Tag vie

#AllLivesMatter

Que valent un Blanc, un Noir, un membre des Premières Nations, une

Que valent un Blanc, un Noir, un membre des Premières Nations, une personne riche, un handicapé, un homme avec ses deux jambes et ses deux bras, un aîné atteint d’Alzheimer, une femme qui a fait une fausse couche, un enfant dysphasique, un criminel récidiviste, un employé, un ado rebelle ou un premier de classe ?

Qui vaut plus, qui vaut moins, qui ne vaut rien ?

Comment évalue-t-on la valeur humaine ?

En termes financiers ? D’actifs et de passifs ? En quantité d’amour reçu et donné ? En fonction des diplômes potentiels ou obtenus ? En évaluant la descendance à venir ? En fonction de ce que la personne apportera à la société et de ce qu’elle lui coûtera ? En dénombrant les amis et les ennemis ? Ou le nombre d’« amis » Facebook ?

La vie des Noirs compte. Tout à fait. La vie de Joyce compte. Tout à fait. Je suis d’accord avec tous ces mouvements, avec toutes ces idées. Ce sont des réflexions nécessaires pour faire respecter les droits de tous et pour obtenir la justice pour tous.

Mais j’ai le goût d’aller plus loin. J’ai le goût de dire que #AllLivesMatter. Toutes les vies comptent. La vie de toutes, la vie de tous, la vie des jeunes, des vieux, de ceux du milieu. La vie de ceux qui entrent dans la norme et de ceux qui cassent le moule volontairement ou génétiquement. La vie de ceux qu’on voit comme « méchants », les pas fins des uns et les pas fins des autres, comme la vie de ceux qui se font encenser pour leur bonté ou parce qu’ils ont trouvé le traitement du cancer. Toutes les vies comptent.

Ça vous choque ? Vous pensez que le tata qui a battu sa femme mérite la mort ? Que le politicien qui enfile les absurdités devrait disparaître ? Que l’enfant qui dérange devrait être expulsé du système scolaire ? Que la maman enceinte d’un bébé polyhandicapé devrait se faire avorter, that’s it, that’s all ? Ben non. Je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord avec la méchanceté, avec la tatatitude non plus. Je suis en faveur de la prévention et des conséquences. Mais la vie de tous vaut quelque chose. Point.

On ne sait pas ce que les gens peuvent devenir. On ne sait pas ce qu’ils peuvent faire devenir leur entourage et même des inconnus.

Personne n’a toutes les versions de l’histoire de quelqu’un, personne ne détient la vérité totale sur le passé, le présent et le futur des autres. Et personne n’a le droit de menacer quelqu’un de lui enlever la vie. Personne n’a le droit de souhaiter la mort ou la douleur. En personne ou à travers le faux anonymat des médias sociaux.

Ce qu’on sait, c’est que personne n’a le droit de décider si un humain existe ou non.

Nathalie Courcy

Maman est là

Maman est là…

Mes a

Maman est là…

Mes amours, il ne se passe pas une heure sans que maman pense à vous. Depuis que vous êtes tout petits, ma mission première est de vous protéger. Vous protéger de la méchanceté, vous protéger de ceux et celles qui voudraient vous blesser.

Mes amours, dans votre parcours de vie, vous allez en rencontrer des gens qui voudront vous rabaisser. Des personnes qui auront pour mission de vous blesser simplement pour pouvoir eux-mêmes réussir à se remonter. Vous allez probablement connaître la peine, la colère et la frustration. Vous allez certainement rencontrer et combattre de multiples émotions.

Mes amours, maman voudrait tellement vous protéger. La vie est belle et grandiose, cette même vie qui amène son lot de bonheur dans nos cœurs. Toutefois, sur votre chemin vous allez immanquablement rencontrer l’autre côté de cette médaille, c’est-à-dire l’animosité. Maman cherche comment vous y préparer. Maman aimerait tellement que cela ne soit jamais votre réalité.

Depuis que vous êtes petits, maman vous enseigne l’acceptation des autres, l’acceptation des différences et l’acceptation de soi. Depuis que vous êtes petits, maman cherche à vous donner le meilleur pour que vous puissiez avancer, sans vous faire dénigrer. Mes enfants, maman aimerait vous promettre de toujours vous épauler, vous conseiller, vous guider. Les amis viendront et partiront. Les vrais amis resteront et vous apprécieront.

Mes amours, à votre tour de me promettre de ne jamais changer pour qui que ce soit. Mes amours, n’oubliez jamais que maman est là et sera toujours là.

Véronique Daigle

Ta vie en réseaux sociaux

Depuis le début des vacances, dans mes fils d’actualités toutes

Depuis le début des vacances, dans mes fils d’actualités toutes plateformes confondues, je ne vois que du beau, que du bien placé, que du parfait… et ce matin, je me questionne sur ce tout magnifique. Non pas par jalousie ni par envie, parce qu’on s’entend qu’il est très facile de copier plus d’un moment magique. Est-ce que c’est ta vraie vie, ton vrai moment? As-tu seulement le goût de te conformer à tout ce qui accroche l’œil dans nos réseaux sociaux? As-tu besoin de rendre ta vie parfaite pour oublier celle dans laquelle tu vis?

Cette photo de ton souper de canard laqué à l’orange, est-elle vraie? Ou tu cherches seulement à camoufler le macaroni au fromage que tu as mangé? Le bouilli que j’ai fait pour souper, je n’en ai pas fait un événement. Nous ne sommes pas allées au marché public du coin pour acheter des carottes que ma fille tient fièrement dans son petit panier d’osier et pour en faire une photo.

Penses-tu vraiment à habiller toute la famille dans les mêmes teintes pour tes photos de famille? Ou c’est juste que tout votre linge match de toute façon? On dirait que tu es en séance photo tous les jours.

Tes millions de posts sur ton chum paaaaarrrrfffffait, sont-ils vraiment nécessaires? Essaies-tu de cacher une relation qui bat de l’aile? As-tu besoin de te convaincre que c’est ça l’amour?

Mon chum, je l’aime, chaque jour un peu plus, mais je ne post pas une photo chaque jour pour vous le dire. Il le sait, c’est ça l’important, non?

Pourquoi tes photos sont-elles toutes dignes d’un scénario Pinterest? Pourquoi ne pas juste vivre le moment présent sans que tout soit parfait? Ton enfant sautera peut-être dans la bouette sans que les éclaboussures soient parfaites, mais ta photo sera vraie.

Pourquoi sens-tu le besoin de nous partager chaque petit souvenir de ta vie? Tes photos sont belles, même très belles. Mais n’as-tu pas envie d’en garder juste pour vous? Te faire un petit jardin avec ta famille n’est-il pas important pour toi?

Pourquoi ce besoin de te conformer à tout ce que tu vois défiler sur ton fil d’actualités?

Et moi, pourquoi je te partage ma vie plus qu’imparfaite? Par besoin de reconnaissance, pour me sentir moins seule?

Mélanie Paradis

 

Mes amis qui pleurez

Mes amis qui pleurez ou qui êtes en colère contre la vie, merci de

Mes amis qui pleurez ou qui êtes en colère contre la vie, merci de vous ouvrir à moi et de me confier une partie de votre trop-plein. Je n’ai pas encore trouvé la baguette magique pour sauver le monde ou le vôtre, mais au moins, je peux écouter. Je peux comprendre. Je peux compatir. Je peux même dire ce que je pense ou ce que je ressens, si ça vous tente de l’entendre.

Mes amis qui avez l’impression de traverser un tsunami sans fin, ne lâchez pas, n’abandonnez pas. Continuez de vous accrocher pour vous, pour vos enfants, pour vos familles, pour votre travail ou votre chat. Toutes les raisons sont bonnes pour s’agripper à la vie.

Mes amis qui avez déjà entendu tous les conseils et toutes les remarques visant à vous aider à remonter la pente (ou au moins à arrêter de glisser vers le fond), ne m’en voulez pas si je vous répète que l’espoir existe même dans le pire des brouillards. Si je vous dis d’aller chercher de l’aide, que la mort ne sera jamais la solution, que les épreuves ont leur raison d’être même si on s’en passerait bien… ce n’est pas pour vous faire suer ni parce que la Ligne Parents ou le psy d’à côté le dit. C’est parce que j’y crois sincèrement. C’est parce que moi aussi, un jour, on me l’a dit, et que ça m’a peut-être sauvé la vie. C’est parce que j’ai réussi à traverser des tunnels interminables et trouver la lumière de l’autre côté. C’est parce qu’on ne sait jamais si cette parole dite ou tue changera le cours des choses. C’est parce que c’est ma façon de vous dire « Je t’aime, je tiens à toi. Vraiment. »

Mes amis, vous avez le droit de cesser de me parler pendant des semaines et des mois même si je m’inquiète. Je comprends que parfois, c’est juste trop. On a besoin de se replier sur soi ou de prendre le temps de s’organiser. Permettez-moi de continuer de vous envoyer des ondes lumineuses et enveloppantes pour vous soutenir et vous protéger. Je suis là pour vous, peu importent le jour ou l’heure. Si jamais je réponds en disant « Est-ce que je peux te rappeler? Je prépare le souper. » et que c’est urgent, vous avez le droit de me dire « Non, c’est maintenant que j’ai besoin de toi. ». Si je dis quelque chose qui vous dérange, vous avez le droit de me le dire aussi. Je peux me tromper moi aussi!

Mes amis, vous faites partie de ma famille. Je vous ai choisis, et chaque jour, je choisis de vous garder près de mon cœur et dans mes pensées. J’aimerais tellement avoir le superpouvoir de vous débarrasser de la lourdeur qui s’abat sur vous et semble ne pas vouloir vous lâcher. Mais je sais que le temps et les actions feront leur travail. Moi, je suis là pour le soutien moral, pour écouter et aussi, si vous en avez besoin, pour dire des niaiseries et vous changer les idées.

Mes amis, si jamais je trouve la baguette magique qui fait disparaître les soucis, promis, je m’en servirai avec vous! Mais d’ici là, j’ai des oreilles et une épaule, servez-vous-en autant que vous voulez.

Nathalie Courcy

 

Si vous avez besoin d’aide

Ligne québécoise de prévention du suicide

www.aqps.info

1-866-APPELLE (277-3553)

Jeunesse, J’écoute

www.jeunessejecoute.ca

1-800-668-6868

Tel-Jeunes

www.teljeunes.com

1-800-263-2266

Ta fausse couche, ton vrai bébé

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Pourquoi on utilise ce terme‑là? Faire une fausse couche? Faux en quoi?

Toi, ce bébé qui grandissait au creux de ton ventre, tu l’aimais de tout ton être… Il était vrai… le peu de temps où son petit cœur a battu, ce bébé, oui, il était vrai.

Un matin, tu as ressenti cette douleur dans tes entrailles… Tu te sentais si mal… Tu as baissé tes culottes… Il y avait tout ce sang… Tu as eu si peur…

Mon bébé? Es-tu correct? Que se passe-t-il? Je t’en prie, ne t’en va pas! Je t’en supplie!

Puis, le pire mal que tu n’aies jamais ressenti a commencé. La souffrance te levait le cœur. Le sang coulait de plus en plus. Et… tu l’as vu.

Ce n’est pas toi mon enfant… tu es si petit… si gluant… ça doit être autre chose! Ça ne peut pas être toi! Je t’en prie, NON!

Le lendemain à la clinique, l’infirmière te pose trop de questions. Tu es dévastée. Tu pleures. Tu as peur. Tu saignes encore tellement que l’espoir s’échappe un peu plus chaque minute. Tu réponds comme une automate…

Dites-moi qu’il n’est pas mort? Vous pouvez m’aider? C’est mon bébé! On a entendu son petit cœur la semaine dernière! On l’a annoncé à notre famille hier… Pourquoi tout bascule?

Le médecin t’explique l’échographie, les examens, les prises de sang… mais tu ne comprends rien. Tu pleures. Tu as mal. Tu te sens vide.

La nature? C’est la nature? Pas viable? Qu’ai-je fait de mal? Ai-je trop bougé? Trop travaillé? Pas assez mangé de vitamines? Pas assez fait attention?

Ça arrive? Comment ça, c’est la vie? NON, C’EST LA MORT!

Le jeune homme qui fait ton écho fuit ton regard. Il ne voit rien. Il n’y a plus rien. Ce cœur qui battait si vite et t’avait envahie d’une immense vague d’amour… ce cœur n’est plus là.

C’était mon bébé. J’étais déjà sa maman. Pourquoi personne ne perçoit ma tristesse? Personne ne comprend!

– T’en fais pas ma chérie, on va réessayer…

Je ne veux pas essayer! Je veux que ce petit être soit encore en moi! Il est parti en arrachant un morceau de mon cœur. Rien ne sera jamais comme avant. Pendant quelques semaines, j’ai été ta maman…

– Madame, vous avez fait une fausse couche.

Mon bébé n’est plus là. Il ne sera jamais qu’un embryon, sans avenir, sans espoir, sans vie. Pour eux, il n’aura jamais existé… 

Pour toi, ce bébé était vrai… Tu l’as aimé. Ton corps ne sera plus le même, il a porté une vie. Jamais tu ne t’es sentie aussi vide que maintenant. Peut-on seulement entendre ta détresse et te prendre la main?

Gwendoline Duchaine

 

La vie devant soi

Dans quelques jours maintenant, je m’envolerai seule vers l’Espa

Dans quelques jours maintenant, je m’envolerai seule vers l’Espagne. J’irai marcher pendant quarante‑deux jours sur les chemins de Compostelle. Quarante‑deux jours de marche pour mes quarante‑deux ans. C’est un heureux hasard ou la synchronicité qui se poursuit. J’ai choisi deux caminos pour la mer et ses montagnes, soit le Del Norte et le Primitivo. Je laisse derrière moi mon amoureux, mes trois enfants, ma famille et mes amis. Ils m’accompagneront toutefois dans mon cœur et dans ce que je suis.

Pourquoi je pars? Bien des gens m’ont posé la question avant même que je me la pose moi‑même. À dire vrai, je ne sais pas vraiment. Je sais toutefois que je ne pars pas pour les mêmes raisons qu’il y a quelques années alors que j’avais décidé d’entreprendre cette aventure. J’aurais envie de répondre qu’aujourd’hui, je pars parce que je veux découvrir cette côte nord de l’Espagne et ses paysages magnifiques, parce que je veux m’imprégner de ses cultures locales et m’ouvrir aux rencontres, parce que j’aime marcher tout simplement et qu’il y a assurément un défi personnel physique à ce parcours qui me semble tout sauf facile. Ça semble manquer un peu d’introspection à mon grand désarroi, mais c’est comme ça. Il y a probablement d’autres raisons inconscientes et des réponses qui se pointeront le nez au tournant d’un chemin. Pour le moment, ça n’a aucune importance.

Puis, on me demande : tu n’as pas peur? À vrai dire, autant je ne connais pas toutes les raisons qui m’appellent là‑bas, autant je peux vous nommer les peurs innombrables qui m’habitent. Ces peurs étaient inexistantes il y a quelques mois, mais plus la date de mon départ approche, plus je me sens anxieuse. Je n’ai jamais voyagé en Europe. Je ne connais pas les escales et les transferts d’avion. J’ai donc choisi deux escales soit à Paris et Amsterdam afin de dépasser ces peurs et me permettre de visiter les alentours un peu, puis je reviendrai par le Portugal. J’ai aussi peur de ne pas trouver d’endroit où dormir, j’ai peur de perdre mon passeport, mon argent ou pire, de me faire voler; j’ai peur que quelque chose arrive à mes proches alors que je serai trop loin, j’ai peur de me blesser et de ne pas terminer mon voyage, j’ai aussi peur, et de l’écrire me terrifie, de ne pas revenir. Mais oui, oui, je reviendrai.

Et au‑delà de ces peurs, au‑delà de ne pas connaître toutes les raisons m’emmenant vers Compostelle, je partirai. Je partirai heureuse de découvrir une autre partie du monde et de réaliser un rêve, le mien. J’irai user mes bottines dans quatre pays différents et je garderai les yeux grands ouverts devant toute cette beauté de l’inconnu. Je partirai en étant qui je suis, avec le meilleur de moi‑même et avec ma zone d’ombre. Je travaillerai mon anxiété et par le fait même mon lâcher‑prise. Je me ferai confiance, ferai confiance à ceux que j’aime et à la Vie.

Merci à mon amoureux et à mes enfants qui laissent partir leur femme ou leur mère pour qu’elle marche sa douce folie. Merci de me laisser partir sans que je me sente trop coupable et de m’accompagner dans mes rêves à moi. À vous mes amours, ma famille, mes amis et à vous qui lisez ces quelques lignes, je vous souhaite de réaliser vos rêves. Aujourd’hui, demain ou bientôt.

Isabelle Bessette

L’école de la vie

Quand on allait à l’école, on redoublait d’efforts pour excell

Quand on allait à l’école, on redoublait d’efforts pour exceller partout. On nous bourrait le crâne de matière grise en nous disant que tout était tellement important. On en a passé, des nuits blanches à étudier et des veilles d’examens à stresser… On a dû prouver qu’on connaissait des centaines de dates, de données et de noms par cœur. On nous a aussi mis à l’épreuve avec des travaux pratiques… Puis un jour, on nous a mis un diplôme entre les mains en nous disant qu’on avait réussi.

Puis, les années ont passé. On a réalisé avec elles que le plus important, en fait, on ne l’avait pas encore appris. Parce que la vie aussi vient avec son lot de tests, d’examens et de travaux pratiques…

Des petits tests, par-ci, par-là, pour nous apprendre des petites leçons… La première toilette qui se bouche, les premiers impôts à envoyer, le premier accrochage en voiture, etc. De petites épreuves, pour nous montrer de petites choses…

Puis des examens, pas mal plus importants, pour nous aider à comprendre que de grandes responsabilités viennent avec de grandes décisions… Avoir un enfant, choisir son ou sa partenaire de vie, payer une hypothèque, etc.

Sans oublier les travaux pratiques… Parce que oui, la vie vient aussi avec des travaux pratiques, juste pour voir si on a bien assimilé les leçons… Des chutes, des pertes, des deuils… Des moments difficiles desquels il faut apprendre à se relever. Juste pour passer l’examen.

Et pendant qu’on passe quarante heures par semaine à travailler, pendant qu’on court entre le gym et les rendez-vous, on oublie encore de retenir le plus important…

Et tout comme notre parcours scolaire, l’école de la vie se terminera un jour aussi. On nous annoncera que c’est terminé, sans qu’on ait pu voir la fin arriver. Et tout comme à l’école, on réalisera qu’en fait, on n’a pas eu le temps d’apprendre le plus important…

Parce qu’on était trop occupés à courir à gauche et à droite. Parce qu’on en a vécu, des hauts et des bas. Et parce qu’on ne sera jamais allé aussi loin qu’on aurait voulu… et que pendant ce temps-là, la vie, elle, continuait aussi de se presser pour arriver à temps.

On aura oublié de s’arrêter. On aura oublié d’apprécier. On aura oublié de s’aimer…

Et si on écoutait les professeurs de la vie? T’sais, ceux et celles qui ont déjà vécu la leur et qui ont tellement à raconter… Il serait peut-être temps de les croire, quand ils nous répètent que « ça passe trop vite et qu’il faut en profiter ».

Et si on choisissait de les entendre, au lieu d’attendre que notre vie passe pour réaliser qu’on a oublié d’apprendre la plus grande des leçons… Et si au lieu de donner notre 110 % chaque jour au travail, on essayait d’obtenir une meilleure note avant la fin de notre existence…?

Lorsque la cloche sonnera, quelle note voulez-vous sur le bulletin final de votre vie?

 

Joanie Fournier

À vous trois

À vous trois,

Les amours de ma

À vous trois,

Les amours de ma vie, ceux qui m’ont permis de vieillir, oui, oui, à vous!

À vous, qui avez su me faire aimer la vie.

À toi, ma choupinette, quand j’ai su que tu étais là, bien présente dans ma toute petite bedaine d’adolescente d’à peine dix huit ans, mon cœur s’est empli de joie! Parce que ton papa me semblait le meilleur, celui dont toutes les petites filles rêvaient… parce que chaque jour, ton sourire et tes frustrations d’enfant de huit ans me rappellent à quel point je peux t’aimer. Tu resteras à tout jamais ma princesse, ma grande fille, ma belle grande fille d’amour.

Ensuite, petit loup est arrivé quinze mois plus tard. Enfinnnnn, ma famille était complète! Papa et maman étaient tellement sur leur nuage! Petit garçon, grands soucis : les semaines d’hospitalisation, les quatre opérations. Mais comme je t’ai toujours murmuré à l’oreille : « Prépare toi, petit garçon, elle sera longue l’expédition, et même si on n’en revient jamais vivant, il faut regarder droit devant. » Mon beau petit bout de bonheur qui traversait chaque épreuve mieux que nous, ton père, ta sœur et moi! Merci de faire partie de nos vies… je t’aime.

Un jour, entre papa et maman, ça n’allait plus du tout, les chicanes se succédaient. Maman a décidé de mettre un point final à tout ça. Mais sachez, mes amours, que ce n’est pas de votre faute.

Quelques mois plus tard, maman a rencontré celui qu’elle croyait être le prince charmant… nous avons eu un beau petit bébé de cette union, mais sachez que maman ne vous aime pas moins que ce petit bout de chou!

Un beau grand garçon aujourd’hui âgé de presque trois ans. Un autre petit guerrier! Qui a failli laisser sa vie à l’âge de deux ans… Mon grand colosse qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Mon beau grand blond qui sait nous faire rire à tout moment. Mon guerrier, je t’aime plus que tout.

Maman s’est fait laisser quatre ans plus tard, par ce fameux prince… celui qui lui promettait l’éternité!

Aujourd’hui, six mois après cette séparation, maman est fatiguée, fatiguée de se battre.

Mais aujourd’hui, quand maman a faussement pensé qu’elle avait tout échoué dans sa vie, elle a pensé à vous trois. Vous trois qui rendez ma vie plus que merveilleuse, vous trois sans qui ma vie aujourd’hui n’aurait pas de sens.

Merci d’être mes enfants, merci la vie de m’avoir donné ces trois petits miracles.

Un jour, la vie sera plus belle.
À toi maman qui n’en peut plus, regarde tes enfants et souris à la vie.

Eva Staire

La dépression est en colère

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Je ne tournerai pas autour du pot avec une intro cute qui amène mon sujet en douceur avec une p’tite touche mielleuse, non. J’vais juste vous le garrocher de même. Je vais juste cracher ma colère sur ce papier rempli d’appréhensions.

Ça parle un peu plus de maladie mentale ici et là depuis quelques années, mais j’te jure que les gens jouent plus la carte de la fake compréhension qu’autre chose. Ils sont juste pas prêts. Y a une belle masse d’amour sociale qui circule et qui publicise cette réalité, mais j’y crois pas vraiment, pas souvent. Aujourd’hui pas pantoute. J’suis vraiment en crisse aujourd’hui même.

Si la dépression était une discipline olympique, j’aurais participé pas rien qu’un peu. J’ai braillé tous les jours de l’année dernière. Mes glandes lacrymales sont rendues tellement musclées qu’elles pourraient traîner un autobus rempli de dépressifs. C’est ma deuxième dépression majeure en six ans. J’ai trente ans. Mais t’sais, ça arrive pas juste de même comme une malédiction. Pour moi, c’était écrit dans le ciel, mais j’ai rien vu arriver quand même.

Ma famille est touchée. Ça fait partie des fibres de l’être humain que je suis. Faut que j’arrête d’être en crisse après la vie parce que ça m’avance pas de me dire que j’aurais pu naître dans des conditions de vie beaucoup plus favorables au bonheur. J’aurais pu naître dans de plus grandes difficultés aussi, je le sais. Moi, j’ai hérité d’une maladie qui rend malheureux, qui des fois donne envie de s’arracher à ce monde, pis qui d’autres fois donne le goût de savourer tous ces morceaux de bien-être pur lorsqu’ils passent. L’effet montagne russe, you know ?

 

La vie est une roue qui tourne. La mienne est un cycle d’émotions qui teinte mon quotidien aux couleurs du moment. Comme le potage le midi dans les restos, tu fais avec ce qu’y a.

J’ai grandi avec beaucoup de tabous pis un jour, j’ai réalisé que c’était pas de même partout. Fallait cacher ça la dépression, et surtout les problèmes s’y rattachant. Ces tabous protègent encore ceux à qui ils profitaient et c’est bien là le principe d’un tabou. J’ai réalisé que ma vie était différente de celle de ben du monde à mon arrivée au secondaire, lorsque les amis sont toute notre vie et qu’on fusionne avec eux. Je me suis rebellée et je me suis rattachée à l’espoir. Je voyais ma vie comme une prison de laquelle j’allais un jour pouvoir me libérer. Sauf que c’était moi la prison. Huhu ! Et je suis partie vivre plus loin, dès mes seize ans. Et de plus en plus loin au fil des ans. Ces événements m’ont tellement marquée, cette violence et ces abus, qu’on dirait que j’ai eu un tag au fer rouge dans le front qui invite à l’abus. Je pourrais séparer cela en tomes tellement ma vie est parsemée d’histoires impossibles pour une seule personne…

Le fait est qu’à présent, je livre un combat avec les démons de mon passé, avec l’aide d’un copain en or et le soutien d’une petite poignée de gens en qui j’ai confiance.

C’est pas que j’aime pas les histoires aux fins heureuses, mais je trouve que ces histoires vécues sur la maladie mentale sont souvent livrées léchées et débouchant sur une guérison oh combien remplie d’espoir. J’suis peut-être juste jalouse.

J’avais surtout envie de te dire que je te comprends, toi et ta douleur impossible à décrire à ceux qui t’entourent, ton désespoir tellement intense que t’as de la misère à l’avouer aux autres, ton tourbillon noir qui t’embrume les idées. Je voulais juste être transparente, même si je me censure encore énormément. Faut trouver la meilleure recette possible pour soi-même et se permettre une bonne dose d’empathie. Des fois, les biscuits et la crème glacée à la vanille, ça aide, mais affronter la bête est plus difficile encore. Il y a un temps pour traverser les étapes de la guérison et apprendre à se déplacer sans tomber sur une mine.

Laurie Buckell

 

Une vie sans vacances

Haaaa les vacances ! C’est quoi, dans le fond ? Un mélange de

Haaaa les vacances ! C’est quoi, dans le fond ? Un mélange de temps que l’on s’accorde pour soi, pour passer du temps en famille ou entre amis, pour visiter de nouveaux endroits et pour sortir de la routine ? Une vie sans vacances, vous imaginez ? Et s’il était possible de se sentir en vacances tous les jours ? Vous y avez déjà pensé ?

On ne se voilera pas la face : dans notre société, on court comme des fous ! On se lève plus tôt, on court pour préparer les enfants, on court pour arriver au boulot à temps. Au boulot, on court pour en faire plus, toujours plus, et avec toujours moins, en plus ! Puis quand la journée semble terminée, au contraire, le « shift de soir » embarque ! Métro, boulot, dodo, fatigue… et hop, on recommence !

Ce n’est pas étonnant que nous ressentions le besoin de prendre des vacances… des vacances de cette vie. Mais quand on y pense, le bonheur, le vrai bonheur, ça devrait être tout le contraire ! On devrait être heureux de vivre tous les jours, pas seulement deux semaines par année.

Trouvez un emploi avec des horaires plus flexibles… des heures réduites… la possibilité de travailler de la maison… Mais surtout, surtout, trouvez un emploi qui vous fait vibrer. Un emploi qui vous ressemble et pour lequel vous avez envie de vous lever le matin. Mission impossible ? Non, il faut seulement revoir vos priorités.

Se construire une vie de laquelle vous n’aurez pas besoin de pause. Voir des amis. Voir la famille. Voyager. Sourire. Prendre soin de soi. Et des autres. Être heureux au quotidien. Ne pas attendre de date pour faire tout cela. Prendre le temps, un peu chaque jour. Prendre le temps, pour vrai.

C’est ça, se construire une vie de laquelle nous n’avons pas besoin de pause… Comment se fait‑il que nous attendions les vacances pour faire tout cela ? Comment se fait-il que nous soyons si enfermés dans ce tourbillon que des vacances semblent indispensables ? Si nous n’y changeons rien, nous nous réveillerons un beau matin, et nous réaliserons que la vie est derrière nous et que nous l’avons tout simplement ratée au passage.

Un adage dit : « Travaille pour vivre, mais ne vis pas pour travailler. » Parce que la vie court elle aussi, à une vitesse folle. Le temps la suit, à vive allure. Et rien ne va les arrêter. Alors vous avez le choix de courir après eux, en priant pour les attraper un jour… quelque part en décembre et quelque part en juillet… Ou bien vous pouvez décider que votre vie vous appartient et que le temps est vôtre également. Vous avez tout le pouvoir de dire : « Aujourd’hui est la première journée d’une nouvelle vie. » Et vous avez le droit de refuser le moule qu’on vous impose. Vous avez toute la vie devant vous…

Laquelle voulez-vous vivre ?

Joanie Fournier

 

Tirer sur la plug

Mon corps a tiré sur la plug. Tout seul. Sans prévenir. J

Mon corps a tiré sur la plug. Tout seul. Sans prévenir. J’enchaînais les patients, les appels, les requêtes, les messages, les enfants, les activités, les concerts, les sorties, les corvées, les chiens, la maison, les kilomètres, les entraînements… Il a dit STOP, d’un coup. Mon corps a tiré sur la plug. Et je me suis effondrée…

J’aurais pu m’en douter. J’aurais dû écouter les signes… Mais la fatigue, à force de la cumuler, on ne la sent même plus… Tu dis « oui » à tout parce que ton cœur est trop grand et tu t’uses… Mon trop-plein d’énergie est anéanti. Mon corps a tiré sur la plug.

Ce matin-là, ma salle d’attente était pleine. J’ai voulu me lever. Je ne voyais que des éclairs lumineux. J’ai frotté mes yeux, avalé une gorgée d’eau, passé un appel… ma vue empirait. Je ne voyais plus rien, tout scintillait. Je sentais mon esprit s’en aller. J’ai pris ma pression. Rien n’allait bien.

Mon corps a tiré sur la plug. Il m’a lâchée. Il m’avait prévenue, pourtant…

Je ne voyais plus, j’entendais mal, tout tournait et tanguait. J’avais de la difficulté à respirer, mes signes vitaux partaient dans tous les sens, rien n’était logique. Le médecin essayait de me rassurer. J’ai cru que j’allais mourir là. Que c’était fini. Mon corps a tiré sur la plug.

J’ai pensé à mes enfants, j’ai appelé mon amoureux, j’ai eu peur. On a eu peur. Je continue de trembler… parce que nous n’avons pas encore trouvé ce qui s’est réellement passé…

Je me suis relevée tout doucement, les jours ont passé, mais je n’arrive pas à me retrouver complètement. Chaque fois, mon organisme trouve un moyen de me ralentir encore. Je l’ai trop poussé. Je lui ai demandé l’impossible pendant presque quarante ans et il n’en peut plus. C’est ça, vieillir ? Je me sens abandonnée par moi-même… et depuis je suis… lente. J’ai peur que ça recommence. J’ai peur que ma santé me lâche. Je ne peux plus faire de sport. Je suis au ralenti. Tout le monde se demande où est passée la femme dynamique et hyperactive.

Son corps a tiré sur la plug.

C’est quand tu perds un morceau de ta forme que tu réalises à quel point c’est un luxe d’être en santé, que c’est si précieux et si beau.

Comme mon corps m’a débranchée, j’ai décidé de lever le pied. C’est un signal que je ne peux me permettre d’ignorer. Ce corps qui a porté trois enfants, qui les a nourris et élevés, n’est même plus capable de les accompagner. Ce corps qui n’arrive plus à aimer son amoureux comme je le souhaiterais… Ce corps qui n’a plus la productivité attendue au travail et dans la société… Il a tiré sur la plug.

Alors, il se peut que j’écrive un peu moins et que je lise plus. Il se peut que je coure moins et que je marche plus. Il se peut que je m’entraîne moins et que je me repose plus. Il se peut que je sorte moins et que je dorme plus. Il se peut que je donne moins et que je prenne plus. Il se peut que je travaille moins et que je relaxe plus. Il se peut que je réponde moins et que j’ignore plus. Chers enfants, amis, collègues, lecteurs, voisins, soyez indulgents… Soyez patients…

Mon corps a tiré sur la plug. Et moi, j’essaie de le rebrancher sans faire sauter les plombs…

Gwendoline Duchaine