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Maman dinosaure et fière de l’être! Texte: Nathalie Courcy

Mes enfants adorent se moquer de mon âge vénérable. Un IMMEEEEEEE

Mes enfants adorent se moquer de mon âge vénérable. Un IMMEEEEEEEENSE 45 ans. Haha! On s’entend que je suis loin d’être vieille! Après tout, on devient vieux quand on se sent vieux. Avant, on a l’âge qu’on a, point. Ou même moins. 

Un de leurs passe-temps préférés, c’est de me rappeler que je suis née pendant l’ère des dinosaures. Pour eux, tous nés dans les années 2000, les années 1970, c’est encore plus lointain que l’Antiquité. Au moins, comme je viens de traverser une série de confinements, je suis capable de me servir de Teams, Zoom et autres technologies modernes! La plupart du temps, je comprends même comment la télécommande fonctionne… Pour le reste, ils sont là! Ça les fait se sentir utiles…

Ils savent que je ne réagis pas (ou que j’en rajoute, juste pour les faire rire encore plus!) parce que sincèrement, à part les douleurs par-ci par-là, vieillir, ça ne me dérange pas. En réalité, je trouve ça cool de me rendre d’une année à l’autre. De jouer le jeu de la vie, d’explorer, d’évoluer. Je trouve ça chouette d’observer les highlights de la ligne du temps qui s’étend derrière moi.

Le jour de mes 34 ans, j’ai eu un nouveau regard sur l’existence et le temps qui passe. Je me suis dit que chaque jour qui passait, c’était un jour que je vivais de plus que mon père. C’était une chance de plus que j’avais pour être heureuse, pour faire un changement dans le monde, pour faire du bien à quelqu’un, pour apprendre quelque chose. Pour voir mes enfants grandir et devenir des « vieux » eux aussi. Déjà que parfois, mes aînées pognent un coup de vieux en regardant leurs petits frères…

Est-ce que je suis tout le temps contente de voir un cheveu blanc sur ma tête ou de bouger avec plus de raideur? Non. Est-ce que ça fait que vieillir, c’est laid ou condamnable? Non plus. Ça dépend de ce qu’on fait avec ce temps supplémentaire que nous a gracieusement offert la Vie. 

Moi je vote pour qu’on profite de ce temps-là et qu’on rigole nous aussi quand nos enfants nous traitent (avec amour et humour) de vieux mammouths laineux, de vieilles branches, de stégosaures ou de représentants d’une espèce d’une autre ère. Un jour, eux aussi atteindront l’âge vénérable de 45 ans, et ils seront très heureux d’avoir encore leur « vieille » maman. 

Nathalie Courcy

Nous, l’enfant et le temps – Texte : Stéphanie Dumas

C’était le premier jour de mon congé de maternité. On se préparait à accueillir un nouveau me

C’était le premier jour de mon congé de maternité. On se préparait à accueillir un nouveau membre dans la famille. La chambre était prête et tous les petits vêtements étaient soigneusement pliés dans les tiroirs. À ce moment précis, je visualisais les prochains mois et seulement des moments avec ce petit bébé apparaissaient dans mon esprit. Je ne me doutais pas de tous les changements que cette année allait provoquer en moi.

Les trois premiers mois ont représenté une période d’adaptation, nous devions tous nous apprivoiser dans cette nouvelle vie à trois. Il fallait apprendre à se connaître et établir notre routine familiale. Et répondre aux besoins du petit. Mon conjoint et moi devions aussi apprendre à former une équipe dans ce nouveau rôle de parents.

Puis, un certain calme s’est installé. Je me suis posée. L’intensité des premiers mois s’estompant graduellement, mon esprit amenait de nouvelles réflexions sur ma vie.

Moi, jadis très carriériste, je me disais que cette vie ne me convenait peut-être plus. Comme si tout ce qui avait autrefois tant d’importance me paraissait désormais vide de sens.

La vraie vie, elle était ici, avec moi, dans notre petit cocon familial. Comme si le 9 à 5 devenait désormais le pire scénario possible.

Après les huit premiers mois, la fin de cette année semblait arriver beaucoup trop vite. Mes pensées m’amenaient à tenter de trouver un moyen de mettre ma vie en adéquation avec mes nouvelles valeurs et mes nouvelles priorités.

Ces priorités, c’est nous, l’enfant et le temps.

 

Stéphanie Dumas

Retour à la réalité – Texte: Marilou Savard

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L’angoisse du dimanche soir.

L’angoisse sur le chemin du retour des vacances.

Je pense que tous connaissent ces sentiments.

Cette envie que ça continue constamment ou en tout cas que ça ne finisse pas maintenant.

Cette envie de pouvoir éviter de retourner à la réalité ou en tout cas, dans les choses quotidiennes, de reprendre nos responsabilités au lieu de juste relaxer et s’amuser.

 

Par contre, si ça ne s’arrêtait jamais, est-ce qu’on continuerait vraiment de tout autant apprécier? De tout autant en profiter?

 

La fin de semaine ou les périodes de congé sont des moments où on se met sur pause.

On prend le temps de prendre le temps.

C’est donc plus facile d’apprécier ce qui se passe à sa juste valeur, d’en profiter, oui d’en bénéficier et d’en être davantage marqué.

L’empreinte dans notre âme est beaucoup plus ample.

 

Pour ma part, il n’y a pas une fois où je vais à Montréal que je n’apprécie pas à 100 %. L’énergie qui s’y retrouve.

Ou la beauté des plages au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Je me dis souvent que je serais si bien dans ces endroits.

Plus longtemps.

 

En effet, on aimerait souvent que tous les jours soient un jour de weekend, on voudrait souvent être en vacances, ou on peut même se dire souvent pendant l’année qu’on aimerait déménager, changer de ville. Mais si tout cela se réalisait, peut-être que la magie disparaîtrait. Je pense que oui.

J’en suis même certaine.

Ce qui fait que c’est si beau et excitant, c’est que c’est à l’occasion. C’est spécial.

C’est une exception.

L’effervescence, l’agitation passagère.

Les émotions vives.

On maximise sans restriction le présent.

On savoure chaque instant parce que ce n’est qu’une question de temps.

 

Malgré cela, on aimerait que les merveilleux échappatoires de routine ne prennent pas fin, mais heureusement en nous ils continuent d’exister. Ils continuent de vivre dans notre intérieur, dans nos cœurs pour l’éternité. Il n’y a pas un moment vécu qui sera effacé, qui nous sera enlevé. Ils seront tous conservés et seront toujours bons à revisiter dans nos pensées.

 

Ce qui fait qu’en attendant vos prochaines fois, je vous suggère de vous souvenir des magnifiques événements passés, car “se souvenir, c’est vivre une seconde fois, c’est vivre à nouveau”. – Denis Bonzy

 

Marilou Savard

 

Aidants naturels, mais qui veille sur vous ? Texte : Kim Racicot

C’est votre mère, votre père, votre enfant, votre conjoint ou m

C’est votre mère, votre père, votre enfant, votre conjoint ou même un ami de la famille. Vous veillez sur lui comme un gardien veillerait sur son phare. Mais qui veille sur vous ?

Vous n’avez pas nécessairement juré de façon solennelle d’être présent dans les embûches et pourtant, vous êtes là, debout, droit et loyal, à ses côtés.

Vous respectez le rythme de l’autre, avec patience et sérénité. 

Vous mettez de côté vos propres besoins même si vous savez l’importance de ce rôle déterminant.

C’est exigeant, exténuant, frustrant, mais vous ravalez les larmes tout en gardant le sourire.

Vous vous levez le matin en repensant à la routine, à ce qui devra être accompli, à la médication, aux tâches ménagères, aux soins de santé. Mais encore, ce que vous faites, vous les aidants naturels, c’est bien plus. Vous changez le regard du monde. Vous embellissez un quotidien terne en un quotidien rempli d’amour et de soutien. Parce que pour offrir de l’accompagnement à un proche, il faut être bienveillant et avoir un cœur grand comme l’univers.

Parlons-en de l’accompagnement et de la bienveillance. Mais qui veille sur vous ?

Ne dit-on pas que pour être en mesure de bien prendre soin des autres, il faut savoir prendre soin de soi, être bienveillant envers soi-même ? Le dire est une chose, l’appliquer en est une autre. Mais je vous assure de l’importance de cette phrase. Utilisez le service de répit, mettez-vous à l’horaire : cela vous permettra de recharger votre batterie et aussi d’éviter l’épuisement et l’isolement. Ça n’enlèvera rien au don de soi dont vous faites preuve auprès de la personne aidée, et ce, de manière magistrale. 

Vous planifiez les besoins de l’autre avec une approche des plus humaines, vous gardez le fort tout en sachant pertinemment que vous faites partie des fondements de son équilibre. Vous accompagnez et apportez de la joie. Se faire assister ne changera rien sauf peut-être la compréhension face à l’importance de s’offrir du temps. 

Vous êtes votre propre guide, votre allié, votre propre veilleur de phare. N’hésitez pas à déléguer et à demander de l’aide à la famille, à vos amis ou aux organismes spécialisés en proche aidance. Ne serait-ce que pour dire que vous avez besoin d’une écoute, d’une main compatissante pour veiller un peu sur vous ?

Kim Racicot

Soutien, écoute, informations :

www.lappui.org

www.aidantsnaturels.org

www.procheaidance.quebec

www.raanm.net

 

 

 

 

 

Et si c’était beau vieillir ? Texte : Kim Racicot

Je me souviens très clairement qu’à 10 ans, je rêvais d’en avoir 16. Quelque part, en tou

Je me souviens très clairement qu’à 10 ans, je rêvais d’en avoir 16.

Quelque part, en toute innocence,  je me disais probablement que 16 ans c’était l’âge magique situé tout près de l’âge adulte et où les possibilités devaient être infinies.

Une semi-liberté axée sur une fin de secondaire, un travail d’été et un futur, je l’espérais tant, définie par des soirées entre amis à se coucher à des heures pas possibles.

Puis, mes 16 ans sont arrivés au même moment que cette terrible déception. Aucune magie : c’était loin d’être comme ce que j’imaginais.

À 16 ans, constatant qu’aucun changement radical n’était à ma portée, j’ai eu vraiment hâte d’atteindre la majorité.  Cette fois encore, c’était seulement la suite d’une petite vie sans grands mouvements.

À 18 ans, vous le comprendrez, j’espérais en avoir 25. Je m’imaginais déjà avec une famille, un chien, un bon travail. Je me voyais comblée par la vie, profitant de ma maison à la campagne. C’était une vie rêvée pour une jeune femme de 18 ans qui ne savait pas encore quoi faire de son avenir. Cette fois-ci, heureusement, la vie m’a apporté de belles surprises et malgré quelques différences près, je peux confirmer que mes réelles 25 années de vie étaient similaires à mon souhait initial.

Mais un peu plus tard, vers la fin de la vingtaine, j’ai cessé de souhaiter d’être ailleurs sur ma ligne du temps. Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis mise à avoir peur  d’arriver aux prochaines années et aux futurs lendemains. Moi qui, dès mes 10 ans, souhaitais tant vieillir, j’étais désormais angoissée à l’idée de voir filer le temps. Je voulais l’arrêter pour pouvoir profiter encore et encore de tout ce que la vie m’avait offert. Sans devenir maladive, la peur de vieillir et de laisser passer des parcelles de mémoire entre mes doigts était bien présente.

Aujourd’hui, je me rapproche chaque jour un peu plus de mes 40 ans. Ma relation avec les années qui passent est plus sereine que je l’aurais pensé, même si ça m’évoque tout de même certaines craintes. Plus sereine parce qu’on m’a fait comprendre que je n’avais aucun contrôle sur la suite des choses et que même si je le voulais, je n’étais pas celle qui avait le dernier mot. J’ai aussi compris que je devenais perdante en mettant cette peur sur un piédestal. C’est sur ma famille et les gens qui me sont chers que je devais mettre toute mon énergie.

Je suis consciente que l’existence va vite et c’est comme ça. Justement, je devrais plutôt vivre dans le moment présent et ralentir le pas si je veux la faire durer.

Avec ces prises de conscience, j’ai saisi que vieillir c’est beau et qu’au lieu de conserver la peur, il est préférable de faire croître l’amour.

Un jour, j’en suis convaincue, mes enfants m’exprimeront leur hâte d’en arriver à 16, 18 ou 25 ans. Je leur dirai, le cœur gros, que je les comprends parce que, comme le disait Félix Leclerc, il ne faut pas regretter de vieillir. C’est un privilège refusé à beaucoup !

Kim Racicot

 

Premier anniverciel (Texte : Valérie Marcoux)

1 an depuis ta naissance en silence. 12 mois depuis qu’on t’a bercé, cajolé en essayant de

1 an depuis ta naissance en silence.

12 mois depuis qu’on t’a bercé, cajolé en essayant de te transmettre tout notre amour en trop peu de temps.

52 semaines depuis qu’on t’a emmailloté dans ta doudou et qu’on t’a mis ton joli chapeau. Qu’on a caressé tes cheveux et tes petites joues.

365 jours à penser à toi, à t’imaginer, à parler de toi et à t’aimer.

8 760 heures depuis qu’on t’a admiré et qu’on a emmagasiné le plus de souvenirs de toi…

525 600 minutes qu’on a prises une à la fois, puis 5 minutes à la fois, puis 1 heure, 1 jour et 1 semaine à la fois…

31 536 000 secondes d’émotions. Des émotions vives, parfois mélangées ou contradictoires, des émotions négatives, mais plus souvent positives malgré tout.

525 600 minutes où nous semblons forts, semble-t-il, alors que nous faisons seulement notre possible.

8 760 heures où ton papa et moi sommes plus que tout là l’un pour l’autre, où nous nous soutenons dans l’humour et dans l’amour.

365 jours à profiter pleinement de tes grands frères, à réaliser que notre noyau familial est plus soudé que jamais.

52 semaines de hauts et de bas. De chemins tranquilles et de grosses montagnes, à monter, tomber et se relever. ..

12 mois où nous te portons en nous au fil des saisons, où nous avons changé, où nous avons grandi.

1 an d’amour pour toi.

Bon anniverciel Zachary

Valérie Marcoux

La vie reprend son cours…Texte: Joanie Fournier

La rentrée approche à grands pas. À pas de géant. Elle nous rattrape,

La rentrée approche à grands pas. À pas de géant. Elle nous rattrape, court d’une case à l’autre du calendrier pour nous rejoindre. On termine nos achats scolaires, on profite de nos derniers jours de l’été. On essaie de cocher toutes les cases de notre To-do List estivale. On veut pouvoir se dire que l’on a fait toutes les sorties qui nous plaisent, qu’on a visité nos amis, qu’on a arrêté le temps aussi longtemps que possible, avant qu’il ne nous rattrape. On essaie de trouver le temps de se reposer, mais souvent, l’approche de la rentrée nous donne des fourmis d’excitation. On a envie de tout faire et d’en profiter au maximum. Quel privilège immense nous avons de pouvoir côtoyer nos enfants, les regarder grandir, apprendre à les connaître, juste eux et nous.

Cette fois, pour la première fois depuis deux ans et demi, j’ai enfin l’impression que la vie reprend son cours. Autour de moi, je n’entends plus parler de masques, de microbes, de maladies… Aux nouvelles, les scientifiques nous disent que les gens sont inconscients du mal qui nous côtoie encore. Mais moi, je pense juste que nous avons un besoin vital de reprendre nos vies. Ce n’est pas de la méconnaissance, ni de l’inconscience, ni de l’insouciance. C’est juste qu’on a besoin de se retrouver, et de reprendre nos vies en main. On a besoin de se convaincre que tout cela est bien derrière nous, juste parce que notre santé mentale a besoin d’un avenir plus prometteur. Les dernières années ont été si rudes… On a besoin de se dire que la vie reprend son cours.

Je pense que rendus là où nous en sommes, nous savons tous et chacun que nous avons fait le maximum de ce qui était possible pour se défendre et pour protéger les plus vulnérables de la société. On a écouté la science et on lui a fait confiance. Des années plus tard, on a besoin de faire confiance à la vie maintenant. On a envie de remettre nos destins entre ses mains.
Je vois les enfants dans les rues courir, crier, bouger, se mélanger. Je vois des amis qui prennent une sangria sur une terrasse. Je vois des grands-parents se joindre aux sorties de leurs petits-enfants. Je vois des sourires et des gens heureux. Je vois des enfants se faire des câlins et des adultes qui se rapprochent. Je vois la vie, la vie d’avant. Pis c’est beau à regarder. Juste beau. Pour la première fois depuis trop longtemps, rien de tout cela n’est menaçant. L’angoisse a fait place à la confiance. Ça fait un bien fou de se sentir serein.

Alors la rentrée nous rattrape à la vitesse grand V. Les enfants se demandent qui seront les amis dans leurs classes et qui seront leurs professeurs devant le tableau. Ils ne se demandent plus s’ils auront à respecter des bulles, s’ils pourront aller jouer partout dans la cour extérieure, s’ils devront porter un masque ou avoir des places obligatoires dans le transport scolaire… Ils ne parlent que de leur nouveau sac, de leurs amis, de leur hâte de les retrouver en classe. Je leur souhaite de garder cette excitation et leurs cœurs légers encore un peu. Ils le méritent.

Je ne dis pas qu’il faut ne plus s’en faire et laisser tomber toute logique scientifique. Je dis juste que cette pause, où la vie reprend son cours, ça fait vraiment du bien. Ça fait du bien aux cœurs esseulés et aux esprits angoissés. Ça fait du bien de respirer, à pleins poumons. Ça fait du bien de ne pas toujours regarder derrière son épaule dans la file d’attente. Ça fait du bien de se prendre dans nos bras. Je n’ai jamais été super confortable dans une grande foule, pourtant je réalise que les gens me manquaient.

Profitez bien de vos dernières semaines de l’été. Continuez d’arrêter le temps, aussi souvent et longtemps que vous le pouvez. Continuez de respirer, le cœur léger. Continuez de rire et de profiter de la vie. En mémoire à tous ceux qui ne le peuvent plus, vivez. Pleinement et sereinement. Laissons la vie reprendre son cours.

Joanie Fournier

J’espère… Non. Je veux… Non. Je VAIS aller mieux… Texte : Valérie Marcoux

J’ai composé ce texte environ trois mois après l’accouchement de mon garçon décédé. À

J’ai composé ce texte environ trois mois après l’accouchement de mon garçon décédé. À ce moment, je me jugeais moi-même de ne pas aller mieux. Une amie m’a fait réaliser qu’il n’y a pas de deadline, de temps prescrit pour guérir. En fait, je sais maintenant qu’il n’y aura jamais de fin à mon deuil. C’est à partir de ce moment que j’ai décidé d’accepter les mauvaises journées…

 

J’espère aller mieux, mais pas trop vite…

J’ai besoin de temps pour te pleurer

 

J’espère aller mieux, mais pas maintenant…

J’ai besoin de temps pour penser à toi

 

J’espère aller mieux, mais pas tout de suite…

J’ai besoin de temps pour rêver à toi jour et nuit

 

Je veux aller mieux, mais pas trop vite…

J’ai besoin de temps pour imaginer tes yeux que je n’ai pas vus ouverts

 

Je veux aller mieux, mais pas maintenant…

J’ai besoin de temps pour me rouler en boule en pyjama

 

Je veux aller mieux, mais pas tout de suite…

J’ai besoin de temps pour m’imprégner de ceux qui sont toujours là

 

Je vais aller mieux, mais pas trop vite…

J’ai besoin de temps pour raconter ta présence et ton départ

 

Je vais aller mieux, mais pas maintenant…

J’ai besoin de temps pour être négative, rager et crier

 

Je vais aller mieux, mais pas tout de suite…

J’ai besoin de temps pour serrer tes souvenirs dans mes bras

 

J’espère… Non. Je veux… Non. Je VAIS aller mieux…

Mais pas avant d’avoir pris le temps d’aller moins bien…

Valérie Marcoux

Tu me manques, mon homme – Texte: Joanie Fournier

La vie va vite. Trop vite. Une fois embarqué sur les rails, le train fonce à toute vitesse. La rou

La vie va vite. Trop vite. Une fois embarqué sur les rails, le train fonce à toute vitesse. La routine, les enfants, nos jobs, nos projets. Les enfants arrivent, on essaie de profiter d’eux. Ils poussent, ils grandissent, ils courent vers leur avenir. On court derrière eux, comme pour attraper au vol chaque souvenir avec lequel on peut s’emplir le cœur. On nous répète depuis le premier jour que ça va vite, mais on a à peine le temps de cligner des yeux pour le réaliser.

Les jobs s’enchaînent, les postes se succèdent, les défis continuent de pleuvoir. Pleuvoir tellement que parfois, les mers se déchaînent et qu’on rame de plus en plus fort pour survivre. On prend plus de dossiers, on croule sous les piles. On n’a pas le temps de tout faire, mais on continue d’accepter d’en faire plus. Parce que la vie, elle, elle coûte de plus en plus cher et qu’il faut comme en prendre toujours plus pour y arriver…

Les projets continuent de grandir, les rêves grandissent dans nos têtes. On veut voyager, on veut plus d’espace, on veut changer d’air. On veut démolir, agrandir, rénover et bâtir. Quand un projet se termine, un autre commence, comme le coq qui chante chaque matin. C’est plus fort que nous. On en veut toujours plus.

Le temps file. Les années passent. C’est facile dans cette course de s’effacer, de s’oublier. On a l’impression souvent que la vie parentale n’est qu’un grand marathon. Personne ne part en même temps, personne ne termine sa course au même moment et chacun a sa vitesse. Mais on court tous. Derrière nos enfants pour les encourager. Avec nos enfants pour prendre le temps de jouer. Devant eux pour les amener à se surpasser.

Parfois, dans cette course effrénée contre la montre, nos regards se croisent, mon homme, et le temps se fige un instant. Juste quelques minutes où on ne pense plus au cliquetis du chronomètre de nos vies. Je vois dans tes yeux que tu es aussi à bout de souffle. Je sens ta bouche qui m’appelle et qui nous hurle de prendre le temps. Je sens nos corps qui se manquent l’un à l’autre. Dans quelques années, nous regarderons le parcours derrière nous et réaliserons que nous avons franchi la ligne d’arrivée sans même nous en apercevoir. Nous chercherons des bribes de souvenirs de cette vie trop rapide.

Tu me manques, mon homme. Je m’ennuie du temps où on se contentait de dormir sur un matelas sur le sol, dans un tout petit appartement. Je m’ennuie du temps où on soupait avec des céréales parce que c’était tout ce qu’on pouvait se permettre, mais que ça nous suffisait. Je m’ennuie du temps où on passait nos nuits à rire, à parler et à se chercher. Je m’ennuie du temps où plus rien autour de nous deux n’avait d’importance.

Je pense que c’est normal. De courir après le temps. De se remémorer le temps où nos seuls soucis n’avaient en fait rien de sérieux. Ce serait si naïf de penser que vivre minimalement nous ramènerait dans ce temps-là. Parce qu’on a vieilli, changé, évolué. Une fois qu’on a appris à courir, c’est si difficile de ralentir sa cadence.

Pourtant, il va bien falloir arrêter le temps. Mettre nos vies sur pause. Confier nos enfants. Refuser de gros dossiers. Arrêter de rénover. Et prendre le temps de se retrouver. Parce que c’est si tendre d’arriver à s’ennuyer, mais il faut se souvenir des raisons qui faisaient qu’on courait ensemble. Parce que si on ne prend pas le temps de croiser nos regards, d’écouter nos corps qui s’appellent et de se rappeler combien on s’aime, on aura couru tout ce marathon pour rien. Un jour, on sera retraités. Les enfants auront quitté le nid et la société n’aura plus besoin de nous. Mais je veux sentir qu’on sera toujours unis, côte à côte, de l’autre côté de la ligne d’arrivée.

Joanie Fournier

Être une maman sans s’oublier — Texte : Stéphanie Dumas

Dans chaque maman, il y a une femme. Lorsqu’on devient mère, notre vie est transformée à tou

Dans chaque maman, il y a une femme.

Lorsqu’on devient mère, notre vie est transformée à tout jamais. Nous devons répondre aux besoins de ce petit être qui devient notre priorité. Ce petit être qui devient le centre de notre univers. Les enfants sont ce que nous avons de plus précieux. Nos enfants dépendent de nous, mais nous avons aussi besoin d’eux.

Par contre, nous devrions toutes essayer de ne pas nous oublier dans ce tourbillon qu’est notre quotidien. Oui, je sais, il y a tant à faire que nous repoussons toutes au bas de la liste les moments que nous nous réservions pour nous au premier imprévu.

Quand avez-vous pris un moment pour vous la dernière fois ?

Je ne parle pas d’une vingtaine de minutes dans le bain ou pour regarder votre cellulaire dans la voiture, mais d’un vrai moment pour faire une activité et décrocher de votre rôle de maman ?

Pourtant, nous ne devrions pas repousser ces moments aussi facilement. Nous devrions mettre un peu plus l’accent sur ces instants pour notre bien-être et même celui de nos enfants ou de notre famille. Si nous pensons à nous et que nous sommes heureuses, nous serons en mesure d’offrir une meilleure version de nous à ceux qui sont le centre de notre vie. Il faut savoir miser sur soi.

Si vous le pouvez, demander l’aide de vos proches pour vous offrir des moments de répit pour vous. Même s’ils sont peu fréquents, ces moments sont bénéfiques. Une maman ne devrait pas toujours passer en dernier. Une maman, c’est la personne qui compte le plus pour ses enfants. Cette maman est aussi une personne à part entière avec des rêves, des aspirations et des besoins. Une maman a besoin de temps pour elle. Elle a besoin d’une vie sociale, d’amour, de réconfort, de temps pour elle-même. Elle mérite également de pouvoir se poser et prendre du repos. Une maman a besoin de douceur et de tranquillité pour refaire le plein d’énergie.

Entre mamans, soutenons-nous pour nous offrir du temps pour nous.

Stéphanie Dumas

Vivre sans regrets – Texte : Stéphanie Dumas

Devenu adulte, on prend parfois le temps de penser à la vie que nous avons menée jusqu'à présent

Devenu adulte, on prend parfois le temps de penser à la vie que nous avons menée jusqu’à présent. On ressasse les événements marquants qui ont parsemé notre vie et qui nous ont parfois transformé afin de faire de nous la personne que nous sommes aujourd’hui.

Personnellement, j’aime aussi me dire que je ne dois pas avoir de regrets face à ce que j’ai fait ou pas. J’ai fait des choix, comme nous en faisons tous, mais j’ai vécu. Plus jeune, il m’est arrivé de rentrer au petit matin. Mon cadran sonnait alors déjà pour m’annoncer le début de la nouvelle journée. Même si j’étais fatiguée à ce moment-là, je ne regrette pas d’avoir vécu ces instants ni les folies que j’ai pu faire dans ma jeunesse.

Maintenant que je suis une adulte, je repense à tous ces petits ou grands événements et cela me fait sourire. Il y en a d’autres qui me mettent les larmes aux yeux évidemment. Néanmoins, je vis ma vie en étant heureuse des années qui sont passées, et ce, même si je me dis souvent qu’elles sont passées trop rapidement. C’est comme si le temps défilait de plus en plus rapidement depuis quelques années. La trentaine est arrivée et depuis, les journées passent en une fraction de seconde.

Le travail occupe le plus grand nombre d’heures dans une journée pour la majorité d’entre nous et la vie de famille occupe le temps restant ou presque. Nous devons chercher pour trouver des moments pour nous retrouver en tant que personne. C’est parfois tout un défi.

Malgré tout, il faut être heureux de la vie menée jusqu’à maintenant, des choix et des décisions prises qui font maintenant de nous qui nous sommes et de ce que nous avons réalisé. Il ne reste qu’à continuer d’avancer pas à pas sans regarder derrière…

Stéphanie Dumas