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Faire couvertes à part

Faire couvertes à part

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Faire couvertes à part

 

Je m’étais préparée à bien des changements en devenant parent. J’imaginais avoir moins de temps pour moi, devoir courir partout tout le temps et j’en passe. S’il y a bien une chose que la maternité m’a confirmée, c’est que ça ne sert à rien d’anticiper ce qui s’en vient, la vie nous surprend toujours ! Mon dernier constat, après 4 ans d’allaitement de jour et de nuit et des centaines de nuits en cododo, je dois me rendre à l’évidence, mon mari et moi faisons couvertes à part !

 

Je ne l’avais pas vue venir celle-là !

 

Nous n’avons jamais fait chambre à part, mais les bébés sont restés dans notre lit pendant les premiers mois de leur vie. Question sécurité, c’était beaucoup plus simple de gérer chacun notre couverte. Mais voilà maintenant plusieurs mois que ce n’est plus le cas et pourtant, la semaine passée, je me suis aperçu que nous continuions de faire couvertes à part. J’en ai parlé à mon mari qui m’a confirmé son bonheur infini d’avoir une couverte juste pour lui qui le garde au chaud toute la nuit. Il paraît que je suis une voleuse de couvertes ! J’en doute, mais bon, pas le choix de constater l’étincelle dans ses yeux qui me confirme que dorénavant, nous nous collerons avant la nuit, puis nous regagnerons chacun nos couvertes.

 

Cette réalité me fait sourire. Je suis certaine que les parents ont plein de petites nouvelles habitudes créées par l’arrivée de bébé, mais qui se poursuivent par la suite. Des scénarios imprévus, des ajustements nécessaires qui, au final, nous rendent plus heureux.

 

 

En y repensant, je m’imaginais avoir plein de choses en moins avec la parentalité, mais je n’imaginais pas tout ce que j’allais avoir en plus. Plus d’amour, plus de rires, plus de sensibilité… et plus de couvertes !

 

Et vous ? Une nouvelle petite habitude qui s’est glissée dans votre vie de parents ?

 

Eva Staire

Toxicité

J’ai quitté une relation toxique. Aux yeux de tout le monde, nous

J’ai quitté une relation toxique. Aux yeux de tout le monde, nous étions le couple parfait. En public, on riait ensemble, on passait notre temps à s’obstiner, pour tout et pour rien. On avait une belle complicité, ça oui. Mais en privé, je vivais constamment de l’insécurité. L’alcool tuait notre couple à petit feu.

–         Si t’es pas contente, tu sais quoi faire. On a juste une vie à vivre pis moi j’ai du fun.

C’était sa réplique depuis plusieurs années. J’étais toujours stressée quand je le voyais prendre une bière parce que je savais qu’il n’arrêterait pas avant de toucher le sol. Il y a eu quelques épisodes d’agressivité au fil de ces années où on semblait vivre le bonheur aux yeux des autres. Des fois, il me réveillait pendant la nuit pour me menacer de me frapper. D’autres fois, il m’accotait dans le mur pour me menacer de m’arracher la tête en me disant que j’avais un sale caractère et qu’il n’était plus capable de m’endurer parce que c’était moi qui le rendais agressif et qu’à ce moment‑là, ce trop-plein devait sortir. Mais aux yeux des autres, on était le couple parfait. Personne n’a vu venir notre séparation, on était si « parfaits ».

Mais moi, de l’intérieur, je mourais à petit feu. J’avais toujours peur lorsqu’il levait le coude.

Bien sûr, je lui en avais parlé. Il me disait qu’il avait changé, que ça n’arriverait plus. En effet, quelques années ont passé sans violence mais ma crainte, elle, n’est jamais partie. Sa consommation d’alcool n’a jamais diminué par contre, au contraire. Et ma crainte augmentait sans cesse. Je me disais qu’un jour, ça finirait encore par éclater.

Lorsqu’il buvait trop, je feignais de dormir pour éviter de lui parler. Parce que selon lui, je provoquais toujours la chicane. De cette façon, je n’endurais plus ses excès d’alcool. Mais j’angoissais. Beaucoup. J’avais toujours peur qu’il essaie de me parler même si j’étais censée dormir et j’attendais. J’attendais qu’il finisse, lui, par s’endormir. Parfois, ça prenait presque la nuit au complet. Il était tenace. Il buvait beaucoup, même la semaine. Donc, j’attendais toujours qu’il s’endorme avant moi pour que je puisse finalement dormir… en paix. Avoir la paix, ça n’a pas de prix.

Des fois, avec à peine trois heures de sommeil, j’allais travailler. C’était comme ça plusieurs fois par semaine. Je n’en pouvais plus mais en public, je souriais.

–         Vous êtes tellement beaux ensemble ! Vous allez faire votre vie ensemble, c’est impossible que vous vous sépariez, vous êtes un modèle !
Je l’ai entendu souvent et à chaque fois, c’était un coup de couteau de plus dans le cœur. « Si seulement tu savais ».

Les mois passent, j’ai encore cette insécurité et pourtant, il n’est plus là. Est‑ce qu’il va venir cogner à ma porte, un soir, à cause de l’alcool ? J’ose espérer que non, mais c’est plus fort que moi, j’y repense souvent et j’en fais parfois des cauchemars.

Un jour, je retrouverai pleine confiance et je n’y penserai plus.

Eva Staire

 

N’hésitez pas à demander de l’aide

SOS violence conjugale  –  1 800 363-9010 (24/7)

Tu as le droit

Tu l’attends depuis que tu es toute petite. Tu as vu tous les film

Tu l’attends depuis que tu es toute petite. Tu as vu tous les films qui racontent l’histoire d’une princesse qui rencontre son prince charmant. Et, dans ta tête de petite fille, ça ne peut pas faire autrement que de se passer comme cela pour toi aussi. Toutes les princesses vivent ce conte de fées, alors pourquoi pas toi ? Vous savez, l’homme que tu rencontres par hasard, qui tombe amoureux fou de toi, qui demande à tes parents s’il peut te marier et avec lequel tu vas avoir trois beaux enfants. Jamais de dispute, jamais de mésentente, des enfants sages comme des images et des photos de famille parfaites. C’est ça que tu vois depuis que tu es toute petite. C’est ton idéal de vie, tu te bases sur cette fausse réalité pour construire tes rêves.

Et puis, tu grandis. Tu rencontres le premier homme avec qui tu commences une vie de couple. Tu te dis que c’est lui ton prince charmant. Il est censé être comme ceci et faire comme cela. Tu te rends vite compte que la vie à deux, ce n’est pas comme un conte de fées. Tu as des enfants et tu es toujours toute seule pour tout faire. Tu ne te sens pas soutenue, tu ne te sens pas aimée comme une princesse est censée l’être. Tu te sens seule.

L’amour que vous vous portiez au début est en train de disparaître tranquillement pas vite. La routine prend toute la place dans ton couple. Tu ne peux pas compter sur ton homme comme tu le voudrais. Qu’est‑ce que tu peux faire ? Personne ne t’avait avertie que ta relation de couple pourrait se dérouler comme cela. Alors vient la fameuse séparation. Et oui, tu seras une maman monoparentale. Une maman 2.0. Une super maman, une superwoman ! Dans quel film on la voit, cette maman‑là ?

Tu te mets sur le pilote automatique. Tu travailles, tu élèves tes enfants, tu fais le taxi pour les rendre heureux et tu t’oublies. Tu oublies qu’en plus d’être une maman et une professionnelle, tu es une femme. Une femme qui mérite d’être aimée à sa juste valeur et une femme qui a des besoins de femme ! Une femme qui rêve de vivre dans un conte de fées même si tu le sais que ça n’existe presque plus, ces histoires‑là ! Tu te mets à la chasse au prince charmant. Tu te rends bien compte que les princes se font rares au 21e siècle. Ils se sont plutôt transformés en rois de la jungle. Plus aucune règle n’existe entre les hommes et les femmes et le lion est devenu solitaire et macho.

Tu décides donc de te consacrer à ta vie de famille et tu te convaincs (hahaha) que tu es bien seule et que tu n’as besoin de personne dans ta vie pour te combler. Tu es capable de tout faire toute seule, même visser une tablette au mur tout en faisant une lasagne et une brassée de lavage. Tu te sens forte, tu te crois invincible. Tu combles tes besoins charnels ici et là et tout est bien comme cela. Mais, au fond de toi, tu le sais qu’il te manque quelque chose. Il te manque cette petite dose d’amour et d’affection qui fait battre ton cœur tellement fort que tu sens qu’il va exploser.

Et puis un jour, quand tu as accepté qui tu es et que tu as fait une croix sur ton passé, tu te sens prête à enlever cette carapace qui est si lourde sur tes épaules et à enfin ouvrir ton cœur. Et c’est à ce moment que tu le rencontres. Ton prince. Celui pour qui ton cœur bat si fort que les gens autour de toi l’entendent. Celui avec qui tu as envie de tout partager, celui que tu as envie de présenter à tes enfants, celui qui fait un avec toi.

Cette sensation que tu croyais morte est redevenue si intense que tu en as mal. Tu ne te reconnais plus. Tu as envie de partager tous tes moments avec lui, tu penses à lui sans arrêt, tu te surprends à faire déjà des projets à long terme. Mais qu’est‑ce qui se passe ? Est‑ce cela qu’on appelle l’amour, le vrai amour ? Celui où tu te sens acceptée comme tu es et celui où même les défauts de ton amoureux ne te dérangent pas. Tu te sens si bien ! C’est une émotion que tu avais si hâte de retrouver mais en même temps, elle te faisait si peur. Tu as si peur de t’abandonner, de te laisser aller, de t’ouvrir. Tu as peur qu’on te rejette encore, tu as peur de perdre le peu d’estime qu’il te reste. Tu as peur d’impliquer ta petite famille dans cette histoire dont tu ne connais pas la longévité.

Mais arrête de te bloquer comme ça. Avance, regarde en avant, écoute ton cœur. Qu’est‑ce qu’il te dit ton cœur quand tu le regardes ? Arrête d’écouter ta tête, tu l’as écoutée trop longtemps celle‑là. Quand c’est le bon, tu le sens dans tout ton corps. Ça te prend aux tripes. Ça t’en a pris du temps pour le trouver. Tu as été patiente. Mais il est là maintenant. Il est là pour prendre soin de toi et de ton petit cœur qui a été si souvent blessé. Accueille‑le, c’est le bon, c’est l’homme de ta vie. C’est ton loulou !

Karine Filiatrault

Savourer, respirer, le moment présent !

Toute jeune, en plein dans la fleur de l’adole

Toute jeune, en plein dans la fleur de l’adolescence, je suis tombée amoureuse du père de mes enfants. On est restés quasiment vingt ans ensemble. Quand on s’est séparés, j’ai rencontré mon copain des deux dernières années trois semaines seulement après la séparation. Si on fait le décompte, à l’endroit, à l’envers, la tête sur le côté… cela veut dire qu’à la mi-trentaine, je peux dire que j’ai été en couple pendant les deux tiers de ma vie ! J’ai vécu deux belles relations. Avec des hauts et des bas évidemment, mais somme toute, je n’ai pas été contrôlée et je n’étais pas malheureuse. Chacune de ces relations m’a apporté du bien.

Lorsque le père de mes enfants est parti, je suis devenue mère monoparentale avec trois enfants : un qui ne marchait pas, l’autre qui portait encore des couches et le dernier en deuxième année. Les deux années qui ont suivi ont été un tourbillon de découvertes. J’ai découvert qu’il fallait que j’élève mes enfants de mon côté, une semaine sur deux, seule. J’ai appris à faire le deuil, un jour à la fois, d’une vie de famille normale. J’ai appris à faire le deuil de la complicité que j’avais jadis avec le père de mes enfants. J’ai appris que je suis une femme, pleine de désir, de chaleur, de tendresse et de feu !

Deux ans après ce changement de vie, je me pose, tranquille, le cœur et le corps plein de ce tumulte. Je prends conscience que je veux et que je peux en profiter. La tête pleine, les bras pleins avec les enfants, la routine, la grande carrière, la quarantaine qui frappera à mes portes bientôt… Je constate que je veux toujours plus, j’aspire à plus et j’attends plus. Et cela m’empêche de vivre le moment présent, Mon moment présent.

Être content de ce qu’on a, de ce qu’on vit. Cela veut dire profiter, savourer, s’arrêter pour apprécier. Apprécier les petits moments, regarder ton enfant s’émerveiller d’une simple fleur sauvage, le regarder penser avec ses petits sourcils froncés et le coin de sa lèvre supérieure élevée. Si l’on est capable de profiter de ces petits moments délicieux, on est aussi capable de transférer ces moments de pures joies dans notre vie de femme.

Avec mon deuxième partenaire, j’ai appris à être une femme, une femme sensuellement confiante. 😊 Je me sens sexy, belle et radieuse. J’expérimente les joies et l’apport positif de l’énergie sexuelle ! Quand on est bien dans sa peau, quand on expérimente de multiples orgasmes, qu’on savoure notre vie de femme, seule ou en couple, cela nous redonne chaque jour, dans toutes les autres sphères de notre vie.

Bref, je n’apprends pas juste à profiter du moment présent dans ma vie de maman, mais aussi dans ma vie de femme. J’apprends à savourer chaque caresse, chaque toucher, chaque bouffée. Sentir les mains de mon partenaire me toucher, sentir son souffle sur ma peau, partant du cou, glisser sur mes omoplates, dans le creux de mon flanc, sur le haut de ma craque de fesses. Sentir sa langue me lécher furtivement les petites pommes du popotin, glisser le long de mes cuisses. Savourer, humer, apprécier. Sentir tous ses gestes, me sentir bouger !

Quand on prend le temps, le temps de vivre, sans penser à vouloir autre chose et si on se respecte, qu’on est capable de demander et que notre partenaire est capable de donner, on est capable de se satisfaire de chaque petite baise, de chaque petit moment passé à se caresser. On est capable d’apprécier une p’tite vite sur le bord du comptoir sans vouloir plus ni penser à la prochaine session de jeu.

Bref, j’apprends à VIVRE !

Roxy Ka

 

La tête pleine de projets

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujou

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours eu la tête remplie de projets. Même enfant, j’aimais me créer de petits projets personnels ou simplement me projeter dans l’avenir en pensant à ce que je voudrais faire de ma vie. Je voyais mes projets comme une façon de m’encourager à travailler fort et à foncer face aux défis.

En grandissant, mes projets personnels se sont précisés. Je voulais devenir enseignante, avoir mon chez-moi et ma famille. Je suis chanceuse, tous mes grands objectifs de vie ont été atteints. Bien entendu, ça n’a pas été parfait à tous moments, mais j’ai réussi. J’enseigne au primaire depuis douze ans, j’ai une belle grande maison et trois enfants que j’adore. J’ai même déniché un amoureux merveilleux en prime. Bien entendu, au fil du temps, plusieurs petits projets ont également fait leur chemin dans mon esprit. C’est normal et sain de vouloir s’accomplir et se développer dans la vie. On se fixe des objectifs et on fonce pour les atteindre.

Par contre, depuis quelque temps, je réfléchis beaucoup à mes projets. Je me demande si c’est sain d’en avoir autant et si c’est possible dans la vie de faire une pause. Je m’explique : accomplir des projets, ça demande beaucoup d’investissement. Je ne parle pas ici nécessairement d’un investissement financier, mais plutôt de s’investir en tant que personne. On s’est emballés mon chum et moi depuis qu’on habite ensemble. On s’investit beaucoup dans nos projets communs. Je sais qu’ils en valent la peine, mais on court comme deux fous depuis deux ans. Je pense que c’est trop. Le problème, c’est qu’on dirait que c’est plus fort que nous. On aime la sensation d’accomplissement face à un défi relevé, parfois au détriment de notre bien-être. J’ai l’impression qu’on passe parfois à côté de l’essentiel à force d’avoir des choses en tête. Encore la semaine passée, j’essayais de choisir mentalement mon luminaire de cuisine à 5 h du matin alors que j’allaitais mon bébé. J’étais fatiguée, mais je ne dormais pas ; j’étais trop impliquée mentalement dans notre dernier projet de rénovation.

C’est décidé : mon prochain projet se concentrera sur mon bien-être physique et mental. Je retourne au travail et je ne veux pas m’écrouler en pleurs, morte de fatigue après seulement un mois d’école. Et si mon prochain projet était d’essayer de prendre du temps pour moi ? C’est difficile, mais sans doute pas impossible.

Je suis contente, je viens de demander à mon chum ce qu’il projette de faire pour les prochaines semaines. Il m’a répondu « Relaxer et me reposer ». Là tu parles, chéri. J’embarque !

Caroline Girard

La vie nous confronte

La vie est drôlement faite. J’ai toujours dit que je ne voulais pas vivr

La vie est drôlement faite. J’ai toujours dit que je ne voulais pas vivre avec des regrets, que les choix que j’ai faits dans le passé ont fait en sorte que je suis la personne d’aujourd’hui. J’y crois encore, mais je dois me rendre à l’évidence que j’aimerais changer certains moments de ma vie. Pas parce que je ne suis pas heureuse aujourd’hui. Au contraire, je suis comblée par ma vie, mais j’aurais peut-être vécu moins d’événements pénibles, moins d’obstacles à surmonter. Mais ça aurait fait en sorte que je ne serais pas qui je suis aujourd’hui. D’où le dilemme en moi.

Tout part de mon adolescence. Je regrette d’avoir été naïve et influençable. Je regrette certains choix d’amis, je regrette de ne pas avoir été aussi forte de caractère que je le suis réellement, de n’a pas avoir tenu tête. Je regrette d’avoir croisé le chemin de certaines personnes. Mon adolescence, je l’ai vécue difficilement. Je voulais trop plaire et je n’étais pas moi-même. Avec une « amie », nous inventions des histoires inimaginables, totalement irréalistes. Pourquoi ? Parce que nous avions douze et treize ans et que nous étions encore des enfants, et c’est ce que font des enfants : ça invente des histoires. Bien évidemment, un jour, ça s’est retourné contre moi et on m’a traitée de menteuse. Quand en réalité, tous ceux qui étaient avec nous savaient que c’était de la bullshit. Aujourd’hui, je regrette ces histoires inventées, mais pas le fait que ça m’a montré qui étaient mes vrais amis.

Mais comme n’importe quelle adolescente, je voulais plaire à tout prix. Je changeais d’école chaque année ou aux deux ans. Cette année-là, c’était la première fois que je ne changerais pas d’école avant au moins trois ans, alors je faisais tout pour être acceptée. J’ai raconté devant une classe entière que ma fréquentation d’avant (on va dire une fréquentation à douze ans et qui avait duré un mois) avait été violente avec moi et m’avait menacé de mort longtemps avant que mes parents ne l’apprennent et interviennent. Mais cette histoire n’a pas été crue, parce que mes supposées amies disaient que j’aimais inventer des histoires pour attirer l’attention. Ce qui était tout à fait le contraire, j’étais une personne hyper gênée, mais on m’avait convaincue de raconter mon histoire, la même qui a par la suite fait en sorte qu’on a ri de moi. J’ai été tranquille le reste de l’année, occupée à organiser une fête de fin d’année pour les secondaire 1. Pour ça, j’étais bonne, j’adorais organiser, planifier.

Puis, j’ai eu mon premier vrai chum à la fin de l’année de mon secondaire 1. J’étais folle de lui. C’était la première fois que je ressentais ça. Je me sentais aimée, désirée et il prenait soin de moi. J’avais l’impression de vivre une histoire à la The notebook. Je croyais que nous finirions nos jours ensemble. Puis en octobre, mon père a eu une opération à son cœur qui a mal viré. Il a passé douze jours dans le coma. J’étais en colère, je ne comprenais pas pourquoi, mais je cherchais un moyen de fuir mes sentiments. J’ai rencontré des personnes que je n’aurai pas dû rencontrer. Ça m’a amenée à commencer à fumer la cigarette et le pot, beaucoup. Je manquais des cours, je changeais. Voilà qu’à quatorze ans, j’allais vivre mon plus grand regret et une des pires périodes de ma vie.

J’ai rencontré un gars pas très clean, mais il était bad boy et il était plus que manipulateur. Il m’a fait croire que mon chum ne m’aimait pas vraiment, que ses amis faisaient tout pour nous séparer. Qu’avec lui, je ne serais jamais seule, je serais sa priorité. Il avait même laissé sa blonde de longue date, selon lui, pour moi. Je suis malheureusement tombée dans son piège, j’ai laissé mon chum. Quand je l’ai fait, je l’ai tout de suite regretté. J’ai demandé une autre chance à mon amoureux, il me l’a donnée, mais j’ai tout gâché encore. J’avais le cœur en miettes, mais mon nouveau chum me disait que c’était juste temporaire, le temps que je m’habitue à lui. Mais je ne m’habituais pas. Je voulais retourner en arrière. Retrouver celui que j’aimais vraiment.

Un soir, mon « nouveau chum » est venu souper chez moi, ensuite nous devions écouter un film. Durant la soirée, les choses ont mal tourné, nous étions seuls dans le sous-sol et il m’a fait des attouchements sexuels. J’ai pu me sortir de cette mauvaise situation grâce à mes cours de karaté. Je savais me défendre, mais si je n’avais pas su ou que j’avais figé, je me serais fait violer. Il est parti de chez moi en colère. À l’école, il m’ignorait, il était à nouveau avec son ancienne copine, mais le soir, il me harcelait sans arrêt. Il était obsédé par ma virginité, il voulait me la prendre à tout prix. Son harcèlement a duré presque huit mois. Je raccrochais le téléphone et il rappelait en me criant après. Si je ne l’écoutais pas faire ce qu’il avait à faire (si vous voyez ce que je veux dire), je me faisais menacer encore une fois. J’ai dû changer de numéro de téléphone et demander à un ami de s’en mêler pour que ça arrête.

Mais la vie me confronte à cet événement, à cette période de ma vie depuis un an. À mon travail, je vois très souvent la mère de mon premier amoureux, celui que j’aimais profondément, celui que j’ai blessé. Toute ma vie, je ne m’étais jamais considérée comme une victime d’abus sexuel. Pour moi, c’était ce que j’avais mérité pour avoir été naïve, stupide et pour avoir brisé le cœur de mon amoureux et le mien. Sauf que dernièrement, en parlant avec quelqu’un qui a vécu un viol, j’ai réalisé ce que j’avais vécu. Je m’étais convaincue que c’était de ma faute, que je n’étais pas une victime, mais c’était faux. JE SUIS UNE VICTIME. Rien au monde ne justifie ces actes. Ce n’était absolument pas une punition. C’était une agression.

Cette jeune fille de quatorze ans que j’étais a perdu beaucoup durant cette période : son estime en soi, son innocence, sa fougue, sa confiance aux autres ; ses rêves ont diminué parce qu’elle ne se croyait plus assez compétente. Mon rêve d’être astronaute ou pédiatre. POUF ! DISPARUS. J’ai mal agi, c’est vrai, je le confesse, mais je ne méritais pas ça.

Pour mon premier amoureux, tu étais tout ce dont je rêvais d’un garçon à cet âge. Je suis sincèrement désolée de t’avoir blessé. Je suis désolée de mon comportement. J’étais vraiment amoureuse de toi et j’ai tout gâché. J’ai essayé à plusieurs reprises de m’excuser, mais je n’en ai jamais été capable. Ma véritable punition aura été de voir dans ton regard toute la haine que tu ressentais pour moi durant les années de notre secondaire. Un jour, j’aurai peut-être la chance de m’excuser en personne et j’aurai peut-être la chance d’avoir ton pardon, parce que je ne pourrais jamais assez m’excuser.

Pour toi, celui qui m’a manipulée, qui m’a brisée, qui a abusé de moi, un jour, le karma s’occupera de toi. J’ai confiance que la vie fera sa justice. Un jour, j’aurai peut-être la force et le courage…

Ça m’aura pris dix-neuf ans pour prendre conscience de tout ça, mais la femme que je suis aujourd’hui est capable d’encaisser. Avec tous les obstacles que la vie a mis sur mon chemin, j’ai découvert en moi une force insoupçonnée, une femme qui sait ce qu’elle veut, une femme qui a repris confiance en elle. Je suis fière de qui je suis, malgré ce regret.

Cindy LB

Quand le « Monstre » n’est pas violent

Je lui avais dit qu’un jour, tout cesserait mais qu’il fallait q

Je lui avais dit qu’un jour, tout cesserait mais qu’il fallait qu’elle nous fasse confiance. Ce n’est pas facile de faire comprendre à quelqu’un qu’une autre personne a une emprise sur elle. Comment rester délicat mais ferme?

– Je l’ai dans la peau! Ensemble on se brûle, séparés on se perd.

Elle se séparait mais retournait avec lui à chaque menace ou à chacune de ses belles paroles!

Il lui disait qu’il l’aimait donc. Elle voulait lui « laisser une chance ». Encore.

Un an après être partie et libérée, il continuait à lui écrire, à lui envoyer des mots doux. Mais ce qu’elle ne comprenait pas, c’est qu’au travers de ses mots doux, il y avait des menaces. Des menaces bien inoffensives qu’elle disait parce qu’elle aussi, elle lui en envoyait. La manipulation est traître. Elle est invisible aux yeux de celle qui la subit, mais aussitôt qu’une personne doit user de violence psychologique, c’est un Monstre.

Aussitôt que quelqu’un se sauve d’une maison pour se libérer, il y a une raison. Quand le « Monstre » en question vous rappelle en disant qu’il a changé mais qu’au travers de ses paroles, il y a encore de la manipulation : il n’a pas changé. Quand la roue qui tourne est la même depuis dix ans, pourquoi soudainement la personne changerait-elle mais en conservant ses menaces? Il n’a pas changé.

Elle est retournée. Je dois respecter son choix, qu’elle me dit. Eh bien, elle devra accepter le mien qui est que moi, je ne l’accepte pas. Ma porte sera toujours grande ouverte pour elle mais lui, il ne me manipulera pas. Je dois la regarder couler, encore une fois, parce qu’une personne qui ne veut pas s’aider, on ne peut pas l’aider de force. J’ai tout essayé, je le jure.

Et chaque fois, elle me dit : « c’est la bonne ».

Je n’y crois plus.

Qu’est‑ce qui se passe dans la tête d’un manipulateur? Est‑ce une victoire pour lui? Est‑ce qu’il est fier d’avoir encore gagné? Ou est‑ce que quelqu’un peut vraiment changer?

Seul le temps me le dira. Encore.

Eva Staire

 

Enceinte et amoureuse

Mon amour, depuis des années, je sais que je t’aime. On partage c

Mon amour, depuis des années, je sais que je t’aime. On partage chaque journée du quotidien ensemble. On encaisse les mauvaises nouvelles et on souligne les promotions. Pendant tout ce temps, on a eu nos hauts et nos bas, comme tous les couples. Mais aujourd’hui, il faut que je t’avoue quelque chose… Quand je suis enceinte, je suis encore plus amoureuse de toi que je ne l’ai jamais été. Je veux prendre le temps de t’écrire à quel point je t’aime, et surtout, les raisons qui font de toi la meilleure personne avec qui vivre cette aventure…

1- « T’es tellement belle… » : Tu me répètes tout le temps à quel point tu me trouves belle. Même à l’aube de cet accouchement, même avec 50 livres en plus, même avec mes quatre nouveaux mentons et ma souplesse de camion… même quand moi, je me regarde et que j’ai envie de pleurer. Toi, tu restes avec cette étincelle dans les yeux, rempli d’amour et de gratitude pour la vie. Tu me répètes que tu me trouves belle de la tête aux pieds, pis en plus, tu le penses.

2- Ta présence. Je te sens auprès de moi à chaque seconde. Même quand tu es au travail, je sais que tu t’inquiètes pour moi, pour nous. Je sais que tu t’inventes du temps dans la journée pour m’écrire un texto, juste pour savoir comment je vais. Tu t’inquiètes quand je vomis, tu t’inquiètes quand j’ai des contractions. Je te sens près de moi, tout le temps. Même la nuit, quand je me lève aux heures pour aller aux toilettes… Je sens que ton sommeil devient plus léger, comme pour guetter le moindre signe qui pourrait indiquer que j’aurais besoin de toi.

3- Quand on parle de l’accouchement, tu deviens vulnérable. Tu appréhendes ce moment parce que tu sais que tu t’y sentiras si impuissant. Tu me répètes que même si je veux accoucher naturellement, j’ai le droit de flancher si j’ai trop mal. Tu me répètes que tu as si peur de me perdre, moi. Tu l’aimes ce bébé, de tout ton cœur. Mais c’est à moi que tu penses quand tu as peur que ça tourne mal… Et moi, je te rassure en te disant que tout va bien aller, même si au fond, moi aussi j’ai peur.

4- Tes petites attentions. Parce que chaque fois que tu me ramènes du chocolat, tu me confirmes que j’ai choisi la bonne personne avec qui partager ma vie. Chaque petit déjeuner au lit le samedi, je sais que tu le fais avant que les nausées arrivent. Chaque fois que tu m’apportes une doudou sur le divan, pour me réconforter. Même si je n’ose pas te dire à quel point il fait chaud dans mon corps, je m’enroule dedans, juste parce que je me sens aimée.

5- Et mes sautes d’humeur! Ces crises qui pourraient faire fuir les plus trouillards… Mais pas toi. Toi, tu me regardes pleurer sans raison, manquer de patience et même te crier dessus, et parfois, je le vois, ton petit sourire en coin… Celui qui confirme que j’ai l’air un peu folle en ce moment… mais qui est tellement rempli d’amour en même temps… Ce petit sourire qui dit que ça va passer et qu’on va en rire dans quelques semaines ensemble. Parfois, même deux secondes après une grosse crise, on se regarde et on pouffe de rire ensemble. Parce que moi aussi, je me trouve ridicule…

Mon amour, je n’aurais pas pu choisir un meilleur humain pour partager la parentalité. Je suis fière de porter ton enfant, je n’aurais pas voulu l’avoir avec personne d’autre sur cette Terre. Même avec Nick Carter. Je t’aime. Tellement. J’ai hâte de te présenter ton fils, j’espère qu’il te ressemblera. Merci d’être si attentionné avec moi, avec nous. Merci de m’aimer autant que je t’aime.

À tous les partenaires de vie remplis d’amour… Merci…

Joanie Fournier

 

T’aurais pu me le demander

J’ai remarqué chez les couples que je côtoie qu’il semble y av

J’ai remarqué chez les couples que je côtoie qu’il semble y avoir une des deux personnes qui fatigue plus vite à voir la vaisselle s’empiler dans l’évier ou les boules de poussière s’accumuler sous le divan, ou qui remarque avant l’autre qu’il manque de pain pour préparer les sandwichs pour les lunchs scolaires des enfants. « T’aurais pu me le demander » devient alors l’hymne répété par le partenaire qui, aux yeux de l’autre, ne fait pas sa part de tâches ménagères.

Lorsque mes amies se confient au sujet de leurs querelles maritales, c’est souvent ces irritants qui érodent leur quotidien. Et je dois avouer d’emblée que ma situation est particulière parce, bien qu’ayant passé trente ans de ma vie au Québec, je vis aux États‑Unis depuis près d’une décennie. On a beau penser que la réalité de nos voisins du Sud est similaire à celle du Québec en raison de la proximité géographique, je vous assure toutefois que, sur le plan de l’égalité domestique (et du travail en général), ils ont du chemin à faire. Ce n’est pas rare ici de voir la femme s’occuper encore de la vaste majorité des tâches en lien avec le ménage.

D’abord, évidemment, la religion joue un rôle important dans la perception des responsabilités dans le couple. Surtout dans les États du sud où l’on prône des valeurs « traditionnelles ». Même sur le marché du travail, le sexisme est légion, et mon expérience personnelle est parsemée de plusieurs exemples.

Ensuite, la réalité socio-économique est différente, surtout pour les familles avec des enfants. Ici, pas de garderies à 5 $ ni de soins de santé universels. Les services de garde et de la petite enfance sont plus près de 50 $ par enfant par jour et il en coûte 200 $ pour une visite chez le pédiatre (avec des assurances). Sans compter les coûts associés au prix démesuré des médicaments et les autres responsabilités financières liées à la maternité et à la famille. Demandez‑moi si j’ai été surprise de recevoir une facture de 35 000 $ après avoir accouché de mon premier enfant dans un hôpital américain…

Les familles font aussi des sacrifices afin d’économiser des dizaines de milliers de dollars pour faciliter l’accès à un enseignement supérieur pour leurs enfants. Même avec le soutien de leurs parents, les étudiants universitaires reçoivent leur diplôme criblés de dettes et se lancent dans un marché où les contrats de travail sont rares. Ici, on travaille de gré à gré (donc sans contrat) et dans plusieurs États, un(e) employé(e) peut être remercié(e) sans raison et sans préavis.

Il est donc surprenant de constater que pour plusieurs familles avec de jeunes enfants, c’est tout de même parfois moins avantageux d’avoir deux parents travailleurs que d’en avoir un qui reste à la maison. Si l’on tient compte des frais associés avec la garde d’enfants, les horaires d’école, les conditions de travail précaires et les pressions trop souvent injustement exercées sur la mère par l’employeur (la maternity tax), les conditions favorables à un retour au travail après une grossesse ne sont pas souvent pas au rendez-vous.

Dans un marché professionnel sexiste où le congé parental est encore un rêve inaccessible pour la majorité et où monsieur gagne en moyenne 25 % de plus que madame pour le même poste, c’est plus souvent plus qu’autrement maman qui reste à la maison.

Alors au pays de l’oncle Sam, en 2020, c’est encore maman la reine du foyer.

Mais pas trop vite. Reine, pas sûre. Boss des bécosses… peut-être.

J’ai des amies qui vivent dans une situation familiale que l’on qualifierait ailleurs d’abusive. Puisque monsieur travaille à l’extérieur de la maison, il contrôle les finances. L’épouse qui « ne travaille pas » passe ses journées à s’occuper des enfants et des aînés, organise des activités éducatives, fait le taxi, gère l’agenda de la famille, fait l’épicerie et les courses, prépare les repas, passe l’aspirateur, lave la vaisselle, fait le lavage, range les vêtements des enfants et (oui oui) ceux de monsieur. C’est important qu’il réussisse et ait de belles chemises propres et repassées. Juste pas assez important pour qu’il prenne le temps de s’en occuper lui-même. Parce qu’il s’entraîne la fin de semaine. T’sais.

Est-ce louable de soutenir son conjoint? Bien sûr. La réciprocité du geste promeut une relation saine. Malheureusement dans ces situations, on est souvent loin du travail gratifiant. Et des Real Housewives. Être maman à la maison, ce n’est tellement pas boire du rosé toute la journée en se prélassant au soleil!

Je vais à contre-courant de la culture locale, car je crois que l’égalité entre les sexes commence à la maison. Je souhaite offrir un exemple différent à mes deux garçons qui, je l’espère, seront féministes. Pour ces raisons, quand il est question de tâches domestiques, je ne demande pas d’aide à mon mari. Pas plus qu’il ne me demande d’assumer le rôle de la femme de ménage. Comment ça marche? Nous avons divisé les tâches ménagères ensemble et nous revisitons le sujet régulièrement afin de nous assurer que le fardeau est équitable. Entre les années où j’étais à la maison avec les enfants en passant par d’autres où je travaillais à temps plein hors de la maison, mes responsabilités ont changé. Les siennes aussi.

Cette approche me vaut souvent des remarques sournoises voulant que j’aurais domestiqué mon conjoint et que je suis chanceuse d’être dans une union moderne. La vérité est que je ne serais pas en couple avec une personne aux attentes irréalistes, misogynes et ridicules envers moi. Je suis tout à fait d’accord avec Melinda Gates et Warren Buffet qui ont dit que la décision la plus importante d’une vie, c’est le choix de notre partenaire. Ceci dit, j’en ai choisi un bon et le mérite lui revient.

Mais c’est loin d’être parfait. Il m’a récemment vu bardasser en lavant la vaisselle qui s’accumulait (encore) dans l’évier et m’a dit « J’allais la faire. T’aurais pu me le demander ».

[Insérer ici un soupir exaspéré]

Je lui ai dit…

J’aurais pu te le demander, mais pourquoi ne l’as-tu pas faite de ton propre chef? Je ne suis pas ta mère ni la gestionnaire des tâches ménagères. C’est m’en mettre trop sur les épaules que d’attendre que je te demande de l’aide. Cette attitude est injuste et irresponsable parce qu’elle sous-entend que c’est ma responsabilité de m’assurer que les tâches, incluant les tiennes, sont faites. C’est un mauvais exemple pour nos enfants.

Nous sommes deux adultes dans cette maison et nous avons une entente de répartition des tâches. Tu as accepté la responsabilité de faire la vaisselle après le souper (parce tu détestes cuisiner et préfères la vaisselle à la cuisine), alors c’est à toi de t’en souvenir. Tu as des yeux et tu peux voir que la vaisselle s’est accumulée ces derniers jours.

Tu n’as pas eu à me rappeler, toi, que nous allions avoir faim pour le souper ce soir et qu’un repas devait être sur la table pour les enfants, non? Que l’épicerie devait être faite? Que nous allions avoir besoin d’acheter un cadeau pour la fête d’enfants d’Untel ce weekend? Moi aussi, j’ai mieux à faire que de te rappeler d’effectuer ce dont tu es responsable. Et puisque ça fait quelques jours maintenant que tu faillis à la tâche, je m’en suis occupée moi-même. Tu n’as pas respecté notre entente alors je suis fâchée. Normal, non? Pas de vaisselle, pas de cuisine. Demain tu t’occuperas du souper pour faire changement.

Pour avoir déjà eu cette conversation (il me faut toutefois l’admettre, il y a bien longtemps), il sait que ce ne sont pas des paroles en l’air et qu’il n’y aura pas de repas sur la table demain soir. Et puisqu’il préférerait recevoir un traitement de canal plutôt que de passer une demi-heure dans la cuisine, mon petit doigt me dit que le menu pour le souper demain sera celui de McDonald’s.

Et pourquoi pas? Comme ça, je n’aurai pas de vaisselle à faire. 😉

Geneviève Brown

Plus d’amour

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Mon amour,

Je me souviendrai toujours du petit moment de panique qui m’a envahie quand j’ai appris qu’une petite fleur poussait au creux de mon ventre. On le voulait, on en avait parlé et combien de fois on s’était imaginé notre vie avec notre petite marmaille. Mais là, en voyant la deuxième barre apparaître tranquillement sur le test de grossesse, ça m’a frappée en plein visage. J’ai réalisé que c’était bien réel : nous allions être trois. À travers ces quelques minutes d’attente, j’étais devenue maman.

Dans les dernières années, nous nous étions construit notre petit nid d’amour, notre havre de paix. Je savais que dans les journées grises, j’avais toujours notre chez‑nous, un fleuve tranquille où me réfugier. 

Nous le savions, ce petit plus sur ce test de grossesse était sur le point de changer notre vie. Notre petite vie tranquille ne serait peut-être plus si tranquille dans les années à venir. Je me souviens m’être dit que je ne voulais pas perdre ce que nous avions bâti ensemble, comme tant de couples qui se sont égarés à travers les trop grandes responsabilités. Les mots que tu as prononcés à ce moment raisonnent encore dans ma tête : « Ce sera seulement plus d’amour ». Ah que tu as visé juste !

Depuis l’arrivée de notre bébé, on solidifie notre nid d’amour. On s’adapte, on fait des compromis parce que dieu sait que tout n’est pas toujours rose. Oui, il y a plus de moments de doute, de frustration et de découragement qu’il y en avait auparavant. Mais malgré tout, ce sont ces moments qui nous apprennent à communiquer différemment, à nous écouter, à nous comprendre. Depuis, il n’y a pas une journée où je t’ai tenu pour acquis. Il n’y a pas une journée où je ne sens pas mon cœur se gonfler d’amour en te regardant dorloter notre bébé tout neuf. Notre amour n’a pas changé, il s’est transformé. On s’aime comme individus, mais on s’admire maintenant comme parents, on se découvre autrement.

Merci à toi de faire en sorte de conserver nos petites traditions d’avant. Merci à toi de me dire que je suis la plus belle, même quand moi je me regarde dans le miroir et que je vois juste une fille cernée avec les cheveux en bataille. Merci à toi de monter la musique et de me faire danser autour de l’îlot de cuisine, ça me permet de lâcher mon fou. Merci à toi de m’obliger à sortir et à faire garder le petit pour avoir un peu de répit. Merci de me faire comprendre que je n’ai pas à me sentir coupable de prendre du temps pour moi, que je serai simplement plus disponible pour lui après. Merci à toi de me permettre de terminer mes projets et de m’encourager même si j’ai la broue dans le toupet et la tête un peu éparpillée. Merci à toi de me rappeler dans les moments de doute que je suis la meilleure maman pour notre enfant et que je fais plus que de mon mieux. Tout ça me permet de ne pas juste me sentir comme une maman, mais comme une femme, ta femme. 

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai remercié la vie de t’avoir mis sur ma route, un vendredi gris et pluvieux. Grâce à elle, ce soir, je peux caresser du bout des doigts ce qui a de plus précieux au monde : notre petit trésor et toi. C’est juste plus d’amour comme tu le disais, tu avais tout compris.

Catherine Desgroseilliers

 

Formule magique pour couple qui ne s’entend pas sur les tâches ménagères

Chéri est maniaque du ménage et moi, je suis traîneuse. Évidemme

Chéri est maniaque du ménage et moi, je suis traîneuse. Évidemment, il va vous assurer qu’il n’est pas un cas extrême et je vais vous jurer que j’en connais des biens pires que moi… Au fond, personne ne peut se situer e-xac-te-ment au même endroit dans l’éventail des standards de propreté. Lui faisait briller les planchers de son appartement à la cire pendant que moi, j’empilais la vaisselle sale sur le comptoir jusqu’à ce que j’aie épuisé le stock de mes armoires. Dès le départ, nous savions que le ménage n’occupait pas la même place dans l’échelle de nos priorités.

Dans notre jeune foyer, la situation était fragile mais fonctionnelle. Mon Monsieur Blancheville était très autonome dans son désir de propreté. S’il voulait qu’une tâche soit faite, il la faisait tout simplement, sans rien me demander. Le partage du travail était complètement inégal au sein de notre couple. C’était comme avoir un esclave à domicile. Personne ne comprenait que je puisse m’en plaindre, mais je détestais le rôle de profiteuse qu’il me faisait jouer involontairement. Je n’avais jamais eu l’ambition secrète d’exploiter l’homme de ma vie, alors je pédalais fort pour m’améliorer et assumer ma juste part du ménage.

Puis, nous avons eu un premier bébé et j’ai quitté mon emploi pour prendre soin de notre progéniture pendant quelques années. Changer le monde, un enfant à la fois, était mon grand rêve. Mais ce rêve n’incluait pas l’entretien de la maison ou la préparation des repas! Mon amoureux me soutenait là-dedans et continuait à me traiter comme une reine. Il rentrait du travail, nous préparait à souper, partait une brassée de lavage et récurait la salle de bain de fond en comble. De mon côté, j’éprouvais une grande fierté à sortir quotidiennement me balader en nature avec mon petit trésor. Nos avant-midis au parc, à se faire des copains et à observer les écureuils, avaient bien plus de valeur à mes yeux que la propreté de la maisonnée. Pendant que je faisais la sieste l’après-midi avec mon bébé collé-collé, les graines oubliées sur le plancher de la cuisine invitaient les fourmis à venir se nourrir chez nous…

Bien vite, petit coco a grandi et m’a laissé plus de temps libre. Je savais qu’il était grand temps de régler ce manque d’équilibre qui teintait ma vie de couple d’un goût amer. Même si mon conjoint ne me faisait aucun reproche, je me sentais coupable. J’étais déterminée à devenir une partenaire exemplaire dans le partage des tâches ménagères.

Je me suis mise à en faire beaucoup plus. Et c’est là que j’ai rencontré mon plus grand obstacle : mon chum! Chaque tâche que j’effectuais lui permettait d’en faire encore plus. Tu as déjà fait l’époussetage? Fantastique, merci! Je vais frotter le micro-ondes alors. Sa liste mentale était sans fin! Et son souci de perfection, complètement démotivant. Le plancher n’était jamais assez propre! J’avais balayé après le dîner et refusé le festin aux fourmis du coin, il repassait le balai sans se questionner en rentrant du travail. Mon mari et son maudit balai… juste pour vous dire, je l’ai surpris à passer le balai le jour de notre mariage! Je ne pouvais même pas imaginer qu’on puisse penser aux planchers lors d’une telle journée. Lui ne pouvait tout simplement pas imaginer accueillir nos invités avec du sable sur le plancher… Mais on se mariait sur une plage!

Son faible niveau de tolérance face à la saleté est peu à peu devenu une grande source de frustration. Surtout lorsque j’ai réalisé qu’une maison nette n’occuperait jamais la première place sur ma liste de priorités. Les moments magiques en familles auraient toujours plus d’importance pour moi. Je le laissais trente minutes en tête-à-tête avec fiston et je retrouvais notre coco hypnotisé par la TV et mon chum, une guenille à la main. Voyons! Comment une tablette collante de frigo pouvait-elle l’empêcher de profiter d’un moment avec son fils qu’il n’avait pas vu de la journée? Je lirais des histoires aux enfants à travers les moutons de poussière sans même sourciller! Je me suis mise à souhaiter qu’on trouve un terrain d’entente qui nous conviendrait à tous les deux plutôt que de tenter de le rejoindre au sommet à tout prix. Il devenait de plus en plus évident qu’on devait travailler sur cet irritant quotidien.

J’ai finalement trouvé la recette magique après six ans de vie commune. Je n’ai rien inventé. J’ai fouillé sur Internet et trouvé un système d’organisation qui me convenait. J’ai profité de l’absence de mon chum pendant une mission humanitaire pour noter toutes les tâches que l’entretien d’une maison demandait. À son retour, nous avons convenu ENSEMBLE d’une fréquence qui nous semblait raisonnable pour effectuer les travaux. J’ai inscrit chaque tâche sur une petite fiche de carton et classé les fiches dans le dossier À faire approprié :

  • Tous les jours (ex : faire les lits, sortir la poubelle de la cuisine, remplir le lave-vaisselle) ;
  • Toutes les semaines (ex : laver les planchers, dépoussiérer les meubles, nettoyer les salles de bain) ;
  • Tous les mois (ex : récurer le four à micro-ondes, dépoussiérer les moulures, désinfecter les poignées de portes et interrupteurs) ;
  • Tous les trois mois (ex : faire briller les portes des armoires de cuisine, passer l’aspirateur entre les coussins du divan, dépoussiérer le support à épices) ;
  • Tous les six mois (ex : retourner les matelas, laver les vitres, dégraisser le four) ;
  • Tous les ans (ex : astiquer les luminaires, laver les rideaux, nettoyer les murs).

Chaque matin, je sortais les petits cartons de la journée et essayais d’en faire une bonne partie avant son retour du travail. En soirée, il m’aidait à terminer les tâches que je n’avais pas pu accomplir. Enfin, nous travaillions en équipe! C’était la solution parfaite pour me motiver à affronter la poussière tout en aidant mon chum à savoir quand s’arrêter dans sa dévotion au culte de la maison étincelante. Cette nouvelle méthode nous permettait enfin d’apprécier réellement les efforts de l’autre.

C’était il y a dix ans de cela et nous n’avons plus besoin de nos petits cartons maintenant. Le ménage est devenu une routine bien rodée chez nous et je suis heureuse de dire que le travail est partagé de façon équitable. Les bonnes habitudes sont restées. Toutefois, je n’ai pas jeté ma filière de ménage. Je la garde tout près pour quand nous aurons des ados à faire contribuer… Mouha-ha-ha-ha-ha!

Elizabeth Gobeil Tremblay