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Une aiguille dans une botte de foin : parce qu’il vaut mieux en rire! Texte: Solène Dussault

Il y a plusieurs sortes de célibataires, de couples, d’amour. Je

Il y a plusieurs sortes de célibataires, de couples, d’amour. Je suis de celles qui cherchent un partenaire de vie, de projet. Un amoureux. Oui, je regarde les hommes à l’épicerie et en randonnée. Non, mes amies n’ont personne à me présenter. Ce n’est pas une mince tâche, aujourd’hui, de rencontrer. La phrase qui m’énerve le plus, lancée par des gourous de l’amour : ce que tu cherches te cherche aussi. Oui, mais non… Pas pantoute! 

Incursion dans la tête d’une femme célibataire…

Feuilleter le catalogue

À cette étape, les fous rires et les « ben voyons » sont souvent au rendez-vous. Je regarde plusieurs descriptions, présentations, photos, alouette. J’en vois de toutes sortes et bien franchement, ça s’arrête souvent là. T’sais moi, le lover des animaux, en égoportrait avec un singe sur la tête ou des perroquets en équilibre sur les bras, ça m’allume zéro. Le summum c’est lorsque son pitou, qui prend plus de la moitié de la photo, lui lèche allègrement le visage. On va se le dire, champion : une langue de pitou qui a exploré toutes les parties de ton anatomie avant qu’on embrasse goulûment, ça me lève le cœur. Oui j’ai l’imagination fertile. Et c’est moi qui vais t’embrasser après qu’il soit passé avant moi? Non merci, ça ne le fera pas. 

L’échange de textos

On s’envoie un cœur, il y a un minimum d’attirance. Débutent alors des échanges par écrit. Doux Jésus !!! Certains sont bourrés de fautes ou alors il y a un point entre chaque mot. Parfois, le candidat potentiel répond par oui ou par non (le monologue sera de courte durée). Souvent, il ne répond pas du tout. Certains, plus tenaces que d’autres, entretiennent des échanges interminables et n’ont pas le courage de proposer une vraie « date ». Et il y a ceux qui se gardent une porte de sortie. Tu sais bien qu’ils ont liké 15 filles et n’ont pas l’intention de toutes les voir. Ceux-là rebondissent le samedi soir à 21h, te demandant « qu’est-ce que tu fais ce soir »? Heille l’ami, je suis en pyjama et je sirote mon vin rouge. Tu ne débarqueras pas ici et je ne ferai pas une heure de route dans une tempête de neige pour aller te faire des yeux doux ou tout ce que tu imagines…

La rencontre

Il faut se lever de bonne heure, car la vie nous réserve souvent des surprises et je vous jure qu’elles ne sont pas toutes belles! On se donne rendez-vous pour une marche : il arrive soit en retard, soit avec sa montre ultra performante qui bipe tout le long pour l’informer de ses battements cardiaques. Ah non! Il a déjà les bottes pleines de neige ou il veut à tout prix me raconter l’incident qui l’a privé de deux doigts de sa main droite. C’est sans compter que son physique est zéro représentatif de ses photos. Je fais le saut lorsque je m’attends à croiser un 5 pieds 10 mais qu’il a menti sur sa grandeur. Ou encore que ses photos datent de Mathusalem et qu’il est méconnaissable. On décide plutôt de se voir pour un verre dans un sympathique bistro? Il passe son temps à texter ou à me couper la parole. Combien de fois me suis-je sentie la mère ou la psy? Non, ne me parle pas toute la soirée de ton ex, j’ai zéro intérêt. Pendant qu’on jase, le hamster tourne quand même un peu : « Est-ce que j’aurais le goût de l’embrasser ce soir, demain ou la semaine prochaine ? » Si je me réponds que non, ce sera tout. Et je vais l’informer que je ne donnerai pas suite à nos échanges (souvent par texto, ça me donne plus de courage).

La rencontre (bis)

La première rencontre s’est passée pas si pire et je pense qu’il y a un certain potentiel pour qu’on se revoie. Il m’a donné plein de bines sur l’épaule lors de la première rencontre. Je me dis que c’est parce qu’il était gêné et inconfortable. Ben non, toi! Il met le gaz au fond et recommence son manège. Je suis une femme et je veux de la délicatesse. Tu ne vas pas commencer à me traiter comme ta best body du baseball du mardi soir. C’est quoi ça ?!?!?!? De mon côté, j’investigue un peu en lui demandant avec légèreté ce qui le drive, le motive, alouette. Je veux voir s’il y a un potentiel et découvrir ses qualités. Aime-t-il les sushis, les voyages, le sport? Non, lui, c’est la chasse, la pêche ou la moto. Le gars se cherche souvent une fille qui va partager SES passions. Il veut une partner d’activités. Dès que je m’affirme ou que je partage ce que j’aimerais, soit il se met à suer à grosses gouttes, soit il me dit qu’il ne cherche rien de compliqué ou de sérieux, ou pire, il fait mine de se lever et de quitter le rendez-vous. On passe au prochain appel.

Retour à la case départ

Et à travers tout cela, il y a plusieurs fêtes de Noël où je mange ma fondue toute seule, en écoutant la musique qui me plaît. Il y a ces nuits où je dors en étoile dans le lit, en prenant tout l’espace. Souvent, j’observe les gens en couple, ceux qui patinent main dans la main ou qui ont encore du plaisir à souper ensemble au resto. Oui, j’aimerais partager ces moments avec un amoureux. Oui, j’aimerais vraiment croiser un homme merveilleux et faire un bout de chemin avec lui. Mais pas à n’importe quel prix. C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin.  

Solène Dussault

 

Le chum inutile

Le célibat permet de se questionner sur ce qu’on cherche chez un

Le célibat permet de se questionner sur ce qu’on cherche chez un partenaire de vie éventuel. Une de mes conclusions, c’est que je ne veux pas d’un chum utile.

Non, je ne veux pas d’un amoureux dont j’ai besoin. Je ne veux pas d’un homme qui répare l’évier de la cuisine ou qui est assez fort pour transporter un meuble d’une pièce à l’autre. S’il le fait, tant mieux, mais ce n’est pas un prérequis. Et si je dis ça, ce n’est pas pour paraître indépendante. Je suis féministe, mais pas la féministe qui crie haut et fort « Pas besoin des hommes! ». Je peux réparer l’évier toute seule comme une grande fille ou engager un plombier (ou une plombière!) pour le faire.

Je ne veux pas que l’homme à qui je ferai une place dans mon cœur et dans ma vie comble un vide. Ce n’est pas un bouche-trou que je veux, c’est un amoureux! Bien sûr, il m’arrive de me sentir seule dans mon lit ou dans ma vie. Bien sûr, j’aimerais partager des rires et des câlins avec un adulte, pas juste avec mes enfants. Mais je ne veux pas que cette personne arrive dans ma vie parce qu’il me manque quelque chose. Je veux l’y inviter parce qu’il me manque quelqu’un, et pas n’importe qui. Je veux que ce soit LA personne qui me fait du bien et à qui je fais du bien, tout simplement.

Je ne veux pas d’un homme qui me rend heureuse. Je veux qu’il me rende encore plus heureuse que je le suis, et je veux faire partie de l’équation de son bonheur.

Je ne veux pas d’un homme compte-en-banque. Je ne cherche pas un partenaire de vie pour régler des dettes de famille monoparentale ou pour équilibrer le budget. Je ne cherche pas non plus quelqu’un qui facilitera les sorties en famille ou la routine quotidienne. L’équation sera peut-être plus balancée avec deux adultes et quatre enfants (ou plus : une famille recomposée est si vite arrivée!). La paire de bras qu’il offrira ne servira pas à contenir l’énervement des enfants, mais à me serrer fort. La journée où je présenterai un homme à mes enfants, je vais leur présenter mon amoureux, pas leur beau-père.

Je ne veux pas d’un homme sauveur qui répare mon cœur et ma confiance en moi. Ce travail-là, je tiens à le faire en amont d’une relation, avec mes outils et mes amis, avec ma famille, avec le temps. Il y aura encore du chemin à faire, l’humain étant un work in progress. Mais je refuse de confier à une personne la tâche de patcher les trous laissés par une autre relation.

Je ne veux même pas d’hommes-transitions, d’hommes-en-attendant. Ça ne veut pas dire que l’amoureux qui élira domicile dans mon quotidien sera l’élu à la vie à la mort, seul l’avenir le dira. Mais je ne veux pas d’hommes dont l’utilité serait de me calmer les hormones ou de me faire passer le temps en attendant le vrai. Je veux que l’homme pour qui j’accepterai de me montrer vulnérable et de baisser ma garde me donne le désir très fort que ce soit le vrai.

Qu’est-ce que je veux, alors? J’aimerais un homme qui m’aime et que j’aime. Un être qui est et avec qui j’ai le goût d’être. D’être présente, d’être moi-même. D’être avec lui. J’aimerais un homme avec qui je suis en relation par choix et non par obligation.

Nathalie Courcy

 

C’est si difficile d’aimer

Depuis toute petite, comme beaucoup d’autres petites filles, je mâ

Depuis toute petite, comme beaucoup d’autres petites filles, je m’imaginais déjà avoir un amoureux à l’âge de vingt ans, je me voyais planifier mon mariage, avoir des enfants, une maison, une voiture et un chien. À l’aube de mes 26 ans, je me rends compte que la vie en a voulu bien autrement.

Je n’ai jamais eu de chum. Un vrai de vrai. J’en ai souvent voulu à la Terre entière pour cela. Je me suis demandé si c’était parce que je n’étais pas assez belle, pas assez gentille, pas assez brillante ou encore trop grosse, trop gentille, trop brillante. Je me comparais constamment aux autres, je me disais que ça ne se pouvait pas que tout le monde finisse par rencontrer SA personne et que moi, je n’y arrive jamais.

Puis, j’ai fini par me dire que je faisais peur aux hommes : une femme indépendante, audacieuse et de carrière, ce n’est pas ce qui attire tous les hommes (alors que c’est pourtant tout le contraire !) J’ai longtemps blâmé les autres alors que je ne m’étais jamais arrêtée à me questionner : suis‑je difficile à aimer ou bien ai‑je de la difficulté à aimer ?

Bam ! La vérité en pleine face, qui m’assomme comme un deux par quatre. C’est moi qui ne suis pas capable d’aimer. Je ne veux pas m’engager. Ça me fait peur. Je suis très exigeante dans mes choix et mes critères face à la personne avec qui je partagerai ma vie. Les gars de mon âge que je rencontre ET qui sont célibataires, eh bien, ils ne me plaisent pas. Il y a un an, j’ai rencontré un garçon. On s’envoyait des messages, et malgré les nombreuses fautes d’orthographe, je le trouvais tout de même sympathique et agréable. J’ai décidé de lui donner une chance, je n’y perdais rien. Quelle erreur.

Le gars avait 27 ans, il habitait chez ses parents, était sans emploi et a osé me dire (il fallait quand même avoir du cran pour me dire ça) : « Yo non, moi j’me cherche pas d’emploi, j’men fous man, le gouvernement me paye pour habiter chez mes parents, c’est chill. » Tu vois le portrait ? C’est évidemment le pire cas que je te raconte, mais c’est aussi celui qui ne me donne pas envie de m’engager dans une relation avec les yeux fermés. Les bons gars, avec qui je pourrais avoir plusieurs aspirations et valeurs communes, sont déjà en couple. J’ai l’impression d’être la niaiseuse qui arrive à 16 h au Best Buy pendant le Boxing Day pour avoir la télévision en spécial. Comme si je venais d’allumer qu’un homme avec qui partager ma vie, ça pourrait être bien.

Malgré tout, même si parfois, je me surprends à être jalouse de mon amie qui se mariera bientôt, ou de l’autre qui part en fin de semaine d’amoureux au chalet, je ne regrette pas mon éternel célibat. Oui, j’aimerais avoir quelqu’un dans ma vie, mais j’ose espérer que la raison pour laquelle je n’y arrive pas, c’est que j’attends vraiment la bonne personne pour moi, celle qui créera des étincelles de bonheur dans tous nos petits moments au quotidien. Je suis aussi heureuse de constater que je me suis choisie avant tout, puisque je ne me suis pas jetée dans les bras du premier venu, chose que j’aurais pu faire il y a bien longtemps et que j’aurais pu regretter.

Je passe ma 25e Saint-Valentin célibataire, mais je suis maintenant en paix avec cela.

Stéphanie Parent

L’amour, sport de contacts?

Quel est mon réseau? Celui où elle est censée être…

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Quel est mon réseau? Celui où elle est censée être…

Je me demande combien nous sommes à résister et si, en particulier, je pourrai rester toujours en marge.

Me trouver un alias. M’inscrire en me prenant pour Rimbaud (même un peu laid). M’adresser directement et « franchement » à l’objet de mon désir. Me décrire comme je crois que la personne recherchée veut le lire. Avons‑nous le droit au copier‑coller? Des fôtes, ça fait si naturel. Trouver une photo qui m’avantage : de dos, dans la pénombre, un peu floue; ça fait artistique, non?

Surtout, rester ensuite intraitable sur mes critères de sélection! Bon, la majorité du temps; comme dit la chanson, il faut bien que le corps exulte… Rencontre, ça ne veut pas dire permanent!

J’ai tant à offrir et dépêchez‑vous, l’aubaine est pour une durée que je souhaite très limitée. Le risque est bien trop grand d’être démasqué si je suis en couple ou pire, de rencontrer ma semblable. Cette personne, on le sait bien, vous et moi, ne respecte aucun de mes critères… Clic!

Comment tolérer qu’un écran se glisse, entre l’amour et moi?

Je vais sans doute y aller pour le volume, le site gagnant, celui à la mode. Je suis si branché! Si je fais des centaines de « rencontres », ça va cliquer, c’est simplement mathématique. Clic! Tant pis pour les erreurs de parcours, je ferai comme ceux qui aiment simplement… leur prochain(e)! D’autant que les sites ne montrent pas la statistique sur le taux d’échec ou, pour d’autres, le nombre de tentatives. L’aventure, c’est l’aventure!

Si j’ose encore résister, certains de mes proches vont y aller de leur meilleur argument : « Elle/lui/chose s’est trouvé(e) la personne idéale et ils sont si heureux ensemble! » Est‑ce correct de répondre que certains sont simplement incapables d’être seuls? « Rabat-joie! »

Bien non! Vous ne me trouverez jamais là. J’ai passé l’âge d’embrasser pour espérer une fin de conte de fées. Bien que nous soyons tous le crapaud de quelqu’un d’autre. Parlez‑en à vos Ex!

Si, simplement exister, tenter d’être moimême et échanger le plus véritablement possible avec les autres ne me donne pas de meilleures probabilités, tant pis! Mon rêve, je ne le veux pas virtuel. J’ai trop d’imagination…

Passer des heures à interagir avec des personnages avec lesquels, autrement en quelques minutes, en personne, nous verrions le fossé de nos incompatibilités*? Non merci! Je vais être égoïste de mon temps. Si je le perds, ce sera avec des gens que j’aime et que j’apprécie déjà ou pour m’occuper l’esprit!

michel

* NDLR Comme l’âme sœur est possiblement l’une de vous, mesdames, je reste poli; je l’aurais dit d’une manière plus directe.

 

Le célibat pour les nuls

Puisque je dois séjourner pour un temps incertain, malgré moi, dan

Puisque je dois séjourner pour un temps incertain, malgré moi, dans cet état souverain…

Allons‑y, dans la lignée des guides à la mode. Dans une méthode structurée. Par étapes. Mise en garde : Comme je suis le délaissé, il est probable que mon chagrin embrume un peu mes propos. À vous de mettre les filtres de la couleur que vous souhaitez. Les bonnes recettes maison sont les plus recherchées. Je vous invite, donc, à épicer selon vos goûts personnels.

Le constat initial. C’est un choc ! Comme bien d’autres. Depuis que, nu, on a coupé votre cordon. Vous lui donnez, c’est selon, l’importance autodestructrice ou l’ouverture nécessaire. Mettez le demi-verre… au lave-vaisselle. Votre nombril est‑il suffisamment propre ? Si oui, passez tout de suite au point « L’acceptation ». Pour tous les autres, c’est le temps d’un petit voyage intérieur. Obligatoire. Il est inutile de tenter une nouvelle relation sans faire un peu de ménage printanier, dans votre entrepôt sentimental. Sauf, si vous voulez revenir lire ceci sous peu. Ce qui, pour ma part, me comblerait. Mais vous ?

L’acceptation. Bien oui, c’est terminé ! Les amis, de leurs mains protectrices, vous mettront des œillères. Ça fait tant bien de se faire parler ainsi. Vous vous gavez également des pensées sur l’Internet. Des messages que vous voulez, pour vous-même. Évidemment que l’autre personne doit faire de vous sa « priorité ». Idem pour tout autre dogme du cœur brisé. Il faut abandonner définitivement toute notion de mérite. À retenir : L’amour, le plus souvent, c’est une simple question de Timing. La bonne personne, au bon moment.

Le pour. Bravo ! Vous êtes dans la bonne voie. Dites-vous que, présentement, il y a des millions de gens qui souhaitent désespérément être à votre place. Certains, prisonniers de souffrances physiques autant que morales. Dont ils ne voient pas l’issue. Inutile de vous énumérer tout ce dont, en couple, vous rêviez. Sans doute que vous êtes déjà dans le plat de bonbons. N’oubliez pas de vous protéger. La prochaine personne, elle veut un bagage léger. De ce côté‑là aussi.

Le contre. La société veut nous faire croire à l’échec. De notre vie. De nous, en fait. Attention : Les réseaux sociaux renvoient l’idée d’un monde parfait. Pour tous. Même pour l’autre, si vous n’avez pas encore assimilé les notions de « L’acceptation » (aller vite relire attentivement cet item). Nous sommes bombardés d’images idylliques. De couples dans la hutte sur pilotis, à Bora Bora. J’avoue, j’ai un peu de difficulté à m’y voir actuellement. Avec quiconque. Je n’aborde même pas l’aspect physiologique. La chaleur humaine qui me manque tant.

Le présent. Regardez bien autour de vous. Le positif, il est toujours là. Cette chaleur humaine, elle se retrouve dans l’amitié. Dans la famille. Si vous avez des enfants en bas âge, lâchez-vous lousse. Votre chien ou votre chat, lui aussi, ne demande que ça, des câlins. Truc : Votre bonheur, il reste présent dans toutes les autres facettes de votre vie. C’est ce qui sera l’ouverture essentielle. Au Timing.

L’avenir. Si vous ne vivez pas à Londres ou dans tout autre endroit à la morosité persistante, ça ira mieux. Vous êtes la bonne personne. La prochaine s’en doute, elle vous cherche actuellement. Cette vision réaliste du Timing laisse aussi le champ libre à plein de nouvelles relations amoureuses. Levez les yeux, vous croiserez certaines personnes qui veulent vous sourire en retour.

Je vous laisse, je dois aller profiter ouvertement de mon présent…

michel

Atteindre le fond du garde-robe

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Six mois postséparation.

Trois mois postdéménagement.

Je m’étais mis des échéanciers. Flexibles, quand même.

1 journée pour que mes enfants se sentent bien dans notre nouveau nid. Check!

1 semaine pour tout nettoyer (compte tenu de l’état de la maison quand j’en ai pris possession, on parle plus de désinfecter/décrotter. Littéralement. J’en ai eu les jointures en sang.)

1 mois pour faire disparaître toutes les boîtes. Ça impliquait entre autres que tous les (millions) de livres soient dans les bibliothèques, mais pas nécessairement placés par couleur et par grandeur.

2 mois pour enlever l’odeur de chats laissée par les bêtes puantes de l’ancienne propriétaire. La journée où mes enfants sont entrés dans la maison en s’exclamant « Hum! Ça sent donc ben bon! », j’ai crié « Victoire! » Merci, mijoteuse remplie de sauce à spag.

3 mois pour commencer à recevoir des amis. Les miens, ceux des enfants. Il fallait changer l’odeur entre les murs, mais aussi l’énergie. Associer les pièces avec des moments lumineux, avec des fous rires. J’aimerais me transformer en Martha Stewart quand je reçois, mais j’ai perdu l’habitude. Dans les dernières années, quand il n’y avait pas de crises d’enfants, on était exténués et trop occupés à appréhender la prochaine. D’un commun accord, on avait choisi de s’isoler, de se replier sur notre bulle pour éviter l’épuisement et les situations embarrassantes. Maintenant que les enfants ont pris de la maturité et qu’ils se sont calmé le pompon, je réapprends à me faire confiance comme hôtesse. Je m’organise, je réapprivoise tranquillement le plaisir d’accueillir amicalement. Le plaisir d’inviter. La plaisir de cuisiner pour d’autres. Le plaisir de laisser aller les choses, aussi.

Je n’ai pas mis de date butoir pour que mes enfants se sentent autant chez eux ici qu’à l’autre maison qu’ils habitent depuis six ans. Pour eux, chez nous, c’est encore chez moi. Leur tête sait que c’est aussi leur maison. Ils me disent qu’ils s’y sentent bien. Ils me le montrent. Ils s’endorment sereins et se réveillent de bonne humeur. Quand je leur ai demandé s’ils voulaient changer des choses (ajuster la routine du matin, ajouter un meuble, déplacer leur lit…), ils m’ont répondu en chœur : « La seule chose qu’on veut vraiment changer, c’est qu’on se chicane trop entre nous. Faut vraiment que ça arrête! » Bien d’accord… Et aussi, ils voulaient aller plus souvent à la bibliothèque. Facile! Avec le printemps qui arrive, ce sera plus facile aussi de rencontrer les voisins, de se faire des amis de quartier. Regarnir notre vie sociale.

Pas de date d’échéance, non plus, sur mon célibat. Je me fais souvent demander si j’envisage une nouvelle relation. Oui, sûrement. Éventuellement. Je ne ferai pas une Dominique Michel de moi-même en m’entêtant à grands coups de « Pu jamais! » Mais je ne suis pas en quête. Je ne suis pas en manque. D’amour charnel ou d’amour tendresse. Un câlin amoureux ferait certes du bien à l’occasion, mais je ne ressens pas le vide et encore moins le désespoir. La solitude m’est présentement utile et douce. Elle me donne le temps de m’organiser, de me connaître, de m’ajuster, de décider qui je suis, qui je veux être.

Et puis sérieusement, je ne sais pas où je caserais un homme dans ma vie présentement. Les cases « temps », « émotions » et « espace » commencent à peine à ne plus déborder. Je veux donner du temps à la surcharge de se résorber.

Même son de cloche côté penderie: ça déborde! Si je regarde mon garde-robe, je vois mes vêtements partout. J’abuse même en empiétant sur le garde-robe de mon plus jeune. Je pourrais faire un giga ménage, repartir à zéro, tout apporter à la Saint-Vincent. Surtout que je flotte dans les trois quarts des pantalons. Mais non.

Pour l’instant, je couds des pinces à la taille pour me sentir bien. J’avertis mes enfants qu’ils doivent me le dire s’ils se rendent compte que j’ai perdu mes pantalons en chemin. Faut les responsabiliser, non? Il me reste encore quelques livres à perdre pour retrouver le poids santé que j’ai égaré par malheur. Je ne suis pas encore prête à choisir quels vêtements je garderai, lesquels je relèguerai aux oubliettes. Je choisis de désencombrer. À mon rythme. La purge totale menée par le bout du nez par la frustration d’une relation échouée, c’est non. J’ai changé de maison, c’était ma façon de sauter pieds joints dans MA nouvelle vie.

Un jour, je verrai le fond de mon garde-robe. Ce jour-là, je verrai mieux le fond de mon cœur. Et je saurai qu’il y a de l’espace libre pour accueillir un nouvel amour. Une chose à la fois, et chaque chose en son temps.  

 

Nathalie Courcy