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Combat à finir homme vs femme : le lave-vaisselle

Je suis là, ébahie ; je le regarde. J’hésite entre lui lancer

Je suis là, ébahie ; je le regarde. J’hésite entre lui lancer ce qui reste de vaisselle ou rire. Ce rire de psychopathe. C’est drôle, je n’ai pas choisi une de ces options, j’ai seulement dit un : « Peux-tu me dire ce que tu fais? ». Et lui de me répondre calmement, sans même avoir remarqué ma voix haut perchée légèrement hystérique.

« Ben, je replace la vaisselle que tu as mise dans le lave-vaisselle, ce n’est pas de même que ça va. »

Je suis ébahie. J’avais déjà eu droit à plusieurs pseudo-conseils de sa part.

On commence toujours à remplir les verres par le fond. Heu non! Moi, je préfère les mettre au début du tiroir, on tire un peu dessus, on place le verre, on referme le panneau légèrement ouvert. Hop! Le travail est fait. De précieuses secondes économisées. Les assiettes dans ce sens, parce que dans l’autre sens, ça ne lave pas bien, paraît-il. Honnêtement, je n’ai jamais vu la différence. Les ustensiles la tête en haut, au moins là-dessus, on est d’accord. Le riz ne reste pas pris dans le panier.

Il y a le débat pour savoir si on rince ou non. Ma théorie : on rince quand prévoit ne pas remplir la machine au complet. Si nos vestiges de repas la remplissent, alors pas besoin de rincer. Sa théorie : on rince, voire, on lave, ensuite, on met dans le lave-vaisselle, peu importe la quantité de vaisselle à l’intérieur.

Mais là, le comble, il replace le tout à sa manière. Non mais, il se prend pour qui? Le Yoda de la vaisselle?! C’en est insultant, s’il avait l’intention de tout refaire, pourquoi m’avoir laissée faire? On s’en fout des deux verres qui n’ont pas eu leur place. Ils ne nous quitteront pas pour une autre famille pour autant. Ils auront leur tour au prochain lavage.

Mais mon classement supposément inefficace les a persécutés en les reléguant au prochain lavage. Mais quel drame!?

Là, j’entends les cling clang signifiant qu’il essaie de résoudre mon casse-tête chinois. Il y travaille avec une motivation inégalable. Moi, j’ai lâché prise, je suis passée à autre chose : les devoirs.

J’entends enfin la petite musique qui m’indique qu’il a enfin mis le lave-vaisselle en marche.

Je vais me chercher un verre d’eau, j’ai soif.

Les deux verres sont toujours en place au fond de l’évier…

Mélanie Paradis

 

Lettre à ma belle-mère

Bonjour, on se connaît à peine, mais je vais me permettre de te tu

Bonjour, on se connaît à peine, mais je vais me permettre de te tutoyer quand même. Je suis la femme qui est dans la vie de ton fils depuis cinq ans. Beau temps, mauvais temps, je suis à ses côtés. Je ne t’ai pourtant jamais rencontrée. J’ai longtemps pensé que c’était parce que ton fils, dans le fond, avait honte de moi. Tu as rencontré ses ex, mais moi, tu ne m’as pas rencontrée. Ce n’est que récemment que j’ai compris pourquoi : comme il me l’a toujours dit, il me protégeait de toi.

Nous travaillons tous les deux et nous n’avons pas beaucoup de temps à nous la semaine. Dès qu’il termine son travail, tu te hâtes de l’appeler dans la voiture pour qu’il te parle sur le chemin du retour, sans compter tes nombreux appels à son travail durant la journée. Une fois qu’il est arrivé à la maison, tu le textes sans cesse toute la soirée et parfois jusqu’à 1 h du matin! Il passe ses soirées sur son cellulaire à te parler. Tu te plains à ton fils que ton mari ne te donne pas d’attention, mais ce faisant, tu empêches ton fils de passer du temps avec sa femme.

Tu ne sembles pas être en mesure de fonctionner sans lui et pourtant, tu as d’autres enfants qui vivent encore sous ton toit. Tu le déranges, parce que oui, à ce stade, c’est du dérangement, pour un oui et pour un non. Tu veux savoir où trouver du papier de toilette en spécial? Regarde les circulaires, ou comme tu es à l’aise avec l’électronique, essaie l’application Reebee et Sale Whale pour trouver tes spéciaux! Tu l’accapares le weekend pour qu’il te conduise ici et là pour ton magasinage.

Quand il se fâche contre toi, soudainement, tu as des malaises et tu es transportée à l’hôpital. Lorsqu’il n’accourt pas à ton chevet, il reste encore une fois suspendu à son cellulaire pour avoir des nouvelles et il ne dort pas la nuit parce qu’il fait des pieds et des mains pour que tu obtiennes les meilleurs soins. Normal, tu es sa mère. Ton fils est complètement épuisé et il se rend malade pour toi, t’en rends-tu seulement compte?

Ton fils passe son temps à vouloir te plaire et te prouver ce qu’il vaut réellement. Tu es sa mère, il ne devrait pas à avoir à faire cela pour se sentir aimé de toi. Ton fils, dès la seconde où je l’ai rencontré, je l’ai aimé inconditionnellement et je ferai n’importe quoi pour lui. Tu sembles incapable de lui démontrer de l’amour autrement qu’en lui achetant des choses. Ce dont il a besoin, c’est d’une mère et non d’un guichet automatique! Joue ton rôle de mère auprès de ton fils tout comme je le fais avec mes propres enfants. Je t’imagine en train de jubiler parce que tu penses que, si notre relation échoue, ton fils te reviendra! Nous sommes plus forts que ça, je ne te laisserai pas faire.

Il y a quelques mois, j’ai finalement compris que ton fils me protégeait de toi. Tu dis que tu veux me rencontrer, me faire des cadeaux, m’amener en voyage uniquement dans le but de te rapprocher de moi pour mieux le manipuler pour qu’il fasse ce que toi, tu veux. Malheureusement pour toi, j’ai un coup d’avance sur cette partie d’échecs. Je te vois venir et je n’entre pas dans ton petit jeu. Je ne peux être achetée. L’amour que je porte à ton fils n’a pas de prix et tu ne viendras jamais briser cela.

En terminant, je veux te demander une chose : s’il te plaît, agit comme une mère. Arrête tes manigances et tes manipulations. Arrête de te fier à lui pour tout. Il est ton enfant et tu es le parent et non l’inverse. Ce n’est pas de son ressort de tout régler ce qui ne va pas dans votre famille. De grâce, laisse‑le respirer et laisse‑nous respirer un peu.

Eva Staire

Comment je suis tombée en amour

Je peux encore voir, comme si c’était hier, le sourcil sceptique

Je peux encore voir, comme si c’était hier, le sourcil sceptique de mon coloc se relever: « Tu t’en vas à un blind date habillée comme ça? » Entendre en écho ma réponse frondeuse: « C’est PAS un blind date! ». Et la suite, marmonnée juste pour moi: « C’est une sortie avec des amis… qui souhaitent me présenter quelqu’un. »

Je t’ai choisi, ce fameux soir-là, et je ne l’ai jamais regretté. J’ai craqué pour l’intelligence dans ta conversation et la maturité dans tes émotions. Tu rayonnais d’une présence authentique. Je me sentais bien en ta compagnie. Je me suis laissée plonger dans tes yeux bleus et envoûter par ton accent acadien.

Il y a le moi d’avant notre rencontre. Et il y a le moi d’après. Bizarrement, le moi d’après est encore plus moi que celui d’avant. Pourquoi? Parce que tu m’offres un espace privilégié pour m’épanouir. Tu me jardines. Je pousse sous ton écoute, je grandis dans ton acceptation. C’est viscéral, j’ai ce besoin d’être entendue pour exister. Quand je te raconte ma journée… ce que j’ai ressenti, ce que j’ai pensé… et que je lis l’amour dans tes yeux… j’existe toute entière.

Avec toi, je trouve ma voix et ça me permet de trouver ma voie. Tu m’encourages à sortir des dogmes, à explorer et suivre ma propre route. Et tu m’offres la chance de faire la même chose pour toi. Tu me fais confiance.

Évidemment, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Un couple, des fois, débarque de son petit chemin bien tracé. J’ai vécu sur un volcan avec toi. On a frappé quelques bosses. Les enfants nous ont fait vivre des choses qu’on n’aurait jamais imaginées… Les petites roulettes de nos valises, bien huilées, bien alignées… oui, elles ont grincé. Mais elles n’ont jamais déraillé.

Tu es l’homme de ma vie parce que tu es un partenaire solide et que je peux compter sur toi. Tu ne te limites pas aux belles paroles. Quand je m’arrête pour me demander si je suis sur mon X, si ma vie a du sens… je réalise à quel point je suis comblée et heureuse.

Un ami italien nous a surnommé: famiglia solare e allegra (famille lumineuse et joyeuse). C’est tout ce que je peux souhaiter pour nos enfants plus tard. Une aussi belle histoire. Trouver une personne avec qui ils pourront rire et avoir autant de plaisir.

Comment je suis tombée en amour? Quand tu es entré dans ma vie avec ton orchestre et que j’ai réalisé que je ne faisais que danser sans musique avant toi.

Elizabeth Gobeil Tremblay

Le retour des papillons

Pour faire une histoire courte, je suis maman monoparentale depuis p

Pour faire une histoire courte, je suis maman monoparentale depuis plus de quatre ans. J’ai la garde complète de mes deux trésors. 365 jours par année. Je travaille à temps plein. Pas besoin de vous dire que se donner la chance de tomber amoureuse, ce n’est pas le mandat le plus évident quand ton temps libre commence à 20 h le soir quand les enfants sont couchés (encore faut-il qu’ils s’endorment à 20 h!).

La relation avec le père de mes enfants fut ce que j’appellerais un véritable poison pour l’âme. Le genre de relation qui te ramène une estime personnelle au bas de l’échelle. Après ma sortie de prison séparation, je m’étais dit que plus jamais je n’allais me réinvestir émotivement. C’est si simple, la solitude! Sauf que c’est si triste aussi… à la longue. En quatre ans, j’en ai donc eu des dates, mais ce n’était jamais vraiment ce que je cherchais (est-ce que je savais vraiment ce que je cherchais?). C’est épeurant, terrifiant même, de songer à inclure quelqu’un de nouveau dans la petite vie que tu t’es bâtie avec tes enfants, parmi les milliers de morceaux que tu essaies de recoller ensemble, malgré tes responsabilités de mère à boute monoparentale.

Ces quatre années de célibat m’ont cependant permis de rencontrer la véritable personne que je devais rencontrer avant de faire une place à qui que ce soit d’autre, c’est-à-dire la vraie moi. Pour la première fois de ma vie, j’ai pris le temps d’apprendre à la connaître, à la respecter, mais par-dessus tout, j’ai appris à l’aimer. Un ami m’avait un jour dit que lorsque nous sommes réellement prêts, la vie se charge de nous envoyer la bonne personne. Jamais je n’aurais pensé dire que dans mon cas, il avait raison, ce cher ami.

Tu es arrivé dans ma vie comme si quelqu’un avait secoué une baguette magique au-dessus de ma tête. Je t’ai tout de suite trouvé drôle, charmant, dévoué et presque naïf de vouloir t’embarquer là-dedans avec moi! Tu n’as pas d’enfants, mais tu ne m’as pas montré une seule seconde que ça te faisait peur. Tu as chassé chacune de mes insécurités comme si tu lisais dans mes pensées. À ma grande surprise, je t’ai inclus dans notre petite vie à trois, tout naturellement, comme si tu étais le pion manquant dans nos vies. Les papillons dans mon ventre ont repris vie, un à la fois, et contre toute attente, j’ai dû admettre que j’étais de nouveau amoureuse.

Prenez soin de vous les mamans, soyez vraies, soyez patientes et AIMEZ-VOUS! La vie se chargera du reste.

Stéphanie Provost

 

Je t’aime, je t’apprécie et je suis en amour avec toi

C’est la plus belle phrase que mon amoureux puisse me chuchoter. P

C’est la plus belle phrase que mon amoureux puisse me chuchoter. Pas besoin d’explication, je comprends ce qu’il veut me dire. Et après quinze ans de vie commune, ces mots rendent notre relation encore plus spéciale. Je le sais parce que je ressens la même chose.

Moi aussi, je t’aime mon amour parce qu’il y a des gens que j’apprécie, mais avec lesquels je garderai toujours une relation superficielle. Alors que mon amour pour toi est profond et entier.

Je t’apprécie parce qu’il y a des gens que j’aime, mais qui me font souffrir. Le genre de personnes que j’aime malgré, trop ou mal. Je les aime, mais je ne les apprécie pas tant que ça finalement. Ce qui n’est pas le cas pour nous deux, heureusement.

Et puis, il y a ce sentiment amoureux, plus précieux encore. J’ai bien peu de contrôle sur lui, je ne le tiens pas pour acquis. Il arrive qu’il s’évanouisse pour certains couples et qu’il dure pour d’autres, d’une façon presque mystique. On pourrait encore s’aimer et s’apprécier, sans arriver à se dire : Je trippe sur toi! Et ça, ce serait vraiment triste…

Merci de prendre le temps de me dire régulièrement que tu m’aimes, que tu m’apprécies et que tu es toujours en amour avec moi. Tu me fais du bien et tu me donnes envie de te relancer avec mon : Je t’admire, le sentiment que tu m’inspires depuis notre première rencontre.

Elizabeth Gobeil Tremblay

Mamaaaan! Toi et papa, faites-vous encore l’amour?

Hier soir, je relaxais paisiblement dans mon lit. Mon chum est venu

Hier soir, je relaxais paisiblement dans mon lit. Mon chum est venu me rejoindre. Pour une fois, nous pouvions discuter tranquillement, sans trop d’interruptions de la part de nos trois filles. Nous profitions vraiment du moment, nous étions habillés…

Je ne comprends pas pourquoi, lorsque notre plus vieille est entrée dans la chambre, elle a figé et a poussé cette question sur un ton suraigu : « Maman! Toi et papa, faites-vous encore l’amour? »

« Oui ma grande, c’est normal pour un couple d’amoureux de faire l’amour. »

« Ok! Ça veut dire qu’on va avoir un petit frère ou une petite sœur. »

« Heu non! »

« Ben pourquoi vous le faites, d’abord? »

C’est à ce moment que j’ai vu non pas ma vie défiler, mais bien la sienne. Du moment où je l’ai tenue dans mes bras pour la première fois, jusqu’à ce moment exact où, plantée devant nous, les yeux grands ouverts, elle attendait ma réponse.

J’avais un petit sentiment de panique au creux du ventre. Je me demandais honnêtement ce que je pouvais répondre à une petite fille de neuf ans.

Mon cerveau réfléchissait à un rythme fou. Toutes les réponses possibles se présentaient à moi. Presque comme un choix de réponse, qui nous faisait paniquer dans un examen au secondaire, car toutes les réponses semblaient possibles. Et en plus, il y avait dans ces choix « Toutes ses réponses » et « Aucune de ses réponses ».

Je voyais dans les yeux de mon chum la panique. Je ne pouvais donc pas compter sur lui. Il semblait muet et tout son non-verbal me suppliait de répondre.

C’est là que mon cerveau a choisi la plus poche des réponses dans toutes celles qui s’offraient à lui.

« Parce que c’est le fun! ».

Ma fille m’a regardée, stupéfaite.

« HAAAA ! Dégueux, je ne veux pas en savoir plus! »

Le soulagement m’a envahie tel un tsunami. Cependant, j’ai réalisé que je n’étais pas du tout prête à répondre à ce genre de questions. J’ai aussi compris avec angoisse que ma fille grandissait.

Grandissait trop vite pour mon cœur de maman…

Mélanie Paradis

 

Le chum inutile

Le célibat permet de se questionner sur ce qu’on cherche chez un

Le célibat permet de se questionner sur ce qu’on cherche chez un partenaire de vie éventuel. Une de mes conclusions, c’est que je ne veux pas d’un chum utile.

Non, je ne veux pas d’un amoureux dont j’ai besoin. Je ne veux pas d’un homme qui répare l’évier de la cuisine ou qui est assez fort pour transporter un meuble d’une pièce à l’autre. S’il le fait, tant mieux, mais ce n’est pas un prérequis. Et si je dis ça, ce n’est pas pour paraître indépendante. Je suis féministe, mais pas la féministe qui crie haut et fort « Pas besoin des hommes! ». Je peux réparer l’évier toute seule comme une grande fille ou engager un plombier (ou une plombière!) pour le faire.

Je ne veux pas que l’homme à qui je ferai une place dans mon cœur et dans ma vie comble un vide. Ce n’est pas un bouche-trou que je veux, c’est un amoureux! Bien sûr, il m’arrive de me sentir seule dans mon lit ou dans ma vie. Bien sûr, j’aimerais partager des rires et des câlins avec un adulte, pas juste avec mes enfants. Mais je ne veux pas que cette personne arrive dans ma vie parce qu’il me manque quelque chose. Je veux l’y inviter parce qu’il me manque quelqu’un, et pas n’importe qui. Je veux que ce soit LA personne qui me fait du bien et à qui je fais du bien, tout simplement.

Je ne veux pas d’un homme qui me rend heureuse. Je veux qu’il me rende encore plus heureuse que je le suis, et je veux faire partie de l’équation de son bonheur.

Je ne veux pas d’un homme compte-en-banque. Je ne cherche pas un partenaire de vie pour régler des dettes de famille monoparentale ou pour équilibrer le budget. Je ne cherche pas non plus quelqu’un qui facilitera les sorties en famille ou la routine quotidienne. L’équation sera peut-être plus balancée avec deux adultes et quatre enfants (ou plus : une famille recomposée est si vite arrivée!). La paire de bras qu’il offrira ne servira pas à contenir l’énervement des enfants, mais à me serrer fort. La journée où je présenterai un homme à mes enfants, je vais leur présenter mon amoureux, pas leur beau-père.

Je ne veux pas d’un homme sauveur qui répare mon cœur et ma confiance en moi. Ce travail-là, je tiens à le faire en amont d’une relation, avec mes outils et mes amis, avec ma famille, avec le temps. Il y aura encore du chemin à faire, l’humain étant un work in progress. Mais je refuse de confier à une personne la tâche de patcher les trous laissés par une autre relation.

Je ne veux même pas d’hommes-transitions, d’hommes-en-attendant. Ça ne veut pas dire que l’amoureux qui élira domicile dans mon quotidien sera l’élu à la vie à la mort, seul l’avenir le dira. Mais je ne veux pas d’hommes dont l’utilité serait de me calmer les hormones ou de me faire passer le temps en attendant le vrai. Je veux que l’homme pour qui j’accepterai de me montrer vulnérable et de baisser ma garde me donne le désir très fort que ce soit le vrai.

Qu’est-ce que je veux, alors? J’aimerais un homme qui m’aime et que j’aime. Un être qui est et avec qui j’ai le goût d’être. D’être présente, d’être moi-même. D’être avec lui. J’aimerais un homme avec qui je suis en relation par choix et non par obligation.

Nathalie Courcy

 

Je suis tannée d’être forte

Je n’y arrive tout simplement plus. Ça fait dix ans que je tire l

Je n’y arrive tout simplement plus. Ça fait dix ans que je tire le navire à bout de bras. On me trouvait donc bonne, on me trouvait donc forte. J’ai élevé trois enfants pratiquement seule. Parfois couchée en petite boule à pleurer toutes les larmes de mon corps parce que j’ai trouvé ça dur.

La vie m’a envoyé des messages clairs en me disant que je devais me choisir. D’arrêter de pagayer seule et de demander de l’aide. Puis un jour, quelqu’un l’a fait pour moi. J’avais un rendez-vous avec mon médecin. Je n’ai pas eu besoin de parler et j’ai craqué.

Prescription en main, je suis ressortie. J’ai arrêté de travailler deux ans. Deux ans à tenter de remonter une pente déjà trop abrupte. Jamais je n’aurais cru un jour ne plus être capable de me lever le matin pour mes propres enfants. Je ne pouvais plus subvenir à leurs besoins. La réalité me rattrapait avec la pire des gifles que j’aurais pu recevoir. Je me suis promis, plus jamais. Plus jamais je ne voulais retomber aussi bas. Pour moi avant tout et pour mes enfants.

Je sais exactement ce que je ne veux plus dans ma vie. Je sais ce qui gruge mon énergie et ce qui pourrait me ramener à ma période sombre. Je le sais que je suis toujours tout près. Malheureusement. Mais on me dit de continuer, que ça va passer. On juge mes décisions, on me remet toujours en doute. Pourtant, je le sais ce que je vaux. Autant que je le sais, autant que je n’arrive pas à faire le saut. Ma relation m’empoisonne. Je suis devenue agressive envers lui. De la patience, je n’en ai plus. J’en ai eu pendant ses dix ans d’alcoolémie. Maintenant qu’il est sobre, qu’il est devenu celui que j’ai toujours rêvé qu’il soit, je n’en veux plus. Je lui en veux. Il n’a pas été là, jamais.

Il faudrait que je sois compréhensive et que je laisse le passé derrière. Parce que toutes les blessures que j’ai eues ne devraient plus me hanter. Parce qu’une relation, c’est au présent. On s’imagine un futur. Parce qu’aujourd’hui, on jette la serviette rapidement. On dirait que je n’ai pas envie de faire partie de ces statistiques-là. Parce que oui, j’y ai cru. Mais plus maintenant. Je suis brisée. Je ne me reconnais plus. J’ai l’impression que j’ai tout donné à mes enfants pendant dix ans et que maintenant, ils côtoient la pire partie que leur mère peut leur donner. De l’impatience et de la colère refoulée. À la limite, de la vengeance. Parce que oui, ça me fait chier de voir leur père revenir dans leur vie comme si de rien n’était. Parce que lui, même s’il n’est pas là souvent, il a le beau rôle.

Une maman fatiguée qui s’occupe de la maison, des lunchs, des activités, des anniversaires, des courses, etc., seule, c’est plate pour des enfants. Parce qu’avec papa, on ne va pas à l’épicerie. Parce qu’avec papa, on peut écouter un film collés. Parce que maman préfère dormir un vendredi à vingt heures quand monsieur est enfin là. Maman est plate.

Mais maman prend soin d’elle. Maman n’est plus capable d’être la mère, la femme, l’amante et la petite fille intérieure forte. Maman n’a plus envie d’être une femme, sa femme, ni une amante. Maman a juste envie de vous aimer et de profiter du temps avec vous. Je n’ai pas envie d’avoir de la rancune. D’avoir envie de crier chaque fois que j’entends sa voix. J’ai envie de vous offrir une famille saine et équilibrée, quitte à ce qu’elle soit éclatée. Éclatée mais en santé.

Eva Staire

Sabotage

Je suis partie de chez toi le cœur gros, samedi. Pas à cause de qu

Je suis partie de chez toi le cœur gros, samedi. Pas à cause de quelque chose que t’as dit. Pas à cause de quelque chose que t’as fait. Je suis partie de chez toi le cœur gros parce que pour la première fois depuis qu’on se connaît, j’ai pleinement réalisé que de t’avoir dans ma vie, ça me faisait du bien. Ça me faisait sourire. Ça me rendait heureuse.

Assise sur le divan, je te regardais t’agiter, danser, parler fort, et tout ce dont j’avais envie, c’était d’aller vers toi. Ce désir tout simple et sincère de vouloir m’approcher est devenu trop insécurisant parce que je ne savais pas s’il était partagé. J’arrivais pas à te lire.

Pendant que t’étais all-in dans ton moment présent, léger et sans questionnement, moi, j’me sentais complètement démunie. J’étais comme les chats paniqués qu’on voit dans les vidéos sur YouTube : le cœur qui bat la chamade pis les pattes qui spinent dans l’fond du bain. Vieille minoune, en mode panique dans mes deux pouces d’eau, j’hyperventilais pour plein de raisons extérieures à toi. J’te jure, j’ai essayé de me donner une swing pour me sortir du bain, mais j’étais incapable de bouger, incapable de faire quoi que ce soit. Je suis partie sans te dire pourquoi.

J’ai pris peur parce que c’est ce que je fais quand mon désir d’être avec quelqu’un grandit. Quand je sens que je m’ouvre, quand je me sens vulnérable, quand l’incertitude kick in, mes sutures prennent le bord. Je me protège, je me pousse.

Je m’en vais, je coupe les ponts, je me fais un faux reset et, la fois d’après, je choisis l’homme qui entre dans ma vie avec plus de raison. J’atterris dans du tiède ou du connu. Je trouve quelqu’un de poqué comme moi qui recherche l’amour sans le risque ; la vie à deux sans facteur de dangerosité.

Pour m’assurer de ne pas avoir mal, je me cherche un partenaire pour une entente convenue où on se dit à peine à mots couverts : « Si on gratte pas trop où ça me fait mal, on va pouvoir faire un bout ensemble. Toi pis moi, on va s’entendre ben comme’faut. Pas de flammèche, mais pu d’bobos. On va s’aimer juste un peu, mais pas trop. Ça t’tente-ti? Signe ici, moi je signe là. »

La beauté dans tout ça, c’est que l’entente va fonctionner. Un mois, six mois, deux ans. Jusqu’à ce que je croise un couple de vrais amoureux, jusqu’à ce que je réalise que c’est vraiment ça que je veux. Pas le partenaire parfait. Pas les vies parfaites. Pas le sexe instantanément parfait. Mais le désir sincère et parfait d’être entièrement avec quelqu’un. Le désir de m’abandonner, de réapprendre la confiance et le laisser-aller. Ce désir me fera sourire à nouveau et simultanément, la chamade va recommencer parce que le désir d’aimer vient aussi avec la peur de perdre. Pis là, j’vais encore être fourrée. Sauf que.

Y a pas vingt mille choix possibles en amour à ce qu’on dit. On continue de faire ce qu’on connaît : on essaie, on gaffe, on se protège, on arrête, on recommence, on se sabote ou on apprend. On vit avec l’inconfort. On avance. On se donne une vraie chance.

Si, comme dans les films d’amour, j’ai envie de me réveiller en pleine nuit avec un fou rire adolescent pour ensuite faire l’amour ; si j’ai envie de voyager à travers le monde à deux pour nous créer des souvenirs et des moments précieux, je suis aussi partante pour les matins de marde pis les chicanes connes du jeudi soir. Je suis clairement pas outillée pour gérer tout ça avec aisance et spontanéité, mais je suis prête à signer.

Pas de mariage, pas de vœux d’éternité, mais prête à réapprendre à me laisser aller. Prête à sortir de ma tête, à refaire entrer un rond dans mon carré. Je signe ici et, si ça te tente, toi, tu peux signer là. Je vais remplacer mon besoin de certitudes par un besoin de compréhension et de patience. Parce que j’ai besoin de temps pour me reseter. Parce que j’ai besoin de temps pour apprendre à connaître quelqu’un qui va accepter, des fois, de respirer pour nous deux quand mon air va bloquer à l’entrée. Quelqu’un qui va comprendre pourquoi j’entre dans mon mode « vieille minoune » pis qui va se contenter de me dire d’une voix sincère et réconfortante : « Heille, dégonfle Harkio. Va domper ton p’tit manteau de peurs pis d’insécurités dans l’foyer, pis viens t’coller. L’printemps est arrivé. »

Liza Harkiolakis

 

Cette nuit-là  

Cette nuit-là, mon cœur s’est mis à battre à vive allure. Mon

Cette nuit-là, mon cœur s’est mis à battre à vive allure. Mon corps entier est devenu engourdi, une sensation de chaleur s’est emparée de moi. Je n’avais aucun contrôle sur cette chose qui m’envahissait. Tu sais, un mauvais rêve dans lequel nous aimerions crier de toute nos forces, mais dans lequel aucun son ne parvient à sortir de notre bouche.

Cette nuit-là, j’ai décidé d’aller explorer ton monde virtuel, ton cellulaire. Tu sais, cette petite voix qui nous dit que, malgré mon questionnement et ta réponse réconfortante, j’ai raison de m’inquiéter. Tu étais distant et distrait ces derniers temps. J’ai voulu croire que c’était le chaos de la vie quotidienne. Le travail, les enfants, les petits tracas qu’on ne se dit pas nécessairement, nos petits secrets gardés pour nous, pour ne pas inquiéter la personne qui partage notre vie.

C’est aussi cette nuit-là que j’ai compris que j’allais avoir besoin d’une énorme dose d’humilité pour passer à travers la montagne que tu avais dressée devant moi.

Pour être franche, mon amour, je n’aurai pas cru trouver dans ton monde, un monde parallèle. L’homme couché à mes côtés cette nuit-là, cet homme que j’idolâtrais, dont j’étais tombée follement amoureuse dès la première rencontre… cet homme-là ne pouvait pas être toi. Ces messages écrits pour elle ne pouvaient pas venir de tes doigts posés sur les touches de ton clavier. Ces mêmes doigts qui parcourent mon corps nu et mon visage le matin au lever. Ces doigts qui essuient mes larmes lors de moments douloureux ou ceux qui me chatouillent pour me faire rire.

Cette nuit‑là, j’ai compris que rien n’était acquis dans la vie. J’ai aussi appris que donner ta confiance à un autre être, c’est aussi offrir une partie de toi. Et que lorsque cette confiance est brisée, éreintée… une partie de nous l’est tout autant.

Elle, elle m’a volé quelque chose cette nuit‑là. Mais, ce n’est pas sa faute. Peu importe ton besoin de plaire, celui d’avoir de l’attention ou des compliments, l’envie de charmer ou de te faire charmer… tu aurais dû savoir quand t’arrêter. Tu aurais dû ressentir l’envie de mettre fin à cette tentation avant que ça prenne l’ampleur que ça a pris.

Est-ce que tu as pensé à moi lors de tes échanges? As-tu pensé à nous lorsque tes lèvres se sont posées sur les siennes? Mais surtout, surtout mon amour… as-tu pensé à la blessure que tu allais m’infliger?

Maintenant que je sais la vérité, que tu m’as tout avoué… j’ai pris la décision de te donner une chance, de nous donner une chance. Certains diront que je me trompe, que j’ai tort… mais, au bout du compte, j’ai envie de croire en toi, de croire en nous. J’ai envie de croire que c’était une erreur de parcours, que cette bêtise n’a été commise que pour te témoigner la chance que nous avons d’être ensemble.

Je sais, peut-être suis-je en train de me tromper, que mon monde parfait n’existe pas, que tu recommenceras lors d’une prochaine tentation. Mais j’ai envie d’y croire.

Tu sais que le chemin sera tumultueux, rempli de questionnements et de doutes.

Tu as décidé de m’aider et de m’accompagner.

Je n’ai pas envie de te remercier. J’ai seulement envie de te dire de ne plus jamais mettre en doute notre amour. Et que si un jour, tu as des appréhensions, viens m’en parler. Car tu sais, mon amour, je t’aime sincèrement.

Cette nuit-là, j’ai compris l’impact de l’infidélité.

Mais j’ai aussi compris que j’étais une femme intelligente, courageuse et solide. Et que même si vous croyez que rester est un signe de faiblesse, sachez que c’est plutôt un signe de force et de ténacité.

Et cette femme te donne une chance, alors, saisis-la, mon amour.

Eva Staire

Pour lui, pour elle ou pour les deux?

Vous êtes en couple, ou pas. Mais de toute façon, vous avez un min

Vous êtes en couple, ou pas. Mais de toute façon, vous avez un minimum de sexualité. Avez-vous déjà exploré le monde des jouets pour adultes? Il est plus que facile de se laisser impressionner par la panoplie de possibilités suggérées dans les publicités. De quoi en perdre… la tête! Sans mauvais jeu de mots (ou peut-être que si!).

Si certains d’entre eux restent banals, d’autres ont de quoi surprendre! De par leur forme, leur texture et parfois même par leur allure! Les imitations sont toutes plus imaginatives les unes que les autres, alors que d’autres objets nébuleux font froncer les sourcils (ou relever les orteils!).

Beaucoup de femmes ont expérimenté le simple vibrateur de base. D’autres, plus exploratrices, pourraient vous décrire les bons et les mauvais achats. Mais le marché des jouets pour adultes ne se limite plus aux femmes seulement, ne-non. Ces messieurs ont de nos jours plusieurs options de jouets de plaisirs. Encore là, il y a de tout pour tous.

Il existe maintenant des imitations, quasi traumatisantes de par leur ressemblance fidèle au corps humain, de poupées robotisées. Comme je vous le disais plus haut, de tout pour tous les goûts!

Par contre, d’après mes recherches personnelles, peu de gens font étalage de leurs achats et peu partagent l’inavouable : posséder des objets sexuels pour leur plaisir. Alors que nous savons pertinemment que le marché du sexe est le plus lucratif en ce monde, la gêne d’avouer qu’on en consomme demeure. Aller en boutique reste pour certains impensable. Heureusement, les achats en ligne sont disponibles simplement, mais gare aux mauvaises surprises de ne pas recevoir exactement ce que vous aviez imaginé!

Pour finir, il y a de ces jouets que l’on partage à deux (ou plus si le cœur vous en dit!). Parfois en simples préliminaires, parfois en complément ou tout simplement pour ajouter du piquant. Sans tabous, les couples qui s’y prêtent sont, à mon avis, ceux qui en profitent le plus. Le tout est de ne rien imposer. (Sauf si vous êtes de ceux qui aiment la soumission bien entendu!). Mais à la base, le respect doit toujours demeurer. Essayer et adopter ou pas est personnel à chacun. Il faut respecter les limites de son ou de sa partenaire et se respecter soi-même. C’est la base de tous les jeux en général, encore plus dans les jeux de l’amour ou de la sexualité.

Alors, seriez-vous prêts à partager vos opinions sur l’utilisation ou pas de certains jouets?

« L’avouer » vous gêne-t-il? Partageriez-vous vos envies avec votre partenaire, dans l’optique d’essayer à deux?

Ceci dit, soyez bien à l’aise de répondre à mes questions. Ou pas!

Simplement Ghislaine