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Maman – Texte : Jessica Archambault

Maman. Un mot qui dit tout. Le plus beau, le plus complet et le plu

Maman.
Un mot qui dit tout. Le plus beau, le plus complet et le plus envahissant des rôles (parce qu’on ne peut jamais le mettre sur pause — surtout en confinement). En devenant maman, j’ai ajouté de l’amour et des rires à notre vie. Mille questions en pourquoi par jour, des rugissements de dinosaures, des sauts sur notre divan-beurk, des courses, des batailles, des chatouilles, des surprises, des becs par centaines, des « je t’aime » qui nous chavirent chaque fois, des histoires inventées, des rêves sans queue ni tête racontés avec passion (qu’on doit écouter attentivement), des folies, des câlins, des danses endiablées sur la table de la cuisine, des clins d’œil, des pets sur la bedaine, des monstres merveilleux, des concours de rapidité, des balades en plein air, des forêts enchantées, des genoux boueux, des cheveux emmêlés, des sourires éclatants. Et de l’amour et des fous rires, encore plus.

En devenant maman, je me suis aussi inquiétée, questionnée, remise en question. J’ai perdu patience, j’ai parfois crié. Je suis en perpétuelle quête de l’équilibre, de cohérence, de fermeté (douce), de rigueur (bienveillante), de respect des limites de chacun en répondant au besoin de tous. Je vis la charge mentale. Je l’échappe. Je cherche des solutions. Toujours. Comment faire mieux, comment rester dans la douceur. J’accompagne dans la gestion des émotions, dans les nombreux tests de nos limites, dans l’affirmation de soi qui frôle très (trop) souvent l’arrogance, dans l’apprentissage du respect de tous, de la persévérance, dans les nombreux questionnements sur la vie (la mort, le ciel, la famille, l’amour, « comment on fait les bébés ? »). Je continue d’apprendre et d’apprivoiser le lâcher-prise, de choisir mes combats (pour vrai. Ceux qui valent la peine, qu’on choisit par conviction. Pas juste l’expression pour camoufler la paresse).

Un de mes garçons a ma sensibilité et mon intensité émotive. Mon autre fils a mon caractère têtu, qui veut faire à sa façon, souvent borné. C’est tellement challengeant de les accompagner parce que ces sphères de ma personnalité sont les plus confrontantes même pour moi, les aspects sur lesquels j’ai travaillé le plus (et ce n’est pas fini). Ils me ressemblent aussi sur un paquet de points plus légers et positifs. Mais je trouve ça important de les outiller pour adoucir ce qui vient avec ces traits de personnalité en particulier.

Mais tout ça, tous ces défis, ça vaut tellement la peine. Ça me fait grandir, évoluer, être une meilleure maman et une meilleure personne par le fait même. Et surtout, ça vaut la peine parce qu’en devenant maman, j’ai ajouté de l’amour et des rires à notre vie. Et c’est ça le plus important.

Bien que j’écrive au « je » parce que cette fête, dans notre maison, est la mienne et que je le prends sans gêne ni culpabilité, j’ai le meilleur des partenaires pour vivre tout ça, pour m’épauler et faire équipe.

Et de plus en plus, je me surprends à trouver que je ressemble énormément à ma mère, dans mes réactions, mes intonations, mes expressions, mes niaiseries avec les petits, pis j’haïs pas ça. Ma mère, celle sans qui nous ne serions rien. Celle qui nous a tout donné. Celle qui nous garde soudés. Celle qui peut encore nous ramener sur la terre ferme quand c’est nécessaire. Celle qui nous apaise en nous serrant dans ses bras. Celle que j’appelle quand j’ai le cœur gros d’avoir perdu patience ou d’avoir les limites non respectées usées. Celle qui m’accueille toujours sans jugement. Celle qui pourrait être intimidante tellement elle incarne le mot « maman », mais qui au lieu de ça, ouvre les bras, écoute, sait toujours quand il est temps de me conseiller parce que je suis finalement descendue de mes émotions et réceptive. Celle qui ne me juge jamais, même quand elle ferait différemment, parce qu’elle sait à quel point tous nos choix viennent du cœur et des tripes quand on est maman. Celle qui est la maman de cœur de beaucoup de mes amis. Celle qui est une mamie extraordinaire. Celle pour qui les yeux de mes enfants s’illuminent à tout coup. Celle qu’ils réclament quand ils nous trouvent injustes. La première qu’ils nomment quand on parle des gens qu’ils aiment et qui les aiment. Celle qui cherche toujours de nouvelles façons d’alimenter leur imaginaire. Celle qui les écoute, les fait rire, les stimule et les accueille toujours les bras ouverts et sans jugement.

Merci maman. Je savais déjà à quel point tu es une maman précieuse, mais toutes les douceurs et les défis de ma vie de mère me confirment ta grandeur. Je t’aime.

Jessica Archambault

Je me suis perdue

Je me suis perdue, et j’en ai conscience. Chaque jour, je retrouve devant

Je me suis perdue, et j’en ai conscience. Chaque jour, je retrouve devant le miroir une personne que je ne reconnais pas. Chaque jour, je retrouve ce que j’ai toujours jugé.

Je l’admets, je t’ai jugée, toi qui as passé la trentaine à ne pas prendre soin de ton apparence et de ton âme. Je t’ai jugée avec tes joggings sales, ton chignon défait, ta trâlée d’enfants habillés de vêtements dépareillés. Je t’ai jugée avec tes cernes, ton mascara inexistant et ton peu d’estime de toi. Faut se l’avouer, tu étais à la fois tout ce que je voulais et tout ce qui me rebutait. Tu étais une mère à la tête de ta famille, tu étais importante, mais tu n’étais plus que l’ombre de toi‑même.

En fait, c’est ce que je me disais. Je m’expliquais mal tout ça. 

Parce que hey… MOI, j’avais deux enfants, un chum incroyable, un travail, un poids idéal et pas encore l’ombre d’une ride. J’avais 27 ans et j’étais fière de moi… mais je t’ai secrètement jugée. Je l’avoue. L’espace d’un instant, je t’ai regardée et je me suis dit… jamais je ne serai comme toi. Puis, j’ai continué mon chemin, avec mes enfants, mon mascara, ma toque juste assez défaite pour qu’elle soit belle et avec mes rondeurs inexistantes. 

Toute ma vie, j’ai su que le karma existait. En fait, pour moi il est toujours là. Tout près. 

En fait, je ne sais pas si je peux appeler ça le karma, ou tout simplement la vie. 

Depuis toujours, la vie se charge de me faire vivre les situations que j’ai jugées, pour que je puisse apprendre et comprendre.

Aujourd’hui, j’ai trois enfants. Je les aime. Mais je suis parfois/souvent épuisée.

Aujourd’hui, j’ai un travail que j’adore, mais j’ai pris la décision de ne plus vouloir atteindre les étoiles pour réussir. Je suis bonne dans mon travail, je pense même être excellente. Par contre, je prends ce qui passe. Je me dis qu’un jour, mes enfants seront grands et je travaillerai des 60 heures par semaine pour atteindre mes buts. J’ai choisi de les faire passer avant moi et avant mes rêves.

Aujourd’hui, j’ai 40 livres de plus qu’il y a deux ans. Je porte les mêmes leggings depuis neuf mois. J’ai quatre chandails qui me font dans ma garde-robe beaucoup trop pleine de vêtements qui représentent qui j’étais avant. J’aime bien en rire. Ça rend le tout si normal… Rendre les choses normales, les banaliser… ça aide à ne pas faire face à la réalité, non ?

Aujourd’hui, j’ai réalisé que je n’ai pas fait mes sourcils depuis… beaucoup trop longtemps. Ç’a l’air de rien, mais avant… ça ne serait pas arrivé.

J’ai aussi réalisé que je ne mets plus de mascara ni de cache‑cerne. Que mes cheveux sont remontés négligemment en toque parce que je n’ai pas le temps de les placer.

Aujourd’hui, j’ai reçu des vêtements que j’ai achetés en ligne. Je m’imaginais déjà dedans. J’avais hâte. Je les ai enfilés avec empressement et je n’ai pas reconnu la personne devant le miroir. 

Je me suis perdue…

Je n’ai jamais osé parler aussi ouvertement parce que j’avais peur du jugement. 

Je sais très bien que parmi vous, plusieurs se diront que je chiale pour rien. Certaines d’entre vous ont un poids plus élevé que le mien, d’autres rêvent d’engraisser. 

J’entends déjà les soupirs et les pleurs de celles qui ne peuvent avoir d’enfants et qui donneraient tout pour ne pas avoir les sourcils faits et pour tenir un petit être dans leurs bras. 

Secrètement, je vous entends… et je sais que vous avez toutes, à votre façon, raison.

Je sais aussi que des femmes comme moi, il y en a beaucoup. Et j’avais envie de leur dire qu’elles ne sont pas seules. 

J’ai envie de dire qu’il est temps que nous reprenions le contrôle de notre vie et de notre corps. 

Je ne veux pas être celle que je deviens, et je ne veux surtout pas dire à mes filles que c’est correct de s’oublier.

J’étais et je suis encore une femme de carrière. Une femme fière. Je serai toujours celle que je veux être. Je dois seulement apprendre à m’aimer assez fort pour me respecter. 

Ça ne veut pas dire de mettre mes enfants de côté… JAMAIS !!! Je serai toujours un pilier pour eux. Mais je veux devenir un pilier pour moi‑même d’abord et avant tout. Je veux être forte pour moi, et pour eux.

Je pense qu’aujourd’hui… il est temps que je me retrouve.

Pour toi ma belle amie

Il y a quelques semaines, tu me faisais une annonce importante. Un g

Il y a quelques semaines, tu me faisais une annonce importante. Un grand changement s’opérait dans ta vie et ce changement, je savais depuis notre première rencontre qu’il était pour arriver un jour. Lors d’un brunch, tu m’as annoncé que tu partais outre-mer avec ton mari et ta fille, car ton mari avait enfin obtenu un poste à l’international.

J’écris ce texte alors que tu vis tes dernières heures ici au Québec, mais lorsqu’il sera publié, tu seras en Allemagne en train d’entamer ton nouveau chapitre de vie. Te dire que tu ne me manqueras pas serait faux, mais j’ai simplement compris que notre relation sera différente. Notre amitié a commencé il y a quatre ans lorsqu’une super directrice générale a eu le réflexe de m’engager. Nous avons commencé à travailler en équipe et tu as fait la découverte d’un gros morceau de ma vie, ma fille.

À ce moment dans ta vie, tu disais que tu ne voulais pas d’enfant et que c’était assumé. Cependant, tu n’étais pas complètement insensible à la maternité que je vivais. Je sentais que toi qui avais le même âge que moi, tu voyais qu’il se passait quelque chose d’important lorsque notre enfant vieillissait ; on devenait partenaires de vie dans une relation mère-fille.

Les choses ont évolué et les montagnes russes dans notre relation sont apparues, mais notre lien s’est toujours maintenu. J’en suis plus que reconnaissante, surtout aujourd’hui. J’ai ensuite fait un move plus qu’important il y a un peu plus de deux ans : j’ai quitté le travail où nous nous étions connues pour de nouveaux défis. Quelques semaines plus tard, tu me faisais l’une des plus belles annonces lors d’un lunch, sans verre de Kim : tu attendais un bébé. Je me souviens, j’étais sans mots et surtout plus qu’émerveillée par ce nouveau projet. Nous avons ensuite entamé un nouveau chapitre de notre amitié en développant notre lien d’amitié sous le signe de la maternité. J’ai été là pour t’écouter et te dire que oui, c’est correct de ne pas toujours trouver ça si épanouissant que ça être maman, car au fond, être maman, c’est confrontant.

Ta fille, tout comme la mienne, des traits distincts des autres enfants, mais aussi très similaires pour mademoiselle O et mademoiselle E. Elles sont vives d’esprit, agiles et très éveillées. Les derniers mois furent intenses pour moi et pendant ce temps, cette opportunité de séjour à l’étranger est arrivée dans ta vie.

Quelques heures après notre brunch avec la fameuse annonce, nous nous sommes texté et tu m’as offert d’aller luncher une dernière fois ensemble avant ton départ. J’ai encore les larmes aux yeux de ce temps de qualité que nous avons pris ensemble en plein jeudi midi enneigé. Nous avons eu une conversation puissante et surtout tellement inspirante.

Avant le départ, tu m’as dit une phrase marquante pour moi : je suis inspirante alors que toi, tu m’inspirais tellement depuis longtemps. Tu m’as confirmé que malgré le tourbillon dans lequel ma vie est présentement, je suis sur un bon chemin et que j’ai développé cette capacité d’inspirer.

Nous allons continuer notre relation grâce à la panoplie d’outils technologiques à notre disposition et nous revoir lors de tes vacances au pays. Ceci sans compter la nouvelle possibilité d’aller faire un tour dans ton nouveau coin de pays.

Vivre et entretenir notre amitié à distance en 2020 : voilà notre nouveau défi que j’ai envie de vivre et je t’enverrai des photos de mes verres de Kim que je prendrai à ta santé.

Evelyne Blanchette

La première fois que je t’ai abandonnée

Je t’amène aujourd’hui à reculons à la première journée où

Je t’amène aujourd’hui à reculons à la première journée où je t’abandonne. Ta première journée à la garderie. J’entends déjà mes amies-mamans et vous, lecteurs, soupirer, en pensant que j’exagère. Mais c’est comme ça que je me sens ce matin. Comme si je faisais quelque chose de mal.

Je roule avec la maudite neige qui finit plus de tomber en me disant que je devrais plutôt retourner chez moi. Je m’invente des excuses et des raisons de « température pas belle » pour rebrousser chemin. Je m’écoute penser et on dirait mon père… toujours prêt à nous garder avec lui quand on vient faire un petit tour chez lui. « Prends pas le volant, reste à la maison, c’est plus prudent », dit-il après un demi-centimètre de neige. C’est sa façon de nous dire qu’il nous aime. Sa façon de nous avoir près de lui.

Retournons à ma tempête.

Ma fille, Tu auras un an cet été, donc tu n’as pas encore d’âge officiel. T’es mon bébé de 8 mois. Des fois 7 et demi, des fois 7 et 20 jours (dans ma tête), bref, disons 8 ! C’est presque le même temps pendant lequel je t’ai portée dans mon ventre.

Tu ne marches pas, tu commences à ramper, tu jases de plus en plus. Tu es à l’apogée de pas mal tous tes premiers moments et moi, je m’en vais confier tout ça à quelqu’un que je connais à peine.

Bien sûr, je t’ai préparée, je t’ai expliqué avec des mots que tu ne comprends pas encore. On a joué avec ta routine et nous avons chamboulé tes horaires. Voilà pourquoi je rushais donc à te faire faire ta sieste à 9 h pile. Pour te préparer…
J’aimerais que tout cela soit différent. Que l’on n’ait pas à se détacher. Du moins pas tout de suite.

J’aimerais qu’on puisse jongler avec nos journées à notre rythme, au tien… mais maman doit travailler. Et toi, il paraît que tu dois apprendre à vivre sans moi, à faire confiance aux autres, à rencontrer de nouveaux amis qui, évidemment, te refileront la gastro-grippe-toux-nez-pipi-caca.

Je t’aime. Je n’ai rien d’autre à dire et il n’y a rien que je puisse faire. On ne passera pas notre vie entière ensemble 24 heures sur 24. C’est le maudit côté poche quand tu décides de mettre une poulette au monde. Nous ne pouvons pas couver éternellement.

Nous voilà devant la garderie, il neige un peu moins… mais j’ai des flocons dans les yeux. Je te regarde dans le rétroviseur, tu souris. « Ça va aller, maman. »

 

Je te sens encore bouger

Je te sens encore bouger.

Ça f

Je te sens encore bouger.

Ça fait longtemps que tu n’es plus dans mon ventre, que tu respires l’air frais et que tu trottines partout dans la maison. Pourtant souvent, je te sens encore bouger.

Ça grouille dans mon bedon et la nuit, je rêve que tu es encore là. Je te sens encore bouger! Cette sensation universelle et inexplicable : quand un être vit en toi!

C’est le plus beau sentiment du monde. Je ne trouve pas les mots pour vous dire la magie qui opère quand ton bébé bouge à l’intérieur de toi. J’ai eu l’immense privilège de porter trois enfants et chaque fois, ce fut un émerveillement.

C’est incroyable à quel point mon corps se souvient. À quel point mon cerveau est capable de revivre ça alors que mon utérus ne porte plus la vie.

Je te sens encore bouger, parfois…

Te sentir bouger… Je sais bien qu’il n’y a rien de plus naturel. Et pourtant, c’est l’expérience la plus intense qu’il me soit arrivée dans la vie.

Tu étais en moi. Tu étais un peu moi.

Il suffit d’un petit gaz qui se promène dans mon bedon… et la magie opère… je te sens à nouveau bouger…

Est-ce que vous arrive à vous aussi, mamans, de sentir vos petits tout en dedans?

Gwendoline Duchaine 

Ma tête, mon chaos

J’ai appris récemment que le cerveau des mamans rétrécit pendan

J’ai appris récemment que le cerveau des mamans rétrécit pendant la grossesse. En effet, il y a une perte naturelle et physiologique de matière grise, un mécanisme qui permettrait surtout d’aiguiser l’instinct maternel !

Mon cerveau rétrécit pendant la grossesse ? Ça explique tout ! Les pertes de mémoire, les difficultés de concentration, les oublis et l’épuisement intellectuel constant !

D’après les études, cette matière grise se remet en place lorsque la grossesse est terminée… J’ai l’impression que dans mon cas, ce n’est jamais revenu !

Avoir des enfants, c’est être sollicité sans arrêt de tous les côtés. Ça fait dix-sept ans que j’ai mis au monde mon premier bébé, et ça fait dix-sept ans que dans ma tête, ça part dans tous les sens ! C’est le chaos !

Je ne sais jamais quel jour on est, j’oublie les réunions et les rendez-vous, je passe tout droit quand il faut aller chercher les enfants (« Hey mam! Tu m’as ENCORE oublié »), je mélange les noms de leurs profs, j’oublie de brancher la mijoteuse le matin, mon café coule souvent sur le comptoir car il n’y a pas de tasse, je me trompe d’activité ou de terrain de soccer, je vais quatre fois acheter du lait pis je ramène TOUT sauf du lait !… La liste de mon déficit d’attention est longue, au plus grand désespoir de mes enfants !

Mon cerveau est en constante ébullition. Ma tête, mon chaos…

Ma progéniture n’a donc pas le choix de se prendre en charge et de s’organiser. Ils me rappellent perpétuellement les horaires et les changements… Ils sont ma matière grise perdue !

Et vous ? Est-ce le chaos dans votre tête ? Quels sont vos gaffes et vos trucs pour y remédier ?

Gwendoline Duchaine

 

Le Slam de la mère à la dérive

Une mère, remplie de larmes salées, d’un sentiment amer D’avoir échoué Échouée sur l

Une mère,
remplie de larmes salées,
d’un sentiment amer
D’avoir échoué
Échouée sur l’île de la maternité
Sans outils, sans amis
Où est le guide d’utilisation
Pour faire fonctionner son rejeton

Elle dérive, à la barre de son navire
Elle doit mener sa petite famille
Elle porte en son sein le bonheur des siens
Présidente, directrice générale de l’organisation familiale,
Médecin, infirmière, psychologue, femme de ménage, repasseuse, chauffeuse, cuisinière,
Toujours en overtime, elle n’a pas d’horaire,
Sous payée, exploitée

Des matins, elle voudrait partir, courir, s’enfuir
Ne jamais revenir,
être libre
Mais impossible,
elle a signé à perpétuité,
Emprisonnée dans sa belle maison dorée
Elle les lave, les blanchit, les nourrit
Elle se sent envahie, ensevelie
Sous une montagne de couches, de morve et de bouillie.
Jogging, cheveux sales, cernes qui touchent à terre
Son monde vire à l’envers
Fatiguée, épuisée
Lancez-lui donc une bouée
Elle se noie, elle se noie
Dans le noir qu’elle broie,
Elle est juste submergée par la marée
Qui passe et qui part,
Par les vagues du désespoir.

Elle a le cœur sur la main,
Mais sa main voudrait parfois atterrir sur leurs fesses
Elle le regrette
Et s’enferme dans les toilettes
Pour déverser des torrents de larmes
Sur sa culpabilité, la tristesse dans l’âme

À l’accouchement on l’a déchirée à l’intérieur,
On recoud, et on l’opère,
On la marque au fer

Mais qu’est-ce ça veut dire?
Que son cœur va grandir…
Que sa vie va basculer
Bienvenue au monde,
Au monde de la maternité!

Elle est là en attendant une récompense
Juste un peu de reconnaissance
Au lieu de quoi, un hurlement, une longue plainte,
Un beuglement,
Un « mamannnnnnnnnnnnnn » qui résonne
Dans l’écho de la nuit, du jour
À l’infini
Un « maman » qui a bouffé son prénom
Que ses enfants ont appris par cœur, comme le refrain d’une chanson,
d’un poème
Un refrain pour lui dire qu’ils l’aiment.

Gabie Demers

Toi, ce héros qui donne la vie

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Tu approches à mon chevet, le regard encore un peu endormi. Les marques de ton oreiller sur ta joue trahissent ton réveil hâtif. Pourtant, tu es souriant et alerte.
Tu poses ta main sur mon épaule :
– Alors… c’est pour ce soir?
Il est 2 heures du matin. Les contractions se sont rapprochées, puis tout ce liquide est sorti de moi et la douleur a envahi mon corps tout entier.
– Je crois que oui…
– On va regarder tout ça. Respirez bien. Je vais vous examiner et décider de la suite des choses. Ne vous en faites pas. Tout ira bien.

Toi, ton travail, c’est de mettre des bébés au monde. Chaque jour. Avec ton grand sourire réconfortant. Tu arrives avec ton savoir et ta magie, puis tu donnes la vie.
Comme ça.

Quand la situation se complique, tu agis rapidement malgré le fait que tu sors à peine de ton petit lit en salle de garde. Combien de bébés sont nés depuis que tu travailles aujourd’hui? Combien de fois as-tu été réveillé? Combien de mains as-tu posées sur combien d’épaules? As-tu des enfants toi aussi? Que fais-tu ici en ce soir de congé férié, loin des tiens? Où trouves-tu la force de penser, de décider, de déléguer, d’agir?

Je veux te demander tout cela, mais les mots se cognent dans ma tête. Toi, tu as déjà ta main en moi. Tu fais ta job. Tu donnes la vie.

Soudainement, tout s’embrouille, j’entends mon chum qui crie, je distingue des silhouettes fourmiller autour de moi, les bruits des alarmes résonnent trop fort… Je m’accroche à ta voix si paisible et directive. Tu es comme le chef d’orchestre d’une symphonie bien rodée. Les événements s’enchainent si vite… Toi, ce héros qui fait naître des enfants, tu restes calme.

Comment fais-tu? N’as-tu pas peur? Je suis si terrorisée. J’ai si mal. Vais-je mourir? Sauve mon bébé, je t’en supplie!

Enfin, j’entends ce pleur, ce premier bruit que fait un nouvel être… et je vois ton immense sourire. Tu es fier. Le temps s’arrête… Tu viens de donner la vie et de sauver la mienne… Tu es un héros qu’on réveille en pleine nuit et qui fait des miracles! Tu as la job la plus impressionnante du monde!

Je te regarde quitter la pièce avec gratitude. Que vas-tu faire maintenant? Manger? Dormir? Blaguer avec tes collègues? Boire un bon café? Te recoucher? Courir dans une autre salle et donner la vie à nouveau? Annoncer une mauvaise nouvelle? Finir tes notes? Appeler ta famille?

Chaque jour, chaque heure, tu es un héros qui fait naître des enfants…

Gwnedoline Duchaine

Parfois maman est fatiguée

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M’étant sauvée de la folie urbaine le temps d’une courte journée, accompagnée de mes trois enfants, je suis appuyée contre la rampe du balcon, le regard vers les montagnes. C’est magnifique. Les larmes me montent aux yeux. Je suis exténuée, vidée, j’ai la simple envie de m’écrouler par terre.

Je regarde cette vue incroyable et j’ai peine à croire que je peux me sentir ainsi. J’ai envie d’éclater en sanglots afin de laisser ce trop-plein de stress, de responsabilités et de fatigue sortir de mon corps. J’ai envie de me recroqueviller en position fœtale l’espace d’un moment et d’être complètement vulnérable. Lamentable. Faible.

Parce que le temps semble s’être arrêté pendant cinq minuscules minutes, je prends conscience de tout ce poids que j’ai sur les épaules. Je suis sur le point de craquer. J’ai la folle envie de délaisser ce fardeau, que nous, adultes, traînons de nos épaules malmenées. Les factures, l’hypothèque, l’école, les rendez-vous, les responsabilités vis-à-vis nos enfants, l’éducation, le travail et j’en passe. Vous savez, ce putain de fardeau qui vient avec le fait d’être un adulte responsable.

Les larmes se mettent à couler silencieusement le long de mes joues. Je n’ai aucune raison valable de pleurer. Mes enfants sont en santé, j’ai un conjoint merveilleux et un toit pour ma famille, mais pourtant, j’ai une boule d’épuisement qui brûle en moi. Je me sens me consumer à petit feu.

Le regard vers le vide, j’essaie de me rappeler ce sentiment de légèreté. Je vois mon fils passer et j’envie tout à coup cette belle naïveté des enfants. Cette ignorance de bonheur. Je voudrais être dans ces petits souliers salis de boue, à chasser les monstres imaginaires. Tout comme ma fille, je voudrais faire virevolter ma jupe dans tous les sens simplement parce que je la trouve jolie. Au diable les fesses à l’air!

Mais je dois donner l’exemple. Même fatiguée, il faut continuer d’avancer.

Mon aîné vient me voir et me dit : « Tu pleures, maman? » Et je lui réponds tendrement : « Non mon chéri, maman est simplement fatiguée. » Et c’est vrai, je suis juste fatiguée, si fatiguée…

Ai-je le droit de dire que je suis fatiguée d’être fatiguée? Je voudrais avoir toute l’énergie du monde pour faire tout ce que je veux faire. Je voudrais avoir toute l’énergie du monde pour suivre mes enfants dans chaque activité qu’ils désirent faire. Je voudrais avoir toute l’énergie du monde pour prendre soin de chéri. Pour prendre soin de moi.

Voilà que ma plus jeune crie : « Maman! » Alors j’essuie mes larmes et je cours la retrouver. « Attrape-moi, maman! » Me voilà repartie. Malgré la fatigue, je cours après ma puce. Elle me fait rire, elle est magnifique. Mes garçons se mêlent au jeu. Un mélange de rires, de cris, de chatouilles, de pur bonheur me fait complètement oublier ce moment d’épuisement.

Mes enfants sont heureux, en santé et c’est tout ce qui compte réellement au fond.

 

Geneviève Dutrisac

Ton p’tit gras de bedaine

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Il est là et ne part pas. Ton p’tit gras de bedaine… Tu as pourtant essayé fort : le sport, l’alimentation, les massages, l’arrêt des boissons alcoolisées… Rien n’y fait… Il est tenace, accroché, pendouillant… Il t’énerve et te pourrit la vie. Ta petite brioche, souvenir de tes grossesses…

Quand tu regardes ces mamans, belles et fines, qui exhibent leur corps de rêve sur les réseaux sociaux, tu te sens molle et flasque. Pourquoi n’ont-elles pas ces marques que tu portes? Tu as beau te trouver des excuses (trois césariennes en moins de quatre ans, ta bedaine ne peut pas être comme avant!), tu te sens poche. Parce que tu n’as pas ce joli ventre plat. Tu te caches sous des vêtements un peu plus amples et tu détestes les bikinis…

Comme tu n’as pas réussi à t’en débarrasser, tu essaies de l’accepter, ton petit bedon. La plupart du temps, il ne t’embête pas vraiment, sauf quand tu essaies des vêtements, sauf quand tu vois ton reflet dans un miroir, sauf quand tu te mets en maillot, sauf quand tu es dans ta semaine, sauf quand… C’est comme une ombre dans ta vie, un nuage dans ton ciel bleu. Tu n’as pas le choix de faire avec.

Tu l’entretiens à petits coups de houblon et de morceaux de chocolat… Il devient une véritable attraction quand ton bambin s’amuse à taper dessus ou à le brasser comme du Jell-0.

Ton p’tit gras de bedaine, c’est la marque que t’ont laissée tes enfants. Si tu arrêtes un instant de te regarder le nombril (anyway, il a quasiment disparu!) et que tu admires ta progéniture, tu oublies ces tracas et tu portes fièrement ces vestiges du temps. Car tu es une maman. Et jamais plus ni ton corps ni ton cœur ne seront comme avant.

 

Gwendoline Duchaine

 

Trois accouchements, trois expériences

Premier accouchement : Wow ! Quelle expérience !</stro

Premier accouchement : Wow ! Quelle expérience !

Ce sont les premiers mots que j’ai dits suite à l’expulsion de mon aîné. Vingt-et-une heures de travail, deux heures et demie de poussée. Je vous le confirme, j’ai travaillé fort pour rencontrer mon petit homme ! Pour chaque contraction, je poussais comme si je voulais chier un ananas (ben ! Oui, je l’ai dit, c’est vulgaire, mais c’est ça !) pendant que mon conjoint discutait du Portugal, de voyages et de bonne bouffe avec le médecin. Je vous jure, s’ils avaient débouché une bouteille de vin pour continuer leur discussion, je n’aurais pas été étonnée !

Mais bref, j’étais alors âgée de vingt-deux ans. Toute pimpante, innocente et surtout fonceuse. J’ai vécu cet accouchement comme une expérience, tout simplement. Je n’avais aucune idée dans quoi je m’embarquais. Lorsqu’ils ont déposé le petit dans mes bras, le déclic n’a pas eu lieu. Je tenais un bébé dans mes bras pour la première fois, je ne savais pas trop quoi en faire, mais j’écoutais les directives. J’apprenais. En fait, j’apprenais à aimer ce petit être et jour après jour, mon amour grandissait.

Deuxième accouchement : Pu jamais !

Je ne ressentais aucune contraction. Rien. Niet. Nous sommes même arrêtés manger au restaurant en chemin vers l’hôpital (ben ! oui, j’avais faim et on ne contredit pas une femme enceinte !) À l’hôpital, on m’a expliqué qu’ils voyaient un cas comme le mien environ une fois par année. Le travail était bien là ; sur le moniteur, on pouvait très bien voir mes contractions, mais moi, j’étais dans un état de relaxation totale. Je ne voulais pas prendre la péridurale vu mon état, mais mon médecin me l’a fortement conseillée. C’est elle la pro, j’ai donc suivi ses conseils.

Cinq heures plus tard, lorsqu’ils m’ont annoncé que j’étais prête à pousser, je me suis fait rentrer dedans par un train ! Mon seuil de douleur est passé de zéro à dix, en cinq secondes. Sans les contractions pour me préparer, je n’étais vraiment pas prête mentalement. En seulement dix minutes, je tenais mon deuxième fils dans mes bras. J’ai alors regardé mon conjoint droit dans les yeux et je lui ai dit : PU JAMAIS !

Troisième accouchement : Ok, la troisième fois, c’est la bonne !

Je perds mes eaux et je dois m’occuper de mes deux cocos. Je me rends donc à l’école et à la garderie pour revenir à la maison, pour y attendre mon conjoint. J’ai inondé le banc du côté conducteur de liquide amniotique et j’avais les fesses toutes détrempées ! En route vers l’hôpital, nous sommes restés pris dans le trafic. Un travail « normal » : je sentais très bien mes contractions contrairement à mon deuxième accouchement. Je savais ce qui approchait et tout à coup, je ne voulais plus y aller ! Je voulais ravaler mon bébé ou bien rester enceinte à jamais. Tout sauf accoucher !

Six heures plus tard, je me suis mise à pousser. La tête est sortie, mais les épaules ne passaient pas. J’avais un bébé pris à mi-chemin de la sortie. J’étais en transe, telle la fille dans le film Exorcisme. Je me tordais de douleur quand tout à coup, j’ai entendu la voix de mon médecin me ramener à la réalité en me disant de pousser. Une fraction de seconde plus tard, je tenais ma petite dernière dans mes bras.

Pas besoin de dire quoi que ce soit à mon conjoint, il ne veut plus me voir souffrir ainsi et je ne veux plus non plus. La troisième fois était la bonne. Pour NOUS, c’est fini. Notre famille est belle et complète.

Chaque accouchement est différent et chaque accouchement est une expérience absolument spéciale. Nous vivons des sentiments incroyables qui restent à jamais dans nos mémoires. Le meilleur dans tout ça ? C’est que nous oublions vite ! Nous regardons nos chers enfants avec tant d’amour qu’on en oublie toute la douleur vécue… ou presque.

Je n’échangerais mes expériences vécues pour rien au monde. Et disons-le, entre mamans, c’est vraiment intéressant de se raconter nos histoires ! Elles sont si différentes et semblables à la fois.

Geneviève Dutrisac