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Jokes de gros

À l’âge de 11 ou 12 ans, alors que je dansais dans la cuisine sur

À l’âge de 11 ou 12 ans, alors que je dansais dans la cuisine sur l’air de Beat it, mon frère m’a lancé à la blague : après Michael, Janet et Tito, voici Jumbo Jackson. C’était drôle. On a ri.

Au début de l’adolescence, alors qu’Isabelle Brasseur et Lloyd Eisler étaient au sommet de leur gloire, ma cousine et moi tentions des doubles axels dans le salon en les imitant. Ma mère, à la blague, nous a dit que nous avions davantage le physique pour faire de la lutte gréco-romaine que du patinage artistique. C’était drôle. On a ri. 

Quand j’étais enceinte, assise sur le bord de la piscine, hésitante à sauter dans l’eau froide, mon amie m’a dit : « Ah ben, c’est pratique d’être enceinte. Avant, t’avais juste l’air grosse ; maintenant, t’as une excuse pour avoir une bedaine. » C’était drôle. On a ri.

Cet hiver, en parlant du légendaire porté de Patrick Swayze dans Dirty Dancing, mon humain de proximité m’a dit : « Eh boy, tu m’casserais ben le dos si on essayait de faire ça ensemble. » C’était drôle. On a ri.

J’ai ri de beaucoup de commentaires et de blagues qu’on m’a faits sur mon apparence. 

J’ai ri parce que j’ai un bon sens de l’humour.

J’ai ri pour éviter les malaises.

J’ai ri pour ne pas dire que j’étais blessée.

Les blagues de gros ou les blagues sur l’apparence des gens, même déplacées, vous avez raison, ce n’est pas la fin du monde. Le truc, c’est que lorsqu’on est différent ou non conforme, ce n’est pas LA blague lancée sans méchanceté qu’on ne trouve pas drôle, mais plutôt la 3448e blague qui ne nous fait plus rire. Ce n’est pas LE commentaire déplacé qui nous blesse, c’est le 2567e qui s’ajoute aux 2566 autres commentaires déplacés qui nous blesse. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’aux blagues de gros ou sur le poids, s’ajoutent tous les autres commentaires, remarques et regards blessants.

Oh wow, t’es vraiment belle depuis que tu as maigri ; ou Imagine comme tu pourrais être belle si t’étais plus mince.

T’es cute, mais je suis pas sûr que je banderais avec une fille qui a du poids en trop.

Si tu avais cette shape‑là, je passerais mes journées à te faire l’amour.

T’es sûre que tu as encore faim pour un dessert ? 

Si tu veux rester grosse, c’est ton choix.

Et j’en passe. Et j’en passe. 

Ceci, c’est un échantillon de ce que j’ai entendu de la bouche de gens qui avaient de l’affection pour moi. Ça vous donne une idée de ce qu’on peut entendre de la bouche des gens qui n’ont aucun lien affectif avec nous. Et c’est encore bien plus soft que ce que les gens obèses vivent au quotidien. Une blague de gros, ça fait écho à toutes les blessures qu’on porte en soi et ça nous rappelle qu’on ne fit pas dans le moule — encore une fois. 

J’ai souffert de troubles alimentaires plus de la moitié de ma vie. Encore aujourd’hui, ça reste quelque chose de très fragile. La relation que j’entretiens avec mon corps et le regard que les autres posent sur lui viennent avec un lot de tristesse et de défis. Et je ne suis pas socialement marginalisée à cause de mon poids. J’imagine difficilement ce que peuvent ressentir ceux qui le sont, mais l’empathie, ça sert à ça. À se mettre à la place de l’autre pour mieux comprendre ce qu’il vit, pense, entend, ressent.

Se fâcher les uns contre les autres, ça ne sert à rien. Ça nourrit les stéréotypes, ça ajoute de l’huile sur les bobos qui font déjà mal et ça ajoute encore plus de distance entre les gens qui sont différents. Aujourd’hui, je vais avoir de l’empathie pour Martin Matte qui doit vivre quelque chose à quoi il ne s’attendait pas. Je vais avoir de l’empathie pour tous les gens qui n’ont pas compris la tristesse ou l’indignation de ceux qui n’ont pas ri de la pub de Maxi. Et je vais avoir de l’empathie pour les gens qui ont été profondément blessés. Pas par CETTE blague‑là précisément, mais par les 3448 d’avant.

Liza Harkiolakis

On ne se lâche pas!

Mon message du jour, entre deux journées de gros travail…

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Mon message du jour, entre deux journées de gros travail…

Je le sais que c’est pas facile.

Chaque jour, on annonce les nouveaux chiffres, les nouveaux décès, les nouvelles mesures.

On est dans la quatrième semaine de confinement et de distanciation sociale.

Chaque jour, nous vivons des émotions complètement contradictoires et intenses.

La nuit, on ne dort pas. On dort mal.

Que tu sois seul chez toi, que tu sois confiné avec ta famille, que tu te lèves chaque jour pour aller travailler parce que tu travailles pour un service essentiel… tu vis des moments terriblement difficiles.

C’est normal que tu te sentes mal. C’est normal que tu pleures. C’est normal que tu paniques, car cette pandémie est très sérieuse et l’avenir est complètement incertain. C’est normal que tu manques d’appétit et de sommeil. On est tous dans ce même bateau… ruinés, isolés et apeurés.

Mais tu sais, je crois qu’on va se tenir, on ne va pas se lâcher.

Appelle tes proches, ta famille, tes collègues, tes amis. Tous les jours.

Demande‑toi chaque jour : qu’est‑ce que je pourrais faire de bien ou de drôle aujourd’hui pour une personne ?

On a besoin plus que jamais les uns des autres.

Essaie d’apporter des petits morceaux d’espoir dans le cœur de tes proches.

Mange bien, fais du sport, chaque jour. Fais‑toi une routine, essaie de lâcher prise… On ne peut rien changer à cette situation, mais on peut décider de vivre pareil chaque jour et d’être heureux quand même.

Parce que la vie, c’est aujourd’hui.

Merci à tous ces artistes qui font des concerts ou des shows d’humour en live. Vous brisez cet isolement. Merci à tous ceux qui partagent des niaiseries sur les réseaux sociaux. Rire, ça fait tellement de bien.

Lâchez pas.

On va se tenir. On ne va pas se lâcher.

Gwendoline Duchaine

10 points qui montrent que… ça va mal en criss!

Tous les petits arcs-en-ciel réchauffent nos cœurs isolés et confinés. « Ça va ben aller 

Tous les petits arcs-en-ciel réchauffent nos cœurs isolés et confinés. « Ça va ben aller », disent-ils… C’est tellement faux. Ça va pas. Pis pour vrai.

Parce que sincèrement, j’ai jamais vu ça !

Voici 10 points qui montrent que… ça va mal en criss ! C’est totalement anormal !

  1. Il n’y a plus de trafic.
  2. Le prix du gaz n’a jamais été aussi bas.
  3. Les gens se promènent et sortent.
  4. Mes voisins me sourient.
  5. Les urgences sont vides.
  6. Mes enfants jouent ensemble.
  7. La pollution diminue et la nature reprend ses droits.
  8. Magasiner et surconsommer ne sont plus essentiels.
  9. On a pris conscience de l’importante des contacts humains.
  10. Les maisons n’ont jamais été aussi propres.

Finalement, il y a quand même du positif dans cette pandémie…

Et vous ? Avez‑vous noté d’autres points qui montrent que ça va mal en criss ?

Gwendoline Duchaine

 

Redécouvrir ses enfants

Je l’ai souvent dit, je n’ai jamais autant ri que depuis que je

Je l’ai souvent dit, je n’ai jamais autant ri que depuis que je suis maman. L’apprentissage du langage, les découvertes maladroites, les explorations un peu gauches nous offrent de nombreux fous rires. Quand on ajoute à ça leur personnalité qui se dessine et leur sens de l’humour qui se développe, il n’en faut pas plus pour nous attendrir.

Notre grand de trois ans et demi désamorce depuis peu de manière savoureuse les moments de tension (lire ici : tester nos limites et se rendre compte qu’il les a presque atteintes) avec humour. Il nous répond « ok, j’accepte » à la consigne qu’on lui donne (pour la dernière fois, il le sent!) comme s’il nous faisait une faveur, ou « d’accord patron-maman », le sourire dans l’œil. Ça fonctionne à tout coup et l’ambiance s’adoucit. Il nous a habitués à son humour et à ses éclats de tendresse. Il nous fait encore autant rire et continue de nous surprendre, mais son genre d’humour est maintenant bien défini et s’affine tranquillement.

Depuis un peu plus de deux mois, notre bébé de vingt mois a lui aussi commencé à nous étonner et à nous prendre par surprise. Il tente de nous faire rire, veut faire des blagues à son grand frère et est très taquin. Il s’esclaffe de rire, de manière un peu exagérée, lorsque nous rions aussi. Il comprend qu’il nous fait rire et répète le geste ou le son qui a déclenché la risée. Ce qu’il préfère, c’est quand son grand frère le trouve drôle. Là, il redouble d’énergie pour que ça ne s’arrête pas.

Mais ce qui me touche le plus, c’est lorsque je suis témoin de leur tendresse, de leur douceur, de leur désir de prendre soin des autres. Nous sommes allés rencontrer le bébé tout neuf de nos précieux, parrain et marraine de notre plus jeune. Il était si doux! Il lui donnait de petits becs, des câlins et redemandait à le prendre. Il était lui-même attendri, notre encore-bébé-pour-si-peu-de-temps-encore, par ce si petit bébé. J’étais tellement émue de le voir aller ainsi. C’était la première fois qu’on le voyait interagir avec réellement plus petit que lui.

Et notre grand qui chante une chanson à son petit frère pour le consoler, qui lui « lit » des histoires, qui nous fait des massages, qui nous aide à ranger, qui nous raconte des histoires de plus en plus longues et élaborées… On n’a pas fini d’être fasciné par nos minis!

Jessica Archambault

 

Les tranches de vie familiale

En tant que parent, ma vie comprend des tranches de vie familiale. C

En tant que parent, ma vie comprend des tranches de vie familiale. Certaines sont mémorables et méritent d’être filmées pour les conserver. Mais puisque je ne suis pas toujours en train de filmer tout ce qui se passe autour de moi, comment faire pour les conserver? C’est très simple : je prends quelques minutes pour les écrire. Depuis que mes filles sont nées (elles sont maintenant des ados), j’ai écrit des centaines de tranches de vie. Lorsque je les relis, je fais un voyage dans le temps!

J’ai le goût de partager avec vous quelques‑unes de mes tranches de vie les plus savoureuses. Bonne lecture! Et si ça peut vous donner l’envie d’écrire les vôtres pour la postérité, tant mieux!

Comment se servir d’une fête religieuse pour tenter de corrompre mon autorité parentale…

La cadette (8 ans), à propos des œufs en chocolat :

– Papa, je peux en manger un autre?

– Non.

– Ah, papa, juste un autre, s’il te plaît.

– Non.

Come on, papa, c’est Pâques, là!

Comment s’obstiner à écouter les consignes des parents à propos de la tenue vestimentaire appropriée selon la météo…

Un matin vers la fin mai, ma fille de 6 ans s’entête à vouloir mettre un legging et un chandail à manches longues. Je lui dis qu’elle va avoir chaud à l’école, car selon la météo, la journée s’annonce chaude. Elle ne veut rien savoir. Je lui souligne que sa grande sœur (9 ans) a opté pour un t-shirt et des pantalons courts. Rien à faire, son choix vestimentaire est final. J’abdique.

La journée suit son cours.

Durant le souper familial en soirée, je lui demande :

– Et puis ma cocotte, as-tu eu chaud aujourd’hui à l’école?

– Non.

Puis, elle ajoute aussitôt :

– C’est juste que je crevais à cause de la chaleur.

Quand l’apprentissage pour prendre leur douche de manière autonome nous donnait du fil à retordre…

Durée de la douche (prise toute seule, il faut le préciser) :

La cadette (6 ans) : 2 minutes top chrono.

Réaction de papa : – Han? Déjà fini? Ben voyons donc. As-tu utilisé du savon?

L’aînée (8 ans) : 20 minutes et elle n’est pas encore sortie de la douche…

Réaction de papa (qui cogne à la porte de la salle de bain) : – You-hou! As-tu bientôt fini? Le réservoir d’eau chaude est presque vide… On appelle pu ça être propre, on appelle ça être désinfectée! Sors tout de suite!

Quand les douches donnent lieu à des prestations humoristiques…

L’une des rares fois où mes filles ont voulu prendre leur douche ensemble un matin, je les ai entendues jouer à Toc-toc :

(La cadette, 5 ans) – Toc-toc!

(L’aînée, 8 ans) – Qui est là?

(La cadette) – Krak.

(L’aînée) – Krak qui?

(La cadette) – Craque de fesses!

Et là je les entends ricaner en titi…

Même moi, j’étais crampé tellement je la trouvais drôle.

Quand l’apprentissage des fonctions biologiques de base nous fait sourire…

Un beau samedi matin, la cadette (5 ans) m’accompagne lors d’une courte promenade avec Fred, notre Golden Retriever. À un moment donné, elle voit le chien s’accroupir pour faire son besoin et s’exclame « Yark! ». En revenant tranquillement vers la maison, elle me demande :

– Papa, pourquoi Fred fait caca « par là »?

– Qu’est-ce que tu veux dire exactement avec « par là »?

– J’veux dire, pourquoi Fred fait caca par le trou en dessous de sa queue?

Je mords ma lèvre pour ne pas rire.

– Toi ma cocotte, comment fais‑tu caca?

– Moi là, papa, je fais caca par les fesses!

– Oui. Ben, Fred aussi fait caca par les fesses. Et ses fesses à lui, elles sont juste en dessous de sa queue.

– Ah.

Et voilà : premier cours de biologie 101 donné lors d’une promenade avec le chien!

Quand se laver les mains après avoir été à la salle de bain n’est JAMAIS une option…

Je suis assis devant l’ordinateur dans la salle de séjour. J’entends une de mes filles courir dans le corridor. Des petits pas rapides ; c’est la cadette (5 ans). Elle passe en trombe devant la pièce où je suis. Je ne détourne même pas le regard de mon écran. Je l’entends fermer la porte de la salle de bain. Quelques instants plus tard, la porte de la salle de bain s’ouvre. Aussitôt, ma fille repart au galop. Dès qu’elle repasse devant la salle de séjour, je lâche un :

– Stop!

Je l’entends « fourrer les brakes ».

– T’as pas lavé tes mains, lui dis-je.

Surprise, elle rétorque :

– Hein? Tu m’as vue d’où tu es?

En pitonnant sur mon clavier, je lui réponds :

– Oui, je t’ai vue. J’ai des yeux partout, t’sais.

Le silence ne dure qu’une fraction de seconde.

– Non! Il y a juste le père Noël qui a des yeux partout. Pas toi!

Puis, elle repart à courir.

Martin Dugas

La saga des gâteaux ratés

Vous assisterez dans les prochaines lignes à un gros trip d’autod

Vous assisterez dans les prochaines lignes à un gros trip d’autodérision. Et je suis pas mal certaine que ça va sonner une cloche à quelques parents…

Mes aînées sont nées dans la période pré-Etsy. Et heureusement pré-médias sociaux, parce que j’aurais vécu une honte incommensurable. Si on voulait gâter nos enfants pour leur naissance, leur anniversaire, leur baptême… on utilisait notre imagination et notre faible expérience en décoration de gâteaux.

Maintenant que vous comprenez le contexte, vous pouvez m’imaginer avec toute ma bonne volonté de nouvelle maman qui veut créer des souvenirs mémorables dans la tête de ma fille. Elle allait avoir un an. J’avais vu ma mère et mon frère faire des pièces montées magnifiques pour des mariages, des Calinours pour ma fête, des fusées sucrées, des berceaux en trois dimensions et en crémage. L’équation était facile : j’avais tout pour réussir un simple cœur en gâteau entouré de dentelle faite de graisse et de sucre en poudre!

Le cœur avait l’air d’un cœur, c’est déjà beaucoup! Mais le tout était… jaune. Ben oui, parce que moi, j’avais eu la chouette idée d’acheter de la graisse dorée. Bravo. En tout cas. Je m’étais dit qu’à un an, ma fille n’y verrait que du feu. Ou un gros motton couleur soleil.

Ce que je ne savais pas, c’est que cette catastrophe culinaire marquait le point de départ d’une longue suite de gâteaux moffés. Aucune de mes « créations » n’a ressemblé à ce que je voyais dans ma tête. La poupée Barbie avec les fesses dans le gâteau : pouet pouet pouet. La fleur : fanée. Le crémage en fondant fait maison : dur comme du béton. Et tachant pour les dents.

Sans compter le goût et la texture des gâteaux. Vous savez, le cerveau d’écureuil fatigué qui n’a pas dormi depuis l’accouchement… ça ne fait pas bon ménage avec les livres de recettes! Parce qu’évidemment, je ne voulais pas me contenter d’un gâteau en boîte et encore moins d’un gâteau acheté tout fait! Un peu de respect pour la mère-Etsy-avant-le-temps!

Je vous jure, les seuls gâteaux qui ont eu de l’allure dans la famille sont ceux que le papa a décorés : ce qui avait l’air d’un gâteau en gazon dans ma tête se transformait en méga chantier de construction avec un vrai gros Tonka en métal dessus, la pelletée de terre au chocolat interactive, le gros kit. Une autre année, il y avait un propulseur de balles intégré dans la pâte à gâteau. Le fun que les enfants ont eu!

Après quatre enfants, je ne me suis même pas améliorée. Fail!

Mais vous savez quoi? Les rires que mes gâteaux provoquent font partie du party de fête. Mes enfants appréhendent avec plaisir le moment où ils verront apparaître le gâteau concocté par leur maman.

Ma plus vieille raconte toujours à ses amis l’histoire de la méga boule disco 3D que je lui avais faite avec tant d’amour. La piscine où nageait un éléphant. L’iglou écrapou… et elle en parle avec tendresse parce qu’elle sait que tous ces gâteaux, à défaut de les faire avec du talent, je les ai faits avec amour. Et c’est ce qui compte! Bien plus que la photo publiée sur les réseaux sociaux.

Nathalie Courcy

Questions faciles… ou pas!

Une de mes ados a peur de prendre des initiatives. Peur de se trompe

Une de mes ados a peur de prendre des initiatives. Peur de se tromper, peur des conséquences. Depuis qu’elle est toute petite, elle est abonnée aux « et si ».

-Et si ça ne fonctionnait pas ?

– Et si je me faisais chicaner?

– Et si j’avais l’air folle?

– Et si je me trompais?

– Et si je me blessais ?

– Et si je dérangeais les autres ?

– Et si… tout.

Dans le temps, tout ça avait dégénéré jusqu’aux phobies. Multiples. Chats, chiens, fourmis, noirceur, feuilles d’arbres, papillons, tapis, flocons de neige, alouette.

On a travaillé fort (extrêmement fort) ensemble, et elle a réussi à en venir à bout. Ne reste que les piqures, mais quand même, elle progresse.

Par contre, on travaille encore sur les initiatives.

– Maman, est-ce que je peux boire de l’eau ?

Qu’est-ce que je suis censée répondre à ça ?

– Non, ça coûte trop cher. Je préfère que tu te déshydrates.

J’ai établi une règle : l’eau, c’est à volonté. Sauf peut-être dans la douche. Après trente minutes, on coupe.

– Maman, est-ce que ça, c’est du jus ?

Dit-elle en tenant la cruche transparente contenant un liquide jaune couleur… jus d’orange.

– Non, c’est mon test d’urine.

– Ben là, tu aurais pu faire un cocktail full alcool!

– Tout à fait. Étant donné que je bois de l’alcool trois fois par année, c’est réaliste. Je l’aurais certainement placé dans la cruche de jus des enfants, dans la porte du frigo pour être certaine que tes petits frères en boivent en se levant le matin.

– Ça veut dire que je peux en boire ? Je serai pas saoule

– Je te laisse essayer. Au pire, je vais te ramasser.

Mais encore là, elle progresse. Parfois, au retour de l’école, elle me texte :

– Aimerais-tu que je prépare le souper avant que tu arrives ?

– Euh… je serais folle de dire non ! Merci !

Ou encore mieux, elle m’accueille à mon retour avec un câlin et une plaque de biscuits encore tièdes :

– Ça me tentait de cuisiner. Chocolat blanc et noix de macadam, ça te va ? Et oui, j’ai ramassé ma vaisselle.

– Alléluia !

On passe d’un extrême à l’autre, mais on avance.

Il arrive encore que j’aie droit à des questions disons… inutiles?

– Est-ce que c’est correct si je vais faire mes devoirs?

– Nnnnnnnnnnnnoooooooooooooonnnnnnnnnnnnnn ! Fais pas ça, c’est dangereux ! Tout d’un coup que tes profs l’apprennent !

Bon, ok, j’abuse un peu du sarcasme. J’essaie quand même de comprendre la peur qui sous-tend toutes ses questions, mais jusqu’à maintenant, c’est l’humour qui a le plus aidé.

Il faut l’avouer, ses questions apportent un bel équilibre avec les questions de mon autre ado :

– Maman, qu’est-ce que ça veut dire, libido ?

Quelles sont les questions faciles (ou pas) que vos enfants vous sortent ?

 

Nathalie Courcy

 

Ce n’est pas une blague !

– C’est débile !

– T

– C’est débile !

– T’es vraiment TOC !

– Attends-tu que je me tue ?

– Un vrai mongol !

– T’as pas pris tes pilules ?!

Ce sont des blagues. Des expressions banales. Des mots qui semblent anodins et inoffensifs. Mais qui peuvent blesser les personnes souffrant de ces troubles ainsi que les personnes qui les entourent.

Ces mots perpétuent les traits caricaturaux et fondés sur les préjugés qui sont associés à certains troubles mentaux ou physiques. Lancer à quelqu’un qu’il est « fou raide » ou « parano », c’est un manque de jugement marqué par le jugement malsain de ce qu’on ne connaît pas.

On ne connaît pas l’histoire intime, ni les fragilités des personnes à qui on s’adresse, ni celles des personnes qui nous entendent. Notre blague ne part pas d’une mauvaise intention ! C’est juste une façon de parler… On connaît cet ami depuis la maternelle. Un vieux chum ! On s’est toujours parlé comme ça…

Mais qui nous dit que cette personne ne souffre pas véritablement d’un TOC (trouble obsessionnel compulsif) ? Elle peut avoir besoin d’une médication pour gérer l’anxiété. Peut-être que son frère est trisomique ou que sa mère s’est suicidée. Samedi dernier, quand votre vieux chum a décliné votre invitation au cinéma, c’était peut-être pour aller voir son grand-père atteint de démence. Ou encore parce que sa sœur est hospitalisée en psychiatrie pour traiter un épisode dépressif sévère. Et il ne vous l’a pas dit, parce que depuis toujours, vous dites à la blague qu’il devrait être enfermé à l’asile…

– Coudonc, es-tu dans ta semaine ?

Toutes les filles se sont déjà fait dire ça. Des dizaines de fois. Parfois, le commentaire tombe à point ! On est en plein SPM. Note au lecteur : votre commentaire ne fait qu’attiser le SPM. Et si on n’est pas en SPM, vous venez d’en réveiller les symptômes. Parce que c’est un réel syndrome, avec de réels symptômes. Je ne connais aucune fille qui se plaît à perdre le contrôle de son humeur et de son acné chaque mois jusqu’à ce que la ménopause apporte pire. Offrez plutôt un bon bain chaud et proposez de lire l’histoire de dodo aux enfants ce soir‑là. Merci, amen.

Ces mots-là ne se disent pas, ne se disent plus. Faisons attention aux mots que nous utilisons.

Utilisons l’humour autrement. Pas par souci d’être politiquement corrects, juste pour être plus humains.

Utilisons les mots pour faire du bien, dans un contexte qui rassure et qui n’impose rien.

– Comment te sens-tu ?

– J’ai remarqué que tu as l’air moins concentré/plus soucieux/plus nerveux que d’habitude, est‑ce que je peux faire quelque chose ?

– Aimerais-tu qu’on aille prendre une marche pour en parler ?

Avec la journée Bell Cause pour la cause qui approche, posons-nous la question : si quelqu’un parlait à notre enfant comme nous parlons aux autres, quelle serait notre réaction ? Si ça fait sortir la lionne protectrice ou le papa protecteur en nous, c’est probablement parce qu’il est temps qu’on ajuste notre filtre. « Tourne ta langue sept fois dans ta bouche avant de parler », ce n’est pas juste un dicton de grand-mère, c’est encore d’actualité.

Ce qui est une blague pour l’un peut être une profonde blessure pour l’autre.

Nathalie Courcy

Le nez dans leurs contradictions

Nos enfants sont parfois (souvent) des trésors de contradictions…

Nos enfants sont parfois (souvent) des trésors de contradictions… Dans la dernière semaine, voici ce que j’ai entendu chez moi :

***

Grande ado : Heille, maman, merci! Des sushis! Ça va être tellement bon!

Moi : Ok, ben dans ce cas-là, pourquoi enlèves-tu tous les morceaux de poisson pour ne manger que le riz?

Grande ado : Ben là, du poisson cru, c’est trop dégueu!

Moi : Euh… c’est un peu le principe des sushis…

***

16 h 15

Grande ado : Je suis écœurée des maths, ça sert à rien, c’est nul et ça occupe trop de place dans ma vie et dans mon cerveau. Moi je veux garder de la place pour les arts, c’est juste ça qui est important!

17 h 15

Petite ado : Maman, moi les maths, j’aime tellement ça! C’est ma vie! Je le sais que je suis la seule extraterrestre dans toute l’école, peut-être même dans tout l’univers, qui aime ça, mais c’est une véritable passion! Je pourrais résister au sommeil pendant plusieurs mois juste pour pouvoir faire des résolutions de problèmes!

18 h 15

Maman essaie encore de comprendre comment elle a pu pondre deux filles si différentes.

***

Maman : Les enfants, demain, je vous abandonne pour la soirée, je sors avec une amie. Les plus vieilles vont garder les plus petits et j’exige que ça se passe méga bien.

Les enfants, en chœur : Ah! Maman! Tu es tellement la meilleure mère de la Terre! Tu es géniale! On t’aime tellement!

***

Grande ado : Moi quand j’étais petite, mon plus grand rêve, c’était d’avoir les cheveux aussi longs que ceux de Raiponce. Je n’en dormais pas tellement c’était un rêve important.

Maman : Tu es au courant que tu as fait le Défi têtes rasées quand tu avais neuf ans et que tu viens de te refaire couper les cheveux super courts?

***

Maman : Ma Peanut, il est 21 h, il faudrait que tu penses à aller te doucher et te coucher pour être en forme demain.

Grande ado (elle est en feu, cette semaine!) : Ben là, il n’y a même pas d’école demain, c’est pédago.

Après la douche, elle revient me voir : Maman, est-ce qu’il y a de l’école demain?

Maman : Euh… c’est quoi cette question-là?

Grande ado : Comment veux-tu que je le sache, moi, s’il y a de l’école demain?!

***

Ou encore, Grande ado qui se prépare à déménager à Calgary en finissant son secondaire dans trois ans, mais qui me demande encore la permission pour boire un verre d’eau…

***

Et la palme de la cuteté  va au plus jeune qui déclare, lors de nos « mercis » du soir :

Moi, je ne veux pas dire merci à ma sœur (lire : Grande ado) de m’aimer.

(Tout le monde est surpris, c’est son merci quotidien d’habitude.)

Et il reprend : Mais je veux dire merci à ma sœur de m’adorer.

***

Même le chat sen mêle! Dès que leau du bain commence à couler, il sprinte, saute dans la baignoire, attend et… panique parce quil y a de leau! Le scénario se répète chaque jour depuis deux ans…

 

Je les aime mes cocos, dans toutes leurs contradictions!

Quelles sont les trésors de contradictions dans votre famille? Je suis curieuse…

Nathalie Courcy

 

Peut-on réellement être à boutte des mères à boutte (ou des pères)?

Peut-on réellement être à boutte des mères à boutte (ou des

Peut-on réellement être à boutte des mères à boutte (ou des pères)?

Il y a ce mouvement sur les réseaux sociaux : « À boutte des mères à boutte! » Peut‑on réellement en avoir ras le pompon?

Je crois que l’on peut être à boutte des mères qui se plaignent pour tout et pour rien. Celles qui font tout un plat pour des enfants qui crient, courent. Celles pour qui faire l’épicerie avec les enfants constitue une torture chinoise. Celles qui, sur le dos de l’humour et de l’autodérision, utilisent chaque moment difficile du quotidien pour se plaindre de leurs enfants et de leur vie de mère. Ces mères pour qui une coupe de vin est devenue la solution à tous les problèmes familiaux.

On peut aussi aimer ces mères à boutte parce qu’elles nous déculpabilisent. Parce que l’on se sent moins seule. Nous savons que d’autres vivent les mêmes problèmes que nous. Que nous ne sommes pas les seules à avoir l’impression de faire une séance de gym juste en allant à l’épicerie. Que les crises de bacon sont fréquentes et pas juste dans notre maisonnée.

Dire que nous ne sommes jamais à boutte serait inutile et mensonger. C’est vrai qu’un moment banal de la routine peut gâcher notre journée. Et qu’on peut être à boutte un moment, mais que ça finit par passer. On se retrousse les manches et on trouve une solution.

Est-ce que je suis pour ou contre le mouvement des mères à boutte? Honnêtement, je ne sais pas. Le bonheur des uns peut aussi faire le malheur des autres. J’aurais tendance à être pour le mouvement pour une seule raison : j’ai peur! Peur que tout ce chialage pour rien isole certaines mères. Vous savez, celles qui sont réellement à boutte. Celles qui ne vont pas bien, pour différentes raisons, post-partum, dépression, séparation ou autres. Celles pour qui même le rire de leurs enfants leur tape sur les nerfs. Celles qui ont des idées noires, mais qui ne veulent plus parler et qui s’isolent vu la banalisation des mères à boutte. Celles que l’entourage ne prendra pas au sérieux. Celles qui ne voient plus de solutions. Celles qui se croient seulement des mauvaises mères.

Parce qu’il y en a… je le sais… je l’ai été.

Que vous soyez d’accord ou non avec un mouvement social, l’important, c’est d’être là pour ton amie, ta voisine, ta sœur, etc., lorsqu’un événement les dépasse. De vous soutenir entre mères dans ces moments qui vous paraissent éternels. L’autodérision, malheureusement, ne règle pas tout, il faut voir au‑delà.

Ça ne va pas? Il y a des ressources pour t’aider.

http://ligneparents.com/enfant/ (avec service de clavardage)

http://www.premiereressource.com/

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Mélanie Paradis

 

Les 1001 « Aïe ! » d’une mère

Eh qu’on se le fait dire avant de devenir mère que porter un enfa

Eh qu’on se le fait dire avant de devenir mère que porter un enfant donne des courbatures, qu’accoucher est supposément la pire douleur du monde, qu’allaiter peut donner des gerçures et des crevasses, que tralali et que tralala…

On nous prépare beaucoup aux mille et une petites et grandes douleurs du DEVENIR mère, mais pas tant à celles du ÊTRE mère. Mais je vous le dis tout de suite, je n’ai pas envie d’avoir ce soir un esprit de synthèse en dressant un portrait général de la Mère-Martyre. N’y allons pas pour les grandes constatations mélancoliques : lançons-nous plutôt dans les détails bidonnants, car vaut mieux en rire qu’en pleurer !

C’est donc les rotules en feu à force d’être à genoux par terre à ramasser des morceaux de papier bricolés que je vous écris cette petite liste de mes douleurs, courbatures et inconforts physiques que j’attribue ENTIÈREMENT à la maternité ! Puisque comme l’a dit ma sage‑femme, l’honorable Karine : la maternité, ça t’magane un corps !

J’ai mal, ô, tellement mal à/aux :

  • Cuisses, à force d’avoir des enfants assis dessus non pas sans avoir mené une chaude lutte pour désigner l’identité du chanceux qui aura cet honneur.
  • Côtes, qui s’affaissent à force de m’endormir en allaitant sur le côté la nuit.
  • L’abdomen, parce que ça vient à faire mal se pencher par-dessus le lit du bébé pour l’endormir en lui flattant tête, épaules, genoux, orteils, genoux, orteils, genoux, orteils, yeux, nez, bouche, oreilles…
  • Épaules, après des mois à faire du portage de façon probablement inadéquate, parce que je peux être botcheuse quand il est question d’ergonomie.
  • Mamelons, que mon bébé en train de percer ses dents empoigne, férocement parfois, de ses gencives acérées.
  • Coudes… Puisque mon bébé de dix mois ne fait toujours pas ses nuits, je me relève souvent en utilisant cette partie visiblement vulnérable de mon corps comme point d’appui, la condamnant à ratatiner de sécheresse sous l’effet de cette friction incessante.
  • La face. À force de côtoyer de grands bébés qui ont pour passe‑temps favoris le tirage de joues, le griffage de nez, le pinçage de paupières, l’arrachage de lunettes… Fut une époque, la peau de mon visage ressemblait à la douce pelure d’une pêche…
  • Lobes d’oreilles, parce que parfois, j’ai des idées folles comme, t’sais, de vouloir être coquette l’espace d’un instant en portant des boucles d’oreilles…
  • Au cuir chevelu, car je suis la fausse cliente préférée des petites coiffeuses en herbe de ma maison !
  • Yeux, aveuglés par les paillettes, brillants, diamants, arcs-en-ciel éclectiques, rose bonbon et nanane qui tapissent mon quotidien.
  • Oreilles, qui saignent parfois de les entendre crier de joie, de peine, de rage, de désespoir, d’excitation, alouette !
  • Tête, ibid. !
  • Pieds, parce qu’il y a une loi non écrite qui interdit aux mères au foyer de s’asseoir. JAMAIS. Pis aussi, parce que j’ai le tour de piler sur un Playmobil itinérant le soir avant d’aller me coucher, en allant donner à mes enfants un tendre bisou des plus… amoureux…

Je pourrais poursuivre cette métaphore filée de la douleur et conclure cet article en ajoutant que les voir grandir me fait mal au cœur et à l’âme, mais je crois que cette conclusion est implicite et prévisible.

Je vais donc juste terminer ce texte sur une note simple, pour ne pas dire simplette, mais bien sentie, à l’intention directe de mes enfants.

Aïe aïe aïe, mausus que j’vous aime !

Véronique Foisy