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J’haïs vieillir – Texte : Nancy Pedneault

Attention, ce texte contient beaucoup trop de chialage pour rien. Veuillez le prendre à la légère

Attention, ce texte contient beaucoup trop de chialage pour rien. Veuillez le prendre à la légère.

En lisant cette intro, vous êtes perdus. Vous avez raison, ce n’est pas moi, ça ! Même moi, je ne me reconnais plus. Je suis habituée de voir la vie en rose bonbon bien pailleté. Mais là, non, je n’y arrive pas ! J’haïs vieillir. Est-ce que j’ai le droit de dire ça ?

Oui, oui, je vous entends, il y a plein de côtés positifs au fait de vieillir: la sagesse, l’expérience, le calme. Tout ça ne compense pas tout le reste, non de non !

Vieillir, c’est avoir des cheveux blancs à cacher ou à assumer. « Oh ! T’es belle avec tes cheveux blancs ! », qu’on me dit. Je les aimais mes cheveux sans fils argentés indomptables. Ça va dans tous les sens et ça pousse trop vite.

Vieillir demande probablement beaucoup d’énergie puisque je vais au lit de plus en plus tôt. J’aimais bien les nuits blanches à danser, mais c’est terminé. Je m’en remettrais pendant un mois. Je mets une croix là-dessus. Allez ! Au lit !

Vieillir, c’est avoir chaud, trop chaud. J’ai l’impression qu’on a mis douze bûches dans le foyer. Est-ce qu’on pourrait baisser le chauffage ?

Vieillir, c’est avoir la mémoire qui flanche. Il y a des gens qui me disent que je me répète. Dire que je me moquais de ma mère à ce sujet, il n’y a pas si longtemps.

Vieillir, c’est avoir l’estomac qui commence à faire des caprices. Oui, oui, cher estomac, tu as toujours aimé les concombres. Pourquoi, aujourd’hui, les détestes‑tu ?

Vieillir, c’est remarquer les petites jeunesses avec leur fraîcheur et les trouver tellement jolies (et envier un peu leur pétillement).

Puis, je ne vous parle pas du corps qui subit l’attraction terrestre ou des poils incongrus qui apparaissent sans crier gare. On pourrait en parler longuement.

Bon, en attendant que la sagesse me regagne, je vais aller me reposer. Je vais me faire un petit thé et tricoter un peu. Demain est un autre jour. Qui sait, peut-être que j’apprendrai à apprécier toutes les nouveautés que la vie me réserve.

 

Nancy Pedneault

Vivre le pire cauchemar de sa mère – Texte : Eva Staire

Notre histoire était simple. Je suis ton seul enfant. Tu avais tellement organisé tes vieux

Notre histoire était simple.

Je suis ton seul enfant.

Tu avais tellement organisé tes vieux jours.

Tous tes souhaits de vie ou de fin de vie, tu les avais couchés sur papier et notariés.

« Une chance qu’on s’a » qu’on se disait souvent.

Nous avons été une équipe toute notre vie, maman.

On a fait le choix ensemble qu’on prendrait soin de toi le plus longtemps possible, afin que tu repousses le plus possible une vie en CHSLD.

Nous avions notre plan et nous étions en paix avec la suite.

Tu avais tellement peur de devenir méchante.

De te transformer en quelque chose que tu n’as jamais été.

Malheureusement aujourd’hui, tu es et tu vis ton pire cauchemar.

Surtout que tu es maintenant entre les mains de personnes mal intentionnées.

Tu es le pantin de la personne à qui tu nous avais tant prévenus de faire attention.

Des mains qui ne voulaient que changer ton testament.

Des mains qui essaient de déconstruire à tes yeux toute notre vie ensemble, maman.

Des mains qui se lèvent pour me faire du mal et t’aliéner.

Mais tu ne peux plus le voir, tu n’as plus toute ta tête.

Tu vis ton pire cauchemar et je suis impuissante.

Comment j’aurais pu savoir qu’à vouloir prendre soin de toi, je me mettrais dans la marde ?

Comment j’aurais pu savoir qu’en faisant exactement ce que tu désirais, j’étais pour nous mettre, ma famille et moi, dans une situation impossible à vivre ?

Comment j’aurais pu penser que je devrais faire une liste détaillée de tout ce que tu m’as offert dans ma vie comme cadeau ?

Comment j’aurais pu croire qu’un jour, tu me ferais arrêter ?

Même si je sais que ce n’est plus toi.

Tu ne ferais jamais cela.

Mais c’est quand même toi.

Nous vivons depuis des mois un cauchemar qui ferait frissonner les adeptes de films d’horreur.

Je te raconterais en détail ce que nous vivons, toi qui lis ces lignes, mais tu ne me croirais pas.

Surtout si tu as pu croiser un jour ma maman et nous voir en relation.

Jamais tu n’aurais pu croire que notre histoire à ma maman et moi finirait comme cela.

Quelqu’un me vole actuellement les derniers moments de lucidité de ma mère et je ne peux rien faire contre cela.

Va voir la police : c’est fait

Parle avec des avocats : nous sommes en processus, mais nous avons les mains liées.

Parle avec des organismes : c’est tout fait… nous tombons systématiquement dans les trous du système.

Je me dis que je ne dois pas être la seule.

Mais comment cela se fait-il que personne ne parle ouvertement de toutes ces choses ?

Comment cela se fait-il que des personnes âgées se sentent protégées, mais que tout puisse changer ?

Surtout si elles ne se sont pas protégées d’elles-mêmes.

Ma mère avait tout fait dans les règles de l’art.

Elle a payé le gros prix pour se faire conseiller et organiser ses désirs, pour finir par devenir sa propre victime et apporter une énorme souffrance sur son passage.

J’ai un conseil à donner en ce moment et sache que ce conseil, jamais je n’aurais cru le dire puisque c’est littéralement aux antipodes de mes valeurs.

Mais je te suggère de filmer et de faire signer tes parents chaque fois qu’ils te donnent un cadeau, peu importe leur âge. Il est important que tu aies des preuves et qu’ils témoignent de leur volonté de t’offrir ce cadeau.

Ne laisse jamais tes parents te donner un héritage avant décès et ne sois jamais leur moyen de cacher leur argent sans que ce soit notarié et que tu aies des preuves de leur geste. Garde surtout des preuves de leur capacité à penser. Même s’ils disent que c’est pour ton bien et qu’ils veulent te voir profiter de la vie avant qu’ils n’en soient plus capables.

Les personnes âgées savent qu’elles doivent se départir de leur argent avant d’entrer en RPA ou en CHSLD, car leurs frais de résidence seront basés sur leur actif. En tout cas, c’est ce que l’on m’a dit toute ma vie et j’ai eu certaines confirmations à ce sujet.

Je te suggère de ne JAMAIS prendre ton parent en charge ou de cohabiter avec lui ou elle, car tu n’as plus de témoins.

À la place, même si cela crève le cœur, tu dois laisser la personne que tu aimes perdre son autonomie.

La laisser dépérir malgré le manque de dignité que cette personne peut vivre, attendre que quelque chose arrive et que cette personne devienne inapte avant à prendre soin d’elle.

Tu peux lire ceci et te dire que cela ne t’arrivera jamais.

Je croyais cela aussi.

Nous avions l’histoire la plus simple du monde.

Nous n’étions que ma mère et moi…

 

Eva Staire

 

Je pensais être trop vieille pour tout ça – Texte : Joanie Fournier

J’ai commencé ma famille quand j’étais très jeune. C’était voulu

J’ai commencé ma famille quand j’étais très jeune. C’était voulu, c’était ça mon plan de vie. Je voulais profiter d’eux, avoir de l’énergie et être cette jeune maman cool qui peut les suivre dans toutes leurs activités.

Mais la vie décide de bien des choses à notre place et parfois, son plan à elle est plus fort que le nôtre. Dix ans plus tard, je retombais enceinte. Même papa, même amour, même bonheur, mais quelle surprise !

Et je vais être honnête, après 30 ans, je pensais vraiment être trop vieille pour tout ça. Je pense que c’est un gros tabou dans notre société. J’ai souvent eu peur de l’admettre devant les autres. Parce que certaines femmes décident d’avoir des enfants plus tard et que je respecte leur choix à 100 %. Certaines femmes aussi ne pensaient pas en vouloir et finissent par changer d’avis en vieillissant. D’autres rencontrent le bon partenaire plus tard. Bref, à chacune son parcours et c’est bien correct comme ça.

Mais MOI, moi avec moi, je pensais être trop vieille pour recommencer. Quand j’ai su que j’étais enceinte et que la vie nous avait fait cette surprise, j’ai eu peur. J’ai commencé à calculer l’âge que j’aurai quand ce bébé sera adolescent… J’ai commencé à me demander à quel âge les enfants partiront de la maison. Je me suis demandé si j’avais encore la force d’accoucher. Si j’avais encore la patience de bercer toute la nuit. Si j’avais encore assez de douceur pour allaiter, pour chanter des berceuses… Je me suis demandé, puisque tous mes autres enfants étaient maintenant grands, si j’étais trop vieille pour tout cela.

Puis, bébé est arrivé. Et je suis retombée en amour. Une cinquième et dernière fois. Je suis tombée en amour avec ce petit être, qui ne demandait qu’à être aimé. Je me suis surprise à le sentir, mille fois par jour, pour que son odeur s’imprègne dans ma mémoire. Je me suis surprise à le regarder dormir la nuit, moi qui me demandais quelques mois plus tôt si j’allais arriver à le veiller tard. Je me surprends chaque jour à être attendrie par son sourire et ses yeux coquins. Je suis en amour. En amour « ben raide ».

Mais bon, pour avoir eu des enfants dans la vingtaine, je peux affirmer que, dix ans plus tard, c’est vraiment pas la même game. Ho que non ! Faire des nuits blanches à 25 ans, c’est facile. Faire des nuits blanches à 35 ans, c’est de la torture. Allaiter à 25 ans, c’est doux et fusionnel. À 35 ans, ça l’est tout autant, mais mausus que j’ai eu plus hâte de retrouver mon corps à moi et juste à moi. Accoucher à 25 ans, c’est comme courir un marathon. C’est un gros défi, c’est souffrant, mais tu t’en remets vite après ! À 35 ans… accoucher, c’est comme courir un marathon, avec une jambe dans le plâtre, sous la pluie et avec une poche de patates dans le dos. C’est pas mal plus souffrant, pis non, tu ne t’en remets pas aussi vite. Dans la vingtaine, j’ai eu quatre grossesses en quatre ans et je n’ai gardé aucune vergeture. Dans la trentaine, une seule grossesse et j’ai l’air d’une tigresse.

Parce que le corps a vieilli, pis il est fatigué. Pis là, j’ai compris pourquoi les femmes commençaient à avoir des enfants bien plus tôt dans l’temps… parce que je suis persuadée que plus t’es jeune, plus c’est facile pour le corps.

Évidemment, avoir des enfants plus tard, ça apporte de la sagesse, de la maturité, une sécurité financière et professionnelle, etc. Mais je vais vous le dire, moi. Pour avoir vécu des grossesses dans la vingtaine et dans la trentaine… c’est sur le corps qu’il y a une différence ! Je ne me plains pas du tout. Je constate.

Et je veux lever le voile sur ce tabou. J’aurais aimé ça que quelqu’un me parle de tout cela quand j’étais jeune. Je pense que certaines mères ont tellement peur d’offenser les autres, qu’elles ne parlent que du positif. Comme si une mère n’avait pas le droit d’être épuisée. Comme si ça faisait d’elle une mauvaise mère, une mère ingrate.

Je refuse. Je suis fatiguée. Je suis épuisée. Et je remercie la vie chaque jour de m’avoir offert la chance de vivre ce bonheur une dernière fois. Je suis une bonne mère. Et j’ai le droit de dire qu’après 30 ans, je trouve ça plus dur. Mon corps est vieux, bon. C’est un fait. J’adore mon bébé, je suis en amour avec lui. Mais oui, quand je fais le cheval à quatre pattes avec bébé sur mon dos, c’est vraiment plus souffrant qu’avant de me relever ! Ça fait que je reste couchée un peu plus longtemps par terre avec lui, pour reprendre mon souffle, mais aussi pour savourer l’odeur de son cou juste encore un peu.

Joanie Fournier

 

Cap de Bonne-Espérance

Une autre dizaine…

Sans doute

Une autre dizaine…

Sans doute, vous le faites également. Comme à chaque décennie depuis le cap de la trentaine. Dès qu’on quitte les années de pure insouciance. Celles qui ne comptent pas… trop! Le bilan. Ce bilan. Suis-je là où je le voulais? Avec qui je le souhaitais? Une personne heureuse? Du moins, vais-je dans la bonne direction?

Un regard que l’on voudrait positif. Pour se rassurer.

À la mesure de nos ambitions, nous révisons alors soit notre situation amoureuse, soit celle de notre emploi. Ou toute notre vie. L’insécurité est-elle maître du lendemain? Sans elle/lui, je ferais quoi? Un boulot, ça ne peut être parfait, non? Dans les deux cas, souvent, la passion s’est éteinte. Il y a autre chose, un quotidien. Que nous ne voulons surtout pas célébrer. Particulièrement si c’étaient des items négatifs déjà identifiés… y a déjà dix ans!

Avec constance, la liste des obligations s’est allongée. Seulement financièrement ou, en plus, bien vivante. Des amours, différents de l’amour. Un centre de l’univers, pour éviter de trop penser. Pour se convaincre facilement que le plus important, c’est eux.

Et si le bonheur n’est qu’un état? Je ne dois alors changer que ma vision des choses…

Le bonheur est sans doute bien plus un voyage. Avec des personnes particulières. Pour un partage agréable. De valeurs, de respect. Mais qui fait aussi de nous une meilleure personne. Le bon ingrédient, dans une bonne recette.

Il faut un soi, pour un nous. Comme il faut un soi, pour aimer.

Alors si, avec les années, nous avons la possibilité d’être ce soi un peu meilleur, même encore en cheminement, la prochaine dizaine est bien amorcée. C’est ce que je retiens. Mon cap à suivre, pour éviter la tourmente.

Prochain bilan, dans dix ans…

michel

 

Quand vieillir tourne au cauchemar…

J’ai déjà écrit un texte intitulé <a href="http://www.mafamill

J’ai déjà écrit un texte intitulé Papi a les idées qui se mélangent dans sa tête. J’y ai décrit mes premières visites dans un centre spécialisé pour la démence sénile, où je suis allée visiter mon précieux grand-père plusieurs fois.

Cette année, mes visites ont commencé à s’espacer… Je pourrais me justifier en disant que j’étais trop prise avec un déménagement, ou que mes trois enfants prennent tout mon temps, ou que j’ai travaillé beaucoup d’heures… mais je ne tomberai pas dans ces justifications vides de sens. Je serai honnête avec vous, comme je l’ai toujours été. La vraie raison qui m’a poussée à espacer mes visites, c’est tout simplement que je n’ai plus la force de le voir se ternir à chaque fois.

La semaine dernière, j’ai profité d’un après-midi avec ma mère pour aller le visiter avec elle. Dans la voiture, elle a tenté de me prévenir que son état s’était vraiment détérioré dans les dernières semaines… Elle a tenté de me prévenir du choc que ça allait me causer. Mais moi, orgueilleuse comme mille, je me suis prétendue plus forte que ça. J’ai fait la sourde oreille…

Après avoir passé par les portes verrouillées, entré le code pour avoir accès à l’étage et traversé le couloir gardé par le vigile de sécurité, j’étais encore en zone connue. Ces accès sécurisés servent à garantir la surveillance des personnes âgées qui sont agitées, perdues et qui tentent de se sauver pour retrouver un chez-soi qui n’existe hélas plus depuis longtemps. Je comprends tout ça.

Arrivées dans le salon principal, ma mère me pointe la file de chaises berçantes alignées devant un téléviseur. Elle me signale que mon grand-père est assis dans la dernière chaise, tout au fond. J’ai beau me rapprocher, m’avancer et le scruter, ce vieil homme devant moi m’est totalement inconnu… Sans aucune exagération, je peux jurer que sans l’insistance de ma mère, je ne l’aurais jamais reconnu. Ça me fait du mal de l’avouer. Il a perdu beaucoup trop de kilos et son squelette est bien apparent. Ses cernes noirs sont tellement prononcés qu’on ne perçoit plus aucune lumière dans son regard…

En s’approchant, ma mère sursaute en voyant son visage, et ses yeux se remplissent de larmes. Elle n’arrive pas à contenir son émotion et c’est en m’approchant que je comprends pourquoi… Le visage de mon grand-père est déformé par une cicatrice qui le traverse d’un bout à l’autre. Une dizaine de points de rapprochements tentent de la refermer. Ma mère ne gère pas son émotion, et moi, je ne sais plus où me mettre.

On tente tant bien que mal de savoir ce qui s’est passé. On se dirige vers les quatre préposées de l’étage, qui sont assises à une table en train de jouer aux cartes. Aucun signe de compassion. Une femme passe devant nous et on remarque tout de suite à son badge qu’il s’agit de l’infirmière. Ma mère lui demande simplement ce qui s’est passé, en pointant le visage de son père. L’infirmière nous répond sèchement qu’elle n’a pas que ça à faire et qu’elle a déjà laissé un message sur le répondeur de la personne de référence au dossier. Aucune compassion.

Mon grand-père ne cesse de se taper sur les hanches. Moi, je ne comprends pas pourquoi il répète ce geste. Puis, en m’approchant pour le rassurer, je constate qu’il est attaché à l’aide d’un ceinturon à la chaise berçante. Je constate du même coup que toutes les personnes âgées sont attachées dans leurs chaises. Les préposées, quant à elle, continuent leur partie de cartes.

Je le détache pour l’amener marcher un peu, en ignorant le fait que son pantalon est imbibé d’urine. L’une des préposées nous lance qu’il était trop agité aujourd’hui. Pas le choix de l’attacher.

Une autre préposée se lève et commence à distribuer des collations. Elle perd patience et crie sur mon grand-père qui a tenté d’agripper une collation dans le chariot, sans demander la permission. Elle crie sur lui, le doigt en l’air, comme une vieille femme gronderait son chien. Aucune compassion. Je me sens moi-même intimidée par l’agressivité de son ton, contrairement à ses collègues qui restent bien assises et semblent trouver cette scène tout à fait normale.

Je suis choquée, outrée, insultée pour lui. Pour eux tous. Mais j’ai une boule d’émotion qui m’empêche de dire quoi que ce soit… Ma mère n’a pas su contenir ses larmes depuis le début de la visite et tente simplement de le distraire de son mieux. Il insiste pour garder la collation qu’il a réussi à subtiliser et la préposée le menace de le rattacher s’il n’écoute pas ce qu’elle dit. Elle se tourne vers nous et nous explique qu’il est vraiment trop agité aujourd’hui, comme pour justifier son propre comportement.

J’ai intitulé ce texte-ci « Quand vieillir tourne au cauchemar ». Parce que selon moi, si une personne est négligée, attachée, menacée, affamée et blessée, c’est bien ce que c’est : un cauchemar. On ne traiterait jamais un chien comme ça. Jamais.

Le lendemain, le CHSLD appelait pour annoncer que dorénavant, mon grand-père serait attaché en tout temps, pour sa propre sécurité. Et comme il souffre d’une maladie qui cause la détérioration de ses capacités mentales, il n’aura jamais droit à une aide médicale à mourir.

Il vivra dans ce cauchemar, attaché, en attendant sa propre mort, sans aucune possibilité de mettre fin à tout cela. Sans aucun contrôle sur sa maladie, ni sur sa vie, ni sur sa mort. Et nous, on doit le regarder mourir, attaché à un lit, en espérant qu’un virus l’emporte rapidement. Parce que si une simple grippe pouvait abréger ses souffrances, je serais prête à le contaminer moi-même. Ce n’est pas une belle vie. Ce n’est pas une belle mort. La prochaine fois que je le verrai, il sera endormi et paisible dans son cercueil. Et avec tout mon amour, je me donne le droit d’espérer que ça arrive plus tôt que tard.

Joanie Fournier

 

Mes cinquante-trois printemps

Je suis une fille, mais je ne suis plus une jeune fille. Je suis une

Je suis une fille, mais je ne suis plus une jeune fille. Je suis une femme, mais je ne suis plus une jeune femme. Je suis une mère, mais je ne suis plus une jeune mère. J’ai dépassé le cap de la cinquantaine. J’ai cinquante-trois printemps.

Mes enfants sont maintenant de jeunes adultes. J’ai plus de temps libres, mais je ne sais pas toujours quoi en faire. Ils ont moins besoin de moi. Mon plus vieux a même quitté le nid familial. Mes deux plus jeunes ont dix-huit ans et ils travaillent à temps partiel, plus les études, les amis, les sorties, les amours… Je suis en déséquilibre maternel.

Je pourrais enfin profiter de mes temps libres avec mon conjoint, faire des sorties entre amis, partir une fin de semaine en amoureux, concrétiser certains projets… mais mon amoureux est maintenant l’heureux propriétaire de son entreprise, donc beaucoup moins présent et disponible. Je me retrouve plus souvent seule à la maison. J’ai perdu mes repères.

J’ai moins d’énergie lorsque je reviens du travail. Mes batteries sont plus longues à recharger. Mon corps change. Mon corps a changé. Je fais de l’apnée du sommeil depuis cinq ans. J’ai des douleurs aux articulations, j’ai pris du poids et je suis ménopausée. J’ai toujours chaud. La peau de mes mains est plissée. Je n’ai pratiquement aucune ride, puisque je suis bien enrobée. J’ai des cheveux gris, de plus en plus. Mes lunettes sont toujours bien installées sur le bout de mon nez.

Les fossettes que j’avais sur les joues sont maintenant de petits sillons. J’ai des petits points rouges sur la peau qu’on appelle des rubis. De petits poils s’incrustent sur mon menton et je ne les vois pas toujours, car ma vue a baissé.

J’ai besoin de faire une sieste en après-midi. J’aimerais bien faire la grasse matinée aussi, mais dès six heures, mon corps se réveille. Maintenant que je pourrais dormir plus longtemps puisque les enfants sont grands, c’est le contraire qui se produit. Eux dorment jusqu’à onze heures et moi, j’écoute les émissions du matin.

Si j’éternue, je dois croiser mes jambes pour ne pas faire pipi dans ma culotte. Lorsque je ris, c’est pareil.

Ma mémoire me joue aussi des tours. Je cherche plus souvent mes choses, je me questionne sur ce que j’allais faire. J’oublie et je suis facilement déconcentrée.

Si je fais une sortie avec des amis, à dix heures, je tombe de sommeil. Mes enfants, eux, quittent la maison à dix heures pour sortir dans les bars.

Dans mon nouveau milieu de travail, mes collègues sont assez jeunes pour que je sois leur mère. En fait, j’ai l’âge de leur mère. Ouche!

Pourtant quand je pense à moi dans ma tête, j’ai toujours trente ans.

Mais bon! C’est la vie! Je suis contente d’avoir dépassé le cap des cinquante ans. Je me considère choyée de pouvoir me réveiller chaque matin, d’avoir la chance d’ouvrir les yeux. J’ai grandi, vieilli, mûri et compris que c’est dans le cœur que l’on entrepose notre jeunesse et dans la tête que les souvenirs se déposent. Je vais bien trouver une façon de rééquilibrer ma vie. Juste d’en prendre conscience, c’est un début.

Merci la vie!

Line Ferraro

 

Vieillir ensemble !

L’autre jour, mon chum m’a dit qu’il se sentait vieillir. Étr

L’autre jour, mon chum m’a dit qu’il se sentait vieillir. Étrange sensation qui parcourt notre corps. Car, oui c’est vrai, on vieillit, les années passent et ne se ressemblent pas ! Ses yeux commencent à se fatiguer, ses petites rides sont de plus en plus apparentes, dès qu’on se couche un peu tard, on met une semaine à s’en remettre, et mes cheveux blancs me trahissent ! Oui, c’est ça de vieillir, c’est voir tous ces petits changements qui marquent notre quotidien un peu plus chaque jour. Nos corps changent, nos idéaux évoluent, nos passions se transforment, mais notre amour se bonifie avec le temps, comme un bon vin !

Je suis toujours touchée quand je vois de « vieux couples » dans la rue. Parce que oui, ça existe encore, ce n’est pas une espèce en voie d’extinction. Parce que oui, l’amour n’a pas forcément de date de péremption, ce n’est pas un bien consommable et puis jetable. Alors, je lui dis au creux de l’oreille que je veux être comme ça dans trente ans ! Quand je m’imagine en vieille bonne femme, je ne peux pas m’imaginer sans lui. Toujours amoureuse, toujours complices, parce que vieillir à deux, c’est traverser le temps main dans la main. Une citation dit que vieillir ensemble, ce n’est pas compter les années, mais c’est faire en sorte que les années comptent ! Vieillir à ses côtés, c’est pour moi la plus grande aventure, le plus beau voyage que je peux faire. Il me fait voir tous les paysages possibles. Avec lui, il y a des jours où je monte le Kilimandjaro des émotions, parfois il est ma tornade, mon coup de vent pour me ramener à la réalité, il est ma montagne, mon phare dans la nuit ; des fois, je me sens perdue pour mieux le retrouver… Chaque jour, je me rends compte qu’il est la parfaite personne imparfaite pour moi !

Vieillir ensemble, c’est avancer dans ce voyage extraordinaire de notre vie, être surpris, parfois déçus, de rire, de pleurer à deux. C’est voir grandir nos enfants, les accompagner vers leur indépendance, c’est construire quelque chose. Vieillir ne me fait pas peur, car je vieillis à ses côtés. Je me dis que je ne suis pas seule, qu’il est là ! J’ai envie de dire fuck aux rides, aux cheveux blancs, aux seins qui tombent, à la mémoire qui flanche, au cholestérol, à l’humeur grognonne… parce que vieillir avec lui, c’est dépasser tout ça et aller encore plus loin !

Gabie Demers

 

Cette femme devant le miroir

Un matin comme un autre, je saute hors du lit suite à l’appel de

Un matin comme un autre, je saute hors du lit suite à l’appel de mes enfants. Je me sens littéralement à plat. Ma batterie est vide. Je me place devant le miroir et je suis confuse. Qui est cette femme devant moi ? Son teint est gris et ses cernes d’un bleu surprenant.

Je ne me reconnais plus. Où est passée la femme pimpante d’énergie, à qui suffisaient une couche de mascara et une queue de cheval haut perchée afin de se sentir en pleine confiance ? Selon moi, elle s’est soit sauvée durant l’un de mes accouchements ou bien s’est fait expulser lors d’une poussée trop intense en même temps qu’un de mes enfants. Chose est sûre, elle n’est clairement plus là !

J’ai passé un bon cinq minutes bien rond à observer mon visage. Mes traits. Je n’étais ni triste ni amère, mais plutôt curieuse. J’observais tout simplement cette nouvelle femme que j’apprends à connaître à chaque étape de ma vie. Cette femme qui manque de temps bien à elle. Cette femme qui a tellement vécu en trente et un ans. Cette femme assumée et heureuse, mais oh combien fatiguée.

Pour mon bien-être personnel et pour ma confiance en moi, je me suis toujours maquillée. Mais j’ai maintenant l’impression que c’est rendu une nécessité. J’admire ces femmes qui savent rester naturelles, en plein contrôle de leur pouvoir. Pour ma part, j’ai besoin d’un petit coup de pouce. Et je ne vous parle pas de quinze couches de fond de teint ou d’un dégradé de sourcil comme je le vois chez certaines. Simplement quelques touches ici et là afin de mettre mes traits en valeur.

Durant mes cinq minutes devant le miroir, je me suis demandé si j’allais être triste d’avoir pris un coup de vieux comme ça. La réponse est non. Je suis bien où je suis, et bien que je prenne soin de mon image externe, j’aime mieux la personne qui se trouve à l’intérieur. Je suis une bonne personne qui aspire au bien des autres. Ceux qui me jugeront sur mon aspect extérieur se priveront d’une personne de bonnes valeurs.

J’ai ensuite pensé à l’exemple que je voulais donner à ma fille. D’être bien et heureuse pour ce qu’elle est et surtout pour QUI elle est. Tout simplement. Grandir auprès d’une femme forte et en confiance est un très beau cadeau à lui offrir. Je veux lui laisser cet héritage. D’être fière d’elle et d’accepter ce qu’elle est comme elle est. Sa vie n’en sera que plus belle.

Bref, la vie suivra son cours et le rythme des années s’imprègnera sur nos corps. Acceptons celles que nous devenons et laissons aller celles que nous étions. Aspirons à devenir plus belles de l’intérieur tout en prenant soin de notre petite enveloppe extérieure…

Geneviève Dutrisac

 

Avoir 40 ans

Il y a vraiment un avant et un après ? Pas vraiment... par contre

Il y a vraiment un avant et un après ? Pas vraiment… par contre, de nombreuses choses ont changé tranquillement. Voici une liste non exhaustive de ce qui change quand tu as 40 ans…

Tu récites des pensées positives le soir et le matin.

Tu prends le temps de te poser et de faire le point.

Tu bois de la tisane en écoutant Netflix le vendredi soir.

Tu as appris à dire NON.

Ton corps te montre régulièrement des signes de faiblesse, des petits bobos qui te pourrissent le quotidien.

Tu as appris à respecter ce corps et à adapter tes activités en conséquence.

Quand tu sors avec tes amis le soir, tu rentres avant minuit pour avoir assez de sommeil.

Tu n’essaies plus de courir à la même vitesse que tes enfants.

Tu manges bio et tu consommes des produits naturels.

Tu savoures chaque journée, car tu sais que le temps passe trop vite.

Tu ménages ton travail pour économiser ton énergie ; tu t’organises mieux.

Tu fuis le miroir.

Tu t’entraînes encore plus souvent, mais moins intensément.

Tu trouves que ton homme est encore plus séduisant qu’avant.

Tu fais pousser des herbes de Provence sur ton balcon.

Tu te réveilles à 5 h 37 le matin quand tu es en congé.

Tu ne comprends RIEN à ce que dit ton ado.

Tu dis « rembobiner » pour revenir en arrière sur ta TV.

Tu as de nouveaux poils qui apparaissent n’importe quand, n’importe où.

Tu adores Facebook et tu ne comprends rien à Snapchat.

Tu sais ce que tu aimes et ce que tu n’aimes pas.

Tu n’as plus d’acné, même pas une semaine par mois !

Tu as de l’expérience dans la chambre à coucher.

Tu es libre car tes enfants sont autonomes !

Tu as plus de temps qu’avant (tu prends plus le temps).

Tu écoutes de la relaxation le soir pour t’endormir.

Tu n’aimes presque plus le chocolat au lait mais tu raffoles du chocolat noir.

Tu ne manges plus le Nutella dans le pot.

Tu es fatiguée pendant dix jours après une nuit blanche.

Tu as mal partout après une soirée de danse.

Tu sais qui tu aimes et qui tu n’aimes pas.

Tu fais des listes.

Tu es plus résiliente, plus patiente.

Tu prends plus soin de toi parce que tu estimes que tu le mérites.

Tu réponds à des sondages au téléphone.

Tu te couches avant tes enfants.

Tu refuses sans scrupule les défis trop difficiles : « Bah t’sais, je peux pas, j’ai 40 ans ! »

Et vous ? Qu’est-ce qui a changé avec la quarantaine ? C’est vraiment le plus bel âge ?

Gwendoline Duchaine

 

Ta crise de la trentaine

On connaît tous quelqu’un qui l’a attrapée. La

On connaît tous quelqu’un qui l’a attrapée. La fameuse crise de la trentaine. Un ami m’a raconté les mille et un questionnements qui lui ont rongé l’âme à l’aube de ses trente ans… Quand j’étais enfant, on me ressassait l’histoire de ma tante qui avait passé son trentième anniversaire cachée dans le fond de sa garde-robe de chambre… On connaît tous quelqu’un, de près ou de loin, qui a chopé le fameux virus qui enlève tout bon sens lorsqu’on change de dizaine ! Je pensais bien que ces histoires étaient exagérées… jusqu’à ce que tu aies vingt-neuf ans, dix mois et des poussières…

Tu sembles tout à coup chamboulé de préoccupations, qui se bousculent dans ta tête comme si tu devais absolument te réveiller le jour de tes trente ans dans une vie parfaite et sans embûches. Tu tentes de remettre de l’ordre… ou de foutre le bordel… je ne sais plus trop… Tu te questionnes sur ton emploi. Et si ce n’était pas la bonne branche pour toi? Et si tu n’étais pas heureux là-dedans? Et si tu ne voulais pas y travailler pour les trente prochaines années? Tu adorais ton poste… Puis, du jour au lendemain, tu ne vois que les défis, les journées plates et les mauvais côtés.

Tu te questionnes sur ton couple aussi. Est-ce que tu es avec la bonne personne? Êtes-vous à la même place dans la vie? Avez-vous les mêmes buts, les mêmes rêves, les mêmes aspirations? Est-ce que ce serait vraiment différent avec quelqu’un d’autre? La personne qui t’accompagnait depuis des années, celle qui était ton roc, semble tout à coup tellement changée… Tu lui découvres une nouvelle facette, et tu te demandes encore si tu prends tes jambes à ton cou… ou pas.

Même ta maison, elle n’est plus assez bien pour toi. Trop grande pour rien. Trop petite pour avoir des enfants. Trop de travaux à effectuer. Juste tanné de la déco. Toutes les raisons sont bonnes pour regarder ailleurs. Idem pour la voiture. Tout à coup, tu ressens le besoin de tout changer.

Pis tes amis, eux autres? Y’a tous ceux qui sont devenus des parents, alors que tu n’y comprends rien. Y’a tous ceux qui ont mal viré, et c’est quand même pas là que tu veux aller. Y’a tous ceux que tu voyais tous les jours, mais qui, du coup, te tapent royalement sur les nerfs…

C’est officiel, t’es en crise de la trentaine. Maintenant que c’est dit, je vais te dire que tu as bien des privilèges. T’as le droit de voyager. T’as le droit de te chercher. T’as le droit de te poser des questions. T’as le droit de vouloir être heureux. T’as le droit de vouloir te réveiller rempli de bonheur le matin de tes trente ans. Pis ça approche vite, je le sais, c’est écrit sur mon calendrier.

Mais y’a des limites, t’sais. T’as pas le droit de blesser ceux qui t’entourent. T’as pas le droit de foutre toute ta vie en l’air, d’un coup comme ça. T’as pas le droit de penser que t’es tout seul là-dedans. Pis t’as pas le droit de te lancer dans le vide, sans réfléchir. Parce que si c’est vraiment ça qui te tente, y’a des forfaits pas pires de sauts en parachute. Là, c’est de ta vie qu’il s’agit. Pis je ne voudrais juste pas que tu le regrettes plus tard… Parce que je t’aime.

Si c’est le bonheur que tu cherches, arrête-toi une seconde pour profiter de la vie. Commence donc par voir tous les petits bonheurs dans ton petit chez-toi. Regarde le soleil se coucher de la fenêtre de ta chambre. Savoure un bon petit café. Bouge. Fais du sport. Donne. Donne de ton temps et de ton cœur. Va voir ton monde et prends-les dans tes bras. Y’a tellement de beau déjà dans cette vie… Il suffirait que tu veuilles le voir.

Il y a une vieille légende hindoue qui raconte que la divinité de chaque homme serait cachée en lui-même, puisque c’est le seul endroit où il ne pense jamais à aller chercher… Peut-être que tu as pensé à aller vérifier aux quatre coins de la terre, mais que le simple bonheur se trouve plus près que tu ne le penses…

Je n’ai pas réponse à tout. Je ne le prétends pas non plus. Peut-être que c’est toi qui as compris le sens de la vie. Peut-être aussi que j’ai une petite longueur d’avance. Peut-être que c’est moi qui vais attraper le même virus pour mes trente ans. Peut-être aussi que mon bonheur au quotidien m’a déjà immunisée contre la crise de la trentaine… Il y a cependant une chose que je sais, c’est que peu importe les choix que tu fais et ceux que tu assumeras, je serai toujours là.

Parce que je t’aime.

Pis dans quelques années, je me réserve le droit de te dire : « Je te l’avais bien dit ».

 

 

Vieillir ensemble

Quand tu rencontres ta vraie-moitié, tu ne choisis ni le moment, ni

Quand tu rencontres ta vraie-moitié, tu ne choisis ni le moment, ni le lieu, ni la personne. Ça se peut que tu aies 16, 25, 34, ou 62 ans. Ça se peut aussi que tu ne l’avais pas prévue, cette rencontre. Je ne pensais jamais que ça m’arriverait… Moi, j’avais pas planifié rencontrer l’homme de ma vie à 15 ans.

Je l’ai vu grandir, prendre de la maturité et évoluer. Je l’ai vu se rebeller, se découvrir et se trouver. Il m’a vue sous tous les angles possibles, bons comme mauvais. Il a enduré toutes les sautes d’humeur et les montées d’hormones de l’adolescence à la maternité.

Ensemble, on s’est construit une maudite belle vie. Notre vie. On a bâti, brique par brique, un mur de confiance inébranlable et digne de la Grande Muraille de Chine. On a fait des choix, parfois pas toujours les bons (Bin quoi, l’amour ne rend personne parfait !). On s’est quelques fois éloignés, puis retrouvés et ressoudés.

On a même créé des petits êtres humains. Des petits « nous » au départ et des petits « eux » à présent. On a appris aux côtés l’un de l’autre. On a fait des essais, et des erreurs. Eu des réussites et des ratés.

Je sais que plusieurs d’entre vous se reconnaissent dans ces lignes. À vous tous, je vous souhaite une seule chose : vieillir ensemble. Déjà, les corps d’adolescents ont vieilli. Les peaux, les cheveux et les rides aussi. Pourtant, chaque petite ride me fait sourire. Oui, sourire. Parce qu’elle me fait prendre conscience de la chance qu’on a de faire tout ce chemin ensemble.

Je veux me lever chaque matin à côté de cet homme, malgré ses ronflements et l’atrocité de son haleine matinale. Je veux voir son corps vieillir, grossir et pendre de partout, parce que je sais que rien n’ébranlera mon désir pour lui. Je veux qu’on puisse se parler, se remettre en question et se regarder dans le blanc des yeux chaque fois qu’on en aura l’occasion.

Je veux traverser avec lui chaque crise de la vie, parce que je n’ai aucun doute de la force de cet amour. Ce mot fait reculer beaucoup de gens de nos jours… Ils ne savent pas ce qu’ils manquent. Parce que nous vieillissons tous, et ce, peu importe le niveau de superficialité et d’artifices qui règne dans cette société. Nous vieillirons tous. Et j’ai la chance inouïe de pouvoir le faire à ses côtés.

Courir après le temps et tenter de se garder jeune à tout prix est chose courante aujourd’hui. Mais vieillir ensemble sera toujours le plus beau cadeau offert par la vie.

P.S. Bin oui, ça sent la rose tout ça et j’atteins probablement le summum de la quétainerie avec ce texte. Mais parfois, entre deux chialages du quotidien, il faut aussi prendre le temps de mettre des mots sur les belles choses. 😉

P.S.2 Mon amour, c’est vrai que ton haleine est atroce le matin. Mais j’taime pareil.