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Je suis une victime. Texte : Arianne Bouchard

C’est comme ça que le système m’appelle. En vrai, je me considère plus comme une survivante,

C’est comme ça que le système m’appelle. En vrai, je me considère plus comme une survivante, parce que c’est ça, j’ai survécu.

J’ai survécu à ses mains robustes, chaudes et rêches sur ma peau. J’ai survécu à toutes ses insultes et à toutes les fois où il me traitait de moins que rien. J’ai survécu à toutes les fois où il m’a fait sentir comme un objet, en me regardant comme un chien baveux devant un steak saignant. J’ai survécu à toutes les fois où il a voulu me faire du mal en s’en prenant à ma famille. Oui, j’ai survécu.

À un certain point, il a failli réussir à me briser. Tellement de fois j’ai souhaité mourir. Tellement de fois j’ai essayé de trouver le courage pour mettre fin à toutes mes souffrances. Tellement de fois j’ai crié à l’aide pour n’entendre que l’écho de ma propre voix. Tellement de fois, j’ai ravalé mes doutes, séché mes larmes et pris mon courage à deux mains pour continuer d’avancer et me battre malgré mon envie d’en finir.

Et maintenant plus encore, j’ai trouvé la force de tourner la page. J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai porté plainte, contre mon bourreau, ce monstre sans pitié qui m’a tellement pris. Il pensait peut-être m’avoir tout pris, mais il y avait encore en moi les braises ardentes de ma force de caractère, qui m’ont permis de survivre tout ce temps.

Et quand j’ai porté plainte, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas vraiment tourner la page finalement. Le système n’est pas là pour nous aider à aller mieux. Le système n’est pas fait pour les victimes. En fait, les victimes n’ont pas grand rôle au bout du compte, puisque c’est la « Reine » qui poursuit directement et non elles-mêmes. Elles sont seulement la « preuve » que l’accusé est, oui ou non, coupable.

Et puis quand je dis que le système n’est pas en faveur des victimes, c’est aussi parce qu’elles ne choisissent pas leurs alliés. Encore une fois, on choisit pour elles. L’avocat, aussi compétent soit-il, leur est attribué. Elles ne les choisissent pas. Alors, encore une fois, l’accusé part en force avec les meilleurs outils, car lui, il a le pouvoir de choisir. Je trouve que c’est un manque de considération incroyable, à ce stade, d’encore vouloir choisir pour elles. Parce que la plainte, à la base, c’est pour dénoncer justement un vice de consentement, pour un choix qu’elles n’ont pas eu l’opportunité de faire.

De plus, le procès, s’il y en a un au bout du compte, doit se faire dans le district judiciaire où ont eu lieu les évènements. En ce genre de circonstances, on pourrait s’attendre à un minimum de considération pour les victimes, en leur laissant le choix de porter plainte chez elles, avec tous leurs repères, mais non. Si les évènements ont eu lieu à un endroit du passé, il faudra qu’elles prennent leur courage à deux mains pour y faire face, si vraiment, elles souhaitent poursuivre.

L’accusé à la chance d’avoir la présomption d’innocence de son côté, alors que nous, victimes, n’avons pas le droit à la présomption de vérité. Tout ce que l’on dit pourra être retenu contre nous dans le cadre d’un procès. Finalement, c’est comme si on faisait le procès des victimes, puisqu’on reprend toutes leurs dépositions, on les morcelle et on cherche à trouver les failles de leurs témoignages qui pourraient démanteler toute l’accusation. Comme victime, on a l’impression de marcher sur des œufs, tout ce qu’on dit et même tout ce qu’on ne dit pas peut servir à innocenter les monstres de nos cauchemars. Parce que sans trousse de viol, sans preuve matérielle, tout ce qui constitue la preuve, ce sont les témoignages et les preuves circonstancielles. Un fardeau difficile à prouver pour l’accusation.

À certaines étapes du processus, on a l’impression que c’est une vendetta contre les victimes elles-mêmes. Comme si tout le monde se braquait contre elles, pour les faire craquer. À tellement de reprises le système les pousse au bord du gouffre de l’abandon. C’est comme si on accusait les victimes de mentir. C’est comme un double traumatisme. Déjà que leur corps entier et chaque fibre de leur être essaient de les convaincre que ce n’est pas arrivé, que c’est juste un cauchemar… on ne les croit pas.

Et puis il y a aussi le manque de délicatesse de notre système. Je comprends que certaines questions doivent être posées pour établir les faits, mais ce que je ne comprends pas, c’est le raisonnement de certains quand il s’agit de les poser. « As-tu joui ? » NON. On ne va pas là. Et puis même si les victimes avaient, par accident, joui, on n’est plus au Moyen Âge, on le sait que c’est une réaction biologique du corps, qui n’est pas toujours synonyme de plaisir, d’excitation et surtout pas de consentement. Voilà encore une question pour essayer de déstabiliser les victimes, les faire douter d’elles-mêmes et les faire se sentir plus sales qu’elles ne se sentent déjà.

Ensuite, il faut qu’on parle des ressources, parce que bien honnêtement, je pense que notre système, encore une fois, est problématique. Pour recevoir de l’aide, il y a tellement de formulaires à compléter… Laissez-moi vous dire que dans l’état comateux dans lequel se trouvent certaines victimes suite à leur agression, remplir des formulaires, c’est parfois trop demander. Pourrait-on trouver un moyen de faciliter l’accès aux services d’aide sans passer par les douze travaux d’Astérix ?

Et le pire dans tout cela, le plus gros problème selon moi, c’est vraiment une question de délai. Pourquoi est-ce que ce doit être aussi long ? Pourquoi est-ce que les procédures peuvent prendre des années ? Pourquoi est-ce que comme victimes, on nous refuse ce droit légitime de tourner la page ?

Je n’ai hélas aucune réponse à ces questions, mais j’espère que dans l’avenir, le système sera fait en considération des victimes, en arrêtant de les victimiser, pour les aider à réaliser qu’elles ne sont pas des victimes, mais des survivantes.

Arianne Bouchard

Survivre à ta rupture – Texte : Arianne Bouchard

Ça y’est. C’est fini. Vous vous êtes quittés. Deux âmes entrelacées à jamais séparées. S

Ça y’est. C’est fini. Vous vous êtes quittés. Deux âmes entrelacées à jamais séparées. Sentiments dévastateurs, comportements destructeurs, pourquoi était-il l’élu de ton cœur ? Tu te poses probablement des tonnes de questions. Tu es probablement en train de faire une crise existentielle à remettre en question tous tes choix de vie.

Il y a plus de sept milliards de personnes sur cette terre, et pourtant, tu es tombée amoureuse de lui. Tu lui as ouvert ton cœur, tu lui as montré tes faiblesses, et lui, qu’est-ce qu’il a fait ? Il s’est joué de toi ! Ma belle, j’aimerais te dire que ton chagrin s’estompera aussi rapidement qu’il est parti, mais ce serait te mentir. Tu vas avoir besoin de temps, et le temps lui-même va avoir besoin que tu lui donnes un peu de laisse. Tu seras peut-être tentée de noyer tes chagrins à coup de bouteilles de vin, mais sache que ça ne sert à rien, les vrais chagrins savent nager. Oublie ton ex. Comme il y a un « X » dans le mot ex, justement, fais une croix dessus ! Tu ne peux pas te contenter de ramasser les morceaux de votre relation et tout réparer cette fois-ci, car comme on se blesse à ramasser les bouts de verres cassés, tu vas te blesser à réparer ce qui ne peut pas l’être.

Tu vas recommencer à vivre. Tu vas recommencer à sourire et puis un jour, sans crier gare, tu vas même retomber amoureuse. C’est beau l’amour, cette sensation que le temps s’arrête, le souffle coupé et les papillons qui te terrassent le ventre tellement tu es toute chose quand il est là. Tu vas connaître cela à nouveau, je te le promets. Tu vas trouver cet homme merveilleux qui va ruiner ton rouge à lèvres plutôt que ton mascara. Celui qui ajoutera de la vie aux années et peut-être même qu’il te donnera l’impression d’ajouter des années à la vie, par votre amour profond et éternel.

Je sais que ta souffrance est immense. N’y a-t-il pas plus grand chagrin que de savoir que celui qui fait couler tes larmes est le seul à pouvoir les sécher ? Je voudrais tellement trouver les mots pour te réconforter. Je voudrais tellement trouver les mots pour amoindrir ta douleur et la remplacer par une brise d’infinie douceur. Sèche tes larmes, ma belle, car à trop pleurer pour avoir perdu ton soleil, tes larmes t’empêcheront de voir les étoiles. Et même si parmi ces étoiles, tu ne trouves pas la tienne, n’oublie jamais que c’est peut-être finalement la lune qui t’est destinée.

Tu vas y arriver. Tu vas passer au travers. Tu es une fille forte et incroyablement résiliente. Tu dois faire face à la vie, comme elle vient, au jour le jour.

Inspirer. Expirer. Résister. Ne pas pleurer. Voilà ton nouveau mantra.

Ne gaspille pas tes larmes pour un homme qui n’en comprendra jamais la valeur. Protège ton cœur de son sourire charmeur et continue d’avancer. Ne fais pas de toi une prisonnière. Ne retourne pas dans ta cellule. Tu dois profiter de chaque instant de liberté et ne pas replonger dans cette relation qui t’a tant volé.

Je me dis que ça prendrait peut-être un videur pour ton cœur, pour ne pas laisser entrer n’importe qui. Ce n’est pas un buffet à volonté où chacun peut prendre ce dont il a besoin, à l’excès, et se casser après avoir fait le plein. L’amour, c’est beaucoup plus complexe que cela et c’est pourquoi certains se méprennent tant. Ce n’est pas donné à tout le monde d’en comprendre les subtilités, surtout que malheureusement, il n’y a pas de mode d’emploi pour cela. Et même s’il y en avait un, qui aurait réellement pris la peine de le lire ?

Je sais que tu te dis que peut-être que finalement vous n’auriez pas dû tomber amoureux. Vous auriez peut-être dû tout simplement vous aimer. Tout ce qui tombe se brise et l’amour n’en est certes pas l’exception. Peut-être que finalement, les fins heureuses n’existent que dans les contes qu’on raconte aux enfants. Avec l’amour, même s’il rime avec toujours, il suffit que l’un le délaisse pour qu’il rime avec tristesse. Tout chagrin d’amour commence par une belle histoire, où tu rencontres quelqu’un et tu te dis « il est différent » avec un dénouement cynique où tu te dis « il est comme tous les autres ».

Mais non. Arrête de faire ta drama queen, sèche tes larmes et lève la tête bien haute, car c’est maintenant que tu reprends le contrôle de ta vie.

Arianne Bouchard

 

Juste au cas…

Mon petit cœur, depuis que tu es tout petit, on essaie de te prépa

Mon petit cœur, depuis que tu es tout petit, on essaie de te préparer de notre mieux à toutes les éventualités. On trouvait important que tu saches quoi faire si jamais maman s’évanouit et ne se réveille plus, si jamais quelqu’un entre dans la maison pendant la nuit, si jamais les flammes s’emparent de la cuisine…

Évidemment, on n’a pas parlé de toutes ces éventualités dramatiques le même soir… Tu en aurais fait des cauchemars! Mais plus les années avançaient et plus les occasions d’en discuter se présentaient.

On a tenté de notre mieux de te faire parler de chacune des mises en situation pour tester tes connaissances et ton instinct. Nous savons que nous devions discuter avec toi de tous ces drames possibles. Mais mon petit cœur, tu ne sauras jamais à quel point ça a été difficile pour nous de t’en parler… Tu ne sauras jamais à quel point ce fut éprouvant pour nous.

Ça aurait été tellement plus facile de se mettre la tête dans le sable, de sombrer dans le déni, de faire comme si tout cela ne pouvait jamais t’arriver… Ça aurait été tellement simple de vouloir t’épargner et de se répéter que tu n’avais pas besoin de savoir tout ça. Mais on se serait menti à nous-mêmes… parce que si tu voyais des flammes et que tu allais te cacher sous ton lit, comme bien des enfants en ont l’instinct, on ne se le pardonnerait pas. Si tu périssais dans les flammes, apeuré et sans ressource, on ne se le pardonnerait pas. Mais mon petit cœur, tu ne sauras jamais à quel point ça a été difficile pour nous de t’en parler…

Quand on a dû t’expliquer que la seule chose à faire en cas de feu, c’est de sortir de la maison. Sans bottes, sans manteau, sans ta doudou… tu dois sortir. Même si tu as envie d’appeler les pompiers… tu dois sortir. Sans papa, sans maman, sans tes sœurs… tu dois sortir. Même si tu entends crier… tu dois sortir. Tu ne sauras jamais, mon ange, comme notre cœur se serrait à prononcer ces mots…

Quand on a dû te montrer comment sortir de ta chambre par la fenêtre, au cas où le feu serait devant ta porte de chambre. Quand on t’a demandé d’essayer seul, sans aide, sans nous, de sortir. Quand tu n’arrivais pas à ouvrir ta fenêtre et qu’on a insisté pour que tu le fasses seul. Quand tu as dû pousser des meubles pour grimper dessus, que tu trouvais ça trop lourd, mais qu’on a continué d’insister pour que tu le fasses seul. Tu ne sauras jamais, mon bébé, à quel point on avait envie de t’aider… On avait le cœur gros et la gorge nouée, mais on savait qu’il fallait que tu saches y arriver seul. Juste au cas…

Quand on t’a expliqué quoi faire si un adulte que tu ne connais pas veut t’amener avec lui… Même s’il cherche son chemin, même s’il veut que tu l’aides, même s’il a perdu son chien, même s’il te donne des bonbons ou veut te montrer ses bébés chatons… Tu ne sauras jamais, mon loup, à quel point on avait mal au cœur d’imaginer tous ces stratagèmes… Tu ne sauras jamais à quel point on était dévastés à la simple idée que quelqu’un essaie de t’enlever à nous…

Encore une fois, ces discussions se sont faites dans des moments bien choisis du quotidien. Des moments où tu te sentais en sécurité, où tu avais envie d’en parler, où tu étais prêt à entendre ces mots. Ces discussions se sont faites sur des années. Pourtant, tu ne sauras jamais, mon poussin, à quel point nous ne pouvions jamais nous sentir prêts à parler de tout cela avec toi.

Parce qu’on voudrait tous que ces situations n’arrivent jamais. Surtout à des enfants. On voudrait bien, parfois, faire l’autruche et se convaincre que ça n’arrivera pas chez nous. Puis, nous repensons à ces enfants des autres qui n’auront plus jamais la chance de vieillir et nous savons qu’aussi difficile que cela puisse être, il faut te préparer à tout cela.

S’il y a le feu, tu n’iras pas chercher ta doudou. Si un intrus s’introduit dans notre intimité, tu ne resteras pas caché sous tes couvertures. Si maman s’évanouit, tu ne resteras pas là à attendre qu’elle se réveille. Et surtout, s’il nous arrive quelque chose d’atroce, tu auras tous les outils en main pour survivre. Parce que même si tu es le seul à survivre, mon ange, on aura déjà accompli quelque chose de grand… On t’aura sauvé, juste au cas…

Joanie Fournier

 

10 astuces pour survivre avec un ado

Ton enfant n’a pas été livré avec le mode d’emploi et pendant

Ton enfant n’a pas été livré avec le mode d’emploi et pendant toute sa vie, tu as avancé et cheminé comme parent, avec plus ou moins d’assurance. Puis l’adolescence est venue chambouler tous tes repères. Le grand n’importe quoi !

Alors je te suggère ici dix astuces indispensables pour survivre avec un ado (ou deux ou trois ados !…)

  1. Lâche prise !

À chaque situation conflictuelle, répète cette phrase en boucle haut et fort : « M’EN CALISSE, M’EN CALISSE, M’EN CALISSE ! »

  1. Nourris-le !

Crois-moi, un ado qui a faim est beaucoup plus difficile à supporter qu’un ado rassasié ! Pis il a TOUT LE TEMPS FAIM. Alors veille à ce que le frigo soit bien rempli !

  1. Couche-toi avant lui !

Le rythme circadien d’un adolescent est différent. L’ado typique fonctionne super bien le soir et a beaucoup de misère à décoller le matin. Va te coucher avant lui, dors, et le matin, tu prendras toujours ton déjeuner tranquille, car il sera encore au lit ! L’adolescence, c’est le retour des cafés sereins le matin (si on ne réveille pas la bête…)

  1. Donne-lui des corvées !

Chez toi (oui, oui, tu es chez toi), ce n’est pas un hôtel, il doit participer aux tâches ménagères lui aussi ! Établis des règles claires NON NÉGOCIABLES.

  1. Ne rentre pas dans sa chambre !

C’est son univers. Ça pue et c’est le bordel ? Tant pis ! Pour ton équilibre psychologique, n’ouvre surtout pas cette porte-là !

  1. Achète-lui des écouteurs !

Vous n’avez certainement pas les mêmes goûts musicaux lui et toi, alors achète ta tranquillité et offre-lui un casque d’écoute. Tu pourras chanter à tue-tête ta musique préférée sans te faire insulter.

  1. Coupe le wifi le soir !

22 heures : plus accès au net. Et ce jusqu’au matin. Le wifi peut se couper facilement aussi en cas d’échecs à l’école, en cas de comportements irrespectueux, en cas de corvées oubliées, etc.

  1. Tu n’es pas un taxi !

Ce n’est pas obligatoire de véhiculer partout ta progéniture sans condition ! Hey ! Figure-toi qu’ils sont très capables de prendre le bus, le métro, de marcher ou de covoiturer !

  1. Encourage-le à travailler !

Une petite job, c’est vraiment incroyable pour un ado : ça lui amène de la confiance en lui, de l’autonomie et du cash ! C’est une superbe école de vie et surtout, surtout, tu as la paix quelques heures par semaine !

  1. Enfuis-toi !

Sauve-toi régulièrement ! Vis ta vie ! Va au resto avec ton chum, sors avec tes amis, fais la fête, amuse-toi ! Ton ado sera heureux d’avoir un peu de tranquillité à la maison quand tu n’y es pas, et toi… tu retrouves enfin ta liberté ! C’est génial finalement un ado !

Gwendoline Duchaine

 

Le temps de s’en remettre

J’ai hésité longtemps. Je voulais essayer par moi-même, jusqu

J’ai hésité longtemps. Je voulais essayer par moi-même, jusqu’au bout. Jusqu’au bout de quoi au juste? De moi-même? De ma santé? De ma force de femme pas plus invincible que n’importe qui d’autre?

Quand mon (pas encore ex) mari est parti en mission militaire, j’ai essayé jusqu’au bout de garder mon emploi à temps plein, mon engagement communautaire à temps plein, mon entreprise qui me demandait tout ce qui restait en dehors de mon temps plein. J’ai demandé de l’aide avec mes enfants, je me suis fait violence pour ne pas entreprendre d’autres formations, pour repousser mes projets d’écriture. Je faisais des choix, mais pas assez. Quand j’ai vu que je coulais, j’ai demandé la permission de faire du télétravail deux jours par semaine. Histoire de continuer à travailler à temps plein.

Quand je me suis séparée, je suis retournée au travail le lendemain, comme si de rien n’était. Puis, pour le déménagement, je me suis octroyé un très généreux deux jours de congé. Le lundi, j’étais à mon bureau, comme une scoute. Pas super concentrée, avec des muscles endoloris et le cœur en bouilli, mais j’étais assise devant mon ordi. Je frisais le présentéisme. Mais j’y étais.

Puis, quand les choses ont dérapé, j’ai fait mes heures, du mieux que je pouvais. Quand l’école appelait, je partais en panique. « S’cuse boss, je dois partir là-maintenant-tout-de-suite. Je t’explique par texto. » Quand je prenais des rendez-vous pour prendre soin de moi, je rentrais tôt au bureau et je revenais dès la fin du rendez-vous. Un massage ou une séance d’art-thérapie squeezés entre une réunion et une conférence téléphonique, ça limite l’effet bénéfique.

Tout ça parce que ça me donnait l’impression, je crois bien, de gérer la situation. De survivre. Peut-être, aussi, parce que je n’avais pas le goût d’entendre un médecin prononcer le mot « dépression ». Been there, done, that, je n’avais pas envie de refaire le même parcours.

Quand je suis allée voir mon médecin pour des maux de tête chroniques (ah! ce que le stress peut faire!), de l’insomnie chronique (ah! ce que le stress…), des pensées suicidaires pas loin de chroniques (ah!…), elle m’a arrêtée. Pas au complet. Juste assez. Me garder dans la réalité, éviter le choc du retour au travail, se donner du temps. Elle m’a prescrit un congé maladie une journée par semaine, le temps de m’en remettre. Et un peu plus, pour être certaine d’être vraiment remise. Pas juste en surface. Régler l’épuisement que je traînais depuis des années.

Ça fait quelques semaines de ça. Au début, je m’écrasais sur mon divan toute la journée, juste à côté de ma culpabilité qui me tirait du jus comme un enfant qui gosse son frère. J’avais tellement besoin de ne rien faire! De réapprendre à ne rien faire.

J’avais déjà fait le tri dans mes engagements. Je répondais déjà moins rapidement aux demandes qui m’arrivaient de toutes parts. Je ne me donnais plus le rôle de maintenir les amitiés : les vraies résisteraient d’elles-mêmes et seraient au rendez-vous quand je reviendrais dans mes souliers.

Puis, j’ai commencé à me réorganiser. J’ai déterminé ce qui me causait le plus de stress. Ce que je pouvais régler rapidement et pour de bon. Ce qui était urgent. Ce pour quoi je pouvais demander de l’aide. Ce pour quoi j’avais besoin d’outils supplémentaires (couper le gazon à la mitaine, ça se fait, mais ça va plus vite avec une tondeuse…) Et j’ai agi.

Pour la première fois depuis des années, je sens mes épaules plus légères. Je sens moins l’étau autour de mes poumons. J’ai recommencé à dormir et à me sentir énergisée le matin. J’ai appris à être. Comme dans « être assise au parc avec les enfants sans penser à mon budget » ou « être dans ma voiture et respirer, sans rager parce que je ne suis pas en train d’écrire le roman du siècle ».

Je ne sais pas si cet état va persister. Ce que je sais, c’est que je construis sur ce temps que je me donne pour créer des habitudes saines et durables. Je me re-rencontre et j’aime ce que je vois : une femme qui reprend espoir, qui vit au lieu de survivre. Parce qu’il faut l’admettre, quand on sur‑vit, on sous‑vit.

Nathalie Courcy

Survivre à novembre

Novembre. Le mois

Novembre. Le mois qui ne sert à rien! Plus de feuilles sur les arbres, pas encore de neige, pas de fête, trop d’humidité, trop de noirceur. Depuis mon enfance, j’aimerais skipper novembre!

Alors, comment profiter de la vie en novembre, comment ne pas sombrer en burnout, comment réussir à mettre un pied devant l’autre et avancer dans les ténèbres du onzième mois de l’année?

Dormir!
Être un animal, je dormirais tout le mois!
Mais pour vrai, il faut se reposer : se coucher tôt (anyway il fait noir) et dormir tard la fin de semaine. Novembre est le mois de l’année où nos organismes sont le plus fatigués (et ceux des enfants aussi!), alors on prend ça cool! Un jour à la fois!

De la lumière!
Sortir dehors à chaque rayon de soleil, utiliser une lampe de luminothérapie, dessiner des soleils partout sur les murs du sous-sol, aller dans le sud et… sourire!

Des vitamines!
C’est le moment de commencer une cure de vitamine D pour toute la famille! Ça va beaucoup aider notre système! La vitamine D ne se stocke pas dans l’organisme (nous n’avons pas de réserve), et sans soleil, on en manque.
Pour aider mon système immunitaire (novembre, c’est le mois où les virus attaquent, ce n’est pas un hasard!), je prends aussi des gélules d’ail et des jus de légumes vitaminés (ma recette : fenouil, concombre, gingembre, coriandre).
N’oubliez pas la vitamine C (hum… les bonnes clémentines!)

Fuir les microbes!
On conseille aux femmes enceintes, aux bébés et aux personnes fragiles de se faire vacciner contre l’influenza (la fameuse grippe). C’est en novembre que le virus attaque! Fuyez les garderies, les salles d’attente, les hôpitaux, les gens contaminés! Vous avez la gastro? Restez chez vous!

S’amuser!
Aller au cinéma, sortir voir des spectacles, inviter des amis, aller prendre une bière en ville, danser, chanter! Hey! On n’a qu’une seule vie! Faut en profiter!

Faire du sport!
Notre système a besoin de bouger! Alors go : on saute, on court, on rame, on nage, on marche, on bouge! N’importe quoi, tant que ça nous plaît. L’activité physique stimule le système immunitaire.

Et vous? Quels sont vos trucs pour survivre à novembre?

 

Gwendoline Duchaine 

Comment survivre à l’impossible, ou les 5 commandements pour survivre à une vie de crotte

Petite, on s’imagine la vie lorsqu’on sera grand, pour ma part e

Petite, on s’imagine la vie lorsqu’on sera grand, pour ma part entre deux imitations avec ma grande sœur des spectacles des Spice Girls en prenant des pauses avec des Tic-Tac afin de reposer nos voix; je n’avais aucune idée la façon dont ma vie allait prendre une tournure totalement étrange une vingtaine d’années plus tard.

Il y a quelques années, j’ai donné naissance à une petite puce en parfaite santé. Comme pour plusieurs couples, le nôtre n’a pas survécu à la venue d’un enfant. Dix-huit mois plus tard, alors que je me rendais dans la chambre de ma petite sans faire de bruit pour aller la réveiller en douceur, l’impossible arriva. Ce matin-là, m’a vie a été chamboulée. Pour ma part, j’ignorais que la mort subite du nourrisson pouvait frapper jusqu’à dix-huit mois et pourtant, cela arriva. À moi? À elle? À nous ? Pourquoi ?!

Pendant les jours qui suivirent, je n’arrêtais pas de me questionner, de me demander ce que j’avais pu faire de travers pour que cela m’arrive. Est-ce que j’avais été une assez bonne mère? Qu’est-ce que j’avais fait de mal? Est-ce que c’était parce que j’étais séparée ? Toutes les questions, je me les suis posées même si, en moi, je savais que je lui avais donné tout le nécessaire : l’amour.

J’ai choisi de ne pas vivre dans le noir et surtout d’arrêter de me fier aux jugements des gens. Les jugements des gens, j’aurais dû arrêter d’y accorder de l’importance il y a plusieurs années et surtout en devenant maman.

En quoi ça dérange de faire garder son enfant pour souffler un peu? En quoi ça dérange d’envoyer son enfant à la garderie avec du linge qui ne fit pas du tout? (Je ne parle pas ici d’habiller son enfant en été lorsqu’il fait -30.)

Ma fille, malgré sa courte vie, m’a appris à vivre, à vivre pour moi.

Comment survivre à une vie de crotte ?

  • Se lever le matin sans regarder les réseaux sociaux ni notre cellulaire (mis à part pour fermer notre cadran). Pourquoi se lever le matin pour regarder le fil d’actualités rempli de photos remplies de filtres, de pensées écrites en anglais remplies de fautes, de déjeuners santé et de jus verts? Regarder ce qui se passe sur les réseaux sociaux le matin ne fera qu’implanter dans ton cerveau un sentiment d’infériorité, mais aussi une comparaison. Lève-toi et regarde ta vie à toi.
  • Donne-toi le droit au changement, donne-toi le droit de sortir d’une relation malsaine, donne-toi le droit de penser à toi, de faire garder tes enfants le temps d’une soirée à l’extérieur ou juste pour rester en mou chez toi (sans faire de tâches ménagères s’il te plaît… elles peuvent attendre). Donne-toi le droit de demander de l’aide, tu n’auras pas l’air faible mais courageuse. Je ne me donnais pas le droit de demander, car je voulais être la super mère monoparentale forte et capable de tout, mais au bout du compte, cela m’a donné beaucoup trop de fatigue et de larmes.
  • Slaque les dépenses. Je le sais qu’avoir la dernière casquette pour enfant à la mode fera de très belles photos, et avoir tous les nouveaux vêtements trendy fera jaser à ta prochaine sortie, mais demande-toi : est-ce que j’en ai vraiment besoin ? (Livre tout simplement parfait de Pier-Yves Mc Sween). Ne vois pas cela seulement pour une question de finances, mais aussi … on s’en fout un peu, non ? Quand on regarde ses photos du temps où on était petit, on se rend compte qu’on était loin d’être des mannequins dignes d’une publicité de magazine pour enfants. Dis-toi que tes enfants vont également se dire la même chose malgré les fameux vêtements tendance.
  • Faire le ménage dans sa vie, laver des planchers pour ma part, fait un bien fou. Mais aussi, fais le ménage dans ta vie. Ton travail te rend-t-il heureuse? Ton couple ? Tes amitiés ? Tu n’es pas obligée de rien faire, sauf d’être heureuse, alors arrange-toi pour le devenir.
  • Laisse-toi du temps. Tu n’as pas besoin de courir partout. Pour ma part, je me disais que chaque instant où je disais «Vite! Vite! Nous allons être en retard» étaient des instants perdus avec ma fille. Bien sûr, avec le drame que j’ai vécu, je n’ai pas de regrets d’avoir pensé ainsi, mais je crois que bien des fois, nous sommes pressés inutilement. Arriver en retard au cours de piscine ? Est-ce vraiment un drame ? Inscrire ses enfants dans tout plein de cours la semaine et la fin de semaine? Pourquoi? Pour que ton conjoint et toi planifiiez un horaire afin que les enfants soient à l’heure à leurs cours et que vous finissiez seulement par vous croiser? Pour vous coucher brûlés à 21 h 30 avec un sentiment d’accomplissement parce que votre enfant a enfin réussi une roue latérale? Ça va assurément lui servir dans le futur…

Petite, je n’aurais jamais cru que ma vie prendrait une tournure aussi étrange, que l’on me dirait que je vivrais le parfait bonheur dans une nouvelle maison, avec une piscine, le même conjoint depuis de nombreuses années, un bébé parfait, tout cela pour que quelques années plus tard, je me retrouve sans enfant, en appartement… Le décès d’un être cher, que ce soit un enfant ou un autre être proche, change une vie. Pas besoin de vivre un drame terrible pour se prendre en main et se choisir….

Mon regret : ne pas m’être donné la chance de penser à moi et de tout recommencer …

Et toi? T’es-tu choisi ?

Avez-vous survécu ?

Au moment d'écrire ces lignes, nous sommes le 26 décembre, 22h38 ! Êtes-vous encore debout ? Voic

Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes le 26 décembre, 22h38 ! Êtes-vous encore debout ? Voici un petit résumé de nos premiers 3 jours de congé.

Le 23 décembre, c’est la dernière journée de travail de maman qui a très hâte de ne pas régler le réveille-matin le lendemain. C’est la dernière journée et non la moindre. Il n’y a pas eu assez de 24 heures dans cette dernière journée pour tout faire. Il y a les dossiers au bureau à terminer, les cadeaux qui ne sont pas encore enveloppés, sans compter le rendez-vous de la plus grande chez le médecin avant qu’il quitte pour ses propres vacances et le rendez-vous au garage !

Le 24 décembre, le réveille-matin ne sonne pas, mais les enfants sont bien réveillés. Aussitôt, elles sont dans notre lit à essayer de nous convaincre que le matin de la veille de Noël, elles ont le droit à un premier cadeau … que c’est important parce que de toute façon elles vont en recevoir plein d’autres dans les 48h qui vont suivre. Quinze minutes plus tard, le lit ressemble plus à un bac de recyclage avec toutes les boîtes ainsi que les papiers d’emballage. Oui maman a cédé, elle-même plus excité que ses deux grandes filles de leur donner le cadeau qui est emballé depuis si longtemps ! Un gros 15 degrés la veille de Noël, c’est assez spectaculaire. Les rafales de vent l’étaient tout autant. Que dire d’un abri d’auto qui se soulève…ça c’est paniquant ! Une veille de Noël, pas de manteau, à tenir des poteaux et une toile au vent, c’est très original! Une fois le tout réparé, allez hop à la douche, on est reçus chez grand-maman pour le réveillon.

Les enfants reçoivent leurs présents, les parents prennent un verre et danse avec les plus vieux et à minuit, grand-maman nous offre son buffet du temps des fêtes. Au menu, sandwichs pas de croûte, salades, fromages et viandes froides. Nos premières sandwichs pas de croûte … mais pas les dernières, croyez-moi ! Encore trop de nourriture, grand-maman nous offre d’en rapporter un peu à la maison. La soirée se termine et les enfants sont au lit à 3h00 du matin.

On a de la chance, nos filles sont des dormeuses. Le matin, ou plutôt le midi du 25 décembre, les enfants se lèvent en nous suppliant encore une fois d’ouvrir les cadeaux que le gentil père Noël a mis sous le sapin. Et comme le jour de la marmotte, notre lit ressemblait étrangement, encore une fois à un bac de recyclage avec les boîtes et le papier. À l’heure où nous sommes tous les quatre sortis du lit, c’était l’heure de dîner alors comme le veut la tradition, il faut manger les restants du buffet de Noël de la veille … au menu, sandwichs pas de croûte, salades, fromages et viandes froides. Vite, nous sommes attendus pour la soirée de Noël avec papi. La routine, les petites bouchées, la musique, les cadeaux, les jeux et le dodo aux alentours de 23h00. Comme il y avait encore des restants, nous nous sommes gentiment offerts pour en rapporter à la maison. Le menu; sandwichs pas de croûte, salades, fromages et viandes froides.

Ce matin, 26 décembre, jour du «Boxing Day», nos filles se lèvent avec la surprenante idée d’aller courir les boutiques pour profiter des nombreuses cartes cadeaux qu’elles ont reçues. Mais quelle bonne idée ! Après avoir déjeuné, après avoir ramassé les boîtes et les papiers laissés par les enfants qui ouvraient les nombreux cadeaux laissés dans l’entrée la veille. C’est à ce moment que je me suis rendu compte qu’il fallait vite diner, si l’on voulait avoir le temps d’aller faire la file dans le stationnement du centre commercial. Qu’est-ce qui est rapide à manger ? Les restants de Noël de la veille … au menu; sandwichs pas de croûte, salades, fromages et viandes froides. Après avoir passé 3h à se trouver un stationnement, à avoir fait la file dans les boutiques et à avoir besoin d’un lot de patience pour sortir du centre commercial, nous voilà sur la route, sur le chemin de la maison, où nous attend une belle soirée calme et paisible. Les filles, exténués dorment pendant tout le trajet et elles sont expertes pour dépenser leur énergie aussi vite qu’elles ont vidé leur carte cadeaux une fois arrivées à la maison ! Petit souper tranquille, soirée en famille à jouer avec les cadeaux et malgré tout, à 23h08, les enfants ne dorment toujours pas, toujours dans leur lit en train de probablement repenser à leur trois jours de course folle.

J’ai l’air ici d’une maman exténuée, qui a seulement couru pendant trois jours et qui n’a pas vu le temps passé. Il y a un peu de tout ça, oui. Mais il y a aussi une maman qui a vu les étoiles dans les yeux de ses filles, une maman qui a été émue de découvrir qu’elles ont tellement grandi et une maman qui a profité de chaque moment avec sa famille. C’est ça l’important. Peu importe la vitesse à laquelle la vie vous fait courir, il faut prendre le temps de vivre et de réaliser que cette vie, elle est belle.

Aujourd’hui, 27 décembre, devinez ce qu’on a mangé pour dîner ? 😉