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Ma Nathalie – Texte : Joanie Fournier

J’étais dans la jeune vingtaine quand je l

J’étais dans la jeune vingtaine quand je l’ai rencontrée. J’avais eu la chance incroyable de côtoyer ses enfants, les uns après les autres, en travaillant comme éducatrice. Au fil des mois, une confiance s’est installée et un lien d’amitié s’est créé. Un lien entre deux femmes, l’une mature et expérimentée, l’autre jeune et passionnée. Puis de l’éducatrice, je suis devenue l’amie. Elle m’a ouvert les portes de leur maison et de leur intimité.

Elle m’a impressionnée, dès la première rencontre. Elle jonglait entre les enfants, comme une pieuvre bienveillante. Pourtant, comme éducatrice, je savais bien m’occuper de plusieurs enfants à la fois. Mais ma Nathalie, elle était la master-maman. Chef de file d’une famille nombreuse, elle avait réussi à élever ses enfants avec respect, bienveillance et tellement de douceur. Elle était un modèle pour moi, une inspiration.

La première fois qu’elle nous a invités à souper chez elle, mon amoureux et moi, est un souvenir tellement fort pour moi. Je la revois en train de cuisiner, le fourneau rempli à craquer. Les enfants s’amusaient, tous ensemble. Et quand on s’est mis à table, leur harmonie m’a fait envie. Chacun avait sa place, son rôle à jouer, sa responsabilité. Avant elle, je connaissais seulement des mamans qui se levaient 32 fois de table pendant le repas et qui finissait par manger froid. Pas ma Nathalie. Pendant une heure, nous étions assis à table à parler et tout était tellement paisible… Ça m’avait frappé de plein fouet : moi aussi, je voulais ÇA plus tard ! Les plus grands aidaient à débarrasser à la table, un autre aidait le bébé à ramasser sa fourchette qu’il avait lancée ou échappée. Évidemment, il y avait des petits conflits d’enfants. Mais tout était tellement naturel…

J’étais vraiment impressionnée… et quand je suis sortie de là, j’ai dit à mon amoureux que moi aussi, je voulais une grande famille. Il m’a avoué que si je lui avais demandé cela avant, il aurait fait une petite crise cardiaque… mais plus maintenant. Maintenant qu’il avait vu tout l’amour qui envahissait cette famille, il était tout aussi conquis que moi.

Puis, l’année suivante, je suis tombée enceinte pour la première fois. Les questions se bousculaient dans ma tête, au même rythme que les nouvelles sensations dans mon corps. Et à chaque petite question, ma Nathalie pouvait m’éclairer. Mon médecin me donnait des statistiques, alors qu’elle, elle me parlait de son ressenti, de ses expériences. Et c’est exactement ce dont j’avais besoin. Je ne voulais pas entendre de données scientifiques, je voulais qu’on me dise que c’était normal d’avoir peur.

Puis, elle a partagé avec moi ses histoires d’accouchements, ses récits d’allaitement et tout le bagage d’une mère-veilleuse femme. J’ai pensé à elle en poussant mon bébé, le plus naturellement possible. J’ai pensé à elle quand j’ai mis bébé au sein. J’ai pensé à elle à chaque petite étape de ma nouvelle vie de maman, me demandant souvent ce qu’elle aurait fait. J’espérais tellement fort qu’elle ait réussi à me transmettre son instinct maternel…

J’étais maintenant une maman. C’est comme s’il y avait un fil invisible qui nous liait. Grâce à elle, je voyais la maternité comme un arbre qui prend de la maturité dans une grande forêt. Chaque maman a son arbre et toutes les racines sont liées, parce que certaines épreuves de nos vies de mamans nous lient indéniablement.

Les années ont passé. Ma Nathalie n’était jamais bien loin. Toujours à un coup de fil d’une réponse rassurante… Puis, mes grossesses se sont succédé et ma grande famille m’a comblée. Je suis devenue la maman-d’une-famille-nombreuse, mature et expérimentée.

Et un jour, la jeune éducatrice passionnée de ma fille a commencé à me demander des conseils. Des conseils sur la grossesse, sur l’accouchement, sur l’allaitement… et quand elle est tombée enceinte, je lui ai promis de toujours être là pour répondre à ses questions, peu importe l’heure du jour ou de la nuit.

Elle m’a remerciée le plus sincèrement du monde et m’a avoué que j’étais tellement un modèle pour elle… Moi ? Un modèle de maman ? J’ai réalisé ce jour-là que j’étais devenue sa Nathalie à elle… Quel honneur à mes yeux ! Je veux être pour elle cette maman qui a plein d’histoires à raconter… Cette maman qui sait écouter… Cette maman qui n’est pas parfaite, mais qui est humaine et bienveillante.

Je ne sais pas si je te l’ai déjà dit, ma Nathalie, que tu étais ce modèle-là pour moi. Mais je veux te dire MERCI. Merci d’avoir toujours répondu au téléphone quand je paniquais et que j’avais besoin de toi. Merci pour toutes les fois où tu m’as rassurée. Merci de m’avoir montré que c’était aussi beau d’avoir une famille nombreuse. Je te dois une grande partie de ma belle famille.

Merci, ma Nathalie.

Et vous, avez-vous une mère-veilleuse dans vos vies ?

Joanie Fournier

 

Ai-je le droit ? Texte : Ève

Le 13 mars 2020, la vie telle qu’on la connaissait a cessé d’e

Le 13 mars 2020, la vie telle qu’on la connaissait a cessé d’exister. J’étais enceinte de 33 semaines. On venait de finir la chambre de la plus vieille (16 mois) pour pouvoir transférer la bassinette dans la chambre de bébé. J’en étais au stade d’être emballée pour la suite, de tout préparer pour que mon mini soit des plus confortables lorsqu’il allait arriver. Mais en l’espace d’une annonce du gouvernement, tout a basculé. On entrait dans un confinement. Un confinement qui venait avec un lot incroyable d’émotions vraiment difficiles à gérer pour une maman pleine d’hormones de grossesse. Et un stress inimaginable entourant les circonstances incertaines d’un accouchement prévu début mai. Mais personne ne me comprenait.

« Vous êtes en santé, c’est ce qui compte ».

« Vous n’avez pas perdu vos jobs, ça va bien financièrement comparativement à plein d’autres familles ».

« Vous n’avez pas perdu personne à cause de la Covid ».

Ce sont toutes des affirmations que je ne peux pas nier.

Mais, ai-je le droit d’avoir de la peine parce que je n’ai jamais pu terminer la chambre de mon bébé à cause de la fermeture des garderies et celle des magasins ?

Ai-je le droit d’avoir de la peine parce que je n’ai pas pu recharger mes batteries avec mon mari avant que bébé arrive ?

Ai-je le droit d’avoir de la peine parce que ma fille n’a pas pu rencontrer son frère à l’hôpital ? Tout comme mes parents ou mes beaux-parents ?

Ai-je le droit d’avoir vraiment beaucoup de peine (attention, celui-là c’est mon summum) d’avoir présenté mon nouveau-né À TRAVERS UNE FENÊTRE à mes parents et de voir les larmes couler sur leurs joues parce qu’ils ne pouvaient pas le prendre dans leurs bras ? Et parce que je ne pouvais tout simplement pas le leur laisser.

Ai-je le droit d’avoir de la peine parce qu’encore aujourd’hui, un an plus tard, j’ai l’impression que mon bébé Covid n’a rien vécu autre qu’être à la maison ? Pas d’épicerie, pas de magasinage, pas de zoo, rien.

Est-ce que j’ai le droit d’avoir ce sentiment d’amertume envers toute cette situation ? Ce sentiment qui me gruge par en dedans parce que plus les jours avancent, plus on se fait voler des moments précieux qui ne reviendront jamais.

Oui, on est en santé. Oui, on a encore nos jobs. Non, je ne suis pas décédée seule dans un CHSLD. J’en suis vraiment reconnaissante. Je suis aussi contente pour les familles à qui le premier confinement a permis de se rapprocher et d’avoir du temps de qualité. Mais est-ce que je dois vraiment me sentir mal si pour nous, ça a été un des moments les plus difficiles de nos vies ?

Ça ne change absolument rien au fait que j’adore mes enfants et je ne regrette absolument pas l’arrivée de mon deuxième, je veux être claire sur ce point. C’est juste que « ça prend un village pour élever des enfants » qu’ils disent. Ben, on est seuls depuis un an. À se démener comme des fous pour protéger nos minis, nos parents et les personnes à risque. À piger dans l’énergie qu’on n’a plus pour protéger la santé de tout le monde.

Donc, ai-je le droit de dire à voix haute, pour la première fois, que j’ai de la peine ?

Ève

Le jour où je t’ai mis au monde

Mon bébé,

Je crois qu’il es

Mon bébé,

Je crois qu’il est impossible que tu te doutes du nombre de fois que je peux rejouer les scènes dans mon esprit. Je les revis encore et encore, peu importent les années qui passent.

La première contraction, je la sens encore.

La perte des eaux, je la vois encore.

Le regard ému entre papa et moi lorsqu’on a compris qu’enfin tu arrivais.

Le trajet pour l’hôpital où l’on se tient la main.

Chacune des contractions, je peux les ressentir juste en fermant mes yeux.

Les cris qui symbolisent la puissance de ce que je suis en train d’accomplir, je les entends encore.

Ton petit corps chaud blotti contre le mien m’apaise toujours autant.

Je raconte ta naissance avec tant de fierté et j’y songe si souvent.

Dans le brouillard de la souffrance, s’est imprégné dans mon esprit chaque petit détail. La musique qui jouait, la noirceur de la pièce et les gens autour de nous. S’il m’était possible de remonter le temps, ne serait‑ce qu’un instant, afin de te rencontrer pour la première fois à nouveau, je le ferais. Simplement pour revivre le moment où, au bout de mon souffle, tu as pris le tien.

Il m’est tellement apaisant de songer à ce regard que ton papa avait lorsqu’il t’a vu faire ton entrée dans le monde, j’ai tout de suite su qu’il était le tien.

Ce fut l’un des moments les plus difficiles de ma vie, mais l’un des plus beaux.

Lorsque tu me demandes de te raconter, si tu savais combien tu me fais plaisir. Cette histoire, c’est ma préférée, parce que c’est la nôtre.

Le temps passe, mais les souvenirs ne s’effacent pas.

Même si je maudissais la terre entière à cet instant précis, j’étais en train d’écrire les premières lignes de ton premier chapitre. Le jour où je t’ai mis au monde est l’un des plus beaux qu’il m’aura été donné de vivre de toute mon existence.

Ce jour est mon préféré, puisque c’est le jour où je t’ai mis au monde.

Marilyne Lepage

Quand le bonheur est plus grand que le mal de vagin. TEXTE : Kim Boisvert

On ne se le cachera pas, même si on oublie, enfanter, c’est pas c

On ne se le cachera pas, même si on oublie, enfanter, c’est pas comme dans les films.

Je me souviens quand une ancienne amie à moi a accouché d’une belle pitoune de 7,4 lb. Un peu plus de 20 pouces de bonheur. Une petite miraculée. Cette petite-là, je l’ai aimée comme si c’était ma nièce. J’ai aucune idée pourquoi, mais ça s’est fait comme ça, tout seul, comme si elle venait de mon propre ventre. Et dans ce temps-là, j’étais en processus de fertilité pour avoir mes jumelles. Imaginez mes hormones quand je l’ai vue.

La journée de la venue au monde de Chouchoune, j’ai fait partie du Club Élite à qui on permet les visites. Je ne tenais plus en place et après avoir donné de la chnoute à mon chum du temps parce que j’étais trop nerveuse, je suis rentrée dans la chambre comme on entre probablement dans la caverne d’Ali Baba : un peu trop vite, mais le pas hésitant. Mixed emotions. Oh, ceux qui me connaissent savent déjà que j’ai pleuré. C’était clairement la plus belle chose que j’ai vue au monde. Ce n’est pas une chose, c’est un être. Et ça, c’était un couple d’amis qui l’avaient fait. Après des tentatives et des échecs en fertilité, le + s’était transformé en chair et en os mous.

On parle souvent de la maman, de la beauté de la maman enceinte, des premiers contacts, etc. Mais moi, même si cette amie a CLAIREMENT fait tout le travail, j’ai envie de vous parler de ce que j’ai vécu à travers l’émotion du papa.

Le papa. Un homme extraordinaire, doté d’un cœur immense. Un homme, un vrai. Des mains couvertes de corne bien travaillée, des ongles taillés courts, croches et le bord des doigts rude. Un papa qui passe ses journées à construire des maisons, et ses soirées à s’occuper de sa famille.

Il nous racontait quand il a vu sa petite pour la première fois, la première seconde. Il cherchait ses mots, perdus dans des souvenirs encore trop frais, pour nous expliquer son expérience. Si vous aviez vu ses yeux, ses traits, son émotion ! Il y a quelque chose d’extrêmement surprenant à voir combien un homme vit différemment les choses. Lui, la naissance de sa fille, il l’a vécue avec une émotion si complète que son corps entier transpirait le bonheur. Ses cernes de j’ai-passé-la-nuit-debout n’étaient que la preuve de sa création. Une fierté de paon. C’était magnifique. On était dans le corridor et il mimait même les premiers gestes qu’il a faits : sa petite sur le chest, une main en haut, l’autre en bas. Il nous le racontait avec tellement d’intensité que j’avais envie de crier : POUSSE POUSSE RESPIRE RESPIRE ! J’y étais clairement, je sentais l’odeur de placenta.

Ce soir-là, il y avait un autre papa dans la salle (on dirait qu’il y avait foule mais c’est vrai, on était plusieurs aux côtés de ma chum en jaquette laite, et c’était avant la COVID) et lui aussi nous racontait l’arrivée de sa petite. Mononcle Frank, qui s’appelle. Et Mononcle Frank aussi parlait de sa petite princesse avec tellement d’amour que j’en ai été bouleversée. C’était trop pour moi, mes yeux se sont mouillés.

On oublie souvent les papas, je trouve. Mais j’aimerais dire que ce que j’ai vu dans les yeux de ces deux papas‑là a fendu mon cœur. C’est beau, un papa. Et ce n’est pas vrai que c’est toujours les mamans qui sont présentes, touchées, émotives et bouleversées.

Je me souviendrai toujours du bonheur que j’ai vu dans les yeux des parents. Et de ma chum qui m’a achalée aux cinq minutes pendant neuf mois parce qu’elle avait mal au vagin. Eh bien croyez-moi que leur bonheur est clairement plus grand que son mal de vagin.

Kim Boisvert

Le coup de foudre n’est pas garanti

Depuis que le test de grossesse a affiché un positif, on a hâte de

Depuis que le test de grossesse a affiché un positif, on a hâte de voir ce petit être qui va faire de nous une famille. On attend ce moment avec impatience et on se fait plein de scénarios. Tout le monde nous parle du coup de foudre qu’on va avoir en lui voyant la face et à quel point ça va être le plus beau moment de notre vie. Pourtant, personne ne nous explique que parfois, ça ne se passe pas comme ça.

Avant d’accoucher, j’aurais aimé qu’on me dise que le coup de foudre n’est pas garanti. Qu’on me dise que c’est correct d’avoir peur. Que ce n’est pas parce que ce bébé a grandi 40 semaines dans mon ventre que je vais l’aimer au premier regard. Surtout, j’aurais aimé qu’on me dise que ça ne fait pas de moi une mauvaise mère.

C’est normal, un nouvel être débarque dans nos vies, on ne connaît rien de lui encore. C’est correct d’avoir besoin de temps pour le découvrir, le connaître. C’est ce qui est arrivé pour moi. L’accouchement s’est mal terminé et mon corps s’est mis en mode survie. J’ai ressenti beaucoup de culpabilité du fait que je ressentais une résistance envers ma fille.

Ne pas tomber en amour sur le champ ne veut pas dire que tu ne prendras pas soin de ton enfant ou que tu ne tiens pas à lui. Ça veut simplement dire que tu as besoin de temps.

J’ai appris à connaître ma fille, j’ai appris à l’aimer et je nous ai laissé du temps. Maintenant je peux dire que je l’aime plus que tout au monde.

Avec bébé no 2 qui arrive en février, je ne sais pas comment ça va se passer, mais je sais que peu importe ce qui va arriver dans cette salle d’accouchement et comment je vais me sentir, c’est valable, normal et ça m’appartient. Ça fait partie de notre histoire d’amour à nous. Nous réagissons toutes différemment à l’arrivée d’un bébé et ça ne fait pas de nous de moins bonnes mères.

À toi qui vas accoucher, tu vas peut-être avoir un coup de foudre, peut-être pas, et c’est bien correct comme ça. Parfois, l’amour nous explose au visage et parfois, il se développe et grandit avec le temps. Dans tous les cas, ce que tu vas ressentir est valable et légitime. C’est le début de la plus belle et grande histoire d’amour de ta vie.

Anouk Carmel-Pelosse

Chère madame Catherine

Quand je suis tombée enceinte de ma fille, j’

Quand je suis tombée enceinte de ma fille, j’étais tellement excitée à l’idée de mettre au monde un petit humain. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours rêvé d’être une maman. La grossesse s’est déroulée normalement et facilement. Un peu de nausées au premier trimestre et le reste était parfait. Oui j’étais stressée, j’avais fait une fausse couche affreuse avant ma grossesse, mais j’avais espoir que ce petit trésor s’accrocherait.

L’accouchement ne s’est pas déroulé exactement comme je l’avais espérée, j’ai dû subir une césarienne d’urgence et j’ai été endormie. Donc les 24 premières heures de vie de ma fille sont très floues dans ma mémoire. J’ai vécu un deuil de ne pas avoir été capable d’accoucher naturellement. En plus d’avoir été endormie, mon conjoint et moi avons manqué le premier pleure de notre fille. Ce fut traumatisant pour nous. Lorsqu’elle est revenue dans notre chambre après 24 heures à la pouponnière, j’ai réalisé que j’étais incapable de dormir sans qu’elle soit sur moi ou si mon conjoint n’était pas réveillé pour la surveiller. J’ai longtemps eu de la difficulté à dormir lorsqu’elle était bébé. Au moindre bruit, je me réveillais et vérifiais si elle respirait.

Je ne sais pas si c’est relié à l’accouchement où nos vies ont failli être chamboulées à jamais, car ma vie et celle de ma fille étaient en danger, mais je suis devenue hyper angoissée. Dès qu’elle était malade, et même encore aujourd’hui six ans et demi plus tard, je stresse à mort. Si quelque chose me semblait anormal, je m’inquiétais vraiment beaucoup. C’était malsain.

Quand elle a eu un mois et demi, nous avons trouvé une garderie formidable, mais nous devions payer pour sa place à partir de septembre à ses six mois. Nous avons conclu qu’elle débuterait à temps partiel, deux ou trois avant-midis par semaine et qu’on augmenterait graduellement. Heureusement que nous avons fait ça, parce que deux mois avant septembre, je faisais des crises de panique. À mon retour au travail un an plus tard, je pleurais tous les matins. La veille de mon retour, j’ai pleuré pendant des heures.

À chaque étape importante de sa vie, ma grossesse avec son frère lorsqu’elle avait 13 mois, à mon accouchement quand elle avait 21 mois, quand elle a commencé à se traîner, à marcher, j’imaginais toujours les pires scénarios. Évidemment, la rentrée scolaire de la maternelle en 2019 était pour moi une étape méga angoissante, mais j’ai réussi à le cacher à ma fille, car elle était la petite fille la plus heureuse et fière de la Terre. Elle parlait de l’école depuis qu’elle avait trois ans.

À la rencontre de sa professeure, j’étais stressée au max. J’avais l’impression que j’allais éclater en larmes à tout moment. Mon conjoint et moi étions en file pour entrer dans sa classe, j’avais si hâte de rencontrer son enseignante. Quand j’ai entendu la petite voix douce et calme de madame Catherine, ça m’a un peu rassurée. Puis, j’ai vu cette jeune femme remplie de joie, débordante d’énergie, stressée, mais heureuse. Quand je lui ai serré la main, une petite voix m’a dit : « Ça va bien aller avec elle ». Puis, je me suis assise au bureau de ma fille, j’ai commencé à éplucher les feuilles devant moi. J’ai lu une petite lettre de la professeure à ma fille ; tous les élèves avaient la même lettre. Nous devions la lui lire la veille de sa rentrée. Dans la lettre, on pouvait lire comment son enseignante avait préparé la classe et combien elle avait hâte de les rencontrer. Les larmes ont envahi mes yeux, mais j’ai réussi à les contenir. La rencontre n’avait même pas commencé encore et j’étais déjà prête à pleurer.

Madame Catherine s’est présentée et ce fut le coup de foudre. Plus la rencontre avançait, plus je me sentais rassurée et confiante. Ma petite fille serait bien encadrée par cette jeune enseignante passionnée. Elle nous a invités à venir passer des avant-midis avec elle et ses renards dans sa classe. Nous, les parents, mais aussi les grands-parents, marraine et parrain étions les bienvenues en tout temps à venir partager leur quotidien. Pas besoin de dire que j’y suis allée quelques fois. À chacune de mes visites, j’étais impressionnée de voir l’évolution des autres élèves, mais surtout de voir l’amour qui régnait entre les élèves et madame Catherine. Spontanément, un élève se levait et allait la serrer dans ses bras et lui dire un gros « Je t’aime ».

Ma fille nous parlait tout le temps de son enseignante et nous disait combien elle était gentille et qu’elle l’aimait beaucoup. Elle voulait et veut toujours être une « professeure comme madame Catherine ». Nous avions beaucoup de communication avec elle ; elle était très facile à rejoindre et toujours prête pour une nouvelle idée.

Quand la COVID-19 est arrivée, l’enseignante a envoyé un message à ses élèves pour expliquer la situation et qu’elle était très triste de ne plus les voir. Elle a rapidement commencé à faire des appels vidéos. Ma fille n’a jamais manqué un appel. Même chez le dentiste, elle tenait à y assister. Puis, les appels éducatifs sont arrivés. Elle était si heureuse de parler toutes les semaines avec sa madame Catherine. Durant la quarantaine, notre fille a recommencé à faire des crises de colère. Nous lui avons demandé ce qui pourrait l’aider à mieux gérer ses crises. Elle nous a parlé d’un personnage de l’école qui explique les émotions. J’ai contacté son enseignante ; elle nous a envoyé un fichier et elle a proposé de parler en privé avec notre fille pour mieux lui expliquer. Ça a beaucoup aidé notre princesse. Ses colères ont diminué énormément. Encore une fois, madame Catherine m’impressionnait avec sa disponibilité et son aide. Elle allait plus loin que son rôle d’enseignante. Puis, à la fin de l’année scolaire, elle est venue porter un cadeau et passer du temps avec chacun de ses élèves. Elle est restée environ deux heures à parler avec ma fille et mon fils.

Tout l’été, dès que ma fille réussissait quelque chose, elle disait : « Madame Catherine serait contente, tu peux lui écrire pour lui dire ? ». Nous avons communiqué avec elle durant l’été et chaque fois que je lisais la réponse de madame Catherine à ma fille, un sourire immense illuminait son visage. Cette jeune enseignante a réussi à se graver une place spéciale dans le cœur de ma fille. Grâce à elle, elle a encore plus confiance en elle. Elle a appris à être plus indépendante et à mieux gérer ses émotions.

En tant que maman, je n’aurais pas pu souhaiter une meilleure enseignante pour ma fille. Je suis extrêmement déçue qu’elle ne puisse pas enseigner à mon fils, car elle a eu sa permanence dans une autre école. Je suis heureuse pour elle, car je sais comment cela peut être difficile d’avoir une permanence en milieu scolaire. Mais la maman en moi se dit qu’elle aurait sûrement eu un impact aussi grand dans la vie de mon fils. Elle aura peut-être un impact sur sa vie, mais différemment. Je me réjouis de la connaître, d’encore lui parler et qu’elle fasse encore partie de nos vies même si une autre année scolaire a débuté. Elle est toujours présente pour ma fille et je suis si heureuse.

Merci madame Catherine de m’avoir appris à faire confiance à la vie et aux gens. Merci d’avoir calmé mes peurs et mes craintes. Vous avez un cœur immense rempli d’amour et de générosité. Chaque élève à qui vous allez enseigner sera un enfant privilégié. Merci d’être toujours là pour mon Éloïse. Merci d’être son modèle, son idole.

Je crois que j’aime madame Catherine autant que ma fille !

Bonne année scolaire aux nouveaux petits renards de madame Catherine de l’école Emmanuel-Chénard à Deux-Montagnes.

Cindy LB

1 maman, 3 accouchements !

Lorsqu’on apprend que l’on deviendra parents, nous avons tous un

Lorsqu’on apprend que l’on deviendra parents, nous avons tous un certain nombre d’idées préconçues quant à la parentalité. Comment nous allons traverser les différentes étapes de la grossesse, quel genre de parents nous serons, comment nous allons gérer notre nouvelle vie de famille, comment nous allons éduquer nos enfants… et pour les mamans plus précisément, comment vont se dérouler nos accouchements.

Pour ma part, je ne m’étais pas réellement attardée à me faire des scénarios précis, mais j’imaginais tout de même que ça allait ressembler aux classiques que l’on peut voir au cinéma : perdre les eaux au centre d’achat, arriver à l’hôpital, avoir son beau bébé tout rose qui a déjà l’air d’avoir trois semaines, partir à la maison en chantant parce que tout a trop bien été… Vous le voyez, le cliché ? Mais non, ce n’est pas ça. De surcroît, ce n’est trois fois pas ça. Je vous partage donc mes expériences…

Notre première fille est née de façon naturelle, à 40 semaines et 2 jours. J’ai rompu mes eaux à la maison et mon travail s’est étendu tout au long de la journée. J’ai poussé durant environ 1 h 30, ce qui est assez normal pour un premier bébé. Par contre, lors de sa sortie (ou plutôt de son entrée) vers le monde extérieur, elle a malencontreusement pris une grande gorgée de liquide amniotique qui lui, avait cru bon de s’infecter durant les heures précédentes.

On a donc eu droit à trente secondes d’eye contact avec elle avant qu’une troupe d’infirmières ne l’emmènent dans une autre pièce en l’intubant. J’avoue que là, c’était assez déstabilisant comme tournure d’événement. En fin de compte, nous avons pu la voir quatre heures plus tard à travers son incubateur, puis nous sommes rentrés à la maison 8 jours plus tard puisqu’elle avait des antibiotiques intraveineux.

Notre deuxième fille, quant à elle, a décidé de nous jouer un petit tour et de ne pas se retourner la tête en bas. J’ai tenté une version à 37 semaines, mais en vain. D’ailleurs, c’est probablement l’un des pires moments que j’ai vécus, lorsque j’y repense. Enfin bref, la version n’avait pas fonctionné et je n’étais pas tout à fait game de tenter d’accoucher un siège, j’ai alors choisi la césarienne. La naissance de ma fille était donc planifiée à 39 semaines et 4 jours, un beau mercredi matin.

Entrer dans la salle d’opération toute blanche et stérile, avec de grosses lumières qui permettent presque de voir à travers ta peau, c’était un peu bizarre et angoissant. Se faire faire une rachi-anesthésie (contrairement à la péridurale, l’anesthésiant est injecté directement dans l’enveloppe du système nerveux central) et instantanément, ne plus sentir son corps ou du moins, tout ce qui se situe sous la poitrine, c’était déstabilisant pas à peu près ! Néanmoins, la naissance s’est super bien déroulée. J’ai pu avoir mon bébé sur moi pendant quelques minutes avant qu’elle ne monte à l’étage, bien au chaud dans les bras de papa, pendant que moi, j’allais « dégeler » pendant deux heures dans la salle de réveil…

Enfin, notre troisième fille a pour sa part fait la grève de fin de grossesse, car j’ai dû me faire provoquer à 41 semaines et 2 jours… après trois strippings infructueux. Clairement, elle n’était pas pressée de sortir de là et n’avait pas compris que son bail était expiré. En passant, pour celles qui ne le savent pas, cet accouchement s’appelle un AVAC, diminutif d’Accouchement Vaginal Après Césarienne. Pas très émoustillant comme titre, je l’avoue. Mais sachez que c’est tout à fait possible d’avoir un accouchement naturel après une césarienne.

Cette fois-ci, tout s’est déroulé hyper rapidement, tellement que mon chum est passé près de rater la naissance en partant 5 minutes chercher un café ! Notre fille est sortie après deux poussées et avec l’aide du médecin, je l’ai moi-même mise sur moi. Elle, j’ai pu la garder, plus que quelques secondes ou minutes. C’est comme si, pour boucler la boucle, la vie m’offrait cette petite douceur, ce moment qui avait été un peu précipité pour la naissance de mes deux autres filles.

Cette rétrospective de mes expériences d’accouchement démontre assez bien, je crois, que peu importe quels sont nos attentes, nos souhaits ou nos appréhensions en matière d’accouchement, on n’a pas vraiment de contrôle sur ce qui se passera réellement, le jour venu. La vie est bien faite et je me dis que rien n’arrive pour rien.

Pour ma part, même si on me donnait une baguette magique, je ne changerais pour rien au monde ces trois expériences merveilleuses et uniques. Mon long séjour à l’hôpital pour ma première fille m’a permis de m’adapter tout en douceur à mon nouveau rôle de maman, ce qui me sécurisait puisque je savais que si des inquiétudes ou des interrogations (qui sont fréquentes avec un premier enfant !) survenaient, j’avais un soutien immédiat. Ma césarienne a permis à papa de faire du peau à peau avec notre deuxième fille durant des heures, moment qui fut magique pour les deux. Et ma grossesse in-ter -mi-nable m’a réellement permis de vivre cette dernière expérience à fond et de clore ce chapitre de ma vie comme il se doit !

Et vous, quelles sont vos expériences uniques ?

Andrée-Anne Courchesne

Ma dépression post-partum majeure qui a failli me coûter la vie : Texte : Cindy LB

En 2002, j’ai été abusée sexuellement par un copain. En 2005, m

En 2002, j’ai été abusée sexuellement par un copain. En 2005, mon père est décédé du cœur à 45 ans et c’est moi qui ai téléphoné au 911, tout s’est déroulé devant moi. En 2013, j’ai fait une fausse couche horriblement traumatisante. En 2014, j’ai accouché de ma fille et ce fut tout aussi traumatisant. Ça s’est terminé en césarienne d’urgence, j’étais endormie. Ma fille et moi avons failli mourir. En 2015, j’ai fait une seconde fausse couche. Je suis tombée enceinte de mon fils plus tard dans l’année. Cette grossesse fut extrêmement difficile, j’ai été malade tout le long et j’ai subi du harcèlement psychologique au travail. J’ai été arrêtée pendant toute ma grossesse, car j’en pouvais plus d’être malade et d’avoir une ambiance toxique au travail. Heureusement, ma césarienne avec mon fils s’est déroulée paisiblement et dans le bonheur.

Les premières semaines après la naissance de mon fils, tout se déroulait merveilleusement bien. Puis, mon fils est tombé malade à un mois et demi (bronchiolite) et il a été hospitalisé 4 jours. Ensuite, ce fut mon tour d’être malade. Les médecins ont découvert des pierres à la vésicule biliaire. Après plusieurs visites à l’urgence, je me suis enfin fait opérer pour la retirer. La convalescence fut difficile, je me remettais tout juste de celle de ma césarienne et je retombais en convalescence, à être incapable de soulever quoi que ce soit. Difficile avec 2 enfants, une de 2 ans et un de 4 mois.

Mon humeur avait commencé à changer après l’hospitalisation de mon fils, j’étais facilement frustrée, mais après ma chirurgie, c’est devenu pire. J’avais de très grosses sautes d’humeur, toujours en colère contre mon conjoint, incapable de rien faire, toujours fatiguée, jamais envie de sortir ou de voir des amis. Les disputes avec mon conjoint étaient intenses. Je n’ai jamais été une personne colérique ni agressive, mais à ce moment, j’aurais pu le devenir. Je ne sais pas pourquoi, mais c’était toujours contre mon conjoint.

Quand mon fils a eu 9 mois, mon conjoint nous a payé un séjour en amoureux à l’Esterel. J’étais tellement heureuse et soulagée. Le séjour s’est déroulé à merveille, je n’avais même pas envie de retourner à la maison. J’avais l’impression de ne pas m’ennuyer de mes enfants et c’est là que j’ai commencé à penser que je faisais peut-être une dépression post-partum. À notre retour à la maison, la situation est revenue comme avant le séjour.

Un soir où nous nous étions disputés vraiment fort, mon amoureux m’a dit : « Sérieusement, tu n’es plus pareille. Tu as changé. Peut-être que tu devrais prendre un rendez-vous avec ton médecin. » Le fait que lui me le dise m’a insulté ; pourtant je le savais que quelque chose clochait. J’ai pris le téléphone et j’ai appelé à la clinique, un soir de semaine à 17 h 45. Quelles étaient les chances que quelqu’un réponde ? Eh bien, une secrétaire a répondu. Je lui ai expliqué la situation et elle m’a dit qu’elle allait en parler avec mon médecin et me rappeler. À 19 h 30, la secrétaire me rappelait pour me donner un rendez-vous le surlendemain. J’étais sous le choc.

Quand je suis arrivée à la clinique, j’étais convaincue que c’était seulement de la fatigue. J’allaitais mon fils de 9 mois et demi aux deux heures jour et nuit. Mais lorsque je suis entrée dans le bureau et qu’elle m’a demandé comment j’allais, j’ai éclaté en sanglots. Elle m’a regardée et m’a dit : « Je n’ai même pas besoin de te passer le questionnaire, tu es en dépression post-partum modérée. » Elle m’a obligée à arrêter l’allaitement, j’ai débuté la médication et je devais trouver une psychologue.

Je suis sortie de la clinique et j’ai téléphoné à mon conjoint pour lui dire la bombe. Il a été rassurant, même si je savais qu’il ne croyait pas tant à la dépression, mais il devait admettre que je n’allais pas bien. Pendant le chemin du retour, je me rappelais que plusieurs personnes m’avaient dit que d’avoir 30 ans les avait affectées énormément. Et là, me voilà à 2 jours de ma fête de 30 ans, nouvellement diagnostiquée avec une dépression post-partum modérée. Je me disais que ça ne pouvait pas me rentrer dedans plus que ça. Hum… j’avais tout faux.

J’ai rapidement trouvé une psychologue en qui j’avais confiance et à qui je me suis livrée comme jamais. Je savais que j’avais une chance en or de pouvoir me payer une psychologue au privé et d’en avoir trouvé une qui fit avec moi. Mais malgré la thérapie, la médication et le repos, je m’enfonçais dans un gouffre sans fin. La noirceur était partout. J’ai donc décidé de me lancer dans mille projets et d’aider n’importe qui dans le besoin. Mais 9 mois après mon diagnostic et avec une thérapie qui avançait très bien, ça n’allait pas du tout. Mes amies s’éloignaient de moi, je me sentais plus seule de jour en jour. Puis, mes idées suicidaires sont devenues de plus en plus convaincantes.

Un matin, je suis allée porter mes enfants à la garderie. J’avais décidé que c’était cette journée-là que ça se passerait. Que j’allais passer à l’acte. J’étais convaincue que mes enfants et mon conjoint seraient mieux sans moi, que je les ferais moins souffrir si je n’étais plus là à traîner ma noirceur. Je ne me sentais pas à la hauteur comme mère, j’avais l’impression d’avoir échoué, car mes enfants voyaient une maman triste, en colère et qui ne jouait pas avec eux, qui n’avait pas d’énergie. J’avais une séance avec ma psychologue en matinée, je n’avais pas envie d’y aller, mais une force ou une petite voix m’a poussée à y aller.

Lorsque je suis entrée dans son bureau, elle m’a regardée et l’expression sur son visage a changé. Je me suis installée sur le divan en face d’elle. Elle me posait des questions et je répondais le minimum. Puis, elle a commencé à me piquer, à me chercher, à me faire sortir de mon état de silence. Et ça marchait, elle me gossait royalement. Elle s’est mise à me répéter une question : « Qu’est‑ce que tu veux ? » Je ne répondais pas. Mais elle répétait sans arrêt, de plus en plus fort, de plus en plus comme un ordre. Et d’un coup, j’ai explosé. « JE VEUX MOURIR, JE VEUX DISPARAÎTRE, JE VEUX PLUS ÊTRE UN FARDEAU, JE VEUX M’OUVRIR LES VEINES AVEC TON OUVRE-ENVELOPPE, JE VEUX SAUTER EN BAS DE TA FENÊTRE, JE VAIS ALLER M’ÉCRASER CONTRE UN MUR DE BÉTON AVEC MON AUTO. » Et là, je tremblais, je me berçais, je criais des sons ou des mots incompréhensibles. Elle m’a demandé si elle pouvait contacter mon conjoint, j’ai dit non, d’appeler ma mère. Puis c’est flou. Ma mère est venue me chercher au bureau de ma psychologue et elle m’a amenée à l’hôpital. Je n’ai aucun souvenir du chemin, je ne faisais que pleurer. Ma mère me parlait, mais aucun souvenir de ce qu’elle m’a dit.

Arrivée à l’hôpital, on m’a prise en charge très rapidement, en moins de 30 minutes, j’étais assise dans le bureau du psychiatre et un plan était établi. Thérapie plus intensive alternée entre ma psychologue et lui. Il ne prenait plus de patients, mais il a décidé de me suivre en externe. Puis, changement dans ma médication et suivi avec une travailleuse sociale. Je ne faisais plus une dépression post-partum modérée, mais une majeure.

Si ma psychologue, en qui j’avais totalement confiance, n’avait pas remarqué mon changement d’attitude, je ne serais probablement pas là à vous écrire. Mes enfants n’auraient plus de maman et mon conjoint n’aurait plus sa petite femme.

Cindy LB

À toi qui accueilleras ton premier trésor sous peu…

Ma belle amie, je perçois la fébrilité qui t’anime. Je peux ressentir

Ma belle amie, je perçois la fébrilité qui t’anime. Je peux ressentir ce mélange d’angoisse et de bonheur intense imminent simplement à te regarder…

Je veux te dire tant de choses ! Je t’en ai dit, déjà, et tu en as entendu assurément plus que nécessaire 😉, mais j’ai peur que tu oublies… Alors, je m’autorise ce billet, ce soir, pour jeter sur papier ces humbles conseils. Je souhaite qu’ils t’aident à traverser ce moment unique et tant attendu.

D’abord, dis‑toi que ces heures que tu t’apprêtes à vivre seront celles que tu prendras plaisir à raconter mille et une fois à toutes les femmes que tu côtoieras. Ces heures marqueront à jamais ton cœur de femme devenue, en une fraction de seconde, « maman ». 🌷

Savoure chaque instant, profite de chaque seconde. Ces moments sont riches, même s’ils s’accompagnent de douleur. On m’a déjà dit que les douleurs associées à un accouchement ont un sens contrairement à celles occasionnées par une blessure ; elles t’aident à mettre au monde ton enfant ! Et ensuite, elles disparaissent ! On en saisit la portée à chaque contraction… ❤️

Aussi, dis‑toi que tu aideras ton fils à naître, car pour lui, c’est une grande aventure ! Vous ferez un travail d’équipe.

Visualise tous les moments que tu rêves de partager avec lui. Imagine‑le chez toi, chez tes amis, dans ta famille, au parc, sur son mur d’escalade… Tu verras, le temps passera à une vitesse folle !

Surtout, souviens‑toi du privilège immense que tu as : porter un enfant et l’accompagner pour la vie. Ça, c’est toute une chance, mais en t’écrivant ces lignes, je sais à quel point ton cœur est rempli de gratitude. 🌸 

Bref, j’ai entendu beaucoup de récits d’accouchements, mais j’ai si hâte d’entendre le tien. 🌷

Je te souhaite une rencontre marquante et remplie d’amour ! 

Je t’aime mon amie xxx

Karine Lamarche

Enseignante

À toi mon Bébé-Covid

Mon bébé, tu as choisi une drôle de date pour venir au monde… En ce ve

Mon bébé, tu as choisi une drôle de date pour venir au monde… En ce vendredi 13 de l’année 2020, où on nous annonçait la fermeture de toutes les écoles du Québec, moi, j’entrais à l’hôpital pour te mettre au monde. En ressortant de l’hôpital, après cette épreuve de courage, de force, d’endurance et d’amour, le Québec avait changé.

Au début du confinement, je voyais tellement de positif à tout cela. Je me disais que j’avais de la chance de pouvoir t’accueillir dans notre famille, entouré de tes frères et sœurs 24 h/24. Je me disais que nous avions de la chance de pouvoir vivre toutes tes premières fois tous ensemble. Pas d’école pour les grands, pas de garderie pour les petits.

Bien sûr, je savais que ce serait très demandant pour moi. Bien sûr, j’étais aussi inquiète que tu attrapes ce vilain virus. Tu me semblais si fragile. Mais somme toute, je me trouvais chanceuse de vivre ce confinement avec tous mes enfants. En plus, mon congé de maternité m’apportait une sécurité financière que bien des familles n’ont pas eu la chance d’avoir pendant cette période‑là…

Puis, les mois ont passé. Tu as déjà 4 mois, mon Bébé-Covid. Et je comprends aujourd’hui que cette période historique dans laquelle tu es née a déjà une influence sur le bébé que tu deviens.

Avant, tous les bébés adoraient leur siège d’auto. Cette coquille dans laquelle tous les bébés faisaient des allers-retours matins et soirs pour aller à l’épicerie, pour aller chercher les grands à l’école ou pour aller au centre d’amusement. Cette coquille qui pour tous les autres bébés semblait rassurante, tellement ils étaient habitués de s’y endormir. Toi, mon Bébé-Covid, tu as horreur de ton siège d’auto. Les seules fois où tu l’as utilisé, c’était pour des rendez-vous médicaux et ça se compte encore sur les doigts d’une main. Chaque fois qu’on t’y installe, tu hurles jusqu’à ce que l’on t’en sorte. Et ta coquille a fini par prendre la poussière…

Avant, tous les bébés avaient des photos de leurs premiers jours à l’hôpital dans les bras de leurs grands-parents. Toi, mon Bébé-Covid, tu n’auras jamais eu cette chance. Parce que toutes les visites étaient interdites à l’hôpital. Et une fois rendus à la maison, les visites étaient tout aussi interdites… alors tu n’as pas encore connu les bras d’amour de tes grands-parents.

Pour tous mes autres bébés, j’ai pu avoir un semblant de vie sociale. Un cours de cardiopoussette, un cours de piscine pour maman et bébé, des sorties entre mamans, des amies qui viennent prendre un café à la maison… Mais pour toi, mon Bébé-Covid, tout cet univers n’existe pas. Tu n’as pas connu les discussions entre mamans qui ne finissent plus. Tu n’as pas croisé d’autres bébés. Nous ne sommes pas sortis du tout. Et une chance que tu avais des frères et sœurs, parce que je n’ose pas imaginer la solitude si tu avais été un premier bébé…

J’ai une compassion immense pour les mamans qui ont eu un Bébé-Covid comme premier bébé… Elles ont dû tellement se sentir seules… Elles n’ont jamais pu avoir de mamie pour les aider avec le ménage. Elles n’ont eu que des appels téléphoniques pour des conseils d’allaitement ou pour répondre à leurs questions. Elles ont tellement dû se sentir seules avec toutes leurs inquiétudes de premier bébé… Et si vous êtes l’une de ces mamans, sachez que vous êtes courageuse et extrêmement forte.

Et toi, mon Bébé-Covid, tu seras le premier d’une nouvelle génération. Cette génération qui n’aura connu que sa maison. Qui n’aura entendu que les voix de son papa et de sa maman. Qui n’aura senti que l’odeur de son petit environnement. Qui n’aura pas connu d’autres visages encore… Et qui bientôt, on l’espère, connaîtra toutes les petites joies de l’extérieur. Mais sache, mon Bébé-Covid, que tu as le droit d’aimer être chez toi aussi. C’est normal que tu sois plus anxieux quand tu rencontres de nouvelles personnes, de nouvelles odeurs, de nouvelles voix… C’est normal d’être curieux et d’avoir peur de toute cette nouveauté à la fois. Je suis certaine que ta génération sera unique en son genre.

Et vous ? Avez-vous remarqué que vos Bébé-Covid étaient différents ?

Joanie Fournier



Enceinte et amoureuse

Mon amour, depuis des années, je sais que je t’aime. On partage c

Mon amour, depuis des années, je sais que je t’aime. On partage chaque journée du quotidien ensemble. On encaisse les mauvaises nouvelles et on souligne les promotions. Pendant tout ce temps, on a eu nos hauts et nos bas, comme tous les couples. Mais aujourd’hui, il faut que je t’avoue quelque chose… Quand je suis enceinte, je suis encore plus amoureuse de toi que je ne l’ai jamais été. Je veux prendre le temps de t’écrire à quel point je t’aime, et surtout, les raisons qui font de toi la meilleure personne avec qui vivre cette aventure…

1- « T’es tellement belle… » : Tu me répètes tout le temps à quel point tu me trouves belle. Même à l’aube de cet accouchement, même avec 50 livres en plus, même avec mes quatre nouveaux mentons et ma souplesse de camion… même quand moi, je me regarde et que j’ai envie de pleurer. Toi, tu restes avec cette étincelle dans les yeux, rempli d’amour et de gratitude pour la vie. Tu me répètes que tu me trouves belle de la tête aux pieds, pis en plus, tu le penses.

2- Ta présence. Je te sens auprès de moi à chaque seconde. Même quand tu es au travail, je sais que tu t’inquiètes pour moi, pour nous. Je sais que tu t’inventes du temps dans la journée pour m’écrire un texto, juste pour savoir comment je vais. Tu t’inquiètes quand je vomis, tu t’inquiètes quand j’ai des contractions. Je te sens près de moi, tout le temps. Même la nuit, quand je me lève aux heures pour aller aux toilettes… Je sens que ton sommeil devient plus léger, comme pour guetter le moindre signe qui pourrait indiquer que j’aurais besoin de toi.

3- Quand on parle de l’accouchement, tu deviens vulnérable. Tu appréhendes ce moment parce que tu sais que tu t’y sentiras si impuissant. Tu me répètes que même si je veux accoucher naturellement, j’ai le droit de flancher si j’ai trop mal. Tu me répètes que tu as si peur de me perdre, moi. Tu l’aimes ce bébé, de tout ton cœur. Mais c’est à moi que tu penses quand tu as peur que ça tourne mal… Et moi, je te rassure en te disant que tout va bien aller, même si au fond, moi aussi j’ai peur.

4- Tes petites attentions. Parce que chaque fois que tu me ramènes du chocolat, tu me confirmes que j’ai choisi la bonne personne avec qui partager ma vie. Chaque petit déjeuner au lit le samedi, je sais que tu le fais avant que les nausées arrivent. Chaque fois que tu m’apportes une doudou sur le divan, pour me réconforter. Même si je n’ose pas te dire à quel point il fait chaud dans mon corps, je m’enroule dedans, juste parce que je me sens aimée.

5- Et mes sautes d’humeur! Ces crises qui pourraient faire fuir les plus trouillards… Mais pas toi. Toi, tu me regardes pleurer sans raison, manquer de patience et même te crier dessus, et parfois, je le vois, ton petit sourire en coin… Celui qui confirme que j’ai l’air un peu folle en ce moment… mais qui est tellement rempli d’amour en même temps… Ce petit sourire qui dit que ça va passer et qu’on va en rire dans quelques semaines ensemble. Parfois, même deux secondes après une grosse crise, on se regarde et on pouffe de rire ensemble. Parce que moi aussi, je me trouve ridicule…

Mon amour, je n’aurais pas pu choisir un meilleur humain pour partager la parentalité. Je suis fière de porter ton enfant, je n’aurais pas voulu l’avoir avec personne d’autre sur cette Terre. Même avec Nick Carter. Je t’aime. Tellement. J’ai hâte de te présenter ton fils, j’espère qu’il te ressemblera. Merci d’être si attentionné avec moi, avec nous. Merci de m’aimer autant que je t’aime.

À tous les partenaires de vie remplis d’amour… Merci…

Joanie Fournier