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De la relâche au chantier – Texte : Nancy Pedneault

Je pense qu’il faut qu’on se parle. J’ai lu tes commentaires s

Je pense qu’il faut qu’on se parle. J’ai lu tes commentaires sur les médias sociaux. J’avoue, je suis blessée. Depuis vingt ans déjà, je prends soin des enfants, je leur enseigne. Chaque jour, je fais de mon mieux pour qu’ils apprennent, qu’ils développent leur estime et leur autonomie et surtout, qu’ils soient heureux. Mais quand je lis le mépris et la hargne, mon moral en prend pour son rhume.

Alors là, je pense qu’on ne se comprend pas. Je vais te faire une petite analogie.

Parlons construction.

Imaginons que tu as un contrat de rénovation. C’est une maison récente mais bâtie toute croche. Les fondations sont fissurées et le chantier a été laissé en plan pendant plusieurs mois. C’est vraiment une grosse job. Tu te dis qu’avec ton équipe, vous allez y arriver. Alors tu planifies, tu achètes les matériaux et tu décolles le projet, plein d’espoir.

Cependant, il y a une pandémie mondiale (ben oui, c’est pour tout le monde cette patente‑là !). Ton chantier doit fermer. Quand tes gars sont à la maison, tu leur donnes des petites jobs, mais ce n’est pas vraiment efficace. Tu leur envoies des vidéos en espérant qu’ils apprennent de nouvelles techniques mais leur motivation est au plus bas. Enfin, ton chantier ouvre. Tes gars travaillent d’arrache-pied pour reprendre le temps perdu, puis toi, tu ne comptes plus tes heures depuis longtemps.

Et comble de malheur, ton chantier ferme encore. Tes clients mettent de la pression, veulent que la maison soit prête à la date prévue. Tu n’as aucun contrôle sur la situation.

Ton chantier ouvre enfin. C’est maintenant complètement fou. Tu motives tes gars comme tu peux. Tu vois qu’ils travaillent vraiment fort. Il faut remettre ça en ordre ce chantier‑là ! Tes gars travaillent en double mais le client ne le voit pas. Tu es brûlé, les gars aussi. Heureusement, les semaines de la construction s’en viennent. Ça va vous faire du bien, car depuis que le chantier est rouvert, tu travailles sans compter. Cependant, ton client n’est pas content. Il veut que le chantier avance pendant les vacances. Toi, tu le sais que tes gars n’ont plus de jus, que c’est même dangereux pour les blessures. Finalement, les clients comprennent et les semaines de repos si attendues seront là, comme d’habitude.

Un soir, alors que tu relaxes enfin à la maison, tu regardes les médias sociaux. Tu lis plein de commentaires à propos de ton métier. Et ce n’est vraiment pas réjouissant. Les gens vous traitent de lâches, de paresseux, de chialeux. Ils disent que vous vous plaignez le ventre plein car vous avez de bons salaires et que vous êtes en chômage une partie de l’hiver (en passant, ce n’est pas ce que je pense, c’est un parallèle avec ma job). Ta famille voit les cernes à tes yeux, l’énergie qui baisse, le moral qui vacille. Mais les gens sur les médias sociaux ne voient pas le chantier de l’intérieur. Les gens qui commentent n’ont jamais vraiment fait ta job, mais puisqu’ils ont déjà construit un patio, ils pensent tout savoir.

Maintenant, change les mots de mon histoire :

Chantier = classe

Gars = enfants (entre 5 et 16 ans)

Clients = gouvernement, parents, contribuables, monsieur-madame tout le monde

Je ne me plains pas, j’adore mon métier. C’est juste que des fois, j’aurais le goût de t’inviter dans ma classe et de te laisser seul avec mes élèves avec l’objectif de leur enseigner quelque chose (d’ailleurs, on cherche des profs, si ça te tente).

Nous sommes des professionnels de l’éducation. Si on dit que nos élèves ont besoin de repos, ce n’est pas pour nos vacances. On travaille avec des petits êtres humains, on les connaît mieux que quiconque. Alors, appuie-nous ou du moins, fais-nous confiance. Ce sera beaucoup mieux pour tout le monde.

Nancy Pedneault

« Congé de lecture »

Mes deux plus grandes filles vont maintenant à l’école primaire.

Mes deux plus grandes filles vont maintenant à l’école primaire. Nous avons vu passer près d’une dizaine d’enseignantes dans leurs vies scolaires depuis le tout début. Nous avons rencontré des femmes passionnées qui leur ont donné envie de lire, d’écrire et d’apprendre… Et personnellement, c’est ce que je trouvais le plus important. Moi aussi, j’enseigne. Moi aussi, j’essaie d’user de pédagogie pour transmettre des savoirs. Mais ce n’est pas l’enseignante ici qui vous écrit. C’est la maman.

Parce qu’en tant que maman, je vais peut-être vous choquer, mais je m’en fou un peu de ce que mes filles apprennent à l’école. Ce qui m’importe, c’est bien plus « comment » ça leur est transmis. Je pense qu’elles ont encore beaucoup de temps devant elles pour apprendre des notions de mathématiques ou des accords de français. Mais il y a une chose qui doit leur être transmise tous les jours : L’envie d’apprendre. Cette soif d’apprendre, de découvrir, d’être curieuses et de remettre les choses en question, ça, c’est le plus important. Les amener à réfléchir, à penser par elles-mêmes, à philosopher… À avoir envie d’en apprendre encore plus tous les jours. Pour moi, c’est ça le plus important à l’école. Parce que quand on apprend dans le plaisir, tout est mémorisé beaucoup plus rapidement et efficacement.

J’ai une grande fille de 9 ans qui lit à une vitesse impressionnante et qui a un vocabulaire vraiment riche. Mais par-dessus tout, elle aime lire. Que dis-je? Elle adore lire. Elle lit tous les jours en arrivant de l’école, pas parce que je lui demande, mais juste parce que ça l’aide à se détendre. Ça calme son anxiété. Ça l’aide à gérer ses émotions. La lecture lui permet de s’évader le temps d’un roman. Et des romans, elle en lit des tonnes ! Cet amour de la lecture évidemment est encouragé chez nous et transmis également aux plus jeunes. Parce qu’en tant que maman, je pense que la lecture ouvre tout un monde d’apprentissages et de réflexions.

Mais cette année, les méthodes utilisées par l’enseignante de ma fille viennent heurter mes valeurs… Elle a une enseignante qui a beaucoup d’expérience. Elle utilise ses bonnes vieilles méthodes depuis des décennies. Mais ce n’est pas parce qu’on a l’habitude de faire quelque chose que c’est forcément la bonne chose à faire… Pour la première fois depuis cinq ans, ma fille doit s’asseoir pour faire plus de trente minutes de devoirs tous les soirs. Il y a 20 minutes de lecture obligatoire tous les soirs. Sauf le vendredi, où c’est écrit dans son agenda : « Congé de lecture. »

Ma fille adorait faire des exercices en devoirs. Parce qu’il n’y avait aucune obligation. L’été, elle me suppliait d’aller lui acheter des cahiers d’exercices et de lui imprimer des mots croisés sur Internet. Elle lisait aussi tous les soirs parce qu’elle adorait ça. Ça ne fait qu’un mois que ma fille est avec sa nouvelle enseignante et ça fait déjà des ravages sur son envie d’apprendre… Elle a bien retenue ce que son enseignante lui enseigne : La lecture est un devoir, une corvée. Maintenant, elle fait ses devoirs en pleurant et en rageant de fatigue. Elle refuse de lire du vendredi au lundi, parce que tsé, c’est pas obligatoire. La lecture qui était pour elle une grande passion est devenue une corvée.

« Congé de lecture. » Ces petits mots ont marqué son esprit. Parce qu’un congé, c’est forcément une pause de quelque chose de désagréable. Congé de travail. Congé de devoirs. Congé de tâches ménagères… Pourquoi ne pas écrire « Lecture pour le plaisir » ? Ces petits mots ont tellement de pouvoir…

La semaine dernière, ma fille a fait une dictée sans faute. Qu’elle était fière d’elle ! Parce qu’elle adore écrire. Parce qu’elle sait qu’elle est bonne là-dedans et que ça lui fait du bien. Et bien vous savez ce que son enseignante lui a donné comme récompense ? Oui, vous l’aurez deviné… « Congé de dictée. » La dictée que ma fille aimait tant. La dictée, qui pour elle, n’avait jamais représenté un examen où il faut se stresser. Ce n’était pour elle qu’un autre exercice pour le plaisir. Ma fille m’a demandé pourquoi elle était punie d’avoir eu 100% à sa dictée… Pourquoi elle n’avait pas le droit de faire la dictée la semaine prochaine… Et elle avait vraiment de la peine. Encore une fois, ce simple « congé de dictée » lui apprend que la dictée doit être vue comme une tâche, un devoir, un fardeau.

Mon cœur de maman trouve le début de l’année bien difficile… Parce que ma fille ne se plaindra pas à l’école. Elle va encaisser sans rien dire et continuer de sourire à son enseignante parce qu’elle veut lui plaire. Mais moi tout ce que je vois, c’est la petite graine que cette enseignante a planté dans son esprit fertile… Cette petite graine qui germera trop vite… Et dans quelques années, quand ma fille aura une boule d’anxiété dans le ventre devant chaque examen, quand elle lira à reculons les livres obligatoires en français et que je devrai tenter de la soudoyer pour qu’elle accepte de faire ses devoirs, et bien je saurai où tout ça a commencé. Parce que quand on plante des petites graines dans les esprits de demain, il faut savoir qu’on a énormément de pouvoir sur leurs avenirs. Et les petits mots sont si puissants…

Je veux être optimiste. Je continue de dire à ma fille qu’elle passera une belle année avec son enseignante. Je lui parle des projets qui s’en viennent dans sa classe. Je mets l’accent sur le positif. Parce que j’essaie à mon tour de planter quelques graines… Je sais qu’être enseignante est exigeant et que ces femmes ne comptent plus leurs heures depuis des années. Je sais qu’elles sont sous-payées et qu’elles méritent tellement plus de reconnaissance. Je sais que c’est une profession vraiment difficile et que plus les années avancent, plus le système scolaire est fragile. Mais ma fille ne vivra cette année qu’une seule fois dans sa vie… Et les idées qu’on lui transmet resteront à jamais… Je fais le choix de faire confiance à son enseignante. Ce n’est peut-être qu’un début d’année difficile… Ses méthodes vont peut-être changer… J’espère seulement qu’elle réalise tout le pouvoir qu’elle a entre les mains, chaque jour. Et avec des grands pouvoirs, viennent de grandes responsabilités…

Eva Staire

Pourquoi j’aime tant la rentrée scolaire

Je sais bien que pour plusieurs (petits et grands), rentrée rime av

Je sais bien que pour plusieurs (petits et grands), rentrée rime avec anxiété. Mais moi, quand je pense à la rentrée scolaire, aux miennes et à celles de mes enfants, je triiiiiipppppppe! Solide! (Non, non, ne m’enfermez pas!)

  1. J’ai de si beaux souvenirs de mes années d’école, et j’espère accompagner mes enfants dans la construction d’aussi beaux souvenirs.
  2. Rentrée = amis et apprentissages. C’est bien beau les vacances, mais la routine scolaire a quelque chose de rassurant.
  3. Une rentrée, c’est comme une nouvelle maison : beaucoup de travail à venir, mais surtout, une belle promesse remplie de possibilités.
  4. Quand j’amène mes enfants à l’autobus ou dans la cour d’école le premier jour, j’ai aussi hâte qu’eux de savoir qui seront leurs enseignants, quels amis ils retrouveront, quels nouveaux seront arrivés dans l’école.
  5. Nouveaux enseignants = nouveaux défis, nouvelles façons de voir la vie, nouvelle maturité.
  6. Avec l’école recommencent les activités régulières, les cours, le sport (et même l’heure des devoirs… mais ça…). J’aime voir la fierté de mes enfants qui ont appris une nouvelle routine d’entraînement ou une nouvelle technique artistique.
  7. Le retour des mots-étiquettes et des calculs mentaux… ce n’est pas ma tasse de thé (ou de chocolat chaud). Par contre, les temps de lecture collés, collés et les présentations orales à imaginer, ça, j’adore!
  8. Que dire de la température automnale? Avouez qu’à un moment donné, vous vous êtes tannés des 42 degrés à l’ombre!
  9. Et vous savez ce que j’aime aussi de cette première journée d’école? Je la prends en congé! J’amène mes poussins à l’école, je prends mon temps avec eux pour qu’ils se sentent prêts à me faire bye bye de la main, puis je me sauve pour ma journée à moi! Une pause qui permet une transition tout en douceur vers l’automne (toujours bien occupé, n’est-ce pas?).
  10. Et ce que je ne vous dis pas, c’est que quand la rentrée scolaire arrive, je peux enfin commencer mon décompte de 17 semaines jusqu’au congé de Noël! ;o)

 

Marina Desrosiers

Un matin en congé

Un matin, un seul matin. La semaine dernière, j’avais un petit tr

Un matin, un seul matin. La semaine dernière, j’avais un petit trou dans mon horaire… Toute une matinée en congé. Comme les enfants ont de l’école, eux, la routine reste la même. Le cadran sonne à 6 h 30. Les tâches défilent. Habiller, coiffer, nourrir, cuisiner, crémer, courir. L’autobus passe à 7 h 10. Tout mon petit monde y est monté.

Je referme la porte de la maison. Mon cerveau tourne encore sur l’adrénaline. Je pense au travail en m’assurant que je n’ai rien oublié. Pas de réunion. Pas de correction. Pas de retard à rattraper. Je réalise à peine que je suis vraiment en congé… Je regarde les tâches ménagères. Je pars la laveuse, puis le lave-vaisselle. Pour une fois que ma maison est presque en ordre, moi, ça me suffit.

J’ai tout à coup un petit regard espiègle… Je cours à l’étage, me remets en pyjama-mou-pas-de-brassière. Je m’étends dans mon lit et je me choisis un film. Toute seule. Pas un film animé, pas un film rempli de chansons ou de princesse à sauver, pas un film d’action… Juste un bon vieux film romantique de série B.

Ce matin-là, je me suis autorisée un congé, un vrai congé. Pas juste un congé de travail ou de tâches à faire… un congé de culpabilité! On va se le dire, maudit qu’on est bonnes pour se culpabiliser! On dirait que lorsqu’on a mis au monde nos enfants, on a automatiquement développé cette maladie qui nous ronge, cette culpabilité.

Dès qu’on a un peu de temps libre, on essaie d’en faire le plus possible. Et même quand tout le ménage est fait et qu’on pourrait licher le plancher, on se trouve de nouvelles tâches! On n’arrête jamais d’en rajouter en bas de la liste. Tout le linge est propre? Pourquoi ne pas faire le tri des tiroirs pour ranger ce qui ne fait plus! La vaisselle est faite? Pourquoi ne pas prendre de l’avance sur la préparation des repas ! Les enfants sont absents? Pourquoi ne pas planifier une surprise pour eux !

C’est exactement cette culpabilité-là que j’ai décidé d’ignorer pour une petite matinée. J’ai écouté mon film. Au complet. J’ai déjeuné dans mon lit, avec des cochonneries pis pas de brassière. C’est étonnant, mais quand on met la culpabilité de côté, c’est bien correct de déjeuner au chocolat à 8 h du matin… Et vous savez quoi? Quand le film s’est terminé, j’ai fait une sieste. Ouep.

Et le plus étrange dans tout ça, c’est que je suis bien arrivée au travail à midi, comme prévu, pis personne ne s’est aperçu de ce que j’avais fait… Personne ne m’a trouvée paresseuse, molle ou indigne. Personne ne m’a jugée. Vous savez pourquoi ? Parce que ce jugement que nous sommes persuadés de voir dans le regard des autres, c’est tout simplement le nôtre. Personne ne juge personne, y’a que nous qui nous sentons coupables!

Alors aujourd’hui, j’ai décidé de partager cette liberté avec vous, juste pour qu’on se donne des preuves ensemble que c’est encore possible de ne pas se sentir coupable tout le temps! Alors c’est parti! Dites-moi ce que vous faites quand vous mettez votre culpabilité de côté!

Joanie Fournier

 

Portrait d’un « congé » pour épuisement professionnel

J’étais en burnout. J’utilise aujourd’hui ce mot que

J’étais en burnout. J’utilise aujourd’hui ce mot que je n’osais pas prononcer parce qu’il éveillait en moi beaucoup de préjugés. L’épuisement professionnel, le burnout ou le trouble d’adaptation éveille encore des préjugés et des réactions issues de la méconnaissance de cet état. Il y a une question à laquelle j’ai voulu répondre. Une question ne m’a jamais été directement posée : qu’est-ce que tu fais pendant un arrêt de travail pour t’en sortir?

En mode survie

J’ai commencé par faire des téléphones et j’ai accepté de pleurer en ligne avec un inconnu parce que c’est juste comme ça que j’étais à ce moment. Oui, j’ai fait des appels en mode survie ou « sur le radar », comme on dit. J’ai commencé par traiter mon dossier d’assurance salaire (besoin de sécurité financière).

Puis, j’ai cherché et trouvé un(e) psychologue qui fait partie du Programme d’aide aux employés (PAE) en passant par l’Ordre des psychologues. J’avais besoin de soutien psychologique.

J’ai informé mes amies de mon état. Plusieurs sont venues me voir et m’ont sortie. J’avais besoin de socialiser et d’être entourée de plaisir (même si on ne nage pas dans le plaisir, ça fait du bien de baigner dedans).

Quand je suis sortie du bureau de mon médecin, j’avais un certificat médical et une prescription en poche. Ma prescription : 1) Routine de vie 2) Exercice 3) Plaisirs quotidiens. J’ai donc mis ces trois choses au cœur de mon horaire en accordant une attention particulière au repos et en ne me mettant aucune pression de performance reliée à la reprise de mes activités physiques.

J’ai commencé par marcher seule dans le quartier, puis je suis allée dans des endroits plus inspirants comme le bord du fleuve ou le Vieux-Québec avec une amie. Mon médecin m’a prescrit de l’exercice physique et ma psychologue de l’exercice mental. J’ai essayé plusieurs choses : la méditation, la cohérence cardiaque, l’écriture, la lecture et le bricolage.

Vous avez peut-être déjà pensé que pendant qu’une personne est en arrêt de travail, elle met son cerveau à off, qu’elle reprend son retard dans ses séries télé préférées ou bien qu’elle dort toute la journée. Bref, qu’elle se paie de belles vacances sur le dos des assurances collectives du bureau. Si c’est le cas, vous vous trompez tellement.

Dans la réalité, on est en rendez-vous chez notre psychologue, on tente de méditer, de faire de l’exercice physique, de se reposer et quand on sent qu’on reprend du mieux, on reçoit un appel de notre assureur qui veut être certain qu’on ne prend pas un congé payé pendant trop longtemps. Ben non! On fait juste de notre mieux pour prendre du temps pour se comprendre et se retrouver.

En résumé, ce qu’on fait, c’est :

  • Envoyer promener les sentiments qui nous rongent et qui ne sont pas aidants (culpabilité, colère, impuissance…).
  • Faire fuir la tentation de vouloir savoir ce qu’on pense de nous parce qu’on est en arrêt de travail.

Rendu là, si ça nous travaille, on doit se rendre à l’évidence qu’on a un ménage à faire par rapport à l’importance qu’on accorde au regard des autres. Tout ce qui compte, c’est d’aller mieux! Pis ceux qui jugent, ils devront un jour ou l’autre travailler leur empathie. Laissons-les vivre leur expérience.

  • Accueillir et accepter notre situation.

Quand bien même on voudrait, c’est ça qu’on vit, on peut toujours résister, mais ça n’aidera pas à s’en sortir. Choisir d’avancer, ça passe par l’accueil et l’acceptation de cet état pour le transformer en autre chose.

  • Faire de son mieux et prendre soin de soi.

Sans pression, simplement prendre le temps de se déposer et de reconnaître son besoin « ici et maintenant », puis en prendre soin. Ma psychologue me l’a assez répété et j’ai tellement pratiqué!

  • Envisager la vie qu’on souhaite et faire des choix cohérents.

Se demander ce qu’on souhaite vraiment nous permet de prendre conscience de ses valeurs et contre-valeurs, de ses priorités et de ses limites. Cela permet de faire des choix de vie éclairés.

À travers tout ce que j’ai mis en place, il y a un exercice qui m’a beaucoup aidée. Un exercice pour nourrir l’estime de soi. Je t’accompagne afin de le réaliser sur La famille de ma vie — Coaching.

Stéphanie Dionne

Top 10 pour un temps des fêtes sans culpabilité

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, à chaque temps des fê

Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, à chaque temps des fêtes, j’ai la tête ben pleine de projets pour remplir nos journées off… tellement de projets qu’on a finalement du mal à prendre le temps comme il vient… ne rien faire.

Voici mon top 10 des choses à faire sans culpabilité pendant les congés des fêtes :

1 – Écouter Ciné‑Cadeau pendant toute une journée en mangeant des restants de dinde en famille sous une grosse couette; être ensemble et ne rien faire.

2 – Mettre un petit remontant dans nos cafés même si on est juste lundi… On le mérite. Penser à soiiiii! Manger ses toasts au beurre de pin avec un bon gros mimosa!

3 – FAIRE DES SIESTES. Décrocher le téléphone, fermer les yeux sur le bordel, procrastiner en pensant au lavage. Tout peut attendre sauf ce temps ensemble qui file déjà.

4- Improviser une journée « neige » : faire un fort, glisser, patiner avec les copains!

Improviser la journée parfaite qui ne coûte rien et qui laisse un souvenir dans chaque cœur. Souvenirs d’hiver, enfants et amis : plaisirs garantis.

5 – Découcher! Aller souper chez les amis ou la famille et rester pour la nuit en famille… Enfants heureux au matin juste par cette petite folie inhabituelle… Se réveiller avec l’odeur du café à ma tante Denise, ça n’a pas de prix comme souvenir!

6 – Recevoir les gens qu’on aime.

Ne pas se planifier 10 000 soupers pour s’en tenir à l’essentiel : les gens qui comptent.

7 – Refuser les invitations.

Se permettre de refuser les invitations même si rien n’est au menu… Avoir le droit de vouloir rester à la maison en famille et de relaxer. On a le droit de dire non sans se justifier!

8 – Faire plaisir aux petits, les laisser choisir ce qu’on mange… Prendre le temps de cuisiner les repas avec eux… Prendre le temps de recevoir un de leurs amis à coucher… faire des choses pour EUX.

Monopoly d’après-midi et soirée Scrabble.

9 – Sortir de la routine.

Elle nous accapare tellement tout le reste de l’année… tassons‑la pendant les congés!

On saute un soir de bain et tout le monde est fou! Nous, dans nos «  classiques », on aime bien arrêter manger des hotdogs en pleine nuit en revenant du Noël familial… Réveiller les enfants pour aller manger des hotdogs en ville… le bonheur!

10 – Cliché, mais tellement essentiel :

SE DIRE QU’ON S’AIME.

S’AIMER.

Réaliser la chance qu’on a de détenir l’essentiel.

Apprécier et reconnaître.

Joyeux Noël 🎄

Lisa-Marie Saint-Pierre

Les « mommycations » ou « mamancances »

Passe GO, réclame des vacances de cette charge mentale qui

Passe GO, réclame des vacances de cette charge mentale qui t’accable, redeviens, l’instant d’une semaine (ou plus, ou moins, c’est toi qui décides) une femme, seulement une femme, et recharge tes batteries.

Je l’avoue, j’ai cultivé de la jalousie, même de la colère envers mon propre amoureux, mon homme. Chaque fois que ce fameux mot « chasse » faisait surface, que ce soit par rapport à la préparation, la recherche de trucs et de stratégies de chasseur-cueilleur, la prise de congés non liés à la famille, l’achat de matériel ou autre, je sentais ma mâchoire se serrer, mes poings se fermer, mes yeux se remplir d’eau. Je rageais par en dedans, avec la seule envie de crier « pis moi ?! »

Pourtant, je ne comprenais pas d’où émergeait cette réaction. J’étais si heureuse que ma douce (et parfois rugueuse après trois jours sans rasage) moitié soit aussi motivée, passionnée par quelque chose. Que mon homme ait la chance de se reposer tel un guerrier dans le fin fond du dernier centimètre de la map en attendant sa proie, de faire le vide dans sa tête et le plein d’air frais dans ses poumons. De me revenir fier comme un paon d’avoir son trophée de chasse, les yeux brillants comme ceux d’un enfant devant son sac de bonbons d’Halloween quand il revient de la plus grande virée de quartier.

Pourquoi ?

Était-ce la charge de plus que j’allais assumer à la maison ? Non, pas vraiment : nos enfants ne sont pas des anges en tout temps, la maison n’est pas impeccable tous les jours, mais je suis capable de gérer. La routine est bien établie et en étant seule, l’avantage est que les enfants ne passent pas leur temps à essayer de me faire croire que Papa a dit oui quand en fait il a dit non.

Était-ce l’impression de ne pas être une priorité, par sentiment d’abandon ? Par peur de manquer d’argent ? Il y a un peu de ça ; seize jours par année, ce n’est pas si long, c’est loin d’être la fin du monde. Un budget de chasse, c’est de l’argent, des heures et des jours de plus en préparation de terrain, en montage de cache, en achat de matériel, en pratique au champ de tir, mais surtout, c’est un sujet de conversation qui revient aux trois phrases, un morceau sur repeat. Un sujet qui change les soupers d’amis, de famille et de couple en meetings de planification de la prochaine saison ou en debriefing de la dernière chasse. Ok j’avoue, des fois je suis jalouse des chevreuils et orignaux de ce monde et je pense à me magasiner des bois.

Jalousie quand tu nous tiens.

Eh oui, j’étais purement et simplement jalouse. Pas de la chasse, pas d’une autre femme, de la liberté de mon homme. De la façon qu’il avait de se mettre en priorité, d’aller chercher ce dont il avait besoin sans négocier, entièrement, complètement et sans excuses. De réaliser ses rêves sans compromis.

Comme plusieurs autres veuves de chasse, de hockey, de motocross, de golf, de travail… je demeurais passive dans l’atteinte de mon bonheur. J’étais une victime de la chasse. Jusqu’au matin où j’ai compris qu’en fait, la seule personne qui freinait mes ambitions et mes rêves, c’était moi dans mes multiples facettes.

La mère ne voulait pas quitter ses enfants. La ministre des Finances trouvait mille et une raisons financières de ne pas dépenser pour quelque chose d’aussi futile qu’elle-même. La blonde ne voulait pas imposer à son homme de tenir le fort même s’il n’en est plus que capable. La peureuse anticipait de voyager seule et la généreuse ne voyait pas pourquoi elle méritait de se mettre en priorité.

J’ai compris que :

  • l’argent, ça se prévoit, que ce soit pour les loisirs de l’un ou de l’autre ;
  • mon homme est vraiment hot, il est en mesure de s’occuper de nos enfants et de la maison en gardant tout le monde intact. C’est sûr, j’ai le meilleur !
  • si je ne me mets pas en priorité, personne ne pourra le faire pour moi ;
  • si j’attends le moment parfait, la situation parfaite, la richesse… je vais mourir en attendant de réaliser mes rêves.

De là sont nées les « mommycations » ou « mamancances ».

J’ai décidé de partir là où le vent me porterait, une fois par année. J’ai cru en mes ressources et j’ai pris en charge la recharge de mes batteries en tant que femme, en tant que moi. Une maman reposée, c’est aussi une maman plus patiente, une blonde plus compréhensive et une femme en possession de ses moyens. C’est ce que j’ai retenu de ma première mommycation.

J’ai passé GO, réclamé une pause de charge mentale et fait mon sac à dos direction Costa Rica. La liberté est si belle dans sa façon de nous laisser le cœur léger revenir à notre vie ! On peut en apprécier chaque instant, rechargée comme si tout était possible et que nos réserves d’énergie débordaient.

Prendre soin de soi pour mieux prendre soin des nôtres.

Marie-Ève Piédalue

 

La lune de miel des futurs parents

Comble du bonheur pour votre couple, il y a quelques mois, une petit

Comble du bonheur pour votre couple, il y a quelques mois, une petite ligne sur un test est venue confirmer l’arrivée imminente d’un trésor inestimable dans votre vie ! Vous étiez amis, amants, amoureux et vous deviendrez sous peu parents !

Vous vous lancez dans les préparatifs de cette nouvelle vie, vous voulez que tout soit prêt, que tout soit parfait ! Que vous en soyez à votre premier, votre deuxième ou votre cinquième enfant (mention à vous si c’est le cas, vous êtes hot !), voici un élément essentiel à ajouter à votre longue liste de chose à faire : La Babymoon !

Il s’agit de la contraction des mots « Baby » (bébé) et « Honey Moon » (lune de miel). Le principe est simple : avant l’arrivée de bébé, les futurs parents se retrouvent en couple pour se rappeler que c’est ce qu’ils sont d’abord et avant tout, un couple !

Cette petite escapade se fait idéalement loin de la maison ou du moins loin des responsabilités du quotidien. Mais surtout sans la marmaille, si marmaille il y a, abandonnant ces derniers et toutes les charges parentales aux mains des mamies, tantes, amis (ou n’importe quel autre humain digne de confiance de leur entourage) pour aller, disons‑le franchement : batifoler !

Outre le plaisir évident à retirer de ce petit moment dans le calme, le simple fait d’être en tête‑à‑tête vous sera tellement bénéfique. Avant la tempête des nuits blanches et du quotidien chamboulé, vous retrouver juste vous deux vous rappellera tout l’amour que vous avez l’un pour l’autre, mais surtout le plaisir que vous avez à être ensemble. Un moment pour se reposer, profiter d’un peu de liberté, se gâter mais surtout, un moment pour s’accorder du temps à deux avant d’être trois (ou quatre, cinq, six… !), pour faire le plein d’énergie, se dorloter et se ressourcer. Cette pause peut se faire n’importe où. Adaptez‑la à votre budget, mais elle devrait être aussi importante dans votre liste que la poussette, la coquille ou la bassinette. Quelques sous suffisent souvent pour créer de beaux moments. Deux nuits à l’hôtel, la grasse matinée, quelques promenades en plein air et de bons repas. D’autres opteront pour un weekend à New York (qui est si belle en automne) ou dans une ville qui leur rappelle de bons souvenirs. Certains chanceux s’évaderont plus longtemps et plus loin, mais chose certaine, peu importent la destination et le programme, vous en ressortirez tous les deux comblés. De plus, quelques hôtels au Québec offrent maintenant des forfaits Babymoon où tout est organisé pour vous ! Quelques recherches et vous trouverez ce qui vous convient.

Vos fins de mois sont serrées ? Empruntez le chalet d’une connaissance ou évadez-vous à quelques heures seulement de chez vous et raccourcissez la durée du séjour, rendez visite à des amis ou à de la famille. On vous prépare un shower pour l’arrivée de bébé ou votre entourage veut vous faire un cadeau ? Demandez-leur des sous ou des cartes-cadeaux vous permettant de vous gâter un peu.

Puisqu’avec l’arrivée de bébé, vos moments rien qu’à vous seront rares et que le temps avant votre prochaine escapade risque d’être long, profitez-en maintenant ! Et puis si c’est bon pour vous, c’est bon pour vos enfants : rien ne vaut des parents amoureux et sereins pour une famille épanouie et heureuse !

Allez de ce pas planifier votre escapade et lancez-nous vos idées !

Karine Arseneault

Farniente…

Mes filles ne vont pas au camp de jour. Elles sont privilégiées. E

Mes filles ne vont pas au camp de jour. Elles sont privilégiées. Elles ne le réalisent même pas. Pour elles, cela va de soi. Avant que j’aie le privilège de gérer mes horaires, ma mère s’occupait des filles pendant l’été. Ma mère si dévouée partait sa mini chaine de camp de jour avec mamie! Merci, maman, pour la chance que j’ai eue.

Pas de camp de jour veut dire que mes filles se lèvent quand elles se lèvent. Que la vie tombe à un rythme lent et doux. Qu’à leur guise, elles se baignent, elles mangent, lisent, bricolent, tout cela sans horaire fixe.

Les premières semaines deviennent une danse effrénée de tout ce qu’elles ne peuvent jamais faire lorsqu’il y a de l’école. À peine le déjeuner enfilé, elles sont dehors à jouer avec les voisins aussi chanceux qu’elles.

Les jours de pluie, elles vibrent au même diapason que l’eau qui coule des nuages. Elles relaxent, se laissent bercer par le bruit de la pluie qui frappe sur les fenêtres. Elles ont le droit de regarder la télévision à volonté ces jours-là, alors elles en profitent!

Elles ont bien sûr plus de tâches pendant cette période. Tâches qu’elles rechignent à faire et que je dois gérer. Sans compter les repas, la gestion des huit milliards de changements vestimentaires de la journée (oui, j’ai des filles!) Le fait est qu’avec l’âge, ça ne se lève plus le matin, ces petites bêtes-là! Que bien sûr, ça ne se couche pas non plus. Que très souvent, je dois me lever très tôt pour faire mes tâches afin de leur permettre des après‑midi piscine. Que mon congélateur est constamment en manque de smoothie pop et autres trucs glacés. Que mon lavabo n’est jamais, je dis bien jamais, libre de vaisselle!

Elles attendent les vacances familiales comme si c’était LA chose la plus extraordinaire. Ces moments sont si précieux pour elles. Au retour à l’école à la fin de l’été, je sais qu’il se produira un truc fantastique! Elles vont être à boutte. À boutte de se baigner, de sauter sur le trampoline, de lire, de jouer, de ne rien faire. Enfin, elles vont être prêtes. Prêtes à reprendre la route des bancs d’école. Enfin libérées du stress, de la vie folle que parfois, on n’a pas le choix de leur faire vivre. Elles accueilleront la rentrée scolaire comme l’ultime sortie de l’ennui et je sais qu’un jour, elles reconnaîtront le privilège incroyable qu’elles auront eu…

Martine Wilky

Si on relâchait… la relâche?

Plus que quatre

Plus que quatre dodos et voilà, la relâche sera arrivée! 

 

YÉ!

 

Sérieusement, j’aime ce moment où j’ai mes enfants avec moi. De plus, cette année, chéri s’est libéré et sera avec nous en vacances! N’est-ce pas juste fantastique?!

 

Mais, j’ai à vous jaser les amis. Eh! Oui, au fil des mois à vous partager mes textes, j’en suis à vous considérer comme des amis, en quelque sorte. Donc, que faites-vous durant la relâche?

Ski, glissade, pêche, raquette, visiter des musées? Des centres d’amusement intérieurs ou extérieurs? Cinéma! Ou pas…

 

Mais entre nous, le mot « relâche », ça vous sonne pas une cloche? Pourquoi serions-nous obligés de courir les activités? Pourquoi ne profiterions-nous pas tout simplement des moments simples? Jouer à des jeux de société, glisser sur les buttes que l’on repère à même notre quartier, faire des bricolages, de la peinture, chanter, danser ou même cuisiner. En famille, bien calmement, sans stress? 

 

En quoi nous créer l’obligation des grandes sorties est-il si primordial? Bien entendu, nous voulons que nos chères têtes blondes s’amusent, ne s’ennuient pas et surtout, qu’elles emmagasinent des souvenirs impérissables des joies des congés d’hiver. Mais est-ce vraiment nécessaire de créer nous-mêmes leurs activités? Ne peuvent-ils pas se réinventer comme nous le faisions dans notre jeunesse?

 

Ces moments où un rien devenait un vrai trésor, où le chien de la famille était un chien de traîneau. Ces journées où on se construisait des châteaux de doudous que nous imaginions être des igloos. Les planchers de lave, ces rouleaux de papier de toilette devenus des sabres laser. La pâte à sel que l’on peint avant la cuisson. Les abris de neige nous protégeant des attaques de boules de neige de nos ennemis d’un instant.

 

Bref, la simplicité. La joie de se réinventer.

 

Je n’oublie pas les familles dont les parents n’ont pas cette semaine de congé, gardienne et famille prenant la relève. Pour certains, cette semaine est un surplus de stress et les changements de routine qui débalancent toute la famille ne sont pas de tout repos. Ne vous sentez pas coupables de ne pas avoir de congé à ce moment. Profitez des instants que vous gagnez, parce que même si vous travaillez, vos enfants n’ont pas de leçons, pas de devoirs… du coup, vous gagnez du temps avec eux!

 

Bref, je vois les publicités des promesses de sorties plus sensationnelles les unes des autres, mais n’oubliez pas la base. La semaine de relâche, c’est au départ pour se « lâcher ». Ne vous mettez pas de pression, la vie nous en crée bien assez!

 

Bon congé à tous et toutes!

 

Simplement Ghislaine.

Quand un vendredi après-midi devient une thérapie

Il faut mettre les choses au clair, nous aimons tous nos enfants MAI

Il faut mettre les choses au clair, nous aimons tous nos enfants MAIS….

Oui, il existe un mais. Quand tu deviens maman, ton temps seul avec toi-même peut ressembler davantage au désert du Sahara qu’aux chutes Niagara. Les puristes vont dire : « Voyons, prendre du temps pour soi est nécessaire, tu dois le faire, tu as le droit d’avoir ta vie et ta propre identité. » Justement, la gestionnaire de PME familiale trop parfaite, moi je ne gère pas de l’équilibre, je gère du déséquilibre. Prendre du temps pour moi, oui je le fais, mais on dirait que c’est plutôt la spontanéité qui se fait plus rare avec les années.

Avant, c’est-à-dire quand j’avais juste moi et ma petite personne à m’occuper, je pouvais partir sur un flip de même un dimanche après-midi et faire une virée des boutiques. Maintenant, soyons franches, il faut que tu le planifies ou encore que tu amènes un ou tes enfants avec toi.

Je vais être honnête, je vais souvent magasiner avec ma fille. Parfois, quand elle est dans une bonne journée, je vous le dis : c’est une excellente styliste et elle m’a souvent sortie de ma zone de confort pour acheter des vêtements plus uniques. Cependant, des fois, tu as besoin d’être seule avec toi-même et tes pensées.

Dernièrement, il m’est arrivé d’avoir un vendredi après-midi toute seule avec mes pensées. Un de ces trop rares moments de spontanéité. Comme le monsieur dormait après avoir travaillé toute la nuit et que l’héritière était à son travail, c’est-à-dire l’école (c’est mon argument secret quand j’entends le matin : « Je ne veux pas aller à l’école! »), j’avais trois heures pour moi dans un centre commercial!

Je me suis stationnée où je veux et sans avoir à dire « Attention aux autos en sortant ». Je suis entrée d’un pas décidé et je me suis dirigée vers la foire alimentaire. Là, pas d’arches d’or ou de « Non, moi je ne veux pas ça ». Juste mon choix, mon cabaret et ma tranquillité.

Je n’avais pas un gros budget pour cette virée, mais je voulais juste prendre le temps de prendre le temps et de regarder ce qui me tentait. J’avais eu une semaine plus difficile avec un manque de motivation au travail et une baisse d’énergie, je voulais juste prendre soin de moi. Après avoir mangé à mon rythme, j’ai fait le tour des boutiques qui me tentaient et j’ai fait quelques achats, mais j’ai aussi pris le temps de juste regarder.

Je suis passée devant des boutiques pour enfant, mais non, je n’ai rien acheté. Et pour être certaine de ne pas le faire, je ne suis même pas entrée. Je pense que cette habileté se développe avec le temps!

Ensuite, je suis allée chercher ma fille à l’école. Elle a vu les sacs dans la valise, des sacs qu’elle ne reconnaissait pas. Elle m’a demandé : « Il n’y a rien pour moi? » Non ma chérie, seulement des choses pour maman. Oui, elle était un peu triste, mais vous savez quoi? Elle s’en est remise assez rapidement. Après tout, c’était vendredi pizza!

Et la fin de semaine a commencé dans le calme et la douceur. J’avais pris le temps de déposer bagages et de me ressourcer. Mon énergie était vraiment meilleure pour gérer ma PME familiale. Je m’étais fait une petite thérapie du vendredi pm sous le signe de la spontanéité. Je regarde cela et je me dis que plus je vieillis comme mère et meilleure je suis. Ah! Oui, c’est la sagesse et l’expérience.

Je vous souhaite à toutes de vivre une petite thérapie un vendredi après-midi!

Evelyne Blanchette