Archives septembre 2018

À vos marques…

Il me fa

Il me faut des Lois, des Gazelle couleur or…

Bien au-dessus de tout, c’était indispensable. Comment faire autrement? Ma vie d’adolescent en dépendait. Vraiment? Vraiment! Comme quoi il est facile, alors, de faire preuve de constance. De répéter, inlassablement, la même chose à sa mère. Une guerre d’usure.

Que j’ai souvent gagnée, à défaut de gagner celle pour la motoneige…

Depuis que j’ai des enfants, j’admire davantage ce type de patience. De résistance parentale. Et encore, il n’y avait même pas, à mon époque, d’accès facile au marketing sournois. Ces items n’étaient pas prônés par des vedettes. YouTube et Instagram ne créaient pas une nécessité artificielle. Momentanée. Il y avait juste quelques pubs dans les revues. Pour les jeans, celles à la télé.

En fin de parcours, des Wallabees. Pour les plus jeunes, allez voir des photos. Celles en suède brun, avec la semelle en gomme beige. Le must, pendant quelques années. Sérieux. J’ai de la difficulté à ne pas rire de moi. De ce que je trouvais si important. Essentiel! Essentiel, vraiment?

La fierté, consommée par l’image.

J’ai ces souvenirs, alors qu’on me parle de Yeezy. De leur prix. Heureusement que j’ai ma fille pour m’aider à comprendre le phénomène. On parle d’un rappeur à la mode. Et quand je dis à la mode, ça peut atteindre jusqu’à 4 500 $. Bientôt le prix d’une motoneige.

J’essaie d’avoir un discours sensé sur le sujet. Que ce prix, il est totalement artificiel. Des espadrilles, ça reste un produit fabriqué en usine dans des endroits où on exploite. Allégrement. Ensuite, ça continue; c’est l’acheteur qu’on exploite. Naturellement. Entre les deux, toute conscience sociale doit être perdue.

Un processus commercial dirigé contre les plus vulnérables. Ceux qui cherchent à se forger une identité. Des êtres acceptés. Presque à tout prix. Dans un moment charnière de leur développement. En plus, il faut également former les consommateurs de demain. Là, à tout prix.

Pourtant, on réalise en vieillissant qu’un bien de consommation, ça reste ça. Un plaisir temporaire. Un bien, souvent inutile. Faisant encore plus ressortir notre vide intérieur. On comprend également que ce rappeur, lui, il fait des millions avec cette dépendance. Un vendeur de drogue légale. Rien de moins.

Pour le moment, je croise les doigts. Le chant de ces sirènes ne résonne pas trop fort à la maison. J’espère aussi que mes enfants sont plus sensibilisés que je ne l’étais. À toutes ces réalités. En trouvant même la musique pour m’accompagner :

Avoir l’essence. Du bon sens. Du non-sens…

 

michel

 

Le plus vieux doit attendre

Au moment d’écrire ces lignes, notre grand a 2 ¾ ans et notre mi

Au moment d’écrire ces lignes, notre grand a 2 ¾ ans et notre mini a six mois. Assez rapidement après mon accouchement, dans divers contextes, on m’a dit que c’était mon plus vieux qui devait attendre, pas mon bébé. « Il est grand maintenant », « Il doit comprendre qu’il n’est plus le centre de votre univers », « Moi, j’en ai trois et je n’ai jamais laissé pleurer un de mes bébés pour m’occuper d’un plus vieux ». Ces propos m’ont fait réfléchir.

Bien qu’on ait l’impression que notre Deux ans est géant quand on le prend dans nos bras depuis la naissance de son petit frère, ils ont tout de même seulement deux ans de différence. Deux ans et presque deux mois. Il me semble que ce n’est pas si vieux pour saisir en un claquement de doigts qu’il faut attendre maintenant… et j’espère bien qu’il ne comprendra jamais qu’il n’est plus le centre de notre univers!

On est chanceux, notre bébé est calme et très facile. Mais quand chéri-mari est retourné au travail avec un horaire me laissant en solo deux soirs par semaine alors que notre mini pleurait sans arrêt pendant au moins une heure tous les soirs, pile pendant la routine bain-histoire-dodo du plus vieux… j’ai trouvé ça difficile. J’ai eu de l’aide, heureusement, mais ç’a été un défi.

Notre grand attendait sagement assis sur le divan que la crise de son bébé frère passe en me disant parfois « Papa, pas là. Hein, maman? » ou « On appelle mamie? » Mais jamais un signe d’impatience. Au contraire, il était calme, comprenait qu’une histoire pouvait attendre, qu’on se collerait plus tard. Je le regardais en berçant mon bébé et j’étais si fière du grand frère qu’il devenait doucement, mais j’étais aussi un peu triste. Parce que je le trouvais bien petit pour être si sage.

Ai-je réussi à toujours faire attendre notre grand et jamais le bébé? Non, je cherche encore l’équilibre. Il m’est arrivé de gérer la crise de bacon sons et lumières de mon plus vieux avec, en fond sonore supplémentaire, le plus jeune qui chignait-pleurait parce qu’il était tanné d’être sur son tapis de jeux. Est-ce que je me sentais mal? Un peu, mais je pense sincèrement que le plus grand avait plus besoin de cette attention immédiate que le mini d’être diverti. Ai-je déjà lu une histoire d’avant dodo sous le doux son du petit dans le porte-bébé qui commençait à être dû pour son dernier boire? Oui. Me suis-je sentie mal de le « faire tougher un peu »? Non, je me suis trouvée hot d’arriver à coucher le plus vieux à peu près à la même heure que d’habitude et d’allaiter le plus jeune à peu près à son heure habituelle.

Alors, le plus vieux doit attendre… OK, mais en toutes circonstances, vraiment? Sans considération de qui sont nos enfants et de leurs besoins? Je ne suis pas d’accord. Chaque enfant a sa personnalité, chaque famille a sa réalité. C’est certain qu’on aimerait que notre bébé ne pleure jamais, mais ce n’est pas toujours envisageable. Ni nécessaire.

Être parents… cette éternelle quête de l’équilibre et ce perpétuel exercice de laisser-aller face aux commentaires d’autrui.

À tous les parents d’enfants en bas âge : faites ce que vous pouvez. Gérez votre chaos à votre façon. Donnez le meilleur de vous-même avec amour. Et ça ira. Promis. Peu importe ce que la voisine de la cousine de la collègue de la tante de madame Chose en pense!

Jessica Archambault

Quelle évolution?

Aujourd’hui, j’ai lu un article qu’une amie et collaboratrice

Aujourd’hui, j’ai lu un article qu’une amie et collaboratrice a partagé sur son mur Facebook. L’article parlait d’une personne travaillant comme massothérapeute et qui a eu un client… particulier. Un client qui a posé des gestes sur sa propre personne. En fait, il complétait le massage qu’il recevait avec la main sous la couverture, sous la ceinture. Le tout en regardant tout sourire le témoin silencieux de ses frasques.

La personne qui le massait en était consciente, mais n’a rien dit. N’a rien fait. Pourquoi? À cause du malaise, à cause de cette honte qui nous envahit lorsque nous sommes confrontés à ce genre de situation et qu’on se croit «responsable » d’avoir fait, dit ou pas quelque chose qui l’aurait provoquée.

Encore aujourd’hui, en 2018, le malaise face à de tels agissements est toujours aussi présent. La fille sexy qui était fière de son look du vendredi soir a probablement causé consciemment l’abus dont elle n’est plus la victime, mais l’instigatrice. L’homme qui s’est donné le temps de choisir son habillement a bien entendu mis un écriteau sur son pantalon invitant les autres à lui « ramasser » une fesse au passage. Il fait des histoires s’il réagit. Il ne serait forcément pas « homme » s’il venait à s’en plaindre.

Pourquoi l’intrusion d’une tierce personne dans notre intimité nous rend-elle si mal au point où on se tait?

La femme avec un joli décolleté se sent belle et même si oui, elle fait étalage de sa beauté, même si sa chaire est un peu plus exposée, elle ne recherche pas assurément un plongeur pour s’y engouffrer. Nous sommes des êtres humains qui aimons les jolies choses.

Mot clé de ma phrase : «choses». Tout ce que les victimes d’attouchements et plus ne sont PAS.

Arracher un regard approbateur est flatteur. Se faire arracher ce qui nous couvre, ne serait-ce que notre assurance, est un abus. Dans cette ère de body fitness parfait (à mon humble avis un peu excessif), RIEN ne justifie qu’une main s’approprie le bien-être d’autrui.

Un abus est souvent physique, mais parfois, comme ce client qui n’a pas «abusé physiquement» de sa victime (OUI, VICTIME), c’est aussi malaisant et souffrant.

Cette personne dans l’article s’est, pour emprunter ses propres mots, auto-jugée et critiquée :

« J’suis pathétique ».

NON, tu ne l’es pas!

Le pathétique, c’est l’autre. Celui qui s’est permis de te faire sentir «comme une marde». Je comprends ce sentiment pour l’avoir vécu plusieurs fois dans ma vie. Cette culpabilité d’avoir « provoqué». Assurément, l’abuseur n’est pas responsable! Il/elle n’a aucun contrôle sur ses actions, perd complètement tout jugement et son contrôle de lui ou d’elle-même! Ne sommes-nous pas des animaux sans réflexion? (Ironie).

Toi, toi qui as été cette personne qui n’a pas été capable de parler. Ne te sens pas comme si tu n’étais rien. Comme si tu étais coupable d’être la belle personne que tu es. Tu as le DROIT de t’aimer et de te défendre. Ce pouvoir, garde-le, ne le laisse pas à quiconque voulant te l’enlever.

Il peut sembler démesuré d’avoir des réactions spontanées, mais non.

« Bah c’était juste pour rire! »

Qui a ri? Pas toi. Alors, n’oublie pas que tu es digne de respect. Tu n’es pas, et ce, peu importe ce que tu portes, RESPONSABLE. Avec les récentes « sorties» d’abus de toutes sortes dans le monde artistique, il est notoire de dénoncer ses agissements. Mais tu n’as pas besoin d’être connu pour te défendre et pour attaquer ton agresseur/e.

Je suis mère de trois jeunes enfants, dont une fille. Voyez-vous à quel point sont ancrés les principes de « fais pas exprès! »? Depuis sa naissance, j’ai toujours refusé et évité que ma fille porte des vêtements trop «sexués». En contrepartie, j’ai contribué sans m’en apercevoir à lui inculquer inconsciemment que son habillement était directement responsable si, un jour, elle se faisait abuser ou pas.

Pardonne-moi ma puce.

En écrivant ces mots, un frisson me parcourt à l’idée que malgré mon bon vouloir, je SAIS que je vais toujours l’encourager à rester prudente, à respecter certaines limites vestimentaires. Les mêmes que je m’impose parfois, ou pas. Je porte des décolletés, j’aime cela. Comme toute femme, j’aime recevoir des regards approbateurs. Ne nous mentons pas mesdames, nous en sommes toujours flattées et en quelque sorte… fières. Tout comme nous sommes fières d’avoir une coiffure qui nous sied bien. Pourquoi le faisons-nous? Pour nous-mêmes? Pour nous sentir bien? Quel est le réel «bien» dans cette façon de se sentir?

Je me questionne, mais en même temps, je sais. Nous sommes ainsi faites, nous aimons plaire, simplement. Mais réfléchissons quand même de temps en temps à la nécessité de nous dévêtir parfois un peu trop. Pas pour éviter les abus, car même vêtus en habit cravate, certains peuvent nous agresser malgré tout. Mais pour nous-mêmes. Que recherchons-nous réellement?

Notre regard plongé dans le miroir de ceux des autres a-t-il réellement tant d’importance? Je réfléchis ce matin, à partir d’un petit rien qui revêt un aspect de grand tout. Je vais quand même continuer à apprécier de l’être. Mais à vous, les énergumènes qui se croient tout permis. Sachez que vos gestes sont agressants, déstabilisants et surtout, qu’ils laissent une saveur amère en nous, un sentiment lourd à porter et qui est malheureusement bien trop présent dans notre société soi-disant évoluée.

Avoir un regard ou un sourire approbateur n’a rien du regard et du sourire du prédateur. Apprenez à faire la différence. Mais surtout, les victimes, ne vous taisez plus.

Simplement, Ghislaine.

 

Désolée

Avec ma naïveté d’enfant, je te voyais si forte et éternelle. Q

Avec ma naïveté d’enfant, je te voyais si forte et éternelle. Quand je t’imaginais, je pensais toujours à la chance que j’ai de t’avoir parce que c’est grâce à toi que je suis ici.

Je suis tellement désolée de t’avoir prise pour acquis, parce que c’est le cas. Jamais et pour rien au monde, je n’ai voulu te faire de mal, et pourtant. J’ai grandi, j’ai développé des habitudes et j’ai oublié de te prendre en considération parce que pour moi, tu étais immortelle.

J’ai mis au monde un petit humain, puis deux. Les deux plus beaux jours de ma vie, qui ont éveillé en moi des prises de conscience, énormément de prises de conscience. Mon « je » qui m’habitait depuis ma naissance a laissé place au « nous » qui, lui, laissera place au « ils » puisqu’un jour, je ne deviendrai qu’un souvenir pour eux.

J’ai réalisé à cet instant que j’avais besoin de toi pour leur continuité. Toi que j’ai prise pour acquis durant beaucoup trop longtemps. J’ai compris l’ampleur de ma bêtise. Puis j’ai changé, j’ai adapté mes habitudes à tes besoins pour essayer de te préserver. En vain…

Je suis désolée, tellement désolée d’apprendre qu’il te reste environ deux ans avant d’atteindre ton point de rupture. Ça me rend si triste parce qu’au fond, j’ai besoin de toi pour assurer la survie de mes petits et petits à venir.

Désolée que tes colères soient de plus en plus fréquentes et dévastatrices.

Tu nous as donné une grande fête, on l’a transformée en open house et tu as perdu le contrôle de ce qui s’y passe. J’essaie de t’aider à y mettre fin à ma façon, à ramasser et à réparer tout ce qui a été détruit. À moi seule, c’est impossible que je puisse faire quelque chose de significatif. Cependant, si tous les invités de cette fête faisaient un petit geste, aussi minime soit‑il, ça pourrait t’aider.

Je te dois bien ça, et j’ose même parler au nom de tous : on te doit bien ça.

Je te promets de continuer à faire mon possible dans un monde où ça me semble parfois impossible.

Mais je tiens à répéter combien je suis complètement désolée, belle planète.

Désolée pour toi, désolée pour nous.

Marilyne Lepage

Les lettres de sa vie TDAH et l’école

Déjà près d’un mois que la rentrée scolaire a eu lieu. Je dét

Déjà près d’un mois que la rentrée scolaire a eu lieu. Je déteste la rentrée, j’angoisse pour ma fille. J’ai peur. Peur de tomber sur une enseignante qui ne verra que les lettres qui l’accompagnent. Je n’ai jamais autant souhaité pouvoir hacker l’ordi de la secrétaire de l’école, juste pour savoir. La control freak en moi trouve difficile de ne pas pouvoir choisir la prof moi-même.

J’angoisse la veille de la réunion de parents. Je sais que tout se passera à ce moment. Lorsque j’irai la voir pour discuter de ma fille. Comment réagira‑t ‑elle aux lettres qui accompagnent ma fille?

Parce que oui, il y a encore des enseignants mal informés, mal outillés pour aider nos enfants. Parce que le TDAH est encore tabou dans nos écoles. Des enseignants qui voient nos enfants comme des déclencheurs de burnout, comme des causes perdues.

Entendre une amie me dire que la prof de sa fille lui a demandé : « Est-ce qu’elle fait exprès pour être lente de même? », « Pas pour rien que je suis partie en burnout l’an passé, j’avais une classe remplie de TDAH et de tous les Dys possible ». Et j’en passe.

Je comprends que les diagnostics de nos enfants représentent un défi supplémentaire pour vous, chers enseignants. On le sait, on le vit dans nos familles. Mais un défi pour moi implique de me relever les manches et de chercher des solutions. Ça implique de me remettre en question, de revoir ma façon de faire pour le relever, ce fameux défi.

Je n’ai pas envie de ces rencontres où on me rappelle ce que c’est de vivre avec un enfant TDAH. Vous savez, chers enseignants, on connaît le TDAH par cœur. J’ai envie de rencontres où on m’expliquera qu’un tel outil est magique pour elle. Que votre nouvelle façon de faire vient particulièrement la chercher. J’ai envie de voir son nom sur une étoile parce que vous avez réussi à la comprendre. J’ai envie de voir que vous désirez aider ma fille.

Vous avez tant à apprendre de nos enfants! Ce ne sont que des lettres qui les accompagnent. Ça ne les définit en rien. Leur propre alphabet est rempli de belles surprises qu’ils vous demandent de découvrir.

Jusqu’à maintenant, je fais partie des chanceuses. Le chemin de ma fille est parsemé d’excellents professeurs. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas de tous les enfants.

Dès leur plus jeune âge, on leur apprend à chanter l’alphabet. Et si nous nous mettions tous ensemble pour chanter les lettres qui les accompagnent?

Mélanie Paradis

Veuillez laisser un message ou revenir plus tard… nous sommes partis à la chasse au volcan!

Jeudi matin 23 août 2018

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Jeudi matin 23 août 2018

La fin des vacances approche… Je profite d’un dernier matin tranquille avant de reprendre la routine d’école à la maison avec les enfants. Mon amoureux, lui, est déjà rentré au travail. Je regarde distraitement mon fil d’actualité lorsqu’une nouvelle capte mon attention : « Hé! On dirait que l’Etna est entré en éruption. » Mon plus vieux réagit encore plus intensément que je l’anticipais : « Quoi? On fonce! » Moi : « Voyons, c’est impossible. » Et lui (armé de ses dix ans et de ses yeux pétillants) : « Oui maman, on peut le faire. Tu sais que je rêve de voir de la lave! »

Mmm… Il n’a pas complètement tort. C’est faisable. Nous habitons la région de Campi Flegrei près de Naples. Notre quotidien se déroule donc sur un énorme volcan qui pourrait exploser n’importe quand sans crier gare (mais si ça arrivait, nous ne serions plus en vie pour admirer le spectacle…) Nous avons aussi une splendide vue sur le Vésuve, définitivement (et heureusement) très tranquille. En une heure d’avion, nous pourrions nous rendre en Sicile, l’île où se trouve l’Etna. Nous avons du temps et des sous en banque, en prévision de nos trois prochains voyages (la mythique route des vins de Toscane, un opéra à la célèbre Scala de Milan et les superbes villages de pêcheurs de Cinque Terre). Je sais qu’aucun de ces voyages ne fera briller les yeux de mes enfants comme le fait d’embarquer dans une chasse au volcan spontanée. On pourrait peut-être remplacer un des voyages inscrits au calendrier par cette aventure imprévue…

OK, on va appeler Papa…

Moi : Bonjour mon amour, bon dixième anniversaire de mariage.

Mon amour : Bon anniversaire. Je t’aime…

Moi : Moi aussi je t’aime. Je te passe ton fils.

Mon amour : ?

Fils : Bonjour, l’Etna est entré en éruption strombolienne. Tu voudrais prendre congé demain? J’ai vérifié sur Internet et on pourrait partir à sept heures trente ce soir pour la voir.

Papa : OK, je vérifie ce que je peux faire.

Mon grand est optimiste. Il a détecté de l’ouverture dans la voix de Papa. Je commence déjà à penser à la logistique… Il faudra contacter nos amis qui font l’éducation à domicile en Sicile. Peut-être qu’on pourra les voir… Zut! Je me rappelle juste à ce moment qu’on annonce du mauvais temps là-bas. Une tempête pourrait gâcher les plans qui commencent à peine à prendre forme… Si nous n’avons qu’une soirée pour observer un volcan, un ciel dégagé est définitivement un élément essentiel à la réalisation du projet. La déception remplace rapidement la fébrilité. Nous venons de perdre l’espoir de voir les feux de l’Etna aujourd’hui…

Les trois jours qui suivent sont une vraie montagne russe d’émotions. L’anxiété m’envahit lentement comme ma propre marée de lave rampante bien à moi… Si j’avais pris l’avion le jour même, j’aurais probablement continué à rouler sur l’excitation. Mais, à tête refroidie, les questionnements prennent le plancher et instillent le doute. J’ai peur de faire une erreur. L’adrénaline a-t-elle été bonne conseillère? J’ai l’habitude des décisions réfléchies, raisonnables et responsables. Ce volcan m’a branchée sur l’impulsivité, le courage et la démesure.

Comment les enfants réagiront-ils si nous ne voyons rien? Il suffirait d’un gros nuage accroché au sommet de la montagne pour nous empêcher de voir ce phénomène exceptionnel. Un phénomène qui peut s’interrompre à tout moment…

Les enfants sont zen et je fais de mon mieux pour les rejoindre dans leur philosophie Pas de voyages sans aventures. Ils en ont fait du chemin, mes cocos, depuis leur premier voyage en Europe. Ils considèrent maintenant que l’imprévisibilité fait partie de l’expérience et sont prêts à assumer le risque. Je ne peux que les admirer et m’inspirer de mes petits bouddhas.

Dimanche matin 26 août 2018

Nous débarquons finalement à l’aéroport de Catania, trois jours plus tard. À notre arrivée, nous entendons dire que l’Etna a cessé de cracher son feu dans la nuit de samedi. Nous l’avons peut-être manqué de peu… Mais pas question de se laisser démonter tout de suite! Nous aurons notre réponse à la tombée du jour…

Chez nos amis, vers 20 h, nous commençons par apercevoir de petits nuages de fumée émis par le cratère étouffant. On se croirait dans une BD de Lucky Luke et les Indiens devant cette montagne qui nous toussote un message… À l’aide de jumelles, nous ne tardons pas à repérer quelques jets de magma en fusion propulsés en colonne bien droite dans les airs. Notre joie explose! L’Etna est réveillé! S’ensuit une folle excursion nocturne en voiture autour de la montagne qui gronde. Nous zigzaguons à travers les villages animés (à 21 h, les Italiens commencent à peine à sortir pour souper) jusqu’à Sant’Alfio, où enfin, nous avons la chance d’observer à l’œil nu une grande coulée de lave s’écoulant dans la Valle del Bove. Mission réussie!

Le volcan n’était qu’un prétexte pour créer un moment de famille mémorable. Une occasion de mordre dans la vie à pleines dents avec nos deux enfants! C’était impressionnant, je l’avoue, mais peut-être que ce ne sera même pas un moment qui restera gravé dans leur mémoire. Peut-être que ce sera la nuit des perséides, où nous avons réveillé notre sept ans pour qu’il réalise son souhait de voir une étoile filante. Ou cette chaude soirée de juillet, quand nous leur avons proposé un bain de minuit dans la piscine. Peut-être même qu’ils se rappelleront longtemps notre défi d’écouter tous les films de Marvel pendant les vacances.

Une chose est sûre, personne n’a besoin d’un volcan pour créer un souvenir magique. Il suffit de remarquer la petite étincelle qui s’allume dans les yeux de ceux qu’on aime et d’avoir le cœur de répondre « Oui, j’embarque avec toi! »

Elizabeth Gobeil Tremblay

M’aimer comme je t’aime

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Ma douce fille, tu es née il y a maintenant plus de trois mois. Tu es extraordinaire. Allumée, calme et tu bouges déjà beaucoup. Je sens que tu vas nous faire courir, ton père, ton frère et moi. Tu es bien dodue aussi. Déjà, tes bras sont pleins de plis et ton ventre déborde par-dessus tes couches. Tes grands sourires qui soulignent ton double menton me font craquer. Je trouve cela magnifique et je suis fière que ce soit mon lait qui te nourrisse ainsi.

 

Pourtant, quand je regarde mes plis de bras à moi, mon ventre qui déborde par-dessus mes pantalons et mes grands sourires qui soulignent mon double menton, je n’ai pas la même réaction.

 

En fait, c’est une montagne russe mon affaire. Des jours, je me trouve belle; des jours, je ne pense pas à mon corps; des jours, je suis gênée de rencontrer les gens de mon entourage par peur de leur réaction; des jours, je me compare aux autres mamans. Tu vois, tout ça, ça m’appartient. Ça n’a rien à voir avec toi ni avec ma grossesse, ces peurs‑là, elles étaient en moi avant et je n’avais jamais fait la paix avec elles.

 

Je pense que les bébés nous offrent la chance de grandir, de travailler sur nous. La période périnatale est un révélateur de notre identité la plus profonde et des tourments qui l’accompagnent. Parce qu’avec tous les bouleversements de la parentalité, tant positifs que négatifs, les masques tombent. Le plus beau comme le plus laid ressortent de nous-mêmes et j’ai décidé d’accepter les deux côtés.

 

Évidemment, il y a un contexte social, une pression de performance, une valorisation de la perte de poids postpartum. Mais ma fille, sache que nous ne sommes pas des victimes. Sache que tu as du pouvoir sur ta vie, sur tes souffrances et tes blessures futures. Mon corps, il ne sera jamais comme avant… ni comme avant la grossesse ni comme avant rien en fait. Il évolue, se transforme, s’adapte. J’ai envie de lui faire confiance à ce corps si puissant qui m’a permis de créer, de porter et de donner la vie. Manger quand j’ai faim, bouger quand j’en ai besoin et me reposer quand je n’ai plus d’énergie.

 

Je n’ai pas envie de passer la majeure partie de mon temps centrée sur moi-même, sur mes démons et mes doutes. Ta venue dans notre famille, ma fille, me permet de devenir une meilleure personne, de travailler sur moi et d’enfin m’aimer comme j’aime mes enfants : inconditionnellement.

 

Roxane Larocque

Lettre d’une mauvaise mère

Je suis certaine que je ne suis pas la seule maman qui a tendance à

Je suis certaine que je ne suis pas la seule maman qui a tendance à s’autoflageller quand il s’agit de l’éducation de ses enfants… Dès qu’on passe une journée plus difficile, j’ai un don incroyable pour remettre en question mes capacités parentales. Les enfants se disputent? Bah, c’est de ma faute : je n’ai sûrement pas assez insisté sur la résolution de conflits… Les enfants refusent de manger un aliment? Bah, c’est aussi de ma faute : je ne le leur ai sûrement pas présenté assez souvent, ou assez jeunes… Les enfants me crient après? Bah, c’est encore de ma faute : j’ai monté le ton en les disputant hier…

Vous vous reconnaissez, n’est‑ce pas? Je pense que cette culpabilité est arrivée le jour où on a mis ces enfants au monde…

On passe notre temps à se remettre en question… à repenser nos façons de parler et d’intervenir avec eux… Mais est-ce qu’on prend le temps de s’arrêter, parfois, juste pour voir qu’on fait une maudite belle job, au fond?

Cette semaine, j’ai fait quelques pas de recul et j’ai observé mes enfants. Au lieu de focaliser sur les fois où mes filles sont venues me voir en chialant que l’autre avait volé son jouet, ou donné un ordre, ou parlé trop fort, ou regardé de travers, ou je-ne-sais-quoi-d’autre-qui-lui-tape-sur-les-nerfs, j’ai choisi de regarder les autres moments… Ce moment où j’entre dans leur chambre et que je les trouve couchées bras dessus, bras dessous, à regarder un livre d’histoire ensemble. Ce moment où je les entends chanter des comptines en voiture. Ce moment où la plus petite apporte sa doudou à la plus grande, pour la consoler. Ce moment où elles se souhaitent bonne nuit, comme si leurs mots d’amour ne reviendraient jamais. Ces moments…

Je pense qu’il faut regarder de plus en plus ces moments‑là. Il faut enlever nos lunettes de culpabilité-de-mère-indigne, pis regarder qu’on fait toutes une maudite belle job.

Pour ce début d’année scolaire, j’ai regardé ma fille faire sa toute première rentrée en maternelle. Ou en « matapouelle » comme elle aime si bien le dire! Moi qui m’inquiétais pour sa force de caractère, pour ses réactions souvent intenses et, disons‑le, pour sa maudite tête de cochon. J’te jure, elle n’est pas toujours facile d’approche… Pis encore là, j’ai pris le temps d’enlever mes fichues lunettes de culpabilité qui voudraient-que-tout-soit-parfait… Pis j’ai regardé mon enfant. Pour ce qu’elle est. J’ai vu une grande fille déterminée courir vers son enseignante pour lui faire un câlin. J’ai vu une grande fille prête, avec son sac à dos trop lourd, foncer vers la vie qui l’attendait. Elle a fini sa première journée avec des dessins plein les poches et des amis plein le cœur. Faque quelque part… je dois sûrement avoir fait une maudite belle job

Alors je vous donne ce petit truc aujourd’hui. Quand vous passerez votre prochaine soirée de m****, oubliez la broue dans votre toupet, calmez la vapeur qui vous sort des oreilles et allez voir à quel point vos enfants sont formidables. Pis à ce moment‑là, prenez donc une seconde pour vous dire que vous faites une maudite belle job.

Joanie Fournier

 

Histoire de cœurs

Je t’observe dans la pénombre de ta chambre d’hôpital. Tu es r

Je t’observe dans la pénombre de ta chambre d’hôpital. Tu es raccrochée aux soins intensifs par des câbles qui font parler ton cœur. Le physique, du moins. Le cœur émotif, lui, on s’en occupera demain. Quand on saura si tu as passé la nuit. Pour l’instant, ce qu’on sait, c’est que les deux sont amochés.

Toute la nuit, les infirmières viendront prendre tes constantes, vérifier tes signes vitaux, ajuster ton soluté. Moi, je suis responsable de ta main, de la caresse sur ta joue. Jusqu’au lendemain, un agent de sécurité sera assis près de la porte. Le protocole. L’ironie d’être dans une chambre décorée de bonshommes Lego qui se veut joyeuse, alors que la situation est grave. On aurait pu te perdre.

On me demandera comment je me sens, comment je fais pour ne pas paniquer. Je répondrai que je sais que tu es entre bonnes mains. Que tu avais, que tu as et que tu continueras d’avoir toutes les ressources nécessaires pour te garder en sécurité. Pour t’aider à remonter la pente. Que je sais que le choix te revient, et que tu sais que je suis là pour toi.

Que puis-je faire de plus? De différent? Tout cacher dans un coffre-fort, des prescriptions aux couteaux, des cordons de stores aux voitures dans la rue? Consacrer chaque minute de chaque nuit à te surveiller, pour être certaine… Même quand tu étais bébé, je ne le faisais pas. Je te faisais confiance, et ça n’a pas changé. Tu feras les bons choix, tu feras tes choix.

Je t’observe dans la pénombre de ta chambre d’hôpital. Tes lèvres sont aussi pâles que tes draps. Les machines sonnent l’alerte, tu trembles de tout ton être. Un tremblement par en dedans. Tu combats. Comme tu l’as toujours fait. Comme tu le feras encore. Avec moi.

Eva Staire

À go, on vote!

Presque chaque semaine, mes ados s’offusquent devant l’absurdit

Presque chaque semaine, mes ados s’offusquent devant l’absurdité de la présidence rousse de nos voisins. Elles n’en reviennent juste pas. Je les encourage à s’informer, à nuancer, à continuer d’argumenter (elles sont excellentes dans ce sport!). À dépasser ce que les médias rapportent, à être critiques. Et aussi à ne pas se contenter de chialer.

Elles expérimenteront des simulations d’élections à l’école en vue des élections provinciales qui approchent. Elles voteront pour le président ou la présidente de leur classe et de leur école. Mais sinon, elles devront patienter encore quelques années avant de mettre leur propre bulletin de vote dans une urne provinciale ou fédérale.

Depuis que mes enfants sont mini, je les amène voter avec moi. En porte-bébé. En poussette. En les tenant par la main jusque derrière le paravent top secret. Puis, ils se sont fait dire par le personnel des élections de rester derrière la ligne. « Parce qu’un vote, ça se fait seul à seul avec sa conscience ».

Les enfants sont aussi venus me voir alors que je donnais de mon temps comme scrutatrice. J’étais fière de leur montrer que non seulement on peut exercer notre devoir et notre droit de citoyen en votant, mais qu’on peut aussi s’impliquer dans le processus.

Je leur parle d’une démocratie concrète, celle qui leur donne une éducation à peu près gratuite, un médecin de famille, un député dévoué, le droit de défendre leur opinion et d’être en désaccord avec le premier ministre. Je leur raconte la « démocratie » des pays où j’ai séjourné (lire : dictature, coups d’État, président à vie). Histoire de comparer…

Et encore cet automne, je veux leur servir de modèle en m’informant, en suivant les débats, en posant des questions, en signant les pétitions. Et surtout, ça va de soi, en allant voter.

Le 1er octobre (ou avant, pour le vote par anticipation), de grâce, allez voter, peu importe la couleur de votre bulletin de vote. Aux urnes, citoyens, citoyennes, enfants et ados! Vivez cette expérience en famille, ça fait partie des cadeaux que vous pouvez (devez) offrir à vos enfants et à vos petits-enfants.

Visitez le site d’Élections Québec !

Nathalie Courcy

Père… sévère?

J’admets qu’il m’a pris totalement par surprise…

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J’admets qu’il m’a pris totalement par surprise…

J’avais bien eu un indice. La semaine dernière. Au lendemain de la première activité de mise en forme. Il ne se sentait pas suffisamment bien pour la seconde. Plutôt inhabituel.

Avant de quitter, la veille, j’avais entendu un des responsables souligner aux jeunes qu’ils ne pouvaient décider de prendre des pauses quand bon leur semble. J’avais compris que la pratique avait été exténuante. Et toi, tu as pris des pauses? Il m’avait répondu de ce regard vide, celui de ceux qui ont tout laissé sur la glace. Comme son idole, le n11 du grand club.

Aucun problème, mon gars, si tu ne te sens pas bien aujourd’hui, tu iras à l’activité de sélection de dimanche! Avec, évidemment, le sous-entendu qu’il faudra alors encore tout donner.

Le hockey, c’est son choix. Je n’avais aucun intérêt pour l’attente interminable et frigorifiée. Les levers avant le soleil, la fin de semaine. Le rush trafic et pratique à 17 h, souper et devoirs ensuite. La routine familiale prise en otage. Les tournois dans des coins perdus.

Pire, que je sois forcé de me racheter un bâton et des gants, parce que la presque totalité des autres pères ne veut pas s’impliquer. Jusqu’à recevoir des rondelles perdues sur les tibias. Non protégés. Ou tolérer, à peine, quelques jeunes irrespectueux.

Je ne parle même pas du gouffre financier.

Mais, comme tout parent, je veux encourager mon enfant. Je veux qu’il participe aux activités sportives. Surtout celles d’équipe. Pour développer tout ce que celles‑ci permettent. Le support, l’entraide. La camaraderie. Avec d’autres jeunes, différents, qu’il ne côtoie pas à l’école.

Le Novice, l’Atome, le Pee-Wee. Là, rendu Bantam…

Déjà, l’an dernier, certains de son âge avaient pris une bonne longueur d’avance. Côté poids et grandeur. Mais il continuait de tenir son bout. Un des rares à tout donner. Père réaliste, je voyais ses lacunes, mais j’appréciais tellement son implication totale. Présences après présences.

Papa, je veux arrêter le hockey, j’aime pu ça…

Je risque l’habituelle réponse. Tu m’as demandé de t’inscrire, fais au moins cette saison; tu arrêteras l’an prochain! Il me renvoie sa déception. Sans filtre. J’essaie, alors, l’autre truc de parent. Penses-y quelques jours, tu me reviendras!

Habile, il me souligne que l’école, cette année, ce sera plus exigeant. Qu’il a déjà le baseball, son option sport. Que ses goûts peuvent changer. Ont changé.

Pendant ces quelques jours, j’ai aussi réfléchi. La persévérance, je la vois déjà. Dans tout ce qu’il fait. Autant que les efforts et la volonté de toujours bien faire. Si je l’ai laissé choisir cette activité, pourquoi, là, je déciderais pour lui? Malgré lui.

Au fond, ça vient juste me chercher. Dans ma perception des sports d’équipe. Ne jamais laisser tomber les coéquipiers. Jamais. Mais ça, c’est moi. Lui, il veut surtout avoir du plaisir. S’amuser.

Je t’aime mon gars, bye bye les arénas…

 

michel