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Chère Odette

Chère Odette,

Je me permets de

Chère Odette,

Je me permets de t’appeler Odette puisque c’était comme ça que tu voulais te faire appeler : Odette, pas de madame. Je t’écris aujourd’hui pour te remercier. Je te l’ai déjà dit, en vrai, il y a de cela plusieurs années, mais je ne connaissais pas encore l’importance que tu aurais dans ma vie. Maintenant, je sais.

Toi, à qui on avait imposé un passage au primaire, tu as changé mon rapport avec l’école. Je dois t’avouer qu’au départ, j’étais déçue d’être dans ta classe. Comme toutes mes amies, je voulais être avec Marcel, LE prof de 6e. Puis, pendant que tu apprenais à enseigner à des enfants de 11 ans, j’apprenais à te connaître. Déjà, après quelques heures en ta compagnie, je comprenais que ce serait une année bien spéciale. Tu avais cette couleur, cette bonne humeur. Tu avais ce que les profs austères de mes années précédentes ne démontraient pas : la passion.

Avec ta bonne humeur contagieuse, tu m’as donné le goût d’aller à l’école pour apprendre et pas seulement pour voir mes amis. Tu nous proposais des projets, tu innovais, tu dansais dans la classe. Tu étais un oiseau rare pour la fin des années 80.

Une fois ma petite lumière allumée, tu m’as donné confiance en mes capacités et aidée à prendre ma place. J’avais enfin l’impression de comprendre quelque chose au français et en mathématiques. Pour une fois, mes dessins étaient utiles, pas juste une distraction. Tu me faisais illustrer des affiches qui décoraient les murs de la classe et des cartes de Noël. Je pouvais passer plusieurs heures à dessiner les pages de mes projets, j’étais motivée. Bref, cette année en ta compagnie fut bien spéciale.

Puis j’ai vieilli et tu es retournée à ton vrai travail : enseigner au secondaire. J’ai eu la chance d’être à nouveau dans ta classe. Tu avais un peu vieilli mais tu n’avais pas changé. Tu avais gardé cette belle folie, cette passion pour l’enseignement.

Les années ont passé et un jour, je t’ai rencontrée à nouveau. Tu étais amaigrie, tes beaux cheveux colorés étaient tombés. Ta voix rieuse était affaiblie, mais ton petit œil taquin était toujours là. Tu ne pouvais plus enseigner, la fatigue était trop grande. Cette journée‑là, j’ai eu la chance de te dire merci, de te dire que tu avais changé le parcours de ma vie scolaire. Tu n’y croyais pas. J’ai insisté, tu m’as serrée dans tes bras.

Tu t’es éteinte sans que j’aie le temps de te dire que maintenant j’enseigne, comme toi. Je suis tes traces. Chaque jour, je travaille à allumer une petite lumière dans les yeux de mes élèves, comme tu l’as fait avec moi et bien d’autres jeunes. Je me plais à penser que j’ai un peu de ta couleur, de ta passion.

Ma chère Odette, je te dis merci pour tout.

Ton élève, maintenant passionnée, comme toi,

Nancy Pedneault

Cher policier, chère policière

Parce que je sais qu’à ce moment‑là, tu gardais tes larmes, pe

Parce que je sais qu’à ce moment‑là, tu gardais tes larmes, pendant que tu devais faire face à cet événement terrifiant, qui se produisait devant tes yeux : la mort imminente d’un enfant.

Je ne sais pas comment tu fais pour garder ton sang‑froid. Je ne sais pas comment tu fais pour garder la tête haute car je sais que fort possiblement, tu es un père ou une mère. Et, que parfois dans l’impuissance, tu n’y peux rien et que ce petit bout de vie doit s’arrêter, car l’acharnement ne donne rien.

De voir devant toi des parents qui crient leur souffrance ou être tout simplement sans mots face à la perte de leur enfant.

D’être appelé en renfort car c’est une situation d’urgence et que le pire est à annoncer aux membres de la famille que cette personne si chère à leurs yeux ne reviendra plus.

De devoir dire aux parents que ton travail est terminé et que malheureusement, leur enfant n’a pas pu être sauvé, malgré les manœuvres et l’espoir de donner un souffle de vie à ce petit bout d’amour tant aimé.

Mais encore, d’entendre des coups de feu, d’entendre des personnes innocentes te crier qu’elles ont besoin de toi ; et pour eux, tu es leur seule chance de survie.

Que d’arriver tard le soir après une journée de travail et de te rendre à l’évidence que ton petit cœur a de la peine et qu’il restera gravé par ces événements qui deviendront cicatrices un de ces jours.

En te réveillant chaque matin en ne sachant pas ce qui t’attend. Est‑ce que ma vie sera mise en danger aujourd’hui ?

Vais-je devoir consoler des enfants qui se retrouveront sans parents à la suite d’un accident ou d’une tuerie ?

Vais-je aider un itinérant à retrouver son chemin ?

Moi je veux juste te dire MERCI. Merci pour ce que tu fais, toi, cher policier, chère policière.

MERCI de prêter ton cœur.

D’ouvrir tes bras.

De t’ouvrir à la diversité

De comprendre le mal-être d’une personne

D’encourager les gens à changer

De passer du temps à tenter de réanimer un enfant, sous les yeux gonflés de peine et d’espoir des parents, pour entendre un souffle de vie de leur enfant noyé.

Parce que je sais que ton petit cœur a de la peine et qu’il est cicatrisé d’événements difficiles.

Et que le soir, tout ce qui peut te faire du bien est de serrer ta femme, ton mari, tes enfants dans tes bras et de remercier le ciel d’être toujours en vie. C’est là qu’on apprécie davantage ce que la vie nous offre, n’est‑ce pas ?

Je me suis rendu compte que ton petit cœur souffrait. Parce que j’ai vu ton regard. J’ai entendu ton cri d’alarme intérieur et ta tête me dire : « Je suis désolé, je ne peux plus rien faire pour elle… mon travail à moi s’arrête ici… »

Je sais que tu aurais voulu que cela se passe autrement. Je sais que tu aurais voulu ne pas vivre ce moment‑là et ne pas devoir faire face à quelque chose qui ne devrait jamais arriver.

Mais je veux juste te dire merci.

Merci à nos policiers et policières.

Merci pour votre amour envers nous, les citoyens. Merci de prêter votre cœur chaque jour !

« Le 12 octobre 2019, notre fille est décédée des suites d’un accident de la route. Elle s’est éteinte dans nos bras…

Sous le regard des policiers et policières qui étaient là pour nous aider, ouvrir leur cœur, et apporter du velours malgré la très grande incompréhension qui nous habitait. L’injustice, la douleur, en fait, juste le mal de vivre.

Ils étaient là. Les tout premiers. »

< Merci à mon ami Yan. >

Jessyca Brindle

Et si vous disiez merci à votre corps ?

L’autre jour, en me regardant dans le miroir, j’ai eu de la peine. En v

L’autre jour, en me regardant dans le miroir, j’ai eu de la peine. En voyant que mon corps avait changé, n’était plus comme avant, j’ai eu mal, j’ai eu peur. Le soir même, j’ai vu une image passer sur Internet qui disait : « Et si tu disais merci à ton corps à la place ? »

Parfois, la vie nous envoie des signes et il faut savoir les accueillir. J’ai donc tenté l’expérience, en me regardant dans le même miroir, de m’efforcer cette fois de dire merci à mon corps. Je l’ai redécouvert cette soirée-là. Je travaille à reprogrammer la façon dont je me vois et ça fait extrêmement du bien. Notre corps, c’est la seule maison que nous allons avoir toute notre vie. Il naît avec nous et mourra avec nous. Les regards que les autres posent sur nous, sur notre physique, devraient nous passer 6 000 pieds par-dessus de la tête. Ce qui importe, c’est comment nous nous voyons. Car tout ce que notre corps a subi ou à quoi il ressemble est le résultat d’expériences qui ont fait de nous ce que nous sommes.

Voici ma lettre de remerciement à mon corps que j’ai faite cette soirée‑là.

Merci mon corps.

Merci à mes pieds avec de la corne aux talons. Vous m’avez porté à travers toutes mes aventures. Je vous ai salis, je vous ai foulés et pourtant, vous êtes toujours là pour me porter vers de nouvelles places, sur de nouveaux chemins. Vous m’avez permis de marcher pendant des heures et de faire du surplace tout aussi longtemps. Vous m’avez permis de danser, marcher et courir. Je vous aime.

Mes mollets que parfois je cogne, qui parfois piquent. Vous que j’ai tant coupés plus jeune, merci. Mes grosses cuisses qui m’ont toujours aidée à me relever lorsque je tombais. Qui frottent entre elles quand je marche et qui sont plus blanches que la neige, vous êtes solides. Je vous aime.

Mes fesses beaucoup plus molles qu’auparavant, mais qui sont toujours au rendez-vous pour me garder confortable lorsque je joue par terre avec des enfants, qui n’entrent plus dans mes sous-vêtements ou mes pantalons préférés, ce n’est pas grave. Ça n’en fait que plus à aimer. Mes fesses qui ont été là pour m’aider à rester assise pendant les heures de cours et pendant les longs trajets en auto. Merci, je vous aime.

Merci à mon ventre mou qui protège bien mes organes de tout danger et qui a su fabriquer ma petite humaine préférée. Mes seins qui n’ont jamais été à mon goût, mais que j’apprends à aimer depuis ma mi‑vingtaine. Les mêmes qui sont plus pendants qu’avant et qui ont essayé du mieux qu’ils pouvaient de nourrir ma fille, mais qui n’ont pas réussi, merci d’avoir essayé, je vous aime.

Mes bras mous qui m’ont valu tant de moqueries, je vous aime. Vous me permettez de pouvoir serrer tous ceux que j’aime et de ne pas les laisser tomber, jamais. Vous me permettez de lever, pousser, traîner. Vous me permettez tellement plus que je l’aurais cru. Mes super doigts croches qui me permettent de pratiquer une de mes plus grandes passions : l’écriture. Merci et je vous aime.

Mes cheveux qui tombent de plus en plus. Merci de m’avoir servi de bouclier tout au long de ma jeunesse. Merci de laisser place aux cheveux blancs qui arrivent tranquillement. Je les vois comme un signe de sagesse et je les attends.

Déconstruire son idéal et apprendre à s’aimer comme on est, c’est un long processus et ce n’est pas facile pour tout le monde. Cet exercice m’a fait un grand bien et je vous suggère à toutes et à tous d’en faire l’expérience. Vos corps sont beaux et ils racontent une histoire unique et si importante qui est la vôtre.

Et vous, à quelle partie de votre corps voudriez-vous dire merci ?

Anouk Carmel-Pelosse

Elle s’appelait Fanny

Elle s’appelait Fanny.

Elle s’appelait Fanny.

Elle avait trente ans.

Elle était éducatrice à l’école de mes enfants.

Et elle est morte.

Noyée.

Un bête accident, probablement.

Par un magnifique dimanche ensoleillé qui sentait la fin d’année scolaire, le déconfinement et les nouveaux projets.

Une rivière, un bateau, du plaisir.

Avec tout ça vient un certain risque. Le risque de l’eau qui avale. Et qui tue.

Aux nouvelles, une jeune femme portée disparue dans la région. Recherchée par les équipes de sauvetage pendant 24 heures. 48 heures. Puis retrouvée. Trop tard.

Son nom révélé quelques heures à peine après la dernière cloche de l’année scolaire.

Sa photo aux nouvelles. Son sourire qui nous a rassurés toute l’année, même quand mes enfants lui avaient fait la vie dure toute la semaine. Son regard joyeux et intelligent qui enveloppait les enfants autant que les parents. Sa jeunesse qui la rendait si dynamique, si passionnée, prête à tout pour aider ses poussinots à s’épanouir. Tout ça s’est éteint en une fraction de seconde. Tombé à l’eau. Touché coulé.

Il me restera d’elle sa volonté infinie de trouver des solutions pour aider mes cocos. Son désir immense de marcher en équipe avec les parents et l’équipe-école dans la même direction, pour le bien-être des enfants. Cette capacité de ne jamais nous faire sentir mal ou coupables quand nos enfants dérapaient, et de nous faire sentir hyper fiers dès qu’ils progressaient.

Il me restera d’elle, aussi, la conviction qu’il faut toujours dire merci. Pas juste parce que c’est poli. Mais surtout parce qu’un « merci » fait du bien à celui qui l’exprime et à celui qui le reçoit.

Quelques jours avant sa dernière promenade en bateau, j’ai écrit à Fanny pour la remercier d’avoir si bien accueilli mes enfants, de les avoir accompagnés depuis septembre. Je lui ai souhaité de vivre une belle transition vers les nouveaux horizons professionnels qui l’attendaient après l’été. Une nouvelle vie… Qui aurait pu deviner que la transition serait si abrupte…

Quelques jours avant sa dernière promenade en bateau, mes cocos lui ont donné des cartes et des dessins pour la remercier. Je revois encore ce dessin d’un grand bonhomme allumette qui tient un petit bonhomme allumette pour l’aider « à reprendre ses esprits », comme m’avait dit mon garçon. C’est ce qu’il a retenu de Madame Fanny.

Le choc est grand devant sa mort. La peine est grande pour nous, et je n’ose même pas imaginer celle de ses enfants, de sa famille, de ses amis, de ses collègues.

Mais au moins, nous n’avons pas le regret de ne pas avoir dit merci. Nous lui avons souvent exprimé notre gratitude et l’amour humain que nous avions pour elle. Ce sera maintenant un amour angélique et une reconnaissance éternelle.

Nathalie Courcy

Quand mon plancher brille…

Remettre les pieds dans sa classe et la retrouver si propre ! Avoir telle

Remettre les pieds dans sa classe et la retrouver si propre ! Avoir tellement peur de salir ce plancher tout frais ciré…

Vraiment, en ce matin particulier et riche en émotions, cette sensation de propreté était bienvenue ! Ce sentiment qu’une partie du boulot était déjà accomplie m’a donné la petite tape dans le dos qu’il me fallait pour démarrer.

Voir toutes ces chaussures d’enfants bien cordées dans les casiers, comprendre combien on a de la chance d’avoir un monsieur Benoît dans notre école. Un concierge dans une école primaire, c’est précieux. Je me souviens de monsieur Marcel, à l’école qui a bercé mon enfance. 

On a tous un monsieur Marcel, un monsieur Benoît… Celui qui fait un petit plus auprès des élèves et même, auprès des adultes, celui qui arrose les plantes de votre classe pendant le confinement. 😉

Ces gens qui travaillent dans l’ombre, particulièrement en cette période de pandémie, méritent qu’on prenne un moment pour souligner l’importance de leur travail. Évoluer dans un environnement propre et organisé influence notre humeur, notre journée. 

Quand mon plancher brille, mon cœur scintille. ⭐️ 

Merci monsieur Benoît !

Karine Lamarche

Parce qu’on ne vous le dit pas assez !

On est en plein cœur de la tempête. Les pires jours restent à ven

On est en plein cœur de la tempête. Les pires jours restent à venir et nous ne savons vraiment pas quand tout ça va se terminer. Plus les jours avancent et plus le nombre de cas grandit. Ça nous angoisse tous. Chaque jour, nous sommes tous rivés sur nos téléviseurs à 13 heures pour écouter notre premier ministre nous peindre le portrait des dernières 24 heures. M. Legault le dit régulièrement, mais aujourd’hui, c’est à notre tour de vous le dire.

MERCI, MERCI, MERCI ! Merci à tous ceux qui sont là pour veiller sur nous, pour nous protéger, pour nous nourrir et nous ravitailler, pour s’occuper des enfants de nos travailleurs des services essentiels. Merci à vous travailleurs de la santé qui risquez vos vies chaque jour pour vous occuper de nos malades. Vous qui voyez la bibitte nous attaquer de très près. Vous qui voyez l’ampleur de la situation. Sur les réseaux sociaux, je vois plein de statuts de médecins et d’infirmières à bout de souffle, qui donnent tous le meilleur d’eux-mêmes pour vaincre ce danger qui nous guette et qui se propage à une vitesse fulgurante.

Merci à vous qui travaillez dans les épiceries, pharmacies, SAQ, restos, stations-services et dépanneurs et qui devez composer avec le mauvais côté humain du « Ouin, mais moé, j’ai le dwa ! ». Se chicaner avec les gens pour qu’ils respectent la quantité limitée des denrées qu’ils veulent se procurer. Devoir expliquer aux gens que les paiements ne se font que par carte contact et non en comptant. Qui voient des gens se lécher les doigts pour sortir un billet de leur porte-monnaie et qui doivent encore et encore expliquer. J’ai même vu sur les réseaux sociaux un monsieur qui a craché sur ses billets avant de les donner à la caissière. Quand on vous dit dans les épiceries de ne pas trop manipuler les emballages, les fruits et légumes, ce n’est pas pour vous faire la leçon, mais pour vous PROTÉGER. Ce virus se transmet à une vitesse folle et survit pendant des heures et des jours sur les emballages et surfaces.

Et que dire de nos camionneurs ! Merci à nos camionneurs qui en voient eux aussi de toutes les couleurs. Saviez-vous qu’il y a des autopatrouilles à chaque sortie d’autoroute sur les grands axes en ce moment pour s’assurer qu’aucun de nos camions ne subit des attaques ? Ben oui, on en est rendus là ! C’est tellement rendu pathétique.

À vous, policiers, pompiers, ambulanciers, répartiteurs des services d’urgence. Vous qui intervenez en première ligne. Vous qui devez aller expliquer aux gens que les rassemblements sont interdits, qu’il faut se plier aux lois. Vous qui devez manipuler les gens atteints, les gens malades sans savoir quel mal les a atteints. Vous qui voyez le pire chez l’humain. MERCI, MERCI, MERCI.

À vous éducateurs, éducatrices qui prennent soin des petits loups qui ne comprennent pas que papa et maman doivent aller travailler, qu’ils reviennent épuisés, fatigués, irrités alors que la majeure partie de la population est confinée à la maison. Vous qui devez occuper ces petits loups qui vivent avec l’angoisse des parents de ramener cette bibitte à la maison. Qui voient maman ou papa pleurer tellement ils sont épuisés.

Alors à vous tous qui devez sortir tous les jours pour vous occuper du bien de notre société, à vous tous qui voyez et qui entendez ces gens se plaindre qu’ils doivent rester confinés dans la sécurité et le confort de leur foyer alors que vous-mêmes préféreriez probablement faire la même chose avec votre famille, nous vous disons tous un GROS MERCI !

Je ne sors pas beaucoup de chez moi, je vais faire les emplettes nécessaires pour ma famille, mais à chaque sortie, je n’oublie surtout pas de remercier chaque travailleur que je croise sur mon chemin et de lui offrir le plus beau des cadeaux, UN SOURIRE ! N’oubliez pas que s’il ne reste plus votre sorte de pain ou de lait à l’épicerie, ce n’est pas de la faute de la caissière. Si elle vous dit que c’est une caisse de bouteilles d’eau par personne, ce n’est pas de la faute de la caissière ; s’il ne reste plus votre sorte de vin favori à la SAQ, ce n’est pas la faute de la personne à la caisse. Au lieu de sortir votre mauvais caractère, sortez votre plus beau sourire et dites-leur MERCI, car eux aussi préféreraient sûrement rester en sécurité avec leur famille.

En travaillant en société, on va s’en sortir sans sortir… ÇA VA BIEN ALLER ! 🌈

Annie Corriveau

 

Ode à toi, mon facteur…

Tu en as bravé des tempêtes ! Les intempéries ne t’ont jamais

Tu en as bravé des tempêtes ! Les intempéries ne t’ont jamais fait peur. Cette fois, ton ennemi est microscopique.

Pourtant, depuis le début, tu n’as jamais cessé ton travail. Tu as poursuivi ta mission : faire le pont entre l’émetteur et le destinataire.

Sans te poser de questions. Sans protection.

Ton travail est essentiel ! Au cours des prochaines semaines, il deviendra vital. Tu seras notre unique lien avec le monde.

Tu permettras aux gens de demeurer à la maison, en sécurité.

Tu seras celui (ou celle) qui sera porteur de denrées, de chèques…

Grâce à toi, on pourra garder espoir.

Cher facteur, merci d’être là !

Karine Lamarche

 

10 février 2010

Vous est-il déjà arrivé que quelqu’un cogne à votre porte sans

Vous est-il déjà arrivé que quelqu’un cogne à votre porte sans être invité? Moi oui! Vous savez, le genre d’invité dont vous ne voulez pas, celui qui arrive lorsque vous êtes en pyjama, les cheveux couettés…

10 février 2010 : une date que je n’oublierai jamais, qui a changé ma vie. Ce jour où l’on a prononcé le mot « cancer » devant moi, pour moi. Ben oui, pas le rhume, le cancer. Comme un gros mot que l’on bannit de notre vocabulaire.

Loin de moi la nostalgie, la « victimite », aiguë. Je suis remplie de gratitude envers la vie. Merci d’avoir remis les choses en perspective, les yeux en face des trous comme on dit, on ne sait pas à quel point notre vie est un cadeau chaque jour. Et malheureusement, ou heureusement, il arrive ce genre d’invité casse-pied qui nous rappelle combien la vie est précieuse.

J’étais déjà le genre de personne à vivre sa journée comme s’il n’y avait pas de lendemain. L’effet a été multiplié par 1000! J’aime toutes les parties de ma vie, incluant celle-ci. Elle fait partie de mon parcours et c’est parfait ainsi. Elle m’a donné toute l’essence pour regarder droit devant et pour ne jamais m’arrêter. Me faire confiance, faire confiance en la vie et être certaine que la vie n’en a pas fini avec moi au moins pour cent ans.

Merci à ma famille, mes amis, ma psy d’avoir été là, si précieux pour moi. Ils n’ont pas été mis sur ma route par hasard! Merci à ce cancer d’avoir été la bougie d’allumage pour changer ce qui ne me convenait pas et d’avoir transformé tout ça en route qui me ressemblait, qui me projetait plus loin. Merci la vie pour ces personnes au travail qui ont été présentes à chaque moment. Merci la vie pour cet amoureux qui a su tenir ma main quand c’était important. Merci la vie pour ces deux enfants qui ont été ma motivation : vous êtes merveilleux tous les deux. Vous m’avez rendue meilleure.

Pourquoi moi? En fait, pourquoi pas moi? J’ai eu tout ce qu’il fallait en moi pour embarquer dans la vague. Ce n’était pas un combat : trop fatigant les combats. J’ai juste embarqué dans la vague. If you can’t fight them, join them, comme ils disent. Ne me parlez pas de courage, ce n’en est pas pour moi, c’est de la résilience dans toute sa splendeur.

Merci la vie pour ces dix ans remplis, d’aventures, d’amour, d’apprentissages. Protège ceux que j’aime, c’est tout ce qui compte pour moi. Résilience à tous ceux qui sont dedans présentement, vous êtes forts et je suis avec vous de tout cœur. Vous avez tout ce qu’il faut. À ceux qui accompagnent, ne jugez pas, ne présupposez pas des émotions vécues, soyez juste là, présents. En passant, mes pensées s’appliquent à toute personne qui vit un défi dans sa vie, pas juste le cancer. Je m’aime, je vous aime! Aimez ce qui vous entoure.

Marie-Josée Gauthier

Ces mots…

Chers parents, il n’existe pas de plus grande reconnaissance pour

Chers parents, il n’existe pas de plus grande reconnaissance pour un enseignant que vos mots.

Ces mots qui expriment votre gratitude.

Ces mots si doux qui nous rappellent que nos efforts auprès de votre trésor n’ont pas été vains.

Ces mots qui nous confirment que nous sommes là où nous devons être.

Ces mots qui parfois, nous révèlent des choses qu’on ignorait, qui nous apprennent que sans le savoir, on a pu faire la différence pour votre enfant, le temps d’une année scolaire.

Ces mots, nous les conservons précieusement ; les miens sont cachés au fond d’un tiroir. Il m’arrive de les relire quand j’ai le cœur gros, quand je doute… C’est mon coffre aux trésors.

Chers parents, merci pour ces mots qui témoignent de votre reconnaissance. Merci d’être nos complices au quotidien et de faire cheminer, avec nous, votre plus grande fierté.

Bonnes vacances! ☀️

Karine Lamarche

 

Ode à toi, travailleur de la neige…

En ce matin printanier, j’ai une pensée pour toi, mon déneigeur.

En ce matin printanier, j’ai une pensée pour toi, mon déneigeur. Tu ne l’as pas eue facile cet hiver.

Je pense aussi à toi, déneigeur de la ville.

De longues heures, souvent nocturnes, passées derrière ton volant à contourner les véhicules stationnés en pleine rue malgré l’interdiction. À redoubler d’ingéniosité pour trouver une place à toute cette neige et cela, en prenant soin de ne pas envahir le patio d’un client, sans enterrer la clôture d’un autre et en évitant la haie de cèdres du voisin…

Je pense à ta famille. Ta conjointe qui a pris le relai plusieurs matins afin de t’accorder un moment de répit. Tes enfants qui ont sans doute écopé de ton absence trop fréquente cet hiver.

Je pense aux livreurs, aux laitiers, aux facteurs… Je revois mes escaliers déneigés de justesse entre deux tempêtes.

À vous tous, en ce matin qui éloigne enfin les longues nuits enneigées, je dis merci.❤️

À tous ces gens et au nom de tous ceux qui se sont sentis en sécurité grâce à vous, je dis merci.❤️

Karine Lamarche

Merci, encore !

Quand l’Action de grâce est arrivée au Québec cette année, je

Quand l’Action de grâce est arrivée au Québec cette année, je n’avais pas le goût de fêter. Dans ma famille, cette journée n’a jamais été une tradition… traditionnelle. Pas de dinde qui prend 24 heures à dégeler, pas de repas de parenté dont on ressort avec une bedaine de père Noël tellement on a mangé… La fin de semaine de l’Action de grâce américaine a suivi. La fameuse Thanksgiving U.S.  Et là, je me suis dit quil y avait tout de mêle quelque chose à retenir de ces fêtes, au-delà du côté commercial et de la pression de pondre l’assiette instagrammable la plus impressionnante.

J’ai donc décidé de transmettre l’essence de ces jours fériés à mes enfants, et de créer notre propre rituel. Qu’on applique toute lannée.

Jai proposé à mes enfants de partager un merci par personne pendant le souper. C’est à la mode, la gratitude, et ça fait du bien à l’âme !

Moi-même, j’écris presque chaque jour trois gratitudes dans un cahier que je réserve pour cette activité. Chaque jour, trois mercis que j’envoie dans l’univers, et qui ne doivent jamais se répéter. Au début, c’est facile ! Merci à ma famille, à mes amis ; merci pour mon travail, pour l’air que je respire ; merci pour la santé, pour les câlins de mes enfants…

Après un bout, ça prend un peu plus d’imagination et de réflexion. Merci d’avoir des fenêtres dans ma maison pour faire entrer la lumière. Merci à la caissière à l’épicerie pour son sourire quand j’avais besoin d’un petit remontant. Merci à moi-même d’avoir osé prendre des décisions courageuses. Merci à mes chaussures qui me tiennent au chaud…

Disons que trois gratitudes par enfant, multipliées par quatre, plus moi… on ne s’en sortirait pas ! Alors j’ai proposé une gratitude par personne. Et ils ont embarqué !

Résultat ? Les enfants réclament le temps des gratitudes dès 7 h le matin ! Plusieurs fois par jour ! Lèvent la main à l’heure des repas : « Maman ! C’est mon tour ! J’ai un huitième merci ! » Et dire que parfois, on a l’impression que les enfants ne seront reconnaissants que quand ils seront parents à leur tour.

On a droit à des mercis très touchants (Merci de nous avoir donné la vie, on est choyés d’être nés dans notre famille ! Merci d’avoir pris soin de mon petit frère quand il était malade, ça nous a tous réconfortés…) On en entend aussi de toutes les couleurs : merci aux zombies de ne pas m’avoir dévorée aujourd’hui, ça me permet de rester en vie et de manger des macaronis ! Merci parce que. Pas plus compliqué que ça. Merci à mon ami d’avoir invité mes amis pour que je puisse jouer avec mes amis. Merci de nous encourager à dire nos mercis !

Des fois, ils choisissent la facilité : merci maman pour le bon repas ! Mais déjà, je trouve ça beau qu’ils prennent conscience de l’effort qu’il y a derrière leurs assiettes remplies de couleurs et de vitamines. Ça les encourage même à m’aider à préparer les repas et à laver la vaisselle, parce que tout à coup, ils se rendent compte que ça ne se fait pas tout seul ! Et moi, ça me donne le goût de leur dire merci. Merci de m’aider ! Merci de dire merci !

Ça vous tente, comme tradition ? Ça ne coûte rien, ça tient les petites bouches occupées à l’heure du souper (lire : ça limite les chicanes !) et en plus, les mercis, ça fait des petits ! Alors je vous invite à ajouter le mot « encore » à vos remerciements. Merci, encore : vous inviterez ainsi encore plus de beau et de bon dans votre existence!

 

Nathalie Courcy