûr, pour y arriver, il faut réserver une case de notre calendrier occupé pour faire le bilan de ce qu’on est et de ce qu’on veut. On appelle ça une case rentable. Celle-là, on la garde!

Je vous invite à faire le ménage des cases vous aussi. Ça fait du bien!

 

Nathalie Courcy

Les « mommycations » ou « mamancances »

Passe GO, réclame des vacances de cette charge mentale qui

Passe GO, réclame des vacances de cette charge mentale qui t’accable, redeviens, l’instant d’une semaine (ou plus, ou moins, c’est toi qui décides) une femme, seulement une femme, et recharge tes batteries.

Je l’avoue, j’ai cultivé de la jalousie, même de la colère envers mon propre amoureux, mon homme. Chaque fois que ce fameux mot « chasse » faisait surface, que ce soit par rapport à la préparation, la recherche de trucs et de stratégies de chasseur-cueilleur, la prise de congés non liés à la famille, l’achat de matériel ou autre, je sentais ma mâchoire se serrer, mes poings se fermer, mes yeux se remplir d’eau. Je rageais par en dedans, avec la seule envie de crier « pis moi ?! »

Pourtant, je ne comprenais pas d’où émergeait cette réaction. J’étais si heureuse que ma douce (et parfois rugueuse après trois jours sans rasage) moitié soit aussi motivée, passionnée par quelque chose. Que mon homme ait la chance de se reposer tel un guerrier dans le fin fond du dernier centimètre de la map en attendant sa proie, de faire le vide dans sa tête et le plein d’air frais dans ses poumons. De me revenir fier comme un paon d’avoir son trophée de chasse, les yeux brillants comme ceux d’un enfant devant son sac de bonbons d’Halloween quand il revient de la plus grande virée de quartier.

Pourquoi ?

Était-ce la charge de plus que j’allais assumer à la maison ? Non, pas vraiment : nos enfants ne sont pas des anges en tout temps, la maison n’est pas impeccable tous les jours, mais je suis capable de gérer. La routine est bien établie et en étant seule, l’avantage est que les enfants ne passent pas leur temps à essayer de me faire croire que Papa a dit oui quand en fait il a dit non.

Était-ce l’impression de ne pas être une priorité, par sentiment d’abandon ? Par peur de manquer d’argent ? Il y a un peu de ça ; seize jours par année, ce n’est pas si long, c’est loin d’être la fin du monde. Un budget de chasse, c’est de l’argent, des heures et des jours de plus en préparation de terrain, en montage de cache, en achat de matériel, en pratique au champ de tir, mais surtout, c’est un sujet de conversation qui revient aux trois phrases, un morceau sur repeat. Un sujet qui change les soupers d’amis, de famille et de couple en meetings de planification de la prochaine saison ou en debriefing de la dernière chasse. Ok j’avoue, des fois je suis jalouse des chevreuils et orignaux de ce monde et je pense à me magasiner des bois.

Jalousie quand tu nous tiens.

Eh oui, j’étais purement et simplement jalouse. Pas de la chasse, pas d’une autre femme, de la liberté de mon homme. De la façon qu’il avait de se mettre en priorité, d’aller chercher ce dont il avait besoin sans négocier, entièrement, complètement et sans excuses. De réaliser ses rêves sans compromis.

Comme plusieurs autres veuves de chasse, de hockey, de motocross, de golf, de travail… je demeurais passive dans l’atteinte de mon bonheur. J’étais une victime de la chasse. Jusqu’au matin où j’ai compris qu’en fait, la seule personne qui freinait mes ambitions et mes rêves, c’était moi dans mes multiples facettes.

La mère ne voulait pas quitter ses enfants. La ministre des Finances trouvait mille et une raisons financières de ne pas dépenser pour quelque chose d’aussi futile qu’elle-même. La blonde ne voulait pas imposer à son homme de tenir le fort même s’il n’en est plus que capable. La peureuse anticipait de voyager seule et la généreuse ne voyait pas pourquoi elle méritait de se mettre en priorité.

J’ai compris que :

  • l’argent, ça se prévoit, que ce soit pour les loisirs de l’un ou de l’autre ;
  • mon homme est vraiment hot, il est en mesure de s’occuper de nos enfants et de la maison en gardant tout le monde intact. C’est sûr, j’ai le meilleur !
  • si je ne me mets pas en priorité, personne ne pourra le faire pour moi ;
  • si j’attends le moment parfait, la situation parfaite, la richesse… je vais mourir en attendant de réaliser mes rêves.

De là sont nées les « mommycations » ou « mamancances ».

J’ai décidé de partir là où le vent me porterait, une fois par année. J’ai cru en mes ressources et j’ai pris en charge la recharge de mes batteries en tant que femme, en tant que moi. Une maman reposée, c’est aussi une maman plus patiente, une blonde plus compréhensive et une femme en possession de ses moyens. C’est ce que j’ai retenu de ma première mommycation.

J’ai passé GO, réclamé une pause de charge mentale et fait mon sac à dos direction Costa Rica. La liberté est si belle dans sa façon de nous laisser le cœur léger revenir à notre vie ! On peut en apprécier chaque instant, rechargée comme si tout était possible et que nos réserves d’énergie débordaient.

Prendre soin de soi pour mieux prendre soin des nôtres.

Marie-Ève Piédalue