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Lettre à toi, ma fille qui est lente

Chère cocotte,</

Chère cocotte,

Je te jure, chaque jour et à chaque embûche qui se présente devant nous, je m’efforce de t’aimer plus et de ne surtout pas te comparer avec ta sœur. Toi, ma cocotte qui as toujours été plus lente, plus sensible, plus peureuse. Je t’aime. Toi qui nous faisais des crises monumentales pour un simple moustique. Toi qui hurles tellement lorsqu’on te brosse les cheveux que les voisins pourraient appeler la police! Je t’aime. Toi à qui il faut répéter les mêmes consignes plusieurs fois, je t’aime. Toi qui aimes faire le clown et nous faire rire, je t’aime. Toi qui as une grandeur d’âme exceptionnelle et qui pleures devant un film triste, je t’aime.

À la prématernelle, ton éducatrice m’avait parlé de TDAH. Étant moi-même éducatrice, je comprenais de quoi il s’agissait et j’étais prête à y faire face! Même si j’ai souvent pleuré dans la voiture, en me demandant comment j’allais t’aider. Je m’efforçais de t’aimer plus. Parce que oui, il faut l’avouer, quand c’est difficile, même si nos enfants sont ce qu’on a de plus précieux, on s’épuise et on a juste le goût d’abandonner. Tu étais inscrite à des cours de gymnastique parce que tu voulais faire comme ta sœur. Mais quand j’ai vu comment tu agissais pendant les cours, je n’avais plus envie de payer (et c’est cher, la gymnastique!) pour te voir regarder le plafond sans trop écouter les consignes, aussi simples soient-elles!

Il y a eu l’ergothérapie pour améliorer ton hypersensibilité et ta concentration. Tu avais une éducatrice merveilleuse qui savait exactement comment t’aider au jour le jour. Je voyais tes progrès, je restais positive et j’étais fière de toi. Mais comme ton comportement plus lent n’affectait pas trop ta vie encore, on a laissé passer le temps. Plus lente à comprendre, plus lente pour apprendre. On s’est dit, ton papa et moi, qu’on allait attendre de voir comment ça allait se passer à l’école. Que tu étais encore petite et que tu avais plusieurs années encore devant toi pour t’améliorer. Et on t’aimait.

Chaque enfant est différent, c’est une évidence. Des lents et des plus rapides qui comprennent tout et très rapidement. Et puis, il y a eu les commentaires des proches : «Elle bouge beaucoup, hein!», «Elle n’arrête jamais!», «Penses-tu qu’elle a un TED?», «Comment ça, elle n’est pas comme sa sœur?» Parce que même si tu étais plus lente pour comprendre, tu n’arrêtais jamais. Toujours quelque chose à dire et toujours quelque chose à montrer.

La maternelle a commencé… et rien! Aucun commentaire négatif de la part de l’enseignant. Tout allait bien. C’était difficile à la maison, mais je me disais que tout allait tellement bien à l’école que tu devais te relâcher de retour à la maison. La première année a ensuite commencé avec les devoirs qui viennent avec. Et on est rendu là… La première rencontre de parents où on se faire dire que tu es plus lente. Que tu as besoin de coquilles sur tes oreilles pour mieux te concentrer. Que tu as le regard vide lorsqu’on te pose certaines questions. Rien de nouveau pour nous, mais c’est nouveau pour l’école. L’enseignante ne s’inquiète pas puisque tes résultats scolaires sont dans la moyenne de la classe. Mais elle va te surveiller. On ne peut s’empêcher de comparer avec ta sœur qui est toujours au-dessus de la moyenne dans toutes les matières. Grosse erreur de notre part. Mais on t’aime. Plus que tout.

Et aujourd’hui, quand tu n’as pas répondu à ma question et que tu avais le regard vide, j’ai essayé de comprendre pourquoi. Je te posais des questions simples et le plus calmement du monde : « Pourquoi, quand on te parle, tu ne réponds pas? », « Est-ce que tu comprends nos mots? » Tu ne me répondais pas… et tu avais les yeux pleins d’eau. Je sais depuis toujours que tu es une grande émotive, mais aujourd’hui, j’ai seulement voulu comprendre comment ça se passait dans ta tête. Et je n’ai pas réussi. Parce que la seule chose que tu m’as répondue, c’est : « Je ne le sais pas. » Et la seule chose que j’ai réussi à te répondre, c’est : je t’aime ma cocotte!

Mon couple, ma fierté

Lorsque j’entends les gens dire : « Ma plus grande fierté, ce

Lorsque j’entends les gens dire : « Ma plus grande fierté, ce sont mes enfants », je ne peux qu’être en accord avec eux. Mais au-delà de cela, je crois que mon couple est en fait ma plus grande fierté. Puisqu’à la base, personne ne croyait vraiment en nous.

J’ai rencontré mon homme à l’âge de vingt-deux ans; lui était alors âgé de trente-et-un ans. J’allais à l’université, je travaillais à temps plein et vivais dans mon petit condominium une vie débridée. Loin de moi l’idée d’avoir des enfants. Mon plan était fait : j’allais devenir psychologue et vivre d’un bonheur matérialiste. Je visualisais ma vie de luxure : voiture de luxe, sac à main hors de prix, voyages à faire rêver…

C’est un soir de beuverie qu’un homme assis au bar m’a demandé mon numéro de téléphone. Ironiquement, je ne donnais jamais mon bon numéro, sauf cette fois apparemment, puisque trois jours plus tard, je recevais l’appel d’un parfait inconnu.

Pour être honnête, je ne me rappelais aucunement cet homme. En ne reconnaissant pas le numéro, je me suis fait prendre à répondre à l’appel de ce charmant inconnu. Résultat : nous avons parlé au téléphone quarante-cinq bonnes minutes. Il me faisait rire, simplement. Il m’a téléphoné une seconde fois deux jours plus tard. Idem ici. Ses appels étaient légers, humoristiques, ironiques. Exactement comme moi, et d’un seul coup, j’espérais qu’il me rappelle encore et encore.

Au bout d’une semaine vint le moment critique. Il fallait bien se rencontrer. Qu’est-ce que j’allais faire? Mon amie me répétait de ne pas y aller et j’étais déchirée entre la logique et mon impulsivité. J’ai bien sûr suivi mes intuitions et je me suis rendue à ce rendez-vous.

Première impression : oh non! Qu’est-ce que je fais ici?! L’homme en question était le contraire même de mes espérances! Souliers pointus à l’européenne, jeans évasés et chemise rentrée dans ses pantalons. Oh boy! Il avait planifié un repas sushi chez lui. Résultat : j’ai mangé trois sushis! Parce que se remplir la bouche d’un gros sushi, ce n’est pas super pour avoir une bonne conversation!

Vous ai-je spécifié que je n’étais pas un ange? Plusieurs consommations plus tard, je me suis retrouvée en boîte sur le gros party avec cet homme. Eh! oui, nous avions quelque chose en commun, les deux, nous étions des party animals. Pour être honnête, je ne me rappelle rien de cette soirée, à l’exception d’une chose : le premier baiser de l’homme de ma vie. Vous savez dans les films lorsque des feux d’artifice éclatent après un évènement grandiose? Et bien, voilà! Cela fait huit ans maintenant, et je peux encore me rappeler l’endroit exact dans le bar où nous étions et le déclic que j’ai ressenti au plus profond de mon être. J’ai su en une fraction de seconde que ma vie allait changer à jamais grâce à cet homme! Je suis le contraire même du romantisme, mais ce feeling, je l’ai bien senti.

Trois mois plus tard, il emménageait avec moi. Six mois plus tard, j’étais enceinte. J’ai fait le test de grossesse la journée même où nous recevions ses parents à souper pour la première fois. Oh! Vous ai-je dit que mon conjoint est portugais? Les traditions sont très présentes chez les Portugais, vous pouvez donc imaginer le malaise au souper lui et moi.

Nous n’avions aucune idée si nous allions garder cette petite surprise. Nous avons fait semblant de rien un mois durant. Nous n’osions même pas en parler. Jusqu’au jour où il m’a dit : « La décision te revient. J’ai trente-et-un ans, tu en as vingt-deux. Tu es à l’université, moi j’ai un travail stable. Moi je suis prêt et je t’aime, alors j’accepterai la décision que tu prendras ». Vu la sagesse et le respect dans sa prise de décision, je me suis lancée les yeux fermés dans cette nouvelle aventure qu’était la maternité.

Huit ans plus tard, je suis mère au foyer de trois merveilleux enfants. Est-ce la vie dont je rêvais? Non. Mais je ne la changerais pour rien au monde! Notre couple est fort et unique. Sans aucune goutte de romantisme, nous avons un respect mutuel et une admiration l’un pour l’autre.

Personne ne croyait en nous et moi-même, avec le savoir que j’ai aujourd’hui, je n’aurais jamais parié sur notre couple. Mais je suis fière de ce que nous sommes devenus. Nous sommes fiers d’avoir prouvé à tout le monde qu’il faut parfois choisir son propre chemin pour être heureux, qu’il n’y a aucune route pré-établie à suivre pour être heureux. Le bonheur et l’accomplissement varient pour chacun.

Et vous, en quoi consiste votre fierté?

Geneviève Dutrisac

Maman, mais pas maintenant…

Je m’adresse à toi, la femme de 30 ans, l’adolescente, la femme qui voulait un enfant, mais pas à ce moment précis de ta vie. À toutes ces femmes qui avez eu cette déchirante décision à prendre : l’avortement ou la maternité.

C’est comme un coup de dés jetés dans les airs, sauf que tu ne pourras jamais savoir ce qui suivra ta décision, ton choix. Tu ne pourras jamais connaître la suite ni le comment du pourquoi. Malgré toi, malgré que tu sois en paix avec ta décision et que tu aies surement fait le bon choix pour toi, ton subconscient, lui, te rappellera sans cesse ton choix et sèmera un doute. Tu sauras traverser cette épreuve en silence parce que oui, tu as honte. Honte de dire que tu as jeté une vie à la poubelle, honte d’avoir choisi de ne pas mener à terme une grossesse qui apporte pourtant tellement de bonheur à d’autres. Honte parce que certaines personnes ne demandent que de vivre cette chose si extraordinaire et inexplicable qu’est la grossesse.

À toi qui as subi un avortement, ne sois pas dure avec toi-même, car en aucun cas, c’est un choix facile à faire… Si tu es passée par là, surtout parles-en avec une personne de confiance, car tu traverseras des moments difficiles dont très peu de personnes osent parler ouvertement. Malheureusement, c’est encore un sujet tabou, mais tu n’as pas à vivre cette tristesse seule. Tu as le droit d’en parler ! Bien sûr, l’avortement n’est pas un moyen de contraception ni une solution de rechange, mais bien un recours ultime. Un accident de parcours, ça arrive et à beaucoup plus de femmes qu’on ne le croit.

Tout comme vous, je suis cette fille, cette femme dans la trentaine, cette amie qui verse quelques larmes parfois dans mon lit en silence, en me posant sans cesse les mêmes questions : que serait ma vie aujourd’hui si tu étais là ? De quoi aurais-tu l’air ? Que deviendrais-tu ? Tout comme certaine d’entre vous, je suis cette femme qui, par une soirée enflammée, est devenue enceinte malgré le contraceptif d’urgence. Ce bébé s’était accroché à la vie, il faut croire, mais au mauvais moment de la mienne.

Pourtant j’avais tout : cet homme merveilleux, parfait à mes yeux, mais que je connaissais que depuis peu. J’avais un bon travail, un toit, l’autonomie, une famille très unie, de l’amour à offrir… mais je n’osais imaginer ce que pourrait signifier le risque d’élever un enfant dans une relation de moins d’un an. Moi, la fille qui vient d’une famille tissée serrée et de parents unis et encore amoureux… je ne pouvais prendre le risque de briser cette chaîne et de ne pas pouvoir offrir autant à ce petit être. Je voulais surtout pouvoir donner à mon couple la chance de s’épanouir sans avoir trop d’embûches au départ. Le “SI JAMAIS…” se répète sans cesse dans ma tête. À toi l’enfant que tu serais, je ne t’oublierai JAMAIS !

 

 

Marie-Ève Jalbert

 

Je me souviens… de qui je suis

Il y a des dates qu’on aimerait oublier. Le 22 décembre en est u

Il y a des dates qu’on aimerait oublier. Le 22 décembre en est une pour moi. Aujourd’hui, cela fait un an que j’ai reçu mon diagnostic de cancer. Un an que la vie telle que je l’ai connue n’existe plus. Un an que j’ai entamé un parcours miné de deuils et de lâcher-prises.

Aujourd’hui, cela fait un an que je survis à mon quotidien avec le cancer. Et même si c’est une date que parfois j’aimerais oublier, je m’en souviens comme si c’était hier : chaque instant est tatoué dans ma mémoire corporelle.

Mais, aujourd’hui, je ne suis pas la maladie. Je ne l’ai jamais été…

Aujourd’hui, je me souviens… de qui je suis.

Je suis la femme qui a toujours cru que la féminité était une philosophie de vie et non une question de maquillage, de tour de taille, de longueur de cheveux, de profondeur de décolleté ou de sexualité. Ma féminité, je la porte souvent avec des pantalons, même quand je suis en couple. Ma féminité, je l’assume chaque fois qu’on me dit que je suis « one of the boys » parce que je sais faire les choses à l’égal d’un homme. Ma féminité, je l’affiche dans chacune de mes cicatrices. Et surtout ma féminité, je l’épanouie chaque fois que je fais l’amour.

Je suis la mère qui a toujours su que la maternité était une confession de soi et non une vocation à renoncer à soi. Ma maternité, j’ai choisi de la vivre « bon an, mal an » à partir du moment où je suis tombée enceinte. Ma maternité, je la conjugue à l’imparfait dans la conciliation travail-famille, au présent dans tous ces petits riens qui font la magie de l’instant, au futur malgré la maladie. Ma maternité, je la partage avec la femme et l’amoureuse que je suis.

Je suis l’amoureuse qui en a toujours fait qu’à son cœur et non sans s’entêter parfois à s’impliquer dans des causes qui n’en valaient pas la peine. Mon amour, je ne l’ai pas toujours offert au meilleur, mais même au pire, il a toujours défendu ses valeurs. Mon amour, je le multiplie chaque fois que j’inspire la vie. Mon amour, je le guéris à chaque éclat de rire.

Aujourd’hui, je ne suis pas la maladie. Je ne l’ai jamais été…

Alors, en cette date d’anniversaire que je ne peux oublier, j’ai décidé de célébrer ce que je suis : une survivante!

Pour en lire plus sur mon quotidien avec le cancer, visitez www.laviecontinuemalgretout.com

 

Lettre à mon enfant : tu vas vivre dans ce monde…

Tu vas vivre dans un monde où l'humain règne et détruit tout. Tu vas vivre dans un monde où l'ar

Tu vas vivre dans un monde où l’humain règne et détruit tout. Tu vas vivre dans un monde où l’argent décide tout.

Tu vas vivre dans un monde où l’on tue des hommes, des femmes, des enfants… À coup d’avion, de fusil, de hache, de camion, de bombe ou de couteau… Sous prétexte d’un dieu qui se contrefiche des innocents corps gisants.

Tu vas vivre dans un monde où l’on est capable de regarder mourir un homme et de le filmer, plutôt que de lui porter secours.

Tu vas vivre dans un monde où tu risques de mourir en tout temps, à toute heure, emporté par une haine grandissante, un cancer religieux qui s’infiltre partout et frappe aux quatre coins de la planète.

Tu vas vivre dans un monde où la nature se déchaine, perturbée dans son équilibre par une dévastation humaine, emportant tout sur son passage, brulant, inondant, déchirant le sol.

Tu vas vivre dans un monde où la moitié de la planète joue à “Pokemon Go” pendant que l’autre moitié crève de faim.

Tu vas vivre dans un monde où chacun se regarde le nombril, l’expose sur les réseaux sociaux comme une galerie d’art… Sans penser tendre la main à son voisin en détresse, qu’il croise pourtant au quotidien.

Tu vas vivre dans un monde de rentabilité, de résultats, d’argent.

Tu vas vivre dans un monde qui aime se faire la guerre au nom d’une invention humaine appelée “Dieu”.

Tu vas vivre dans ce monde…

Au fond de moi, j’espère que les valeurs que je t’enseigne te porteront plus haut que la barbarie de ce monde. J’espère que tes rêves dicteront tes actions et que tu pourras peut-être améliorer l’avenir.

Je suis désolé de te laisser ce monde. C’est ton héritage, c’est ta croix, c’est tout ce que tu as.
Tu vas vivre dans un monde où à tout instant, toi aussi tu peux sombrer et devenir ce meurtrier.

Mais tu sais, seul l’amour peut détruire la haine. Tu vas vivre dans un monde où l’amour sera ton arme.
Tu vas vivre dans ce monde…

Ce matin-là

Il est tôt. Le soleil emplit la chambre et j’y suis bien. Mes bra

Il est tôt. Le soleil emplit la chambre et j’y suis bien. Mes bras entourent mon amoureux et je me réveille doucement. Une autre belle journée de printemps qui s’annonce. Jusqu’à ce que j’entende quelque chose. Mon amoureux, dos à moi, vient de parler. Je ne comprends pas bien ce qu’il dit. Je saute par-dessus lui et à deux pouces de son nez lui dis :

-Tu as dit quoi ?

Nouveau grommellement de sa part. Je ris. Des fois mon chum est trop con.

– Je ne sens plus ma jambe Isabelle.

Je ne ris plus. Qu’est ce qu’il raconte le chum ce matin.

-De quoi tu ne sens plus ta jambe ?

-Je ne sens plus mon côté gauche Isabelle.

J’ai de la difficulté à l’entendre, à comprendre. Le mode “panique” embarque. Sa voix est faible, à peine audible. Ses mots manquent de clarté. Ses yeux ne brillent pas. Il ne va pas bien. Ce ne sera pas une belle journée de printemps.

Il y a soudain urgence d’agir, de déplacer l’air rapidement et d’arrêter le temps contre je ne sais pas quoi. Être dans l’action m’a toujours donné le sentiment illusoire de reprendre le contrôle. Je l’ai mis sur mon dos, l’ai aidé à se déplacer jusqu’à l’entrée de la maison, j’ai mis la voiture dans la plate bande d’en avant et j’ai foncé jusqu’à l’hôpital.

Et là, encore le film. Les agents de sécurité, la civière, les médecins et les infirmières qui s’affolent. J’ai l’impression d’être dans le jour de la marmotte. On me dit de laisser passer, de les suivre, d’attendre. Et c’est ce que je fais n’ayant pas d’autres choix. J’attends. Le temps, ça n’avance pas pour vrai des fois.

Accident vasculaire cérébral (AVC). « Heureusement, vous êtes arrivés à temps » qu’ils me disent. J’entends à peine leurs mots, leurs phrases qui ne font aucun sens pour moi. Je me sens sous l’eau et eux me parlent de la surface de la Terre ou d’ailleurs. Rush d’adrénaline, je suppose. Je cherche du regard mon amoureux, mon chum, mon ami. Je le retrouve; il est conscient, branché de partout. Je me glisse contre lui et je lui prends la main. Pour cette fois-ci; on est sauvés.

Il en fera deux autres dans les mois qui suivront. Deux autres AVC. Mes cheveux blanchiront, je n’aurai plus faim et je serai aux aguets nuit et jour. J’aurai tout lu ce qui fait peur sur le web et j’aurai peur longtemps que quelque chose de bien plus grand que moi m’enlève celui que j’aime. Je recommencerai même à prier. Il détestera que je m’inquiète tant. Il me dira : « profitons de la journée d’aujourd’hui et qu’importe ce qui arrive, sois heureuse Isabelle ».

Heu non champion. Pas « peu importe ce qui arrive, sois heureuse ». Parce que je t’aime. Parce que j’ai besoin de toi, parce que j’ai des rêves à accomplir avec toi et des projets pleins la tête et le cœur. Parce que quarante ans, c’est bien trop jeune pour mourir. Parce que c’est toujours trop jeune de toute façon. Parce que je te veux là, avec moi de manière bien égoïste. Parce qu’il y aura un autre printemps à vivre tous les deux.

 

 

 

 

 

 

 

Ton premier Noël vide. Le deuil dans le temps des Fêtes

Cette année, Noël goûte bizarre pour toi. Une saveur flat qui manque d’assaisonnement.

Cette année, Noël goûte bizarre pour toi. Une saveur flat qui manque d’assaisonnement. Des Fêtes qui sentent la mort et la place vide.

Cette personne qui embellissait ta vie depuis tellement d’années est partie en 2016. Ton conjoint, ton épouse, ta mamie ou ton père adoré, ton petit frère ou ta princesse, ton chum de gars ou ta best est décédé. Celui pour qui tu as cuisiné tes meilleures tourtières ou que tu as observé dormir chaque soir en cachette t’a dit adieu. Et ça fait mal.

Depuis que l’annonce de la mort est tombée, tu as mal au cœur. La nausée de la vie sans lui, sans elle. Mais là, Noël approche et les Ho! Ho! Ho! du gros bonhomme rouge te donnent des frissons. Sans parler des tounes de Noël omniprésentes à la radio (je t’avertis, à partir du 26, les rigodons seront encore pires pour ton moral! Une vraie masse qui massacrera le bout de deuil que tu avais fait. Tu ferais peut-être mieux de barrer toutes tes radios à double tour, histoire de t’empêcher de les garrocher de rage).

Tu as bien eu quelques jours de congé pour faire ton deuil (comme si ça se faisait en si peu de temps!). Tu t’es peut-être même senti(e) soulagé(e) (et coupable!) si la personne aimée est morte au bout d’une interminable maladie. Tu t’es tapé le supplice de la file de monde qui te serre la main au salon funéraire. Tu as reçu des tonnes de courriels et quelques cartes de condoléances. Il t’est arrivé de ressentir l’amour et la tendresse qui t’entouraient. Mais toi, tu aurais voulu garder l’amour que tu as cessé de recevoir le jour où la faux a frappé.

Quand tu t’es rendu compte que tu faisais grimper les revenus de Scotties à force de remplir tes poubelles de mouchoirs, tu t’es ressaisi(e). Tu t’es presque convaincu(e) que tu étais plus fort, plus forte que ça. Mais en ce décembre 2016, le Monsieur Muscle du moral ou la Madame Hop-la-Vie est en train de s’émietter et hibernerait s’il s’en donnait le droit. L’avouer ressemble trop à un échec, à une rechute. Un cancer émotif qui prend toute la place.

Alors tu dis oui aux invitations (« Viens donc! Ça va te changer les idées! »). Mais pendant que tu mets ta petite robe noire ou ta cravate de Snoopy de Noël, tu te demandes pourquoi tu fais ça. Tu te rappelles que la dernière fois que tu t’es habillé(e) chic, c’était aux funérailles. Tu te demandes ce que cette personne que tu aimais/aimes tant penserait de toi qui oses essayer de t’amuser. Quand est-ce qu’on revit malgré le vide?

Laisse-moi te dire que devant l’assiette vide à la table familiale, tu vis. Devant la place vide dans le lit, tu vis. Devant le siège vide dans l’auto, au bureau ou au bar, tu vis. Même si tu as l’impression que le vide prend toute la place, tu vis. Et tu le fais de ton mieux et à ton rythme.

Depuis le décès, chaque occasion de célébrer est une obligation de se rappeler et de revivre ton deuil. Une étape à traverser. Et Noël est pour plusieurs endeuillés la pire fête à affronter parce qu’elle signifie tellement, parce qu’elle rassemble tellement de gens. Ça devrait être festif alors que toi, tu as juste le goût de t’enfermer pour écouter « Le Noël au camp » de Tex Lecor en boucle.

Le 26 décembre, tu ne te réveilleras  pas en te disant « Oh! Yes, le deuil est terminé! » Mais tu auras vécu une autre étape de ton deuil. La place à côté de toi sera aussi vide que la veille, mais toi, tu auras avancé d’un pas. Tu lanceras peut-être ta radio bourrée de rigodons dans le mur (tu aurais dû m’écouter et la ranger!), mais sais-tu quoi? 2017 s’en vient. Tu auras tout le temps et tout l’espace dont tu as besoin pour réparer tes murs et soigner ton cœur.

En attendant, laisse les autres t’aimer et te le montrer. Je t’envoie un gros câlin réconfortant comme une doudou en polar sur le bord d’un foyer. Et une épaule si tu as le goût de pleurer.

http://citrac.ca/accompagnement-du-deuil/
http://www.deuil-jeunesse.com
http://www.aqps.info/comprendre/deuil.html

L’amour, le vrai

Le lien qui unit un humain à un animal est indescriptible. Il faut

Le lien qui unit un humain à un animal est indescriptible. Il faut avoir aimé profondément un animal pour le comprendre.

Un animal dont tu prends soin et à qui tu offres un minimum d’attention te le rend à l’infini. Je prendrai l’exemple d’un chien puisque dans mon cas, plusieurs toutous ont croisé ma route.

Ça t’accueille comme si tu étais une personne exceptionnelle! Sans jugement, sans rancune. Ça ne t’en veut pas si tu oublies de remplacer son bol d’eau, pendant la journée. Ça accepte d’être délaissé lorsque de petits humains apparaissent soudainement dans la famille… et y restent!

Ça partage ses jouets, ça se laisse malmener par de petites mains toutes neuves . Ça sert d’oreiller.

Un animal, ça te console. Ceux qui aiment ou ont aimé un animal me comprendront. Ils ont comme un sixième sens. Ça fait du bien de pleurer contre une boule de poils. 🐾

Le temps que je prends à soigner mon chien, à le caresser, à l’observer, c’est un moment où le temps s’arrête, à chaque fois. On est ensemble, dans la même bulle. Merci, mon chien, de ne pas m’en vouloir de t’avoir délaissé, ces dernières années. Jamais, tu ne m’en as tenu rigueur.

Un animal, pour certaines personnes, c’est l’enfant qu’ils n’auront jamais.

Pour d’autres, c’est du réconfort dans une vaste maison où on se sentirait trop seul.

Pour des milliers de gens, un chien, c’est une paire de lunettes. Il peut être un confident, un compagnon qui diminue l’angoisse chez un enfant malade.

Je n’ai jamais eu de cheval, mais à chaque fois que j’observe la complicité entre un cheval et son maître, ça m’émeut. Cette bête immense qui semble avoir envie de se blottir dans les bras de la personne qui lui offre des soins et beaucoup d’amour… Wow! Les regards échangés, les coups de tête qui cherchent une caresse. D’une grande beauté.

Je crois fermement qu’il existe un lien très fort qui unit les amants des animaux. Un lien qui fait qu’on se comprend, instantanément. Comme si notre coeur était programmé pour capter tout cet amour gratuit et pour le rendre!

Chez moi, il y a du poil en permanence, des balles et des bouts de corde qui traînent. Il y a toujours une grosse bête dans mes pattes; faire la vaisselle ou la cuisine devient un sport extrême!

Chez moi, mes filles ont un toutou à cajoler. Elles apprennent le respect des animaux et en retour, elles gagnent des souvenirs inestimables. 💕

À tous les chiens qui sont passés dans ma vie, je vous dis MERCI.🐾

 

 

 

 

Le meilleur du pire

À notre naissance, on est l

À notre naissance, on est la fille de nos parents. Ensuite, on est leur ado et on leur en fait vivre des vertes et des pas mûres… Et puis, quelque part au travers des hormones qui dérapent, des pétages de coche qui ne font pas de sens, des succès ET des échecs qu’on arrose… se forge une femme.

Puis un jour, on devient aussi une amoureuse. On se crée une bulle d’amour, on y met un toit et quatre murs (et l’on s’obstine sur le choix des couleurs…). Un bon matin, on fait pipi sur un petit bâton et notre union atteint son apogée : on sera finalement trois! Un petit nouveau fera son entrée dans notre maison, notre vie et dans notre lit…

Tout à coup, un petit bout de vie prend toute la place; on oublie la fille, la femme et inévitablement l’amoureuse. On est une maman. Les cheveux en bataille, en pantalon de jogging et la brassière prend le bord en même temps que notre estime! Et quand on croise un miroir, on hésite deux secondes :

 

« Qui c’est celle-là ? Eh merde… c’est moi ! »

 

Quand mon fils est venu au monde, la partie de moi qui a décampé en premier, c’est l’amoureuse. J’avais pourtant déjà exploré mon rôle de maman avec ma fille et je connaissais le bon chemin. Mais non, l’amoureuse a décidé de quitter le bateau, pas mes sentiments, bien au contraire, je l’aimais mon homme, mais j’avais perdu la twist de lui montrer. Lui plaire était le dernier de mes soucis, comme si j’avais le temps anyway !

Les mois ont défilé dans notre vie à la même vitesse que les heures entre deux boires au beau milieu de la nuit. Je savais qu’il se tannerait, à sa place je me serais tannée bien avant, mais heureusement… il est beaucoup plus patient que moi. Au bout de quatre mois, on s’est retrouvé l’un en face de l’autre en ayant l’impression de ne plus se connaître.

 

Mais qu’est-ce qu’on était devenus ?

 

On a vécu un chaos total : trahison, chicane, peine, douleur… Name it! On se regardait sans se voir depuis des mois, mais on s’aimait depuis si longtemps. Est-ce qu’on allait vraiment laisser notre négligence tout gâcher ? Je n’avais jamais imaginé vivre ma vie familiale ainsi et élever mes enfants avec un coloc… Aussi beau soit-il!

C’est à grands coups d’efforts qu’on s’est retrouvés et qu’on a triomphé de notre « nous » à l’abandon. De minuscules moments, juste à nous, entre le souper et la vaisselle : des « je t’aime » sincères entre ses grands yeux et les miens fatigués et des douches en duo, pour économiser l’eau chaude…

C’est aussi en prenant soin de moi que j’ai pris soin de nous. Des jambes pas épilées, ça ne garde pas aussi bien au chaud l’hiver qu’un câlin enflammé sous les drapsLa Senza a fait un retour triomphal dans ma vie en même temps que le mascara allongeant. J’ai sacré à la poubelle mes vieux joggings… Faites-vous pas d’illusions, j’en ai acheté des flambants neufs! J’suis pas folle, on est si bien là-dedans… Mais maintenant, je ne les porte plus tous les jours!

Quatre ans plus tard, on est plus forts que jamais. Comme si tout le mal qu’on s’était fait nous avait propulsés dans une autre dimension de notre relation. On se tape encore sur les nerfs par moment, rien n’est parfait, mais aujourd’hui, on est capable d’en rire. On affronte la vie, avec tout ce qu’elle a de plus beau et de plus sombre, un à côté de l’autre, avec nos enfants dans les pattes!

 

Une famille dévouée à Opération Enfant Soleil

1990 --- Enceinte d'une 2e grossesse (la première fut une ectopique), je

1990 — Enceinte d’une 2e grossesse (la première fut une ectopique), je m’intéresse beaucoup au téléthon OES diffusé via TVA. C’est là que m’est venue l’idée et que j’ai dit à mon conjoint que ce serait ben le
fun de faire des napperons à leur image et leur verser des fonds étant donné que nous sommes dans le domaine de l’impression. On endiscute, on jase et j’en rêve. Nous allons à Québec visiter ma famille et ma mère me dit de contacter ma copine d’enfance Martine Bérubé, qu’elle a récemment rencontré au centre commercial et qui pourrait m’aider dans ce projet.

Je l’appelle et elle m’invite chez elle. C’est avec plaisir que nous y allons. Pendant que nous sommes dans son jardin et que nous discutons de ce que nous faisons dans la vie. son mari, Pierre Touzin, qui est le pdg de OES arrive! Bien évidemment, je sursaute, je n’en crois pas mes yeux. Alors je m’empresse de le félicite pour le
montant amassé lors du dernier téléthon et je lui parle de mon projet!

Il me propose fortement de présenter mon projet au conseil d’administration qui est géré par des professionnels dans divers domaines en dehors de OES.

Alors je fais affaire avec un professionnel pour rédiger la présentation de mon projet. Je le poste fin août début septembre et début novembre, je reçois la réponse positive. Je suis folle de joie! Il est à noter que je suis en fin de grossesse, totalement ÉNORME. En fait, il ne me reste à peine que 3 semaines avant d’accoucher. C’est donc mon chum qui prend la relève pour un nouveau défi de taille, celui de trouver, meubler, acheter tout le nécessaire et trouver le personnel. Présentement nous travaillons pour amasser des fonds pour le 30e anniversaire de OES…Ce sera notre 27e participation. Nous avons remis à OES depuis le début la somme 541,650.27$.

 

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Ma fille Alexie est en santé et elle travaille avec moi depuis déjà 8 ans J’ai maintenant 2 magnifiques petits enfants Léa & Jacob, eux aussi en santé.

Ce petit projet, en est devenu un d’envergure puisqu’il rallie notre famille afin d’aider les enfants qui n’ont pas notre chance: avoir la santé.

Je remercie la VIE

Je remercie OES de m’appuyer

Je remercie tous les annonceurs qui s’affichent sur nos napperons

Et je remercie tous ceux qui ont la santé de nos enfants à cœur…

En tout temps, vous pouvez aider OES en vous affichant sur nos napperons ou en donnant simplement un don qui fera peut-être toute la différence.

Merci

Michèle Couture

Le jour où ma belle-mère est devenue un ange

Notre vie était folle. Entre la fin de session universitaire de mon

Notre vie était folle. Entre la fin de session universitaire de mon homme, notre travail à temps plein, moi qui était enfin travailleuse autonome, les deux enfants, le troisième en route et les rénovations incessantes; il y avait aussi ta maladie. Notre vie était folle, mais la tienne s’éteignait tranquillement.

Deux jours avant, je changeais ta couche.

Tu faisais ta toilette avant d’aller te reposer pour la nuit. Tu avais besoin de quelqu’un pour t’aider, comme tu avais de la difficulté à te tenir debout. Ta fille venait de partir. Ton fils, mon mari, l’aurait fait, sûrement en pleurant par en dedans, mais il l’aurait fait. Je le sais, il me l’a dit. Mais je me suis proposée et tu as accepté. C’était normal, banal, mais tellement dur de te voir aussi vulnérable. Toi, ma belle-mère, cette femme si forte et obstinée.

Les enfants attendaient de l’autre côté de la porte de la salle de bain, de ta « nouvelle maison ».  Ton fils changeait la couche de Sam, pour se changer les idées. Ton Samuel, ton p’tit loulou, le dernier de tes petits-enfants que tu as bercé. Pendant ce temps, moi avec ma bedaine, je m’occupais de toi dans le plus naturel et le plus grand des respects. Toi, la mère de mon mari, que je connaissais depuis mes seize ans, qui m’intimidais tellement à cette époque. Toi qui justement, n’étais pas d’accord à ce qu’il y ait un troisième bébé qui pousse dans mon ventre. Quatre mois plus tôt, tu disais que c’était trop vite, qu’on devrait attendre. Ça me fâchait. Plus tard, j’ai compris pourquoi. Tu savais que tu ne le verrais jamais. Ça, ça te fâchait encore plus.

On t’a ensuite laissée te reposer.

Est arrivé CE jour-là. Tu reconnaissais notre Éloïse qui avait trois ans, mais pas Samuel qui allait fêter ses 2 ans dans deux mois. Et là, j’ai compris que ma belle-mère, celle qui m’avait souvent parfois fait rager tout au long de ces treize dernières années, était déjà un peu partie. Plus les longues minutes de cette journée passaient, plus moi, du haut de mes 29 ans, bientôt maman de trois enfants, je te voyais quitter ton corps, ou plutôt, quitter ta tête. Parce que c’est ta tête et ton cœur qui t’ont menée aussi loin dans ce combat contre ce foutu cancer. Ta tête de cochon et ton cœur rempli d’amour pour tes enfants et tes petits-enfants. Toi, une femme que je voyais tellement entêtée, tu étais avant tout une maman qui s’est dévouée pour tout donner à ses trois enfants, après avoir perdu son mari, décédé beaucoup trop tôt. D’ailleurs, je me suis toujours demandé quel genre de femme tu aurais été si la vie te l’avait laissé. Enfin bref…

Quand j’ai vu mon homme, ton bébé, désemparé à essayer de te faire manger ton spaghetti, je lui ai donné congé. Je t’ai fait manger doucement, j’ai guidé ta main quand ta tête reprenait du service et voulait tout contrôler. Parce que ça, on va se le dire, tu as toujours été contrôlante! Mais ton corps lui, il n’en pouvait plus. La cuillère était trop lourde pour tes bras. Ces mêmes bras qui ont tellement bercé d’enfants et qui les endormaient tous comme par magie. « C’est pas grave Sue, on n’est pas pressées, prends ton temps », que je t’ai dit. Tu m’as regardée, tellement reconnaissante, et tu as juste répondu : « Ah non? Ok, merci! »

Alors on a attendu, on a regardé les fleurs que tu trouvais si belles, qu’on voyait de la fenêtre de ta chambre, de la maison d’Adhémar Dion et on a jasé un peu. Tu m’as reconnue jusqu’à la fin, tu te remémorais des souvenirs qu’on avait partagés ensemble toi et moi, ta belle-fille. Ça me touchait de voir que j’avais une belle place dans ton cœur, même si tu ne me l’avais jamais vraiment dit avant cette longue et effrayante semaine-là. Puis, je t’ai laissée t’assoupir.

J’ai pris soin de toi pareil comme je prenais soin de mes enfants. Comme ma mère et toi m’avez appris à le faire. C’était naturel, difficile, perturbant, triste et beau à la fois. Tu n’as plus jamais remangé suite à ce fameux spaghetti.

C’était une dure et longue journée dans notre vie de fou. De savoir que tu ne verrais jamais ce bébé qui grandissait dans moi, que tu manquerais toutes les futures « premières » de nos enfants; ça faisait mal. Je suis restée avec toi jusqu’à l’heure du souper. C’est tard ce soir-là que tu es partie rejoindre ton homme, en haut sur son nuage. Avec mon amour, ton fils, ton bébé à tes côtés, pendant qu’il bûchait sur son travail de fin session. Malgré toute ta volonté, tu es partie. En laissant un grand vide autour de toi.

Je te reparle de ces moments-là, parce que moi aussi, comme toi, j’ai deux garçons et une fille. Comme toi, je serai une belle-mère un jour. Pis tu sais quoi? Je réalise que moi aussi je suis obstinée et chialeuse. Moi aussi je ferais tout pour mes enfants, comme tu le faisais. Moi aussi, j’ai l’air bête des fois. Alors, moi aussi, je ferai sûrement rager mes futures belles-filles et/ou futurs gendres. Mais si un jour je vis avec eux des moments comme ceux que nous avons partagés, je me dirai que j’aurai réussi. Que comme toi, j’aurai été une bonne belle-mère ! Tant pis si je les fais sacrer, ça leur fera plus d’anecdotes à raconter!

T’as été une maman en or, une mamie exceptionnelle et une belle-mère chialeuse admirable.

Tout ça pour te dire que ce jour-là, en me laissant prendre soin de toi, j’ai compris que souvent, une belle-maman, ça aime autant qu’une maman. Et que je n’oublierai jamais la tendresse de ce difficile moment.