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Juste un peu…

Il y a de ces instants qui arrivent à figer le temps… juste un pe

Il y a de ces instants qui arrivent à figer le temps… juste un peu. Ces moments qui peuvent tout changer et faire tourner le vent. Cette minute qui nous rappelle à quel point nous sommes chanceux et reconnaissants…

Un réveil, quelques minutes avant la sonnerie prévue, après une nuit où on a vraiment bien dormi. Un matin où on sent encore la chaleur de nos corps collés et qu’on prend le temps de sentir ce souffle dans notre cou. Ces quelques minutes où l’amour nous envahit et qu’on sait qu’on va passer une maudite belle journée… parce qu’on a pris le temps de s’aimer, juste un peu.

Un moment où les enfants viennent nous rejoindre dans notre lit, pour se coller tous ensemble. Ma plus vieille, pour ce faire, disait qu’elle s’ennuyait de l’odeur de maman pendant la nuit. Elle revenait s’en imprégner le matin, juste un peu. Ma plus jeune disait, quant à elle, qu’elle venait chercher de l’amour, juste un peu. Et évidemment, l’enfant du milieu, qui a la délicatesse d’un camion, nous saute encore tous dessus en criant que c’est une attaque de câlins. Parce qu’elle aussi, à sa façon, elle a besoin qu’on soit tous ensemble, juste un peu.

Ce moment en pleine journée, quand tout est trop calme dans la maison… Pas de cris, pas de pleurs, pas de chamaillerie… Ce silence qui crie au cœur de maman qu’il faut aller voir si tout va bien… Puis, cet instant où on découvre nos enfants, blottis les uns contre les autres, un livre à la main et le cœur serein. Ce moment où on hésite entre refermer la porte et aller les rejoindre… juste un peu.

Ce moment après le bain de bébé où on prend le temps de le crémer partout et de le masser. Cet instant où une vague d’amour et de rage animale nous envahit, parce qu’on le croquerait là, maintenant, tout de suite… juste un peu.

Cette seconde où, en plein milieu d’une tâche ménagère, on stoppe tout ce qu’on fait parce qu’on sent une petite ombre derrière soi. Ce moment où on n’a pas besoin de demander ce qui se passe et où un câlin résout tout. Puis, l’enfant repart le cœur comblé, et nous, on reste figé, une seconde de plus, à se demander qui de nous deux en avait le plus besoin… Que c’est bon de prendre le temps, juste un peu.

Ce moment où on réalise que nos enfants ont tellement grandi… Qu’ils deviennent de merveilleux petits humains et que le temps a déjà filé. Ce moment où on reviendrait en arrière, juste le temps d’un rire d’enfant. Le temps d’un rire sincère de bébé, celui qui venait du fond du cœur sans aucune retenue. Juste pour ressentir à nouveau son cœur de maman déborder de joie, juste un peu.

On aurait pu aussi oublier de prendre le temps… On aurait pu se rendormir un dernier dix minutes. On aurait pu demander aux enfants d’aller se recoucher dans leur lit. On aurait pu les laisser jouer tranquilles. On aurait pu sauter le massage de bébé après le bain. On aurait pu finir nos mille et une tâches sans jamais se retourner. On aurait pu attendre le bonheur toute notre vie.

Mais non. On a choisi de voir à quel point on est chanceux. On a choisi de prendre chacun de ces instants et de laisser le temps s’arrêter. On a choisi d’être heureux ensemble. On a choisi de s’aimer, chaque seconde, juste un peu.

Joanie Fournier

 

Je suis ma pire ennemie, ou l’autosabotage du bonheur!

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Pour changer quoi que ce soit dans la vie, il paraît qu’il faut commencer par accepter et nommer la situation que l’on veut changer. Alors je me lance : mon nom est Annie, j’ai 45 ans et j’autosabote mon bonheur. Voilà, je l’ai dit. Je l’avoue, j’ai tellement peur que quelque chose vienne gâcher ma vie quand ça va bien, que plutôt que subir cet événement qui pourrait gâcher mon bonheur, je le gâche moi-même inconsciemment.

 

C’est facile de mettre le blâme sur les autres pour ses malheurs. Ils ont le dos large. Bien plus facile de blâmer la terre entière pour nos malheurs que de réaliser que nous en sommes nous-mêmes les artisans. Je pense, sans me tromper, que tous les êtres humains ont ce même défaut de fabrication.

 

Pour être franche, ça fait treize ans que je suis en dépression fonctionnelle. Depuis la mort de mon premier fils pour être exacte. Depuis cette journée, j’ai continué à avancer, mais une partie de mon cœur et de mon âme est morte avec lui. J’ai été dans un groupe de soutien pour parents endeuillés, ça m’a aidée un moment. Quatre ans après son décès, j’ai eu recours à des antidépresseurs pour m’aider à passer à travers son « cinquième anniversaire » que je voyais venir et que je n’aurais pas le courage d’affronter autrement. Sous médication, j’étais une zombie : j’existais, je fonctionnais, mais je ne ressentais rien. J’ai arrêté la médication quand j’ai voulu redevenir enceinte. Est-ce que j’allais mieux? Non, mais je ne voulais plus être dans un état de zombie permanent.

 

La naissance de mon fils devait être l’événement le plus heureux que j’avais vécu jusqu’à ce jour et on me l’a enlevé. À la place, j’ai eu une douleur avec laquelle je devrai vivre le reste de mes jours. Depuis ce moment, dès que quelque chose de bien m’arrive, j’ai peur qu’on me l’enlève sans avertissement et de manière sauvage comme ce fut le cas pour mon fils. Donc, je fais tout « foirer » moi-même de manière inconsciente. Je me mets à angoisser sur ce qui pourrait arriver, j’analyse beaucoup trop les choses afin de trouver la faille, je deviens anxieuse, ce qui engendre des disputes et des malaises. On va dire les choses comme elles sont : je suis ma pire ennemie! Je me fais du mal à moi-même pourquoi dans le fond? Pour des situations catastrophes qui ne se produiront jamais dans 99,99 % des cas.

 

J’ai longtemps hésité à reprendre des antidépresseurs même si j’en avais besoin. Pourquoi? Premièrement, je ne voulais pas revenir au stade d’être vivant fonctionnel sans aucune émotion et, deuxièmement, je ne voulais pas reprendre les 40 livres que j’avais prises avec cette médication. Vous allez dire que c’est futile comme raison. Peut-être. Mais quand on a déjà un surplus de poids important, 40 livres supplémentaires en raison d’une prise de médicament, c’est difficile à avaler comme pilule!

 

Il y a presque un an, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée voir mon médecin de famille. Je prends à nouveau des antidépresseurs qui fonctionnent bien quand je n’oublie pas de les prendre. En discutant avec elle, elle m’a prescrit un médicament qui n’avait pas de prise de poids comme effet secondaire.

 

Il faut maintenant que je m’attaque à l’autosabotage de mon bonheur. Pour ça, il n’y a pas de pilule miracle malheureusement, juste beaucoup de travail à faire sur moi-même. Je sais que ce sera un travail de longue haleine et un combat quotidien pour moi. Ce n’est pas une bataille gagnée d’avance, mais je suis déterminée à dompter cette bête en moi. Elle ne me croit pas faite pour le bonheur, mais j’y ai droit moi aussi.

 

Au cours de la dernière année seulement, ce comportement a causé tellement de dégâts. J’ai gâché plein de beaux moments pour les gens que j’aime et je me suis aussi privée de plein de beaux moments. Il paraît que pour changer quelque chose dans notre quotidien, il faut le faire durant sept journées consécutives et après, ça devient une habitude. Je veux naïvement espérer pouvoir voir une différence en sept jours même si je sais pertinemment que ce sera plus long que cela!

 

Je termine ce texte en offrant mes plus sincères excuses aux gens que j’ai blessés par mes paroles ou mes actions au cours des dernières années. Aux personnes qui sont encore dans ma vie, je demande un peu de patience, le meilleur est à venir. J’en fais la promesse!

 

Annie St-Onge

 

Comment je suis tombée en amour

Je peux encore voir, comme si c’était hier, le sourcil sceptique

Je peux encore voir, comme si c’était hier, le sourcil sceptique de mon coloc se relever: « Tu t’en vas à un blind date habillée comme ça? » Entendre en écho ma réponse frondeuse: « C’est PAS un blind date! ». Et la suite, marmonnée juste pour moi: « C’est une sortie avec des amis… qui souhaitent me présenter quelqu’un. »

Je t’ai choisi, ce fameux soir-là, et je ne l’ai jamais regretté. J’ai craqué pour l’intelligence dans ta conversation et la maturité dans tes émotions. Tu rayonnais d’une présence authentique. Je me sentais bien en ta compagnie. Je me suis laissée plonger dans tes yeux bleus et envoûter par ton accent acadien.

Il y a le moi d’avant notre rencontre. Et il y a le moi d’après. Bizarrement, le moi d’après est encore plus moi que celui d’avant. Pourquoi? Parce que tu m’offres un espace privilégié pour m’épanouir. Tu me jardines. Je pousse sous ton écoute, je grandis dans ton acceptation. C’est viscéral, j’ai ce besoin d’être entendue pour exister. Quand je te raconte ma journée… ce que j’ai ressenti, ce que j’ai pensé… et que je lis l’amour dans tes yeux… j’existe toute entière.

Avec toi, je trouve ma voix et ça me permet de trouver ma voie. Tu m’encourages à sortir des dogmes, à explorer et suivre ma propre route. Et tu m’offres la chance de faire la même chose pour toi. Tu me fais confiance.

Évidemment, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Un couple, des fois, débarque de son petit chemin bien tracé. J’ai vécu sur un volcan avec toi. On a frappé quelques bosses. Les enfants nous ont fait vivre des choses qu’on n’aurait jamais imaginées… Les petites roulettes de nos valises, bien huilées, bien alignées… oui, elles ont grincé. Mais elles n’ont jamais déraillé.

Tu es l’homme de ma vie parce que tu es un partenaire solide et que je peux compter sur toi. Tu ne te limites pas aux belles paroles. Quand je m’arrête pour me demander si je suis sur mon X, si ma vie a du sens… je réalise à quel point je suis comblée et heureuse.

Un ami italien nous a surnommé: famiglia solare e allegra (famille lumineuse et joyeuse). C’est tout ce que je peux souhaiter pour nos enfants plus tard. Une aussi belle histoire. Trouver une personne avec qui ils pourront rire et avoir autant de plaisir.

Comment je suis tombée en amour? Quand tu es entré dans ma vie avec ton orchestre et que j’ai réalisé que je ne faisais que danser sans musique avant toi.

Elizabeth Gobeil Tremblay

Le bonheur à travers tes yeux

Ce soir, je suis fatiguée et grippée. J’ai l’impression que mo

Ce soir, je suis fatiguée et grippée. J’ai l’impression que mon corps lâche et que ma patience le suit. Je suis certaine que plusieurs se reconnaîtront. Le genre de soirée où on a la tête encore au boulot et le corps épuisé. Mais toi, petit cœur sur deux pattes, tu viens tout changer…

Ces soirs-là, quand la grippe m’envahit… et que tu viens me porter en souriant un petit verre vide. « C’est du chocolat chaud, Maman! Ça va te soigner! Vite, bois. » Et quand je feins de boire dans ce petit verre vide, tes yeux se remplissent de fierté et que tu cours en gambadant pour un autre remplissage imaginaire. Et tu as raison, ça me guérit un peu, de voir le bonheur à travers tes yeux.

Ces soirs-là, où j’ai encore la tête au boulot… et que tu pars me faire un dessin. Tu reviens, du haut de tes quatre ans, avec une œuvre colorée qui respire la joie de l’enfance. Et je me demande depuis quand tu dessines aussi bien. Et tu me ramènes l’esprit avec toi, avec nous. Je n’ai plus envie de penser au travail quand je vois le bonheur à travers tes yeux.

Ces soirs-là, où j’ai une bulle immense et que je voudrais être seule un peu… et que tu t’enfermes dans une chambre avec tes sœurs. Quand je vous perds de vue, je ne peux m’empêcher d’aller voir ce que vous faites… C’est peut-être l’instinct ou l’habitude qui me force à me rapprocher de vous. J’entrouvre la porte de la chambre et je vous découvre, tassées comme des sardines dans un lit, un grand livre à la main. Je t’écoute raconter une histoire à tes grandes sœurs qui jouent le jeu et qui font semblant que ce sont bien les mots qui y sont écrits… et j’ai juste envie de venir me blottir avec vous, quand je vois cet amour dans vos yeux.

Ces soirs-là, où je n’ai plus d’énergie pour cuisiner… et que vous me demandez de souper avec des céréales et des fruits que vous allez couper vous-mêmes. Je ne sais jamais si vous avez senti ma fatigue ou si ça vous fait vraiment plaisir. Puis, vous me remerciez de vous laisser déjeuner pour souper et je sais que c’est authentique. Ça vient du cœur. Et je m’assois moi aussi, avec mon bol de céréales. Il goûte meilleur que les autres, je trouve… parce que je vois le bonheur à travers vos yeux.

Demain matin, c’est une journée-pyjama à la garderie. Tu prépares ton pyjama préféré de chatons et tu chantonnes en fouillant dans tes tiroirs, parce que tu as tellement de joie dans ton cœur, qu’elle déborde en chanson. Et j’ai aussi envie de fredonner, parce que je vois le bonheur à travers tes yeux…

Parfois, malgré la fatigue, la grippe et les tâches, on réalise que le bonheur n’est au fond qu’une question de choix. Et toi, petit cœur, tu m’apprends chaque jour à faire le bon choix. Tu forces mon cerveau à s’arrêter pour apprécier le moment présent, et ça, c’est tout un superpouvoir. Merci, petit cœur, de me permettre de voir le bonheur à travers tes yeux.

Joanie Fournier

 

Cap de Bonne-Espérance

Une autre dizaine…

Sans doute

Une autre dizaine…

Sans doute, vous le faites également. Comme à chaque décennie depuis le cap de la trentaine. Dès qu’on quitte les années de pure insouciance. Celles qui ne comptent pas… trop! Le bilan. Ce bilan. Suis-je là où je le voulais? Avec qui je le souhaitais? Une personne heureuse? Du moins, vais-je dans la bonne direction?

Un regard que l’on voudrait positif. Pour se rassurer.

À la mesure de nos ambitions, nous révisons alors soit notre situation amoureuse, soit celle de notre emploi. Ou toute notre vie. L’insécurité est-elle maître du lendemain? Sans elle/lui, je ferais quoi? Un boulot, ça ne peut être parfait, non? Dans les deux cas, souvent, la passion s’est éteinte. Il y a autre chose, un quotidien. Que nous ne voulons surtout pas célébrer. Particulièrement si c’étaient des items négatifs déjà identifiés… y a déjà dix ans!

Avec constance, la liste des obligations s’est allongée. Seulement financièrement ou, en plus, bien vivante. Des amours, différents de l’amour. Un centre de l’univers, pour éviter de trop penser. Pour se convaincre facilement que le plus important, c’est eux.

Et si le bonheur n’est qu’un état? Je ne dois alors changer que ma vision des choses…

Le bonheur est sans doute bien plus un voyage. Avec des personnes particulières. Pour un partage agréable. De valeurs, de respect. Mais qui fait aussi de nous une meilleure personne. Le bon ingrédient, dans une bonne recette.

Il faut un soi, pour un nous. Comme il faut un soi, pour aimer.

Alors si, avec les années, nous avons la possibilité d’être ce soi un peu meilleur, même encore en cheminement, la prochaine dizaine est bien amorcée. C’est ce que je retiens. Mon cap à suivre, pour éviter la tourmente.

Prochain bilan, dans dix ans…

michel

 

Vasectomisé, surpris et heureux

Mon mari est vasectomisé, c’est officiel. J’ai déjà écrit su

Mon mari est vasectomisé, c’est officiel. J’ai déjà écrit sur le dilemme qui nous hantait au moment de prendre cette décision… On a fait ce choix parce que la raison a pris le dessus. Il fallait qu’on apprenne à faire notre deuil. La veille de la vasectomie, on a laissé nos corps s’unir et la vie décider. Je n’étais pas tombée enceinte durant les huit mois précédents alors que nous ne nous protégions pas, alors une fois de plus ou de moins, ça n’aurait pas changé grand-chose… Après une vasectomie, il faut quand même attendre quelques mois pour passer un spermogramme et ainsi confirmer le succès de l’intervention.

Quelques semaines plus tard, l’heure des vacances familiales a sonné. On se fait tout un planning de vacances. On part au chalet, on fait du bateau, on se baigne, on s’amuse. Au retour, je trouve la route longue et sinueuse, j’ai toujours eu le mal des transports, je connais bien ces nausées. Mais quand même, une petite idée s’insinue dans ma tête… et si… non. C’est sûr que non. La vie ne nous a pas donné de bébé quand on lui en a donné la chance, ce n’est sûrement pas là que ça arrivera…

J’ai un vieux test de grossesse dans l’armoire. Je décide de le passer. Résultat : négatif. Je le savais. C’était sûr que je n’étais pas enceinte. Je lis la boîte du test de grossesse et une information retient mon attention… J’ai acheté ce test l’an passé, il était en spécial et je n’avais pas pris la peine de bien lire la boîte. Il est bien spécifié de passer le test seulement APRÈS le retard des règles. Là, je me dis que c’est bien stupide comme test, puisque le retard des règles indique clairement une grossesse pour moi, donc il me semble totalement inutile, ce test… et le doute continue de planer…

Le lendemain, on décide d’aller au parc d’attractions avec les enfants. Ma plus vieille a vraiment hâte de faire les plus gros manèges avec sa mère… Le doute m’a empêchée de dormir cette nuit-là. Je sais que je ne ferais pas de manège si j’étais enceinte. Je suis certaine de ne pas l’être. Mais le doute me dérange. Je décide que je vais en douce à la pharmacie dès l’ouverture. J’achète un test, fiable et reconnu cette fois. Juste pour me rassurer.

Je reviens à la maison. Je m’enferme dans la salle de bain et je passe le test. Je me trouve bien ridicule, je sais qu’il sera négatif et que je viens de dépenser 20 $ pour rien, mais j’ai besoin d’avoir le cœur net. C’est un test numérique, donc il faut attendre les trois minutes règlementaires avant que le résultat ne s’affiche. Aucun indice avant. De toute façon, il sera négatif. On est en vacances, mon mari est vasectomisé. On va boire de l’alcool, faire du bateau, monter dans les montagnes russes…

Je patiente en pliant des serviettes chaudes qui sortent de la sécheuse. Une serviette. Deux serviettes. Trois serviettes. Je remarque que le test affiche le résultat. Je le prends, convaincue que je vais le jeter à la poubelle dans deux secondes, après avoir confirmé que le résultat est négatif. « YES + ». Yes +? Yes +?! C’est écrit Yes +! Je. Suis. Enceinte.

C’est impossible. Ma plus grande a neuf ans! Mon bébé entre à l’école! Mon mari est vasectomisé! Puis, le souvenir d’une douce soirée refait surface… « La veille de la vasectomie, on a laissé nos corps s’unir et la vie décider. » Je. Suis. Enceinte.

Je monte à l’étage. Mon mari est sous la douche. La porte de la salle de bain est barrée. J’ai la tête qui tourne et le cœur qui bat à une vitesse impossible. J’ai chaud, je frissonne. Je me couche dans notre lit, le test encore dans la main. Mon mari sort de la douche… J’ignore encore comment je vais lui annoncer ça… Je suis heureuse, mais j’ai aussi peur de sa réaction…

Moi : « Tu te souviens de ce que je t’ai demandé il y a dix ans? ».
Lui : « Quoi ! Tu m’as demandé de réparer quelque chose il y a dix ans, pis je ne l’ai pas encore fait!? ».
Moi : « Bin non! Il y a dix ans, je t’ai demandé si tu m’aimais assez pour avoir un enfant avec moi… et aujourd’hui, je te repose la même question… ».

Il a compris tout de suite et ma petite peur s’est vite envolée. Aucune crainte, aucune colère, ni aucune déception. Juste beaucoup, beaucoup d’amour.

Alors voilà. C’est officiel. Je suis enceinte de notre quatrième enfant. La veille de la vasectomie, on a laissé nos corps s’unir et la vie décider. Et la vie a décidé de nous offrir le plus beau des cadeaux.

Joanie Fournier

 

« Un papillon s.v.p. »

J’aime aller à l’épicerie avec les enfants. J’aimerais dire

J’aime aller à l’épicerie avec les enfants. J’aimerais dire que c’est parce qu’on en profite pour nommer les différents fruits et légumes et discuter des saines habitudes alimentaires, mais la vérité, c’est qu’ils offrent des collations gratuites. Bref, ma plus jeune de quatre ans est trop occupée à manger et elle a moins l’envie de fuguer dans les rangées. La semaine dernière, je l’amène avec moi dans une épicerie que je ne nommerai pas. Mais pour vous aider à vous situer, c’est une épicerie où tout se vend en format géant et où ils vous cartent à l’entrée.

Chaque fois qu’on y va, ma fille attend impatiemment son moment préféré, celui où elle remet la facture pour que le commis la vérifie à la sortie. À chacun son passe-temps favori, ne la jugez pas. Chaque fois, à la caisse, elle s’empare de la facture en vitesse et la garde en sûreté jusqu’à la sortie. Devant la porte, elle la remet au commis avec une grande fierté. La plupart du temps, le commis la trouve adorable et prend une seconde supplémentaire pour dessiner un bonhomme, un cœur ou un sourire sur la facture avant de la lui remettre.

Cette semaine, ma fille anticipe son petit bonheur et me demande, tout sourire : « Maman! Penses-tu que la madame à la sortie va me faire un beau dessin sur la facture? La dernière fois, le monsieur m’a dessiné un bonhomme! » Elle est pleine d’espoir. Je lui réponds que je ne le sais pas, mais que si elle lui demande gentiment, peut-être qu’elle acceptera. Je sais bien qu’il n’y aura même pas de file d’attente à la sortie, en plein après‑midi de semaine.

On paie l’épicerie. Ma fille de quatre ans s’empare de la facture. Elle la presse dans ses petites mains et trépigne d’impatience. Comme je l’avais prédit, il n’y a pas un chat en file. Elle tend la facture à la dame devant la sortie et lui demande poliment si elle peut lui dessiner un papillon. Elle lui offre son plus beau sourire pour la convaincre.

Sauf que. La dame. C’était clairement pas sa meilleure journée. Elle avait l’air bête et je la soupçonne d’avoir fait la sourde oreille. Elle a pris la facture, fait un trait sec dessus et l’a redonnée rapidement à ma fille.

J’ai regardé mon enfant de quatre ans. J’anticipais la peine qui allait monter dans ses yeux et la déception qui allait apparaître sur son visage. Et là, ma fille a fait la seule chose à laquelle je ne m’attendais pas. Elle a regardé la facture, puis la dame. Elle lui a lancé un grand sourire et lui a dit, sur le ton le plus encourageant du monde : « Wowww madame! Vous êtes VRAIMENT bonne pour tracer une ligneeeee! Bravo madame! Merci! ». Et elle a quitté l’épicerie, satisfaite.

Ce jour-là, ma fille de quatre ans m’a donné une maudite belle leçon de vie. Parce qu’elle se contente de ce qu’elle a et trouve du bonheur partout. Pis des fois, au lieu de se complaire dans nos petits malheurs, on devrait aussi arriver à voir ces petites joies du quotidien. Et si on regardait la vie avec les yeux d’un enfant de quatre ans?

Joanie Fournier

Serpents et échelles !

Avez-vous déjà flanché ?

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Avez-vous déjà flanché ?

Pourtant, nous sommes toujours pleins de volonté. Déterminés. Du moins en les formulant. Changer tel ou tel comportement. Abandonner l’insatisfaction ; professionnelle, sociale, personnelle. Mieux gérer son temps. Réaliser tel rêve. Seul, à deux, en famille. Sans oublier la traditionnelle, perdre des kilos.

Nous en sommes à la troisième semaine de la nouvelle année. Les pubs de remise en forme inondent tous nos sens. Les centres d’entraînement voient leur clientèle d’éphémères se démener. Toutes ces personnes qui veulent croire au miracle de l’output. Un jus couleur verdâtre à la main.

Si j’osais, je vous parlerais de cette nouvelle théorie scientifique de l’exercice physique. Une minute d’exercice intense par jour, trois fois par semaine, suffit. Pour le reste, juste tenter d’être souvent en mouvement. Ce sont mes genoux qui vont être heureux.

Je n’ai pas de « bucket list ». J’aimerais bien réaliser tel ou tel projet. Accomplir ceci ou cela. Devenir un meilleur exemplaire d’humain. Chacun son Everest. Mais le paradoxe est toujours là. Si on se fixe un objectif, comment ne pas être dépressif après ? Quand on se dit « Done this, been there! ». Le but qui a caché le parcours.

Notre fil de nouvelles Facebook nous avait pourtant prévenus, si fréquemment…

Le bonheur, il ne réside jamais dans des moments charnières. C’est un état. C’est l’attitude que vous prenez. C’est votre manière de voir les choses. C’est un verre, ni à moitié plein, ni à moitié vide. Juste à prendre le plus souvent possible en excellente compagnie.

J’essaie que ce soit des bulles roses habituellement. Un rappel que la vie peut basculer à tout moment pour celle que j’aime. Qu’il faut toujours embrasser comme si c’était la dernière fois.

Ma résolution, je vais la tenir. Facilement. J’ai résolu de ne plus en faire, de résolutions. Juste, au tournant de l’année, prendre un autre moment pour apprécier la vie. Ne riez pas, c’est une résolution difficile à respecter.

Notre environnement fait de gros efforts pour l’empêcher. Tous ces gens qui sont résolus à être négatifs. Qui veulent fermer la lumière. Dans les médias, pour qui le chat écrasé est toujours plus important. Surtout si c’est un chat du voisinage. Chez nos dirigeants, les rois élus de la pensée négative collective. Dans les propos de nos leaders, où la foi n’est qu’une paire de lunettes semi-opaques.

Ces utilisateurs des réseaux sociaux, qui partagent allègrement leur vision amère. Sans aucun respect de l’autre.

Pourtant, un « autre », ça n’existe tout simplement pas. Ou, plutôt, nous le sommes tous. Ce qui revient au même. Un être humain d’ici ou d’ailleurs. Qui devrait avoir compris que le bonheur, le sien, il passe obligatoirement par le bonheur collectif. Que, là, hier, demain, il lui faudra interagir avec cet « autre ». Quel qu’il soit.

Comme les méthodes sont à la mode, voici ma suggestion. En cinq étapes : 10 La vie est belle ; 20 Souriez souvent (juste à penser à une de vos conneries) ; 30 L’autre, c’est moi ; 40 Soyez une parcelle de lumière ; 50 La vie est belle (déformation professionnelle ; Primacy & Recency).

Pour les kilos en trop, je vais vous aider. Oubliez tout le reste et concentrez-vous plutôt sur l’input. Sur l’entrée en bouche. Pensez-y chaque fois, la qualité avant la quantité. Tout en vous permettant de « flancher » quelques occasions par mois. De rien, c’est gratuit !

michel

 

Je cherche mon « X »

Tout le monde connaît l’expression « être sur son X »? Ben

Tout le monde connaît l’expression « être sur son X »? Ben je vous avoue qu’à 32 ans, je suis toujours à la recherche de ce fameux « X ». À mesure que les années s’accumulent, mes espoirs de le trouver s’amoindrissent, ajoutant à ma quête une peur : « Et si je ne le trouvais jamais…? »

Récemment, je me suis retrouvée dans un show rock avec, sur scène, un vieil ami. Et ça m’a frappée : lui son « X », clairement, il avait les deux pieds dessus. Un mélange étrange de fierté et d’envie m’a terrassée. Il était tellement à sa place sur cette scène avec sa guitare entre les mains! Je l’avais vu jouer des dizaines de fois et depuis toujours (dans sa chambre, dans ma cuisine, dans des bars…) mais là, j’ai été prise d’un genre de vertige. Les « X » existaient finalement, ce n’était plus juste une expression et il en était ma preuve.

Et je me suis demandé : mis à part dans mon rôle de mère, où est-ce qu’à un moment ou à un autre, j’avais pu ressentir ça? Ressentir cette impression d’être exactement là où il le faut, au bon moment avec en prime toutes mes étoiles bien alignées. Et la réponse m’a fait peur…

Avais-je la vie dont j’avais rêvé lorsque je n’étais encore qu’une petite fille? En avais-je au moins la version peaufinée par mon passage obligé dans l’adolescence? À quel moment j’avais perdu de vue mon « X »? À quel moment je m’étais désillusionnée de mes rêves de grandeur ou de bonheur absolu?

Est-ce que je cherchais mon « X » au bon endroit? Dans la vie de famille? Dans le travail? Dans l’amour ou dans l’amitié? Est-ce que chaque facette de ma vie avait son propre « X » et que je n’en goûterais qu’un à la fois? Ou bien est-ce qu’un jour, je me sentirais tellement complète que je ne chercherais plus cet endroit mythique orné d’un « X » imaginaire?

Et aucune réponse n’est apparue. De toute façon, quelle réponse aurait pu me satisfaire? Est-ce que cet instant précis où j’étais spectatrice de l’accomplissement du travail acharné d’un ami suffirait à relancer ma quête? À en raviver la flamme et à me rebooster l’ambition?

Est-ce que je finirais un jour par libérer les mots qu’il y a dans ma tête? Est-ce que je finirais par mettre en reliure ce fameux livre qui faisait partie de mes rêves il y a longtemps?

Est-ce que pour toujours, je serais l’unique amour de mon homme, celui qui suffit, celui qui comble les failles et les imperfections pour façonner une vie de bonheur?

Est-ce qu’un jour, je serais derrière les créations culinaires de ce resto qui n’existent que dans mes tableaux secrets sur Pinterest?

Est-ce qu’un jour, je serais l’amie indispensable? Celle que l’on taggue sur Facebook et avec qui on ne compte plus les insides. Celle qui répond toujours présente et dont on ne se séparerait pour rien au monde?

Est-ce qu’un beau jour, quelqu’un me verra au loin et ressentira ce mélange étrange de fierté et d’envie…?

Karine Arseneault

Tirer la couverte

Bien avant 8 h un matin de semaine et la plage est presque déserteâ

Bien avant 8 h un matin de semaine et la plage est presque déserte…

Une marche en solitaire. Le sable humide qui croustille sous chaque pas. Le petit crochet pour éviter la vague taquine. Quelques joggeurs. Des couples de tous âges. La main enlaçant amoureusement… leur café.

Je marche toujours d’un pas rapide. J’aime marcher. Encore plus à la plage. Là où tout a le goût de la mer. Est la mer. Ma tête tente de se noyer. De se perdre. À l’infini de l’horizon. Un endroit public d’évasion. Qui ne devrait appartenir à personne. Ou totalement à tous.

J’aime bien le concept des Premières Nations. Tenter de vivre en harmonie avec ce qui nous entoure. Vivant ou non. Communiquer avec le vent, les arbres, les rivières.

Qu’il est alors impensable de vouloir se les approprier.

Cette plage, je la connais de mieux en mieux. Sur toute cette heure de marche. La section motelisée qui laisse place aux maisons louées. Évidemment, de moins en moins de gens. La langue qui change. Jusqu’à la rivière qui fait légère barrière. Qu’on peut traverser, si les idées sont encore trop prenantes.

Mon esprit d’enfant vagabonde. Cherche le trésor. Cette bague ou ce bijou. Perdu ou égaré volontairement… Quelques saluts retournés. Même si je constate la tendance. De moins en moins de cette attitude débonnaire. Le Good morning! donné sans attente. Sans doute disparu lui aussi avec l’effondrement des tours jumelles.

Presque au point de rebrousser chemin…

Des immenses bâches bleues. Une superficie au sol plus grande que celle de ma maison. Juste devant un passage d’accès à la plage. Un mur érigé hâtivement au petit matin. Un message clair. Évidemment, pas d’âme qui vive pour affronter mon incompréhension.

Une manière de crier. Moi! Un égoïsme qui fait frémir.

Oh, il avait déjà débuté depuis des années. Par le placement judicieux des chaises de plage. Une belle rangée. Une clôture. Un pipi de chien qui se voit bien.

Mon cerveau repart, où je tentais de le perdre. J’y réfléchis. Je vois le futur. L’idée reprise par la majorité. Ma marche en zigzaguant au travers des minces espaces laissés entre les toiles. Ces imbéciles qui devront se lever de plus en plus tôt pour gagner la course. L’autre qui devient un antagoniste. La tension.

Tout ça pour des vacances? Pour ce moment privilégié de se ressourcer. De débrancher. D’avoir des instants de zenitude…

Peut-être qu’ils devront se réglementer. D’autres directives imposées pour combler le vide. Celui de l’intérieur. De la tête et du cœur.

Avec l’âge, je rejette de plus en plus les principes de «croissance personnelle». Ceux submergés de Likes. De ce que je perçois, ça va très bien de ce côté. La satisfaction de ses besoins individuels. Le moi avant toi. Avant vous et parfois, même, avant nous.

Par simple culpabilité, le mauvais exemple est donné aux enfants. Ces petits rois. Qui resplendissent joyeusement de cette arrogance.

Volontairement incontrôlée. Une génération qui n’aura aucune difficulté à suivre. Jusqu’à ces marques de pas sablés sur ma serviette.

L’exemple nécessaire, je vais continuer de le donner aux miens. Respect des autres. Partager le bien commun. Ne laisser aucune trace.

Chacun doit faire sa petite différence. Se joindre à chacune des vagues. Ouvrir ses sens. Être là, maintenant. Goûter le bonheur.

J’espère que nous serons de plus en plus nombreux à propager ce plaisir solitaire, contre vents et marées…

michel

 

Et si tes amis n’en étaient pas réellement ?

Mon garçon, tu entres souvent de l’école le soir avec l’air tr

Mon garçon, tu entres souvent de l’école le soir avec l’air triste. Un air démoralisé, éreinté, essoufflé. Essoufflé de te convaincre que tes amis sont les bons pour toi, j’imagine. Et si ton cercle d’amis n’était pas, en fait, un groupe de bons amis ?

En tant que parent, mon rôle est de t’enseigner de belles valeurs comme le respect, l’entraide, le partage, pour ne nommer que celles-là. En amitié, ces valeurs ont une grande importance. Si le respect n’existe pas au sein de ton cercle d’amis, c’est que quelque part, vous n’êtes probablement pas faits pour avoir ce type de relation. Des amis qui sont en constante compétition contre toi, qui te dénigrent, qui te ridiculisent si tu n’as pas la même opinion qu’eux, c’est inacceptable.

À ton âge, il est difficile de couper les ponts comme un adulte peut le faire. Il est par contre primordial que tu penses à toi et à ce que tu veux pour ton avenir. L’adolescence arrive à grands pas et ces relations toxiques s’envenimeront au fil du temps. Si déjà au primaire, tu n’as pas le droit de parler et de jouer avec qui tu veux sans te faire crier des insultes, je ne veux même pas voir ce que ce sera au secondaire. Des amoureuses ils ont, toi tu ne peux pas. Tu te fais ridiculiser sur le physique de la petite fille qui fait battre ton cœur. Tu es le maître de ta vie. Choisis ton entourage. Le bon vieux dicton le dit et je t’assure qu’il est vrai : vaut mieux être seul que mal accompagné. Au fil du temps, j’espère que tu le réaliseras.

Des amis, ça s’entraide, ça s’écoute, ça se confie, ça joue et ça rit.

Des amis, ce sont des gens en qui nous avons confiance et sur qui nous pouvons toujours compter.

Des amis, ça aide souvent à renforcer notre estime personnelle.

Des amis, c’est là dans les bons et dans les moins bons moments.

Si les tiens ne ressemblent pas à ça, ta réponse y est. Bien que ça semble cruel de penser que tu seras seul dans la cour de récréation, en jouant assis par terre dans les roches, j’aime mieux m’imaginer ce scénario que de te voir démoli presque chaque fois que tu franchis la porte à ton retour des classes. Je ne suis peut-être pas le parent exemplaire du côté amitié, probablement trop proche de mes sentiments, tout comme toi. Mais mes amis en sont des vrais, bien qu’ils soient peu nombreux. J’ai décidé de renoncer aux amitiés toxiques, aux fausses amitiés et à tout ce qui me paraissait malsain. Parfois je trouve ça difficile, c’est vrai, mais on s’y fait. Et quand je repense aux sentiments qui m’habitaient à certaines périodes, je ne regrette aucunement mes choix.

Mon garçon, un jour tu choisiras ton bonheur, ton épanouissement. J’ai beau te répéter que tu dois faire des choix, le choix final te revient. Par contre, je te souhaite de rapidement comprendre que des amitiés ça se cultive, ça se nourrit de beau, d’aucun tracas et de joie de vivre.

Eva Staire