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Moniteur de camp de jour… tout un job ! Texte : Annie Corriveau

La période estivale est une période de casse-tête pour tous les parents. Quoi faire avec nos enfa

La période estivale est une période de casse-tête pour tous les parents. Quoi faire avec nos enfants pour ne pas qu’ils passent leurs journées écrasés à regarder la télé ou à jouer à des jeux vidéo ?

 

Étant solo, j’ai vécu ce casse-tête pendant plusieurs années. Ma porte de sortie, le camp de jour de notre ville. Mes enfants y ont passé leurs étés, ont vécu des moments inoubliables, tout ça grâce à des ados qui travaillent très fort pendant huit semaines à jouer les G.O. pour les jeunes de 5 à 12 ans.

 

Depuis l’été passé, ma grande n’est plus une jeune du camp de jour mais une monitrice. Elle a tellement aimé son expérience comme jeune qu’elle a décidé de consacrer son été à divertir elle aussi les jeunes. Un travail à temps plein qui est très exigeant, mais très valorisant pour elle. Elle passe énormément de temps à préparer des activités, des défis, des jeux pour divertir son groupe et s’assurer que tout le monde passe du bon temps. Lire ici que le temps qu’elle passe à tout préparer, elle n’est pas payée ! Même que des fois, elle débourse elle-même quelques dollars pour des activités ou des petits cadeaux pour son groupe.

 

Je ne vous le cacherai pas, j’ai beaucoup d’admiration pour le travail qu’elle accomplit. D’autant plus que dans notre magnifique ville, nous n’avons pas de piscine municipale. Ici, que quelques parcs avec des jeux d’eau. Mais tout le site ne peut y aller en même temps… À ne pas oublier non plus, nous sommes en temps de pandémie ! Avec une année scolaire hors du commun qui a laissé tout le monde épuisé, ces jeunes doivent planifier leurs activités et tenir compte des mesures sanitaires. Ils travaillent avec des masques, ne peuvent mélanger les groupes entre eux. Doivent respecter la distanciation.

 

Maintenant, j’en appelle au gros bon sens des parents envers ces jeunes. Première question : feriez-vous ce travail, vous ? Deuxième question : est-ce que toutes les activités que vous demandez aux moniteurs de camps de jour de faire avec vos enfants, vous les faites, vous, à la maison ? Troisième question : est-ce que vous croyez toutes les histoires de vos enfants ? Est-ce que votre enfant a la vérité absolue sans vérification ?

 

Je m’explique… Depuis la semaine dernière, une maman se plaint que les enfants ne vont pas jouer assez avec l’eau. Est-ce que cette maman-là est certaine que son enfant aime vraiment jouer avec l’eau ? La maman se plaint, mais l’enfant ne veut pas car il n’aime pas ça être mouillé… Une maman se plaint que son enfant ne boit pas d’eau… Est-ce que cette maman envoie une gourde à son enfant ? Ben non ! Une maman se plaint que les enfants passent trop de temps au soleil. Est-ce que vous croyez que les moniteurs eux-mêmes resteraient des heures au soleil ? Ils mettent tout en œuvre pour protéger les jeunes de leur groupe, car ils passent tellement de temps ensemble, aussi bien que ça en soit du bon. Une maman se plaint que son enfant a un coup de soleil… L’enfant n’a pas de crème solaire dans son sac. Ce ne sont que quelques exemples d’histoires dont ma fille et ses amis discutent ensemble.

 

Ces moniteurs sont responsables oui, mais encore faut-il que le parent fasse aussi sa part de travail de parent. On ne peut pas demander l’impossible à quelqu’un si on ne peut le réaliser soi-même. Toutes ces histoires m’ont empêchée de dormir une nuit complète. J’ai écrit ce texte pendant une course de 5 km tellement ça m’occupait l’esprit.

 

Pourquoi ? Parce que ces jeunes s’investissent corps et âmes pour divertir des enfants de parents qui ne font que critiquer, que se plaindre. Les moniteurs font leur possible. Ils essaient de faire passer un été inoubliable à ces jeunes. Pourquoi ne pas les remercier à la place ? Pourquoi ne pas leur dire MERCI ? Alors je le fais ici et si vous connaissez un ado qui consacre son été à s’occuper des plus jeunes, faites comme moi et dites-lui MERCI ! Identifiez-le ou identifiez-la ici pour qu’on puisse nous aussi lui dire MERCI !

 

Annie Corriveau

 

Merci, nos Canadiens ! Texte : Marilou Savard

Malgré les larmes aux yeux et le motton dans la gorge, j’aimerais finir cette saison de hockey su

Malgré les larmes aux yeux et le motton dans la gorge, j’aimerais finir cette saison de hockey sur une belle note :

Je me souviens du but en désavantage numérique du numéro 41.
Je me souviens du but du numéro 15 à 15 minutes 15 secondes.
Je me souviens du genou à terre du numéro 73.
Je me souviens du saut dans les airs du numéro 62.
Je me souviens du retour et de la glissade du numéro 17.
Je me souviens du numéro 22 avec autant de talent à compter qu’à sourire.
Sans oublier ses passes avec son super binôme numéro 14.
Je me souviens de la confiance, de l’assurance et de l’excellence du numéro 31.
Et je me souviens de Marc Bergevin avec ses éclats de joie et tout son amour démontré pour ses boys.

Ah oui… je me souviens bien évidemment des pointes de pizza du numéro 24 après nos grosses win et des moments hilarants avec les anciens numéros 40 & 84.

Dieu sait que j’en oublie, tous ont été merveilleux tout comme mon préféré, numéro 26, Jeff Petry.

Vous avez gagné un trophée et c’est en finale que vous êtes allés.
Ce n’est pas rien.

Merci de nous avoir montré que croire en soi, en nous, fait toute la différence.
Merci de nous avoir donné de l’espoir.
Merci de nous avoir fait vivre des émotions incomparables.
Merci de nous avoir sauvés en temps de pandémie.

Une chose est certaine, ce n’est que le début. PROUD OF YOU!

Marilou Savard

Prof avec un grand P- Texte: Sophie Barnabé

On en a tous un qui nous a marqué. Qui a fait que le cours de notre vie a changé. Qui fait que nou

On en a tous un qui nous a marqué. Qui a fait que le cours de notre vie a changé. Qui fait que nous n’avons pas abandonné. Cette année, contre vents et marées, tu as réussi à planter quelques graines qui ont fait rêver tous ces jeunes qui avaient du mal à prendre racine parce que depuis un an, le sol sous leurs pieds était fait d’argile. Fragile.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a réorganisé la routine de Maëlle dans une vie chamboulée parce que ses parents travaillent dans le domaine de la santé. Ta vie aussi l’était, mais en classe, tu ne l’as jamais démontré.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a créé une bulle à petits bouts de nouveaux repères où l’anxiété était contrôlée, où leurs yeux et leurs oreilles pouvaient s’ouvrir et leur cerveau accueillir. Tu as su les envelopper dans un climat propice à l’apprentissage que peu d’entre nous pouvaient aussi bien reproduire à la maison.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a nourri les esprits dans une époque où les jeunes ont soif de vivre.  Tu leur as enseigné les maths et le français, mais aussi la résilience, l’adaptation, la bienveillance et la solidarité. La leçon s’est transmise jusqu’à la maison.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a perçu dans le regard de Lucas la panique qui s’emparait de lui à la question 2 du mini-test. Tu ne pouvais mettre ta main sur son épaule comme à l’habitude, mais derrière ta visière, ton sourire a su l’apaiser.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui, même à 2 mètres de distance, a su être assez proche pour tendre l’oreille et accueillir les confidences de Nathan quand il n’en pouvait plus de voir ses parents s’obstiner à force d’être toujours ensemble à télétravailler sur la table de la salle à manger. Il y a sûrement eu des moments où toi aussi, tu aurais voulu te confier, n’en pouvant plus de ne pas savoir sur quel pied danser.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a renforcé l’élan de fierté que, malgré le masque et les lunettes, tu as su déceler dans les yeux d’Océane. Ses réussites sont rares, mais tu n’en n’as pas manqué une parce que tu savais qu’elle avait besoin de reconnaissance plus que jamais.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a transformé l’arc-en-ciel aux couleurs du « ça va bien aller » auquel tes élèves croyaient de moins en moins, en rêves qui donnent du sens même au monde de licornes.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a provoqué des conversations en gang pour unir les solitudes. Tu as su à maintes reprises dédramatiser, embaumer la classe de coolitude, démarrer un fou rire dont ils vont se souvenir.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui leur a donné des outils pour avancer dans un monde où tout semble bien fragile. S’informer, faire preuve de jugement et de discernement, exprimer ses inquiétudes, l’importance du respect des consignes en société, apprécier sa liberté, respirer.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a semé ce petit je ne sais quoi pour en faire quelque chose qui deviendra grand. Ces 180 jours d’école fixés au calendrier où tu te présentais sans filet pour leur apprendre à vivre aujourd’hui, car demain n’est pas toujours acquis.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a atténué les inégalités entre Mohamed qui nage comme un poisson dans l’eau entre deux algorithmes et Vincent qui n’avait que le sport pour se valoriser. Tu en as fait des pieds et des mains pour ne pas qu’il soit découragé, pour qu’il vive de beaux moments malgré ses nombreuses difficultés.

 

Merci d’avoir été le Professeur qui a bien voulu faire équipe avec moi, d’avoir su quoi dire quand je n’avais plus de mots pour rassurer mon enfant. D’avoir pris du temps pour l’encourager quand mes batteries étaient à low. Même pour moi, tu as été un phare dans cette tempête. Quand je me sentais partir à la dérive, comme par magie, tu m’envoyais un petit message pour me dire que ce n’était pas grave si je n’avais pas réussi à faire faire tous les devoirs à Charlie. Le courriel entrait là, au bon moment, comme si on faisait de la télépathie. Comme si on était dans le même bateau.

 

Pris au centre de cette tempête d’incertitude omniprésente, d’anxiété virale et d’espoir fragile, la société t’a confié sa plus grande responsabilité et t’a crié silencieusement : « arrange-toi avec ça! ». Tu as porté ce fardeau sur tes épaules, les poings serrés et contrairement à la consigne, tu ne t’en es jamais lavé les mains.

 

Merci de leur avoir servi de modèle avec ta résilience, ta capacité d’adaptation, ton dévouement, ta foi et ton amour pour eux. Tu t’es levé tous les matins en te convainquant que ce serait une bonne journée, même si tu doutais de ce qui te pendait au bout du nez. Malgré toutes tes insécurités, tu ne les as jamais laissé tomber. C’est tellement précieux de savoir qu’on a quelqu’un sur qui compter.

 

Tu as caché tes inquiétudes derrière ton masque pour donner le meilleur de toi. Tu as regardé en avant avec ta visière, comme si elle te permettait de voir que le beau était devant nous. Même le poids de ton Purell en spray toujours à la main n’a pas réussi à te faire baisser les bras. Simplement parce qu’un prof, même quand c’est à boutte, c’est comme ça… un Prof… Cette profession qu’on devrait toujours écrire avec un grand P parce qu’une majuscule, ça dépasse les autres lettres. Parce qu’une majuscule, c’est grand. Parce qu’une majuscule, c’est noble.

 

À toi, cher Professeur qui a su faire avancer des dizaines de jeunes dans cette tempête, je dis un sincère merci. Simple, mais ô combien ressenti. Du fond du coeur. Merci.

 

Sophie Barnabé

Chère Odette

Chère Odette,

Je me permets de

Chère Odette,

Je me permets de t’appeler Odette puisque c’était comme ça que tu voulais te faire appeler : Odette, pas de madame. Je t’écris aujourd’hui pour te remercier. Je te l’ai déjà dit, en vrai, il y a de cela plusieurs années, mais je ne connaissais pas encore l’importance que tu aurais dans ma vie. Maintenant, je sais.

Toi, à qui on avait imposé un passage au primaire, tu as changé mon rapport avec l’école. Je dois t’avouer qu’au départ, j’étais déçue d’être dans ta classe. Comme toutes mes amies, je voulais être avec Marcel, LE prof de 6e. Puis, pendant que tu apprenais à enseigner à des enfants de 11 ans, j’apprenais à te connaître. Déjà, après quelques heures en ta compagnie, je comprenais que ce serait une année bien spéciale. Tu avais cette couleur, cette bonne humeur. Tu avais ce que les profs austères de mes années précédentes ne démontraient pas : la passion.

Avec ta bonne humeur contagieuse, tu m’as donné le goût d’aller à l’école pour apprendre et pas seulement pour voir mes amis. Tu nous proposais des projets, tu innovais, tu dansais dans la classe. Tu étais un oiseau rare pour la fin des années 80.

Une fois ma petite lumière allumée, tu m’as donné confiance en mes capacités et aidée à prendre ma place. J’avais enfin l’impression de comprendre quelque chose au français et en mathématiques. Pour une fois, mes dessins étaient utiles, pas juste une distraction. Tu me faisais illustrer des affiches qui décoraient les murs de la classe et des cartes de Noël. Je pouvais passer plusieurs heures à dessiner les pages de mes projets, j’étais motivée. Bref, cette année en ta compagnie fut bien spéciale.

Puis j’ai vieilli et tu es retournée à ton vrai travail : enseigner au secondaire. J’ai eu la chance d’être à nouveau dans ta classe. Tu avais un peu vieilli mais tu n’avais pas changé. Tu avais gardé cette belle folie, cette passion pour l’enseignement.

Les années ont passé et un jour, je t’ai rencontrée à nouveau. Tu étais amaigrie, tes beaux cheveux colorés étaient tombés. Ta voix rieuse était affaiblie, mais ton petit œil taquin était toujours là. Tu ne pouvais plus enseigner, la fatigue était trop grande. Cette journée‑là, j’ai eu la chance de te dire merci, de te dire que tu avais changé le parcours de ma vie scolaire. Tu n’y croyais pas. J’ai insisté, tu m’as serrée dans tes bras.

Tu t’es éteinte sans que j’aie le temps de te dire que maintenant j’enseigne, comme toi. Je suis tes traces. Chaque jour, je travaille à allumer une petite lumière dans les yeux de mes élèves, comme tu l’as fait avec moi et bien d’autres jeunes. Je me plais à penser que j’ai un peu de ta couleur, de ta passion.

Ma chère Odette, je te dis merci pour tout.

Ton élève, maintenant passionnée, comme toi,

Nancy Pedneault

Cher policier, chère policière

Parce que je sais qu’à ce moment‑là, tu gardais tes larmes, pe

Parce que je sais qu’à ce moment‑là, tu gardais tes larmes, pendant que tu devais faire face à cet événement terrifiant, qui se produisait devant tes yeux : la mort imminente d’un enfant.

Je ne sais pas comment tu fais pour garder ton sang‑froid. Je ne sais pas comment tu fais pour garder la tête haute car je sais que fort possiblement, tu es un père ou une mère. Et, que parfois dans l’impuissance, tu n’y peux rien et que ce petit bout de vie doit s’arrêter, car l’acharnement ne donne rien.

De voir devant toi des parents qui crient leur souffrance ou être tout simplement sans mots face à la perte de leur enfant.

D’être appelé en renfort car c’est une situation d’urgence et que le pire est à annoncer aux membres de la famille que cette personne si chère à leurs yeux ne reviendra plus.

De devoir dire aux parents que ton travail est terminé et que malheureusement, leur enfant n’a pas pu être sauvé, malgré les manœuvres et l’espoir de donner un souffle de vie à ce petit bout d’amour tant aimé.

Mais encore, d’entendre des coups de feu, d’entendre des personnes innocentes te crier qu’elles ont besoin de toi ; et pour eux, tu es leur seule chance de survie.

Que d’arriver tard le soir après une journée de travail et de te rendre à l’évidence que ton petit cœur a de la peine et qu’il restera gravé par ces événements qui deviendront cicatrices un de ces jours.

En te réveillant chaque matin en ne sachant pas ce qui t’attend. Est‑ce que ma vie sera mise en danger aujourd’hui ?

Vais-je devoir consoler des enfants qui se retrouveront sans parents à la suite d’un accident ou d’une tuerie ?

Vais-je aider un itinérant à retrouver son chemin ?

Moi je veux juste te dire MERCI. Merci pour ce que tu fais, toi, cher policier, chère policière.

MERCI de prêter ton cœur.

D’ouvrir tes bras.

De t’ouvrir à la diversité

De comprendre le mal-être d’une personne

D’encourager les gens à changer

De passer du temps à tenter de réanimer un enfant, sous les yeux gonflés de peine et d’espoir des parents, pour entendre un souffle de vie de leur enfant noyé.

Parce que je sais que ton petit cœur a de la peine et qu’il est cicatrisé d’événements difficiles.

Et que le soir, tout ce qui peut te faire du bien est de serrer ta femme, ton mari, tes enfants dans tes bras et de remercier le ciel d’être toujours en vie. C’est là qu’on apprécie davantage ce que la vie nous offre, n’est‑ce pas ?

Je me suis rendu compte que ton petit cœur souffrait. Parce que j’ai vu ton regard. J’ai entendu ton cri d’alarme intérieur et ta tête me dire : « Je suis désolé, je ne peux plus rien faire pour elle… mon travail à moi s’arrête ici… »

Je sais que tu aurais voulu que cela se passe autrement. Je sais que tu aurais voulu ne pas vivre ce moment‑là et ne pas devoir faire face à quelque chose qui ne devrait jamais arriver.

Mais je veux juste te dire merci.

Merci à nos policiers et policières.

Merci pour votre amour envers nous, les citoyens. Merci de prêter votre cœur chaque jour !

« Le 12 octobre 2019, notre fille est décédée des suites d’un accident de la route. Elle s’est éteinte dans nos bras…

Sous le regard des policiers et policières qui étaient là pour nous aider, ouvrir leur cœur, et apporter du velours malgré la très grande incompréhension qui nous habitait. L’injustice, la douleur, en fait, juste le mal de vivre.

Ils étaient là. Les tout premiers. »

< Merci à mon ami Yan. >

Jessyca Brindle

Et si vous disiez merci à votre corps ?

L’autre jour, en me regardant dans le miroir, j’ai eu de la peine. En v

L’autre jour, en me regardant dans le miroir, j’ai eu de la peine. En voyant que mon corps avait changé, n’était plus comme avant, j’ai eu mal, j’ai eu peur. Le soir même, j’ai vu une image passer sur Internet qui disait : « Et si tu disais merci à ton corps à la place ? »

Parfois, la vie nous envoie des signes et il faut savoir les accueillir. J’ai donc tenté l’expérience, en me regardant dans le même miroir, de m’efforcer cette fois de dire merci à mon corps. Je l’ai redécouvert cette soirée-là. Je travaille à reprogrammer la façon dont je me vois et ça fait extrêmement du bien. Notre corps, c’est la seule maison que nous allons avoir toute notre vie. Il naît avec nous et mourra avec nous. Les regards que les autres posent sur nous, sur notre physique, devraient nous passer 6 000 pieds par-dessus de la tête. Ce qui importe, c’est comment nous nous voyons. Car tout ce que notre corps a subi ou à quoi il ressemble est le résultat d’expériences qui ont fait de nous ce que nous sommes.

Voici ma lettre de remerciement à mon corps que j’ai faite cette soirée‑là.

Merci mon corps.

Merci à mes pieds avec de la corne aux talons. Vous m’avez porté à travers toutes mes aventures. Je vous ai salis, je vous ai foulés et pourtant, vous êtes toujours là pour me porter vers de nouvelles places, sur de nouveaux chemins. Vous m’avez permis de marcher pendant des heures et de faire du surplace tout aussi longtemps. Vous m’avez permis de danser, marcher et courir. Je vous aime.

Mes mollets que parfois je cogne, qui parfois piquent. Vous que j’ai tant coupés plus jeune, merci. Mes grosses cuisses qui m’ont toujours aidée à me relever lorsque je tombais. Qui frottent entre elles quand je marche et qui sont plus blanches que la neige, vous êtes solides. Je vous aime.

Mes fesses beaucoup plus molles qu’auparavant, mais qui sont toujours au rendez-vous pour me garder confortable lorsque je joue par terre avec des enfants, qui n’entrent plus dans mes sous-vêtements ou mes pantalons préférés, ce n’est pas grave. Ça n’en fait que plus à aimer. Mes fesses qui ont été là pour m’aider à rester assise pendant les heures de cours et pendant les longs trajets en auto. Merci, je vous aime.

Merci à mon ventre mou qui protège bien mes organes de tout danger et qui a su fabriquer ma petite humaine préférée. Mes seins qui n’ont jamais été à mon goût, mais que j’apprends à aimer depuis ma mi‑vingtaine. Les mêmes qui sont plus pendants qu’avant et qui ont essayé du mieux qu’ils pouvaient de nourrir ma fille, mais qui n’ont pas réussi, merci d’avoir essayé, je vous aime.

Mes bras mous qui m’ont valu tant de moqueries, je vous aime. Vous me permettez de pouvoir serrer tous ceux que j’aime et de ne pas les laisser tomber, jamais. Vous me permettez de lever, pousser, traîner. Vous me permettez tellement plus que je l’aurais cru. Mes super doigts croches qui me permettent de pratiquer une de mes plus grandes passions : l’écriture. Merci et je vous aime.

Mes cheveux qui tombent de plus en plus. Merci de m’avoir servi de bouclier tout au long de ma jeunesse. Merci de laisser place aux cheveux blancs qui arrivent tranquillement. Je les vois comme un signe de sagesse et je les attends.

Déconstruire son idéal et apprendre à s’aimer comme on est, c’est un long processus et ce n’est pas facile pour tout le monde. Cet exercice m’a fait un grand bien et je vous suggère à toutes et à tous d’en faire l’expérience. Vos corps sont beaux et ils racontent une histoire unique et si importante qui est la vôtre.

Et vous, à quelle partie de votre corps voudriez-vous dire merci ?

Anouk Carmel-Pelosse

Elle s’appelait Fanny

Elle s’appelait Fanny.

Elle s’appelait Fanny.

Elle avait trente ans.

Elle était éducatrice à l’école de mes enfants.

Et elle est morte.

Noyée.

Un bête accident, probablement.

Par un magnifique dimanche ensoleillé qui sentait la fin d’année scolaire, le déconfinement et les nouveaux projets.

Une rivière, un bateau, du plaisir.

Avec tout ça vient un certain risque. Le risque de l’eau qui avale. Et qui tue.

Aux nouvelles, une jeune femme portée disparue dans la région. Recherchée par les équipes de sauvetage pendant 24 heures. 48 heures. Puis retrouvée. Trop tard.

Son nom révélé quelques heures à peine après la dernière cloche de l’année scolaire.

Sa photo aux nouvelles. Son sourire qui nous a rassurés toute l’année, même quand mes enfants lui avaient fait la vie dure toute la semaine. Son regard joyeux et intelligent qui enveloppait les enfants autant que les parents. Sa jeunesse qui la rendait si dynamique, si passionnée, prête à tout pour aider ses poussinots à s’épanouir. Tout ça s’est éteint en une fraction de seconde. Tombé à l’eau. Touché coulé.

Il me restera d’elle sa volonté infinie de trouver des solutions pour aider mes cocos. Son désir immense de marcher en équipe avec les parents et l’équipe-école dans la même direction, pour le bien-être des enfants. Cette capacité de ne jamais nous faire sentir mal ou coupables quand nos enfants dérapaient, et de nous faire sentir hyper fiers dès qu’ils progressaient.

Il me restera d’elle, aussi, la conviction qu’il faut toujours dire merci. Pas juste parce que c’est poli. Mais surtout parce qu’un « merci » fait du bien à celui qui l’exprime et à celui qui le reçoit.

Quelques jours avant sa dernière promenade en bateau, j’ai écrit à Fanny pour la remercier d’avoir si bien accueilli mes enfants, de les avoir accompagnés depuis septembre. Je lui ai souhaité de vivre une belle transition vers les nouveaux horizons professionnels qui l’attendaient après l’été. Une nouvelle vie… Qui aurait pu deviner que la transition serait si abrupte…

Quelques jours avant sa dernière promenade en bateau, mes cocos lui ont donné des cartes et des dessins pour la remercier. Je revois encore ce dessin d’un grand bonhomme allumette qui tient un petit bonhomme allumette pour l’aider « à reprendre ses esprits », comme m’avait dit mon garçon. C’est ce qu’il a retenu de Madame Fanny.

Le choc est grand devant sa mort. La peine est grande pour nous, et je n’ose même pas imaginer celle de ses enfants, de sa famille, de ses amis, de ses collègues.

Mais au moins, nous n’avons pas le regret de ne pas avoir dit merci. Nous lui avons souvent exprimé notre gratitude et l’amour humain que nous avions pour elle. Ce sera maintenant un amour angélique et une reconnaissance éternelle.

Nathalie Courcy

Quand mon plancher brille…

Remettre les pieds dans sa classe et la retrouver si propre ! Avoir telle

Remettre les pieds dans sa classe et la retrouver si propre ! Avoir tellement peur de salir ce plancher tout frais ciré…

Vraiment, en ce matin particulier et riche en émotions, cette sensation de propreté était bienvenue ! Ce sentiment qu’une partie du boulot était déjà accomplie m’a donné la petite tape dans le dos qu’il me fallait pour démarrer.

Voir toutes ces chaussures d’enfants bien cordées dans les casiers, comprendre combien on a de la chance d’avoir un monsieur Benoît dans notre école. Un concierge dans une école primaire, c’est précieux. Je me souviens de monsieur Marcel, à l’école qui a bercé mon enfance. 

On a tous un monsieur Marcel, un monsieur Benoît… Celui qui fait un petit plus auprès des élèves et même, auprès des adultes, celui qui arrose les plantes de votre classe pendant le confinement. 😉

Ces gens qui travaillent dans l’ombre, particulièrement en cette période de pandémie, méritent qu’on prenne un moment pour souligner l’importance de leur travail. Évoluer dans un environnement propre et organisé influence notre humeur, notre journée. 

Quand mon plancher brille, mon cœur scintille. ⭐️ 

Merci monsieur Benoît !

Karine Lamarche

Parce qu’on ne vous le dit pas assez !

On est en plein cœur de la tempête. Les pires jours restent à ven

On est en plein cœur de la tempête. Les pires jours restent à venir et nous ne savons vraiment pas quand tout ça va se terminer. Plus les jours avancent et plus le nombre de cas grandit. Ça nous angoisse tous. Chaque jour, nous sommes tous rivés sur nos téléviseurs à 13 heures pour écouter notre premier ministre nous peindre le portrait des dernières 24 heures. M. Legault le dit régulièrement, mais aujourd’hui, c’est à notre tour de vous le dire.

MERCI, MERCI, MERCI ! Merci à tous ceux qui sont là pour veiller sur nous, pour nous protéger, pour nous nourrir et nous ravitailler, pour s’occuper des enfants de nos travailleurs des services essentiels. Merci à vous travailleurs de la santé qui risquez vos vies chaque jour pour vous occuper de nos malades. Vous qui voyez la bibitte nous attaquer de très près. Vous qui voyez l’ampleur de la situation. Sur les réseaux sociaux, je vois plein de statuts de médecins et d’infirmières à bout de souffle, qui donnent tous le meilleur d’eux-mêmes pour vaincre ce danger qui nous guette et qui se propage à une vitesse fulgurante.

Merci à vous qui travaillez dans les épiceries, pharmacies, SAQ, restos, stations-services et dépanneurs et qui devez composer avec le mauvais côté humain du « Ouin, mais moé, j’ai le dwa ! ». Se chicaner avec les gens pour qu’ils respectent la quantité limitée des denrées qu’ils veulent se procurer. Devoir expliquer aux gens que les paiements ne se font que par carte contact et non en comptant. Qui voient des gens se lécher les doigts pour sortir un billet de leur porte-monnaie et qui doivent encore et encore expliquer. J’ai même vu sur les réseaux sociaux un monsieur qui a craché sur ses billets avant de les donner à la caissière. Quand on vous dit dans les épiceries de ne pas trop manipuler les emballages, les fruits et légumes, ce n’est pas pour vous faire la leçon, mais pour vous PROTÉGER. Ce virus se transmet à une vitesse folle et survit pendant des heures et des jours sur les emballages et surfaces.

Et que dire de nos camionneurs ! Merci à nos camionneurs qui en voient eux aussi de toutes les couleurs. Saviez-vous qu’il y a des autopatrouilles à chaque sortie d’autoroute sur les grands axes en ce moment pour s’assurer qu’aucun de nos camions ne subit des attaques ? Ben oui, on en est rendus là ! C’est tellement rendu pathétique.

À vous, policiers, pompiers, ambulanciers, répartiteurs des services d’urgence. Vous qui intervenez en première ligne. Vous qui devez aller expliquer aux gens que les rassemblements sont interdits, qu’il faut se plier aux lois. Vous qui devez manipuler les gens atteints, les gens malades sans savoir quel mal les a atteints. Vous qui voyez le pire chez l’humain. MERCI, MERCI, MERCI.

À vous éducateurs, éducatrices qui prennent soin des petits loups qui ne comprennent pas que papa et maman doivent aller travailler, qu’ils reviennent épuisés, fatigués, irrités alors que la majeure partie de la population est confinée à la maison. Vous qui devez occuper ces petits loups qui vivent avec l’angoisse des parents de ramener cette bibitte à la maison. Qui voient maman ou papa pleurer tellement ils sont épuisés.

Alors à vous tous qui devez sortir tous les jours pour vous occuper du bien de notre société, à vous tous qui voyez et qui entendez ces gens se plaindre qu’ils doivent rester confinés dans la sécurité et le confort de leur foyer alors que vous-mêmes préféreriez probablement faire la même chose avec votre famille, nous vous disons tous un GROS MERCI !

Je ne sors pas beaucoup de chez moi, je vais faire les emplettes nécessaires pour ma famille, mais à chaque sortie, je n’oublie surtout pas de remercier chaque travailleur que je croise sur mon chemin et de lui offrir le plus beau des cadeaux, UN SOURIRE ! N’oubliez pas que s’il ne reste plus votre sorte de pain ou de lait à l’épicerie, ce n’est pas de la faute de la caissière. Si elle vous dit que c’est une caisse de bouteilles d’eau par personne, ce n’est pas de la faute de la caissière ; s’il ne reste plus votre sorte de vin favori à la SAQ, ce n’est pas la faute de la personne à la caisse. Au lieu de sortir votre mauvais caractère, sortez votre plus beau sourire et dites-leur MERCI, car eux aussi préféreraient sûrement rester en sécurité avec leur famille.

En travaillant en société, on va s’en sortir sans sortir… ÇA VA BIEN ALLER ! 🌈

Annie Corriveau

 

Ode à toi, mon facteur…

Tu en as bravé des tempêtes ! Les intempéries ne t’ont jamais

Tu en as bravé des tempêtes ! Les intempéries ne t’ont jamais fait peur. Cette fois, ton ennemi est microscopique.

Pourtant, depuis le début, tu n’as jamais cessé ton travail. Tu as poursuivi ta mission : faire le pont entre l’émetteur et le destinataire.

Sans te poser de questions. Sans protection.

Ton travail est essentiel ! Au cours des prochaines semaines, il deviendra vital. Tu seras notre unique lien avec le monde.

Tu permettras aux gens de demeurer à la maison, en sécurité.

Tu seras celui (ou celle) qui sera porteur de denrées, de chèques…

Grâce à toi, on pourra garder espoir.

Cher facteur, merci d’être là !

Karine Lamarche

 

10 février 2010

Vous est-il déjà arrivé que quelqu’un cogne à votre porte sans

Vous est-il déjà arrivé que quelqu’un cogne à votre porte sans être invité? Moi oui! Vous savez, le genre d’invité dont vous ne voulez pas, celui qui arrive lorsque vous êtes en pyjama, les cheveux couettés…

10 février 2010 : une date que je n’oublierai jamais, qui a changé ma vie. Ce jour où l’on a prononcé le mot « cancer » devant moi, pour moi. Ben oui, pas le rhume, le cancer. Comme un gros mot que l’on bannit de notre vocabulaire.

Loin de moi la nostalgie, la « victimite », aiguë. Je suis remplie de gratitude envers la vie. Merci d’avoir remis les choses en perspective, les yeux en face des trous comme on dit, on ne sait pas à quel point notre vie est un cadeau chaque jour. Et malheureusement, ou heureusement, il arrive ce genre d’invité casse-pied qui nous rappelle combien la vie est précieuse.

J’étais déjà le genre de personne à vivre sa journée comme s’il n’y avait pas de lendemain. L’effet a été multiplié par 1000! J’aime toutes les parties de ma vie, incluant celle-ci. Elle fait partie de mon parcours et c’est parfait ainsi. Elle m’a donné toute l’essence pour regarder droit devant et pour ne jamais m’arrêter. Me faire confiance, faire confiance en la vie et être certaine que la vie n’en a pas fini avec moi au moins pour cent ans.

Merci à ma famille, mes amis, ma psy d’avoir été là, si précieux pour moi. Ils n’ont pas été mis sur ma route par hasard! Merci à ce cancer d’avoir été la bougie d’allumage pour changer ce qui ne me convenait pas et d’avoir transformé tout ça en route qui me ressemblait, qui me projetait plus loin. Merci la vie pour ces personnes au travail qui ont été présentes à chaque moment. Merci la vie pour cet amoureux qui a su tenir ma main quand c’était important. Merci la vie pour ces deux enfants qui ont été ma motivation : vous êtes merveilleux tous les deux. Vous m’avez rendue meilleure.

Pourquoi moi? En fait, pourquoi pas moi? J’ai eu tout ce qu’il fallait en moi pour embarquer dans la vague. Ce n’était pas un combat : trop fatigant les combats. J’ai juste embarqué dans la vague. If you can’t fight them, join them, comme ils disent. Ne me parlez pas de courage, ce n’en est pas pour moi, c’est de la résilience dans toute sa splendeur.

Merci la vie pour ces dix ans remplis, d’aventures, d’amour, d’apprentissages. Protège ceux que j’aime, c’est tout ce qui compte pour moi. Résilience à tous ceux qui sont dedans présentement, vous êtes forts et je suis avec vous de tout cœur. Vous avez tout ce qu’il faut. À ceux qui accompagnent, ne jugez pas, ne présupposez pas des émotions vécues, soyez juste là, présents. En passant, mes pensées s’appliquent à toute personne qui vit un défi dans sa vie, pas juste le cancer. Je m’aime, je vous aime! Aimez ce qui vous entoure.

Marie-Josée Gauthier