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Ode aux femmes qui m’entourent – Texte : Joanie Therrien

Je lève mon verre bien haut à toutes ses femmes petites ou grandes

Je lève mon verre bien haut à toutes ses femmes petites ou grandes, jeunes ou moins jeunes qui ont croisé ou croiseront ma route.

Je lève mon verre bien haut à toutes celles qui m’ont aidée à comprendre ce qui se passait. Qui m’ont permis de réaliser que c’était normal et surmontable.

Je lève mon verre à toutes celles qui m’écoutent tout le temps même si elles doivent sans cesse me rassurer. Sachez que ça fonctionne et que je suis de plus en plus confiante.

Je lève mon verre à toutes celles qui croient en ma capacité à devenir la meilleure version de moi-même et qui m’accompagnent là-dedans.

Je lève mon verre à toutes celles auprès de qui je peux être réellement moi-même, avec tous mes projets, mes insécurités et mes rêves.

Je lève mon verre à toutes celles qui m’inspirent, aussi différentes soient-elles, dans leur façon d’être fièrement ce qu’elles sont.

Je lève mon verre à toutes celles qui me demandent de dépasser mes limites, car c’est auprès d’elles (ironiquement) que j’évolue le plus. 😉

Je lève mon verre aux mères, aux femmes, aux filles, aux grands-mères et à toutes celles qui existent dans mon univers parce que je ne souhaiterais avoir personne d’autre dans ma vie que les merveilleuses femmes qui m’entourent.

Joanie Therrien

Un début d’année en COVERGIRL

L’année 2019 a commencé avec une tonne de nouveautés pour moi.

L’année 2019 a commencé avec une tonne de nouveautés pour moi.

Je ne commencerai pas à vous énumérer une par une les choses qui me sont arrivées (bah ! Sûrement dans d’autres articles… haha !), mais une des invitations vraiment cool que j’ai reçues provenait de la compagnie COVERGIRL.

Oui, oui, COVERGIRL… une des plus grandes marques de cosmétiques m’a invitée, moi, Maïka Desnoyers, à me rendre à Toronto afin de découvrir la nouvelle gamme Simply Ageless qui vient tout juste de sortir.

Ça fait que je suis arrivée à l’aéroport, avec mon petit sac et des étoiles dans les yeux de pouvoir assister à cet évènement avec des rédactrices en chef de magazines tels que Elle Québec, Véro et Clin d’œil, ainsi qu’avec la blogueuse Caroline Elie. Bref, j’étais entourée de bien belle personne inside out.

Ce dont je ne me doutais pas à ce moment, c’est que j’allais revenir de ce petit voyage, totalement changée grâce au panel de trois femmes qui nous ont été présentées par COVERGIRL.

Vous savez, parfois, on se rend quelque part et on ne sait pas encore que dans les heures qui vont suivre, quelque chose en nous changera. C’est ce qui allait m’arriver.

Comme je vous expliquais plus tôt, je ne suis pas familière avec les voyages de presse et les panels qui sont présentés pour discuter des produits présentés.

En arrivant dans la salle le matin, on nous a présenté trois femmes que je ne connaissais pas encore :

  • Sangita Patel, qui est animatrice à ET Canada. Elle est aussi un des nouveaux visages des nouveaux produits Simply Ageless.
  • May Musk, une superbe femme intelligente qui est mannequin pour la marque COVERGIRL… à 70 ans ! Oh ! C’est la maman d’Elon Musk (PDG de Tesla Motors). Elle est aussi un des nouveaux visages de Simply Ageless.
  • UkonwaOjo, qui est CMO de la compagnie Coty et qui est inspirante comme ce n’est pas croyable.

Alors que je pensais que le panel allait discuter des nouveaux produits Simply Ageless, j’ai plutôt rencontré trois femmes de carrière et de cœur qui nous ont parlé de leurs valeurs, de leur façon de voir la vie et des raisons pour lesquelles elles se sont associées avec COVERGIRL.

Pour vrai, j’ai même enregistré l’ensemble de la conférence parce que c’était juste parfait.

On nous a par la suite présenté les nouveaux produits de la gamme :

  • Cache-cernes
  • Fond de teint liquide
  • Fond de teint compact

Le fond de teint est un 3 en 1. Il comporte un FPS 28 qui est vraiment important. Il protège la peau contre les attaques du soleil afin de lutter contre le vieillissement de celle-ci. Il contient la technologie de soin de la peau Olay et contient de l’acide hyaluronique (qui est souvent présent dans les crèmes anti-âge).

Mes impressions ? J’ai beaucoup aimé le cache-cernes qui est assez couvrant et qui cache bien le bleu des cernes (ben oui… mes cernes sont bleus comme les vôtres haha !)

Pour ce qui est du fond de teint, j’étais sceptique parce que je déteste quand on a l’air embaumée. Pour vrai ! T’sais, quand on croise quelqu’un et qu’on voit le fond de teint, ce n’est pas quelque chose que je trouve beau.

J’en ai parlé avec Amélie Duchesne, qui est une maquilleuse super connue et qui est aussi une des maquilleuses de COVERGIRL. Elle m’a expliqué comment bien le mettre. Elle m’a donc mis le fond de teint liquide au niveau des joues et du haut du front. Pour ce qui est de la zone nez, menton et entre les deux yeux, elle a utilisé le fond de teint compact qui est plus épais et qui permet de cacher les rougeurs.

Tout ça pour dire que je suis repartie à Montréal par la suite et que six heures plus tard, j’avais complètement oublié qu’elle m’avait appliqué un fond de teint. Ma peau respirait et n’avait pas l’air de craquer.

Pour moi, ça, c’est 100 % gagnant et les produits feront partie de ma routine de maquillage.

Oh ! Et avant que j’oublie, les produits COVERGIRL ne sont pas testés sur les animaux.

Ça aussi, c’est OUI !

Pour terminer, je vous laisse avec une chose que UkonwaOjo a dite qui a résonné en moi, parce que ça me représentait tellement et que ça doit représenter plusieurs d’entre vous :

« Les femmes doivent apprendre à se faire confiance. Avez-vous déjà remarqué que lorsqu’on propose à une femme de sortir de sa zone de confort, de prendre les devants, la plupart du temps… elle va accepter, mais va commencer par dire qu’elle n’est peut-être pas la meilleure pour la tâche, qu’elle n’a peut-être pas les qualités nécessaires, etc.

Si une personne vous choisit, vous fait confiance et qu’elle a pris la décision de VOUS choisir, souriez et accepter‑le. Pensez-vous vraiment qu’une personne vous aurait choisie si elle n’avait pas confiance en vous ? Si elle ne savait pas que vous pouviez réussir haut la main la tâche demandée ? Ce n’est pas normal qu’un inconnu ait plus confiance en vous que vous-mêmes. Et ça, c’est typiquement féminin et ça doit changer. »

Je me suis rendue à Toronto pour discuter maquillage et beauté, et je suis tombée sous le charme d’une marque qui propose qualité et respect et qui est inspirante. Bravo COVERGIRL !

 

Des femmes d’ombre et de lumière

Je me sens privilégiée de la vie. Quand la fatigue ou encore une po

Je me sens privilégiée de la vie. Quand la fatigue ou encore une poussée d’hormones me fait rouler des yeux, soupirer ou avoir une humeur de truck (ça arrive à tout le monde!), je n’ai qu’à m’arrêter un instant pour réaliser que tout est doux dans ma vie. La vie me comble et je l’oublie. Je suis parfois aveuglée par mes désirs personnels, par mes ambitions professionnelles et mes attentes familiales et amoureuses. Quand ça ne va pas, je remets de l’ordre dans mes idées et dans mes modes de pensée. Je reset ma perception et je dis : merci la vie! J’ai l’essentiel : un toit.

Ç’a l’air loin des préoccupations de plusieurs d’entre nous. Avoir un toit, ça va de soi. Et bien, plusieurs sont sans toit même au Québec. Un jour, Véronique Hébert, aussi blogueuse pour Ma Famille Mon Chaos, m’a parlé de la YWCA de Québec. Vous connaissez? À Montréal, c’est la Y des femmes, à Québec c’est la YWCA de Québec.

Pour moi, cet organisme offrait des ateliers de toute sorte et une diversité d’activités physiques. Je ne connaissais rien de leur véritable mission qui est pourtant si magnifiquement grande : favoriser le bien-être, la sécurité et le plein potentiel des femmes et des filles et les amener vers le meilleur d’elles-mêmes. Plus spécifiquement, cet organisme vient en aide aux femmes qui vivent une situation d’itinérance. Vous le saviez?

Depuis 1875, à Montréal et à Québec, la YWCA offre une foule de services aux femmes qui vivent une situation d’itinérance ou qui ont besoin d’un hébergement transitoire, disons‑le d’urgence, pour leur permettre de reprendre leur souffle. À la Y de Québec, elles sont près de 300, dont plusieurs sont mamans, à bénéficier des services d’hébergement, d’une équipe d’intervenantes et d’une foule de services adaptés. Elles peuvent ainsi reprendre contact avec elles-mêmes. C’est un grand cheminement intérieur qu’elles entreprennent pour envisager leur vie différemment. Bon 300, ça peut paraître marginal. Mais la YWCA Québec refuse plus de 500 femmes et leurs enfants par année, faute d’espace et de financement. Triste! Plus largement, ce sont des femmes, des hommes et leurs enfants dans toutes les régions du Québec qui sont sans toit ou dans une situation difficile qui met leur vie en danger. Mon cœur craque quand j’y pense!

Je suis tombée en amour avec cet organisme dirigé et administré par des femmes pour des femmes. On dit souvent que les femmes sont dures les unes envers les autres. Ç’a souvent été mon constat. Par contre, depuis mon expérience à la Y, c’est tout le contraire qui me séduit. C’est le plus beau mouvement de solidarité féminine auquel j’ai eu la chance de participer. Nous sommes plusieurs ambassadrices de la soirée-bénéfice de l’ombre à la lumière et ensemble, nous aidons ces femmes à sortir de l’ombre.

Je me sentais souvent trop occupée pour m’impliquer. Mais depuis que je me suis jointe à la Y, j’ai l’impression que cet engagement me fait grandir et me ramène à l’essentiel : donner et aider. Partout dans le monde on décrit des situations humainement insoutenables en nourrissant un sentiment d’impuissance. Pourtant, ici proche de nous, il y a des femmes qui ont besoin d’un geste de notre part. C’est le cœur touché par la réalité de ces femmes que je m’implique. Et aussi pour toucher le vôtre, je vous présente Carol Ann Fowler qui a accepté que je vous partage son histoire. Ça fait du bien de donner, allez‑y, aidez!

Chaque année en novembre, vous pouvez vous joindre à nous pour honorer ces femmes qui passent de l’ombre à la lumière!

Stéphanie Dionne

Es-tu une mère à boutte?

C’est la mode, les mères à boutte. Un café ou un verre de vi

C’est la mode, les mères à boutte. Un café ou un verre de vino d’une main, un petit de l’autre…

Cette mère à boutte s’exprime haut et fort sur ce qui ne va pas dans la parentalité d’aujourd’hui.

Là, il y a une émission sur les mères à boutte qui s’en vient à je ne sais pas quel poste…

L’émission est déjà commencée et déjà dans les chaumières québécoises, ça jase…

Il y a des gens pour et d’autres contre.

Ce nouveau trend de dire haut et fort ce qui nous emmerde de la parentalité…

Je vais te dire ce que j’en pense…

J’écris moi‑même pour un blogue familial, que tu lis en ce moment by the way : Ma Famille Mon Chaos!

Je parle de ma vie de femme et de mère. Je relate MA perception parfois teintée d’humour noir de la vie de parent.

Il arrive que je relate des côtés plus sombres de ma vie de mère…

Mais ce qui me déclenche, c’est de voir, l’autre matin, c’est de voir un post d’une photo de Maman Caféine sur Instagram qui explique qu’elle reçoit des messages de haine.

Ces messages sont surtout des femmes s’adressant à d’autres femmes.

On est à l’époque où on veut le même salaire, les mêmes avantages que les hommes, mais sérieux, quand je lis ça, ce type d’agression envers autrui avec comme arme un clavier… on est très loin du boys club.

Oui, car le succès, les hommes se le sont bâti en se soudant les coudes. Ils se sont référés dans des emplois ou autre pour atteindre leur but. Ils ont fait des clans de gars qui s’entraident.

On veut l’épanouissement de la femme, mais on backstab la première qu’on croise.

Comment réussir comme femme en écrasant une autre femme?

Ce n’est juste pas possible, on n’a pas compris.

Notre ego de vouloir être la meilleure, c’est bon à jeter aux poubelles.

Il faut arrêter de se juger et de se comparer.

On va se le dire, c’est pas plus rose chez la voisine.

Ce qu’elle a atteint, elle ne l’a souvent pas volé.

Les heures, les sacrifices (non, elles ne couchent pas toutes avec le boss), la pression à gérer, elle l’a fait.

Quand je vois ces choses écrites sur les réseaux sociaux où les femmes jugent les autres femmes, ça me fait que penser que nous somme le reflet intérieurement de ce que l’on dit ou écrit extérieurement.

Quand on entre en colère ou en divergence d’opinion sur un sujet… on a le choix d’aller voir en nous : pourquoi cela me déclenche et me chatouille (parfois ben fort) l’intérieur?

Une fois ceci fait, tu décides de le travailler en toi, de développer en toi ton jardin intérieur pour cultiver et améliorer la personne que tu es ou de le vomir à gauche et à droite sur les réseaux sociaux…

On peut ne pas être d’accord avec l’opinion des autres (c’est peut-être le cas pour toi en ce moment même?), mais aucune divergence d’opinions ne devrait mener à l’insulte.

J’ai une question : si ton enfant te lit, es‑tu en train de l’élever en tant qu’humain? Serait-il fier de toi?

Si quelqu’un t’écrivait ces mêmes mots, est‑ce qu’ils te blesseraient?

Si quelqu’un disait cela à quelqu’un que tu aimes, serais-tu en colère?

« Le silence est d’or » prend tout son sens ici.

Il est temps que les femmes s’élèvent ensemble et que nous arrêtions de compter sur les hommes pour nous faire une place. On a toutes le droit à la réussite, peu importe qui on est et d’où on vient. Il faut se faire un girls club et évoluer d’un autre côté, car en ce moment… nous sommes nos pires ennemies, mesdames!

Martine Wilky

#MoiAussi: On est toute une gang

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On est toute une gang à avoir utilisé le mot-clic #MoiAussi ou #MeToo ces derniers jours. Malheureusement. On aurait tant aimé que ce mouvement ne soit pas nécessaire, que les cas d’agressions sexuelles, de harcèlement, de viols soient rarissimes, inexistants. On aurait aimé ne pas faire partie de celles et de ceux qui ont une ou des raisons de l’utiliser. On aurait aimé que nos sœurs, nos filles, nos femmes, nos mères, nos cousines, nos amies, nos voisines, n’aient rien vécu qui leur donne l’élan de reprendre ce mot-clic. Et pourtant.

Pourtant, on est toute une gang à avoir publié notre #MoiAussi. À avoir hésité. À s’être demandé si on oserait révéler une vérité que plusieurs autour de nous ne connaissaient pas. À avoir choisi de montrer notre mal à nu.

Certaines ont repris le mot-clic sans explications, sans justifications. Une façon de dire « J’en suis » tout en restant discrète, sans entrer dans les détails qu’on n’est pas prête à approfondir le sujet, à plonger dans un passé qu’on préférerait ne pas traîner derrière nous, dans notre chambre à coucher, au travail, dans nos relations familiales… Respect pour ces humains qui ont osé, tout en se respectant.

Certaines ont utilisé le mot-clic comme un tremplin pour faire (re)connaître leur histoire et la laideur de ceux qui les ont blessées. Une façon de dire « Voici la réalité », de détruire le tabou, de dire ce qui se passe vraiment quand une personne est agressée sexuellement. Le mot-clic «MoiAussi » prend quelques secondes à publier. Le mouvement durera un temps, quelques jours, quelques semaines. Il sera remplacé par une autre lutte, tout aussi pertinente. Mais les gestes, les crimes engrangés dans ce mot-clic restent présents dans la mémoire corporelle des victimes et dans leurs souvenirs conscients et inconscients. L’impact demeure, fait souffrir évolue. S’éternise, même s’il rend plus fort.

Derrière certains #MoiAussi, j’ai revu l’étincelle triste que j’avais perçue dans les yeux d’amies en les rencontrant. J’ai imaginé le cheminement parcouru pour devenir des citoyens exemplaires, des travailleurs efficaces, des conjoints équilibrés, des parents capables de transmettre à leurs enfants leur amour de la vie, des partenaires sexuels qui ont réussi à redonner un sens sain à des gestes qui auraient pu les anéantir. J’ai compris le lien intuitif que je sentais avec des personnes de mon entourage. On est toute une gang à partager un secret, devenu un peu moins secret ces derniers jours…

Espérons que la solidarité créée par le mouvement #MoiAussi persistera. Espérons que ces femmes, ces quelques hommes aussi, se reconnaîtront comme membres d’un groupe de soutien. Espérons qu’ils n’auront plus la honte au cœur et le mal de corps. Espérons qu’ils oseront se parler, se dire « Toi aussi, ça t’est arrivé ? Je suis là pour toi ».

Et espérons que la sensibilisation engendrée par ce mouvement virtuel empêchera des brutes de se servir d’une femme, d’un homme, d’un enfant, pour assouvir ses instincts sexuels sans sa permission. Je rêve en couleurs, je sais, mais je me donne quand même le droit de rêver. Parce que j’ai des filles, une mère, des cousines, des voisines… Parce que #MoiAussi.

 

Nathalie Courcy

 

Pourquoi encore revenir sur les droits des femmes?

Ouin, pourquoi, hein? Pourquoi chaque année, doit-on revenir sur le

Ouin, pourquoi, hein? Pourquoi chaque année, doit-on revenir sur les droits des femmes, sur l’égalité des sexes, la lutte contre la violence faite aux filles et aux femmes? Depuis le temps, il me semble que le message a dû passer?…

Eh! Bien… non. Dans la loterie de la vie, j’ai tiré le bon numéro. Je suis née dans un pays qui traite les filles et les femmes à peu près de la même manière qu’il traite les garçons et les hommes. Bien sûr, on n’est pas tout le temps payées autant pour un travail équivalent; plusieurs petites filles grandissent avec l’idée que leur vagin leur interdit de viser les postes de pouvoir politique ou économique ou même les jobs « de gars ». Et pourtant, je connais des soudeuses passionnées, des mécaniciennes hyper compétentes, des opératrices de grue qui battraient n’importe quel opérateur dans n’importe quelle compétition professionnelle.

Mais tout de même, ici, dans notre coin du monde, on naît « égales » aux détenteurs de pénis. On peut jouer au ballon, aller à l’école, graduer de l’université ou apprendre un métier, faire du fric, devenir première ministre. On peut rester célibataire, se marier, divorcer; si on devient veuve, notre vie n’est pas finie et on n’est plus obligée de marier le frère de l’autre pour survivre. On EST, qu’on soit femme ou homme. Et je suis reconnaissante d’être née dans un pays et dans une famille qui prônent l’humanité avant tout, d’avoir rencontré des hommes qui ont pris soin de moi, qui m’ont traitée comme un être humain et non comme un punching bag.

Mais autour de moi, il y en a qui n’ont pas eu ma chance.

Des amies qui se sont fait battre par leur chum. Le couteau sur la gorge, la menace dans l’œil, le nouveau-né dans les bras. Elles ont dû se sauver de chez elle comme si c’était de leur faute. Elles ont dû se cacher comme si elles étaient les coupables. Elles ont dû payer pour pouvoir garder et protéger leurs enfants. Elles ont dû se reconstruire, comme si elles avaient donné le droit à leur ancien amoureux de les détruire à grands coups de mots et de claques.

La fille d’un ami qui a été tuée en 1989, parce qu’elle voulait devenir ingénieure. Et parce que le tueur en voulait à toutes celles qu’il pensait féministes. Il se trompait entre femme et féministe, entre droit de s’exprimer et droit de tuer.

Des amies à qui on a réussi à faire croire que la vie se déroulait en rose ou bleu, à qui on a coupé les ailes : « Tu veux apprendre à jouer au hockey? Ben non, c’est pour les gars. Toi, tu peux jouer à la ringuette. Ou à la Barbie. »; « Toi, ta place, c’est à la maison. Tu as voulu des enfants? C’est à toi de les élever. Pis ça te sert à rien d’essayer de me contacter, je pars pour la semaine. »

Des amies qui ont dû frencher ou se laisser pognasser pour monter les échelons. Dans un monde où la Journée internationale des femmes serait devenue inutile, on n’aurait pas besoin de se laisser toucher et de faire semblant de jouir pour obtenir une promotion. La compétence devrait suffire. Le salaire ne devrait pas être proportionnel au décolleté. La violence et l’abus ne devraient pas être tolérés, ne devraient pas exister. Les chromosomes XX qui nous font femmes, ne devraient pas être synonymes de XXX.

Des fillettes burkinabé qui ont été affamées et forcées de se promener nues pendant des jours devant tout le quartier parce qu’elles avaient volé quelques dollars. Et quand toi, la Blanche occidentale choquée par tant de cruauté, tu essaies de dire ton mot, on te répond de te la fermer. Toi, tu n’existes pas. Ta blancheur te donne le droit de parole si et seulement si tu es d’accord avec les hommes du clan. Et si tu acceptes de te faire vendre contre des dromadaires ou des chèvres.

Une jeune femme rencontrée en Égypte, qui devait cacher à son père que son futur époux était catholique, au risque de se voir interdire de se marier avec celui qu’elle aimait. Sans compter ces trop nombreux endroits dans le monde où les filles n’ont aucune chance de recevoir une éducation scolaire ou un diplôme, où le clitoris des filles se fait charcuter et où le droit de vote est assassiné avant même d’avoir existé. On considère les femmes comme amputées de cerveau et de volonté, simplement du fait qu’elles sont nées avec deux chromosomes X.

Alors, en ce 8 mars, je choisis de rappeler à mes filles qu’elles ont les mêmes droits que les garçons, qu’elles ont le devoir de se respecter (et de respecter les autres), qu’elles ont une histoire à honorer et un avenir à faire briller. En ce 8 mars, je choisis de rappeler à mes garçons que les filles ont les mêmes droits qu’eux, qu’ils ont le devoir de les respecter (et de se faire respecter), qu’ils ont une histoire à connaître et à changer.

En ce 8 mars, je suis fille, femme, sœur, épouse, mère, tante, cousine, amie, marraine, entrepreneure, auteure, fonctionnaire, rêveuse, fière… Je SUIS.

Nathalie Courcy

SPM 101 pour hommes

Ce que les hommes doivent savoir...

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Ce que les hommes doivent savoir…

Avertissement pour tous les hommes qui liront ce texte : ceci est du contenu véridique basé sur des histoires vécues par des femmes (la vôtre entre autres).

(À lire avec la voix de Monsieur Charles Tisseyre en tête)

SPM = Symptôme PMenstruel. Contrairement à ce que la majorité d’entre vous pensez, il est bien réel et en rien exagéré. Et au grand malheur des femmes et de vous messieurs, il est annonciateur de jours pénibles.

Vous avez sûrement remarqué le caractère changeant de votre femme à ce moment. Il est important pour vous de savoir que certaines phrases dangereuses sont à proscrire. En voici quelques exemples :

  1. Tu as donc ben mauvais caractère.
  2. Voyons! Qu’est-ce qui se passe? Endure-toi!
  3. Calme tes nerfs!
  4. Voyons! Vas-tu être menstruée?
  5. Hey! Crisse, change d’air!
  6. Calme tes hormones…
  7. Coudonc, es-tu dans ta semaine?
  8. Tu as un caractère de marde, on est déjà rendus là dans le mois?
  9. Es-tu de bonne humeur? Tu serais aussi bien de le dire à ta face parce qu’elle le sait pas.
  10. Oupss… Je pense que ça s’en vient…

(Ces phrases sont quelques exemples seulement. Il est à noter que les variations sont aussi dangereuses.)

Votre femme, conjointe, peu importe le nom que vous lui donnez, vit un débalancement hormonal à ce moment du mois, ce qui la perturbe légèrement. En quelques occasions, elle pourrait avoir envie de vous manger la face lorsque que des absurdités sortent de votre bouche (voir les phrases mentionnées plus haut). Donc il est fortement conseillé pour vous, messieurs, de vous taire ou comme vous le dirait si gentiment l’amour de votre vie lors de son SPM : Ferme ta gueule!

Lorsqu’un conflit éclate, qu’elle ait raison ou tort, cessez d’argumenter immédiatement et sortez de la pièce. Il se pourrait qu’elle soit tentée de vous suivre pour poursuivre l’argumentation. À ce moment-là, écoutez, ne dites rien et surtout, n’utilisez pas le terme «exagéré» dans toutes ces variations. Exemple : «Tu n’exagères pas un peu?» Votre chérie est convaincue à ce moment précis que ce détail, peut-être futile à vos yeux, est la priorité numéro un de votre vie de couple. Et ce, même s’il s’agit de la sorte de céréales que vous devez acheter pour vos enfants.

Une seconde sorte de SPM est aussi répertoriée. Il se peut que votre conjointe se trouve laide, grosse vieille ou même les trois. Dans cette période, elle peut croire que personne ne l’aime, qu’elle en fait trop pour les autres ou pas assez. Une remise en question de ses choix de vie est parfois même de la partie. C’est une période ultime d’apitoiement sur soi. Dans certains cas, des larmes peuvent jaillir de ses yeux pour une raison plutôt stupide. Alors si elle pleure parce qu’elle a pris le dernier mouchoir de la boîte, contentez-vous de la prendre et de la serrer dans vos bras sans rien dire. Il vous est permis de rire, si vous êtes certain qu’elle n’est pas dans la même pièce que vous et qu’elle ne peut pas vous entendre.

La femme vit en une semaine un tsunami d’émotions qui peuvent passer du bonheur à la tristesse, de la zénitude à la colère en une fraction de seconde. N’essayez pas de la comprendre, elle ne se comprend pas elle-même. Si vous tenez à la vie, il est d’une importance capitale de ne pas le lui faire remarquer. Contentez-vous de hocher la tête et encore une fois, sortez de la pièce.

Les plus intelligents d’entre vous, messieurs, ont déjà un moyen pour reconnaître ou avertir que cette semaine horrifiante se pointera bientôt. Certains ont même créé une application pour vous aider à identifier la semaine en question. Il vous suffit d’être attentif et lorsque vous entendrez « Fuck! je suis menstruée », prenez la date en note dans l’application. Lorsque votre téléphone vous donnera l’avertissement, vous comprendrez que vous devez devenir low profile. Couvrir votre dulcinée de petites attentions (comme lui faire couler un bain chaud) ou de compliments («Tu es belle, mon amour»), pourraient sans doute améliorer vos chances de rester en vie.

Si par malheur, la tentation de lui faire remarquer son humeur exécrable est plus forte que vous, il vous est fortement conseillé de COURIR sans regarder vers l’arrière…

Mélanie Paradis

Moi ? J’serai jamais comme ces mères-là :)

Tu te souviens de ces mères livides à l’hygiène douteuse qu’o

Tu te souviens de ces mères livides à l’hygiène douteuse qu’on croisait dans les épiceries bon marché ? Celles auxquelles s’accrochait une trôlée de morveux sales et agités : petits humains désagréables et bruyants qu’on haïssait dans un silence plus ou moins discret ? Informes, moulés d’un ramassis de chromosomes catégorie “C” et avides de Skittles, ils rendaient (à tous coups) notre expérience de magasinage exaspérante et provoquaient quasi instantanément une sécheresse d’ovaires prématurée? Tsé, ces mères LÀÀÀÀ qu’on jugeait en se disant que NOUS on aurait jamais l’air de ça pis que NOUS on ne donnerait jamais ÇA à manger à nos enfants et pis que NOS enfants à NOUS ils ne feraient jamais de crises dans une épicerie, lààà.

Ça te rappelle quelque chose ?

Tu te souviens de ce qu’on disait de ces mères-LÀ, celles qui ne nous semblaient pas si heureuses, à cheval entre deux univers : l’un où elles sont des princesses en attente perpétuelle d’un prince charmant passé maître dans l’art du repassage et de la médiation familiale et l’autre, le pas-très-joyeux-monde-de-la-réalité où elles avaient l’air de vivre uniquement pour leur « mercredi-mensuel-de-filles » où elles pourraient enfin parler en mal de leur chum et enfants avec d’autres mères qui allaient aussi parler en mal de leurs chums et enfants ?

Tu sais, làààààà, ces mères qu’on sentait souvent dépassées et rarement animées par le désir de mettre un chandail propre (et de la bonne grandeur) pour sortir de chez elles; ou les autres, encore pires, les mères freaks qui écoutaient LCN à chaque fois que leurs enfants prenaient l’autobus pour faire une sortie scolaire et qui se réveillaient 3-4-5 fois à toutes les nuits pour s’assurer que leur bébé respirait toujours ?

Ma belle amie, ma confidente de toujours, avec qui j’achetais mes fruits au Valmont en buvant un thé-qui-goûte-pas-le-vrai-thé et qui me conseillait sur les crèmes bios à étendre sur mes pas-de-rides, tu te doutais, toi, que NOUS allions devenir ces mères-là ? Dis-moi; c’est l’accouchement qui nous transforme? C’est la honte post-nudité-intégrale, les fluides non voulus qui font office de souvenirs de mise au monde, les vergetures, la perte d’élasticité, la trop longue cicatrisation de notre nouvelle courtepointe vaginale ou l’insomnie qui nous ont métamorphosées ?

Moi, je m’étais laissée charmer par l’image de la soccer-mom, toujours énergique et resplendissante dans son élégant manteau Rudsak qu’elle agence avec les couleurs de la saison. Je me voyais porter le coiffé-décoiffé avec juste ce qu’il faut de repousse pour me rendre sympathique, mais pas trop pour trahir mon âge. Nice and Easy : l’image était pourtant belle et réaliste, non. Avant, je choisissais mes vêtements selon l’occasion et la saison, pas en les sentant pour savoir s’ils allaient « tuffer » une autre journée… À quel moment prendre une douche matinale est devenue une option et non une obligation sociale ?

Je les aime, moi, les soccer moms dans leurs beaux Guess ajustés. Quand je croise ces mamans-là, je me dis toujours « Ohhh, woooow, comme elle est magnifique, elle » et avec le même regard que j’avais quand je regardais Julia Roberts se transformer en Pretty Woman,  je me dis, que je suis à un brushing et une séance de magasinage d’y arriver moi aussi. ET l’idée me fait du bien. ET je souris. ET le magasinage arrive. ET ma fille a besoin d’une tuque ET d’un nouveau kit de ballet ET je vois des petits souliers dorés ET je sais qu’elle les aimerait beaucoup, alors je passe à la caisse, j’achète tout ça ET je reviens bredouille chez moi en me disant que ce sera pour une prochaine fois. ET ça me dérange même pas tant parce que ma vie de maman sloopy, je l’ai choisie.

Tu sais mon p’tit man, quand on se fait des lunchs téléphoniques parce qu’on se voit pu, quand on fini par se voir aux trois mois pis qu’on se met en mou ou qu’on choisit de se texter au lieu de s’occuper de nos enfants qui courent partout à l’épicerie et qu’on se fait juger par ces « autres-là » (qu’on a déjà été), ben j’me dis qu’on a cr*ssement changé. On porte du moins beau linge, man. Pis on prend pu le temps de se démaquiller, mais c’est la vie comme dirait Mia et pis c’est ça qui est ça.

Quand je nous regarde sur des vieilles photos, on est jeunes, on est minces pis on est toutes tchekées, mais me semble qu’on sourit moins que maintenant. On est peut-être devenues plus dérangeantes pis un peu moins hot, mais pareil, me semble qu’on est plus heureuses qu’avant.

On est-tu rendu mercredi, là ?

Chroniques d’une violence ordinaire

Si je vous demandais ce que signifie le 25 novembre, nul doute que c

Si je vous demandais ce que signifie le 25 novembre, nul doute que cela ne vous évoquerait pas grand-chose… sauf peut-être la Sainte-Catherine, pour ceux qui ont gardé en mémoire de vieilles traditions ! Et encore, pas sure que vous seriez nombreux à en connaitre le sens… Et bien, aujourd’hui, c’est…

 

La journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

 

Ce sont les Nations-Unies qui en ont décidé ainsi, à la suite de l’assassinat des sœurs Mirabal en République dominicaine, en 1960, parce qu’elles militaient pour leurs droits. Les deux sœurs sont dès lors devenues les symboles du combat pour éradiquer les violences faites aux femmes partout dans le monde.

Cela fait donc presque 60 ans que tous les 25 novembre, partout dans le monde, la parole est donnée à toutes ces femmes qui subissent, au quotidien, des sévices, des tortures et de la violence sous toutes ses formes.

Et pourtant, encore, de nos jours, une femme est violée toutes les 23 secondes en Afrique ; et aux États-Unis, une femme est battue par son partenaire toutes les 15 secondes.

Mais aujourd’hui, je ne prends pas la tribune pour me faire l’écho de toutes ces histoires aussi violentes les unes que les autres.

En cette journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, je veux simplement rompre le silence sur les réalités des femmes victimes de violence conjugale, ici, au Québec.

Aujourd’hui, je veux vous raconter une histoire d’une violence ordinaire. Cette violence, qui s’exerce au sein d’une relation amoureuse actuelle ou passée, et qui se manifeste par des comportements quotidiens, depuis les menaces verbales, l’intimidation, le harcèlement, les coups superficiels jusqu’aux blessures graves, en passant par l’agression sexuelle et la violence psychologique.

Ici, en cette journée du 25 novembre, je prends la parole pour dénoncer cette violence d’une dramatique banalité, et surtout impunément banalisée.

Aujourd’hui, je veux vous raconter une histoire d’amour qui n’en est pas. Une histoire sans « happy ending ». Une histoire qui ne fait pas rêver, mais plutôt réfléchir. Une histoire silencieuse que l’on voudrait continuer à taire.

Une histoire où les mots laissent des bleus. Autant que les coups. Car contrairement à ce que vous pourriez croire, l’homme n’a pas toujours besoin de frapper pour être violent. Et que la violence verbale et psychologique, même et surtout dans l’intimité du couple, reste de la violence.

 

Aujourd’hui, je vais donc vous raconter MON HISTOIRE

 

Tout a commencé par un coup de foudre, que j’ai pris pour de l’amour, à force de numéros de charmes, de poudre aux yeux, et de mots enrobés de chocolat amer… Un coup de foudre qui a consumé ma joie de vivre. Un coup d’amour qui a fait fondre mon estime de soi et ma confiance en moi.

Tout a commencé par une rencontre avec l’illusion de l’Idéal que je me faisais d’un homme. Un homme qui n’en avait que les habits d’apparat pour mieux me faire croire que j’étais SA femme idéale. Un homme qui de la définition n’en a que l’instinct reproducteur.

Tout a commencé par des promesses de conte de fées, une bague en diamant, une maison, des enfants… Des promesses d’engagement et d’amour toujours, pour le meilleur et pour le pire, que l’on ne s’imagine jamais… Parce qu’il est facile de croire et d’être séduite par la magie d’un monde quand on a grandi dans un monde sans magie.

Tout a continué par des promesses échues, de la manipulation au maquillage délavé, des tromperies déguisées avec des costumes usagés, mais surtout des tours de passepasse habilement maitrisés pour ne donner à voir en public qu’une pantomime amoureuse. Afin que personne ne devine le drame qui se jouait en représentation privée, une fois le rideau tombé.

Tout a continué par des paroles, arrosées de mots aussi tranchants qu’une guillotine, mais que j’ai bues chaque fois qu’il levait un toast au nom de notre amour. Puis, sont venues les remarques dénigrantes, brodées de sarcasme, servies avec des gants tellement blancs, que la préséance me contraignait à dire « Merci ». Ensuite, de tendres menaces ont commencé à s’inviter sous la couette du lit conjugale, le soir venu, pour que mon beau chevalier, toujours prêt à sortir son glaive, puisse me protéger, à corps défendant, dans une étreinte d’une pénétrante violence. C’est ainsi qu’au fil de la culpabilisation, je me suis tricoté une dépendance affective, qui, sans que je m’en rende compte, resserrait le nœud de cette relation suffocante.

Tout a continué par des bouquets de fleurs offerts d’une main, après que l’autre m’ait offert le pot. Parfois, le pot venait après les fleurs, avant même qu’elles aient le temps de se faner. Parfois, le pot venait sans fleurs. Mais sa meilleure arme restait le « Make up sexe » pour aiguiser les tensions laissées par le malaise de ses silences, pour combler le vide entre nous et surtout pour étreindre notre amour. Du sexe, comme dans un buffet libre-service, dont le mâle peut disposer à sa volonté, sans se préoccuper du consentement de sa proie. Ce sexe cinglant me prenait par devant, par-derrière, par-dessous, mais par-dessus tout, il prenait possession de mon corps, de ma tête, de mon être. Toujours sous couvert d’amour. Au point de me faire un enfant. Un bel enfant qui, au regard des autres, était une preuve d’amour. Cet enfant qui devait être le gage de sa volonté de cesser de me faire violence. Cet enfant qui finalement est la preuve de l’échec de cette épreuve d’amour.

 

Tout s’est terminé comme tout a commencé, par une illusion bien ficelée

 

Tout s’est terminé quand j’ai commencé à voir les ficelles de son jeu de dupes et à essayer de le démasquer.

Tout s’est terminé quand un coup du sort m’a présenté la mort. C’est alors que j’ai compris qu’il ne m’aimait pas et ne m’avait jamais aimé. C’est alors que j’ai appris à m’aimer et à me respecter. Parce que je veux l’amour sans la violence. Parce que la violence n’est pas de l’amour.

 

Tout s’est terminé quand je suis entrée dans le cycle de ma vie pour sortir du cycle de cette violence.

 

Ces femmes

On connaît tous une femme qui en arrache. Pour qui la vie a été,

On connaît tous une femme qui en arrache. Pour qui la vie a été, depuis toujours, une lutte sans fin. Ces femmes, mon métier m’amène à les côtoyer. De loin. J’enseigne à leurs enfants; souvent, ils sont anxieux.

 

Ces femmes, on les imagine, à l’aube de leur vie, se contentant de presque rien…

 

Elles sont des adolescentes fragiles à l’influence des gens qu’elles croisent.

Vient un jour où elles tombent amoureuses. Curieusement, elles choisissent (ou sont choisies) par des hommes manipulateurs et parfois violents.

Vient un jour où elles se libèrent, de leur mieux, où elles choisissent (et cette fois, c’est bien vrai) de repartir à zéro.

Pour certaines d’entre elles, ce sera en fugitives. Elles quitteront leur environnement, leurs amis, leur emploi (celles pour qui il était permis d’en avoir un).

 

Ce sera un nouveau départ

 

Ces femmes, je les trouve si fortes, capables de se priver pour tout offrir à leurs petits. Prêtes à accepter un horaire et un salaire presque indécent pour subvenir aux besoins de leur marmaille.

 

Ces femmes, souvent, on les juge

 

Et si on tentait d’aller plus loin? De percevoir la souffrance plutôt que la négligence dans leur façon de prendre soin de leurs enfants? Elles sont seules pour chaque étape de la vie d’une mère…

 

Et si on se mettait à leur place, un instant ?

 

Hier, j’ai croisé une de ces femmes. Elle ne le sait pas, mais je l’ai regardée avec beaucoup d’admiration.

 

♥ ♥ ♥

 

 

 

 

Au bon endroit, au bon moment

Le 19 décembre 2011, l’Assemblée générale des Nations Unies a

Le 19 décembre 2011, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré le 11 octobre Journée internationale de la fille, afin de reconnaître les droits des filles et les obstacles particuliers auxquels elles se heurtent de par le monde.

Je me suis dit que j’allais questionner ma fille de 15 ans sur le sujet. Elle est la mieux placée pour décrire comment elle perçoit sa liberté. A-t-elle conscience de ce qui se passe dans le monde pour les filles et comment le vit-elle ?

Alors, Mathilde s’est enfermée dans sa chambre et a écrit ceci…

AU BON ENDROIT, AU BON MOMENT

Je suis née du bon côté d’une ligne imaginaire qui sépare celles qui ont eu de la chance et celles qui n’en ont pas. De l’autre côté de la ligne, il y a celles qui n’ont pas le droit de s’instruire ou de conduire une voiture. Celles qui subissent des violences et qui sont forcées de se taire. Celles à qui on a retiré tant de droits. Le droit de s’exprimer, le droit de rêver, le droit humain.

Mais, j’ai beau chercher, cette ligne je ne la trouve pas, ne la vois pas. Quelle est-elle? Où est-elle? Qu’est-ce qui fait que l’on se retrouve d’un côté ou de l’autre? Peut-on la traverser? Et ces jeunes filles, de l’autre côté, qui sont-elles?

Elles sont vous, elles sont moi. Elles sont victimes de violences, de viols, de travaux forcés et de prostitution. Elles sont sous-payées et doivent lutter pour survivre. Elles sont oppressées, restreintes dans leurs ambitions et très mal traitées. Et parce que je pourrais très bien être à leur place, je ne peux simplement détourner les yeux de leur misère. Je ne peux me permettre d’oublier, car elles ne le peuvent pas. Je dois crier pour elles, dénoncer leurs souffrances, car elles ne peuvent le faire.

Je crois que chaque fille devrait pouvoir rêver, lire, écrire et s’affirmer. Il ne devrait pas y avoir de ligne. J’ai le droit de penser et de m’exprimer. J’ai le droit d’accéder à une éducation supérieure et d’être payée décemment. J’ai le droit de refuser de me marier et d’avoir des enfants. Pourquoi pas elles?

Et en ce 11 octobre, nous célébrons les adolescentes. Celles qui se battent. Celles qui protestent. Celles qui osent rêver. Nous célébrons leur courage, leurs droits. Nous célébrons l’avenir, le leur et le nôtre. Nous célébrons les filles d’aujourd’hui et les femmes de demain. Celles qui sont nées au mauvais endroit, au mauvais moment et qui luttent pour traverser la ligne. Et celles qui ont de la chance et qui tendent la main pour aider.

Nous avons le pouvoir de faire changer les choses. Nous pouvons nous battre à leurs côtés, les aider à vaincre l’adversité. Nous le pouvons tous et toutes. Car, oui, les hommes aussi sont concernés. Ce sont eux qui sont responsables du problème, mais ils sont aussi la solution. Sans leur appui, jamais ces filles ne seront libérées de leurs fardeaux.

«Les droits de l’Homme sont les droits de la femme, a dit Hillary Clinton, et les droits de la femme sont les droits de l’homme.» Redonnons à ces femmes ce qui leur revient de droit et effaçons la ligne, afin que chacune naisse au bon endroit, au bon moment et ait les opportunités qu’elle mérite. Car, on ne choisit pas où l’on naît, mais bien qui l’on est.