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Du temps pour soi… Texte : Claudie Castonguay

La première fois où je me suis permis du temps pour moi… Quand tu deviens parent, on te parle

La première fois où je me suis permis du temps pour moi…

Quand tu deviens parent, on te parle de lâcher prise. D’apprendre à séparer la pizza, en 3 et ensuite en 6. 3 pour toi, ta vie professionnelle et ton couple. Et 6, parce que tu divises à nouveau pour le bébé.

Dès la naissance de bébé 1, j’apprenais mon nouveau rôle de mère. Le rôle qu’on apprend au travers de ce qu’on a vu, vécu. Mais sur lequel il n’y avait aucune notion scolaire (aujourd’hui, mes notions de flûte à bec servent ! Oui ! Oui !).

23 mai 2010 : le téléphone sonne, c’est ma grand-mère maternelle. « Ta mère est à l’hôpital. (…) Allô ? »

À partir de ce moment‑là, je ne comprenais plus rien. La notion du mot maman n’était soudainement plus la même. J’avais oublié que le mot maman, c’était non seulement moi qui apprenais à nourrir, à cajoler, à essayer d’endormir. Mais aussi celle qui l’avait fait pour moi.

J’ai donc appris à conjuguer mon rôle de maman, de fille, de conjointe et d’amie. Mais jamais celui de femme.

À travers la vie et les rendez-vous médicaux arrive notre deuxième bébé.

Une nuit, le téléphone sonne et ma mère vient de pousser son dernier soupir.

En moins de 24 mois, on était devenus parents (2x), on avait construit une maison et j’avais accompagné ma mère dans la maladie et dans la mort. Deux concepts de vie tellement opposés.

Après cette tornade et au bout de 18 mois, je me suis permis un temps à moi. 20 jours à l’autre bout du continent. On m’a dit que j’étais égoïste, que j’abandonnais mes enfants. Et certains m’encourageaient.

Ça m’aura pris cette occasion de partir sur un coup de tête, pour décrocher et faire le vide. Me rappeler que la vie est belle malgré les épreuves. Qu’on peut se permettre, un bain, une sortie, un off de ménage sans nécessairement être lâche.

J’ai appris à ce moment‑là que le lâcher-prise à certains moments était une question de survie. Ma pizza est coupée toute croche. Je conjugue maintenant les rôles de femme, conjointe, maman, amie et fille.

Claudie Castonguay

 

Où en sommes-nous après ça ? Texte : Joanie Therrien

Après les premières fois Après les études Après l’achat d’une maison Après la naissance

Après les premières fois
Après les études
Après l’achat d’une maison
Après la naissance des enfants
Après leur rentrée à l’école
Où en sommes-nous ?

Après les lunchs
Après les devoirs
Après les entraînements de hockey
Après les soupers de famille
Où en sommes-nous ?

Après les rénovations
Après les semaines de travail
Après les hauts et les bas
Après les rendez-vous médicaux
Où en sommes-nous ?

On pourrait se poser la question des milliers de fois par jour.
On pourrait douter de temps à autre. On pourrait se remettre en question quand on est en désaccord.
On pourrait même hausser la voix quand tout tourne de travers.
Mais où en sommes-nous après tout ça ?

C’est simple. On est à la bonne place, au bon moment et avec la bonne personne.
On se comprend en un regard. On règle nos conflits avec peu de mots, mais avec beaucoup d’humour.

On s’écoute, on se parle, on se respecte. On avance dans le même sens, sur la même route et vers la même destination. Celle de la simplicité et du bonheur.

Et maintenant, si on me demandait de recommencer tout à zéro et de remarcher dans les mêmes souliers que ceux avec lesquels on s’est rendus jusqu’ici, je répondrais : oui, je le veux.

Et si au fond, c’était là qu’on était rendus ? 😉

 

Joanie Therrien

 

Mon gars, c’est ça la game ! Texte : Sophie Barnabé

Il y a quelques années à peine, tu grimaçais avec les paupières

Il y a quelques années à peine, tu grimaçais avec les paupières bien fermées en nous voyant nous embrasser ton père et moi. Des « c’est dégueu le sexe », répétais-tu à la chaîne avec ta petite voix d’ange. Puis, plus rapidement que ne poussent les champignons, je t’ai vu ouvrir l’œil sur un écran qui ne filtre aucun tabou, sur les filles qui te font des yeux doux… J’ai essayé subtilement d’ouvrir la discussion, mais tu t’es refermé avec tes « m’man, j’veux pas parler de sexe » et tes « m’man, j’pas rendu là ».

Récemment, mon souffle s’est coupé quand je t’ai aperçu, à l’autre bout de la rue, embrasser la p’tite Lili avec tes mains sur ses fesses. Ce soir‑là, quand j’ai abordé le sujet, tu t’es fâché en me disant que vous en aviez parlé à l’école et que tu savais déjà « tout ça ».

Comprends‑moi bien mon gars ! Ce n’est pas de condom, de risques d’I.T.S. ou de grossesse que je veux te jaser. Les choses mécaniques, celles qui n’ont rien de romantique, ne sont pas celles qui émiettent le cœur. Savoir enfiler un condom, c’est mécanique. Choisir de le mettre parce qu’on veut que tout se passe bien, parce que c’est une preuve de respect, ça c’est romantique. Si je te disais que l’amour, le plaisir, l’intimité, la sexualité, c’est un peu comme un match de hockey, voudrais-tu enfin en jaser ?

D’abord, en tenant pour acquis qu’on a les bons joueurs, on prend le temps d’analyser la game. On regarde les matchs précédents, on comprend les jeux, les passes. On se prépare parce qu’on veut être le meilleur joueur. Tu me suis ?

Avec la petite blonde aux yeux bleus, c’est la même chose. Prends le temps de la regarder dans les yeux… longtemps. Analyse sa réaction. Si elle plonge son regard dans le tien, qu’elle le maintient, c’est le signe qu’elle veut aller plus loin. Si elle détourne le regard, c’est peut-être qu’elle se sent intimidée. Analyse le « jeu ». Peut-être qu’en évitant de te regarder, elle souhaite que tu ne puisses pas déjouer les hésitations cachées en elle. Celles créées par la peur que tu sois déçu ou que tu insistes avec un come on. Tu sais mon gars, j’ai déjà eu quinze ans… C’est bien jeune pour oser dire non…

Dans le doute, arrête. Considère ta partenaire. Ne sois pas le « mangeux de puck ». Un peu comme une boussole qui indique la direction à prendre, son regard te fera comprendre si elle est prête à aller plus loin. Regarde‑la longtemps… souvent… T’es intelligent. Comprends.

Une fois l’analyse du match faite, les joueurs prennent le temps de pratiquer de nouveaux jeux. Ils essaient, analysent à nouveau, prennent leur temps, essaient d’autres trucs… C’est la base de la game, t’es d’accord ?

Même chose avec la grande brunette aux yeux noisette. Quand vous vous embrasserez, sois attentionné. Apprends à lire les baisers. Embrasse doucement, lentement… Si elle avance le visage vers toi, qu’elle te présente ses lèvres, qu’elle ferme les paupières comme un signe d’abandon, comme pour permettre de faire abstraction de ce qui vous entoure, tu devineras qu’elle se sent bien. Savoure ce moment. C’est tellement bon !

Au contraire, si tu sens qu’elle recule la tête, qu’elle ne t’embrasse que du bout des lèvres, n’insiste pas. Peut-être qu’elle ne le fait que pour te faire plaisir. Arrête. Serre‑la sans pression dans tes bras. C’est correct comme ça…

Et puis, le match le plus important arrive. Tout au long de la game, les joueurs se regardent, se font des signes, se parlent, sont attentifs à la réaction des coéquipiers.

Même si la rouquine semble à l’aise de jouer les coquines, comprends ses mouvements. Sous l’emprise de tes caresses, si tu sens ses mains immobiles, si son corps devient tendu, c’est peut-être un signe qu’elle est figée en dedans. Prends ton temps. Pose-toi des questions et si la lecture semble floue, chuchote-lui un « ça va ? ». Au besoin, rappelle-toi que même les plus grands joueurs retournent parfois sur le banc. T’inquiète, ils n’accrochent pas leurs patins pour autant…

Enfin, peu importe l’issue, rappelle-toi que les grands joueurs ne dévoilent jamais leur jeu… Assurément, ils y seraient perdants. Ne raconte pas tout à tes chums, ne texte pas tes exploits… Tu y gagnerais quoi ? Vraiment…

Tu sais, au hockey, on ne passe pas notre temps à parler des bâtons ou des risques de blessures, un peu comme pour le condom et les I.T.S.  On le sait déjà et c’est pour ça que je t’en ai mis une boîte dans ton tiroir, sans rien dire. Toutefois, ce qui crée la plus belle chimie dans une équipe, la plus valorisante des victoires et la plus grande des satisfactions, c’est le temps qu’on prend à connaître ses partenaires, les revers, et aussi les étapes qu’on franchit une à une, ensemble. Immanquablement, les équipes qui font ça sont celles qui scorent ! C’est la même game avec ta blonde…

Si on se souvient encore aujourd’hui de Jean Béliveau comme étant l’homme le plus respecté de l’histoire du hockey, c’est parce qu’il considérait ses partenaires, il prenait le temps de lire le jeu, et cela lui a permis d’être le meilleur compteur de son époque.

Et toi mon gars ? Quand tu reverras ces filles dans dix ou vingt ans, voudras-tu qu’elles se souviennent de toi comme le « mangeux de puck » ou comme le joueur de hockey le plus class de tous les temps ?

Sophie Barnabé

Promets-toi de t’aimer en premier… Texte : Sophie Barnabé

Ma fille, t’as l’droit d’avoir peur quand t’écoutes les nou

Ma fille, t’as l’droit d’avoir peur quand t’écoutes les nouvelles… parce que c’est vrai que c’est souvent épeurant. On frissonne chaque fois qu’on entend des mots définissant trop de maux qui n’ont malheureusement rien de nouveau. Les mots marquants prononcés trop souvent : abus, violence, féminicide… Des amours qui ont mal viré, des souffrances jamais avouées, une détresse insoupçonnée. J’aimerais savoir exactement quoi t’dire pour t’éviter de tomber dans les bras d’un homme qui aime mal. J’me sens parfois dépassée et maladroite pour t’en jaser… Je remercie le ciel. Ça ne m’est jamais arrivé.

J’imagine que pour en arriver là, c’est souvent sournois… Tranquillement, il y a des rires jaunes, des petites insultes ici et là, puis un « pardonne-moi »… Du mépris écrasant, des cris à 2 pouces du nez, une main trop serrée sur un bras menacé, puis un « je t’aime tellement ». T’sais ma fille, l’amour qui t’rabaisse, l’amour qui t’fait mal, l’amour qui te draine, l’amour qui t’culpabilise, c’est pas d’l’amour ça, ma fille. J’te jure, c’est pas ça l’amour.

On manque de doigts pour compter les féminicides des quatre derniers mois. Dix, crisse ! Le même nombre qu’on compte normalement trop de fois en une année. Ça me serre en dedans en pensant à tout ce qui peut se passer derrière les portes closes et qu’on n’entend pas aux nouvelles.

Mais quand on aime, c’est tellement fort ! Quand il décide qu’il t’emprisonne, il est tellement fort… On te sensibilise, on te crie tes droits, mais au-delà des paroles, on l’sait toutes que l’amour enivre, l’amour rend aveugle. J’ai envie de t’dire : « Ouvre les yeux avant qu’ils n’aient le réflexe de se fermer devant le poing que tu penseras mérité ».

Je regarde ce qui te valorise, les modèles que tu admires, ce qui te fait rire, les rêves auxquels tu aspires… Entre ma coolitude et ma bienveillance, je ne sais parfois plus quoi penser. Entre ce qu’on te dit et ce qu’on te montre, il y a un monde… J’ai peur que la pression sociale et les messages que ta génération t’envoie t’aspirent comme une vague de fond. Quand on parle d’amour, de couple et de respect, c’est censé être beau, c’est censé te gonfler le cœur et te décrocher un sourire. Pourtant, on te dit quelque chose, mais on t’en présente une autre. J’te comprendrais si t’étais mélangée…

T’es de cette génération où les meilleures danseuses sur TikTok sont celles qui se penchent par en avant, les fesses dans les airs et qui zignent comme le fait ton chien. Quand ce sont elles, tu trouves ça bien, mais quand c’est ton chien, tu interviens. T’es de cette génération où le bestial semble normal et où la pudeur est synonyme d’ennui. Rappelle-toi qu’une relation saine est consentante. Ma fille, promets-toi de dire non quand t’as envie de te fermer les yeux parce que ce que tu fais juste pour lui plaire ne te rend pas fière…

T’es de cette génération qui envoie des photos explicites à des gars qui les montrent allègrement à leurs chums qui s’excitent. Comme si la notion d’intimité s’était évaporée. C’est pourtant tellement beau cette complicité… T’es de cette génération exposée à tant de vulgarités qu’elles en deviennent des banalités. Ces « c’est pas grave » et ces « y’a rien là » imprégnés comme l’encre d’un tatouage dans ton cerveau se traduiront comment dans ta maison une fois la porte fermée ? Rappelle-toi qu’une relation saine est riche de moments complices. Ma fille, promets-toi de ne pas tout partager ce qui est normalement réservé à l’amoureuse intimité !

Tu es de cette génération qui absorbe des infos et des images à la chaîne, sans rien remettre en question. Ta vie défile à vitesse grand V, un rythme qui t’empêche de te déposer. Tu suis la parade parce qu’elle te dicte ce que tu crois être la normalité. T’as beau te faire répéter combien l’amour c’est fort, combien les caresses sont douces, combien le respect est primordial, mais j’avoue que quand tu m’entends rire avec mes copines en disant qu’on rêve toutes d’un Christian Grey, ça s’peut que, faute de discernement, tu penses que c’est le modèle de relation convoité… Mea Culpa… Rappelle-toi qu’une relation saine est stimulante. Jamais contrôlante. Ma fille, promets-toi de te questionner quand tu sentiras ta liberté emprisonnée !

Tu es de cette génération pour qui l’image parfaite est plus importante que la souffrance que tu pourrais garder secrète. Quand je regarde les réseaux sociaux, tout le monde y met de belles photos… Y’a pas une femme qui s’affichera avec des doigts tracés sur ses bras. La fille qui s’est fait crier qu’elle était une ostie d’conne ou une salope par son chum n’en parlera pas sur le bord d’la machine à café. Elle passera pourtant ses moments de silence à se demander ce qu’elle a fait pour le provoquer… Ma fille, promets-toi de te confier quand t’auras envie de mentir pour embellir ta vie par peur que ça empire.

Ma fille, t’es à l’âge où tu rêves d’avoir un chum comme si sans ça, t’étais rien… T’es à l’âge où t’es prête à tout pour te faire aimer, où t’es prête à tout pour ne pas être rejetée… T’es à l’âge où tu passes des heures devant le miroir pour plaire plus aux autres qu’à toi… Rappelle-toi qu’une relation saine, ma fille, ça part de l’amour que tu as en premier pour toi.

Sophie Barnabé

Toi, ce poison insidieux – Texte : Annick Gosselin

Il m’aura fallu des années pour comprendre ce qui m’arrivait. J

Il m’aura fallu des années pour comprendre ce qui m’arrivait. Jamais je ne me serais doutée que j’en serais victime. Pendant si longtemps, j’ai cru à tort que je n’étais pas tolérante, que j’avais mauvais caractère et que c’est ce qui faisait en sorte que je me sentais constamment en colère contre toi.

Chaque fois que tu buvais, c’était le même manège. Tu te transformais en un vrai monstre.  Les insultes et les remarques destructrices étaient régulières, tu prenais même plaisir à me ridiculiser devant tes amis, comme si ça te donnait un super pouvoir.

Mais le jour où tu as commencé à avoir ce comportement avec nos enfants, que tu les rabaissais et les dénigrais, j’ai su que c’était inacceptable et je suis devenue une vraie lionne pour les protéger de toi. Malgré tout, j’ai supporté tes insultes encore et encore, en espérant que tu allais changer et que j’arriverais à sauver notre famille. Même si au fond, je savais que cela n’arriverait pas. Trop de colère et de méchanceté t’habitaient.

C’est mon entourage qui m’a fait comprendre quel manipulateur tu étais et que toutes ces années, j’avais été victime de violence psychologique de ta part.

La révélation a été un choc. Comment MOI, j’ai pu être aveugle à ce point? Comment j’ai pu en arriver à accepter de vivre cela? Néanmoins, je devais continuer pour nos enfants et surtout ne pas te laisser gagner, malgré le fait que j’étais pas mal abimée psychologiquement, je devais me reconstruire.

Je pensais bien qu’avec la séparation, le pouvoir que tu avais de me faire du mal cesserait enfin, mais je me suis grandement trompée. Tu te servais de ce que j’avais de plus précieux pour me faire mal, nos enfants. Je devais toujours tout accepter, car sinon, c’est sur eux que ton venin retombait. Et comme je ne voulais pas qu’ils souffrent, j’acceptais tout en me fermant et en encaissant, encore et encore.

Ça a été long pour que j’aie le courage de te faire face, que j’arrête d’accepter l’inacceptable.  Et un jour, j’ai trouvé la force. Certes, j’étais fière d’avoir tenu mon bout et de m’être respectée. Mais chaque combat que je te livrais me laissait dans un état de colère et de détresse psychologique incroyable, car tes attaques étaient profondes. Il me fallait, chaque fois, quelques jours pour m’en remettre.

Nos enfants ont grandi, ils sont devenus adultes. Mais comme nos obligations subsistent tant que les études ne sont pas finies, c’est long, très long avant de ne plus t’avoir dans ma vie. J’ai dû constamment supporter tes excès de colère et tes attaques gratuites quand tu ne voulais pas t’impliquer ou payer une facture. La discussion avec toi est impossible. Confrontation et attaques, c’est tout ce que tu connais.

Évidemment, c’est toujours quand je m’y attends le moins que tu frappes le plus fort. Me libérer de ton emprise m’aura pris de nombreuses années, mais maintenant c’est fini. Je prends la décision de me respecter en me libérant de ta présence toxique dans ma vie.

J’ai dû en venir à te bloquer comme contact dans mes courriels, mes SMS et sur les réseaux sociaux. Cette violence psychologique, même ponctuelle, fait mal et est inacceptable. La semaine dernière, c’est la dernière fois de ta vie que tu me traitais de connasse.

Annick Gosselin

Tu m’aimes-tu ? Texte : Kim Boisvert

« Tu m’aimes-tu ? »

C

« Tu m’aimes-tu ? »

Ces mots-là, je les ai dits plus souvent qu’autrement. Je les ai lancés dans le vide en espérant que mon homme ou n’importe qui les attrape. Sauf le voisin, qui passe probablement la majorité de ses soirées à écouter du porno. Là, je ne voudrais pas de réponse. Ça va aller. Prends ton KY pis tes kleenex, j’vais prendre mon insécurité pis ma fierté et rentrer.

Roger, mon manupuncteur, aurait dit que c’est égoïste de décider des sentiments des autres. C’est ben vrai. Alors je valide, trop souvent.

Ces quelques lettres forment une question plutôt banale qui ne veut rien dire d’autre que : « Tu m’aimes-tu ? »

Parce que non, ce n’est pas la même question si on dit :

  • Est-ce que tu m’aimes (est-ce que je suis la seule ici à compléter par…  Est-ce que tu m’aimes encore… Céline Dion, non ? Ok.)

Ou

  • Tu m’aimes-TU ?

C’est complètement différent. Ça donne l’attention à l’autre, le questionne deux fois, avec une belle faute de syntaxe. Mais c’est simple. On veut juste savoir si à cette minute-là, on est aimée. Parce qu’à cette minute-là, on s’aime pas assez soi-même.

Ça prouve deux fois plus l’insistance et le besoin d’une réponse. « Tu m’aimes-tu », on demande ça pour se réconforter, parce que ça fait longtemps qu’on n’a pas entendu la réponse ou simplement pour se surprendre. Parce qu’au moment où on dit ces mots, parfois, on est certain du contraire. Quand on le demande, c’est un peu comme si on cherchait Edgard, le toutou en peluche qui sauve tout. C’est comme si on prenait un doudou très fort dans nos bras et que ce petit bout de polyester ou de fibre de bambou venait nous calmer.

« Tu m’aimes-tu », c’est un signe clair de manque de confiance en soi ou de besoin d’attention. C’est une demande banale qui cache un grand inconfort. Le simple : ben oui mon amour, nous remet dans un état un peu second : oh ! il a dit BEN oui, comme si c’était obligé, c’est peut-être pour cacher que non. J’tellement fille. Dites pas que vous n’avez jamais fait ça, je ne vous croirais pas. Mais souvent ce ben oui est accompagné d’un flattage de cuisse, d’un colleux ou d’un : viens donc ici avec un bec déposé sur le front. Ce dernier est mon préféré. Ben oui, viens donc ici, avec les bras ouverts, prêts à nous accueillir, moi pis mon incertitude momentanée.

« Tu m’aimes-tu » n’est pas tant quand on questionne notre couple que quand on se questionne soi-même. Si je m’aime assez ? Probablement pas. Sinon beaucoup de comportements malsains ne feraient plus partie de ma vie. J’ai donc besoin de l’entendre d’une bouche, souvent de celle qui a le plus d’importance, après moi-même et les deux mini moi. C’est triste de poser cette question, mais si on peut la demander, c’est qu’on n’est pas seul.

Kim Boisvert

Ce texte va parler de sexe.

Ce texte va parler de sexe. Appelons un chat,

Ce texte va parler de sexe. Appelons un chat, un chat. Si le sujet te rend mal à l’aise, je te suggère chaudement d’arrêter de lire.

Moi mon chum, je l’ai rencontré quand j’étais adolescente… Nous étions jeunes, inexpérimentés et vraiment maladroits… Mais le sexe, c’est comme un bon vin, ça devient encore meilleur en vieillissant. Ça fait qu’après presque vingt ans en couple, c’est encore meilleur que jamais. Bon, dernier avertissement, si ça te choque, arrête de lire maintenant.

J’entends parler de tellement de couples qui ne prennent plus le temps… Le temps de se caresser, de sortir de la routine, le temps de se retrouver… C’est encore ça la clé : prendre le temps. Prendre le temps de se parler avant, d’écouter, de se vider la tête, de décompresser, de relaxer. J’ai besoin de parler de ma journée, de ce qui me trotte en tête, avant de pouvoir m’abandonner à l’autre. Il est hors de question que je fasse l’amour en pensant à autre chose…

Évidemment, nous aussi, en tant que parents de plusieurs enfants, ça nous arrive d’être trop fatigués. Épuisés. Vidés d’énergie. Mais on le sait qu’on tombe de fatigue dès 20 h… Ça fait qu’on ne fera pas exprès de se donner rendez-vous en soirée ! Oui, je dis « se donner rendez-vous ». Parce qu’avec les années, c’est certain que la spontanéité doit se planifier. Avant d’avoir des enfants, tu peux faire l’amour sur ton comptoir de cuisine en faisant le souper. Avec des enfants, on s’entend tous pour dire que ce n’est plus possible. Pas de faire l’amour, là. Mais de le faire où tu veux, quand tu veux. Le comptoir de cuisine, c’est plus quand les enfants dorment chez Mamie disons… Mais ! Il te reste toutes les pièces fermées… Alors si c’est le comptoir qui t’allume, il te reste celui de la salle de bain… et la sécheuse… et l’établi dans le garage…

Avec les années, on a appris aussi à profiter des petites occasions. Quand on se réveille avant les enfants… Quand on finit notre journée de travail plus tôt que prévu… Quand nos heures de lunch tombent en même temps… Quand on vient de rendormir le bébé la nuit et qu’on n’arrive plus à se rendormir… Non mais, autant en profiter !

Et avec les années, on a appris à se découvrir soi-même, mais aussi à connaître l’autre par cœur. Donc les ados maladroits ont cédé la place aux adultes nettement plus habiles. Il sait très bien comment me faire jouir. Je sais comment l’empêcher de jouir. Il peut décider du moment où on jouira tous les deux. Et de celui où on recommencera. C’est choquant, hein ?

Parfois, on se répète qu’on n’est pas normaux. La société a tellement fait croire aux parents qu’ils n’auraient plus de vie sexuelle. Dans les films, les parents ont l’air de robots qui s’occupent de leurs enfants sans se soucier de leurs propres besoins. La vie, ce n’est pas ça. Et on n’est pas des robots. J’ai besoin de sa chaleur. J’ai besoin de lui. J’ai besoin de nous.

Est-ce qu’on a eu des creux dans notre vie sexuelle ? Évidemment. En vingt ans, on n’a pas été de chauds lapins chaque jour. Je dirais qu’il y a eu des cycles de temps où on tombait plus facilement dans la routine, dans le prévisible et le répétitif. Mais, la plupart du temps, on arrive encore à prendre le temps. Le temps d’être ensemble, de ne faire qu’un. Et je dirais qu’on a une maudite bonne moyenne au bâton…

Je dirais qu’un autre de nos meilleurs trucs, c’est de savoir encore rire ensemble. Rire de nos niaiseries, rire de nous-mêmes, rire de nos maladresses, rire de nos essais manqués. Même rire de nos engueulades, après coup.

Je pense qu’avec les années, c’est devenu beaucoup plus facile aussi de différencier « faire l’amour » et « baiser ». Parce que parfois, j’ai besoin de mon homme, mon homme à moi. J’ai besoin de me blottir contre lui, besoin de sentir qu’il m’aime. Besoin de ne faire qu’un, de s’unir. Besoin de sentir nos âmes se mélanger. Et d’autres fois, c’est un besoin beaucoup plus physique, animal. Un besoin de sentir le désir monter. Un besoin beaucoup moins catholique et définitivement plus bestial. Un besoin de grogner. Un besoin de se laisser aller. Et je pense que ces deux besoins-là sont tout aussi légitimes, complémentaires même.

Bref, ça fait vingt ans que je l’aime, que je le désire et que je profite de nous. Mon homme, mon pilier, mon loup… Et j’espère pouvoir dire dans vingt ans qu’on se désire toujours autant et qu’on arrive encore à se faire jouir l’un et l’autre comme si on avait été façonnés du même arbre.

Eva Staire

 

Faire couvertes à part

Faire couvertes à part

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Faire couvertes à part

 

Je m’étais préparée à bien des changements en devenant parent. J’imaginais avoir moins de temps pour moi, devoir courir partout tout le temps et j’en passe. S’il y a bien une chose que la maternité m’a confirmée, c’est que ça ne sert à rien d’anticiper ce qui s’en vient, la vie nous surprend toujours ! Mon dernier constat, après 4 ans d’allaitement de jour et de nuit et des centaines de nuits en cododo, je dois me rendre à l’évidence, mon mari et moi faisons couvertes à part !

 

Je ne l’avais pas vue venir celle-là !

 

Nous n’avons jamais fait chambre à part, mais les bébés sont restés dans notre lit pendant les premiers mois de leur vie. Question sécurité, c’était beaucoup plus simple de gérer chacun notre couverte. Mais voilà maintenant plusieurs mois que ce n’est plus le cas et pourtant, la semaine passée, je me suis aperçu que nous continuions de faire couvertes à part. J’en ai parlé à mon mari qui m’a confirmé son bonheur infini d’avoir une couverte juste pour lui qui le garde au chaud toute la nuit. Il paraît que je suis une voleuse de couvertes ! J’en doute, mais bon, pas le choix de constater l’étincelle dans ses yeux qui me confirme que dorénavant, nous nous collerons avant la nuit, puis nous regagnerons chacun nos couvertes.

 

Cette réalité me fait sourire. Je suis certaine que les parents ont plein de petites nouvelles habitudes créées par l’arrivée de bébé, mais qui se poursuivent par la suite. Des scénarios imprévus, des ajustements nécessaires qui, au final, nous rendent plus heureux.

 

 

En y repensant, je m’imaginais avoir plein de choses en moins avec la parentalité, mais je n’imaginais pas tout ce que j’allais avoir en plus. Plus d’amour, plus de rires, plus de sensibilité… et plus de couvertes !

 

Et vous ? Une nouvelle petite habitude qui s’est glissée dans votre vie de parents ?

 

Eva Staire

Toxicité

J’ai quitté une relation toxique. Aux yeux de tout le monde, nous

J’ai quitté une relation toxique. Aux yeux de tout le monde, nous étions le couple parfait. En public, on riait ensemble, on passait notre temps à s’obstiner, pour tout et pour rien. On avait une belle complicité, ça oui. Mais en privé, je vivais constamment de l’insécurité. L’alcool tuait notre couple à petit feu.

–         Si t’es pas contente, tu sais quoi faire. On a juste une vie à vivre pis moi j’ai du fun.

C’était sa réplique depuis plusieurs années. J’étais toujours stressée quand je le voyais prendre une bière parce que je savais qu’il n’arrêterait pas avant de toucher le sol. Il y a eu quelques épisodes d’agressivité au fil de ces années où on semblait vivre le bonheur aux yeux des autres. Des fois, il me réveillait pendant la nuit pour me menacer de me frapper. D’autres fois, il m’accotait dans le mur pour me menacer de m’arracher la tête en me disant que j’avais un sale caractère et qu’il n’était plus capable de m’endurer parce que c’était moi qui le rendais agressif et qu’à ce moment‑là, ce trop-plein devait sortir. Mais aux yeux des autres, on était le couple parfait. Personne n’a vu venir notre séparation, on était si « parfaits ».

Mais moi, de l’intérieur, je mourais à petit feu. J’avais toujours peur lorsqu’il levait le coude.

Bien sûr, je lui en avais parlé. Il me disait qu’il avait changé, que ça n’arriverait plus. En effet, quelques années ont passé sans violence mais ma crainte, elle, n’est jamais partie. Sa consommation d’alcool n’a jamais diminué par contre, au contraire. Et ma crainte augmentait sans cesse. Je me disais qu’un jour, ça finirait encore par éclater.

Lorsqu’il buvait trop, je feignais de dormir pour éviter de lui parler. Parce que selon lui, je provoquais toujours la chicane. De cette façon, je n’endurais plus ses excès d’alcool. Mais j’angoissais. Beaucoup. J’avais toujours peur qu’il essaie de me parler même si j’étais censée dormir et j’attendais. J’attendais qu’il finisse, lui, par s’endormir. Parfois, ça prenait presque la nuit au complet. Il était tenace. Il buvait beaucoup, même la semaine. Donc, j’attendais toujours qu’il s’endorme avant moi pour que je puisse finalement dormir… en paix. Avoir la paix, ça n’a pas de prix.

Des fois, avec à peine trois heures de sommeil, j’allais travailler. C’était comme ça plusieurs fois par semaine. Je n’en pouvais plus mais en public, je souriais.

–         Vous êtes tellement beaux ensemble ! Vous allez faire votre vie ensemble, c’est impossible que vous vous sépariez, vous êtes un modèle !
Je l’ai entendu souvent et à chaque fois, c’était un coup de couteau de plus dans le cœur. « Si seulement tu savais ».

Les mois passent, j’ai encore cette insécurité et pourtant, il n’est plus là. Est‑ce qu’il va venir cogner à ma porte, un soir, à cause de l’alcool ? J’ose espérer que non, mais c’est plus fort que moi, j’y repense souvent et j’en fais parfois des cauchemars.

Un jour, je retrouverai pleine confiance et je n’y penserai plus.

Eva Staire

 

N’hésitez pas à demander de l’aide

SOS violence conjugale  –  1 800 363-9010 (24/7)

Tu as le droit

Tu l’attends depuis que tu es toute petite. Tu as vu tous les film

Tu l’attends depuis que tu es toute petite. Tu as vu tous les films qui racontent l’histoire d’une princesse qui rencontre son prince charmant. Et, dans ta tête de petite fille, ça ne peut pas faire autrement que de se passer comme cela pour toi aussi. Toutes les princesses vivent ce conte de fées, alors pourquoi pas toi ? Vous savez, l’homme que tu rencontres par hasard, qui tombe amoureux fou de toi, qui demande à tes parents s’il peut te marier et avec lequel tu vas avoir trois beaux enfants. Jamais de dispute, jamais de mésentente, des enfants sages comme des images et des photos de famille parfaites. C’est ça que tu vois depuis que tu es toute petite. C’est ton idéal de vie, tu te bases sur cette fausse réalité pour construire tes rêves.

Et puis, tu grandis. Tu rencontres le premier homme avec qui tu commences une vie de couple. Tu te dis que c’est lui ton prince charmant. Il est censé être comme ceci et faire comme cela. Tu te rends vite compte que la vie à deux, ce n’est pas comme un conte de fées. Tu as des enfants et tu es toujours toute seule pour tout faire. Tu ne te sens pas soutenue, tu ne te sens pas aimée comme une princesse est censée l’être. Tu te sens seule.

L’amour que vous vous portiez au début est en train de disparaître tranquillement pas vite. La routine prend toute la place dans ton couple. Tu ne peux pas compter sur ton homme comme tu le voudrais. Qu’est‑ce que tu peux faire ? Personne ne t’avait avertie que ta relation de couple pourrait se dérouler comme cela. Alors vient la fameuse séparation. Et oui, tu seras une maman monoparentale. Une maman 2.0. Une super maman, une superwoman ! Dans quel film on la voit, cette maman‑là ?

Tu te mets sur le pilote automatique. Tu travailles, tu élèves tes enfants, tu fais le taxi pour les rendre heureux et tu t’oublies. Tu oublies qu’en plus d’être une maman et une professionnelle, tu es une femme. Une femme qui mérite d’être aimée à sa juste valeur et une femme qui a des besoins de femme ! Une femme qui rêve de vivre dans un conte de fées même si tu le sais que ça n’existe presque plus, ces histoires‑là ! Tu te mets à la chasse au prince charmant. Tu te rends bien compte que les princes se font rares au 21e siècle. Ils se sont plutôt transformés en rois de la jungle. Plus aucune règle n’existe entre les hommes et les femmes et le lion est devenu solitaire et macho.

Tu décides donc de te consacrer à ta vie de famille et tu te convaincs (hahaha) que tu es bien seule et que tu n’as besoin de personne dans ta vie pour te combler. Tu es capable de tout faire toute seule, même visser une tablette au mur tout en faisant une lasagne et une brassée de lavage. Tu te sens forte, tu te crois invincible. Tu combles tes besoins charnels ici et là et tout est bien comme cela. Mais, au fond de toi, tu le sais qu’il te manque quelque chose. Il te manque cette petite dose d’amour et d’affection qui fait battre ton cœur tellement fort que tu sens qu’il va exploser.

Et puis un jour, quand tu as accepté qui tu es et que tu as fait une croix sur ton passé, tu te sens prête à enlever cette carapace qui est si lourde sur tes épaules et à enfin ouvrir ton cœur. Et c’est à ce moment que tu le rencontres. Ton prince. Celui pour qui ton cœur bat si fort que les gens autour de toi l’entendent. Celui avec qui tu as envie de tout partager, celui que tu as envie de présenter à tes enfants, celui qui fait un avec toi.

Cette sensation que tu croyais morte est redevenue si intense que tu en as mal. Tu ne te reconnais plus. Tu as envie de partager tous tes moments avec lui, tu penses à lui sans arrêt, tu te surprends à faire déjà des projets à long terme. Mais qu’est‑ce qui se passe ? Est‑ce cela qu’on appelle l’amour, le vrai amour ? Celui où tu te sens acceptée comme tu es et celui où même les défauts de ton amoureux ne te dérangent pas. Tu te sens si bien ! C’est une émotion que tu avais si hâte de retrouver mais en même temps, elle te faisait si peur. Tu as si peur de t’abandonner, de te laisser aller, de t’ouvrir. Tu as peur qu’on te rejette encore, tu as peur de perdre le peu d’estime qu’il te reste. Tu as peur d’impliquer ta petite famille dans cette histoire dont tu ne connais pas la longévité.

Mais arrête de te bloquer comme ça. Avance, regarde en avant, écoute ton cœur. Qu’est‑ce qu’il te dit ton cœur quand tu le regardes ? Arrête d’écouter ta tête, tu l’as écoutée trop longtemps celle‑là. Quand c’est le bon, tu le sens dans tout ton corps. Ça te prend aux tripes. Ça t’en a pris du temps pour le trouver. Tu as été patiente. Mais il est là maintenant. Il est là pour prendre soin de toi et de ton petit cœur qui a été si souvent blessé. Accueille‑le, c’est le bon, c’est l’homme de ta vie. C’est ton loulou !

Karine Filiatrault

Savourer, respirer, le moment présent !

Toute jeune, en plein dans la fleur de l’adole

Toute jeune, en plein dans la fleur de l’adolescence, je suis tombée amoureuse du père de mes enfants. On est restés quasiment vingt ans ensemble. Quand on s’est séparés, j’ai rencontré mon copain des deux dernières années trois semaines seulement après la séparation. Si on fait le décompte, à l’endroit, à l’envers, la tête sur le côté… cela veut dire qu’à la mi-trentaine, je peux dire que j’ai été en couple pendant les deux tiers de ma vie ! J’ai vécu deux belles relations. Avec des hauts et des bas évidemment, mais somme toute, je n’ai pas été contrôlée et je n’étais pas malheureuse. Chacune de ces relations m’a apporté du bien.

Lorsque le père de mes enfants est parti, je suis devenue mère monoparentale avec trois enfants : un qui ne marchait pas, l’autre qui portait encore des couches et le dernier en deuxième année. Les deux années qui ont suivi ont été un tourbillon de découvertes. J’ai découvert qu’il fallait que j’élève mes enfants de mon côté, une semaine sur deux, seule. J’ai appris à faire le deuil, un jour à la fois, d’une vie de famille normale. J’ai appris à faire le deuil de la complicité que j’avais jadis avec le père de mes enfants. J’ai appris que je suis une femme, pleine de désir, de chaleur, de tendresse et de feu !

Deux ans après ce changement de vie, je me pose, tranquille, le cœur et le corps plein de ce tumulte. Je prends conscience que je veux et que je peux en profiter. La tête pleine, les bras pleins avec les enfants, la routine, la grande carrière, la quarantaine qui frappera à mes portes bientôt… Je constate que je veux toujours plus, j’aspire à plus et j’attends plus. Et cela m’empêche de vivre le moment présent, Mon moment présent.

Être content de ce qu’on a, de ce qu’on vit. Cela veut dire profiter, savourer, s’arrêter pour apprécier. Apprécier les petits moments, regarder ton enfant s’émerveiller d’une simple fleur sauvage, le regarder penser avec ses petits sourcils froncés et le coin de sa lèvre supérieure élevée. Si l’on est capable de profiter de ces petits moments délicieux, on est aussi capable de transférer ces moments de pures joies dans notre vie de femme.

Avec mon deuxième partenaire, j’ai appris à être une femme, une femme sensuellement confiante. 😊 Je me sens sexy, belle et radieuse. J’expérimente les joies et l’apport positif de l’énergie sexuelle ! Quand on est bien dans sa peau, quand on expérimente de multiples orgasmes, qu’on savoure notre vie de femme, seule ou en couple, cela nous redonne chaque jour, dans toutes les autres sphères de notre vie.

Bref, je n’apprends pas juste à profiter du moment présent dans ma vie de maman, mais aussi dans ma vie de femme. J’apprends à savourer chaque caresse, chaque toucher, chaque bouffée. Sentir les mains de mon partenaire me toucher, sentir son souffle sur ma peau, partant du cou, glisser sur mes omoplates, dans le creux de mon flanc, sur le haut de ma craque de fesses. Sentir sa langue me lécher furtivement les petites pommes du popotin, glisser le long de mes cuisses. Savourer, humer, apprécier. Sentir tous ses gestes, me sentir bouger !

Quand on prend le temps, le temps de vivre, sans penser à vouloir autre chose et si on se respecte, qu’on est capable de demander et que notre partenaire est capable de donner, on est capable de se satisfaire de chaque petite baise, de chaque petit moment passé à se caresser. On est capable d’apprécier une p’tite vite sur le bord du comptoir sans vouloir plus ni penser à la prochaine session de jeu.

Bref, j’apprends à VIVRE !

Roxy Ka