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Entre les deux

Il y a quelques mois, mon amie est partie. Elle a tout quitté pour

Il y a quelques mois, mon amie est partie. Elle a tout quitté pour se refaire une vie. Loin de lui, de moi, de presque tout. Des kilomètres se sont accumulés entre nous à mesure qu’elle construisait sa nouvelle vie. Des kilomètres que j’ai laissés nous distancer. J’aurais voulu être là, mais on ne peut pas être partout à la fois et ce n’est pas elle qui avait besoin de moi. Mon amie est partie, et notre amitié l’a suivie.

Il y a quelques mois, mon ami a été anéanti. Il s’est retrouvé dans une maison vide une semaine sur deux, dans une vie qu’il ne voulait pas. J’ai été là, parce que c’est lui qui avait besoin de moi. En choisissant d’être son soldat dans ce combat‑là, j’ai perdu une guerre qui n’existait pas. Je lui ai donné mon épaule pour pleurer, et j’aurais peut‑être dû offrir l’autre à mon amie au cas où. Mais ça faisait beaucoup de poids pour la force que j’avais. Ça faisait beaucoup de poids pour moi, prise entre l’arbre et l’écorce.

Il y a quelques mois, mes amis se sont quittés. J’ai été virée à l’envers, étourdie, comme prise dans une montagne russe, et dieu sait que je déteste les manèges. J’ai vécu une peine d’amour sous un angle que je ne croyais même pas possible. J’en ai voulu à la vie de m’enlever quelque chose d’aussi précieux, puis je m’en suis voulu de n’avoir rien vu venir. J’ai même fini par m’en vouloir de simplement m’en vouloir. Pourquoi je me sentais autant impliquée dans une histoire d’amour et de peine qui n’était même pas la mienne ?

Il y a quelques mois, ma vie a changé. J’ai dû prendre du recul, faire un pas derrière et me réapproprier mes épaules pour arriver à rester droite et forte. J’ai dû apprendre à vivre loin de mon amie, le rayon de soleil dans mes journées sombres. Je me suis habituée à ne plus l’entendre cogner à ma porte avec sa façon bien à elle de le faire. J’ai su qu’à l’intérieur de ce qu’elle voulait bien me montrer, il y avait beaucoup de peine, de p’tits coins sombres et de non-dits. Finalement, je ne la connaissais pas aussi bien que je le croyais. Je lui en ai voulu de ne pas s’être confiée à moi, et puis j’ai réalisé tout ce que je ne lui avais pas confié non plus. Et j’ai compris qu’au fond, ces plus lourds secrets, trop souvent, on les garde pour soi.

Il y a quelques mois, j’ai dû me choisir. Être égoïste et me concentrer sur ma vie qui filait à toute allure. Me concentrer sur mon couple à moi qui avait une grosse montagne à gravir. J’ai pris mes peines et mes blessures et je les ai soignées toute seule. J’ai ravalé mes rancunes, mes rancœurs et j’ai mis un pied devant l’autre pour avancer parce qu’eux le faisaient, et ils le faisaient bien.

Aujourd’hui, mes amis sont heureux. La vie a pris une tournure qu’ils n’avaient peut-être pas planifiée, mais qui s’avère être ce dont ils avaient besoin tous les deux. Finalement, ce qu’on dit est vrai : il faut lui faire confiance à la vie, elle nous connaît parfois mieux qu’on ne se connaît soi-même.

Karine Arseneault

Quand devient-on un « ex »?

Ils vécurent heureux, eurent des enfants… Et puis, plus rien n’

Ils vécurent heureux, eurent des enfants… Et puis, plus rien n’allait et ils se sont séparés. Pas la fin idéale en soi et personne ne souhaite que son histoire familiale connaisse cette fin. Est-ce qu’une séparation implique nécessairement deux adultes à couteaux tirés? Devenir « l’ex » avec tout le mépris que ce terme sous-entend, ça arrive quand au juste?

Aucun couple avec des enfants ne souhaite en venir à la séparation. Pourtant, ça arrive de plus en plus fréquemment de nos jours. Je ne vous apprends rien en disant que le principal lors d’une séparation est de garder le cap pour épargner les enfants le plus possible. La séparation sera difficile pour eux également, mais les adultes doivent agir avec assez de maturité (lorsque possible) pour que les enfants ne se sentent pas tiraillés entre les deux parents, qu’ils deviennent les messagers entre les deux ou pire, qu’ils entendent des méchancetés sur l’autre parent. Les enfants doivent être laissés en dehors des problèmes qui ont causé la séparation. Ils doivent être réconfortés sur le fait qu’ils ne sont aucunement la cause de la séparation.

Toutefois, quand nous discutons avec des amis qui sont séparés, on entend souvent les « ex » être traités comme des personnes totalement immatures, sans jugement ou sans intelligence. Pourtant, ces mêmes personnes, il n’y a pas si longtemps, étaient pour ces gens « l’être aimé ». Que s’est-il donc passé? Pourquoi soudainement la perception de l’autre a changé du tout au tout?

Selon ce que j’ai pu observer dans mon cercle de connaissances, souvent, la personne qui est au banc de l’accusé pour tous les torts est la première des deux personnes qui est de nouveau en couple. Soudainement, les décisions prises par cette personne, aux yeux de l’autre parent, sont teintées du jugement d’un autre homme ou d’une autre femme, une personne qui est venue prendre la place que l’on occupait il n’y a pas si longtemps. Une personne qui vient mettre son grain de sel dans les ententes que les parents avaient entre eux. C’est là que ça fait mal, c’est là que nous sentons que la vision de l’autre est altérée. On se sent, malgré nous, jugé par une personne qui ne connaît rien de nous, de notre passé, de notre vécu.

On dit souvent que le temps arrange les choses. Plus jeune, je détestais cette phrase, je l’avoue. Mais c’est vrai : le temps de faire le point, d’analyser ce qui s’est produit, pourquoi ça s’est produit et ce que l’on peut en tirer comme leçon pour ne pas répéter la même histoire lors d’une prochaine relation, est bénéfique. Du temps pour apprendre à se connaître soi-même aussi. Redécouvrir la personne que l’on était et celle que l’on est devenue, se donner de l’importance à soi-même. Être une personne à part entière et non pas uniquement « la maman de » ou « le papa de ». Il faut lâcher prise tout simplement.

Oui, l’histoire s’est mal terminée, mais il y a des petits êtres qui ont besoin de leurs parents, qu’ils soient ensemble ou séparés. Des enfants qui ont besoin de leurs parents comme phares pour ne pas perdre le nord. Les parents sont le roc auquel les enfants se rattachent pour être les plus équilibrés possible dans le chaos de la séparation. Il faut être fort, pour eux, mais aussi pour soi-même. On n’a peut-être pas réussi son couple, mais il est possible de réussir sa séparation sans tomber dans le cliché stéréotypé de « l’ex ».

Quand l’ex-conjoint(e) devient un(e) « ex »… un petit truc pour ne pas dire tout haut ce que l’on pense et risquer que de petites oreilles entendent et répètent le tout (comme il faut ou pire, tout croche) : écrire ce que l’on pense puis chiffonner la page de toutes nos forces, lancer la boule de papier que ça donne à l’autre bout de la pièce pour finalement la faire brûler dans l’évier de cuisine! La partie chiffonnage et lançage défoule assez bien, et la partie du « feu de joie », c’est pour éviter des petits yeux curieux qui pourraient tomber sur ladite feuille en cherchant des feuilles pour dessiner le lendemain matin! Pourquoi ne pas en profiter pour faire griller une guimauve en même temps, question de se faire plaisir? 😉

Dans les moments les plus difficiles, quand l’ex-conjoint est devenu ou deviendra, de manière temporaire ou permanente, « l’ex » avec tout ce que ça implique, il faut regarder nos enfants lorsqu’ils dorment et on se dit que deux êtres imparfaits qui n’étaient pas faits pour aller ensemble ont créé des petits êtres magnifiques qui nous aiment d’un amour sans bornes et tels que nous sommes!

Annie St-Onge

 

Tu te trompes! Texte: Eva Staire

Je suis partie, avec les p’tits. Bien ancrée dans mes envies de r

Je suis partie, avec les p’tits. Bien ancrée dans mes envies de réapprendre à vivre. Autrement, sans toi.

Sans TOI.

Quelle utopie m’a prise? Le « sans toi » est temporaire, toujours la distance à refaire. Les discussions d’enfer. Les disputes comme celle d’hier.

Hier, tu es allé trop loin, tu as fait pleurer ces petites âmes qui apprennent à grandir en calquant leurs parents. Hier, tu as crié au téléphone, si fort qu’ils ont tout entendu, qu’ils ont tout reçu.

Oh comme je m’en veux!

Je m’en veux de les avoir laissé être atteints. Par TOI.

Aujourd’hui, je t’ai écrit. Ultimement pour la dernière fois une explication pour arrêter une fois pour toutes tes actions poison. Je t’ai proposé une solution. Tu sembles avoir accepté. Mais encore là, de toi, je ne peux que douter, me méfier, car toujours tu finis par recommencer.

Ce n’est pas la première fois, ce n’est pas ta première crise, ce n’est PAS ma première lettre et mon premier PARDON.

Notre ancienne relation a eu de bons moments et de très souffrants. Si ce n’était des enfants, à mes yeux, tu n’existerais plus. Mais pour eux, je n’ai pas le choix. Je dois encore et toujours faire ce qu’il faut pour ne pas qu’ils te perdent.

Te perdre. Oui.

Car dans tes crises, tu menaces de ne plus les voir, de ne plus les prendre quelques heures aux deux semaines. Déjà que tu ne les appelles pas… Ils me racontent librement ce qu’ils pensent, vivent et ce qu’ils portent. Alors, sache que JE SAIS. Je sais tes mots. Je sais tes essais pour me rabaisser devant eux, devant tous et toutes. Je SAIS tes mensonges à mon endroit. Puis tu sais, ça ne m’atteint pas.

Pas comme tu le crois.

Je suis atteinte au moment où, dans les yeux de mes p’tits, je vois la déception face à leur père. Face à ces paroles mensongères sur le dos de leur mère. Mais tu n’as rien compris mon cher! Ne sais-tu pas qu’ils t’observent? Qu’ils se rendent bien compte, plus que tu ne le croiras jamais, à quel point tu essaies de manipuler les histoires que tu leur racontes?

Tu leur apprends à se méfier de toi. Tu leur démontres toutes les raisons qui ont fait que je suis partie. Tu me donnes raison.

Je n’ai jamais eu l’intention de te rabaisser à leurs yeux, même que souvent depuis notre rupture, j’ai essayé de te protéger contre toi‑même envers eux. Je t’ai trouvé comme dans le passé toutes les excuses imaginables. Je t’ai expliqué encore et encore les erreurs que tu faisais et qui nuisent à votre relation.

Mais toi, tu t’en fous, il n’y en a que pour toi.

TOI, TOI et RE-TOI

Mais cette lettre que je t’ai écrite, sache que c’est la dernière. J’en ai fini. Last call.

Dans l’avenir, je ne serai plus aussi conciliante, aussi patiente. Je n’accepterai plus aucune bavure. Tes mensonges seront tous mis au jour tôt ou tard et le plus beau de l’histoire, c’est que je n’y serai pour rien. Tu récolteras ce que tu auras semé, c’est aussi simple que ça.

Comprends‑moi bien : tu creuses toi-même le même fossé entre les enfants et toi que celui que tu as creusé entre nous.

Je te le dis une dernière fois : prends garde, ils sont intelligents, brillants, ils savent QUI et COMMENT est leur maman… ils apprennent qui tu es…

… à toi de décider ce que tu vas leur montrer. Mais n’oublie pas tu devras assumer.

 

Eva Staire

 

Entretenir de bonnes relations!

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C’est un autre sujet facile de discorde…

Selon la croyance populaire, un mariage sur deux ne résistera pas. Si on ajoute les conjoints de fait, ça doit même être pire. Le seul point positif, c’est qu’une majorité d’enfants le vivra désormais. Qu’ils ne seront plus dans l’exception. Isolés.

Sur les causes, je dirais que la vie moderne est à l’image de la société de consommation. Une relation de couple, c’est comme un électroménager. Durée de vie moyenne de dix ans. Si on est chanceux. Le vieux modèle, on finit toujours par s’en lasser. La nouveauté semble irrésistible. Quel détachement. Sinon, il finira bien par nous lâcher. Parfois quand on s’y attend le moins.

Ça, c’est sans compter toutes les relations fondées sur le plus superficiel. L’argent. L’aspect physique. L’amour, de tomber en amour. La peur d’être seul.

Sur les impacts, j’ai du vécu. J’ai aussi constaté que, réalité oblige, l’information foisonne. Mon fil de nouvelles me souligne constamment les éléments d’un après couple réussi. Me met en garde sur les indices du contraire. Les comportements néfastes. Les situations à éviter. La psycho‑pop à son meilleur.

Et les courriers du cœur de s’en donner à cœur joie.

Dois-je rester ami(e) avec mon ex?

Évidemment, les réponses semblent toujours mettre l’enfant à l’avant-plan. C’est si rassurant, de ne pas prendre de décision pour soi. Ce qui donne, souvent, dans le très contradictoire. Surtout si la relation s’est mal terminée ou que la séparation est mal vécue par un des conjoints. Ouvertement ou non.

Je vais être différent. Je crois qu’il faut faire pour le mieux. Être soi-même. Tenter de donner toutes les chances à son nouveau bonheur. Tout au plus, adopter une certaine hypocrisie publique partagée. Après tout, même les couples les plus unis ont des différends. Pourquoi les couples séparés seraient-ils distincts? L’éducation et les règles de vie, une route déjà minée.

Il faut surtout rester réaliste. Les enfants, tôt ou tard, feront un choix. Le leur. Ils ne sont pas la propriété des parents. Juste en location mineure. L’adolescence devra se vivre. Naturellement, à l’âge adulte, ils auront leur vie. Qui n’impliquera sans doute plus leurs parents. Une autonomie qu’on leur souhaite. Le succès de la responsabilité.

Il faut se donner rapidement le droit au bonheur. Le sien, autant que le leur. Je parle des enfants. Je parle du vôtre. Rarement l’ex aura en tête le nôtre. Encore pire si vous êtes la pièce ajoutée. La nouvelle personne dans la vie de l’un des deux. L’autre.

Tous doivent constater le lâcher-prise mutuel.

Je crois que ça prend toujours une affirmation ferme, claire et publique : Nous ne sommes plus ensemble. Je tente (vais tenter) de refaire ma vie. J’aime (j’aimerai sans doute) une autre personne que toi. Mon bonheur est ma priorité. Celui de mes enfants n’est qu’une des variables. Je ne ferai aucun sacrifice, ni pour eux ni pour moi.

Le couple est une notion sociale partagée, la séparation doit être sans ambiguïté. Ce qui, avant un délai d’une vingtaine d’années, veut aussi dire ne pas être ami(e) avec son ex sur les réseaux sociaux.

La jalousie est un sentiment complexe. Elle se nourrit de besoins insatisfaits. D’attentes irréalistes. De situations non réglées. De non-dits. D’intrusions. Surtout d’incompréhensions. Heureusement, le temps apporte un certain recul. Une prise de conscience. Un respect de l’autre. Mais surtout de soi.

Le bonheur est tributaire de certains choix. Facile à dire, si vous n’êtes pas échangiste…

michel

Partager un présent !

Et ils vécurent heureux… Vous refermez le livre, ils son

Et ils vécurent heureux… Vous refermez le livre, ils sont endormis.

Votre histoire est aussi terminée. Depuis trop longtemps, le cœur ne bat plus pour elle/lui ; mais vos autres amours sont toujours là ! À l’année, jour et nuit.

J’imagine que personne ne fait des enfants en y pensant. À ce moment, triste, voulu, libérateur où la décision est prise. Peu importe la raison. Après tout, les enfants subiraient bien pire si la relation se continuait encore dans l’indifférence. Dans l’amertume, le cynisme, l’absence de respect. Ou pire…

Ensuite, passer aux principes, aux modalités. Ce genre de contrat qu’il vous sera impossible, à l’un et l’autre, de respecter à la lettre. Évolution lente de la société. Du presque tout le temps  – ou la fin de semaine sur deux, selon votre sexe – vers une réalité vécue de plus en plus à l’amiable. Convaincu que l’Ex (NDLR : avec une majuscule, car c’est son nouveau nom) est tout aussi essentiel à leur développement.

La garde partagée !

Surtout le partage du vide, de l’absence, de l’ennui pour les deux parents. Voir désormais ceux que vous aimez inconditionnellement, uniquement qu’une semaine, sur deux. Leur dire adieu, déchiré par en dedans, chaque semaine. Ce que toutes vos fibres refusent intensément.

En plus de subir aussi leur passage dans la chambre de décompression. Celle de la décontamination. Les heures suivant leur arrivée de chez l’Ex. La transition obligatoire ! Même si les styles de vie sont plutôt semblables, les enfants doivent s’adapter. Ne serait-ce qu’à leur environnement physique. Vous, vous devrez entendre : « Chez papa on fait… » ou « Maman nous permet… » L’urticaire n’est jamais très loin !

Je vous rassure, sans doute ce n’est qu’invention. Après tout, les enfants, de tout temps, savent très bien jouer la carte du « diviser pour régner ». Même chez les couples les plus amoureusement unis.

Les plus chanceux vivront une harmonie presque plus grande qu’avant la séparation. Les activités en « famille ». Même, à la limite, incluant l’autre être aimé. Le nouveau, la nouvelle. Celui ou celle qui a la délicatesse d’utiliser votre prénom gentiment.

Certainement pas du vécu dans la plupart des cas. La blessure initiale est trop profonde, l’Ex sait très bien comment rouvrir la plaie. L’amertume, le cynisme, l’absence de respect n’est jamais très loin…

Pour la majorité, sans doute, ça restera alors un moment de stress. Discuter avec l’Ex pour un sujet ou l’autre qui concerne les enfants. Combien les prendront même alors en otage, pour continuer la domination ? Même insidieusement. La gangrène des petites actions qui veulent assouvir la vengeance.

Saviez-vous que certains font l’échange avec du linge souillé laissé en « cadeau » ? Que certains « oublient » de remettre la carte d’assurance-maladie… Qu’ils prennent, seuls, des décisions importantes. Que certains demanderont toujours des changements d’horaire, à leur seul avantage. Qu’ils préparent, sournoisement et en leur faveur, la décision de l’ado…

Ça, c’est sans même parler des aspects financiers. Le chantage le plus efficace, celui qui puise dans votre cœur.

Toutes ces voix autour de vous… « Fais-le pour les enfants, passe par-dessus ! » Sans doute les conseils de ceux et celles qui n’accepteraient rien de tout ça. Juste nous écouter sans vouloir tout régler, ça ne vous tente pas ?

Mais que la communication soit ouverte ou aussi fermée qu’avant, la réalité est là. Celle que toute parcelle raisonnable de vous accepte, mais que votre cœur rejette. Ils vous manquent terriblement quand ils ne sont pas avec vous !

Le paradoxe cruel de la garde partagée, pour l’amour à temps plein…

 

michel

 

Oublier un premier amour

Comment on fait pour oublier? Oublier un amour si sincère, si vrai,

Comment on fait pour oublier? Oublier un amour si sincère, si vrai, si pur?

La première fois que j’ai compris ce qu’était l’amour, c’est toi qui étais à mes côtés.
Des papillons dans le ventre simplement à l’idée de croiser ton regard,
Le pouls qui s’accélère au frôlement de ta peau,
Un sourire qu’il s’élargit à entendre tes compliments,
Le feu dans le ventre qui s’intensifie avec tes baisers.

Comment on peut aimer si fort, en étant si jeune, mais en se sentant à la fois assez « vieux » pour vivre quelque chose du genre?

Comment on peut aimer si fort, que plus rien autour n’existe, et que le seul fait de penser que tout pourrait s’arrêter nous rende malade?

Je me rappelle chacune des nuits où nous étions séparés, c’était comme si mon monde s’arrêtait. Comme si j’avais peur que le lendemain, tu m’aimes moins, que tu me désires moins.

Je me rappelle que le seul endroit où j’étais bien, c’était là où tu étais, le reste ne m’importait peu, voire pas du tout.

Toutes ces années à se créer une vie future, des projets, des rêves. Parce que oui, nous avions le droit de rêver et on y croyait dur comme fer. On aurait une maison, un chien, même des enfants, on voyagerait, on s’aimerait toujours comme au premier jour. On resterait jeunes, fous, complices, pas comme ces vieux couples plates. Toute ma vie, je la voyais avec toi à mes côtés.

Comment un amour peut-il être aussi fort, si fort que tu le sens battre en dedans, que tu le ressens couler dans tes veines? Qu’est-ce que cette chose qui fait tellement de bien, mais tellement de mal en même temps?

La peine lorsqu’on perd son premier amour est tellement douloureuse, que même ce mot n’est pas assez fort pour la décrire. Pas seulement toi, mon amour, qui s’en allait, mais tout ce que tu avais bâti en moi s’en allait. Ma confiance, ma bonne humeur, mes rêves, mes projets, les papillons dans mon ventre, tout s’en allait, en arrachant une partie de moi à l’intérieur. Mais une partie de moi qui n’était plus importante, si tu n’y étais pas.

Sentir le déchirement en soi, que la douleur soit tellement vive que rien ne puisse l’apaiser. Pleurer toutes les larmes de son corps et que rien ne puisse les arrêter, sauf peut-être le sommeil, si on arrive à l’apprivoiser. La vie entière perd tout son sens. Le goût de se lever le matin disparaît, l’envie de rire ne vient plus sonner à la porte. Tu te dis que c’est impossible, pas après toutes les promesses, pas après toutes ces premières fois, pas après tous ces secrets, tout cet amour.

Comment continuer à avancer quand la seule personne avec qui tu veux le faire n’est plus à tes côtés?

Comment continuer à cheminer, quand la seule main qui nous poussait à le faire n’est plus là?

Comment continuer à sourire, alors que le seul visage qui rendait cela possible n’est plus là?

Comment on continue à s’aimer, alors que son amour ne ressent plus rien?

Le premier amour, rien ne vient à bout de ça. Même le temps n’y change rien. On m’a souvent dit que ce n’était pas la dernière peine d’amour que je vivrais. On m’a souvent dit que ce n’était pas la fin du monde. On m’a souvent dit que je m’en remettrais bien plus vite que je ne le pensais.

Mais on ne m’a jamais dit que de toi, je me souviendrais toute ma vie. Que de toi, j’aurais des souvenirs frais toute ma vie. On ne m’a jamais dit que ta famille me manquerait presque autant que toi. On ne m’a jamais dit que le deuil de toi était aussi celui de ta famille. On ne m’a jamais prévenu qu’en perdant mon grand amour, je perdrais ma deuxième famille.

Les années finissent par passer, non pas sans pleurs et sans rechutes de toi, mais les années passent et les saisons changent. On se reconstruit peu à peu. Je me suis rebâti une confiance, un sourire, un semblant de vie. Chaque jour me rappelait ton absence, mais petit à petit, je devenais plus forte (force que j’ignorais qui se trouvait en moi).

J’aurais voulu être celle à tes côtés lorsque tu as relevé des défis. J’aurais voulu être celle à tes côtés lorsque tu réalises tes plus grands rêves. J’aurais voulu être celle qui essuie tes larmes, qui écoute tes peines. J’aurais voulu être celle qui te sourit chaque matin et qui t’embrasse chaque soir. J’aurais voulu être celle qui t’encourage, être celle qui allait devenir la mère de tes enfants.

Un jour, mon amour, j’ai même rencontré quelqu’un qui m’a fait un peu oublier que tu étais ancré en moi.

Un jour, je me suis même surprise à sourire à un autre homme.

Un jour, j’ai même pris la main de ce même homme pour marcher, pour avancer.

Un jour, j’ai même eu envie de cet homme.

Un jour, j’ai même ressenti des papillons pour lui. Et à cause de toi, j’ai eu peur. Peur d’avoir mal, de souffrir. Mais tu sais, j’ai aussi eu peur de ne pas être à la hauteur de ce nouvel homme. Peur de ne jamais aimer comme je t’ai aimé. Peur de ne pas ressentir quelque chose d’aussi fort que ce que nous avions jadis bâti.

Puis, j’ai décidé de me laisser aller, de me laisser aimer, chérir, apprécier, complimenter. Et dieu que ça fait du bien! De vivre ça à nouveau. De se sentir en vie, belle et appréciée.

Les années continuent de passer, il y a parfois des moments où tu refais surface dans ma tête, et même dans mon ventre. Les rêves qu’on s’était inventés et les buts qu’on s’était fixés, de les vivre avec un autre, ça fait drôle. Des fois, je me surprends à me dire : « Ah oui, on s’était dit qu’on ferait ça ensemble », mais maintenant, on n’est plus ensemble, et c’est avec cette idée que je dois poursuivre mon chemin.

Cela ne changera jamais l’amour que j’ai eu pour toi ni le fait que je t’aimerai toujours. Non je ne pourrai jamais aimer comme je t’ai aimé, mais je sais que je pourrai aimer quelqu’un à sa juste valeur. Je sais que je pourrai accepter les mains d’un autre homme sur moi. Je sais qu’un autre regard pourra apaiser mes angoisses et mes doutes. Je sais qu’un autre homme pourra m’encourager à me surpasser. Je sais qu’un autre homme pourra devenir le père de mes enfants.

Mais je sais aussi que tu resteras en moi à tout jamais, et qu’un amour si fort, ça ne se contrôle pas.

Je te souhaite de réaliser tous tes rêves et tes ambitions, car même si ce n’est pas moi qui te tiens la main, j’ai toujours cru en toi et je ne te souhaite que le meilleur.

À tout jamais xx.

Vanessa Lamoureux

L’effort du temps

Plusieurs couples autour de nous se sont séparés ces derniers temp

Plusieurs couples autour de nous se sont séparés ces derniers temps. Vous saviez que cette maman s’était oubliée elle-même. Elle traversait ses journées, le teint gris et le dos courbé. Elle s’effaçait de plus en plus, de jour en jour. Et ce papa, à ses côtés, qui n’était devenu qu’un stéréotype de papa fainéant et bedonnant. Ils se sont levés un matin, en réalisant qu’ils en avaient assez des disputes, des vieilles rancunes et des longs silences… Et ce jour‑là, ces super ‑parents ont choisi de refaire leurs vies avec un autre humain.

La même maman a pris du temps pour elle. Tant qu’à être seule la moitié du temps… aussi bien se remettre en forme. Elle s’est remise à la course. Elle a couru et couru encore, de plus en plus loin et de plus en plus longtemps. Elle a découvert qu’elle se dépassait, qu’elle repoussait ses limites et qu’elle apprenait à apprécier le souffle du vent.

Celui qu’elle appelait son homme s’est aussi ressaisi. Plus personne pour passer derrière lui… pas le choix de se ramasser. Et il s’est mis à laver, à frotter, et surtout, à réaliser tout ce qu’elle avait fait pour lui. Parce que quand on est seul la moitié du temps, ça nous en laisse encore beaucoup pour réfléchir.

Puis, ils ont respectivement rencontré un petit quelqu’un qui les faisait se sentir spécial à nouveau. Plus rien n’était tenu pour acquis, tout était à reconstruire. Prendre soin de l’autre, tout en prenant du temps pour soi. Laisser de l’espace à l’autre et lui faire de la place en soi. Se laver, se raser, se coiffer… Recommencer à se sentir désirable et désiré.

Et c’est à ce moment‑là qui me vient une réflexion, aussi frappante que déstabilisante. Et si chacun d’eux avait fait les mêmes efforts pour l’autre, que ceux qu’ils ont faits pour rencontrer quelqu’un de nouveau? Et si ces deux anciens amoureux avaient pris soin l’un de l’autre, autant que d’eux‑mêmes?

Et si cette maman, encore en couple, avait pris du temps pour elle? Et si elle s’était remise à la course et à aimer la vie?

Et si ce papa avait commencé à ne pas tout tenir pour acquis, ni sa femme ni ce qu’elle faisait pour lui?

Et si, ensemble, ils avaient choisi de retomber en amour l’un avec l’autre, au lieu de se chercher un nouvel humain à aimer?

Attention, je ne condamne pas ici la séparation et je trouve tout à fait normal que l’on cherche à être heureux et qu’on prenne les moyens nécessaires pour le devenir. Ce qui me désole, c’est que dans cette société où on surconsomme sans arrêt, nous en soyons venus à échanger même les humains pour des meilleurs modèles. La vérité, c’est que la personne avec laquelle tu partages ta vie, ce n’est pas un téléphone intelligent que tu peux changer pour un plus performant.

Être en couple, c’est facile. Aimer, cajoler, faire l’amour, c’est facile. Mais essayer de se souvenir de qui nous sommes et prendre soin de soi, tout en donnant à l’autre cette même liberté, ça, c’est dur! Mais si, au quotidien, on traite l’autre comme si c’était encore tout nouveau, on a une belle solution en main.

Prendre soin de soi. Laisser à l’autre de la liberté. Aimer ses différences. Accepter ses imperfections. Et surtout, ne rien tenir pour acquis. L’embrasser, comme un adolescent. Lui faire l’amour, comme dans les premiers temps.

Si tu es en couple depuis longtemps, demande‑toi : à quand remonte ton dernier déshabillé ? Parce que oui, quand on est un vieux couple, les grosses bobettes beiges sont des choix confortables. Mais les mettrais‑tu devant un nouvel amant? Non? Alors voilà! Si on mettait tous les mêmes efforts pour notre partenaire de vie que ceux que ça nécessite pour en conquérir un nouveau, les couples tiendraient certainement plus solidement.

Rappelle‑toi pourquoi tu as choisi d’avoir des enfants avec lui ou avec elle. Rappelle‑toi ce qui t’a fait tomber en amour. Rappelle‑toi du coup de foudre et de la passion du début. Et ne laisse pas le temps effacer tout ça. Parce que la recette miracle d’un couple heureux, c’est de mettre tous nos efforts pour combattre le temps.


Joanie Fournier

 

Ce que je suis, ce que je vaux

Dans les derniers mois, j’ai mis fin à une relation qui durait de

Dans les derniers mois, j’ai mis fin à une relation qui durait depuis vingt ans, qui m’a apporté du bonheur, de beaux enfants, de la maturité, de la connaissance de soi, quelques déménagements, des voyages… et aussi certains désagréments. Sinon, la relation s’enlignerait vers sa 21e année!

Vingt ans, c’est la moitié de ma vie. C’est beaucoup. Dans mes yeux à moi et à travers les yeux de ceux qui me connaissent, je suis cette femme qui s’est mariée à vingt-et-un ans avec la certitude que c’était pour toujours. Pour toujours parce qu’une relation se travaille, évolue, se choisit encore et encore. Quand les gens nous disaient : « Au pire, vous vous séparerez! », on se révoltait. On défendait notre opinion, notre amour, notre certitude. L’amour prend du temps et des efforts, mais l’amour peut durer si on le choisit. Vingt ans plus tard, j’ajouterais : si on le choisit à deux, jour après jour.

Pendant vingt ans, j’ai été définie comme amoureuse, comme épouse, comme partenaire de vie, puis comme mère (un peu weird) de quatre enfants. Pendant toutes ces années, je me suis définie comme une bonne personne, comme une femme qui voulait s’améliorer, comme une épouse qui voulait aimer.

Si on fastforward nos années de relation, on se retrouve avec un couple qui s’était perdu de vue. Le couple a explosé. Par le fait même, c’est mon identité qui a pris le bord. Je suis devenue une mère célibataire (bizarre, quand tu n’as pas utilisé ce mot depuis vingt ans!), une monoparentale en garde partagée. Une ex-épouse-future-divorcée. Mais j’ai choisi de ne pas devenir la divorcée aigrie qui hantait mon imagination.

J’ai eu peur que les gens collent à ma nouvelle identité des idées comme : « celle qui a tout brisé sur un coup de tête » (les personnes qui me connaissent savent que je n’aurais jamais pris cette décision sans des tonnes de réflexion), « la bitch qui veut enlever les enfants au papa » (ce qui n’est pas du tout le cas, on s’est entendu sans problème sur une garde partagée même si mon cœur de maman s’ennuie de mes enfants quand ils sont ailleurs), « la femme qui a oublié son couple au profit de ses enfants » (oui, mais sans culpabilité. J’ai fait ce que mon cœur me dictait).

J’ai senti, j’ai entendu des commentaires sur ma personnalité inadéquate pour être en couple (ou pour être, tout court). Des commentaires sur mon hypersensibilité, mon intensité, mon habitude épouvantable d’analyser les situations et de rechercher de l’aide quand je ne suffis plus à la tâche. Des commentaires sur bien d’autres traits qui m’appartiennent et que je peux expliquer, que j’ai choisis dans la plupart des cas.

Oui, tout ça a contribué à la rupture, puisque ça fait partie de moi, et que je fais partie de la séparation. Après la séparation, j’ai eu peur de devoir changer pour être heureuse ou pour rendre les autres heureux, pour être « adéquate ». J’ai eu peur de ne plus savoir qui j’étais. Mais j’ai réalisé que je sais très bien qui je suis, que je choisis d’évoluer puisqu’une partie de mon identité a changé dans les derniers mois. Mais moi, je suis moi. Et dans « moi », il y a mon enfance, mon adolescence, les quarante années depuis ma naissance et les vingt années qui ont suivi mon mariage, et aussi toutes les prochaines années qui n’attendent que moi. Il y a moi comme fille, comme femme, comme ex‑épouse, comme mère, comme humaine. Et je n’ai pas à changer cela, j’ai seulement à continuer de m’améliorer.

Dans mon processus de deuil, je dois continuer de m’aimer et de me voir comme une bonne personne, puisque c’est ce que je suis. Je dois continuer de reconnaître ce que je vaux et ne laisser personne me laisser croire que ma valeur a diminué. Ça n’enlève rien aux autres, mais ça me donne le droit d’être moi.

Nathalie Courcy

Autopsie d’une rupture

Mon ex était assis dans mon salon ce soir. Il est venu installer lâ

Mon ex était assis dans mon salon ce soir. Il est venu installer l’internet chez moi. Dans un mélange de compassion, de gentillesse et d’incompréhension, il s’est offert en échange d’un repas « sur le bras ». Gentiment. Gratuitement. J’ai dit oui.

Pendant qu’il essayait de régler un problème lié à la connexion sans fil, ma fille (qui n’est pas la sienne) s’est jetée sur lui pour faire la « bataille ». Il a ri. Suspendue à son cou, elle criait, le brassait d’un bord et de l’autre et lui, il continuait ses trucs. Sans s’exaspérer. Sans se fâcher. Il agissait comme il a toujours agi envers elle, avec patience, tendresse, calme, amusement.

En le regardant, je le trouvais beau, encore. En parlant avec lui, je le trouvais drôle, encore. En le voyant agir avec elle, je le trouvais gentil. Encore. J’ai passé les sept dernières années de ma vie à penser à lui, à l’aimer. J’ai toujours cru en lui, en ce qu’il était, en ses capacités. La « belle » partie de lui et l’étrange et surtout improbable complicité qu’on avait développée m’ont toujours manquée, même lorsque j’étais avec d’autres hommes.

En le regardant ce soir, je me suis demandé à quel moment de notre histoire on avait décidé, dans nos têtes et nos cœurs, que c’était terminé. À quel moment on s’était détachés, qu’on avait simplement décidé qu’on en avait fait assez? Que c’était juste « pu ça ». Je n’ai pas trouvé de moment précis. J’ai juste vu une succession de petits moments brisés, d’incapacité à communiquer, de déceptions jamais vraiment pardonnées. Ça m’a rendue triste. Pas nostalgique.

J’ai dépassé depuis un bon moment l’étape de l’idéalisation où on ne fait que se souvenir des bons côtés de l’autre sans se rappeler les raisons de la rupture, sauf que, ce soir, quatre mois plus tard, je me pose beaucoup de questions. Pas en lien avec lui ou nous, mais sur l’amour et les raisons qui nous poussent — un jour — à ne plus aimer.

À quel moment celui ou celle qu’on a sincèrement aimé devient cette personne avec qui l’on ne se voit plus continuer?

Pourquoi on arrête d’y croire, pourquoi on arrête de s’aimer?

Pourquoi, un matin, on décide de se laisser partir sans bruit, sans chicane, sans raison précise?

Est-ce par paresse qu’on laisse aller l’autre ou par incapacité de communiquer?

Quelle est la différence entre les couples qui durent et ceux qui ne durent pas?

S’aiment-ils davantage? Sont-ils moins exigeants? Ou juste plus patients?

Comment sait-on qu’on est avec LA bonne personne ou, plutôt, à quel moment de notre relation décidons-nous d’en faire LA bonne personne?

Un ami m’a dit un jour que l’amour n’a rien à voir avec la passion et le hasard. Selon lui, l’amour, c’est un choix qu’on fait tous les jours. Une décision qu’on prend matin après matin, soir après soir, même quand c’est plate, même quand l’autre nous exaspère. C’est de voir l’herbe plus verte ailleurs, sans avoir envie d’aller la goûter. Pas de recette miracle. Pas de philtre d’amour, pas de conseils Coup de pouce pour nous aider. Ce qu’il faut, selon lui, c’est de vouloir raviver ce désir un peu abimé de voir l’autre vieillir à ses côtés. C’est de l’estimer pour ce qu’il est et, dans les moments les plus durs, savoir qu’on gagne infiniment plus qu’on ne s’effrite à ses côtés.

Je ne sais pas si les choses auraient été différentes s’il m’avait dit tout ça avant ma dernière rupture, mais ce dont je suis certaine c’est que je m’en souviendrai pour la prochaine relation. Pas par dépit, pas par peur de la solitude, mais par envie d’avancer avec MA bonne personne. Celle que j’aurai fait le choix d’aimer.

Liza Harkiolakis

Soyez vous, soyez fiers!

Dernièrement, j’ai mis fin à mon couple. Après plus de treize a

Dernièrement, j’ai mis fin à mon couple. Après plus de treize années, un mariage, trois enfants, deux maisons, j’ai pris la décision d’arrêter cette histoire. Je suis triste de cet état, triste de cet échec. Un échec qui n’en est pas un, car j’y ai gagné beaucoup au change, j’ai gagné les plus belles choses de toute ma vie : mes trois merveilleux enfants. Nous avons eu de superbes moments, des temps plus heureux que d’autres.

Je ne renierai pas les années passées, mais elles sont, justement, passées.

Ai-je changé? Ai-je manqué à ma parole d’engagement? Me suis-je trompée à certains moments? Certainement, je suis loin d’être la femme, la mère et l’épouse parfaite. Mais j’assume pleinement tout ce que j’ai dit, fait ou pas. J’assume que cette rupture vient de moi.

Je ne vous décrirai pas les détails de mes treize années partagées. Cela relève du privé. Mais je peux vous dire qu’il a fait de son mieux. Qu’il a lui aussi changé et il s’est sur certains points bien trompé. Il n’est pas un monstre, c’est un homme bien à sa mesure. Nous avons une histoire commune et aujourd’hui, les chapitres se dissocient en suites bien distinctes.

Nous aurons toujours en commun ces trois petites âmes. Nous aurons à nous voir, à nous parler, et la vie suivra son cours.

Je porte des blessures en mon sein, lui aussi c’est bien certain. Je suis cette femme qui reste toujours debout, mais qui apprend à s’asseoir parfois, à respirer, à s’approprier ses sentiments et aussi à pleurer.

Je ne me permettais pas de pleurer, je ne me permettais pas de ressentir du découragement, des échecs… Je n’acceptais pas de ne pas avoir réussi à sauver cette famille que j’avais contribué à construire. Aujourd’hui je sais, je sais que ce qui aurait dû être fait depuis déjà un temps, je le fais.

Je le fais pour eux, mais surtout pour moi.

Je suis forte dans mes faiblesses. Je suis grande dans ma petitesse et je peux vous dire tout simplement : je suis. Je SUIS.

Vous qui me lisez, SOYEZ. Soyez la personne que vous devez être. Oui, il est bien certain que dans une relation, il y a des concessions, des compromis. Mais ne compromettez pas votre personnalité, votre intégrité. Soyez fier de la personne que vous êtes, n’acceptez pas de changer, mais plutôt de vous améliorer. C’est toute une différence!

Être fort, c’est admettre ses faiblesses et chercher à s’élever au-dessus d’elles. Pas pour l’autre, mais pour soi-même, pour qu’un jour, lorsque nous regarderons derrière, nous soyons fiers. Depuis ma rupture, je suis fière de moi. Certes, défaire ce noyau familial pour en former un nouveau, différent de ce qui était prévu, est un deuil en soi. Mais nous ne disons jamais suffisamment qu’il vaut mieux être seul et heureux que deux malheureux.

Suis-je heureuse? Oui, j’ai certains bonheurs depuis quelque temps. Je les chéris plus qu’autrement. Suis-je heureuse? me répéterez-vous encore… Je ne « peux » pas l’être à cent pour cent à l’instant, mais vous savez quoi? Je le serai, bientôt. Je sais aujourd’hui que ce bonheur est revenu à ma portée.

Toi, si tu me lis, ne crois pas que je nous nie. Nous avons vécu ces années au mieux de nos capacités et aujourd’hui, c’est terminé. Mais l’aventure continue comme diraient certains… c’est simplement que les chemins se sont séparés. À nous d’en découvrir la portée, chacun de son côté.

Mes amis, je terminerai en vous enjoignant de rester fidèles. Soyez fidèles à vous-mêmes. Soyez fidèles à vos aspirations, à vos passions, à vos désirs et surtout, soyez fidèles à vos valeurs. Parfois, des gens croisent notre route pour un temps. Profitez de ces moments, vivez-les tout simplement, peu importe ce qu’il adviendra.

N’est-ce pas cela… la vie?

Simplement, Ghislaine.

La promesse

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J’aimerais vous dire que cette histoire est une histoire. Mais non. C’est mon histoire vraie. 

 

Tu fais quoi quand le désespoir te frappe et que tu réalises que même avec un enfant d’à peine un mois, son comportement ne changera pas et que tu sors en catastrophe de la maison avec ton enfant contre toi, te retrouvant dans la rue à marcher de long en large, le corps et la tête en panique parce que tu réalises que tu veux fuir, mais qu’à force de céder à l’abus financier, tu es sans le sou, que tu n’as plus de travail, pas de voiture, que tu es isolée et complètement coupée du monde extérieur et que tu gardes en secret la réalité dans laquelle tu vis bien enfouie au fond de toi et que tu t’es habituée à rester dans le silence…

Eh bien, tu commences par regarder cette enfant qui vient de naître et tu constates toute la vulnérabilité de ce petit être complètement à la merci de son monde extérieur. Tu en fais ton levier, tu te rappelles ce privilège et tu prends l’engagement : « Jamais tu ne vivras ce que j’ai vécu. Tant que je serai ta mère, jamais je ne te laisserai vivre dans la violence. Je te promets de tout mon être de t’offrir un milieu sain et sécuritaire dans lequel tu pourras t’épanouir et apprendre à briller de tous tes feux. »  Tu ne sais pas comment faire, mais tu lui promets et tu ne perds pas de vue cette promesse…

Mais tu fais quoi quand, malgré la promesse, graduellement, insidieusement, le sentiment d’impuissance prend toute la place à cause de ses manipulations perverses, de son harcèlement en continu, de ses « Crisse de pas bonne » quotidiens et de ses menaces de « Crisse ton camp et je te fais la peau »… et tout ce que tu sembles savoir faire est de garder le silence parce que tu sais que c’est la seule façon de contrôler les crises, et que tu t’étends sur le lit et le laisses faire ce qu’il a à faire… Quand ton estime part en fumée, mais qu’heureusement, après ces sacrifices de toi-même vient un moment de répit… alors tu t’en sers et tu te souviens de la promesse que tu as faite à cette enfant. Tu choisis donc de faire un petit « grand » pas…

Tu commences à en parler… Mais pas à n’importe qui, tu veux te protéger et tu veux agir avec délicatesse. Tu en parles donc spontanément à l’infirmière du CLSC qui est venue te rendre visite un lendemain de crise. Tu craques, tu baisses les armes et la peur dans les yeux, tu lui dis : « J’ai besoin d’aide. »

Avec courage, tu suis les directions qui te sont proposées, mais le cœur serré parce que la DPJ intervient et tu as peur de perdre ton enfant. Tu es déstabilisée et tu n’es pas convaincue à cause du lavage de cerveau que tu as reçu pendant des années qui t’a fait normaliser la violence et t’a coupée de ton senti. Tu collabores quand même, alors tu sors de la maison avec ton bébé naissant, tu écoutes les intervenants t’éduquer sur la violence conjugale, tu vas aux rencontres hebdomadaires qui te sont imposées et, malgré ces efforts, il réussit avec son charisme légendaire à te convaincre et à te faire entendre ses promesses à travers ses menaces que tu n’entends plus. Tu retournes à la maison parce que cette fois-ci, tu as une impression d’être en pleine possession de tes moyens et tu te crois capable de transformer tout cela en un portrait de famille harmonieux. Tu as l’impression de remplir ta promesse…

Mais tu fais quoi quand tu réalises que ses promesses à lui n’étaient qu’un feu de paille et que tu réalises que rien n’a changé à part son comportement qui est devenu de plus en plus insidieux, jusqu’à te faire douter de ta santé mentale, et que tu fais le constat amer que tu n’es plus que l’ombre de toi-même… Quand tu te tapes dessus, tu as honte, tu veux te cacher, tu vois ton existence s’effriter et tu veux disparaître, mais tu entends ton enfant pleurer au loin et tu te souviens de ta promesse…

Alors tu choisis la vie, sauf que maintenant, tu te sens mourir et tu as peur de mourir en quittant cette relation. Mourir en dedans, mourir en dehors… Eh bien, tu te dis que tant qu’à mourir, aussi bien tenter ta chance de partir. Alors tu décides, intérieurement, secrètement, de quitter coûte que coûte cette relation. Tu tiens à remplir cette promesse, tu te prépares et tu uses de stratagèmes.

Sauf que dans ce nouveau choix, tu es confuse; la peur est omniprésente, c’est le néant total, tu te sens épuisée et impuissante, mais tu es responsable de cette enfant. C’est donc non négociable, tu te rappelles ta promesse.

Alors, sans trop savoir comment, tu cesses de te battre, tu te regardes en pleine face et tu acceptes le constat de ta vie. Tu entreprends donc le plus grand voyage que tu aies connu : tu sautes dans ce vide en toi et tu réalises tout ce manque d’amour présent en toi, pour toi. Tu rencontres tes regrets, tes déceptions, tes culpabilités. Tu pleures, tu piques tes crises, ça fait mal, mais au moins, tu t’entends et ça, ça te fait le plus grand bien.

Petit à petit, cet espace se comble avec l’amour que tu commences à te donner. Un sentiment de confiance s’installe et tu arrives à choisir la foi au-delà du doute qui persiste. Tu continues à plonger en toi, à écouter et considérer ce que tu ressens en toi, et tu commences à agir en fonction de ce qui se passe en toi uniquement. Tu apprends, discrètement, à prendre soin de toi. Tu décides enfin de te montrer loyale envers ce qui est important pour toi et graduellement, tu agis en conséquence et la vie te montre le chemin, fluidement, jusqu’au jour « J ».

Ce jour-là, à force de te choisir et sans rien forcer, le courage arrive et tu lui annonces que tu pars. Tu ne le quittes pas, tu pars parce que tu te choisis et tu sens que c’est ce que tu as à faire. Mais ça, lui, il ne le comprend pas. Ses réponses donnent froid dans le dos et son comportement te foudroie et te traumatise, mais tu gardes le focus parce que maintenant, tu sais qu’en maintenant le cap sur ce qui se passe en toi, l’erreur est impossible. Parce que tu t’es rapprochée de ton senti, tu es capable de ressentir l’épée de Damoclès au-dessus de ta tête qui ne permet aucune « erreur émotionnelle » et tu ressens le danger. Alors tu agis en conséquence.

Tu tends donc la main pour que l’on t’aide. L’artillerie au complet se présente : policiers, intervenants, DPJ, travailleuses sociales, avocat, maison d’hébergement, CAVAC, IVAC, psychologue, psychiatre, inconnues, amis et nouveaux amis, tout se fait intensément, rapidement, mais fluidement, avec une synchronicité déconcertante. Tu t’es choisie, tu apprends donc que lorsque l’on se choisit, la vie répond à ton appel.  

Deux ans après ta séparation, après t’être retrouvée dans la rue avec ta fille, ton chien et quelques bagages, sans travail et en état de stress post-traumatique, tu fais les merveilleux constats que ce chemin à travers la violence t’a apportés comme apprentissage : tu as appris que tu as aussi droit au bonheur, que tu as le droit de réaliser tes rêves et que c’est possible. Tu as maintenant en toi une foi si grande que le Tout Possible est à ta porte, attendant que tu lui demandes tout ce que tu veux…

Tu touches maintenant à ta liberté d’être et ça, personne ne pourra te l’enlever parce que tu as découvert l’antidote à la violence : l’amour de soi. Plus jamais tu ne te soumettras ou ne te rendras victime de la violence, parce que par amour pour toi, tu sauras prendre soin de toi et faire les choix appropriés. Dans un contexte que tu croyais hermétique à l’amour et où tu te croyais indigne d’être aimée, eh bien, l’amour a toujours été présent et il a réussi à percer les murs de la peur et du doute comme le soleil qui brille derrière les nuages et qui finit toujours par réapparaitre. Mais t’en souviens-tu maintenant? Regarde ta fille et vois : tu as tenu promesse…

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