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Quand la vie s’épuise – Texte : Marie-Eve Massé

La mère de mon chum est en phase terminale. Nous avons reçu le dia

La mère de mon chum est en phase terminale. Nous avons reçu le diagnostic du cancer mi‑janvier : phase 4, non opérable et guérison impossible. Le coup a été pas mal brutal. Elle a été hospitalisée deux semaines… Deux semaines épuisantes comme pas possible. Je passais tout mon temps à l’hôpital, mes journées entières à rencontrer des spécialistes, des médecins de tout genre, à répéter à ma belle-mère ce que le personnel lui expliquait, à expliquer encore et encore quel serait le prochain test, à vulgariser son dossier, à la réconforter et à l’accompagner dans tout ça. Je me suis découvert une force et des talents que je ne connaissais pas… et mon dieu que je me suis épuisée à la tâche.

Avant tout ça, elle était en forme malgré qu’elle soit affaiblie suite à un petit AVC et une pneumonie, nous avons bon espoir qu’elle sera admissible à certains traitements. Il lui reste entre six mois (sans traitements) et deux ans à vivre. Nous attendons impatiemment le rendez-vous avec l’oncologue dans deux semaines pour connaître la suite des choses. Elle s’affaiblit de jour en jour à cause de la pneumonie, mais nous gardons tous l’espoir d’une fin de vie relativement longue et dans le confort de son foyer. Son conjoint et elle parlent de se marier au printemps.

Le rendez-vous était censé être aujourd’hui. Samedi dernier, après notre départ de chez elle, elle se sentait très mal. Vers 8 h, elle est partie en ambulance parce que son taux d’oxygène était très bas et elle commençait à être déshydratée malgré que nous sommes aux petits soins. La roue de l’hospitalisation a recommencé à tourner. Mais elle s’est mise à tourner tellement vite ! Dimanche, nous parlions d’une infection au poumon et d’un retour à la maison avec de l’oxygène d’appoint. Puis lundi, les médecins sont venus nous dire que le cancer évoluait trop vite, qu’il y avait trop de dégâts. Lundi midi, j’ai expliqué à ma belle-mère qu’elle serait partie avant l’été. Qu’on pouvait à peine espérer le printemps. Qu’elle ne pourrait plus jamais retourner chez elle. J’ai annoncé à mon beau-père que les médecins estimaient qu’elle avait moins que trois mois à vivre… J’ai appris à mon chum que d’ici une petite poignée de semaines, il serait orphelin.

Hier, nous avons décidé de passer aux soins palliatifs. Ma belle-mère m’a demandé d’être présente avec son fils pour la discussion. J’ai essayé de faire garder ma puce, mais je ne suis pas arrivée à trouver quelqu’un. J’avais prévu l’installer avec un film et des écouteurs pour la protéger de la lourde discussion qui s’en venait mais, sous l’émotion, des bouts de phrases et des mots compliqués et lourds ont fusé avant que je sois prête. Finalement, je me suis isolée dans le couloir avec ma fille pour tenter de lui expliquer ce qui se passait. J’avais peur qu’elle reste seule à jongler avec des bouts d’information et qu’elle fasse sa propre interprétation en silence.

Hier soir, je me suis accroupie près de ma fille de huit ans à côté du bureau des infirmières pour lui expliquer ce qu’est un arrêt de traitement et ce que veut dire « aide médicale à mourir ».

Ce vendredi, c’est la Saint-Valentin, l’anniversaire de ma belle-mère et sa journée préférée dans l’année. Aujourd’hui, après avoir passé une longue entrevue pour un poste permanent au boulot, j’ai couru les magasins à la recherche des ingrédients parfaits pour fabriquer un miracle.

Vendredi, mon beau-père va demander à la femme qui partage sa vie depuis dix ans de l’épouser. Le miracle sur lequel je travaille, c’est de leur organiser un mariage splendide… malgré la jaquette d’hôpital, les cheveux en bataille et la possibilité qu’elle n’arrive pas à se lever du lit. Mon miracle, c’est d’arriver à faire oublier à ma belle-mère, l’espace d’un instant, qu’elle va mourir bientôt. Plus que tout, mon miracle c’est d’arriver, l’espace d’un instant, à chasser du regard de mon chum cet air d’enfant perdu qui l’habite depuis des jours. C’est de lui fabriquer un petit bout de souvenir doux et heureux à travers l’océan de détresse qui le submerge…

Je suis épuisée… Tellement épuisée… mais si j’arrive à le voir sourire vendredi, ça vaudra toutes les nuits blanches du monde.

Nous voilà dimanche, ma belle-mère est décédée cet après-midi, entourée des deux hommes de sa vie. Elle est partie paisiblement dans les bras de son fils, son bébé. J’espère de tout cœur qu’elle emportera avec elle les souvenirs de cette journée. J’espère avoir réussi à fabriquer une dernière image de bonheur à mon homme pour que ces souvenirs soient un peu plus doux.

16 février 2020

Marie-Eve Massé

Mes chéries, Maman est en psychiatrie

Des mots trop lourds à écrire sur une feuille de papier recyclé.

Des mots trop lourds à écrire sur une feuille de papier recyclé. Des mots trop lourds à entendre pour vos petites oreilles. Même aligner les lettres transperce mon cœur tellement ça me semble irréel.

Mais ce soir, Maman ne sera pas à la maison.

Maman a trempé son doigt et touché la dernière goutte d’un vase déjà trop plein. Une sensation de vide a envahi Maman et même vos rires rebondissent sur ma chair. L’envie de me sentir saoulée par les notes aiguës qui sortent de vos petits corps a toutefois donné l’arme secrète dont Maman avait besoin pour aller demander de l’aide, alors qu’elle tenait une fine lame entre ses doigts, prête à commettre l’irréparable.

Maman est à bout de souffle. Maman ne se comprend plus. Maman n’entend plus le bonheur vibrer autour d’elle. Il n’existe qu’une vague tonalité neutre qui la guide pour avancer, un pas après l’autre, comme un zombie. Juste assez de puissance pour se rendre à l’hôpital. Juste assez d’amour pour savoir que ça va passer. Juste assez de force pour accepter qu’il faille recommencer.

Chéries, maman est en psychiatrie. Pour que vous sachiez que ça peut arriver, un breakdown. Que c’est humain. Que vous allez certes perdre des plumes au passage, mais vous en aurez d’autres qui pousseront doucement. Parce que Maman sait qu’elle est une battante.

Mais surtout, parce que Maman sait qu’elle n’est pas une personne horrible. Mais bien une bonne personne qui a vécu des horreurs.

Kim Boisvert

Mon fils

Ça y est, c’est fait ! Mon fils a fait un pas de plus pour que

Ça y est, c’est fait ! Mon fils a fait un pas de plus pour que son corps soit compatible avec qui il est vraiment. Mon fils est transgenre. Sa transition sociale est faite et sa transition physique est commencée depuis 3 ½ ans. Son prénom a été changé et la mention du sexe aussi. Il est en couple avec une belle jeune femme depuis 2 ans et ils sont heureux d’être ensemble.

Dernièrement, il a eu l’opération qu’il souhaitait tant. Faire disparaître ses seins. L’opération devait avoir lieu en mai, mais avec la COVID, la mastectomie a été remise au mois d’octobre.

Ça m’a laissé un peu plus de temps pour m’y faire, un peu plus de temps pour stresser aussi. Mais bon ! J’ai quand même réussi à me gérer.

Nous sommes allés le reconduire en famille à la clinique GRS de Montréal, en plein trafic un mercredi matin d’octobre. Dès qu’il est descendu de l’auto, j’ai pleuré pour la première fois depuis des mois. Je le regardais marcher seul vers la clinique, un jour gris, un jour de pluie, et le flot de larmes s’est déversé.

Je ne pouvais pas l’accompagner. Je ne pouvais même pas être présente avant et après l’opération. Je sais que c’est maintenant un adulte, un homme de 20 ans, mais c’est toujours mon bébé. J’avais le cœur en miettes et la morve au nez.

Mon chum et ma fille se sont demandé pourquoi je pleurais ainsi. Pour eux, c’était enfin une affaire de faite ! Et on allait tous pouvoir passer à autre chose. Mathis serait encore plus heureux. C’est ce que je souhaitais moi aussi !

Mais il allait vivre cette expérience tout seul sans moi. Je voulais être près de lui, lui donner la main, le rassurer au besoin, mais non ! Mausus de COVID ! J’avais l’impression d’abandonner mon enfant. Mon cœur de mère se sentait encore une fois coupable.

Il est sorti le jour même, c’est son père qui est allé le chercher, j’en étais incapable. Lorsqu’il a passé la porte, il avait le teint gris, encore un peu sous l’effet de la médication, mais heureux que ce soit fini.

J’ai pris congé pour être auprès de lui. Au CLSC de ma région, on m’a dit que nous devions enlever les bandages nous‑mêmes. Je me suis donc pointée à ma pharmacie et j’ai demandé un rendez-vous avec l’infirmière. Je ne voulais pas du tout enlever les bandages. Oh ! Que non ! J’avais trop peur de me remettre à brailler comme une Madeleine. J’avais besoin du soutien de quelqu’un, d’être accompagnée, juste au cas où !

Un choc ! Mais plus petit que ce que je croyais. C’est comme si ça devait être comme ça depuis longtemps. On a ri, on a eu les yeux pleins d’eau. L’infirmière était remplie d’empathie et de bienveillance envers nous deux.

Maintenant, Mathis se promène en chest au sortir de la douche, fier comme un paon.

Line Ferraro

Ce soir, tu n’es plus là

Le 17 novembre dernier, nous nous préparions à passer une petite

Le 17 novembre dernier, nous nous préparions à passer une petite soirée tranquille pour fêter notre anniversaire de couple. Huit ans, déjà. Le téléphone sonne, on me demande de venir chercher ma fille et de se rendre à l’urgence. La nuit à l’hôtel s’est transformée en une nuit à l’hôpital.

Après seulement vingt minutes, déjà trois personnes différentes me demandaient si nous acceptions la réanimation en cas de complications. J’ai dit non à la réanimation ! Après quelques tests, résultats : pneumonie et plusieurs problèmes reliés à sa maladie neurodégénérative.

Nous sommes le lendemain matin, 18 novembre. Nous transférons la petite à la maison de soins palliatifs pédiatriques en soins de confort sans trop savoir si c’est la fin. On commence la médication pour enlever la douleur. 19 novembre, son état est stable, on a encore des chances qu’elle s’en sorte. Elle ne reçoit que de la médication, plus rien dans l’estomac, il l’a lâché depuis maintenant deux jours. 20 novembre, on augmente très rapidement les doses pour enlever la douleur. La famille proche doit faire vite. Son état se détériore rapidement.

21 novembre, 8 h 15. Son dernier souffle. Je la regarde, j’attends, j’espère qu’elle reprendra un autre respire, j’attends… Je dépose ma main sur son cœur, il ne bat plus. C’est la fin. La fin de sa vie sur terre, la fin de son combat, la fin de mes inquiétudes, mais surtout, la fin de ses douleurs.

Ce soir, je suis étendue, sur un matelas dans le sous-sol de mes beaux-parents. Un soir de plus où les larmes coulent sur mes joues et où je crie intérieurement. Encore un soir où j’essaie d’écrire quelques mots pour revenir sur le mois qui vient de se passer. Ces mots qui ne peuvent être assez puissants pour dire avec justesse comment je me sens.

Ce soir, je t’aurais appelée par vidéo pour prendre des nouvelles de toi comme je le faisais chaque fois que tu allais dormir chez tes grands-parents. Mais ce soir, je dois aller dans un cimetière pour savoir comment tu vas. Il neige, j’ai froid, très froid, et pourtant je suis habillée chaudement. J’aimerais tant me coucher là, et te réchauffer comme toutes les mamans le font quand leurs enfants ont froid. Mais moi, je ne peux pas, je ne peux plus…

La vie m’a arraché ma vie. Et ce n’est pas peu dire. Lorsque tu as pris ton dernier souffle, mon cœur devait battre deux fois plus pour me permettre de rester en vie. Ce soir, je dois encore me battre contre la vie. Je réalise qu’il y aura toujours des larmes qui couleront sur mes joues. Je devrai vivre avec ce que la vie m’a enlevé, TOI.

Noël arrive à grands pas et comme des milliers d’autres, je ne pourrai être avec l’une des personnes qui me sont le plus chères. Sauf que moi, c’est pour tous mes prochains Noëls.

Tu es mon soleil, ma lune et toutes mes étoiles. Rayonne de tout ton amour.

Tu seras à jamais dans mon cœur !

Repose-toi où il n’y a plus de douleur.

Carolanne Fillion

Ma première fausse couche

Mon conjoint et moi venions d’acheter et d’emménager dans notre premi

Mon conjoint et moi venions d’acheter et d’emménager dans notre première maison. Ça faisait quatre ans que nous étions ensemble, j’étais impatiente à l’idée de devenir maman. Après un mois dans notre maison, nous avons décidé d’essayer d’avoir un enfant. Après neuf mois, j’étais enceinte, mais la grossesse me semblait off ; une petite voix me disait que quelque chose clochait.
J’ai passé une échographie vers cinq semaines, mais on ne voyait pas bien. Mes hormones n’étaient jamais stables, donc les médecins ne savaient pas ce qui se passait. La journée de mes onze semaines, j’ai commencé à faire du spotting rendue au travail, mais aucune douleur. Je suis allée à l’urgence avec mon conjoint. Nous avons attendu quatre heures avant de passer l’échographie. Sur l’écran, on voyait un petit sac noir. Quand nous sommes sortis de la pièce, mon conjoint semblait rassuré, mais j’ai dû lui expliquer qu’à onze semaines de grossesse, nous serions censés voir un petit bébé. J’ai vu son visage se décomposer devant moi. J’avais le cœur brisé. Le médecin m’a expliqué que je faisais une grossesse chimique (ou œuf vide). C’est un ovule qui a été fécondé sans qu’aucun fœtus ne se développe. Par contre, le placenta grossit. J’avais même commencé à avoir un petit bedon. Le médecin m’a prescrit des médicaments pour déclencher l’évacuation.
De retour à la maison, j’ai dit à mon chum que je voulais prendre 24 heures pour digérer la nouvelle avant de m’insérer ces foutues pilules. Il a accepté et soutenait totalement ma décision. Le lendemain, nous avons décidé d’aller chez mes beaux-parents pour nous changer les idées.
Rendue là-bas, j’ai commencé à me sentir bizarre, je suis donc allée me coucher. Quelques heures plus tard, je me suis réveillée avec des vagues de douleur dans le ventre. Je suis allée à la toilette et j’ai mis une serviette hygiénique par précaution, même si je n’avais aucun saignement. Une heure plus tard, les vagues de douleur devenaient de plus en plus intenses et fréquentes, alors j’ai demandé à retourner à la maison. La route entre Repentigny à St Eustache ne m’a jamais semblé aussi longue. À Mascouche, je ne supportais plus les douleurs, je hurlais dans la voiture. Nous avons décidé d’aller directement à l’hôpital de St Eustache.
Arrivés à l’hôpital, on m’a amené une chaise roulante, mais quand j’ai essayé de me lever, un flux de liquide est sorti de mon vagin. Je me suis assise super vite dans la chaise. Nous sommes allés dans la salle d’attente du triage. Les vagues de douleurs étaient aux minutes, je n’avais pas de pause, je ne pouvais m’empêcher de crier. Quand mon tour est arrivé, mon conjoint a expliqué que nous étions ici la veille et que je faisais une fausse couche. Quand l’infirmière m’a demandé de me lever, je lui ai dit que c’était impossible, dès que je forçais un minimum, ça coulait à flots entre mes jambes. Elle m’a demandé de voir mes pantalons, j’ai ouvert les jambes, un peu de sang était sur mes pantalons. Elle m’a donné un lit à l’urgence.
Quand je suis arrivée, l’infirmière qui finissait son shift m’a demandé brusquement de m’installer dans le lit. Je lui ai répété à plusieurs reprises que je ne pouvais pas forcer sinon ça coulait vraiment beaucoup. Elle a roulé des yeux et a finalement demandé à des préposés de venir m’aider. Les préposés étaient hyper gentils et délicats. J’étais installée juste devant le bureau de l’infirmière, elle racontait sa journée à celui qui allait la remplacer. J’ai vu que c’était un homme. Je vous jure, mon cœur s’est brisé en deux. Si une femme avait du dégoût pour moi sans même m’avoir examinée ou même questionnée, comment cet infirmier allait il pouvoir s’occuper de moi sans éprouver du dédain ? Je voulais rentrer chez moi tellement j’avais honte. L’infirmière a dit à l’infirmier avant de partir : « Bonne chance avec elle, c’est une fausse couche, mais ça semble être exagéré son affaire ! » Elle pensait sûrement que je n’avais rien entendu, mais c’était ses mots s’étaient rendus jusqu’à moi.
Finalement, l’infirmier est venu me voir. Il a fermé le rideau, ce que l’autre infirmière n’avait pas fait. Au contraire, elle l’avait ouvert au complet. Il s’est approché de moi, il m’a pris la main et m’a dit super doucement : « Me permets tu de t’examiner ? Au besoin, je vais te changer. J’ai déjà avisé le médecin de ta douleur, on prépare ta morphine bientôt. » Je me suis mise à pleurer et j’ai dit oui. J’étais stupéfaite de sa gentillesse. Il m’a demandé de soulever mes fesses, je lui ai expliqué que je ne pouvais pas forcer. Il a alors demandé à une préposée de venir l’aider. Ils ont soulevé mon bassin, descendu mes pantalons. J’ai vu le visage de l’infirmier changer. Il a demandé à la préposée d’aller chercher de l’aide, des serviettes chaudes, de nouveaux draps et plusieurs piqués.
Plusieurs infirmières sont arrivées, ils m’ont lavé et ont changé mes draps deux fois de suite. Pendant qu’on me lavait, une infirmière me faisait une prise de sang et un test pour connaître mon groupe sanguin. Le médecin est arrivé très rapidement. J’étais en hémorragie. J’avais du sang du nombril jusqu’au milieu du dos. Chaque fois que je forçais, un flot de sang sortait. Ensuite, ce furent des caillots gros comme des clémentines. Je perdais conscience ou presque chaque fois qu’un caillot sortait.
Ma situation qui avait été jugée exagérée était en fait une situation de vie ou de mort. J’étais littéralement en train de me vider de mon sang. Ils ont été capables d’arrêter l’hémorragie juste avant que j’aie besoin d’une transfusion sanguine. Ce fut un des pires moments de ma vie, mais cet infirmier a été un pilier pour moi. Il a pris soin de moi avec tellement de bienveillance, de douceur. J’avais si honte qu’un homme s’occupe de moi durant cette épreuve, mais finalement, il a été pour mon conjoint et moi un soutien incroyable. Il était à l’écoute et très attentif. Il a fait en sorte que cette épreuve soit un peu plus tolérable.

Cindy LB

Dans ma valise d’hôpital, j’emporte…

Étant une maman 2.0, qui se sert beaucoup du web, j’ai deman

Étant une maman 2.0, qui se sert beaucoup du web, j’ai demandé il y a quelque temps à mes abonnés Instagram de me donner leurs essentiels pour la valise d’hôpital.

On ne réinventera pas la roue, plusieurs des choses mentionnées étaient déjà sur ma liste pour ma valise.

Voici donc, avec l’aide de bien des gens, ce que j’ai mis dans ma valise (oh! et malheureusement, il n’y aura pas de photos, parce que j’ai officiellement fait ma valise. hier (à 37 semaines 3 jours, pas stressée la madame… Haha!).

Pour maman :

  • Plusieurs sous-vêtements au moins une taille plus grande que ce que je porte habituellement. Pour mes deux dernières grossesses, j’ai perdu les eaux et malgré les énormes couches et les genres de pipi pad qu’ils nous mettent dans les bobettes, ça débordait TOUJOURS! Alors j’ai mis une bonne dizaine de sous-vêtements au cas où. Oh! Et je les ai achetés en solde dans un magasin grande surface, parce que je ne compte pas les garder par la suite (je risque de ne plus rentrer dedans dans un mois puisque je n’aurai plus de ventre haha!).
  • Brassière d’allaitement si vous comptez allaiter.
  • Compresses d’allaitement si vous pensez allaiter.
  • Un gros sac bien plein de serviettes sanitaires extra absorption. Pas celles de d’habitude, celles qui sont ben ben ben épaisses. Parce que les règles après l’accouchement sont ben ben ben intenses.
  • Pyjamas hyper confortables (j’en ai emporté trois).
  • Vêtements pour la sortie (j’ai emporté une robe super ample, sinon un pantalon jogging de maternité avec un chandail lousse. Parce que je vais avoir l’air molle et j’ai pas envie de faire face à la réalité directement en sortant de la maternité. J’ai envie de me sentir bien).
  • Une bouteille d’eau réutilisable XL parce qu’à l’hôpital, les verres sont bien petits et qu’après l’accouchement, on est totalement déshydratée.
  • Un baume pour les lèvres : encore une fois, il paraît que c’est super nécessaire à cause de la déshydratation.
  • Mon soin de peau, sinon je fais me sentir dégueu.
  • Shampoing sec (on ne sait jamais si nos cheveux seront propres ou pas quand le travail va commencer).
  • Une brosse à cheveux avec plusieurs élastiques (imagine que ton seul élastique pète pendant que tu es là-bas. OMG! Pousser avec les cheveux tout mouillés, dans le visage. Oh! Et recevoir ta famille avec la crinière du Roi Lion… well no thanks! Haha!).
  • Si vous êtes du genre à vouloir vous maquiller, emporter votre trousse et des lingettes démaquillantes. Pour ma part, je pense que c’est le moment de lâcher prise, mais on est tous différentes. 🙂
  • De l’eau en spray (soit les bouteilles qui se vendent en pharmacie ou une petite bouteille que tu peux aussi remplir d’eau. Paraît que c’est génial quand tu es en douleur de contractions).
  • Des écouteurs. Pour mes deux derniers accouchements, quand les contractions étaient insupportables, je mettais de la musique et je me concentrais solidement sur celle-ci tout en tentant de respirer. Ça m’aidait de ne pas entendre les gens à l’extérieur.
  • J’emporte mon ordi… parce qu’il y a des moments où ce sera long après l’accouchement ou pendant les contractions. Je pourrai écouter Netflix avec papa et me changer les idées.
  • Si vous prenez des médicaments quotidiennement, n’oubliez pas de les emporter.
  • Lunettes, verre de contact et liquide à verres de contact. T’sais… question de voir votre bébé quand il arrivera. Haha!
  • Déodorant, brosse à dents, les essentiels dont vous vous servez tous les jours à la maison.
  • Mon oreiller.
  • Robe de chambre et pantoufles. Pendant le travail, vous pourrez vous promener afin d’accélérer les choses. Par contre, vous ne pouvez porter que la blouse bleue d’hôpital. La robe de chambre est parfaite pour se sentir confortable et les pantoufles idéales parce que les planchers ne sont pas toujours hyper propres, ce qui est normal!
  • Des bas chauds… pendant l’accouchement on a souvent froid!
  • Des collations santé… ou pas! Parce que vous aurez faim.

Pour bébé :

  • 10 pyjamas. Personnellement, j’ai opté pour les pyjamas en bambou KYTE BABY (achetés au petit cocon) et Zac et Zoe (une compagnie d’ici). Pourquoi le bambou? Parce que je suis une freak de tout ce qui est doux. Je me dis que sa petite peau d’amour a passé neuf mois dans un milieu de vie super hydratant. Je veux absolument que sa peau de bébé soit confortable, que le tissu respire et glisse sur sa peau.
  • Des doudous… beaucoup trop de doudous! Haha! Mais ça, c’est un problème psychologique que j’ai. J’ai une dépendance aux doudous.
  • Des couches grandeur nouveau-né + stade 1 (on ne sait pas quelle grandeur votre bébé portera).
  • Lingette pour les fesses ou débarbouillettes pour les changements de couche.
  • Spray honest pour les fesses de bébé. Bio et à base d’aloès. J’aime mieux ça pour des fesses de nouveau-né. En vente chez Walmart, Amazon, Babies R Us et dans quelques pharmacies.
  • Chapeau pour garder sa chaleur corporelle (encore une fois, j’ai opté pour du bambou).
  • Suces bien désinfectées si vous souhaitez tenter de lui donner la suce.
  • Des petites mitaines pour que bébé ne se grafigne pas.
  • Des bouteilles stérilisées et du lait pour celles qui ne veulent pas allaiter.
  • Pour ma part, j’ai acheté une dormeuse en bambou dans une boutique aux États-Unis. Je pouvais aussi acheter la robe avec le tissu identique pour Anna. Je mets donc la dormeuse dans la valise de bébé et la robe s’en va dans la valise d’Anna pour chez Mamie. Ça fait des mois qu’elle attend avec impatience de pouvoir la porter. Et le deal, c’était : seulement quand ta sœur arrive… vous serez habillées pareil! (Ça donne aussi un sentiment de fierté à la grande sœur).

J’ai fait un sondage concernant le Snuggle me et je dirais que le 3/4 des mamans m’ont précisé ne pas en avoir eu besoin à l’hôpital… surtout qu’il prend beaucoup de place.

Il est important d’avoir votre siège d’auto prêt et bien installé dans l’auto. À noter que les sièges d’auto ont une date d’expiration. Si vous en achetez un de seconde main, regardez la date sous le siège.

Les infirmières de la maternité vérifieront aussi que votre siège est conforme avant de vous laisser partir. Ce serait plat de réaliser que votre siège n’est pas conforme et que qu’elles ne vous laissent pas partir!

Et surtout, profitez bien de ces premiers moments avec bébé! 🙂

 

Et le prix citron pour l’année 1979 revient à: MOI!

Oui, oui, moi! Je ne me plains pas... en fait, je ne me plains jamai

Oui, oui, moi! Je ne me plains pas… en fait, je ne me plains jamais. Je fonce et je regarde en avant. Je passe par-dessus tous les obstacles sans rien dire, en allant chercher un peu de positif dans tout ce qui m’arrive. Je suis comme une belle voiture qui semble tellement bien aller, mais en dedans, tout s’arrête un morceau à la fois.

Je ne me plains pas. J’ai trois beaux enfants, une carrière que j’adore, une maison où je me sens tellement bien, des amis précieux et une famille en or. Bon, je me suis séparée deux fois des papas de mes enfants et j’habite seule. Mais je suis bien, je suis en paix avec cette vie et zen avec moi-même.

La seule chose qui ne fonctionne pas bien, c’est mon intérieur. Il a commencé à me lâcher quand j’avais quinze ans. Depuis ce temps, un mauvais karma s’acharne sur moi sans pitié.

J’ai commencé mon adolescence en ayant des migraines qui ont empiré d’année en année, au point de faire un petit AVC il y a deux ans. Maintenant, j’ai un traitement efficace et mes migraines ont réduit en fréquence et en intensité. Je peux enfin être fonctionnelle.

J’ai aussi eu un gros problème d’endométriose pour lequel je me suis fait opérer quatre fois. Chaque fois, un congé de six semaines s’imposait. J’ai aussi attrapé le H1N1 et je me suis encore absentée deux semaines de mon travail. J’ai eu un début de cancer du col de l’utérus. La gynéco a brûlé les cellules atteintes, mais elles sont revenues deux ans plus tard.

Entre-temps, je suis tombée enceinte par miracle, car avec l’endométriose que j’avais, c’était quasi impossible. Durant cette troisième grossesse, j’ai été alitée et à partir de la vingtième semaine, je dormais deux nuits par semaine à l’hôpital pour faire stopper mes contractions.

Après la naissance de mon dernier, la gynéco m’a opérée à nouveau, car les cellules cancéreuses étaient de retour et j’avais beaucoup trop d’endométriose. Bye bye l’utérus et un ovaire. Un autre coup dur à accepter! À Noël dernier, je ne me sentais pas bien. J’avais mal au ventre assez intensément. Va à l’hôpital pour finalement être sur la table d’opération trois heures plus tard. J’avais une appendicite. Alors, go pour une sixième opération dans le ventre. Imaginez les cicatrices que j’ai!

Après trois jours à l’hôpital, je sors et je retourne à la maison pour commencer à ne pas me sentir bien une journée seulement après mon arrivée. J’avais tellement mal au ventre que je perdais connaissance. On retourne à l’hôpital… Non, mais, ils ont peut-être oublié quelque chose en dedans de moi? Ben non… J’ai attrapé le C. difficile pendant mon opération. Donc, en isolement pour une semaine sans pouvoir voir mes enfants.

Dernièrement, j’ai commencé un nouveau médicament en essai clinique pour les migraines. Il m’a coupé l’appétit, fait perdre mes cheveux et j’ai encore fait un séjour à l’hôpital. J’ai fait une colite probablement due à ce nouveau médicament.

Là, c’est terminé ce mauvais karma. Je vous le dis, une nouvelle vie s’offre à moi. Je n’ai pas le choix d’être positive pour continuer à aimer la vie et pour transmettre cette valeur à mes enfants.

À toutes les personnes, qui comme moi, souffrent sans arrêt, je vous le dis, regardez en avant, foncez, souriez, entourez-vous de gens positifs, appréciez chaque petit moment de la vie, faites des projets, prenez soin de vous et de vos proches, dites non quand ça ne vous tente pas, faites-vous plaisir et apprenez à vivre à fond.

« Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était, aie confiance en ce qui sera. » Bouddha

 

Karine Filiatrault

Ma grossesse : tomber enceinte sous stérilet

Après avoir encaissé le choc de la grossesse, on s’est dit que p

Après avoir encaissé le choc de la grossesse, on s’est dit que peu importe ce qui arriverait, un bébé, ce n’est jamais négatif… au contraire! C’est certain que ça allait CLAIREMENT prendre une meilleure routine et qu’on allait devoir aller chercher un peu d’aide, mais l’important, c’était qu’un petit être avait décidé de se loger en moi et nous avait choisis comme parents. 🙂

Par contre, ce que je ne savais pas, c’est qu’une grossesse avec un stérilet… c’est tout sauf plaisant. Oubliez la grossesse sans tracas!

Première étape, appeler son médecin afin de faire faire des prises de sang. Pourquoi? Pour s’assurer que le taux HCG (l’hormone de grossesse) augmente normalement.
Habituellement, le taux HCG doit doubler aux deux jours. Dans le cas d’une grossesse non évolutive ou d’un début de fausse couche, le taux ne double pas ou stagne.
Dans mon cas, on voulait aussi s’assurer que le taux doublait bien puisque le port du stérilet fait souvent en sorte que les femmes font des grossesses ectopiques (en dehors de l’utérus). Dans ce cas, encore une fois, le taux HCG ne double pas normalement.
Tout ça pour dire qu’au bout de deux semaines de stress à faire des prises de sang, j’ai enfin pu être soulagée lorsque ma doc m’a appelée pour me dire que tout semblait bien normal et que ma grossesse évoluait bien.

J’étais à sept semaines, et je savais très bien que rien n’était joué avant le fameux douze semaines. Par contre, J’ÉTAIS ENCEINTE! Un bébé miracle… un bébé stérilet!
Je me souviens m’être dit qu’Étienne devait carrément aller se faire vasectomiser après l’accouchement, parce que j’étais beaucoup trop fertile! Hayden étant un bébé pilule, Anna un bébé qui est arrivé le premier mois d’essai et bébé n3 avec un stérilet, c’était hors de question d’avoir une famille de dix, haha!

Alors que je commençais à prendre conscience de tout ce qui se passait, j’ai réalisé que ma grippe ne passait pas, j’avais des douleurs au ventre et ma fièvre continuait… Après discussion avec mon médecin, je me suis dirigée à l’hôpital puisque mes symptômes faisaient partie de ceux d’une grossesse ectopique. En arrivant devant l’infirmière et en lui expliquant que j’étais enceinte sous stérilet NOVA T, et en lui racontant mes symptômes… j’ai vu dans ses yeux une petite lueur de tristesse. En sortant du bureau, elle m’a dit : « Bonne chance… ».

Psychologiquement, je ne savais pas trop quoi penser.

J’ai une façon bizarre d’agir quand j’ai peur d’avoir mal… je préfère voir le négatif! De cette façon, je ne peux pas être triste ou déçue. Sauf que dans ce cas‑ci, c’était probablement la pire chose à faire. Je me souviens m’être assise dans la salle d’attente, avec deux amis qui étaient venus me tenir compagnie, et m’être dit « Bon et bien, je ne suis pas enceinte finalement! Je vais attendre que la fausse couche arrive. »

Le médecin m’a appelée dans la salle et m’a expliqué qu’il y avait peu de chances que la grossesse soit viable à cause du stérilet, que peu de grossesses l’étaient.
En fait, le stérilet peut parfois laisser passer des spermatozoïdes qui sont redirigés vers le mauvais endroit, soit les trompes de Fallope. C’est lorsque le spermatozoïde s’implante à cet endroit que survient une grossesse extra-utérine.

Là, entendons‑nous, je ne suis pas médecin, alors je manque peut-être un peu d’infos sur le sujet, mais je tente tant bien que mal d’expliquer le mieux possible ce qu’on m’a dit et ce que j’ai vécu. 🙂 Au pire, pour toutes autres questions, il y a GOOGLE haha!

Donc, après ma conversation avec la doc, elle m’a envoyée passer une échographie pour voir si ma grossesse était assez avancée pour la voir en écho et surtout pour voir si l’embryon s’était implanté à la bonne place. Étienne étant à la maison avec les enfants, c’est ma meilleure amie qui était avec moi dans la salle d’échographie.

Heureusement qu’elle était là, parce que je tentais tant bien que mal de garder mon calme, mais tout ce que j’avais en tête c’était « OK, je me suis fait un scénario, peu de femmes tombent enceintes avec un stérilet et il y a encore moins de grossesses viables, fais‑toi à l’idée ».

Je me souviens avoir entendu le docteur parler comme si tout était beau et ma meilleure amie lui demander si c’était le cœur qu’on voyait. Dans ma tête, je leur en voulais de parler de mon bébé comme ça, comme si tout était beau. Parce qu’en fait, même si la grossesse est extra-utérine, le bébé est en vie. Certains vont me dire que ce n’est pas un bébé, mais bien un embryon… Mais pour moi, c’était un bébé, MON bébé! Tout ce que je me disais, c’est que mon bébé était là, que son petit cœur battait normalement, mais que j’allais devoir me faire avorter puisque la vie avait fait en sorte qu’il ne s’était pas niché à la bonne place.

Et c’est là que j’ai entendu un « Madame, votre grossesse est totalement normale. L’embryon s’est implanté dans votre utérus, vous pouvez voir ici………… » et j’ai cessé d’écouter parce que les larmes coulaient sur mes joues.

C’est le cœur léger que je me suis redirigée vers la salle d’attente puisque je devais revoir la gynécologue avant de quitter. Vous imaginez mon état d’esprit? C’était totalement irréaliste, mais les mots du radiologue raisonnaient dans ma tête « Vous êtes bel et bien enceinte » et c’est tout ce que ça me prenait pour enfin flotter!

Une fois dans la salle avec la gynécologue, elle m’a reconfirmé ce qu’on m’avait déjà dit, mais elle a ajouté que le port du stérilet mettait ma grossesse à risque. Que j’allais devoir être suivie de près si je décidais de garder mon bébé et que les fausses couches étaient nombreuses pour celles qui avaient un stérilet.

Elle m’a donc conseillé d’enlever le stérilet puisque ma grossesse était jeune. C’est donc ce qu’elle a fait… en me spécifiant que les prochains jours, même la prochaine semaine, seraient déterminants à savoir si je perdrais le bébé ou pas. Vous avez bien lu… en quelques heures, j’étais enceinte, enceinte sûrement, enceinte d’une grossesse extra-utérine non viable, oh et de nouveau enceinte pour terminer ma journée avec le retrait de mon stérilet et le stress d’une fausse couche.

C’est là que mon cerveau a décidé de fermer boutique concernant la grossesse. J’ai arrêté d’y penser et d’espérer.

Heureusement pour nous, bébé d’amour est encore là et comme ses frères et sa sœur, c’est une vraie battante!
Je suis heureuse, vraiment!
Sauf qu’on dirait que mon corps et ma tête sont en mode protection. Qu’est‑ce qu’on peut encore m’annoncer qui pourrait me stresser hein?

Bref je me souhaite une belle fin de grossesse et surtout, que mon cœur et ma tête se réconcilient haha! Et à vous toutes qui tomberez enceintes avec un stérilet, gardez toujours espoir, parce que je suis la preuve que nos bébés sont bien plus forts qu’on le croit. 🙂

L’Action de grâce

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Nous sommes le jour de l’Action de grâce, c’est surtout journée fériée au travail pour la majorité des gens au Québec. À la maison, c’est une journée d’automne de repos… Le temps est maussade, les couleurs sont bien présentes, mais je sens qu’on commence à ressentir le manque de soleil et son énergie. Nous sommes en mode cocooning. Un peu de ménage, un peu de cuisine et beaucoup de relaxation seront les projets de la journée. Il ne faut pas se sentir coupable, beaucoup de boulot sur la liste des « Faut qu’on » a été accompli par ma blonde au cours de la fin de semaine.

Je dis « par ma blonde » parce que c’est pas mal sa réalité depuis le début septembre : elle fait toutes les tâches seule. Pas parce que j’ai décidé de faire la grève des tâches de la maison, mais parce que je suis en convalescence à cause d’un virus qui s’est attaqué à mon foie. Une bête malchance dont on ne connaît pas la cause, que les conséquences.

Je me suis retrouvé hospitalisé pendant treize jours suite à des maux de ventre très intenses qui ont débuté pendant nos seules vacances de couple de l’été, au début du mois de septembre. Des douleurs si fortes que mon corps ne faisait que se défendre, gérer la douleur et me forçait à dormir. Quatre jours dans un chalet qui auguraient mal pour nos petites vacances dans la région de Québec. Pendant ce court séjour, j’ai consulté deux fois à la clinique et à l’urgence de la région pour tenter d’apaiser mes douleurs. Rien à faire…

De retour chez moi, je me suis rendu à l’urgence de mon hôpital (où je suis suivi régulièrement et où j’ai subi ma greffe rénale en 2014) et j’ai été pris en charge très rapidement. Après des prises de sang, tests, examens, c’est là que tout a déboulé. Je devais être là pour une nuit ou deux, j’en ai passé douze.

J’étais suivi par différents types de médecins spécialistes et ils m’ont diagnostiqué une hépatite de type CMV au foie. Puisque je suis un adulte immunosupprimé (pour réduire les risques reliés à un rejet du greffon rénal), ce virus s’est attaqué de façon virulente à mon système.

Par contre, vous devez savoir qu’un adulte en bonne santé aurait combattu ça assez aisément avec un peu de fièvre en quelques jours. Pour moi, ce fut un long séjour à l’hôpital, une grande perte d’énergie et de poids, un traitement antiviral quotidien à prendre pour trois mois et qui coûte une fortune, mais surtout la chance de réaliser à quel point je suis un privilégié malgré cette malchance.

Et je désire profiter de cette journée pour rendre grâce à la vie. Je suis un enfant de l’Église catholique, mais jamais cette journée n’a servi chez nous à souligner son sens réel. Autant enfant à la maison avec mes parents que maintenant comme adulte avec ma propre famille.

Aujourd’hui, lors de ma petite marche quotidienne pour retrouver la forme, j’ai réalisé à quel point je suis chanceux. Et je pense qu’il est essentiel dans la vie de prendre le recul nécessaire pour le réaliser, l’apprécier et le reconnaître. À vrai dire, je suis un privilégié!

C’est sûr que passer treize jours à l’hôpital, ce n’est pas agréable, c’est long, c’est inconfortable, c’est inquiétant, c’est déstabilisant, on se sent vulnérable, mais c’est quand même une immense chance d’être pris en charge et soigné par les meilleurs médecins spécialistes du Québec. Pour moi et ma santé, ils se sont questionnés, ils ont analysé mon cas dans tous ses plus fins détails, ils m’ont se sont occupés de moi et ils ont trouvé des solutions pour que je retrouve la santé. Si vous vous arrêtez à ça, c’est merveilleux, et avouez que c’est une grande chance!

Ensuite, vingt‑quatre heures par jour, le personnel infirmier veillait sur moi pour s’assurer que j’aillais bien. Tous ces êtres humains, il ne faut jamais l’oublier, font de leur mieux dans un environnement pas toujours évident. J’en suis aussi très reconnaissant. Est-ce que je crie haut et fort que notre système de santé est parfait? Non, mais par contre, je vous assure qu’une fois pris en charge, ce sont des gens exceptionnels et dévoués qui le composent. Merci!

Et je vous ai dit que ma blonde en avait pris beaucoup sur ses épaules depuis cet épisode… eh bien, sachez que je suis tellement chanceux! Jamais elle ne m’a démontré qu’elle trouvait ça difficile et lourd de me voir comme ça dans un lit d’hôpital. Avec sa fougue habituelle, sa force et sa bonne humeur, elle était là, fidèle au poste pour sa visite quasi quotidienne, en plus de veiller sur les enfants et toutes les autres responsabilités familiales. C’est sûr qu’elle a trouvé ça dur, mais elle s’est dressée tel un mur devant le virus et a tout fait pour me procurer un climat et un environnement propice au repos et à la guérison. Merci!

Un autre constat malheureux, c’est qu’en fréquentant les hôpitaux, on réalise à quel point il y a des gens qui souffrent. Bien sûr, je pourrais m’arrêter seulement à ce que j’ai vécu, mes propres maux, ma propre souffrance et mon petit malheur. Mais à mon avis, il faut s’ouvrir aux autres et comprendre la souffrance qu’ils vivent. Chaque situation est unique, chaque maladie est différente, mais j’ai malgré tout, passé toute la durée de mon séjour à reconnaître que j’étais chanceux.

« Quand on se compare, on se console », disait le dicton. Je suis encore jeune, j’ai de bonnes habitudes de vie, j’ai la chance d’être actif, j’ai de bonnes ressources, et ce, à tous les niveaux et je savais que d’ici peu, cette histoire serait derrière moi. Pourquoi je le savais? Parce que j’ai le moral et l’attitude et ça, je le dois à mes parents, à ma famille qui est composée d’êtres humains exceptionnels et forts. Chez nous, nous sommes condamnés à être positifs, nous ne sommes pas capables de faire autrement. Merci!

Que dire de mes parents? Eux, ils ont compris le dicton « Parents pour la vie ». Ma mère dit qu’elle irait à la guerre pour moi. Eh bien, encore une fois, elle me l’a démontré. Elle est arrivée à mes côtés très rapidement, elle a fait plusieurs allers-retours pour être là, pour aider à la maison, pour permettre à ma blonde d’être près de moi. Tout ça sans jamais vraiment penser à elle. J’avais besoin, elle était là! Merci!

Donc, faites en sorte que cette journée fériée devienne une des plus importantes du calendrier. Non pas parce que ça fait du bien d’avoir un lundi de congé en octobre, mais simplement pour faire l’effort de reconnaître ce qui est source de bonheur et de positif autour de vous. Une journée dans l’année pour rendre grâce!

 

Marc-Antoine Lavallée

 

 

Suivre son instinct de parent lorsque l’on croit que tout bascule

Cette histoire, je l’ai vécue. Je n’en garde, toutefois, aucun

Cette histoire, je l’ai vécue. Je n’en garde, toutefois, aucun souvenir. Aucun souvenir dans ma tête. Seule une cicatrice fait foi de son passage sur mon corps.

J’ai reçu le sacrement des malades. Celui que l’on donne lorsque l’on ignore si la personne devant nous va parvenir à passer au travers d’une grave situation. J’ai reçu ce sacrement, celui qui donne la force et le courage de supporter l’épreuve. Celui qui m’a soutenue pour poursuivre ma vie et guider les chirurgiens qui ignoraient ce qui se tramait sous leurs doigts, dans mon tout petit corps de nourrisson.

Cinq semaines auparavant, je suis née, un matin de début de printemps. Quelques jours avant le long congé de Pâques. Un matin ensoleillé de l’an 1974. Deuxième dans le rang de la fratrie, j’étais attendue par mon papa, ma maman et mon grand frère. J’avais tardé à me pointer le bout du nez. Profitant du confort utérin que ma maman m’avait offert.

Les premiers jours, j’étais un bon bébé. Une bonne toute petite. Je suivais ma courbe de croissance à la lettre. Puis… la dégringolade à la vitesse grand VV pour vomissements. V pour veiller un bébé et finir par le nourrir à la cuillère. Et finalement, V pour visites répétitives.

Mon mal s’était installé tout doucement. Petits rejets de lait. Toujours affamée, mais de moins en moins capable de garder en moi ce que ma mère m’offrait pour me nourrir. Puis des vomissements en jets. Propulsés sans aucun effort de mon petit être qui désirait pourtant boire. Plus les jours avançaient, moins j’avais de force pour combattre ce qui m’empêchait de boire.

Malgré ces instances répétitives chez les médecins, ma mère retournait toujours bredouille à la maison, avec moi comme petit poupon sous le bras. Les intolérances et les erreurs métaboliques avaient été soulevées. Les vomissements auraient pu être d’origine infectieuse ou d’ordre neurologique… Rien de précis, rien de concluant. Les médecins ne trouvant rien retournaient ma mère en la sommant de me nourrir de façon plus régulière, de ne pas se plier à mes « caprices », de changer de sorte de lait… et cela a été de mal en pis. Plus je buvais, plus je vomissais. Plus je vomissais, plus je me déshydratais. Plus je m’enfonçais et plus ma mère était à bout de ressources, plus le sentiment d’abandon s’emparait de nous deux.

Retour à la case départ… Ma mère accompagnée de ma marraine m’a amenée à l’hôpital où j’avais vu le jour. Les médecins, pour calmer la peur de ma mère, lui ont proposé de me prendre en observation et de me refaire une alimentation. J’étais totalement déshydratée et ma mère épuisée. Il ne fallut que peu de temps aux médecins pour constater qu’il y avait quelque chose qui clochait. Ma mère avait eu raison de s’inquiéter et tellement bien fait de m’y amener. J’ai donc été transférée en urgence à l’Hôpital Ste-Justine. L’endroit même où j’ai reçu le sacrement des malades me donnant du coup les forces nécessaires pour passer devant ce qui arrivait.

Mais qu’est-ce qui arrivait? Tous l’ignoraient. On devait m’ouvrir pour voir le problème. Ne sachant ce qui les attendait, les médecins ont procédé à ma libération. Mon pylore* était fermé. Ne permettant pas aux aliments de passer. D’où les vomissements explosifs.

À cette époque, la fréquence de cette malformation chez les garçons, premiers de familles étaient, était mieux connue (trois à quatre fois plus chez les garçons que chez les filles). J’étais une fille, seconde de famille. Je déjouais en quelque sorte les diagnostics de l’époque.

Le lendemain de l’intervention, ma mère a retrouvé un bébé bien joufflu. Cachant du coup les inquiétudes, l’amaigrissement, la malformation. Je suis revenue à la maison et la vie a repris son cours normal. J’ai eu une chance incroyable. Le temps qui avait passé entre les débuts des symptômes et le moment de l’intervention me laissait le moins de chances possible. J’étais à moins de vingt-quatre heures de trépasser. Trop déshydratée.

Maintenant, je mords dans la vie. J’ai toujours mené une vie normale. La seule trace, je la vois sur mon ventre, près de celle qui signifie que j’ai donné la vie par césarienne. Deux petites cicatrices qui symbolisent que la vie se côtoie sur mon bedon.

Votre nouveau-né de quelques petites semaines vous manifeste des inquiétudes de l’ordre de vomissements qui surviennent après chaque repas avec un délai plus ou moins long? Ils sont faits facilement, brusquement, en jets? Ils sont abondants, parfois plus importants que la quantité d’aliments ingérés? S’ensuivent une déshydratation et une constipation synonymes de la sous-alimentation? Malgré la perte de poids et les vomissements, le nourrisson reste affamé et vorace? Il importe de consulter. Nous ne sommes plus en 1974; les ressources sont devenues innombrables en matière de santé. L’intervention est somme toute facile et la récupération totale.

Mille mercis à toi, maman, d’avoir écouté ton instinct et d’avoir poursuivi ta quête pour me garder. Je sais que ces moments ont dû être fort inquiétants. Merci pour tout.

Mylène Groleau

*Le pylore fait partie du système digestif. Ce muscle a pour fonction de faire passer les aliments digérés par l’estomac vers le duodénum. Dans le cas présent, il y avait rétrécissement du sphincter empêchant les aliments de passer.

Quelle intuition féminine?

Un jeudi soir, vers 23 h 10. Je passe la vadrouille…

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Un jeudi soir, vers 23 h 10. Je passe la vadrouille…

Je me sens jugée. Je vous entends : « Une autre qui veut jouer à la supermaman, qui veut que tout soit parfait. Elle fait chier! » Je penserais sans doute la même chose. C’est si facile, de juger les autres. Si rapidement. Entre nous, les filles, nous nous donnons rarement le bénéfice du doute.

Petite fille, ma mère m’a parlé de l’intuition féminine. C’était comme un cadeau que les femmes se transmettaient entre elles. Un autre de nos superpouvoirs.

C’est de la foutaise, je n’ai rien vu venir.

Ce jeudi soir comme bien d’autres. Je dois encore tout faire. Épuisée par le manque de sommeil. L’arrivée de l’école, le repas. Vite, filer à l’aréna, pour une (autre) pratique de hockey de fiston. À perdre mon temps dans les estrades, forcée de socialiser. Garder mon masque du « tout va bien ». Tout le temps.

– Roxanne, nous quittons, nous reviendrons vers 21 h 15!

– OK! (lancé du fond de sa caverne, qu’elle ne partage qu’avec sa tablette).

Le retour. L’habituel « … Dépêche-toi de prendre ta douche, il y a de l’école demain! » Je dois encore me battre avec son équipement. Tout préparer pour sa prochaine activité. Je viens de déposer lourdement la poche dans l’entrée…

– Maman, Roxanne est tombée!

Mon cœur de mère s’arrête. Il s’arrêtera plusieurs fois, cette nuit-là. Je grimpe les escaliers. Je la trouve, comme il l’a trouvée. Un petit paquet tremblotant. Il y a du sang partout. Elle me demande d’appeler l’ambulance.

La femme parfaite, la supermaman, elle perd la carte. Je vois sa tablette, à ses pieds. Je la prends, de rage, je la fracasse dans un coin de la salle de bain. La céramique, ça ne pardonne pas. C’est trop fort, mon cerveau a fait un lien entre la tablette et son état. Comme un mécanisme de protection maternelle. Je reviens vite à moi, ça presse.

C’est dans ces moments qu’on voit toute l’efficacité de notre système de santé. Aucune attente à l’urgence. Elle sera hospitalisée dans la section psychiatrique. L’infirmière m’annonce qu’elle a des marques sur toutes ses jambes, des orteils jusqu’aux parties. Partout sur les bras, des mains jusqu’aux épaules. Des centaines de marques, à la lame d’X-Acto. Elle a écrit sa détresse, à fleur de peau. Un message qui restera.

Ma fille commence son long voyage vers le rétablissement. J’ai confiance en elle.

C’est aussi le début d’autres voyages. Le mien. Le combat contre ma perception d’avoir été une mauvaise mère. Ce soir-là. La veille, le mois dernier. Des centaines de fois. Celui de son frère, qui a des photos, imprégnées dans sa tête. Il est si sensible. Il nous faudra de l’aide extérieure, c’est évident.

Je m’attends à recevoir plein de conseils. Voulus ou non. Des sous-entendus, que je suis responsable. Je les juge à mon tour. Elles sont incapables de me comprendre. Elles sont si parfaites, elles ne peuvent croire que ça pourrait tout aussi bien leur arriver.

L’adolescence, c’est souvent un passage douloureux. Nos enfants décident parfois d’emprunter des chemins qui nous sont inconnus. Elle sait que je l’aime. Je vais continuer de le lui dire. Faire de mon mieux pour lui démontrer. Parfaitement imparfaite.

Je sanglote, aucune mère ne devrait avoir à nettoyer le sang de son enfant…

 

Eva Staire