Tag temps

Ils nous font vivre les plus belles années de notre vie.

Nous étions des adolescents. Nous voulions plus de pouvoir, plus de responsabilités, plus de liberté. Nous nous sentions comme des lions invincibles pris en cages… Nous avions si hâte d’avoir un réel pouvoir de décision sur nos propres vies, sur l’avenir. Nous sommes tous passés par cette période un peu sombre où notre corps changeait et pendant laquelle on se sentait totalement impuissants.

Puis, jeunes adultes, nous tentions de notre mieux de profiter de cette nouvelle liberté, tout en essayant de nous construire une vie réelle d’adulte. Nous nous sommes heurtés à ces nouvelles responsabilités, si lourdes à porter. Les changements d’emplois, le parcours universitaire, les soucis financiers, etc. On imaginait une grande période digne des années Peace and Love, mais on a vite frappé le mur de la réalité.

Maintenant, adultes assumés, nous sommes comblés par la vie. Nous avons choisi nos carrières. Nous avons appris à nous connaître et par‑dessus tout, à nous respecter nous‑mêmes dans nos choix. Nous avons exilé de nos vies les personnes toxiques pour choisir de rester avec celles qui nous font du bien. Nous avons mis au monde des petits êtres. Puis, nous avons compris. Compris la vie.

Nous regardons ces petits humains, créés avec tant d’amour. Ils grandissent, s’épanouissent et découvrent peu à peu qui ils sont. Nous sommes tous persuadés que nos enfants accompliront de grandes choses. Et pour l’instant, on profite d’eux, de leur présence. Ils nous font vivre les plus belles années de notre vie. Rien de moins.

Quand ils partiront vivre leur vie, nos grandes maisons seront tout à coup plus propres, mais tellement plus vides. Nos portefeuilles seront plus pleins, mais cela nous semblera tellement futile… Le temps aujourd’hui file à une vitesse folle. Quand nous serons vieux, ce même temps passera un grain de sable à la fois et nos longues journées seront bien calmes.

Le meilleur de nos vies, c’est maintenant. Avec nos enfants. Avec ces petits êtres qui n’ont encore aucun souci sur les épaules. Leurs rires, leur amour, leur magie, leur naïveté… C’est tellement ça, la vie. Je pense que l’on a commencé à vivre réellement le jour où on les a mis au monde. On a beau être allés à l’école pendant vingt ans, ce sont ces petits êtres qui nous apprennent ce qu’est la vie, et ce, chaque jour.

Alors nous devrions tenter d’en profiter au maximum. Profiter d’eux. Les dettes vont être encore là dans vingt ans. Le ménage sera encore à faire dans vingt ans. Mais dans vingt ans, nous n’aurons plus la chance de partager nos quotidiens avec eux. C’est notre vie d’adulte que l’on devrait mettre sur pause pour prendre le temps de vivre leur enfance avec eux.

Ils sauront nous réapprendre toutes ces petites choses que l’on a oubliées. Regarder voler un papillon comme si c’était magique. Jouer dans la piscine sans se soucier de la température. Faire des bulles et trouver que c’est la plus belle expérience scientifique au monde. Se balancer au parc comme si c’était possible de s’envoler. Courir au ralenti à la Tag pour donner une chance aux plus petits de nous toucher. Pis être content d’être la Tag… Ne pas vouloir dormir ni aller se laver, parce que ce sont des minutes de moins à jouer…

Il est plus que temps d’arrêter de perdre patience en essayant de les faire entrer dans notre horaire, dans nos vies d’adultes. Il est plus que temps de mettre nos cerveaux sur pause pour vivre la vraie vie avec eux et à travers leurs yeux. Parce que nos enfants nous font vivre les plus belles années de notre vie. Maintenant. Alors, allez en profiter.

Joanie Fournier

 

Du temps pour moi

Il y a bientôt huit ans, je mettais au monde mon premier enfant. Un beau et grand garçon qui allait me montrer ce qu’est l’amour inconditionnel. Je me souviens de son premier sourire, de ses pleurs que j’ai consolés et de sa fragilité. Je me remémore le rythme de ses battements de cœur quand je le gardais collé sur moi et son odeur sur ma peau qui me rassurait à sa façon. Les jours passaient et mon amour grandissait. Si tu savais comment je m’y suis investie, comment je lui ai donné la plus grande partie de ma vie. 

Deux ans plus tard, une jolie princesse s’est ajoutée à notre famille. Elle est arrivée fragile et prématurée, et j’ai dû m’oublier pour m’assurer qu’elle allait bien cheminer. Les gens qui pensent que l’amour ne se multiplie pas n’ont certainement jamais eu d’enfant. Cette petite merveille m’a fait réaliser qu’être maman est certainement le plus beau des cadeaux et que ma mission première serait de protéger mes enfants et de les aimer jusqu’à mon dernier souffle.

Devenir maman ne vient pas avec un guide. Il y a souvent des essais et des erreurs. Nous agissons avec notre instinct et souhaitons simplement le bonheur de nos enfants. Voilà ce qui me motive depuis presque huit ans : le bien-être de ma famille, de mes enfants.

Cette nouvelle vie de mère vient avec son lot de responsabilités. Il n’y a plus juste mon nombril à m’occuper, mais la sécurité et la santé de mes deux nouveaux protégés. Avec la routine et le temps que je leur consacre, mes journées sont très bien remplies. Entre le boulot et la maison, je peine à remplir toutes mes obligations.

Par moment, je me surprends même à penser à la dernière fois où je me suis vraiment arrêtée. Le dernier temps que je me suis totalement accordé. Il y a certainement des petites journées où mes amours vont chez leurs merveilleux grands-parents, mais du temps vraiment pour moi… en ai‑je tant ?

Mes enfants vont continuer à grandir et à me demander. Je vais continuer à les écouter et à les guider. Toutefois, après cette petite prise de conscience, j’ai envie de me donner le droit de prendre plus de temps pour moi. Du temps qui me fera grandir comme maman et qui me fera encore plus apprécier le rôle que je dois jouer maintenant.

Il n’y a pas de guide pour devenir la meilleure des mamans. Il n’y a pas de recette gagnante pour savoir combien de temps l’on doit investir, mais il y a certainement une chose que je sais. Une maman qui prend du temps pour elle est indiscutablement une maman qui comprend qu’elle est elle aussi importante dans cette relation qu’elle a avec ses enfants.

Un jour à la fois… voilà ce que je me souhaite. Un jour à la fois… pour moi et mes enfants.

Véronique Daigle

Je ne t’en veux pas

Ce jour‑là, tout a basculé. Notre fille venait de s’endormir pour toujours, tout doucement dans nos bras. Elle a quitté le monde terrestre pour rejoindre ce que l’on appelle le monde des anges. À ce qui paraît, tout est beau et doux là‑haut. Donc ça me rassure en tant que maman de savoir qu’elle est bien et en paix. 


Je veux juste que tu saches que je ne t’en veux pas. 


J’ai fini par accepter avec le temps qu’elle a eu un court chemin à faire auprès de nous, et que sa vie devait s’arrêter là. J’ai aussi compris, dès l’instant où l’événement a eu lieu, que c’était un accident. Ni toi, ni moi, ni papa n’aurions pu y changer quelque chose. Sa vie devait s’arrêter là. Il est évident que sur le coup, on se demande POURQUOI. Pourquoi est‑ce arrivé ? Pourquoi est‑ce que ça nous arrive ? Qu’est-ce qu’on a bien pu faire à la vie pour mériter ça ? Ce n’est pas une question de mérite, mais une question de temps dans une vie.


Je veux que tu saches que je ne t’en veux pas.


Parce que nous n’aurions pas pu changer sa destinée. Un accident, c’est imprévisible et ça ne s’explique tout simplement pas. Il y a des personnes aux vocabulaires dérogés qui ont sans doute atteint un sentiment déjà habité par la peine et l’incompréhension. Mais sache une chose : cela ne m’a jamais passé par l’esprit d’être en colère contre toi ou même d’avoir une certaine rancune. 


Je veux que tu saches que je ne t’en veux pas.


Je me souviens de ce jour où mon amoureux entre deux états d’âme voulait aller te serrer dans ses bras. À l’instant même, il avait oublié le sentiment qui l’habitait pour se préoccuper du tien, et le sentiment de pardon était déjà accompli. Il a su te dire qu’il ne t’en voulait pas une seule seconde, car c’était un accident. Il voulait que tu saches d’abord et avant tout que tu étais tout pardonné et que la rancune n’avait pas lieu d’être. 


Je veux que tu saches que je ne t’en veux pas.


Il y a de ses jours où je pense à toi et je me demande : comment tu vas ? Comment est‑ce que ça va dans ton cœur à toi ?


Je veux que tu saches que mon cœur de maman ne t’en veut pas. Ce jour‑là, personne ne s’y attendait, personne n’aurait voulu que cela se passe, mais c’est arrivé. Eh bien, personne ne peut changer le cours de l’histoire. J’espère pour toi que tu as le cœur plus léger aujourd’hui. 

J’espère que tu tomberas sur ces mots remplis d’amour et de douceur qui te sont dédiés. 

Tu seras toujours le bienvenu chez nous. 

Tu auras toujours une place bien spéciale et unique dans notre vie. 

Cette histoire nous aura unis et nous aura fait grandir.


Je veux juste que tu saches que je ne t’en veux pas

Avec tout mon amour,

Eva Staire

Le retour aux études !

J’en ai souvent lu des histoires de mamans qui effectuent un retour aux études avec de jeunes enfants, qui trouvent la conciliation étude-famille difficile et qui en arrachent pour y arriver. Je me disais que cela ne devait pas être si difficile, avec une bonne organisation. Après tout, moi dans la vie, j’aime ça organiser des choses, faire des listes, des calendriers avec tout plein de couleurs thématiques et mettre des post-it partout… donc je devrais y arriver facilement, non ?

Mais attends… je viens de déménager dans une autre province, sans famille ni amis, avec mon amoureux qui commence un nouveau travail et mes trois filles de 1, 3 et 5 ans… d’autant plus que ça fait 12 ans que je n’ai pas fait d’études… peut-être que ce n’est pas le meilleur timing ? Moment de réflexion intense…

Allez, je m’inscris !

Avec fébrilité, j’organise donc en différents cartables les premiers documents que je reçois par courrier (parce qu’avec de jeunes enfants à la maison, j’opte pour les cours à distance). Je me fais un méga calendrier contenant toutes les dates de remise des travaux et des examens prévus. Je me prévois des horaires d’études. Je déborde de bonne volonté et d’enthousiasme. Je suis prête !

Les cours débutent, et BAM !  

Jamais. Jamais je n’aurais pu imaginer combien la conciliation entre faire des études universitaires et assurer la survie de petits humains en constante quête d’attention pouvait être aussi difficile.

En toute franchise, j’étais bien naïve de croire que j’allais pouvoir travailler efficacement durant la sieste des enfants. Encore plus naïve de croire qu’à la fin de la journée, quand tout le monde serait enfin couché, j’allais encore être motivée et capable de travailler des heures durant….

Pire encore, j’ai découvert à ce moment-là un côté de moi dont j’ignorais encore l’existence : j’ai réalisé que j’étais maître dans l’art de la procrastination, mais que j’étais complètement incapable d’être productive et efficace sous pression… deux aspects assez incompatibles !

J’ai donc voulu abandonner une fois, puis deux, puis trois. Probablement plus, sans vraiment l’avouer. Mon chum m’encourage et me motive ; une chance que je l’ai, lui ! Et vous savez quoi ? Je continue, trois ans plus tard. Mon parcours est plus long que celui de tout le monde, j’accumule les reports de date de fin de cours, mais j’y arrive. J’ai quelques cheveux blancs qui me rappellent que mon parcours n’est pas toujours facile, mais qu’il en vaut la peine !

Alors, à toutes les mamans qui sont dans une situation semblable, vous avez toute mon admiration. Pour celles qui n’osent pas retourner aux études ou qui se questionnent, foncez ! Sachez qu’il n’y a jamais de « bon » ou de « mauvais » moment pour se lancer.

On en sort (presque) indemne ! 😉

Andrée-Anne Courchesne

La nouvelle moi

La vie nous lance parfois des signaux. Parfois doux, parfois forts. Ce fut le cas pour moi en 2019. Un cancer est venu tout chambouler. « Le même que tout l’monde » m’a gentiment rappelé une réceptionniste à l’hôpital il n’y a pas si longtemps. J’ai failli m’étouffer. Généraliser si simplement un tel épisode de vie, il ne faut pas l’avoir vécu pour en parler ainsi. Mais c’est correct, je comprends. J’ai compris.

Je ne m’en fais plus avec de tels détails. J’ai choisi de rire, de m’amuser et de voir le plus souvent possible le positif dans ce qui m’arrive et m’entoure. J’ai décidé de m’amuser et d’être ma priorité. Je m’accorde maintenant le droit de refuser une invitation parce que « ça ne me tente pas ! », même si je n’ai pourtant pas de projets. Pourquoi s’imposer des moments obligés ? Je n’ai plus de temps à perdre ainsi et ça n’apporte rien à personne, bien au contraire.

Je m’éloigne des chicanes, des frustrations et des malentendus. Je choisis mes batailles et croyez-moi, elles n’en valent pas toutes la peine ! Si je suis à un évènement et que je n’éprouve aucun plaisir, je remercie et je quitte. Simple, me direz-vous ? Possible, mais je ne m’accordais pas cette possibilité avant, trop mal à l’aise, avec la peur de décevoir qui m’habitait constamment. Je me suis si longtemps obligée à dire oui à tout par peur de déplaire et de décevoir. J’ai toujours voulu faire plaisir aux autres.

J’ai désormais adopté un principe : « La réaction des autres ne m’appartient pas, je n’en suis pas responsable. » Ainsi, si je refuse une invitation et que la personne se sent vexée, blessée, fâchée, ça la regarde et ça lui appartient. Je ne me casse plus la tête (ou presque plus !). La vie est beaucoup trop courte pour s’imposer quoi que ce soit qui ne nous convient pas. Les gens qui nous aiment devraient d’ailleurs comprendre.

J’ai envie de douceur, de légèreté, de simplicité et de bonheur. J’ai envie d’être la maîtresse de chacun des moments de ma vie restante. De ne rien devoir faire par obligation, de ne plus rendre de comptes. Encore aujourd’hui, je grandis, je chemine, je progresse vers une meilleure moi. Une moi avec plus d’assurance et à l’écoute de ce qu’elle veut et désire vraiment. Une moi plus positive, plus légère, plus douce avec elle-même. Je me respecte et je m’écoute. Ma priorité, c’est moi. Une moi beaucoup plus sereine et heureuse.

Marie-Claude Larivière

Je ne veux pas que ça finisse!

Ne me lancez pas des roches (de toute façon, je suis à plus de deux mètres). Pas tout de suite, en tout cas. Attendez au moins d’avoir lu jusqu’au bout.

Le confinement, je ne veux pas que ça finisse (à quelques détails près).

Le coronavirus, oust. DÉGAGE! Tu nous fais mal, tu déjoues nos efforts et nos lavages de mains.

Les questionnements angoissants : Jusqu’à quand le compte en banque résistera‑t­‑il à la perte d’emploi? Le test, il est positif ou négatif? Qui nous appelle au milieu de la nuit?… Tout ça, on le jette aux poubelles, que dis-je, au déchiqueteur.

Les humains qui tombent comme des mouches, comme dans la chanson « Plus rien » des Cowboys fringants : on fait un reset, on arrête le carnage!

Les mourants que personne ne veille parce qu’ils ne peuvent pas être les bienvenus, les funérailles où seul le mort est invité, c’est trop. C’est inhumain, insupportable.

Les statistiques qui roulent en boucle aux nouvelles : la courbe, on ne veut pas l’aplatir, on veut l’écrapoutir.

À tous ceux qui vivent les contrecoups de la pandémie (bref, tout le monde, genre, tout humain qui habite sur la planète Terre en ce moment), sachez que je suis de tout cœur avec vous en pensées, en ondes et en tout ce que vous voudrez.

 

Mais pour le reste? J’ose dire que j’en prendrais encore longtemps :

Des tonnes de câlins matin, midi et soir avec mes cocos, n’importe quand!

Des journées en famille, en pyjama ou pas, go! User mes pantoufles, j’adore ça!

Aucune obligation sociale, même pas celle de se maquiller…

Pas de centres commerciaux pour aller dépenser (désolée pour l’économie mise à mal ; ce n’est rien contre les entrepreneurs ni les employés… c’est juste que je suis mieux dans mon cocon que coincée dans le capitalisme)…

Pas de parades de conducteurs stressés deux fois par jour, pas de nervosité à l’idée d’arriver en retard à un rendez-vous ou à l’école, pas de « dépêche‑toi », pas de « tabarouette, l’essence a encore monté »…

La chance de télétravailler aux côtés de mon amoureux (et de créer des stratégies pour rester concentrés)…

Pas de taxi-mom, pas de papou-taxi…

Des repas partagés, des recettes inventées, mille occasions de s’entraider…

La permission de vivre et d’apprendre au rythme de chacun, pas de pression, pas d’évaluations…

Pas d’appels de l’école pour discuter d’un comportent dérangeant ou d’un devoir non remis (un soulagement, je vous dis!)…

Mon rêve d’enseigner à mes enfants, même si dans ma tête, ça ne se passait pas comme ça…

Du temps en quantité pour écouter mes enfants, les entendre rire, accueillir leurs plaintes (« C’est long, maman! Quand est-ce qu’on retourne à l’école? ») et trouver des solutions, pour observer leurs défis, leurs progrès, pour combler leurs besoins et les convaincre que les autres aussi en ont…

Des semaines intensives de maternage pour analyser l’impact de mes interventions parentales, pour admirer les fleurs qui poussent et ajouter un tuteur là où la tige a poussé croche…

Du soleil pour jouer, de la pluie pour danser, de la neige pour se blottir au chaud avec un bon roman…

Le ciel qui se dégage, les rivières qui retrouvent leur transparence, la planète qui arrête de trembler de peur…

Le temps de prendre le temps…

Tout ça, j’en prendrais encore longtemps. Plus la permission d’aller voir ma maman.

Nathalie Courcy

Pendant qu’il est encore temps.

Un jour. Mes parents vont mourir. C’est ce que j’ai réalisé, en couchant ma fille après une journée difficile à tout faire pour l’« entertainer » tout en gérant ses multiples crises de terrible two. Même scénario que je répète depuis le jour 1 du confinement que je respecte, que je défends et que j’applique pour éviter que ma fille subisse les conséquences de ma possible négligence. Ça va bien aller, qu’ils disent.

Mes parents me manquent. Et pour la première fois de ma vie, entre le nettoyage du tiroir de bébelles et le lavage des rideaux, j’ai laissé mes pensées faire une place au fait que mes parents ne sont pas éternels. Que d’une foutue maladie, du temps, d’un accident ou d’un virus, ils pourraient en une fraction de seconde quitter ce monde.

Mes parents vont mourir. Un jour. Et ça me met la boule au ventre. Dans la dernière année, suite à une interminable séparation, j’ai été la fille la plus silencieuse, secrète, discrète et distante. Ils m’ont ouvert la porte de leur maison comme celle de leur cœur qui se nourrit maintenant du bonheur de leur petit-enfant. J’ai instauré un silence entre eux et moi pour éviter de parler de choses que je n’arrivais pas à expliquer suite à l’étape la plus difficile de ma vie. Le fait de dormir quelques soirs chez eux nous a physiquement rapprochés, mais ma froideur nous aura éloignées par ma faute.

Ils ont toujours été là, sans rien demander. Un fort jamais bien loin auquel on revient souvent, guidé par la chaleur et la douceur de leur maison.

Me voilà maintenant privée de leur présence, seule avec ma fille, et ils me manquent.

Je ne sais pas si c’est la COVID ou le printemps qui me dégèle le cœur, mais j’ai hâte de passer du temps avec eux. C’est bien Facetime, Zoom, les coups de téléphone, mais il n’y a rien qui va remplacer un après-midi dans leur cour au soleil. J’ai hâte de leur dire que je vais bien, mais qu’avant, ça n’allait pas. J’ai hâte de mettre des mots sur mon silence. J’ai hâte que ma fille puisse à nouveau courir dans leurs bras pour profiter de leur présence comme mes parents m’ont permis de le faire avec mes grands-parents. Pendant qu’il est encore temps. Un temps, qu’on n’appréciera plus jamais de la même manière.

Eva Staire

#Covid19 Revenir à l’essentiel en temps d’arrêt forcé

Cette semaine marque le début de la période de ce temps d’arrêt forcé pour prévenir la propagation de la COVID‑19. Par quoi et par où commencer quand on doit rester à la maison avec ses enfants, que ce soit pour faire du télétravail ou non? Je dirais simplement de revenir à l’essentiel❣️Mais, concrètement qu’est‑ce que ça veut dire? Stocker du papier cul? NON!
Pour moi, ça veut dire d’utiliser cette période pour réaliser ce qui m’importe sincèrement.

Dimanche soir, j’ai soudainement repris conscience de la réalité entre deux prestations à La Voix et j’ai hurlé. Comment décrire ce hurlement?! C’était le cri d’une émotion qui vacillait entre « J’ai gagné à la loto! » et celui où j’étais convaincue que je n’allais pas survivre. C’était confus! Vous me suivez?
Mes enfants m’ont regardée étrangement et mon mari m’a demandé : « Qu’est-ce qu’il y a? »
J’ai répondu en riant : « Je viens de réaliser que je suis avec les enfants toute la semaine. »
On a ri. Ce fut un moment de grande prise de conscience. Celle où j’ai, comme on dirait, laissé tomber ma résistance, celle qui souhaitait une semaine productive, malgré ces circonstances exceptionnelles.

Comment revenir à l’essentiel?

Revenir à l’essentiel présentement, ça veut dire d’utiliser cette période pour réaliser ce qui m’importe sincèrement. Et je me questionne, j’observe, je propose et je choisis. La question qui roule dans mon esprit en ce moment, c’est : Comment profiter de ce temps pour en faire quelque chose d’important dans ma vie? Les pistes de réponses évoluent et se précisent.

En ce moment, je m’imagine en profiter pour changer nos habitudes, faire ce qu’on aime, rédiger et réaliser ma bucket list, épurer ma maison, jouer dehors avec les enfants. Honnêtement, quand l’annonce de la fermeture de l’école a été faite, j’avais prévu contrer cet état de panique qui est passé en lièvre dans mon esprit en étant structurée. Vous savez, être la maman under control qui a un parfait horaire de vie pour ses enfants. Être une fière mère parfaite!

Puis, j’ai décidé de prendre la vie comme elle allait venir et choisir avec ma gang au fur et à mesure ce qui allait nous convenir. Je veux qu’on se crée de bons moments ensemble durant ces temps hors de l’ordinaire. De ces moments où on se crée des souvenirs qu’on évoque quand on devient vieux. Je nous imagine dans vingt ans nous remémorer en famille cette période où la COVID‑19 a marqué le monde : Vous vous souvenez, nous avons été cloués à la maison pendant plus de deux semaines. On a sorti tous les Legos pour en faire le plus gros robot… Ou on a vidé la bibliothèque pour se lire histoires les plus drôles qu’on avait. Ou on a joué la plus longue partie de Monopoly, c’est toi qui avais gagné. On a joué des matchs de hockey interminables. Ces souvenirs seront certainement différents pour chacun et chacune de nous, parce que nous sommes uniques. À nous de créer ce qui nous fera vivre des moments magiques avec nos enfants. Pis c’est pas obligé d’être compliqué ni extraordinaire!

Maintenant, je commence par quoi? Aller jouer dehors, juste après mon café!

Qu’est‑ce qui va m’aider?

Cette semaine, je ne serai pas une mère parfaite. Pour m’aider, je vais simplement mettre dans mes journées beaucoup de douceur, d’humour et de force, sans forcer. Oui, parce que je devrai être ferme avec ma tribu sur l’intention de nos journées. Je vais assurément me connecter avec mon cœur d’enfant. Oui, me connecter avec cette partie de moi qui sait apprécier chaque moment et me guider vers l’essentiel. Je dois avouer que je l’avais un peu oubliée ou négligée sous une pile de priorités. « Faire » me permettait de cocher des éléments de ma liste de tâches au lieu d’« Être » connectée pour les réaliser sans forcer. Ce temps d’arrêt sera certainement bénéfique pour freiner l’évolution de la pandémie, mais surtout pour m’aider à revenir à l’essentiel et regarder arriver doucement le printemps.

En espérant que cela vous aidera à faire de ce temps d’arrêt un temps qui compte pour vous et votre famille.

Stéphanie Dionne

 

Offrir son temps pour les enfants

Ce matin, j’ai eu la chance d’accompagner mes collègues pour remettre un beau chèque à Opération Enfant Soleil ☀️.

Je m’attendais à être émue devant les enfants malades, à regarder mes filles en me demandant : « Et si c’était elles? ». Je m’y attendais et c’est arrivé.

Toutefois, je ne m’attendais pas à découvrir tous ces bénévoles, bien cachés derrière nos écrans de télés… Des humains au grand cœur, unis pour une cause rassembleuse.

Parce qu’un enfant, ça ne devrait pas être malade. Un enfant, ça court, ça fait du bruit, ça te saute au cou…

Des humains unis pour les enfants et pour leurs proches.❤️

Parce qu’une famille, ça fait des pique-niques, ça part en voyage, ça fait du camping…

Il y a des familles pour qui rien de cela n’est possible.

Et il y a des humains qui DONNENT de leur temps pour faire pousser un brin d’espoir pour tous ces gens…

Ce matin, c’est cela qui m’a frappée. Tous ces bénévoles, le sourire aux lèvres, les yeux brillants, le cœur fier! Une dame m’a confié être bénévole tout au long de l’année ; le téléthon, c’est plus que les quelques heures à la télé…

Les humains qui donnent de leur temps sont des êtres bons. La générosité, le grand cœur, on naît avec. La bonté se lit sur le visage d’un humain ; c’est comme s’il était enveloppé de velours.🌸

Vraiment, je tenais à souligner tout le travail qui s’opère derrière ces quelques heures de diffusion.

Bravo à toi, cher bénévole!

Karine Lamarche

Le temps qui passe…

Il survient un moment dans notre vie où on réalise qu’on en a fait du chemin… Pour moi, c’est arrivé au début de la quarantaine.

 

Ce sentiment de croire que notre vie d’étudiant, par exemple, ne nous appartient plus, qu’elle est survenue dans un monde parallèle, que nous n’avons pas vécu cette partie de notre vie. Me suivez‑vous toujours? 

 

C’est aussi le sentiment de croiser quelqu’un, un ancien collègue, un vieil ami d’université, l’ami d’un ami, et de ne pas se souvenir de son nom ni même en quelles circonstances on s’est connus… C’est étrange! Comme si ce passé appartenait à une époque si lointaine… Je comprendrais si vous ne me suiviez plus! 😉

 

En ce dernier matin de vacances, je repense à mes Noëls d’enfance. Ils demeurent si frais et si loin à la fois. Des odeurs me reviennent; celle de mes poupées Fraisinette, celle du ragoût de ma mère, du parfum de mon père…

 

Je suis certaine que vous me suivez!

 

Le temps qui passe efface parfois des bribes de notre existence. Il m’arrive souvent d’être nostalgique, entre autres quand je repense aux amitiés perdues en chemin. Je trouve difficile d’accepter que le rythme effréné de nos vies nous limite, nous empêche d’entretenir ces liens.

 

J’aurais souhaité conserver tous les amis que j’ai croisés sur ma route, pour des raisons différentes, parce que la vie a fait qu’à des moments précis, nous nous sommes retrouvés ensemble et parce qu’on s’est aimés si fort…

 

Quand je repense à tous ces amis, à toutes les épreuves que plusieurs d’entre eux m’ont aidée à traverser, notamment le décès de ma mère, je suis triste de réaliser que je n’ai rien fait pour maintenir ces liens.

 

Le temps passe, mais sachez, chers amis, qu’il n’effacera jamais la trace que vous avez laissée dans mon cœur.

 

Vous reconnaissez‑vous?

 

xxx

 

Karine Lamarche

 

Top 5 : Le couple pendant la folie des fêtes

La fébrilité : Mon corps qui réagit, à caresser l’idée d’être près de toi! – Mots dits… sans dessein ©

Le temps des fêtes arrive, votre agenda va se surcharger. La patience sera mise à rude épreuve. La tension va augmenter. Multipliée par le nombre des activités familiales et celui de votre marmaille. Cette période peut aussi donner quelques occasions à votre couple.

  1. L’escapade d’amoureux

Si vous le pouvez, c’est le temps d’abuser de la parenté. De vos parents ou même de vos amis, qui n’ont pas un horaire aussi chargé que le vôtre. Avec les années, ils se demandent quoi offrir, pour vous faire plaisir. C’est simple, du plaisir! Faites‑les garder. Au moins une nuit. Ensuite, changez de décor. Selon vos goûts et votre budget. De l’hôtel boutique au B&B. En passant par les trucs dont Facebook vous a fait rêver toute l’année. Les yourtes, les chalets. Le budget est défoncé, alors que les enfants découchent une nuit. Vous laissant pleinement la place pour quelques folies du temps des fêtes. N’oubliez pas les bulles et des chandelles. Prenez ce temps pour vous deux! Dans l’intimité, vous saurez sûrement mieux que moi quoi en faire…

  1. Le souper à deux

La première option est impensable, offrez‑vous… vous deux! Une soirée, comme avant. Il y a une multitude de restos qui n’attendent que vous. Surtout pour leurs soirs plus tranquilles. Évidemment, le téléphone intelligent est alors volontairement laissé dans l’auto. Tant pis pour votre Facebook ou votre Insta, l’important c’est l’autre… pas les autres. Mon truc perso, c’est les « apportez votre vin ». La facture restera raisonnable. Un Rioja, un Barolo, un Montagne Saint-Émilion (vignoble voisin du Saint-Émilion), dans le rouge. Un Puilly-Fumé ou un Bourgogne Alligoté, dans le blanc. Et, mon préféré, un Champagne rosé. Pour bien se célébrer.

  1. Du temps libre

Vous vous dites… Tes suggestions, Man, c’est bien beau, mais ce n’est juste pas très réaliste pour nous cette année. Je vous comprends, il y a des périodes où ça aurait été impossible, pour moi aussi. Mais là, vos enfants vont être gavés de jouets. Des jeux vidéo, des tablettes et, même, des livres… avec plein de jours pour en profiter. Mettez‑vous un cadeau sous le sapin. À un ordre du père Noël, on doit obéir. C’est la loi de Noël. Le gros bonhomme rouge vous offre deux ou trois heures pour vous. Sans eux. Le plaisir de la marche, en couple. Ou la version de base du souper à deux : prendre un excellent café dans un endroit chaleureux. Le plaisir de la conversation, du rire, les yeux dans les yeux.

  1. Le moment volé

Faites‑vous entreprenants. Évidemment, il est préférable d’annoncer son jeu. Un gros câlin sensuel, derrière la porte dans une pièce, chez mononcle, ça peut déstabiliser. Redevenez des adolescents. Un baiser langoureux, volé à l’insu de tous. Avec, ensuite, bien des moments pour en rire du regard. À deux. Complices de votre amour.

  1. Utilisez votre imagination

Ce genre de liste, ça sert surtout à passer un message : un couple, c’est ce qui vient avant les enfants! Ils peuvent trop facilement, ensuite, nous en distraire. Alors, il faut revenir à l’essentiel. Vous deux. Ce cadeau de la vie, le présent. Laissez-vous le droit d’en profiter. Surtout, messieurs, prenez la balle au vol. Vos conjointes en font déjà beaucoup trop.

L’amour, c’est important à l’année…

michel