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Promets-toi de t’aimer en premier… Texte : Sophie Barnabé

Ma fille, t’as l’droit d’avoir peur quand t’écoutes les nou

Ma fille, t’as l’droit d’avoir peur quand t’écoutes les nouvelles… parce que c’est vrai que c’est souvent épeurant. On frissonne chaque fois qu’on entend des mots définissant trop de maux qui n’ont malheureusement rien de nouveau. Les mots marquants prononcés trop souvent : abus, violence, féminicide… Des amours qui ont mal viré, des souffrances jamais avouées, une détresse insoupçonnée. J’aimerais savoir exactement quoi t’dire pour t’éviter de tomber dans les bras d’un homme qui aime mal. J’me sens parfois dépassée et maladroite pour t’en jaser… Je remercie le ciel. Ça ne m’est jamais arrivé.

J’imagine que pour en arriver là, c’est souvent sournois… Tranquillement, il y a des rires jaunes, des petites insultes ici et là, puis un « pardonne-moi »… Du mépris écrasant, des cris à 2 pouces du nez, une main trop serrée sur un bras menacé, puis un « je t’aime tellement ». T’sais ma fille, l’amour qui t’rabaisse, l’amour qui t’fait mal, l’amour qui te draine, l’amour qui t’culpabilise, c’est pas d’l’amour ça, ma fille. J’te jure, c’est pas ça l’amour.

On manque de doigts pour compter les féminicides des quatre derniers mois. Dix, crisse ! Le même nombre qu’on compte normalement trop de fois en une année. Ça me serre en dedans en pensant à tout ce qui peut se passer derrière les portes closes et qu’on n’entend pas aux nouvelles.

Mais quand on aime, c’est tellement fort ! Quand il décide qu’il t’emprisonne, il est tellement fort… On te sensibilise, on te crie tes droits, mais au-delà des paroles, on l’sait toutes que l’amour enivre, l’amour rend aveugle. J’ai envie de t’dire : « Ouvre les yeux avant qu’ils n’aient le réflexe de se fermer devant le poing que tu penseras mérité ».

Je regarde ce qui te valorise, les modèles que tu admires, ce qui te fait rire, les rêves auxquels tu aspires… Entre ma coolitude et ma bienveillance, je ne sais parfois plus quoi penser. Entre ce qu’on te dit et ce qu’on te montre, il y a un monde… J’ai peur que la pression sociale et les messages que ta génération t’envoie t’aspirent comme une vague de fond. Quand on parle d’amour, de couple et de respect, c’est censé être beau, c’est censé te gonfler le cœur et te décrocher un sourire. Pourtant, on te dit quelque chose, mais on t’en présente une autre. J’te comprendrais si t’étais mélangée…

T’es de cette génération où les meilleures danseuses sur TikTok sont celles qui se penchent par en avant, les fesses dans les airs et qui zignent comme le fait ton chien. Quand ce sont elles, tu trouves ça bien, mais quand c’est ton chien, tu interviens. T’es de cette génération où le bestial semble normal et où la pudeur est synonyme d’ennui. Rappelle-toi qu’une relation saine est consentante. Ma fille, promets-toi de dire non quand t’as envie de te fermer les yeux parce que ce que tu fais juste pour lui plaire ne te rend pas fière…

T’es de cette génération qui envoie des photos explicites à des gars qui les montrent allègrement à leurs chums qui s’excitent. Comme si la notion d’intimité s’était évaporée. C’est pourtant tellement beau cette complicité… T’es de cette génération exposée à tant de vulgarités qu’elles en deviennent des banalités. Ces « c’est pas grave » et ces « y’a rien là » imprégnés comme l’encre d’un tatouage dans ton cerveau se traduiront comment dans ta maison une fois la porte fermée ? Rappelle-toi qu’une relation saine est riche de moments complices. Ma fille, promets-toi de ne pas tout partager ce qui est normalement réservé à l’amoureuse intimité !

Tu es de cette génération qui absorbe des infos et des images à la chaîne, sans rien remettre en question. Ta vie défile à vitesse grand V, un rythme qui t’empêche de te déposer. Tu suis la parade parce qu’elle te dicte ce que tu crois être la normalité. T’as beau te faire répéter combien l’amour c’est fort, combien les caresses sont douces, combien le respect est primordial, mais j’avoue que quand tu m’entends rire avec mes copines en disant qu’on rêve toutes d’un Christian Grey, ça s’peut que, faute de discernement, tu penses que c’est le modèle de relation convoité… Mea Culpa… Rappelle-toi qu’une relation saine est stimulante. Jamais contrôlante. Ma fille, promets-toi de te questionner quand tu sentiras ta liberté emprisonnée !

Tu es de cette génération pour qui l’image parfaite est plus importante que la souffrance que tu pourrais garder secrète. Quand je regarde les réseaux sociaux, tout le monde y met de belles photos… Y’a pas une femme qui s’affichera avec des doigts tracés sur ses bras. La fille qui s’est fait crier qu’elle était une ostie d’conne ou une salope par son chum n’en parlera pas sur le bord d’la machine à café. Elle passera pourtant ses moments de silence à se demander ce qu’elle a fait pour le provoquer… Ma fille, promets-toi de te confier quand t’auras envie de mentir pour embellir ta vie par peur que ça empire.

Ma fille, t’es à l’âge où tu rêves d’avoir un chum comme si sans ça, t’étais rien… T’es à l’âge où t’es prête à tout pour te faire aimer, où t’es prête à tout pour ne pas être rejetée… T’es à l’âge où tu passes des heures devant le miroir pour plaire plus aux autres qu’à toi… Rappelle-toi qu’une relation saine, ma fille, ça part de l’amour que tu as en premier pour toi.

Sophie Barnabé

3 trucs simples pour se valoriser au quotidien — Texte : Kim Boisvert

Avec les médias sociaux et les nouveaux canevas de publicité, faut

Avec les médias sociaux et les nouveaux canevas de publicité, faut pas se leurrer, nous sommes quotidiennement bombardé-es de photos les plus parfaites les unes que les autres, d’articles qui parlent de perte de poids et de comment se sentir plus beau-belle.  Hey, qu’on se le dise, ça ne sert à rien de lire ces articles. Quand tu lis un article sur du Fat shaming, il n’y a RIEN de positif qui en ressortira. Rien pantoute comme dans pas pantoute, comme dans — 1000. Impossible que rendue à la fin, tu te dises : Oh là, j’suis donc ben contente de savoir maintenant que je dois absolument mettre tout ce qui n’est pas ferme dans une gaine pour sortir prendre un verre avec mon Homme. Fiou, j’aurais pu avoir honte si je n’avais pas lu l’article !

Non. Le contraire est plus probable. Tu vas te mettre à culpabiliser, à te regarder dans le miroir et justement, à te body shamer toi-même encore plus, parce que quelqu’un quelque part aura écrit que ce que tu es, ce n’est pas suffisant. Voyons, tu dois être mieux ! Être mieux, c’est intéressant parce que ÊTRE, ce n’est pas ça, la base de la vie ? Juste être soi-même, exister ?

J’avais envie de te partager mes trucs à moi, qui m’aident à me rappeler que je suis plus qu’un nombre sur une balance, plus qu’un reflet dans le miroir.

REMERCIE TON CORPS

Lorsque j’ai commencé le yoga, je croyais sincèrement que c’était réservé aux athlètes. À mesure que mon corps a compris les mouvements, ma tête quant à elle, a arrêté de me juger.  La première fois que j’ai réussi à passer d’un chien tête baissée à une fente pour monter un guerrier, je suis venue les yeux pleins d’eau. J’étais CAPABLE de mettre mon pied entre mes mains. Et ça, c’était magique. Mon corps était CAPABLE. J’étais CAPABLE. Je me souviens ce soir‑là, lors de ma méditation, j’ai remercié mon corps d’être aussi fort et je me suis pardonné de lui avoir créé autant de misère.

Prends le temps de remercier tes jambes de te porter jusqu’au travail. Ouais, ça se peut que ta culotte de cheval soit plus une écurie au complet, et puis ? C’est ton corps, ce corps qui te permet d’aller à la rencontre de ta meilleure amie un vendredi soir pour prendre un café à deux mètres de distance.

TROUVE UN ÉLÉMENT DE TON VISAGE QUE TU AIMES

Simplement, prends le temps de te regarder de proche dans le miroir. Pas à la va-vite, en te regardant le derrière. Non, de ben ben proche. Fais de la buée dans le miroir tellement tu es proche. Et là, regarde ton visage seulement, tes cheveux. Nomme un élément qui est absolument magnifique sur ta personne. Il y a de fortes chances que tu trouves que tu as des yeux complètement débiles. Une bouche à faire rêver ou des cils longs comme l’horizon. Tu as peut-être la peau douce ? De beaux sourcils fournis naturellement ? Sérieusement, nomme cette beauté de ton visage à voix haute en te regardant dans les yeux. C’est fou à quel point tu es déjà beau ou belle ! Quelqu’un qui ne t’a jamais vu n’a pas le droit de te donner des trucs pour être PLUS, tu es tellement époustouflant-e à la base !

ÉCRIS UNE RÉUSSITE PAR JOUR

Lors d’une période un peu creuse où je croyais que mon corps était tout ce qui était important, je me suis fait conseiller de trouver un aspect positif dans ma journée, aussi mini soit-il, et de l’écrire dans un journal (mais tu peux aussi simplement prendre le temps de faire l’exercice dans le lit avant de te coucher !) Une simple chose que j’avais faite, que j’avais accomplie. Au début, c’était « Prendre une douche ». Ensuite, ça s’est changé en « Appeler une amie et l’inviter à prendre un café » et ensuite, c’est devenu « Je suis allée courir dehors parce que ça me tentait ». Écrire nos réussites nous aide à voir tout le chemin accompli et à constater à quel point on en fait ben en masse.

N’essaie pas de devenir quelqu’un. Aie comme simple objectif d’être toi. Tu es tellement magnifique, inside-out. Si tu as des moments où tu as moins d’amour envers toi-même, demande-toi d’où vient ce sentiment.  De toi ou des autres ? Il y a de fortes chances que ça provienne d’un élément extérieur. Alors, reprogramme ta pensée et ressors tes compliments. Relis tout ce que tu es capable de faire dans une journée ou tout ce que ton corps te permet d’accomplir ! Ce qui est beau, c’est que tu as la chance d’être unique. Ça, c’est magique, non ?

Kim Boisvert

Tu m’aimes-tu ? Texte : Kim Boisvert

« Tu m’aimes-tu ? »

C

« Tu m’aimes-tu ? »

Ces mots-là, je les ai dits plus souvent qu’autrement. Je les ai lancés dans le vide en espérant que mon homme ou n’importe qui les attrape. Sauf le voisin, qui passe probablement la majorité de ses soirées à écouter du porno. Là, je ne voudrais pas de réponse. Ça va aller. Prends ton KY pis tes kleenex, j’vais prendre mon insécurité pis ma fierté et rentrer.

Roger, mon manupuncteur, aurait dit que c’est égoïste de décider des sentiments des autres. C’est ben vrai. Alors je valide, trop souvent.

Ces quelques lettres forment une question plutôt banale qui ne veut rien dire d’autre que : « Tu m’aimes-tu ? »

Parce que non, ce n’est pas la même question si on dit :

  • Est-ce que tu m’aimes (est-ce que je suis la seule ici à compléter par…  Est-ce que tu m’aimes encore… Céline Dion, non ? Ok.)

Ou

  • Tu m’aimes-TU ?

C’est complètement différent. Ça donne l’attention à l’autre, le questionne deux fois, avec une belle faute de syntaxe. Mais c’est simple. On veut juste savoir si à cette minute-là, on est aimée. Parce qu’à cette minute-là, on s’aime pas assez soi-même.

Ça prouve deux fois plus l’insistance et le besoin d’une réponse. « Tu m’aimes-tu », on demande ça pour se réconforter, parce que ça fait longtemps qu’on n’a pas entendu la réponse ou simplement pour se surprendre. Parce qu’au moment où on dit ces mots, parfois, on est certain du contraire. Quand on le demande, c’est un peu comme si on cherchait Edgard, le toutou en peluche qui sauve tout. C’est comme si on prenait un doudou très fort dans nos bras et que ce petit bout de polyester ou de fibre de bambou venait nous calmer.

« Tu m’aimes-tu », c’est un signe clair de manque de confiance en soi ou de besoin d’attention. C’est une demande banale qui cache un grand inconfort. Le simple : ben oui mon amour, nous remet dans un état un peu second : oh ! il a dit BEN oui, comme si c’était obligé, c’est peut-être pour cacher que non. J’tellement fille. Dites pas que vous n’avez jamais fait ça, je ne vous croirais pas. Mais souvent ce ben oui est accompagné d’un flattage de cuisse, d’un colleux ou d’un : viens donc ici avec un bec déposé sur le front. Ce dernier est mon préféré. Ben oui, viens donc ici, avec les bras ouverts, prêts à nous accueillir, moi pis mon incertitude momentanée.

« Tu m’aimes-tu » n’est pas tant quand on questionne notre couple que quand on se questionne soi-même. Si je m’aime assez ? Probablement pas. Sinon beaucoup de comportements malsains ne feraient plus partie de ma vie. J’ai donc besoin de l’entendre d’une bouche, souvent de celle qui a le plus d’importance, après moi-même et les deux mini moi. C’est triste de poser cette question, mais si on peut la demander, c’est qu’on n’est pas seul.

Kim Boisvert

Semaine de Self-love pour célibataire – Texte: Kim Boisvert

Temps de jouissance et de réjouissances se montrant habituellement

Temps de jouissance et de réjouissances se montrant habituellement sous une forme extrêmement kitsch de rose, de rouge et de grandes consommations partout dans les magasins. Cette année, on se garde le french Tinder pour nous alors que la déprime de Saint-Valentin en solo est aussi forte que notre haine grandissante pour les arcs-en-ciel. Pu cap’.

En ce mois de l’amour, je vous partage un élément de self-care archi simple à intégrer pour chaque jour de la semaine, et je vous invite à t’engager envers toi-même. C’est même pas long et anyway, t’as déjà fait le ménage de tes armoires depuis le temps.

LUNDI

Aujourd’hui, je te propose de lire cinq pages d’un livre que tu as toujours voulu lire, mais que tu disais que t’avais jamais le temps. Lis en marchant, si tu veux. La tête à l’envers. Dans le bain. Le p’tit au sein. En brassant ta sauce à spag. Juste cinq pages. Pour toi.

C’est quand la dernière fois que t’as lu un livre ?

MARDI

Facile : marcher dehors, sans musique. Sans rien. Sans enfants. Si possible. Sinon, awaye dans poussette pis donne-leur du chocolat. Tu gèreras le sugar rush plus tard.

Sincèrement, depuis quelques mois, je ne pourrais plus compter le nombre de fois où j’ai simplement marché dans la basse-ville d’un bout à l’autre, froid ou non.

Entendre mes bottes faire craquer la neige sous chaque pas. Sentir le froid sur mes joues.

Prends donc cinq minutes. Juste cinq. Va voir si tu ne serais pas dehors.

 

MERCREDI

Mets de la mousse. Ou une bombe de bain. Ou de l’huile. Ou des herbes.

Prends un long bain avec un petit quelque chose de spécial et recharge tes batteries à toi, ce soir. T’sais la bombe de bain de chez Lush que tu gardais pour une occasion spéciale? Eh bien, c’est là. Parce que t’es freaking amazing.

Parce qu’aujourd’hui, c’est une occasion spéciale. Tous les jours ça l’est, en fait. On attend un jour parfait pour faire x. Pour mettre notre nouveau chandail ou pour enlever le petit plastique protecteur de l’appareil, mais au final on se retrouve à repousser un moment de bonheur. Un moment doux. Un petit plaisir qui fera un baume sur une journée, un moment. Ton corps a besoin d’amour. De calme. Et mérite un petit plus.

Faque prends un bain avec ton bain moussant que t’as eu à Noël par la poste. Tu vas en recevoir un autre pareil dans quelques mois anyway.

JEUDI

CIAO BYE. Aujourd’hui, drôle de douceur : retire des gens de ta vie et par le fait même, de ton Facebook.

Supprime-moi ça, les gens qui fouinent, mais qui ne sont jamais là pour les bonnes raisons. Ou jamais là tout court. Des anciens amis du primaire ou les anciens collègues pas rapport. Des anciennes dates de passage que tu te sens mal de supprimer parce que tu as mangé des sushis quelques vendredis soirs collés. OUT.

C’est plutôt simple. Mais ça permet d’entrer de nouvelles personnes dans nos vies. Pis ça, c’est d’l’amour.

VENDREDI

Le défi de cette journée est de faire une activité que t’aimes, un peu weird ou inhabituelle. Moi perso, c’est d’aller laver mon char.

J’adore le lave-auto. J’aime que ma voiture soit propre et la mousse tricolore me rend ben ben excitée. C’est plutôt beau, de la mousse de licorne. Ça sent la gomme balloune pis toute.

Alors ose donc faire des activités pas rapport, pas dans la bonne saison ou que tu te dis que c’est donc ben niaiseux.

Ça change la routine. Pis ça, c’est du bonheur assuré.

P.-S. Avec les Backstreet Boys en background, c’est un must.

SAMEDI

Sincèrement, la sexualité féminine est magnifique et puissante. Et encore tabou. Des pénis, on peut en dessiner de tous les genres. À l’inverse des vulves !

Dans un épisode de Goop sur Netflix qui traitait de l’orgasme féminin, j’ai comme eu un déclic.

Ça parlait de la connaissance de son appareil et de comment bien se satisfaire pleinement.

En solo.

Eh bien mesdames, aujourd’hui, le défi est de lire sur la sexualité féminine. Je vous suggère Betty et ses conseils, mais faites-vous plaisir et trouvez une source qui vous a toujours tentée, et plongez !

Parce que si tu fakes avec ton partenaire, c’est comme laisser des miettes de pain indiquant le mauvais chemin. Et ça va se répéter. À l’infini.

Prends donc le temps de te connaître en solo !

https://dodsonandross.com/

DIMANCHE

La Saint-Valentin seule, bof bof. Une fausse date Tinder par Facetime ark ark.

Mais par exemple, la journée complète dans un kit sexy de lingerie qui te fait tripper, tu te sens femme. Rien à ton épreuve. ON S’EN FOUT que t’aies personne à qui le montrer. Perds pas ta soirée à swiper le desperate pour qu’il te dise que t’es sexy.

Nanon. Don’t need a man.

T’as le droit de mettre ta lingerie juste pour toi. Je t’encourage à le faire, tellement. Pas juste à la Saint-Valentin. Mardi prochain. Pis lundi soir en écoutant Friends.

Si t’en as pas, c’est un double défi ! Essaie différents trucs. Pis au pire, amuse-toi et commande-toi un kit sur Amazon.

Octroie-toi le droit d’afficher ton sex appeal à toi-même.

Allez, va chercher ton kit et sers-toi une coupe de vin! On veut savoir si Rachel et Ross vont finir ensemble!

Bonne St-Valentin mes délicieuses!

Kim Boisvert

Éloge à mon corps — Texte : Karine Larouche

À toi, mon petit corps d’amour. C’est rare hein que je t’appe

À toi, mon petit corps d’amour. C’est rare hein que je t’appelle comme ça, avec autant de délicatesse ? Je le sais que notre relation n’a pas toujours été très bonne. Je n’ai pas pris soin de toi comme tu le méritais. Je ne t’ai pas souvent chouchouté. Je t’ai « bardassé », parfois plus brusquement que j’aurais dû. Je n’ai pas souvent pris le temps de t’écouter. Je t’ai souvent intimidé en te traitant de toutes sortes de noms, en te dénigrant. J’ai rarement pris la peine de te dire comment tu étais magnifique. Je t’ai ignoré. J’ai ignoré tes signes, j’ai préféré pousser ma limite… du même coup la tienne. Je m’en excuse, sincèrement.

Aujourd’hui mon petit corps d’amour, on a passé à travers toute qu’une épreuve. Au départ, je t’en ai voulu de m’envoyer un cancer à mon âge. Je jouais la victime en me demandant ce que j’avais bien pu te faire pour mériter ça. Plus tard, la colère s’est envolée et une certaine sagesse s’est installée. Là j’ai compris, j’ai vu, j’ai entendu les signes que tu m’as déjà envoyés et que je balayais sous le tapis. J’ai compris que je me devais d’être plus délicate, bienveillante et douce envers toi. J’ai compris que tu étais en train de te noyer et qu’avec ce cancer, tu espérais pouvoir sortir la tête de l’eau pour de bon.

Tu sais, mon petit corps d’amour, on a combattu ensemble le méchant, l’intrus comme je l’appelle. Puis, tu t’es tenu bien droit devant l’adversaire. Je n’ai pas été envoyée au plancher. J’ai continué de fonctionner. Par contre, cette fois je t’écoutais, je prenais le repos et l’amour dont j’avais besoin. Tu sais, le mot « chimiothérapie » fait peur en maudit. On s’imagine couché tous les jours pour quelques mois. On s’imagine vomir partout. On s’imagine chauve du coco, mais aussi sans sourcils et sans cils. On s’imagine avoir l’air malade. On s’imagine qu’on ne pourra plus faire d’activités. Le pire est qu’on imagine que le moral en prendra un coup et ira visiter les bas-fonds. Mais toi, mon petit corps d’amour, tu as déjoué mes pensées les plus sombres. Tu n’as pas vomi, tu n’en as pas vraiment eu envie. Tu m’as permis de monter des montagnes, de prendre des marches, de faire du vélo pendant les traitements. Oui, toi et moi on prenait quelques jours de repos, mais au final, ce n’était rien. On a déjoué les gens qui disaient que je n’aurais plus de cheveux, de cils et de sourcils. J’ai gardé un peu de tout, même qu’il me restait encore beaucoup de cheveux (ok, ok, je sais je les ai rasés à 1 pour qu’ils tombent beaucoup moins).

On a déjà fait trois rounds ensemble, on a travaillé en équipe cette fois et tu sais quoi ? J’ai confiance que cette expérience sera enrichissante pour notre relation. Je n’ai pas encore la confirmation à 100 % que le crabe est parti, mais la chirurgienne s’est tout de même avancée à me dire que ça lui surprendrait qu’il reste des traces de lui. Tu sais que c’est une merveilleuse nouvelle. Notre travail aura un beau résultat. Merci d’avoir été là pour moi. Je te promets qu’en retour, je serai là pour toi aussi.

Avec amour, Karine Larouche

P.-S. Ce texte ne veut en rien banaliser la chimiothérapie, je crois que certaines personnes peuvent l’avoir plus durement que je l’ai eue. Peut-être qu’à 34 ans les coups se prennent plus « facilement ». Courage à toutes celles qui passeront par là.

Aide-moi à m’aimer

Vieillir n’est pas un moment de gloire pour tout le monde. Chacun

Vieillir n’est pas un moment de gloire pour tout le monde. Chacun va vivre sa petite affaire à sa façon et le courant de sa vie va continuer. Je me souviens que quand j’étais petite, on me disait souvent que vieillir était difficile autant pour le corps que pour l’esprit. Honnêtement, je n’y croyais pas. Je regardais autour de moi et les gens que je voyais, je les trouvais beaux. Je ne comprenais pas cette urgence de vivre que certains exprimaient et ce mal de vivre que d’autres démontraient. Aujourd’hui, à l’aube de mes 38 ans, je comprends.

Où est passée la fille de 20 ans énergique qui mordait dans la vie ? Qu’est devenue la demoiselle pleine de fougue que j’ai jadis été ? Personne ne m’avait parlé de cette préménopause arrivée trop vite. De ses symptômes aussi anodins que dérangeants. Comment est-ce possible de s’aimer avec autant de changements ?

Quand j’entendais « préménopause », je voyais cette dame plus vieille qui vivait un calvaire. Aujourd’hui, quand j’entends « préménopause », je me vois… moi ! Moi, la fille qui n’a jamais vu cela arriver, moi la fille qui vivait dans le déni. Aujourd’hui, je dois vivre avec les changements et maudit que je trouve cela difficile de m’aimer.

Est‑ce que j’ai tant changé ? Est-ce que tout cela va finir par arrêter ? Des questions que je me pose régulièrement pour ne pas dire trop souvent. Oui, il y a les fameuses bouffées de chaleur, les changements d’humeur et les changements physiques, mais il y a aussi les changements que vous ne voyez pas.

Avant, je n’avais jamais eu peur de vieillir. Je me disais que comme un bon vin, j’allais m’améliorer avec le temps. Il est vrai que l’on s’améliore, il est vrai que nous évoluons, mais est‑ce toujours pour le mieux ?

Des petites rides au coin de mes yeux, des vergetures sur mes cuisses, des cheveux blancs qui se pointent dans tous les sens et une fatigue de plus en plus présente. Je sais, je ne devrais pas me plaindre. Je suis en pleine forme et ce ne sont que de petits inconvénients de la vie, mais maudit que c’est difficile de s’aimer quand on y est confronté.

Avec du recul, je comprends que personne ne peut vraiment m’aider dans cette acceptation de mon nouveau moi. Je dois aussi apprendre à vivre avec ces petits changements pour évoluer avec le temps. Je sais qu’aux yeux de mes enfants, je serai toujours la plus belle ; qu’aux yeux de mon amoureux, je suis la même qu’il y a 10 ans et qu’aux yeux de mes parents, je suis cette enfant qui grandit. Il faut juste me donner du temps. Je dois m’accorder ce délai pour réapprendre à m’aimer telle que je le suis. Au-delà des apparences, au-delà des changements, je dois retrouver celle que j’étais pour faire un tout avec cette nouvelle moi. Je dois m’aider à m’aimer…

Véronique Daigle

M’aimer comme je t’aime

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Ma douce fille, tu es née il y a maintenant plus de trois mois. Tu es extraordinaire. Allumée, calme et tu bouges déjà beaucoup. Je sens que tu vas nous faire courir, ton père, ton frère et moi. Tu es bien dodue aussi. Déjà, tes bras sont pleins de plis et ton ventre déborde par-dessus tes couches. Tes grands sourires qui soulignent ton double menton me font craquer. Je trouve cela magnifique et je suis fière que ce soit mon lait qui te nourrisse ainsi.

 

Pourtant, quand je regarde mes plis de bras à moi, mon ventre qui déborde par-dessus mes pantalons et mes grands sourires qui soulignent mon double menton, je n’ai pas la même réaction.

 

En fait, c’est une montagne russe mon affaire. Des jours, je me trouve belle; des jours, je ne pense pas à mon corps; des jours, je suis gênée de rencontrer les gens de mon entourage par peur de leur réaction; des jours, je me compare aux autres mamans. Tu vois, tout ça, ça m’appartient. Ça n’a rien à voir avec toi ni avec ma grossesse, ces peurs‑là, elles étaient en moi avant et je n’avais jamais fait la paix avec elles.

 

Je pense que les bébés nous offrent la chance de grandir, de travailler sur nous. La période périnatale est un révélateur de notre identité la plus profonde et des tourments qui l’accompagnent. Parce qu’avec tous les bouleversements de la parentalité, tant positifs que négatifs, les masques tombent. Le plus beau comme le plus laid ressortent de nous-mêmes et j’ai décidé d’accepter les deux côtés.

 

Évidemment, il y a un contexte social, une pression de performance, une valorisation de la perte de poids postpartum. Mais ma fille, sache que nous ne sommes pas des victimes. Sache que tu as du pouvoir sur ta vie, sur tes souffrances et tes blessures futures. Mon corps, il ne sera jamais comme avant… ni comme avant la grossesse ni comme avant rien en fait. Il évolue, se transforme, s’adapte. J’ai envie de lui faire confiance à ce corps si puissant qui m’a permis de créer, de porter et de donner la vie. Manger quand j’ai faim, bouger quand j’en ai besoin et me reposer quand je n’ai plus d’énergie.

 

Je n’ai pas envie de passer la majeure partie de mon temps centrée sur moi-même, sur mes démons et mes doutes. Ta venue dans notre famille, ma fille, me permet de devenir une meilleure personne, de travailler sur moi et d’enfin m’aimer comme j’aime mes enfants : inconditionnellement.

 

Roxane Larocque

La promesse

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J’aimerais vous dire que cette histoire est une histoire. Mais non. C’est mon histoire vraie. 

 

Tu fais quoi quand le désespoir te frappe et que tu réalises que même avec un enfant d’à peine un mois, son comportement ne changera pas et que tu sors en catastrophe de la maison avec ton enfant contre toi, te retrouvant dans la rue à marcher de long en large, le corps et la tête en panique parce que tu réalises que tu veux fuir, mais qu’à force de céder à l’abus financier, tu es sans le sou, que tu n’as plus de travail, pas de voiture, que tu es isolée et complètement coupée du monde extérieur et que tu gardes en secret la réalité dans laquelle tu vis bien enfouie au fond de toi et que tu t’es habituée à rester dans le silence…

Eh bien, tu commences par regarder cette enfant qui vient de naître et tu constates toute la vulnérabilité de ce petit être complètement à la merci de son monde extérieur. Tu en fais ton levier, tu te rappelles ce privilège et tu prends l’engagement : «Jamais tu ne vivras ce que j’ai vécu. Tant que je serai ta mère, jamais je ne te laisserai vivre dans la violence. Je te promets de tout mon être de t’offrir un milieu sain et sécuritaire dans lequel tu pourras t’épanouir et apprendre à briller de tous tes feux.»  Tu ne sais pas comment faire, mais tu lui promets et tu ne perds pas de vue cette promesse…

Mais tu fais quoi quand, malgré la promesse, graduellement, insidieusement, le sentiment d’impuissance prend toute la place à cause de ses manipulations perverses, de son harcèlement en continu, de ses «Crisse de pas bonne» quotidiens et de ses menaces de «Crisse ton camp et je te fais la peau»… et tout ce que tu sembles savoir faire est de garder le silence parce que tu sais que c’est la seule façon de contrôler les crises, et que tu t’étends sur le lit et le laisses faire ce qu’il a à faire… Quand ton estime part en fumée, mais qu’heureusement, après ces sacrifices de toi-même vient un moment de répit… alors tu t’en sers et tu te souviens de la promesse que tu as faite à cette enfant. Tu choisis donc de faire un petit «grand» pas…

Tu commences à en parler… Mais pas à n’importe qui, tu veux te protéger et tu veux agir avec délicatesse. Tu en parles donc spontanément à l’infirmière du CLSC qui est venue te rendre visite un lendemain de crise. Tu craques, tu baisses les armes et la peur dans les yeux, tu lui dis : «J’ai besoin d’aide.»

Avec courage, tu suis les directions qui te sont proposées, mais le cœur serré parce que la DPJ intervient et tu as peur de perdre ton enfant. Tu es déstabilisée et tu n’es pas convaincue à cause du lavage de cerveau que tu as reçu pendant des années qui t’a fait normaliser la violence et t’a coupée de ton senti. Tu collabores quand même, alors tu sors de la maison avec ton bébé naissant, tu écoutes les intervenants t’éduquer sur la violence conjugale, tu vas aux rencontres hebdomadaires qui te sont imposées et, malgré ces efforts, il réussit avec son charisme légendaire à te convaincre et à te faire entendre ses promesses à travers ses menaces que tu n’entends plus. Tu retournes à la maison parce que cette fois-ci, tu as une impression d’être en pleine possession de tes moyens et tu te crois capable de transformer tout cela en un portrait de famille harmonieux. Tu as l’impression de remplir ta promesse…

Mais tu fais quoi quand tu réalises que ses promesses à lui n’étaient qu’un feu de paille et que tu réalises que rien n’a changé à part son comportement qui est devenu de plus en plus insidieux, jusqu’à te faire douter de ta santé mentale, et que tu fais le constat amer que tu n’es plus que l’ombre de toi-même… Quand tu te tapes dessus, tu as honte, tu veux te cacher, tu vois ton existence s’effriter et tu veux disparaître, mais tu entends ton enfant pleurer au loin et tu te souviens de ta promesse…

Alors tu choisis la vie, sauf que maintenant, tu te sens mourir et tu as peur de mourir en quittant cette relation. Mourir en dedans, mourir en dehors… Eh bien, tu te dis que tant qu’à mourir, aussi bien tenter ta chance de partir. Alors tu décides, intérieurement, secrètement, de quitter coûte que coûte cette relation. Tu tiens à remplir cette promesse, tu te prépares et tu uses de stratagèmes.

Sauf que dans ce nouveau choix, tu es confuse; la peur est omniprésente, c’est le néant total, tu te sens épuisée et impuissante, mais tu es responsable de cette enfant. C’est donc non négociable, tu te rappelles ta promesse.

Alors, sans trop savoir comment, tu cesses de te battre, tu te regardes en pleine face et tu acceptes le constat de ta vie. Tu entreprends donc le plus grand voyage que tu aies connu : tu sautes dans ce vide en toi et tu réalises tout ce manque d’amour présent en toi, pour toi. Tu rencontres tes regrets, tes déceptions, tes culpabilités. Tu pleures, tu piques tes crises, ça fait mal, mais au moins, tu t’entends et ça, ça te fait le plus grand bien.

Petit à petit, cet espace se comble avec l’amour que tu commences à te donner. Un sentiment de confiance s’installe et tu arrives à choisir la foi au-delà du doute qui persiste. Tu continues à plonger en toi, à écouter et considérer ce que tu ressens en toi, et tu commences à agir en fonction de ce qui se passe en toi uniquement. Tu apprends, discrètement, à prendre soin de toi. Tu décides enfin de te montrer loyale envers ce qui est important pour toi et graduellement, tu agis en conséquence et la vie te montre le chemin, fluidement, jusqu’au jour «J».

Ce jour-là, à force de te choisir et sans rien forcer, le courage arrive et tu lui annonces que tu pars. Tu ne le quittes pas, tu pars parce que tu te choisis et tu sens que c’est ce que tu as à faire. Mais ça, lui, il ne le comprend pas. Ses réponses donnent froid dans le dos et son comportement te foudroie et te traumatise, mais tu gardes le focus parce que maintenant, tu sais qu’en maintenant le cap sur ce qui se passe en toi, l’erreur est impossible. Parce que tu t’es rapprochée de ton senti, tu es capable de ressentir l’épée de Damoclès au-dessus de ta tête qui ne permet aucune «erreur émotionnelle» et tu ressens le danger. Alors tu agis en conséquence.

Tu tends donc la main pour que l’on t’aide. L’artillerie au complet se présente : policiers, intervenants, DPJ, travailleuses sociales, avocat, maison d’hébergement, CAVAC, IVAC, psychologue, psychiatre, inconnues, amis et nouveaux amis, tout se fait intensément, rapidement, mais fluidement, avec une synchronicité déconcertante. Tu t’es choisie, tu apprends donc que lorsque l’on se choisit, la vie répond à ton appel.  

Deux ans après ta séparation, après t’être retrouvée dans la rue avec ta fille, ton chien et quelques bagages, sans travail et en état de stress post-traumatique, tu fais les merveilleux constats que ce chemin à travers la violence t’a apportés comme apprentissage : tu as appris que tu as aussi droit au bonheur, que tu as le droit de réaliser tes rêves et que c’est possible. Tu as maintenant en toi une foi si grande que le Tout Possible est à ta porte, attendant que tu lui demandes tout ce que tu veux…

Tu touches maintenant à ta liberté d’être et ça, personne ne pourra te l’enlever parce que tu as découvert l’antidote à la violence : l’amour de soi. Plus jamais tu ne te soumettras ou ne te rendras victime de la violence, parce que par amour pour toi, tu sauras prendre soin de toi et faire les choix appropriés. Dans un contexte que tu croyais hermétique à l’amour et où tu te croyais indigne d’être aimée, eh bien, l’amour a toujours été présent et il a réussi à percer les murs de la peur et du doute comme le soleil qui brille derrière les nuages et qui finit toujours par réapparaitre. Mais t’en souviens-tu maintenant? Regarde ta fille et vois : tu as tenu promesse…

B<3