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Ce drame si près – Texte : Nathalie Courcy

J’habite à deux heures de Montréal, épicentre des crimes au Québec. J’habite dans une grande

J’habite à deux heures de Montréal, épicentre des crimes au Québec. J’habite dans une grande ville somme toute pas mal tranquille. Dans un quartier sécuritaire. Et pourtant, bang ! Ce qui a tous les airs d’un drame familial (lire : le meurtre de deux enfants innocents suivi d’un suicide) a eu lieu à cinq minutes de chez moi. Cinq. Petites. Minutes. Allons-y avec un cliché : ça n’arrive pas qu’aux autres. Ça n’arrive pas qu’ailleurs. Ça arrive dans notre cour, dans notre quartier, dans notre communauté.

Les détails liés aux décès seront révélés avec le temps et l’enquête. Tout porte à croire que des signes clairs avaient été vus et rapportés aux autorités. Les services et les soins arrivent toujours trop tard quand il y a des morts, de la violence, des menaces. Tout simplement parce que dès qu’il y a une menace, un geste ou une parole de violence, un meurtre, il y a déjà des dégâts. Il y a déjà une demande d’aide qui n’a pas été faite ou entendue.

Le résultat aujourd’hui est permanent : une maman, des grands-parents, des voisins, des amis ont perdu des humains qui leur étaient précieux. Des vies ne se poursuivront pas. Tout un quartier est choqué. Une province soupire : « Encore ? Quand ça va arrêter ? »

Une humanité pleure.

Est-ce qu’on peut laisser les enfants en dehors de ça ? Est-ce qu’on peut préserver la vie et même l’honorer ?

On ne peut pas tout mettre sur le dos de la pandémie. La violence existait avant, elle existera après. Mais est-ce possible que l’isolement, le stress, les difficultés économiques, les dépendances aient rendu une partie de la population à ce point désespérée que la vengeance et la mort leur apparaissent comme des solutions ?

Je remarque que plusieurs sont plus extrémistes qu’avant dans leurs opinions et leur façon de s’exprimer. N’y a-t-il plus de place pour les nuances ? Pour la bienveillance ? Pour la patience ?

Time-out d’adulte. La méthode du retrait, ce n’est pas que pour les enfants. On s’éloigne de la situation, on respire, on cherche des solutions, on va chercher de l’aide et on revient dans la société seulement quand on est capable de s’exprimer avec respect.

Afuuu ! Afuuu ! Inspire, expire, repeat.

 

Nathalie Courcy

Une autre journée ! Texte: Nathalie Courcy

10 septembre, Journée mondiale de prévention du

10 septembre, Journée mondiale de prévention du suicide. Eh oui, une autre journée mondiale ! La 19e pour cette cause. Je ne sais pas si un jour, les humains décideront d’annuler cette journée de sensibilisation en se disant « C’est beau, les gens ont compris. Les taux de suicide sont presque nuls, on peut arrêter d’en parler ». Je ne pense pas, hein ?!

Je ne pense pas parce que même un suicide, c’est un suicide de trop. C’est une personne qui a tellement souffert à l’intérieur qu’elle a pensé que la mort était un moindre mal. Il faut que ça fasse mal en dedans en titi pour en venir là.

Le SUI-cide, ça veut dire se tuer soi-même. Non seulement décider de se tuer (avec ou sans l’esprit clair), mais le faire. Faire le geste qui nous tuera. Avoir cette violence envers soi qui prendra notre vie. Pour toujours.

J’ai souvent déposé le pied dans la mince marge entre le désespoir total et la décision de me tuer. Mais chaque fois, je l’ai retiré. Ce n’est pas tant la douleur qu’aurait créée le geste fatidique qui me retenait, mais le geste lui-même. Cet éclair d’une seconde dans lequel je devrais retourner un geste contre ma propre personne. C’était trop.

Puis, l’image des gens autour de moi dans l’après-suicide me ramenait à la réalité. Je ne voulais pas qu’ils souffrent. Plusieurs personnes dans mon entourage se sont suicidées et je nous vois, humains qui restons derrière, nous demander ce qui s’est passé, si on aurait pu faire quelque chose. Pour ceux qui restent, la culpabilité n’a d’égal que le vide. Je ne voulais pas faire subir cette vie restante à mes proches.

Je suis longtemps restée dans la twilight zone du désespoir. L’espoir, la joie de vivre, la raison de vivre manquaient à l’appel. Je les croyais morts, pas juste portés disparus. On parle d’années, on and off. Par bout, c’était une obsession. Je voyais des possibilités de mourir partout et chaque fois, je me disais d’attendre un peu, qu’il y avait sûrement une solution (pas une autre solution, parce que le suicide n’est pas une solution, mais bien une solution tout court). Même quand je réussissais à passer quelques jours un peu plus légers, l’idée n’était jamais très loin derrière. Il suffisait d’une mauvaise nuit, d’un conflit, d’une journée de pluie ou d’une hausse d’hormones pour que l’idée du suicide refasse surface. Et encore, chaque fois, je choisissais la vie, même si c’était en attendant. Je ne savais pas ce que j’attendais, j’étais incapable de m’imaginer une vie autrement ou plus heureuse, mais j’attendais. C’est l’attente et la patience qui m’ont sauvé la vie.

Le thème de cette année est « Créer l’espoir par l’action ». C’est-ti pas beau ? On pourrait croire qu’attendre, simplement, n’est pas une action. C’est plutôt passif, en effet. Mais ça me demandait tellement d’efforts ! Me retenir de passer à l’acte, comme si j’étais en combat contre moi-même. Comme si une partie de moi me retenait physiquement de me lancer en bas du précipice en criant « Ne fais pas ça ! ».

Puis, il y a eu des actions bien concrètes : thérapieS, discussions, formations, lectures, activité physique, tests génétiques, médication, changements dans mon alimentation et dans ma routine quotidienne, fin de relations malsaines. J’en ai fait, des pas ! De recul, pour avancer, pour remonter la pente, pour escalader ce qui ressemblait à l’Everest. Chaque action était un geste anti-suicide. Un geste d’espoir.

Et maintenant, je me donne comme mission de partager mon espoir avec ceux qui me lisent et avec mon entourage. Je ne suis pas dans le « Ça va bien aller » genre début de pandémie. Je suis plutôt dans le « Ça va être difficile, mais ça se peut ». Ça se peut que tu sois heureux, que tes relations soient remplies de lumière, que tu te lèves le matin avec des projets et le sourire aux lèvres, que le brouillard se dissipe dans ta tête et que les solutions deviennent de plus en plus évidentes. Ça se peut tellement, mais ça commence par un choix, même quand on n’y croit pas vraiment. C’est un choix quotidien. Un choix de chaque minute, parfois. Un choix qui sauve une vie.

Et un jour, tu te réveilles, comme moi, en te disant : « Hum, c’est à ça que ça goûte, le bonheur ? »

Nathalie Courcy

Ta dernière photo – Texte : Kim Boisvert

Quand t’as pris cette photo, le savais-tu que c’était ta derni

Quand t’as pris cette photo, le savais-tu que c’était ta dernière ?

En voyant tes joues pleines de rosacée et tes cheveux trop blancs apparaître sur le mur Facebook d’une amie, suivis du lien vers la chronique nécrologique, la tienne, mon cœur a vraiment fendu en deux. Deux beaux morceaux. Tu m’en partageais tout le temps de tes morceaux, d’ailleurs.

Et la première chose qui m’est venue en tête, après les condoléances et pensées pour ta famille, c’est vraiment de savoir si au moment précis où tu as pris cette photo, tu savais que c’était presque la fin.

Un peu plus d’un an après ta retraite. Ça m’a fait réfléchir, Coco. Tu me disais tout le temps que t’en profiterais de ta retraite pour gâter ton petit-fils et passer du temps avec ta fille. Que c’était ça, le plaisir d’être grand-maman. Tu pouvais garder, jouer et ensuite, tu le « shippais » à sa mère. La belle vie ! Ta belle vie de retraitée n’aura duré qu’un peu plus d’un an.

Ça m’a fait réfléchir, Coco. On passe notre vie à planifier notre retraite et le temps où on sera plus lousse, plus tranquille. Mais dis donc, le savais-tu que c’était pour être aussi court ? As-tu eu le temps de profiter de tes belles armoires de cuisine dans ton condo ? Ce soir, en regardant les miennes, je penserai à toi. Parce que mes armoires, je les aime pas tant que ça. Je devrais bien penser à les mettre à mon goût avant ma dernière photo.

Ça m’a fait réfléchir, Coco. Parce que tu me disais tout le temps : « Ben y vont attendre ». Toi, y’ont pas attendu ben ben, je trouve. Me semble que douce comme t’étais, y’auraient pu t’en laisser un plus gros boutte et venir chercher des gens pour qui ça vaut pas la peine d’attendre. Je peux même « name dropper » du monde, si tu veux.

Ça m’a fait réfléchir, Coco. Je me souviens que tu m’avais dit que j’étais mieux de partir heureuse que de rester malheureuse. Toi, es-tu partie heureuse ?

Kim Boisvert

La vie, c’est comme le tricot – Texte: Nancy Pedneault

Une maille à l’endroit, une à l’envers.

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Une maille à l’endroit, une à l’envers.

Ça y est, c’est MON moment. Je suis confortablement installée près du feu, mon thé est chaud, je suis prête.

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers. Comme c’est relaxant le tricot ! La laine est douce entre mes doigts. Le son des aiguilles qui s’entrechoquent, à un rythme régulier, me calme.

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers. J’ai tellement hâte de terminer ce projet. Il m’ira à ravir. En plus, je serai au chaud pour contrer la froidure de février.

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers. Oups ! J’étais perdue dans mes pensées, j’ai oublié de suivre mon patron. Je défais quelques rangs. Ce n’est pas très grave. J’ai envie que le produit final soit parfait.

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers. J’aime beaucoup le rendu de cette laine. Elle vient d’où déjà ? Oups ! J’ai échappé une maille au rang précédent. Je recommence.

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers. Que je suis bien ! « Maman ! Où est mon pyjama préféré ? », 27, 28, 29. « Il est dans ton tiroir du haut. » J’en étais où déjà ? Je défais…

Une maille à l’endroit… une maille à l’env… une mail… Voyons, je ne finirai jamais !

Une maille à l’endroit, une maille à l’envers. Ça y est ! J’y suis arrivée. J’ai tellement hâte de porter fièrement le résultat de mon dur labeur. Je suis prête à commencer un nouveau projet maintenant.

La vie, c’est comme le tricot : elle semble bien simple et agréable, mais on finit souvent par détricoter des petits bouts pour mieux avancer.

Nancy Pedneault

Tu es le petit peuple – Texte: Gwendoline Duchaine

Tu es le petit peuple. Tu n’as pas ça toi, du cash pour acheter des loisirs, des maisons, des

Tu es le petit peuple.

Tu n’as pas ça toi, du cash pour acheter des loisirs, des maisons, des chalets, des voyages ou des objets divers et variés. Tu n’as pas ça toi, un fonds de pension, une retraite ou des placements financiers. Tu essaies juste de vivre, et les fins de mois sont toujours un peu plus pénibles.

 

Tu es le petit peuple.

Celui qui se lève tôt le matin et dont l’unique richesse est de regarder le soleil embraser doucement le ciel.

 

Tu es le petit peuple.

Celui qui travaille chaque jour, de ton mieux, avec ton petit sourire et ta gentillesse. Au service des autres. Chaque journée si routinière, avec courage et passion, tu es cette petite fourmi qui fait tourner leur monde.

 

Tu es le petit peuple.

Tu es ce service essentiel qui sort affronter les tempêtes au plus intense d’une pandémie, celui qui n’arrête jamais et qui pourtant est si fatigué. Tu es devenu ce peuple qui travaille d’arrache-pied dans l’indifférence la plus totale.

 

Tu es le petit peuple.

 

Tu es leur petit peuple.

 

Tu es celui qui trouve des petits bonheurs dans beaucoup de petites choses et qui s’émerveille avec presque rien.

 

Tu es le petit peuple.

Tu es celui qui toute sa vie se lèvera et regardera s’enflammer le soleil.

 

Tu es le petit peuple.

 

Gwendoline Duchaine

 

Ta vie c’est de la marde

À toi, ma chère et tendre amie,

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À toi, ma chère et tendre amie,

Je le vois bien que tu feeles pas depuis un boutte. Tu files un mauvais coton. T’as le trou-du-cul en d’sous du bras. Bref, ta vie c’est de la marde.

Je te dirai pas que t’es belle parce qu’entre toi et moi, quand tu feeles pas, ce n’est pas te faire dire que t’es belle dont t’as envie. C’est de te faire dire que t’as raison, que de A à Z, ta vie, c’est la pire du monde. Digne d’une tragédie grecque ou d’une série québécoise. C’est selon.

Je ne te dirai pas non plus que ça va passer, parce qu’en ce moment, t’as l’impression que ton calvaire va durer aussi longtemps que la trilogie du Seigneur des anneaux et qu’en plus, tu vas te taper une autre trilogie racontant les débuts de ton enfer. Tout ça te donne follement envie d’introduire ton doigt dans un endroit qui te ferait disparaître. Donc non, t’y crois pas que ça va passer.

Je comprends ça. Mais laisse-moi te parler dans le fond de tes beaux yeux bruns. T’as raison, parfois c’est de la marde, la vie. Plus souvent qu’autrement.

C’est de même, la vie. Ça nous ramasse par le collet pis ça nous sort un crochet d’une troisième main qu’on n’a jamais vue venir. Pourquoi donc, dis-tu ? Simplement parce que sinon, on n’existerait pas. On n’évoluerait pas. On ne ressentirait rien mais surtout, on ne guérirait rien.

Mais des fois pour éviter une baffe, on se ramasse un POW.

T’es de même, toi. Une girouette. Oh, prends‑le pas mal. On t’aime de même, toutes nous autres autour de toi qui bourdonnent sans cesse. Mais on le sait que des fois, tu dis des mensonges avec ta bouche. Tu dis que ça va, mais on le voit dans le fond de ton iris que c’est pas vrai. Pas vrai pantoute. C’est ça le fuck. T’as l’impression que le monde t’écoute pas quand tu dis que ça va pas, donc t’as juste arrêté de le dire. Les gens sur qui tu mets toute ton énergie font partie du problème et non de ta solution. Tu veux tellement être forte que t’as oublié que personne ne te demande de l’être. C’est toi qui t’imposes ça. Donc tu cours partout pour être certaine de bien t’étourdir, mais là, t’es dans un combat que t’as pas pris le temps de préparer. T’es nu-pieds pour jouer au soccer. Tu pars à la guerre avec un cure-pipe. Tu vas combattre un dragon à dos de poney.

The thing about pain is that it demands to be felt.

Tu m’as déjà dit que j’étais forte. Ouais. Ma solution, c’est juste ça. Les mauvais bouttes, faut pas les éviter ni les repousser. Faut leur varger dedans à grands coups de sacres bien placés, de crises de dents et de pleurs de crocodile. S’avouer un peu plus triste qu’on l’aurait souhaité face à une situation, it sucks. A lot. I know. Been there, done that. Mais ce qui est bien, c’est que le réaliser, c’est la première étape vers un monde d’arc-en-ciel. Parce que dans le fond, le fait que tu sois capable de te rendre compte que ta vie c’est de la marde, c’est que t’es encore capable de savoir qu’il y a des bouts où c’est pas comme ça.

T’as raison, ta vie c’est de la marde. Présentement. Pas tout le temps. Sinon les gens ne resteraient pas près de toi. T’es une personne exceptionnelle et t’as juste oublié pourquoi. Je te l’ai déjà dit, t’es fucking AWESOME !

T’es belle, pis ça va passer. J’avais dit que je te le dirais pas. Mais ce sont deux faits qui sont indiscutables. Pis anyway, tout le monde le sait que de la marde, ça fait des maudites belles fleurs.

T’es magnifique et ce bout‑là va faire son temps et apporter plein d’autres trucs. T’as le temps de te trouver des runnings, une épée et un étalon.
Je t’aime. Lâche pas.

Kim Boisvert

#AllLivesMatter

Que valent un Blanc, un Noir, un membre des Premières Nations, une

Que valent un Blanc, un Noir, un membre des Premières Nations, une personne riche, un handicapé, un homme avec ses deux jambes et ses deux bras, un aîné atteint d’Alzheimer, une femme qui a fait une fausse couche, un enfant dysphasique, un criminel récidiviste, un employé, un ado rebelle ou un premier de classe ?

Qui vaut plus, qui vaut moins, qui ne vaut rien ?

Comment évalue-t-on la valeur humaine ?

En termes financiers ? D’actifs et de passifs ? En quantité d’amour reçu et donné ? En fonction des diplômes potentiels ou obtenus ? En évaluant la descendance à venir ? En fonction de ce que la personne apportera à la société et de ce qu’elle lui coûtera ? En dénombrant les amis et les ennemis ? Ou le nombre d’« amis » Facebook ?

La vie des Noirs compte. Tout à fait. La vie de Joyce compte. Tout à fait. Je suis d’accord avec tous ces mouvements, avec toutes ces idées. Ce sont des réflexions nécessaires pour faire respecter les droits de tous et pour obtenir la justice pour tous.

Mais j’ai le goût d’aller plus loin. J’ai le goût de dire que #AllLivesMatter. Toutes les vies comptent. La vie de toutes, la vie de tous, la vie des jeunes, des vieux, de ceux du milieu. La vie de ceux qui entrent dans la norme et de ceux qui cassent le moule volontairement ou génétiquement. La vie de ceux qu’on voit comme « méchants », les pas fins des uns et les pas fins des autres, comme la vie de ceux qui se font encenser pour leur bonté ou parce qu’ils ont trouvé le traitement du cancer. Toutes les vies comptent.

Ça vous choque ? Vous pensez que le tata qui a battu sa femme mérite la mort ? Que le politicien qui enfile les absurdités devrait disparaître ? Que l’enfant qui dérange devrait être expulsé du système scolaire ? Que la maman enceinte d’un bébé polyhandicapé devrait se faire avorter, that’s it, that’s all ? Ben non. Je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas d’accord avec la méchanceté, avec la tatatitude non plus. Je suis en faveur de la prévention et des conséquences. Mais la vie de tous vaut quelque chose. Point.

On ne sait pas ce que les gens peuvent devenir. On ne sait pas ce qu’ils peuvent faire devenir leur entourage et même des inconnus.

Personne n’a toutes les versions de l’histoire de quelqu’un, personne ne détient la vérité totale sur le passé, le présent et le futur des autres. Et personne n’a le droit de menacer quelqu’un de lui enlever la vie. Personne n’a le droit de souhaiter la mort ou la douleur. En personne ou à travers le faux anonymat des médias sociaux.

Ce qu’on sait, c’est que personne n’a le droit de décider si un humain existe ou non.

Nathalie Courcy

Maman est là

Maman est là…

Mes a

Maman est là…

Mes amours, il ne se passe pas une heure sans que maman pense à vous. Depuis que vous êtes tout petits, ma mission première est de vous protéger. Vous protéger de la méchanceté, vous protéger de ceux et celles qui voudraient vous blesser.

Mes amours, dans votre parcours de vie, vous allez en rencontrer des gens qui voudront vous rabaisser. Des personnes qui auront pour mission de vous blesser simplement pour pouvoir eux-mêmes réussir à se remonter. Vous allez probablement connaître la peine, la colère et la frustration. Vous allez certainement rencontrer et combattre de multiples émotions.

Mes amours, maman voudrait tellement vous protéger. La vie est belle et grandiose, cette même vie qui amène son lot de bonheur dans nos cœurs. Toutefois, sur votre chemin vous allez immanquablement rencontrer l’autre côté de cette médaille, c’est-à-dire l’animosité. Maman cherche comment vous y préparer. Maman aimerait tellement que cela ne soit jamais votre réalité.

Depuis que vous êtes petits, maman vous enseigne l’acceptation des autres, l’acceptation des différences et l’acceptation de soi. Depuis que vous êtes petits, maman cherche à vous donner le meilleur pour que vous puissiez avancer, sans vous faire dénigrer. Mes enfants, maman aimerait vous promettre de toujours vous épauler, vous conseiller, vous guider. Les amis viendront et partiront. Les vrais amis resteront et vous apprécieront.

Mes amours, à votre tour de me promettre de ne jamais changer pour qui que ce soit. Mes amours, n’oubliez jamais que maman est là et sera toujours là.

Véronique Daigle

Ta vie en réseaux sociaux

Depuis le début des vacances, dans mes fils d’actualités toutes

Depuis le début des vacances, dans mes fils d’actualités toutes plateformes confondues, je ne vois que du beau, que du bien placé, que du parfait… et ce matin, je me questionne sur ce tout magnifique. Non pas par jalousie ni par envie, parce qu’on s’entend qu’il est très facile de copier plus d’un moment magique. Est-ce que c’est ta vraie vie, ton vrai moment? As-tu seulement le goût de te conformer à tout ce qui accroche l’œil dans nos réseaux sociaux? As-tu besoin de rendre ta vie parfaite pour oublier celle dans laquelle tu vis?

Cette photo de ton souper de canard laqué à l’orange, est-elle vraie? Ou tu cherches seulement à camoufler le macaroni au fromage que tu as mangé? Le bouilli que j’ai fait pour souper, je n’en ai pas fait un événement. Nous ne sommes pas allées au marché public du coin pour acheter des carottes que ma fille tient fièrement dans son petit panier d’osier et pour en faire une photo.

Penses-tu vraiment à habiller toute la famille dans les mêmes teintes pour tes photos de famille? Ou c’est juste que tout votre linge match de toute façon? On dirait que tu es en séance photo tous les jours.

Tes millions de posts sur ton chum paaaaarrrrfffffait, sont-ils vraiment nécessaires? Essaies-tu de cacher une relation qui bat de l’aile? As-tu besoin de te convaincre que c’est ça l’amour?

Mon chum, je l’aime, chaque jour un peu plus, mais je ne post pas une photo chaque jour pour vous le dire. Il le sait, c’est ça l’important, non?

Pourquoi tes photos sont-elles toutes dignes d’un scénario Pinterest? Pourquoi ne pas juste vivre le moment présent sans que tout soit parfait? Ton enfant sautera peut-être dans la bouette sans que les éclaboussures soient parfaites, mais ta photo sera vraie.

Pourquoi sens-tu le besoin de nous partager chaque petit souvenir de ta vie? Tes photos sont belles, même très belles. Mais n’as-tu pas envie d’en garder juste pour vous? Te faire un petit jardin avec ta famille n’est-il pas important pour toi?

Pourquoi ce besoin de te conformer à tout ce que tu vois défiler sur ton fil d’actualités?

Et moi, pourquoi je te partage ma vie plus qu’imparfaite? Par besoin de reconnaissance, pour me sentir moins seule?

Mélanie Paradis

 

Mes amis qui pleurez

Mes amis qui pleurez ou qui êtes en colère contre la vie, merci de

Mes amis qui pleurez ou qui êtes en colère contre la vie, merci de vous ouvrir à moi et de me confier une partie de votre trop-plein. Je n’ai pas encore trouvé la baguette magique pour sauver le monde ou le vôtre, mais au moins, je peux écouter. Je peux comprendre. Je peux compatir. Je peux même dire ce que je pense ou ce que je ressens, si ça vous tente de l’entendre.

Mes amis qui avez l’impression de traverser un tsunami sans fin, ne lâchez pas, n’abandonnez pas. Continuez de vous accrocher pour vous, pour vos enfants, pour vos familles, pour votre travail ou votre chat. Toutes les raisons sont bonnes pour s’agripper à la vie.

Mes amis qui avez déjà entendu tous les conseils et toutes les remarques visant à vous aider à remonter la pente (ou au moins à arrêter de glisser vers le fond), ne m’en voulez pas si je vous répète que l’espoir existe même dans le pire des brouillards. Si je vous dis d’aller chercher de l’aide, que la mort ne sera jamais la solution, que les épreuves ont leur raison d’être même si on s’en passerait bien… ce n’est pas pour vous faire suer ni parce que la Ligne Parents ou le psy d’à côté le dit. C’est parce que j’y crois sincèrement. C’est parce que moi aussi, un jour, on me l’a dit, et que ça m’a peut-être sauvé la vie. C’est parce que j’ai réussi à traverser des tunnels interminables et trouver la lumière de l’autre côté. C’est parce qu’on ne sait jamais si cette parole dite ou tue changera le cours des choses. C’est parce que c’est ma façon de vous dire « Je t’aime, je tiens à toi. Vraiment. »

Mes amis, vous avez le droit de cesser de me parler pendant des semaines et des mois même si je m’inquiète. Je comprends que parfois, c’est juste trop. On a besoin de se replier sur soi ou de prendre le temps de s’organiser. Permettez-moi de continuer de vous envoyer des ondes lumineuses et enveloppantes pour vous soutenir et vous protéger. Je suis là pour vous, peu importent le jour ou l’heure. Si jamais je réponds en disant « Est-ce que je peux te rappeler? Je prépare le souper. » et que c’est urgent, vous avez le droit de me dire « Non, c’est maintenant que j’ai besoin de toi. ». Si je dis quelque chose qui vous dérange, vous avez le droit de me le dire aussi. Je peux me tromper moi aussi!

Mes amis, vous faites partie de ma famille. Je vous ai choisis, et chaque jour, je choisis de vous garder près de mon cœur et dans mes pensées. J’aimerais tellement avoir le superpouvoir de vous débarrasser de la lourdeur qui s’abat sur vous et semble ne pas vouloir vous lâcher. Mais je sais que le temps et les actions feront leur travail. Moi, je suis là pour le soutien moral, pour écouter et aussi, si vous en avez besoin, pour dire des niaiseries et vous changer les idées.

Mes amis, si jamais je trouve la baguette magique qui fait disparaître les soucis, promis, je m’en servirai avec vous! Mais d’ici là, j’ai des oreilles et une épaule, servez-vous-en autant que vous voulez.

Nathalie Courcy

 

Si vous avez besoin d’aide

Ligne québécoise de prévention du suicide

www.aqps.info

1-866-APPELLE (277-3553)

Jeunesse, J’écoute

www.jeunessejecoute.ca

1-800-668-6868

Tel-Jeunes

www.teljeunes.com

1-800-263-2266

Ta fausse couche, ton vrai bébé

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Pourquoi on utilise ce terme‑là? Faire une fausse couche? Faux en quoi?

Toi, ce bébé qui grandissait au creux de ton ventre, tu l’aimais de tout ton être… Il était vrai… le peu de temps où son petit cœur a battu, ce bébé, oui, il était vrai.

Un matin, tu as ressenti cette douleur dans tes entrailles… Tu te sentais si mal… Tu as baissé tes culottes… Il y avait tout ce sang… Tu as eu si peur…

Mon bébé? Es-tu correct? Que se passe-t-il? Je t’en prie, ne t’en va pas! Je t’en supplie!

Puis, le pire mal que tu n’aies jamais ressenti a commencé. La souffrance te levait le cœur. Le sang coulait de plus en plus. Et… tu l’as vu.

Ce n’est pas toi mon enfant… tu es si petit… si gluant… ça doit être autre chose! Ça ne peut pas être toi! Je t’en prie, NON!

Le lendemain à la clinique, l’infirmière te pose trop de questions. Tu es dévastée. Tu pleures. Tu as peur. Tu saignes encore tellement que l’espoir s’échappe un peu plus chaque minute. Tu réponds comme une automate…

Dites-moi qu’il n’est pas mort? Vous pouvez m’aider? C’est mon bébé! On a entendu son petit cœur la semaine dernière! On l’a annoncé à notre famille hier… Pourquoi tout bascule?

Le médecin t’explique l’échographie, les examens, les prises de sang… mais tu ne comprends rien. Tu pleures. Tu as mal. Tu te sens vide.

La nature? C’est la nature? Pas viable? Qu’ai-je fait de mal? Ai-je trop bougé? Trop travaillé? Pas assez mangé de vitamines? Pas assez fait attention?

Ça arrive? Comment ça, c’est la vie? NON, C’EST LA MORT!

Le jeune homme qui fait ton écho fuit ton regard. Il ne voit rien. Il n’y a plus rien. Ce cœur qui battait si vite et t’avait envahie d’une immense vague d’amour… ce cœur n’est plus là.

C’était mon bébé. J’étais déjà sa maman. Pourquoi personne ne perçoit ma tristesse? Personne ne comprend!

– T’en fais pas ma chérie, on va réessayer…

Je ne veux pas essayer! Je veux que ce petit être soit encore en moi! Il est parti en arrachant un morceau de mon cœur. Rien ne sera jamais comme avant. Pendant quelques semaines, j’ai été ta maman…

– Madame, vous avez fait une fausse couche.

Mon bébé n’est plus là. Il ne sera jamais qu’un embryon, sans avenir, sans espoir, sans vie. Pour eux, il n’aura jamais existé… 

Pour toi, ce bébé était vrai… Tu l’as aimé. Ton corps ne sera plus le même, il a porté une vie. Jamais tu ne t’es sentie aussi vide que maintenant. Peut-on seulement entendre ta détresse et te prendre la main?

Gwendoline Duchaine