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Vivre le moment présent, plus que jamais — Texte : Nancy Pedneault

Plusieurs personnes, comme moi d’ailleurs, trouvent cette expression

Plusieurs personnes, comme moi d’ailleurs, trouvent cette expression galvaudée, passée date. C’est vrai, « vivre le moment présent » a été surutilisé et en a perdu sa force. Mais si on y réfléchissait un peu ?  

Jusqu’à jeudi dernier, la plupart d’entre nous vivaient dans l’allégresse, la légèreté et l’insouciance. Nous avons appris de cette dernière année, goûtant davantage au bonheur de pouvoir partager un souper entre amis. Nous étions heureux de pouvoir sortir après 20 h. Certains se sont même permis de danser et chanter jusqu’aux petites heures du matin. Nous avons savouré cette liberté retrouvée.  

Fiers de nos deux vaccins, nous rêvions d’un temps des fêtes comme dans le temps, celui où aucune menace virale ne planait au-dessus de notre tête. Planifiant ces moments comme si rien ne pouvait arriver, pratiquant l’ignorance intentionnelle en écoutant les nouvelles. Nous avons oublié quelque chose d’essentiel : vivre le moment présent.  

Malheureusement, la vie n’est pas tout à fait revenue à la normale. Une épée de Damoclès plane toujours au-dessus de nos têtes. Nous pouvons l’ignorer ou fermer les yeux, mais elle reste là. Notre seule option est de vivre ici, maintenant, tout en étant prudents. 

 Alors, en ces temps des réjouissances, profitons de chaque petit moment de bonheur que la vie nous apporte. Prenons le temps de dire à nos proches qu’on les aime. Allons jouer dehors, transformons la routine en moments exceptionnels. 

Comme l’a dit le chanteur Corneille : vivons chaque jour comme le dernier.  Apprécions la santé, la famille, la vie. Finalement, vivons au jour le jour et célébrons le moment présent, pour vrai.  

Nancy Pedneault 

 

Je ne veux plus mourir – Texte: Nathalie Courcy

J’ai passé la moitié de ma vie à vouloir mourir. À trouver que

J’ai passé la moitié de ma vie à vouloir mourir. À trouver que la vie ne valait pas la peine. Je souffrais trop. Je ne voyais pas le but de me lever tous les matins. Je me rivais le nez sur des échecs répétitifs qui cachaient les succès que je vivais sans les vivre. Ma génétique et les trop nombreux suicides dans ma parenté m’avaient convaincue que j’étais née pour être déprimée.

Médicamentée ou pas, en thérapie ou pas, ça allait downhill de toute façon. J’avais la tête dans une gelée de cumulonimbus sombre et grandissante. Vous dire la lourdeur de l’enclume qui pesait sur mes épaules, à force de porter tout ce malheur.

Et pourtant. J’avais des diplômes avec mention honorable. J’avais une maison, un mari. J’avais des enfants en santé, une famille, des amis. J’avais un bon emploi. J’avais suffisamment d’argent.
Mais. Mais je ne me sentais pas adéquate. Je ne me sentais pas à l’abri ni aimée. Je ne me sentais pas entourée. Je ne me sentais pas à ma place. Je ne me sentais pas en sécurité, financière et morale. Je n’étais pas la maman que je voulais être : calme, drôle, énergique, en santé mentale et physique. Je n’étais pas celle que je voulais être : heureuse, équilibrée, libre, amoureuse.

J’étais une habituée des thérapies. Psy, masso, chiro, t.s., art-thérapeute, acupuncteur… je les avais tous essayés. Même chose pour les médicaments. Anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères, antidouleurs… toujours avec un suivi adéquat, merci de demander. Mais je restais enfermée dans mon gros nuage noir. C’est frustrant, rester prise dans un gros nuage noir mélasse quand tu patauges sans arrêt pour t’en sortir.

Un jour, j’ai supplié d’avoir un médecin de famille. Que j’ai eu. Miracle, de nos jours. Et j’ai été honnête. Elle s’est étonnée que je tienne debout. Quand je dormais deux heures, je me trouvais chanceuse. Je ne pleurais pas, oh non ! J’étais gelée. Pas de drogue (merci à moi, je ne suis pas attirée par les drogues ni l’alcool [comme dit ma fille, l’alcool, ça goûte les pieds !]). Juste le cerveau embourbé, engourdi, comme si ma boîte crânienne était envahie par une glue visqueuse, pas de glitters. Mon corps était devenu immobile, toute mon énergie étant réservée à passer à travers mes journées de travail et mes soirées avec les enfants. Auto, boulot, dodo. Repeat. On repassera dans vingt ans pour le plaisir.

On a travaillé ensemble pour d’abord régler mon problème de sommeil. Ajuster la chimie du cerveau, mais aussi mon rapport à mon lit, à la nuit, à mon mari. J’ai mis des limites, je suis partie, je suis revenue vers moi, peu à peu. Le plus petit pas possible. PPPP. Quatre lettres qui m’ont sauvée, parce que si je m’étais fiée à la hauteur de la montagne à escalader, je n’aurais jamais osé. Elle m’aurait écrasée. Kapout.

Je me suis construit un nouveau nid, j’ai récupéré mon corps, je me suis activée. Je me suis pardonné plein de choses, et je me suis félicitée pour plein d’autres. D’abord de m’être choisie. D’avoir cessé d’attendre que d’autres le fassent à ma place. J’ai remis au centre de ma vie ce qui était important pour moi. Mes enfants, l’art, la créativité, l’écriture, la spiritualité, la famille, les amis, la santé. Puis l’amour.

Mais en premier, au tout début du parcours et ensuite à chaque jour, à chaque instant, je ME suis mise en premier. Égoïste ? Non, je ne crois pas. Si moi, je ne vais pas, rien ne va autour de moi. Si j’ai mes lunettes noires avec les verres salis par la glaise qui me sort du cerveau, je ne peux pas voir la beauté. Je ne peux pas percevoir l’amour, les bonnes intentions, la chance d’être en vie. Je ne porte pas de lunettes roses pailletées, ne vous en faites pas. J’ai les deux pieds sur terre, et c’est clairement mieux que s’ils étaient sous terre. Mais j’ai remisé mes perceptions erronées pour voir la vie comme elle est : variée, grande, lumineuse même dans ses bouts de noirceur.

Depuis l’adolescence, je restais en vie pour ne pas faire de peine à ceux qui restent. Je ne voulais pas déranger par mon départ. Je ne voulais pas laisser un vide dans la vie de ceux qui m’aiment. Je ne voulais pas générer de la culpabilité. Je ne voulais pas laisser comme héritage un gros sac de questions sans réponses.

Maintenant, si je reste, c’est pour moi. C’est parce que je vaux ce que je vaux et que je trouve que la vie est belle, même quand un nuage passe. Justement parce qu’il passe.

Si je reste, c’est aussi pour encourager les autres à rester. Un jour à la fois. S’il le faut, une heure à la fois. PPPP.

Nathalie Courcy

#BellCause

Ne jugez pas ma mort comme vous jugez mon vivant…

À l’aube de la nouvelle année, je ne peux croire ce que je lis,

À l’aube de la nouvelle année, je ne peux croire ce que je lis, entends et constate. L’humanité pas toujours humaine aura deux mille vingt ans et elle n’en est dans certains domaines qu’à son balbutiement.

Les sociétés sont bien mal en point. Le suicide, malgré toutes les discussions, les échanges et les ressources, reste pour beaucoup tabou. Surtout, leurs victimes qui s’en sortent, ou pas, sont encore et encore jugées.

Pour avoir été de ceux qui souhaitaient « mourir », je peux confirmer que le souhait de mourir n’est pas de ne plus vivre… mais plutôt d’arrêter de survivre. D’avoir envie de vivre plus que jamais mais ayant, à tort, la certitude que cette vie ne lui apportera jamais l’envie d’y rester, en étant dans cet état de mal de vivre.

Ce que j’affirme peut paraître décousu, je vous l’accorde. Mais comprenez bien : la personne souffrante ne croit tout simplement pas qu’il existe pour « elle » une autre issue. Elle souffre, elle culpabilise d’être devenue un poids d’inquiétude pour les gens qu’elle aime. Elle veut arrêter cette souffrance de part et d’autre, elle est fatiguée de porter de faux masques qui laissent paraître une joie de vivre qu’elle ne ressent plus. Masques à double tranchant, qui lui arrachent la peau chaque fois qu’elle les enlève. Alors elle les garde. Devant tous, devant elle-même, jusqu’au jour où elle s’y sent à l’étroit, où elle ne les supporte plus.

Alors, elle crie. Brutalement, de toute son âme, mais son corps lui joue parfois ce tour de crier silencieusement ou de se contenter de quelques murmures. Elle voit alors dans les yeux de ses confidents sa propre souffrance qui les atteint, et elle souffre encore. Elle a honte. Alors elle accepte l’aide ou elle la fuit.

La remontée n’est jamais sans nouvelles souffrances. La personne souffrante le sait, car cela fait bien longtemps qu’elle se bat. Elle ne voit plus les solutions qu’on lui apporte comme étant efficaces. La personne suicidaire se sent dépossédée de toute possibilité de rédemption. Cette pression contre sa cage thoracique est de plus en plus étouffante. Ce bourdonnement dans sa tête raisonne en rebondissant sans cesse contre les parois de son crâne. Ses yeux ne perçoivent tout simplement plus les couleurs et leurs nuances de ce monde devenu lourd, si lourd.

La personne qui pense à mettre fin à ses jours ne cherche jamais l’attention, elle la fuit. Elle sait que si les gens « savaient », ils voudraient la retenir, l’aider à ne pas mourir de corps, puisque son intérieur, lui, l’est déjà à ses yeux. Alors, celle qui n’arrivera jamais à parler, crier ou même murmurer, vous n’en saurez rien jusqu’à ce qu’elle agisse fatalement.

PAR CONTRE, la personne à qui il reste une parcelle d’espoir et qui demande de l’aide, ne la jugez pas! Ne lui dites pas que tout va bien, c’est faux! Ce n’est pas sa réalité! Ne pensez surtout, non surtout pas qu’elle cherche une attention démesurée face à ce mal-être qu’est son quotidien.

La dépression, les maladies mentales, les troubles de la personnalité, les blessures immondes sont bel et bien R-É-E-L-S.

Si vous croisez la route d’une personne en mal de vivre qui aspire à la mort, prenez-la par la main, serrez-la bien fort contre vous et amenez-la à l’hôpital. Soyez l’accompagnateur de sa demande d’aide. Vous n’avez très probablement pas l’expertise de l’intervention nécessaire, mais soyez son transport vers les bonnes ressources. Vous craignez pour la vie d’une personne? Contactez les autorités. Elle ne l’appréciera peut-être pas pour quelque temps, mais un jour, lorsqu’elle sera « guérie » ou qu’elle acceptera le chemin de la guérison, elle aura au fond du cœur une reconnaissance sans borne pour votre geste, même si elle n’en fait pas mention.

Aucune phrase unique ne peut guérir le mal de vivre. C’est un long chemin à parcourir, mais il existe. Aidons ceux qui empruntent cette voie à la parcourir petit à petit. Renseignons-nous sur ce que l’on peut faire et dire, mais surtout, NE LES JUGEONS PAS.

Simplement Ghislaine

*Je vous invite à visiter ce lien qui pourrait très fortement vous aider à « aider ».

Et le prix citron pour l’année 1979 revient à: MOI!

Oui, oui, moi! Je ne me plains pas... en fait, je ne me plains jamai

Oui, oui, moi! Je ne me plains pas… en fait, je ne me plains jamais. Je fonce et je regarde en avant. Je passe par-dessus tous les obstacles sans rien dire, en allant chercher un peu de positif dans tout ce qui m’arrive. Je suis comme une belle voiture qui semble tellement bien aller, mais en dedans, tout s’arrête un morceau à la fois.

Je ne me plains pas. J’ai trois beaux enfants, une carrière que j’adore, une maison où je me sens tellement bien, des amis précieux et une famille en or. Bon, je me suis séparée deux fois des papas de mes enfants et j’habite seule. Mais je suis bien, je suis en paix avec cette vie et zen avec moi-même.

La seule chose qui ne fonctionne pas bien, c’est mon intérieur. Il a commencé à me lâcher quand j’avais quinze ans. Depuis ce temps, un mauvais karma s’acharne sur moi sans pitié.

J’ai commencé mon adolescence en ayant des migraines qui ont empiré d’année en année, au point de faire un petit AVC il y a deux ans. Maintenant, j’ai un traitement efficace et mes migraines ont réduit en fréquence et en intensité. Je peux enfin être fonctionnelle.

J’ai aussi eu un gros problème d’endométriose pour lequel je me suis fait opérer quatre fois. Chaque fois, un congé de six semaines s’imposait. J’ai aussi attrapé le H1N1 et je me suis encore absentée deux semaines de mon travail. J’ai eu un début de cancer du col de l’utérus. La gynéco a brûlé les cellules atteintes, mais elles sont revenues deux ans plus tard.

Entre-temps, je suis tombée enceinte par miracle, car avec l’endométriose que j’avais, c’était quasi impossible. Durant cette troisième grossesse, j’ai été alitée et à partir de la vingtième semaine, je dormais deux nuits par semaine à l’hôpital pour faire stopper mes contractions.

Après la naissance de mon dernier, la gynéco m’a opérée à nouveau, car les cellules cancéreuses étaient de retour et j’avais beaucoup trop d’endométriose. Bye bye l’utérus et un ovaire. Un autre coup dur à accepter! À Noël dernier, je ne me sentais pas bien. J’avais mal au ventre assez intensément. Va à l’hôpital pour finalement être sur la table d’opération trois heures plus tard. J’avais une appendicite. Alors, go pour une sixième opération dans le ventre. Imaginez les cicatrices que j’ai!

Après trois jours à l’hôpital, je sors et je retourne à la maison pour commencer à ne pas me sentir bien une journée seulement après mon arrivée. J’avais tellement mal au ventre que je perdais connaissance. On retourne à l’hôpital… Non, mais, ils ont peut-être oublié quelque chose en dedans de moi? Ben non… J’ai attrapé le C. difficile pendant mon opération. Donc, en isolement pour une semaine sans pouvoir voir mes enfants.

Dernièrement, j’ai commencé un nouveau médicament en essai clinique pour les migraines. Il m’a coupé l’appétit, fait perdre mes cheveux et j’ai encore fait un séjour à l’hôpital. J’ai fait une colite probablement due à ce nouveau médicament.

Là, c’est terminé ce mauvais karma. Je vous le dis, une nouvelle vie s’offre à moi. Je n’ai pas le choix d’être positive pour continuer à aimer la vie et pour transmettre cette valeur à mes enfants.

À toutes les personnes, qui comme moi, souffrent sans arrêt, je vous le dis, regardez en avant, foncez, souriez, entourez-vous de gens positifs, appréciez chaque petit moment de la vie, faites des projets, prenez soin de vous et de vos proches, dites non quand ça ne vous tente pas, faites-vous plaisir et apprenez à vivre à fond.

« Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était, aie confiance en ce qui sera. » Bouddha

 

Karine Filiatrault

Cette histoire, c’est la tienne

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Chaque matin t’appartient, chaque journée est à toi, c’est ton chemin, celui que tu as choisi. C’est ton histoire, c’est toi qui l’écris et tu ne vas la vivre qu’une seule fois! Alors, quel que soit ton âge, vis pleinement chaque minute, ose! Fonce! Avance! Ne te retourne pas trop souvent.

Cette histoire, elle n’est pas parfaite, mais c’est la tienne. Aime le plus fort que tu puisses aimer, savoure tout et tout le temps, sois gentil, sème le bonheur sur ton chemin, cesse de te préoccuper de ce que l’on pense de toi, assume tes décisions, continue de rêver, ne remets pas à demain. Car demain n’existera peut-être jamais…

Tout peut s’arrêter demain. Rien n’est jamais acquis dans la vie. Ton bonheur, c’est maintenant, là pendant que tu lis ce texte, tu existes pleinement dans l’instant. Hier est terminé, demain n’est pas encore. C’est en ce moment que c’est important. Profite du moment présent.

Ne regrette rien. C’est ton histoire à toi, pas celle du voisin ni celle de tes parents ou de l’ami bienveillant. Vis pour toi, vis en pleine conscience de toi. Prends soin de toi. Fais ce qui est bon pour toi. Accepte tes limites. Trace ton chemin. Sème tes graines qui fleuriront le long de ta route.

Sois toi. Ne te noie pas dans les désirs des autres. Car la vie, tu en as juste une. C’est ta vie. Et cette histoire, c’est la tienne.

 

Gwendoline Duchaine