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Prof avec un grand P- Texte: Sophie Barnabé

On en a tous un qui nous a marqué. Qui a fait que le cours de notre vie a changé. Qui fait que nou

On en a tous un qui nous a marqué. Qui a fait que le cours de notre vie a changé. Qui fait que nous n’avons pas abandonné. Cette année, contre vents et marées, tu as réussi à planter quelques graines qui ont fait rêver tous ces jeunes qui avaient du mal à prendre racine parce que depuis un an, le sol sous leurs pieds était fait d’argile. Fragile.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a réorganisé la routine de Maëlle dans une vie chamboulée parce que ses parents travaillent dans le domaine de la santé. Ta vie aussi l’était, mais en classe, tu ne l’as jamais démontré.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a créé une bulle à petits bouts de nouveaux repères où l’anxiété était contrôlée, où leurs yeux et leurs oreilles pouvaient s’ouvrir et leur cerveau accueillir. Tu as su les envelopper dans un climat propice à l’apprentissage que peu d’entre nous pouvaient aussi bien reproduire à la maison.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a nourri les esprits dans une époque où les jeunes ont soif de vivre.  Tu leur as enseigné les maths et le français, mais aussi la résilience, l’adaptation, la bienveillance et la solidarité. La leçon s’est transmise jusqu’à la maison.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a perçu dans le regard de Lucas la panique qui s’emparait de lui à la question 2 du mini-test. Tu ne pouvais mettre ta main sur son épaule comme à l’habitude, mais derrière ta visière, ton sourire a su l’apaiser.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui, même à 2 mètres de distance, a su être assez proche pour tendre l’oreille et accueillir les confidences de Nathan quand il n’en pouvait plus de voir ses parents s’obstiner à force d’être toujours ensemble à télétravailler sur la table de la salle à manger. Il y a sûrement eu des moments où toi aussi, tu aurais voulu te confier, n’en pouvant plus de ne pas savoir sur quel pied danser.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a renforcé l’élan de fierté que, malgré le masque et les lunettes, tu as su déceler dans les yeux d’Océane. Ses réussites sont rares, mais tu n’en n’as pas manqué une parce que tu savais qu’elle avait besoin de reconnaissance plus que jamais.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a transformé l’arc-en-ciel aux couleurs du « ça va bien aller » auquel tes élèves croyaient de moins en moins, en rêves qui donnent du sens même au monde de licornes.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a provoqué des conversations en gang pour unir les solitudes. Tu as su à maintes reprises dédramatiser, embaumer la classe de coolitude, démarrer un fou rire dont ils vont se souvenir.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui leur a donné des outils pour avancer dans un monde où tout semble bien fragile. S’informer, faire preuve de jugement et de discernement, exprimer ses inquiétudes, l’importance du respect des consignes en société, apprécier sa liberté, respirer.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a semé ce petit je ne sais quoi pour en faire quelque chose qui deviendra grand. Ces 180 jours d’école fixés au calendrier où tu te présentais sans filet pour leur apprendre à vivre aujourd’hui, car demain n’est pas toujours acquis.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a atténué les inégalités entre Mohamed qui nage comme un poisson dans l’eau entre deux algorithmes et Vincent qui n’avait que le sport pour se valoriser. Tu en as fait des pieds et des mains pour ne pas qu’il soit découragé, pour qu’il vive de beaux moments malgré ses nombreuses difficultés.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a bien voulu faire équipe avec moi, d’avoir su quoi dire quand je n’avais plus de mots pour rassurer mon enfant. D’avoir pris du temps pour l’encourager quand mes batteries étaient à low. Même pour moi, tu as été un phare dans cette tempête. Quand je me sentais partir à la dérive, comme par magie, tu m’envoyais un petit message pour me dire que ce n’était pas grave si je n’avais pas réussi à faire faire tous les devoirs à Charlie. Le courriel entrait là, au bon moment, comme si on faisait de la télépathie. Comme si on était dans le même bateau.

 

Pris au centre de cette tempête d’incertitude omniprésente, d’anxiété virale et d’espoir fragile, la société t’a confié sa plus grande responsabilité et t’a crié silencieusement : « arrange-toi avec ça! ». Tu as porté ce fardeau sur tes épaules, les poings serrés et contrairement à la consigne, tu ne t’en es jamais lavé les mains.

 

Merci de leur avoir servi de modèle avec ta résilience, ta capacité d’adaptation, ton dévouement, ta foi et ton amour pour eux. Tu t’es levé tous les matins en te convainquant que ce serait une bonne journée, même si tu doutais de ce qui te pendait au bout du nez. Malgré toutes tes insécurités, tu ne les as jamais laissé tomber. C’est tellement précieux de savoir qu’on a quelqu’un sur qui compter.

 

Tu as caché tes inquiétudes derrière ton masque pour donner le meilleur de toi. Tu as regardé en avant avec ta visière, comme si elle te permettait de voir que le beau était devant nous. Même le poids de ton Purell en spray toujours à la main n’a pas réussi à te faire baisser les bras. Simplement parce qu’un prof, même quand c’est à boutte, c’est comme ça… un Prof… Cette profession qu’on devrait toujours écrire avec un grand P parce qu’une majuscule, ça dépasse les autres lettres. Parce qu’une majuscule, c’est grand. Parce qu’une majuscule, c’est noble.

 

À toi, cher Professeur qui a su faire avancer des dizaines de jeunes dans cette tempête, je dis un sincère merci. Simple, mais ô combien ressenti. Du fond du coeur. Merci.

 

Sophie Barnabé

Mon prof d’histoire – Texte : Véronique Daigle

Il y a de cela un peu plus de 20 ans, assise sur une chaise orange

Il y a de cela un peu plus de 20 ans, assise sur une chaise orange au secondaire, je tombais sous le charme de mon prof d’histoire. Il était de ceux qui dégageaient une telle prestance et un savoir à couper le souffle. Assise sur ma chaise orange, j’aurais pu l’écouter me parler de guerre et de politique pendant des heures et des heures. Il était captivant, intéressant et surtout, il savait motiver les élèves devant lui. Il y a de cela un peu plus de 20 ans, assise sur cette même chaise orange, j’ai compris que je voulais être comme lui.

Devenir enseignante n’est pas une décision que j’ai prise à la légère. Mon amour pour les enfants et ma passion pour l’éducation ont toujours été au centre de ce choix de carrière. Depuis des années que je me lève chaque matin avec l’envie de changer le monde à ma façon, un enfant à la fois. Je me souviens de cette première étincelle dans les yeux d’un élève. Je me rappelle cette fierté que j’ai dignement pavanée. Apprendre à la génération de demain est certainement une vocation, mais pour moi cela était une passion.

Les années ont passé et avec un immense regret, j’ai vu le métier d’enseignant perdre son blason doré. La charge de travail ne cesse d’augmenter et les groupes classes ne cessent de s’agrandir au détriment du bien-être des enfants. Les mêmes enfants qui, un jour, deviendront les adultes de demain. Je n’avais jamais pensé voir mon métier d’un œil différent. Malheureusement, je ne peux plus me mettre la tête dans le sable telle une autruche. L’éducation va mal, l’éducation a mal.

J’ai toujours dit qu’il faut investir dans ce qui nous tient à cœur. Investir pour développer, investir pour bâtir. Cependant, les hauts dirigeants ne semblent pas voir la réalité. Les yeux fermés, ils continuent de dire que tout va bien quand tout s’écroule. Comment est-ce possible de continuer d’ignorer quand autant de gens pointent la situation ? Une question qui reste malheureusement sans réponse. J’entends déjà les gérants d’estrade nous traiter nous, les enseignants, de bébés gâtés. Nous remettre sur le nez nos vacances d’été que nous payons à même notre propre salaire. Toi, le gérant d’estrade, as-tu déjà regardé pourquoi moi, l’enseignante, je milite ?

 

J’ai à cœur la réussite de mes élèves. J’ai le souci du bien-être de ceux-ci. J’ai la conviction qu’avec mes demandes, ils seront plus heureux, plus entendus et mieux soutenus. Les enfants sont des êtres humains avec des forces et des faiblesses. Ils ont besoin de cheminer à leur propre rythme dans un milieu adapté à leurs besoins. Ils ont besoin d’une enseignante présente qui peut passer du temps un à un avec eux. Ils ont besoin de différenciation et non de globalité. Ils ont besoin de moi et avec la réalité d’aujourd’hui, je sens que je n’y arrive plus. Qu’allons-nous faire ?

Assise sur cette chaise orange il y a de cela quelques années, en regardant mon prof d’histoire enseigner, j’y croyais.

Ma flamme pour l’enseignement n’est pas éteinte. Elle vacille doucement, mais fragilement. Il est temps d’investir dans l’avenir des enfants. Il est temps de redonner au mot ÉDUCATION son blason doré.

Une enseignante de cœur qui aime son métier.

Véronique Daigle

L’éducation, une priorité! Texte : Annie Corriveau

Ça fait un bout que je n’ai pas écrit car je me suis lancé de t

Ça fait un bout que je n’ai pas écrit car je me suis lancé de très gros défis depuis l’an passé. En fait, d’énormes défis et surtout en temps de pandémie. J’ai 47 ans, maman de deux magnifiques et adorables (et non, ce n’est pas sarcastique) ados. Des ados résilients, agréables et tellement beaux ! Donc, maman à temps plein puisque papa est décédé il y a 9 ans. J’ai travaillé pendant 25 ans comme croupière au Casino de Montréal. Un travail qui paraît facile et agréable, mais qui est très difficile sur le corps, surtout le cou et les membres supérieurs. Étant blessée, j’ai cherché à me réorienter, à me trouver une nouvelle carrière.

C’est sous les conseils de plusieurs amis proches que j’ai décidé de retourner à l’université en enseignement. Comme j’ai un baccalauréat en Études françaises, je n’ai pas eu de difficultés à me trouver de la suppléance. Au début de l’année scolaire, alors que je distribuais de CV dans le but de faire de la suppléance à nouveau, on m’a offert un contrat en enseignement du français au secondaire. J’avais d’ailleurs fait un cours en français langue d’enseignement, et c’est vraiment vers cette avenue que je voulais me tourner. J’ai donc accepté le contrat sans même savoir dans quel bateau je sautais… et laissez-moi vous dire que c’est tout un bateau ! Un bateau qui n’arrête jamais. La planification, la correction, la gestion de conflits, de classe, le matériel, les messages TEAMS à 21 heures. Ça n’arrête jamais. J’ai accepté le contrat sans même connaître le salaire. Et je peux vous dire que pour la charge de travail, je suis du cheap labour pour notre beau gouvernement.

J’adore ce que je fais maintenant, j’adore mes élèves, la matière, ma merveilleuse équipe-école qui m’a encadrée et soutenue. J’aspire même à être acceptée à la maîtrise qualifiante en enseignement du français au secondaire dans le but de parfaire mes connaissances, mes techniques, ma pédagogie. Mais sérieusement, l’enseignement est vraiment malade au Québec.

Oui, c’est vrai, ils engagent des personnes comme moi qui ne sont pas qualifiées. Des personnes qui partent de zéro et qui doivent s’adapter, apprendre à gérer les élèves, leurs nombreux plans d’intervention, leurs particularités. Qui doivent communiquer avec des parents qui les blâment pour les problèmes de leurs enfants, qui trouvent que l’école n’offre pas assez de services, qui ne s’impliquent pas, qui ne répondent pas à leurs nombreux courriels. Mais en ce moment, les directions d’école ne peuvent pas faire autrement. Le manque de personnel est tellement grand et ceux qui restent sont à bout de souffle.

Aujourd’hui, les profs réclament haut et fort de l’aide. De l’aide pour offrir plus de ressources à nos enfants, à VOS enfants. Pour avoir plus de soutien, plus de services car sérieusement, je ne savais pas qu’un élève pouvait nécessiter à lui seul autant de ressources et d’attention. Les profs réclament le même salaire que dans les autres provinces canadiennes. Si vraiment vous saviez combien gagne un prof en début de carrière, vous comprendriez probablement chaque minute de revendication des professeurs.

Ah oui, c’est vrai, je vais avoir deux mois de vacances cet été. Oui, deux mois à me refaire une santé, à me reposer de mon année mouvementée, sans pause, sans congé et en temps de COVID en plus ! Je veux continuer dans ce domaine car je réalise que j’y suis vraiment à ma place. J’ai l’avenir d’une soixantaine d’ados entre mes mains et je trouve ça stimulant, captivant, enrichissant. Quand j’entends les parents se plaindre parce que les profs font un débrayage de nuit ou de fin de journée afin de se faire entendre auprès du gouvernement pour l’avenir de LEUR enfant, ça vient me chercher. L’école est un endroit où l’on enseigne, où l’on encadre, où l’on dirige, et non où l’on garde les jeunes. Les profs essaient, en ce moment, de se faire entendre par tous les moyens avec le moins d’impact sur l’année scolaire de leurs élèves. Non, ce n’est pas un geste égoïste de la part de profs et oui, les élèves ont manqué une moitié d’année scolaire l’an passé, mais s’il vous plaît, appuyez-nous ! C’est pour le bien de VOS enfants !

Annie Corriveau

Les #@?%* de parents

Avant toute chose, je tiens à mentionner que j’ai œuvré dans le

Avant toute chose, je tiens à mentionner que j’ai œuvré dans le domaine où j’ai eu à en côtoyer une panoplie. Je sais que ce n’est pas toujours facile. Je le sais…

La pandémie aura su exposer au grand jour le phénomène des #@?%* de parents. Bon, peut-être que vous les connaissez mieux sous l’appellation des parents rois.

Au début, les publications étaient principalement liées au fait que nous allions être « pognés » avec nos petits, qu’on allait enfin goûter à notre incompétence. Bon, je ne comprenais pas trop cette hargne, mais je me disais que c’était de l’humour. Cependant, ces publications se sont multipliées, elles ont été partagées sur mon fil d’actualité à un point tel que j’ai fini par comprendre que ce n’était pas que pour rire. À la lecture des commentaires et des déclarations d’enseignants dans les publications, j’ai compris que l’aversion face aux parents est plutôt problématique. Peu importe la façon de transmettre le message, peu importe la formule utilisée, le mépris qui se cache derrière a le même effet. Même quand c’est de l’humour.

C’est un peu comme si nous, les parents, étions les cancres de la société. On pose problème quand on s’investit et on pose problème quand on ne le fait pas. La façon dont le message est reçu est que l’on pose problème, peu importe la façon dont on se positionne. La fameuse phrase « Tu voulais des enfants, occupe-toi s’en ! » me laisse toujours un peu perplexe. Bon, disons‑le, ça m’est passé par la tête à un moment ou un autre dans ma carrière, là. Seulement, pas de là à l’exprimer haut et fort sur les réseaux sociaux ; ça, ça me rend mal à l’aise.

Permettez‑moi une analogie. Si vous avez un problème de santé et que vous allez à l’hôpital, il serait tout à fait inacceptable qu’un médecin vous attende en vous disant que c’est votre santé et que c’est à vous de vous en occuper. Tout le monde serait en colère et avec raison puisque c’est lui le professionnel de la santé !

À mes yeux, il s’agit de la même chose pour l’éducation. Les enfants ont devant eux des professionnels de l’éducation qui sont là pour les accompagner dans leur cheminement scolaire. En toute humilité, en tant que parent, je ne peux compétitionner avec ce niveau. Nous avons besoin de votre expertise, comme on a besoin de celle du médecin. Il serait utopique de croire que je peux donner ne serait‑ce que l’équivalent en termes de qualité. Ce n’est pas pour me débarrasser de mes enfants qu’ils vont à l’école, c’est parce que l’éducation est essentielle. Oui, pendant ce temps, je vais travailler et faire mon métier à moi, métier qui est bien utile à la société aussi.

Quand une phrase commence par « Les profs… », la majorité se sent concernée. Quand ça commence par « Les parents », ça a le même effet. On a besoin de vous, avec nous, pas contre nous ! Je ne le dirai jamais assez, j’apprécie réellement votre travail !

On dit qu’il ne faut pas généraliser. Je sais pertinemment que ce ne sont pas tous les enseignants qui tiennent ce discours passif-agressif. Tout comme ce ne sont pas tous les parents qui méritent de porter le chapeau des #@?%* de parents et le jugement qui l’accompagne.

Eva Staire

Le premier matin…

Chaque année, en ce premier jour de vacances, je me sens submergée par un

Chaque année, en ce premier jour de vacances, je me sens submergée par une foule d’émotions. 

Ce grand vide après avoir côtoyé mes petits humains pendant près de dix mois.

Ce sentiment du devoir accompli, d’avoir conduit mes grands aux portes du secondaire.🤗 Cette année, je dois admettre que j’ai l’impression de ne pas avoir pu le faire entièrement pour certains. Les conditions ont rendu cette tâche plutôt difficile. 

Je me sens fébrile! Lire, me lever sans réveil, cuisiner au gré de mes envies, de celles de mes filles, jardiner, pique-niquer… Tous ces bonheurs tant attendus.🌸

En ce premier matin, je suis toujours remplie de gratitude d’avoir un métier me permettant de profiter pleinement de l’été. J’en ai de la chance! 💚

En ce premier matin, je regarde tous les bacs que j’ai apportés, débordant de matériel pédagogique… Je me sens prête à me reposer, mais j’ai déjà hâte de préparer de nouvelles activités! 

À vous mes amis enseignants, je vous souhaite des vacances ressourçantes et mémorables! Puissent les plans prévus pour la rentrée s’assouplir un peu et rendre nos écoles plus normales.🙏

Karine Lamarche

xxx

Réaliser l’impossible, juste pour toi !

Cher élève,

Est-ce q

Cher élève,

Est-ce que j’ai hâte de te revoir ?
Bien sûr que oui ! J’ai des papillons à chacune de nos rencontres virtuelles. ❤️

Par contre, j’ai des inquiétudes, ce qui est normal. Je veux t’accueillir de façon sécuritaire, autant pour toi et ta famille que pour ma famille et moi.

Est-ce que ce sera pareil comme avant ?

Malheureusement, non. Ce sera différent. Pour le moment, je n’en sais pas beaucoup, mais je peux te dire qu’il n’y aura pas de travaux d’équipe. Mes coins douillets seront rangés. Il est aussi fort probable que tu ne puisses plus emprunter les livres de la classe. Nous ferons des leçons en grand groupe et tu devras faire des exercices individuels que nous corrigerons ensemble ensuite. Nous visionnerons quelques capsules intéressantes. On pourra aussi faire des ateliers éducatifs en ligne assez dynamiques et amusants. J’ai préparé une liste de trucs que nous pourrons réaliser et tu verras, nos journées passeront vite, surtout avec tous les lavages de mains en vue. 😉

Est-ce que nous écrirons dans notre carnet d’auteur ?

Peut-être, je ne le sais pas encore. Par contre, nous devrons probablement partager tes écrits oralement puisque le partage et l’échange de matériel sera probablement proscrit. Cela m’attriste beaucoup, tu sais…

J’ai hâte de te revoir, de te faire rire, de faire des jeux de mots plates, de t’aider à apprendre… Je t’avoue, ma crainte est que tu t’ennuies malgré tous mes efforts. Je ne suis pas habituée d’enseigner de cette façon. Ne pense pas que j’ai changé ou que c’est parce que je n’avais pas envie de revenir. Ne pense surtout pas ça !

Sois certain que je vais faire mon possible, je ferai même l’impossible pour que ton retour se fasse en douceur, et ce, malgré la tourmente…

Je t’attends 🌟

Madame Karine

L’enfant oublié

Pour toutes sortes de raisons, où que tu sois en ce moment, tu vis quelque

Pour toutes sortes de raisons, où que tu sois en ce moment, tu vis quelque chose de triste. Au retour de la relâche, tu n’avais plus vraiment d’enseignant. Peut-être même avant.

Tu as vu défiler tellement d’adultes dans ta classe depuis les derniers mois que tu as oublié le nom de certains. Ton enseignant à toi, ton repère, ton phare, a quitté pour sa raison à lui. Épuisé, blessé, malade… Tu as compris, tu avais accepté.

Ce n’était pas facile, mais tu t’étais habitué à ces changements. Parfois, tu as dû t’adapter à cinq adultes en une seule journée… Ta consolation, c’était d’être avec ta gang.❤️

Et voilà que cette situation inattendue survient… Tu es coupé de ta classe, de ta gang. Ton prof? Bof, tu n’en avais plus vraiment. Sauf que présentement, cette absence commence à peser. Entendre tes amis dans la rue raconter leur rencontre virtuelle, recevoir des messages attentionnés de leur enseignant… Ça te fait de la peine. Tu n’as pas cette chance.

Je veux te dire que même si tu te sens oublié, sois assuré que quelque part, un enseignant t’es dédié, virtuellement, sur papier. Cette personne ne te connaît pas. C’est difficile pour elle d’organiser des rencontres alors que tu ne l’as peut-être jamais vue. Dis-toi une chose, cet enseignant n’attend que ça : te rencontrer en vrai, te connaître.

D’ici là, continue d’écrire à tes amis, de les appeler. Le soleil brillera à nouveau très bientôt. 🌸

Karine Lamarche

Parce que je ne t’oublie pas…

Quelques jours ont passé depuis cette annonce inattendue. J’ai eu

Quelques jours ont passé depuis cette annonce inattendue. J’ai eu du temps pour penser, du temps pour établir un plan avec mes filles et aussi, du temps pour m’ennuyer de toi, mon élève.

J’ai suivi mon instinct et je t’ai écrit. Cela m’a fait du bien, tu n’as pas idée! Prendre un petit moment pour penser à chacun de vous…

Puis, j’ai espéré que tes parents voient le message que je t’avais adressé et surtout, que tu me répondes!

Sache que toi qui as pris le temps de me répondre, tu as mis du soleil dans ma journée et tu as touché mon cœur. ❤️

Tu as partagé ton quotidien, tu m’as fait des confidences, tu m’as fait rire, tu m’as donné des idées, tu as partagé des recettes…

Bref, tu m’as fait réaliser que le lien affectif qui nous unit est plus fort que tout et va au-delà des apprentissages ; il est essentiel.

À toi, l’enseignant qui hésite ou qui cherche comment aider ton élève, je t’encourage à lui écrire. Tu réaliseras que son petit cœur d’enfant a besoin de savoir qu’on s’ennuie de lui comme lui s’ennuie de nous. Simplement.

Puisse cette crise faire ressortir ce qu’il y a de plus beau dans l’humanité.

Karine Lamarche

 

Le marathon des rencontres de profs

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Vous connaissez le meilleur moyen de perdre 20 livres (à part la gastro… ouach!)? Se taper le marathon des rencontres de profs post-premier bulletin quand on a plusieurs enfants dans plusieurs écoles. Divorcée, quatre enfants dont deux au secondaire, trois écoles dans trois coins différents de la ville. Go les jambes!

Vous imaginez le portrait, n’est-ce pas? Retour du boulot à 17 h 12, départ de la maison à 17 h 14. De grâce, apportez une bouteille d’eau et une collation, sinon, vous allez rencontrer les ambulanciers au lieu de voir les profs. Évidemment, tout bon parent qui se respecte aura imprimé le bulletin de chacun de ses poussins. On peut même apporter une photo de notre ado (sur 2500 élèves, ça se peut que le nôtre soit moins mémorable, ce qui est peut-être une bonne chose!).

La freak en moi annote les bulletins avec des questions ou des commentaires, surligne le nom des enseignants, prévoit l’ordre dans lequel les rencontrer :

  1. Titulaire : Il passe souvent plus de temps avec notre enfant, le connaît mieux, et peut faire le pont entre la direction ou les autres profs et nous.
  2. Les enseignants des matières plus problématiques : Par problématique, j’entends les échecs, les résultats en chute libre, les commentaires négatifs sur l’attitude de l’enfant. On les rencontre pour comprendre ce qui se passe et pour savoir comment aider.
  3. Les enseignants des matières préférées de notre enfant : C’est bon pour le moral d’un parent d’entendre quelqu’un encenser son enfant, dire qu’il est passionné, intéressé, qu’il travaille bien ou qu’il aide ses collègues de classe. Quand je discute des rencontres de profs avec mes cocos, je peux ajouter du positif, parler de ce qui les motive et les encourager à utiliser leurs stratégies positives dans les matières qui leur posent plus de défis.
  4. Les enseignants des matières principales (français, maths, sciences, anglais) s’ils ne font pas partie des trois premières catégories.
  5. Les spécialistes (éducateurs spécialisés, travailleurs sociaux, directeurs pédagogiques, orthopédagogues et autres aidants professionnels) : S’il y a un plan d’intervention, il y a déjà eu ou il y aura une rencontre plus poussée, mais un petit « check » peut être bienvenu. Ça permet aussi de remercier ces personnes et de leur assurer notre collaboration.

Évidemment, pour mes enfants qui sont au primaire, le nombre d’enseignants est réduit, je m’en tiens souvent au titulaire (et au stagiaire, qui a souvent des informations très intéressantes à partager puisqu’il fait des activités spéciales ou des projets de recherche dans le cadre de ses études). Pas que je n’accorde pas d’importance aux profs de musique et d’éducation physique, mais avec le tic-tac de la soirée qui se fait entendre, je dois faire des choix. Si vraiment il y a un problème dans ces matières, je peux toujours communiquer avec l’enseignant avant ou après les rencontres de bulletins.

Je pars aux rencontres de profs avec l’intention consciente d’écouter le point de vue des enseignants. Ce n’est pas l’endroit pour engueuler les profs (ce n’est jamais l’endroit ni le temps pour faire ça anyway). On peut être en désaccord avec la méthode pédagogique, on peut être conscient que le courant ne passe pas entre le prof et notre jeune (ou entre le prof et nous!), mais ce n’est pas dans les cinq minutes accordées par discussion qu’on aura le temps de régler la situation. Les profs sont habituellement ouverts à nous rencontrer à nouveau s’ils sentent du respect de notre part.

Je peux aussi partager mon point de vue de parent. Même s’ils veulent personnaliser leur enseignement, les profs ne peuvent pas connaître chaque enfant par cœur. Il y a peut-être une situation familiale ou un trait de caractère de notre enfant qui rend les choses plus complexes. Le prof sera content d’apprendre que derrière les mauvaises notes de notre jeune, il y a une amélioration de 20 % depuis l’année précédente…

Je demande systématiquement ce que mon enfant peut faire pour s’améliorer ou pour continuer à bien travailler, et aussi ce que moi, comme parent, je peux faire pour aider le personnel de l’école à aider mon enfant. L’éducation, c’est un travail d’équipe! Je considère que l’école est un milieu de vie, pas seulement un milieu d’enseignement et de performance. Je pose donc des questions sur la façon dont mon enfant fonctionne en classe, s’il a des amis, s’il est poli, s’il participe aux activités, s’il a l’air heureux d’apprendre, s’il s’endort ou s’il énerve les autres…

Je m’assure de prendre des notes qui aideront ma mémoire d’huître alzheimer. Je transmettrai les informations obtenues au papa et, à un moment approprié, je m’assoirai avec chacun de mes enfants pour discuter de ces rencontres. On fera un plan de match pour corriger ce qui ne va pas et on se félicitera pour nos bons coups.

Les notes sur le bulletin, c’est bien beau, mais ça ne veut pas tout dire, donc les rencontres de profs sont nécessaires pour tracer un portrait plus complet de notre enfant comme élève. Un résultat de 70 % pour un enfant dyslexique ou qui a manqué deux semaines de cours parce qu’il était malade, ça peut être extraordinaire, alors que pour son voisin de pupitre, le 70 % vient peut-être d’un manque d’étude ou d’un refus d’écouter en classe. La discussion et les stratégies aidantes ne seront pas les mêmes.

À l’approche des rencontres de profs, quelles sont vos stratégies pour survivre au marathon et en tirer le meilleur?

P.S. Si vous angoissez à l’idée de vous taper le marathon des rencontres de profs, ayez une pensée pour les profs qui, eux aussi, perdront 20 livres à se taper une ou deux journées de rencontres de parents tout de suite après s’être tapé la correction des évaluations et la rédaction des bulletins. Soyez gentils et reconnaissants envers eux, soyez ouverts à leurs recommandations tout en étant un bon ambassadeur de votre enfant. Et une fois à la maison, offrez-vous un massage de pieds ou un bon chocolat chaud-Bayley’s!

Nathalie Courcy

N’aie pas peur…

Cher parent, toi qui nous confies ton trésor pour cette nouvelle an

Cher parent, toi qui nous confies ton trésor pour cette nouvelle année scolaire, n’aie pas peur de tout nous dire.

Tu sais, lorsque tu nous avises de certains trucs plus personnels, tu n’as pas idée à quel point cela peut faire la différence.

Savoir que votre animal de compagnie est malade, qu’un membre de votre famille traverse un moment difficile ou qu’une séparation se prépare, ça nous permet d’intervenir de façon adéquate auprès de ton enfant et parfois même, de lui offrir les services de professionnels.

L’arrivée d’un petit frère, d’une petite sœur, un déménagement, un papa qui travaille de longues périodes loin de la maison… On aime savoir ces choses qui peuvent te paraître anodines. Ne sous-estime jamais leur importance!

Cher parent, n’aie pas peur du jugement. Sache que nous sommes tes complices et que, tout comme toi, on souhaite le meilleur pour ton petit.

N’hésite jamais à te confier à nous ; fais-le pour ton enfant.🌸

Envoie un courriel, laisse-nous un message, mais surtout, n’aie pas peur.

L’enseignant de ton enfant 🍎

 

Souvenirs de rentrées

Que l’on soit enfant ou adulte, nous avons tous des souvenirs qui

Que l’on soit enfant ou adulte, nous avons tous des souvenirs qui flottent dans notre tête quand on pense à la rentrée scolaire. La rentrée peut être une source d’émerveillement pour certains ou de stress pour d’autres. Chacun vit cette période importante à sa façon.

Certains ont des souvenirs précis de leur première journée d’école, de leur première journée au secondaire, de l’entrée à la maternelle de leur plus vieux ou de leur bébé. Certains associent des odeurs à la rentrée scolaire : la rentrée sent le matériel d’école, les vêtements neufs, les feuilles, la cantine de l’école. Chose certaine, il y a une odeur particulière qui flotte dans les écoles et dès qu’on y met le nez, les souvenirs de nos années scolaires remontent à la surface.

Cette année sera ma 35e rentrée scolaire! J’ai vécu toutes sortes de rentrées scolaires. J’en ai vécu en tant qu’élève, en tant qu’étudiante, en tant que stagiaire, en tant qu’enseignante, en tant que maman et maintenant en tant que directrice. Tous ces chapeaux m’ont fait vivre des expériences uniques et enrichissantes.

Je me souviens que lorsque j’étais moi-même élève au primaire, le début de l’école était pour moi un moment merveilleux. J’étais contente de retrouver mes amis, de recommencer à apprendre, de connaître enfin qui était mon nouvel enseignant. Je trouvais cela excitant et j’avais tellement hâte d’être grande comme mes profs et de faire comme eux.

L’été, je jouais au professeur avec mon frère et ma sœur plus jeunes que moi. Ils avaient intérêt à bien écouter ce que je leur enseignais! Cette magie est disparue lorsque je suis entrée au secondaire. La rentrée scolaire de cette époque me stressait tellement que je pouvais ne pas manger pendant les quelques jours précédant la journée fatidique. J’étais miniature et les gars m’appelaient « Petit-Pied le Dinosaure ». Je ne me sentais pas comme les autres filles de mon âge qui avaient des courbes et qui avaient des chums. Moi, j’avais encore l’air d’une fillette du primaire.

Je me souviendrai toujours de ma première rentrée en tant qu’enseignante. J’ai obtenu le poste la veille. Imaginez le stress cette nuit‑là! Du haut de mes 23 ans, je devais accueillir, dès le lendemain, 29 élèves de 5e année. Un beau défi pour une jeune enseignante. Ce fut tellement une belle année! J’ai compris immédiatement que les enfants étaient ma raison de vivre et que je créais facilement des liens avec eux. J’aime être entourée d’enfants et les entendre me raconter leurs histoires. Ce fut le début d’une longue relation d’amour avec mon travail.

Vivre une rentrée scolaire en tant que maman, c’est autre chose! OMG que c’est déchirant et stressant de laisser aller son petit pou! On voudrait les garder avec nous pour toujours, mais ils doivent apprendre à vivre sans nous. Oui, oui : sans nous! Cette année, mon plus vieux entre au cégep et mon plus jeune à la maternelle. Disons que mes émotions sont mises à l’épreuve. Un mélange de fierté, de mélancolie et de bonheur est à l’intérieur de moi ces jours‑ci.

Maintenant, en tant que directrice, j’accueille des profs, des élèves et des parents à chaque début d’année scolaire. Je constate que chacun vit la rentrée à sa manière. Je rencontre des enseignants passionnés, des parents angoissés, des élèves heureux de revenir.

Ce qui compte dans le fond, c’est de s’imprégner de ses souvenirs d’école et de les transmettre à ceux qu’on aime. Ce sont des souvenirs marquants dans notre vie, car ce sont les premiers pas que nous faisons dans la société et ils guideront nos actions pour le reste de notre vie.

Karine Filiatrault