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Parce que ça va pas si bien…

La pandémie nous accompagne chaque jour depuis presque sept mois. L

La pandémie nous accompagne chaque jour depuis presque sept mois. Les arcs-en-ciel ont pris le bord depuis longtemps et la deuxième vague te fesse encore un peu plus…

Pour plein de raisons, d’angoisses, d’inquiétudes, d’adaptation constante, de questionnements sur l’avenir… bah ça va pas si bien…

Le cœur lourd et les yeux au bord des larmes chaque jour. Tu tiens… mais c’est pas facile.

Alors voici 6 choses que tu peux faire chaque jour pour t’aider.

  1. Va dehors,

Bouge. Saute dans les flaques d’eau. Roule-toi dans les feuilles. Marche. Cours. Regarde les arbres. Compte les outardes. Ramasse des pommes.

Chaque jour, va prendre l’air.

  1. Mange un truc que tu aimes.

Du chocolat. De la poutine. Des bonbons. Des chips. Des arachides grillées. De la mangue. Du gâteau.

Chaque jour, mange quelque chose que tu adores.

  1. Fais un câlin.

À ton chum. À ton enfant. À ton chien. À ton chat. À ton lapin. À ton âme.

Chaque jour, prends quelqu’un qui vit avec toi et serre-le. Fort. Écoute son cœur battre contre le tien.

  1. Écoute ta chanson préférée.

Du rock, du classique, du folk, du rap…

Ta toune. Celle qui te fait vibrer, pleurer, rire. Mets des écouteurs. Focalise et écoute. Pis chante. Fort.

Chaque jour, écoute ta toune et chante.

  1. Danse.

Seul. Avec tes enfants. Avec tes collègues de travail. À l’épicerie. Sur une musique festive et légère. Déhanche-toi. Saute. Dandine-toi. Amuse-toi. Embarque le monde avec toi. À distance.

Chaque jour, danse. Comme si personne ne te regardait.

  1. Ris.

Va regarder des vidéos de chutes sur Internet. Un numéro d’humoriste. Appelle ton ami le plus drôle. Faut rire. Pour n’importe quoi.

Chaque jour, trouve un moyen de rire.

Fais tout ça tous les jours. Ça va t’aider.

Parce que ça va pas si bien…

Pis que ça ira peut-être un peu mieux.

Gwendoline Duchaine

Tu ne te souviendras pas de tous ces sacrifices…

Mon ange, tu grandis en beauté et en joie. Je te regarde courir dans notre

Mon ange, tu grandis en beauté et en joie. Je te regarde courir dans notre cour et chacun de tes rires me remplit le cœur de bonheur. Je sais que ton père et moi avons dû faire tellement de sacrifices pour pouvoir t’offrir cette vie.

Aujourd’hui, tu vas à l’école avec ton trop grand sac à dos, le sourire fendu jusqu’aux oreilles et le cœur débordant de fierté. Tu ne te rappelles pas que lorsque tu étais bébé, ton papa et moi allions tous les deux encore à l’école. Papa allait en cours le jour et Maman étudiait tous les soirs et passait ses weekends en classe. Je t’allaitais dès que j’avais une pause et je tirais mon lait pour les autres boires…

Aujourd’hui, le frigo est toujours plein et tu n’as jamais connu la faim. Mais quand tu es venue au monde, nous n’étions pas riches. On en a mangé en titi des toasts au beurre de peanut pour souper! Mais entre deux siestes de bébé et mes livres d’étude, je trouvais le temps de te faire des purées de légumes maison.

Aujourd’hui, tu cours entre les étages de notre grande maison remplie de lumière. Mais tu ne te rappelles pas que tu as vécu tes premiers mois dans un minuscule appartement, avec rien de plus que le nécessaire. Mais tu étais là, par terre sur ta grande couverture, à gazouiller à travers tes petits jouets. Tu remplissais notre petit 4 et demie de bonheur.

Aujourd’hui, dix ans plus tard, on a décroché nos diplômes, trouvé des boulots géniaux et continué de faire des petits bébés-bonheur. Tu cours dehors avec tes frères et sœurs. Je vous entends rire. Je sais que tu n’auras aucun souvenir de tous ces sacrifices. Tu ne te rappelleras pas à quel point notre petite famille en a arraché au départ.

Toi, tu as grandi avec l’aboutissement de tous nos efforts. Tu n’auras pas de souvenirs de nos périodes plus difficiles. Tu étais trop petite pour te souvenir de tout cela. Et pour être honnête, ça me rassure… Je suis contente que tu ne puisses pas te rappeler nos inquiétudes de jeunes parents.

Tu es devenue une enfant respectueuse et tu ne demandes jamais rien d’extravagant. Tu es économe et tu ne demandes jamais de cadeau démesuré pour ton anniversaire… Et parfois, je me demande si ta petite âme se rappelle… Tu prends toujours la peine de nous remercier, chaque jour. Tu nous remercies pour chaque sortie au parc, pour chaque crème glacée d’été, pour chaque moment passé ensemble. Tu es tellement reconnaissante que je me demande si une petite partie de ton cœur se souvient…

Je te connais, je sais que même en vieillissant, tu continueras d’être la plus raisonnable. Mais je te souhaite de te permettre des folies aussi. J’espère que quelques fois, tu feras des dépenses démesurées pour te gâter. J’espère que tu t’achèteras cette petite robe que tu aimes, même si elle n’est pas en solde. J’espère que tu mangeras autant de crème glacée, extra trempage de chocolat, qu’il te fera plaisir. J’espère que tu profiteras de la vie pour toutes les fois où, nous, nous avons dû nous priver. Parce que c’est aussi ça, notre rôle de parents… Bûcher pour construire une vie meilleure dans laquelle nos enfants pourront être heureux…

Joanie Fournier

Les 5 maximes de la maison

Dans toutes les maisons, il y a des phrases classiques, des expressions ou

Dans toutes les maisons, il y a des phrases classiques, des expressions ou des proverbes qui reviennent fréquemment. On pense au fameux « On ne fait pas aux autres ce qu’on ne veut pas se faire faire! » ou encore au douteux « Fais ce que je dis, mais pas ce que je fais! ». Dans notre maison, voici les 5 maximes qui reviennent au fil des années.

1- « Dans la vie, soit tu réussis, soit tu apprends. » Chez nous, on ne parle pas d’échec. Quand tu bûches sur une matière à l’école, ne te décourage pas si ça ne te semble pas facile du premier coup. Tu es en train d’apprendre. Quand tu tombes de vélo, ce n’est pas parce que tu n’y arriveras jamais. Tu es en train d’apprendre. Quand tu as envie de baisser les bras et que ça te semble difficile, rappelle-toi que tu es en train d’apprendre ; ce n’est jamais un échec.

2- « Occupe-toi de tes petits pois. » C’est un dérivé de l’expression « C’pas de tes affaires » ou « C’pas de tes oignons », mais en plus poli. J’avais entendu une amie dire cette phrase à son enfant de deux ans et je l’ai immédiatement adoptée. Alors ici, quand un enfant fait du rapportage, je lui demande si l’enfant qu’il dénonce lui a fait du mal. Non? Alors je lui demande s’il se met en danger. Non? Alors, occupe-toi de tes petits pois. Et laisse-le gérer les siens!

3- « Les filles peuvent tout faire. » C’est clair, ton sexe ne détermine pas tes habiletés. Tu veux aider à construire le patio? Pas de problème. Tu veux passer la tondeuse? Vas‑y. Tu veux jouer au hockey? Okay. Tu veux te déguiser en dinosaure? Pourquoi pas. Tu adores les tracteurs? Tu as le droit. Tu peux jouer à ce que tu veux. Tu peux devenir qui tu veux. Tu peux tout apprendre si tu le veux vraiment. Peu importe qui tu es, d’où tu viens et quel est ton sexe, ton avenir t’appartient.

4- « Apprends-lui à pêcher. » Quand un plus vieux s’occupe d’un plus petit, il prend souvent son rôle de grand au sérieux. Il est bien intentionné, il veut juste aider. Mais souvent, il aide tellement que ça finit par nuire au plus petit… Il lui donne ce qu’il veut sans qu’il l’ait demandé, il répond aux questions à sa place, il le fait manger, etc. Et le résultat, c’est que le plus petit finit par manquer d’autonomie parce qu’un plus grand a pris l’habitude de tout faire à sa place. Même si ça part d’une bonne intention. Alors j’ai parlé à mes enfants du proverbe qui dit : « Donne un poisson à un homme et il pourra souper ce soir. Apprends-lui à pêcher et il pourra souper tous les soirs de sa vie. » Nous avons imagé ce proverbe pour les enfants, pour qu’ils le comprennent bien. Puis, avec le temps, la phrase « Apprends-lui à pêcher » est restée. Chaque fois qu’un plus vieux parle à la place d’un plus petit ou bien s’il fait les choses à sa place sans lui montrer comment faire, on dit tout simplement « Apprends-lui à pêcher » et le message passe très bien.

5- « Le bonheur est un choix. » Dans la vie, il n’existe pas de journée parfaite. Tu ne peux pas contrôler les accidents, les mauvaises nouvelles et les tuiles qui te tomberont sur la tête. Le seul choix que tu as, c’est ton attitude face à ce qui va t’arriver dans la vie. Alors si tu veux être heureux, sois-le. Il n’existe aucune autre recette pour atteindre le bonheur. Tu en es le seul responsable. C’est à toi de faire ton petit bonheur, chaque jour. Et si tu n’es pas heureux, alors doute, remets-toi en question, bouge… Et continue de faire les bons choix pour être heureux. Tu ne pourras pas tout prévoir dans la vie, et encore moins tout contrôler. Alors, accepte-le, lâche prise, et rappelle-toi que le bonheur est un choix.

Et vous? Quelle est LA phrase que vous répétez tout le temps à vos enfants?

Joanie Fournier



La ligne ou l’humeur ?

Il y a des choses pires dans la vie qu’un bourrelet mal placé. Entre une

Il y a des choses pires dans la vie qu’un bourrelet mal placé. Entre une santé mentale défaillante et un IMC trop élevé, le choix peut sembler évident. Mais non.

Imaginez : vous souffrez d’anxiété généralisée. Ou de dépression. Ou d’un trouble mental qui nécessite la prise d’un médicament sur une base régulière, en plus d’un suivi thérapeutique. Votre moral est à plat. Vous dépensez beaucoup (trop) d’énergie à essayer de vous lever le matin, ou de continuer votre journée, ou de dormir la nuit. Suivre les recommandations pour atteindre l’équilibre et le bonheur (bien manger sans vous empiffrer, boire assez d’eau et pas trop d’alcool, bouger tous les jours et pas seulement pour vous rendre au frigo, avoir une vie sociale satisfaisante [vous essaierez ça en temps de pandémie !], vous coucher tôt et dormir paisiblement, sourire, respirer par le nez et expirer par la bouche…) vous apparaît aussi possible que d’escalader l’Everest en gougounes en vous tenant sur la tête et en traînant un camion de douze tonnes derrière vous. Ça semble exagéré, mais pas tant. Vous en parlerez à ceux qui sont passés par les bas‑fonds de la déprime.

Donc, imaginez que vous êtes cette personne au bout du rouleau de la santé mentale.

Et là, vous lisez dans la notice remise par le pharmacien en même temps que votre nouvelle prescription qu’un effet secondaire possible est qu’il stimule l’appétit et prédispose à la prise de poids. Non, mais, ça donne le goût de le prendre, hein ?!

Vous vous raisonnez en vous disant que les effets secondaires, ça n’arrive pas à tout le monde. Que ces effets sont souvent temporaires. Que les avantages de prendre le médicament surpasseront grandement les effets poches… quand le médicament fonctionnera comme du monde (lire ici : quand la bonne molécule sera trouvée pour votre cas, que vous aurez augmenté le nombre de milligrammes jusqu’au bon dosage, lorsque ça fera plusieurs semaines que votre cerveau recevra l’agent stabilisateur). Mais ça doit vraiment passer par un risque de prendre de la bedaine ?

L’effet contraire est aussi possible. Par exemple, plusieurs médicaments qui contrecarrent les effets du TDAH diminuent l’appétit, entraînant parfois des pertes de poids importantes. Quand ma fille a commencé son traitement, elle se situait sous le 5e rang par centile sur la courbe de poids des enfants de son âge. Vous comprendrez qu’elle n’avait pas intérêt à perdre de poids. Le médecin a failli ne pas la médicamenter pour cette raison. Toutefois, les effets positifs du médicament s’annonçaient majeurs et on avait essayé plusieurs stratégies auparavant, toutes plus infructueuses les unes que les autres. Médicament il y a eu, avec surveillance médicale de très près. On a ajouté des protéines au menu, des collations, un gros déjeuner avant que le médicament ait le temps de faire croire à son système qu’elle n’avait pas faim. La méthode a fonctionné et l’appétit s’est finalement stabilisé. La concentration aussi.

De la même façon, les bonnes habitudes de vie peuvent permettre de ne pas (trop) prendre de poids même si un médicament risque de stimuler l’appétit. Ça, c’est si on a réglé l’habitude habituelle de compenser avec de la nourriture du chocolat et des chips. Si le défi de santé (mentale ou physique) pour lequel on est traité rend plus difficile le maintien de l’équilibre, un coaching familial ou spécialisé peut faire une grande différence. L’équation est acceptable si les quelques kilos équivalent à une humeur plus stable ou à une vision du monde plus harmonieuse, ou encore si les phobies et l’envie de mourir disparaissent. L’équation devrait être revue avec le médecin si le médicament (et le soutien psychologique) ne nous aident pas à remonter la pente après quelques semaines ou si les kilos s’emmagasinent jusqu’à l’obésité. Un cœur embourbé dans le gras, ce n’est pas mieux qu’un cœur embourbé dans les émotions négatives. On ne veut pas créer un problème en essayant d’en régler un autre…

Même chose si les livres s’accumulent (ou disparaissent) au point où notre estime personnelle tombe dans le troisième sous-sol et nous empêche de faire du sport ou de voir des amis. Si c’est le cas, direction pharmacie et clinique médicale pour demander conseil. Surtout, n’arrêtez pas un traitement sans être accompagné par une personne compétente (non, votre voisine-qui-a-une-opinion-sur-tout-et-dont-le-petit-cousin-de-la-fesse-gauche-a-déjà-pris-un-antidépresseur-en-1982 n’est pas une personne compétente dans cette situation). Ces médicaments jouent dans les neurones, et les arrêter brusquement risque de vous jouer de mauvais tours.

Donc à la question « La ligne ou l’humeur? », je répondrais, comme souvent quand on parle de santé mentale : c’est du cas par cas et tout est dans l’équilibre. Chose certaine, ne restez pas seul avec ça. Et ne laissez pas les dictats de la mode ou du bien-paraître vous convaincre que votre bonheur ne passe pas en premier.

Nathalie Courcy

La maman est à boutte

Au début de l’année 2020, j’avais exceptionnellement pris des

Au début de l’année 2020, j’avais exceptionnellement pris des résolutions que je voulais vraiment tenir, respecter. J’avais décidé de faire plus ma part pour l’environnement, plus de recyclage, plus de compost. Je voulais vraiment recommencer à prendre soin de moi. Être plus positive, voir le bien dans toute situation.

Au début février, mon psychiatre m’a confirmé que j’étais guérie de ma dépression post-partum majeure, en plus de m’annoncer que j’avais déjà perdu 15 livres depuis le début de l’année. J’avais commencé le yoga chaud et à manger mieux. J’étais vraiment heureuse, ça faisait des années que je ne m’étais pas sentie aussi bien. J’allais faire mon premier voyage dans le sud avec ma mère et ma sœur.

Au début mars, à la fête de ma belle-sœur, je lui disais que ça me faisait peur de me sentir aussi bien, parce que j’avais toujours l’impression d’avoir une ombre noire derrière moi prête à surgir à tout moment. En deux jours, j’ai dit à ma famille et à ma belle-famille à quel point j’étais heureuse, et eux de me répondre que ça paraissait et qu’ils étaient tellement contents de me retrouver.

T’sais ce sentiment que quand tout va bien, c’est sûr qu’une marde va te tomber dessus? Bien c’était ce genre de pensée que je tentais d’éloigner. Pis j’avais l’impression que le malheur qui s’abattrait sur moi serait aussi grand que mon bonheur. Tout allait super bien dans ma vie. Un soir, j’ai dit à ma sœur : « Hey tout va bien, tu imagines la grosseur de la marde qui va me tomber dessus si ma “malédiction” est vraie! ». On rigolait, on déconnait.

Pis boom, la COVID-19 est entrée au Québec sournoisement et a explosé. Mes angoisses, mon anxiété, mes crises de panique sont revenues. Mon moral va de moins en moins bien. Mon conjoint a été mis à pied, ma fille ne comprend pas tout de la situation, sa maman travaille vraiment beaucoup et elle est toujours fatiguée, maman et papa se chicanent un peu plus. Je fais mon maximum pour retrouver ma zénitude, mon calme, je n’ai même plus la force de continuer mon yoga à la maison. Ce soir, dimanche soir pluvieux, je vois une goutte d’eau tomber de la porte patio. Je me lève et je remarque que le haut du mur est mouillé. Mon conjoint part à la recherche de la source. Tout est mouillé, mais juste là. Aucune idée d’où ça vient. Sérieux?! Tout est fermé, on ne peut pas appeler d’entrepreneur.

La maman est à boutte. J’ai envie de me rouler en boule et de pleurer. J’ai envie d’être prise dans des bras, de me faire serrer fort et de me faire dire que tout va bien aller, qu’on va s’en sortir plus forts, mais je ne peux pas. Distance sociale oblige et doublement dans mon cas puisque je travaille dans la santé. Je me suis rarement sentie aussi seule, aussi frustrée, aussi épuisée.

Parfois, un simple petit problème peut faire déborder notre vase. Ce soir, j’ai vraiment envie de rester coucher et de dormir jusqu’à ce que cette pandémie soit finie. Je veux juste retrouver ma force, ma joie, mon entrain, mon bonheur que j’ai pu savourer un temps trop court.

Petit texte sur l’angoisse.

Dans ma poitrine, il y a une boule.

Petite ou grosse. Douloureuse ou pas.

Mais elle est là.

À l’intérieur de cette boule, il y a

De la peur, de la tristesse, de la colère, mais surtout de la peur.

Quand elle fait mal, tout devient noir

Je suis en boule, en pleurs.

J’ai mal. Mon cœur veut exploser. J’ai mal.

Dans ma tête, la noirceur veut revenir.

Je sais me battre contre maintenant.

Mais c’est dur.

J’ai mal.

Je veux me battre, mais j’ai peur.

Un être invisible est devenu maître.

Je ne veux pas de cet intrus.

Je ne veux pas le donner à mes enfants, à ma famille.

Alors la boule grossit et fait de plus en plus mal.

Un jour à la fois.

Ce soir, ma boule est grosse, trop grosse.

Mais demain elle sera peut-être petite.

Alors là je vais trouver des armes et me battre.

La noirceur, je vais la repousser.

Mais pour ce soir, je vais la pleurer. En boule. Dans mon lit.

Cindy LB

 

Juste un peu…

Il y a de ces instants qui arrivent à figer le temps… juste un pe

Il y a de ces instants qui arrivent à figer le temps… juste un peu. Ces moments qui peuvent tout changer et faire tourner le vent. Cette minute qui nous rappelle à quel point nous sommes chanceux et reconnaissants…

Un réveil, quelques minutes avant la sonnerie prévue, après une nuit où on a vraiment bien dormi. Un matin où on sent encore la chaleur de nos corps collés et qu’on prend le temps de sentir ce souffle dans notre cou. Ces quelques minutes où l’amour nous envahit et qu’on sait qu’on va passer une maudite belle journée… parce qu’on a pris le temps de s’aimer, juste un peu.

Un moment où les enfants viennent nous rejoindre dans notre lit, pour se coller tous ensemble. Ma plus vieille, pour ce faire, disait qu’elle s’ennuyait de l’odeur de maman pendant la nuit. Elle revenait s’en imprégner le matin, juste un peu. Ma plus jeune disait, quant à elle, qu’elle venait chercher de l’amour, juste un peu. Et évidemment, l’enfant du milieu, qui a la délicatesse d’un camion, nous saute encore tous dessus en criant que c’est une attaque de câlins. Parce qu’elle aussi, à sa façon, elle a besoin qu’on soit tous ensemble, juste un peu.

Ce moment en pleine journée, quand tout est trop calme dans la maison… Pas de cris, pas de pleurs, pas de chamaillerie… Ce silence qui crie au cœur de maman qu’il faut aller voir si tout va bien… Puis, cet instant où on découvre nos enfants, blottis les uns contre les autres, un livre à la main et le cœur serein. Ce moment où on hésite entre refermer la porte et aller les rejoindre… juste un peu.

Ce moment après le bain de bébé où on prend le temps de le crémer partout et de le masser. Cet instant où une vague d’amour et de rage animale nous envahit, parce qu’on le croquerait là, maintenant, tout de suite… juste un peu.

Cette seconde où, en plein milieu d’une tâche ménagère, on stoppe tout ce qu’on fait parce qu’on sent une petite ombre derrière soi. Ce moment où on n’a pas besoin de demander ce qui se passe et où un câlin résout tout. Puis, l’enfant repart le cœur comblé, et nous, on reste figé, une seconde de plus, à se demander qui de nous deux en avait le plus besoin… Que c’est bon de prendre le temps, juste un peu.

Ce moment où on réalise que nos enfants ont tellement grandi… Qu’ils deviennent de merveilleux petits humains et que le temps a déjà filé. Ce moment où on reviendrait en arrière, juste le temps d’un rire d’enfant. Le temps d’un rire sincère de bébé, celui qui venait du fond du cœur sans aucune retenue. Juste pour ressentir à nouveau son cœur de maman déborder de joie, juste un peu.

On aurait pu aussi oublier de prendre le temps… On aurait pu se rendormir un dernier dix minutes. On aurait pu demander aux enfants d’aller se recoucher dans leur lit. On aurait pu les laisser jouer tranquilles. On aurait pu sauter le massage de bébé après le bain. On aurait pu finir nos mille et une tâches sans jamais se retourner. On aurait pu attendre le bonheur toute notre vie.

Mais non. On a choisi de voir à quel point on est chanceux. On a choisi de prendre chacun de ces instants et de laisser le temps s’arrêter. On a choisi d’être heureux ensemble. On a choisi de s’aimer, chaque seconde, juste un peu.

Joanie Fournier

 

Je suis ma pire ennemie, ou l’autosabotage du bonheur!

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Pour changer quoi que ce soit dans la vie, il paraît qu’il faut commencer par accepter et nommer la situation que l’on veut changer. Alors je me lance : mon nom est Annie, j’ai 45 ans et j’autosabote mon bonheur. Voilà, je l’ai dit. Je l’avoue, j’ai tellement peur que quelque chose vienne gâcher ma vie quand ça va bien, que plutôt que subir cet événement qui pourrait gâcher mon bonheur, je le gâche moi-même inconsciemment.

 

C’est facile de mettre le blâme sur les autres pour ses malheurs. Ils ont le dos large. Bien plus facile de blâmer la terre entière pour nos malheurs que de réaliser que nous en sommes nous-mêmes les artisans. Je pense, sans me tromper, que tous les êtres humains ont ce même défaut de fabrication.

 

Pour être franche, ça fait treize ans que je suis en dépression fonctionnelle. Depuis la mort de mon premier fils pour être exacte. Depuis cette journée, j’ai continué à avancer, mais une partie de mon cœur et de mon âme est morte avec lui. J’ai été dans un groupe de soutien pour parents endeuillés, ça m’a aidée un moment. Quatre ans après son décès, j’ai eu recours à des antidépresseurs pour m’aider à passer à travers son « cinquième anniversaire » que je voyais venir et que je n’aurais pas le courage d’affronter autrement. Sous médication, j’étais une zombie : j’existais, je fonctionnais, mais je ne ressentais rien. J’ai arrêté la médication quand j’ai voulu redevenir enceinte. Est-ce que j’allais mieux? Non, mais je ne voulais plus être dans un état de zombie permanent.

 

La naissance de mon fils devait être l’événement le plus heureux que j’avais vécu jusqu’à ce jour et on me l’a enlevé. À la place, j’ai eu une douleur avec laquelle je devrai vivre le reste de mes jours. Depuis ce moment, dès que quelque chose de bien m’arrive, j’ai peur qu’on me l’enlève sans avertissement et de manière sauvage comme ce fut le cas pour mon fils. Donc, je fais tout « foirer » moi-même de manière inconsciente. Je me mets à angoisser sur ce qui pourrait arriver, j’analyse beaucoup trop les choses afin de trouver la faille, je deviens anxieuse, ce qui engendre des disputes et des malaises. On va dire les choses comme elles sont : je suis ma pire ennemie! Je me fais du mal à moi-même pourquoi dans le fond? Pour des situations catastrophes qui ne se produiront jamais dans 99,99 % des cas.

 

J’ai longtemps hésité à reprendre des antidépresseurs même si j’en avais besoin. Pourquoi? Premièrement, je ne voulais pas revenir au stade d’être vivant fonctionnel sans aucune émotion et, deuxièmement, je ne voulais pas reprendre les 40 livres que j’avais prises avec cette médication. Vous allez dire que c’est futile comme raison. Peut-être. Mais quand on a déjà un surplus de poids important, 40 livres supplémentaires en raison d’une prise de médicament, c’est difficile à avaler comme pilule!

 

Il y a presque un an, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée voir mon médecin de famille. Je prends à nouveau des antidépresseurs qui fonctionnent bien quand je n’oublie pas de les prendre. En discutant avec elle, elle m’a prescrit un médicament qui n’avait pas de prise de poids comme effet secondaire.

 

Il faut maintenant que je m’attaque à l’autosabotage de mon bonheur. Pour ça, il n’y a pas de pilule miracle malheureusement, juste beaucoup de travail à faire sur moi-même. Je sais que ce sera un travail de longue haleine et un combat quotidien pour moi. Ce n’est pas une bataille gagnée d’avance, mais je suis déterminée à dompter cette bête en moi. Elle ne me croit pas faite pour le bonheur, mais j’y ai droit moi aussi.

 

Au cours de la dernière année seulement, ce comportement a causé tellement de dégâts. J’ai gâché plein de beaux moments pour les gens que j’aime et je me suis aussi privée de plein de beaux moments. Il paraît que pour changer quelque chose dans notre quotidien, il faut le faire durant sept journées consécutives et après, ça devient une habitude. Je veux naïvement espérer pouvoir voir une différence en sept jours même si je sais pertinemment que ce sera plus long que cela!

 

Je termine ce texte en offrant mes plus sincères excuses aux gens que j’ai blessés par mes paroles ou mes actions au cours des dernières années. Aux personnes qui sont encore dans ma vie, je demande un peu de patience, le meilleur est à venir. J’en fais la promesse!

 

Annie St-Onge

 

Comment je suis tombée en amour

Je peux encore voir, comme si c’était hier, le sourcil sceptique

Je peux encore voir, comme si c’était hier, le sourcil sceptique de mon coloc se relever: « Tu t’en vas à un blind date habillée comme ça? » Entendre en écho ma réponse frondeuse: « C’est PAS un blind date! ». Et la suite, marmonnée juste pour moi: « C’est une sortie avec des amis… qui souhaitent me présenter quelqu’un. »

Je t’ai choisi, ce fameux soir-là, et je ne l’ai jamais regretté. J’ai craqué pour l’intelligence dans ta conversation et la maturité dans tes émotions. Tu rayonnais d’une présence authentique. Je me sentais bien en ta compagnie. Je me suis laissée plonger dans tes yeux bleus et envoûter par ton accent acadien.

Il y a le moi d’avant notre rencontre. Et il y a le moi d’après. Bizarrement, le moi d’après est encore plus moi que celui d’avant. Pourquoi? Parce que tu m’offres un espace privilégié pour m’épanouir. Tu me jardines. Je pousse sous ton écoute, je grandis dans ton acceptation. C’est viscéral, j’ai ce besoin d’être entendue pour exister. Quand je te raconte ma journée… ce que j’ai ressenti, ce que j’ai pensé… et que je lis l’amour dans tes yeux… j’existe toute entière.

Avec toi, je trouve ma voix et ça me permet de trouver ma voie. Tu m’encourages à sortir des dogmes, à explorer et suivre ma propre route. Et tu m’offres la chance de faire la même chose pour toi. Tu me fais confiance.

Évidemment, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Un couple, des fois, débarque de son petit chemin bien tracé. J’ai vécu sur un volcan avec toi. On a frappé quelques bosses. Les enfants nous ont fait vivre des choses qu’on n’aurait jamais imaginées… Les petites roulettes de nos valises, bien huilées, bien alignées… oui, elles ont grincé. Mais elles n’ont jamais déraillé.

Tu es l’homme de ma vie parce que tu es un partenaire solide et que je peux compter sur toi. Tu ne te limites pas aux belles paroles. Quand je m’arrête pour me demander si je suis sur mon X, si ma vie a du sens… je réalise à quel point je suis comblée et heureuse.

Un ami italien nous a surnommé: famiglia solare e allegra (famille lumineuse et joyeuse). C’est tout ce que je peux souhaiter pour nos enfants plus tard. Une aussi belle histoire. Trouver une personne avec qui ils pourront rire et avoir autant de plaisir.

Comment je suis tombée en amour? Quand tu es entré dans ma vie avec ton orchestre et que j’ai réalisé que je ne faisais que danser sans musique avant toi.

Elizabeth Gobeil Tremblay

Le bonheur à travers tes yeux

Ce soir, je suis fatiguée et grippée. J’ai l’impression que mo

Ce soir, je suis fatiguée et grippée. J’ai l’impression que mon corps lâche et que ma patience le suit. Je suis certaine que plusieurs se reconnaîtront. Le genre de soirée où on a la tête encore au boulot et le corps épuisé. Mais toi, petit cœur sur deux pattes, tu viens tout changer…

Ces soirs-là, quand la grippe m’envahit… et que tu viens me porter en souriant un petit verre vide. « C’est du chocolat chaud, Maman! Ça va te soigner! Vite, bois. » Et quand je feins de boire dans ce petit verre vide, tes yeux se remplissent de fierté et que tu cours en gambadant pour un autre remplissage imaginaire. Et tu as raison, ça me guérit un peu, de voir le bonheur à travers tes yeux.

Ces soirs-là, où j’ai encore la tête au boulot… et que tu pars me faire un dessin. Tu reviens, du haut de tes quatre ans, avec une œuvre colorée qui respire la joie de l’enfance. Et je me demande depuis quand tu dessines aussi bien. Et tu me ramènes l’esprit avec toi, avec nous. Je n’ai plus envie de penser au travail quand je vois le bonheur à travers tes yeux.

Ces soirs-là, où j’ai une bulle immense et que je voudrais être seule un peu… et que tu t’enfermes dans une chambre avec tes sœurs. Quand je vous perds de vue, je ne peux m’empêcher d’aller voir ce que vous faites… C’est peut-être l’instinct ou l’habitude qui me force à me rapprocher de vous. J’entrouvre la porte de la chambre et je vous découvre, tassées comme des sardines dans un lit, un grand livre à la main. Je t’écoute raconter une histoire à tes grandes sœurs qui jouent le jeu et qui font semblant que ce sont bien les mots qui y sont écrits… et j’ai juste envie de venir me blottir avec vous, quand je vois cet amour dans vos yeux.

Ces soirs-là, où je n’ai plus d’énergie pour cuisiner… et que vous me demandez de souper avec des céréales et des fruits que vous allez couper vous-mêmes. Je ne sais jamais si vous avez senti ma fatigue ou si ça vous fait vraiment plaisir. Puis, vous me remerciez de vous laisser déjeuner pour souper et je sais que c’est authentique. Ça vient du cœur. Et je m’assois moi aussi, avec mon bol de céréales. Il goûte meilleur que les autres, je trouve… parce que je vois le bonheur à travers vos yeux.

Demain matin, c’est une journée-pyjama à la garderie. Tu prépares ton pyjama préféré de chatons et tu chantonnes en fouillant dans tes tiroirs, parce que tu as tellement de joie dans ton cœur, qu’elle déborde en chanson. Et j’ai aussi envie de fredonner, parce que je vois le bonheur à travers tes yeux…

Parfois, malgré la fatigue, la grippe et les tâches, on réalise que le bonheur n’est au fond qu’une question de choix. Et toi, petit cœur, tu m’apprends chaque jour à faire le bon choix. Tu forces mon cerveau à s’arrêter pour apprécier le moment présent, et ça, c’est tout un superpouvoir. Merci, petit cœur, de me permettre de voir le bonheur à travers tes yeux.

Joanie Fournier

 

Cap de Bonne-Espérance

Une autre dizaine…

Sans doute

Une autre dizaine…

Sans doute, vous le faites également. Comme à chaque décennie depuis le cap de la trentaine. Dès qu’on quitte les années de pure insouciance. Celles qui ne comptent pas… trop! Le bilan. Ce bilan. Suis-je là où je le voulais? Avec qui je le souhaitais? Une personne heureuse? Du moins, vais-je dans la bonne direction?

Un regard que l’on voudrait positif. Pour se rassurer.

À la mesure de nos ambitions, nous révisons alors soit notre situation amoureuse, soit celle de notre emploi. Ou toute notre vie. L’insécurité est-elle maître du lendemain? Sans elle/lui, je ferais quoi? Un boulot, ça ne peut être parfait, non? Dans les deux cas, souvent, la passion s’est éteinte. Il y a autre chose, un quotidien. Que nous ne voulons surtout pas célébrer. Particulièrement si c’étaient des items négatifs déjà identifiés… y a déjà dix ans!

Avec constance, la liste des obligations s’est allongée. Seulement financièrement ou, en plus, bien vivante. Des amours, différents de l’amour. Un centre de l’univers, pour éviter de trop penser. Pour se convaincre facilement que le plus important, c’est eux.

Et si le bonheur n’est qu’un état? Je ne dois alors changer que ma vision des choses…

Le bonheur est sans doute bien plus un voyage. Avec des personnes particulières. Pour un partage agréable. De valeurs, de respect. Mais qui fait aussi de nous une meilleure personne. Le bon ingrédient, dans une bonne recette.

Il faut un soi, pour un nous. Comme il faut un soi, pour aimer.

Alors si, avec les années, nous avons la possibilité d’être ce soi un peu meilleur, même encore en cheminement, la prochaine dizaine est bien amorcée. C’est ce que je retiens. Mon cap à suivre, pour éviter la tourmente.

Prochain bilan, dans dix ans…

michel

 

Vasectomisé, surpris et heureux

Mon mari est vasectomisé, c’est officiel. J’ai déjà écrit su

Mon mari est vasectomisé, c’est officiel. J’ai déjà écrit sur le dilemme qui nous hantait au moment de prendre cette décision… On a fait ce choix parce que la raison a pris le dessus. Il fallait qu’on apprenne à faire notre deuil. La veille de la vasectomie, on a laissé nos corps s’unir et la vie décider. Je n’étais pas tombée enceinte durant les huit mois précédents alors que nous ne nous protégions pas, alors une fois de plus ou de moins, ça n’aurait pas changé grand-chose… Après une vasectomie, il faut quand même attendre quelques mois pour passer un spermogramme et ainsi confirmer le succès de l’intervention.

Quelques semaines plus tard, l’heure des vacances familiales a sonné. On se fait tout un planning de vacances. On part au chalet, on fait du bateau, on se baigne, on s’amuse. Au retour, je trouve la route longue et sinueuse, j’ai toujours eu le mal des transports, je connais bien ces nausées. Mais quand même, une petite idée s’insinue dans ma tête… et si… non. C’est sûr que non. La vie ne nous a pas donné de bébé quand on lui en a donné la chance, ce n’est sûrement pas là que ça arrivera…

J’ai un vieux test de grossesse dans l’armoire. Je décide de le passer. Résultat : négatif. Je le savais. C’était sûr que je n’étais pas enceinte. Je lis la boîte du test de grossesse et une information retient mon attention… J’ai acheté ce test l’an passé, il était en spécial et je n’avais pas pris la peine de bien lire la boîte. Il est bien spécifié de passer le test seulement APRÈS le retard des règles. Là, je me dis que c’est bien stupide comme test, puisque le retard des règles indique clairement une grossesse pour moi, donc il me semble totalement inutile, ce test… et le doute continue de planer…

Le lendemain, on décide d’aller au parc d’attractions avec les enfants. Ma plus vieille a vraiment hâte de faire les plus gros manèges avec sa mère… Le doute m’a empêchée de dormir cette nuit-là. Je sais que je ne ferais pas de manège si j’étais enceinte. Je suis certaine de ne pas l’être. Mais le doute me dérange. Je décide que je vais en douce à la pharmacie dès l’ouverture. J’achète un test, fiable et reconnu cette fois. Juste pour me rassurer.

Je reviens à la maison. Je m’enferme dans la salle de bain et je passe le test. Je me trouve bien ridicule, je sais qu’il sera négatif et que je viens de dépenser 20 $ pour rien, mais j’ai besoin d’avoir le cœur net. C’est un test numérique, donc il faut attendre les trois minutes règlementaires avant que le résultat ne s’affiche. Aucun indice avant. De toute façon, il sera négatif. On est en vacances, mon mari est vasectomisé. On va boire de l’alcool, faire du bateau, monter dans les montagnes russes…

Je patiente en pliant des serviettes chaudes qui sortent de la sécheuse. Une serviette. Deux serviettes. Trois serviettes. Je remarque que le test affiche le résultat. Je le prends, convaincue que je vais le jeter à la poubelle dans deux secondes, après avoir confirmé que le résultat est négatif. « YES + ». Yes +? Yes +?! C’est écrit Yes +! Je. Suis. Enceinte.

C’est impossible. Ma plus grande a neuf ans! Mon bébé entre à l’école! Mon mari est vasectomisé! Puis, le souvenir d’une douce soirée refait surface… « La veille de la vasectomie, on a laissé nos corps s’unir et la vie décider. » Je. Suis. Enceinte.

Je monte à l’étage. Mon mari est sous la douche. La porte de la salle de bain est barrée. J’ai la tête qui tourne et le cœur qui bat à une vitesse impossible. J’ai chaud, je frissonne. Je me couche dans notre lit, le test encore dans la main. Mon mari sort de la douche… J’ignore encore comment je vais lui annoncer ça… Je suis heureuse, mais j’ai aussi peur de sa réaction…

Moi : « Tu te souviens de ce que je t’ai demandé il y a dix ans? ».
Lui : « Quoi ! Tu m’as demandé de réparer quelque chose il y a dix ans, pis je ne l’ai pas encore fait!? ».
Moi : « Bin non! Il y a dix ans, je t’ai demandé si tu m’aimais assez pour avoir un enfant avec moi… et aujourd’hui, je te repose la même question… ».

Il a compris tout de suite et ma petite peur s’est vite envolée. Aucune crainte, aucune colère, ni aucune déception. Juste beaucoup, beaucoup d’amour.

Alors voilà. C’est officiel. Je suis enceinte de notre quatrième enfant. La veille de la vasectomie, on a laissé nos corps s’unir et la vie décider. Et la vie a décidé de nous offrir le plus beau des cadeaux.

Joanie Fournier