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L’humanité sur pause

On y est. Nous avons atteint ce moment, ce temps d’arrêt imposé,

On y est. Nous avons atteint ce moment, ce temps d’arrêt imposé, mais combien nécessaire. Des « vacances » à la maison, dans la simplicité.

Ce soir, en repassant le fil des événements, je suis fière de vivre ici. Je suis fière, enfin, qu’on soit des humains responsables, pour une fois. C’est beau de voir toute cette solidarité. Beau et déstabilisant à la fois.

Nous ne sommes pas habitués à être aussi bons les uns envers les autres.

Nous ne sommes pas habitués à nous occuper simplement, sans fla‑fla.

Nous ne sommes pas habitués à offrir notre aide à un étranger et surtout, à en recevoir.

Cette crise, elle aura ça de beau. Elle aura rapproché les humains, elle sera parvenue à faire ressortir ce qu’il y a de plus beau en eux : l’empathie.

Aujourd’hui, j’ai vu quelqu’un retourner des paniers d’épicerie à l’intérieur afin d’aider le commis débordé. J’ai vu des gens qui ne se connaissaient pas échanger entre eux sur la situation. J’ai reçu un texto d’une voisine qui m’offre de prendre mes filles au besoin.

Aujourd’hui, du moins pour nous, au Canada, l’humanité s’est mise sur pause.

Pendant les deux prochaines semaines, je vais prendre du temps de qualité avec mes filles et prendre soin de la cocotte de mes amis parce que j’ai cette chance d’être enseignante et donc, en isolement. Ce sera ma bonne action.

Et toi, quelle sera la tienne?

Karine Lamarche

 

On arrête tout !

La vie de parents d’un enfant anxieux est faite de beaucoup de pau

La vie de parents d’un enfant anxieux est faite de beaucoup de pauses. Oui, oui : des millions de pauses ! Pas qu’on a plus de temps pour relaxer que les autres parents. Mais chaque fois que le service de garde, l’école, le camp de jour, la petite gardienne appellent, on entend : « PAUSE ! On arrête tout ! Vous devez venir chercher votre fille, elle est verte, a la nausée, mal au ventre, est étourdie, ne sent plus ses pieds. »

Bien sûr, devant la menace du vomissement tant redouté ou de l’évanouissement, j’accours ! C’est mon rôle de parent, n’est‑ce pas, de protéger mon enfant (et les autres de l’école en cas de gastro en devenir) ? C’est normal, hein, de quitter mon travail en trombe pour aller chercher mon enfant malade ? Ça fait partie de la définition de tâches de tout parent qui se respecte. Ma mère l’a fait pour moi (bon, j’avais la moitié du visage en sang et je vomissais partout…), je le fais pour mes enfants, ils le feront pour les leurs s’ils en ont. On s’entend, c’est juste normal.

Mais le bogue de l’histoire apparaît quand les maux de ventre, de cœur, etc. reviennent chaque semaine, parfois plusieurs fois par semaine. Quand ils se pointent le nez après ou avant une situation stressante (qui peut varier d’un exposé oral à un examen mal étudié jusqu’à l’idée de voir des gens ou de devoir prendre l’autobus), un petit drapeau rouge se profile à l’horizon.

Rapidement, l’équation s’est faite dans mon esprit. Une fois que la santé physique de mon enfant eut été vérifiée (bedon souple, bonne alimentation, aucun manque de nutriment), j’ai su que c’était le côté émotif qui était touché. Sans pointer du doigt une anxiété généralisée dès ce moment, je savais quand même que la gestion du stress était déficiente. Mais comment sécuriser mon enfant (alors que je pensais déjà le faire) et détecter les « vrais » et les « faux » maux de ventre ? Évidemment, les « faux » sont tout aussi vrais que les vrais, mais leur cause ne met pas en danger ma fille ni la santé communautaire. Ils sont un signe qu’on doit gérer une cause plus subtile qu’un morceau de kiwi mal digéré ou qu’un virus.

Une travailleuse sociale avait établi un plan d’action avec l’école. Quand ma fille demandait à partir à cause des mêmes symptômes typiques, la secrétaire devait la garder pendant vingt minutes dans un endroit tranquille, lui proposer de boire de l’eau, de parler avec un intervenant, de se reposer, de faire ses exercices de respiration. La secrétaire pouvait m’appeler pour m’avertir, mais on devait tous donner du temps à ma fille. Il fallait casser le pattern :

L’apprentissage a été souffrant autant pour ma fille qui se sentait délaissée que pour moi qui m’inquiétais (et si cette fois‑ci, c’était un vrai bobo ?), qui me sentais mauvaise mère (qu’est-ce que le personnel de l’école va dire ?), qui avais l’impression que ses agissements étaient ma faute (j’aurais dû dire non bien avant !)

Toutefois, le plan d’action a donné des résultats positifs. Les appels sont passés d’un par semaine à un par mois. Ils ont continué à se faire de plus en plus rares, permettant à ma fille de reprendre confiance en sa propre capacité de gérer son stress, à l’école d’élaborer des stratégies aidantes et à moi de passer un temps plus normal au travail (physiquement et mentalement).

Par bout, ça revient, ça repart. Tout changement apporte son lot de stress. Chaque minute de la vie de ma fille est une source potentielle d’anxiété multipliée par mille. Chaque stress est aussi une occasion d’apprentissage (ça, c’est l’optimiste en moi qui le dit).

Mais quand je dois tout mettre sur pause, tout arrêter, quitter ce que je faisais et les personnes avec qui j’étais pour voler au secours de mon adolescente de presque quinze ans alors que je sais très, très bien que c’est son stress qui s’exprime, une petite partie de moi est fâchée et inquiète. Je voudrais qu’elle apprenne plus vite à naviguer à travers ses émotions, surtout que les mêmes reviennent souvent ! Je me demande si un jour (mettons, avant ses cinquante ans), elle y arrivera. Je me demande ce qu’elle fera quand elle n’habitera plus chez moi. Je me demande si je fais le mauvais choix en allant la chercher, et si je ferais le mauvais choix si je n’y allais pas. Il n’y a pas de bonne réponse, apparemment.

Dans ce temps‑là, j’applique la stratégie de la travailleuse sociale : je me mets en time‑out pendant vingt minutes, je respire, je bois de l’eau, j’essaie de voir quelles sont mes sources de stress dans cette situation, et je dédramatise. Ben oui, elle apprend de tout ça, et moi aussi. Ben oui, elle pourra gérer son stress quand elle partira de la maison, sinon, elle partira un peu plus tard. Et ben oui, je fais les meilleurs choix parentaux que je peux faire, avec ce que je suis, avec ce qu’elle est.

Nathalie Courcy

 

C’est l’heure de ma pause parentale

L’été, je suis chanceuse d’être en congé. Mes enfants resten

L’été, je suis chanceuse d’être en congé. Mes enfants restent avec moi… comme… tout le temps. Alors je suis comme une simili mère à la maison l’été.

Ça a l’air zen, mais ce ne l’est pas ha! ha! Ménage, 145 repas par jour, lavage, etc. Bref, vous savez de quoi je parle. Ça fait que comme c’est un MÉTIER, j’ai le droit d’avoir des pauses durant ma journée comme n’importe quel travailleur. Pis c’est maintenant.

Pendant que ma maison n’est pas vraiment propre et que les bobettes de mon plus jeune traînent sur le dossier d’une chaise, je m’accorde une pause! Mon grand joue aux Legos dans sa chambre, le plus jeune fait ça relaxe dans la sienne. Timing idéal. Sauf que ce n’est pas toujours le cas.

Alors, mon truc est principalement de le nommer aux enfants. Oui, oui! Ils vont apprendre que maman a besoin de temps pour elle, de sa bulle temporaire et de prendre soin d’elle. Je leur montre l’exemple en même temps de prendre soin d’eux et de s’écouter. Puis j’établis des consignes claires (silence, jeux calmes, etc.) avec — super important — un délai raisonnable et visuel (Time timer, je t’aime).

Voilà : vous pouvez et devez prendre des petites pauses au courant de la journée. Vous y avez droit, c’est écrit dans les normes du travail. 😉

 

Krystal Cameron

Qui part à la chasse, perd…

… absolument rien pantoute. Je changerais le proverbe pour « Qu

… absolument rien pantoute. Je changerais le proverbe pour « Qui part à la chasse… gagne la foutue paix ! »

Oui, l’homme est chasseur. Deux fois dans l’année, il part dans le bois seul. Il est gonflé d’orgueil. Il retrouve son instinct d’homme des cavernes. Il se sent pourvoyeur de la famille. La confiance est à son top (même si depuis plus de trois ans, il revient sans la fameuse viande). Grâce à lui, la famille sera nourrie pendant un bout de temps. Pense-t-il tout enorgueilli.

Et moi, j’en suis presque heureuse. Enfin, j’ai fini d’entendre parler des préparatifs, des tâches qu’il a dû effectuer pour ces deux semaines. Je pourrai dormir sans ses ronflements. Je pourrai écouter ce que je veux à la télé. Je pourrai relaxer.

Et c’est là que la réalité me frappe de plein fouet. L’homme est tranquillement assis dans le bois, écoutant paisiblement le silence ; ce silence parfois entrecoupé de chants d’oiseaux ou encore du son guttural sortant de sa gorge, qui tente tant bien que mal de leurrer la bête en l’appelant à lui. Pendant ce temps, moi, je gère des cris inhumains, parce qu’une enfant a pris la Barbie de l’autre. Je cours dans les allées de l’épicerie en attrapant les aliments en même temps que mes enfants. Je gère mon plancher de salle de bain noyé, par les éclaboussures. Je défais une queue-de-cheval à travers les cris de mort de ma dernière, qui croirait-on subit une sorte de torture. Je gère les devoirs, les leçons, l’exposé oral. Je me tape seule la routine du matin et du soir. Et je n’ai même pas parlé des repas, du lavage, du ménage, du cours de karaté, de ceux de gymnastique, alouuuettttttttttteeee !

Pendant que l’homme savoure pleinement sa semaine de vacances seul, ben moi, je cours comme une poule pas de tête, pour arriver à survivre à ces deux semaines.

Ok, je l’avoue ! JE SUIS JALOUSE ! J’en veux une moi aussi, une semaine de tranquillité. Je veux pendant une semaine me délivrer de cette charge mentale que trop souvent, je m’impose en tant que maman.

Je veux pour une fois moi aussi partir à la chasse et gagner la foutue paix…

Mélanie Paradis

Seule sur le banc de parc

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Ce dimanche, je suis partie me promener dans un parc près de chez nous. J’avais besoin d’être seule, j’avais besoin d’être dans ma bulle. En fait, j’avais besoin d’une pause de mon rôle de mère pour mieux l’apprécier par la suite. Une journée de même! Un peu poche, mais c’était ma vérité à ce moment-là!

 

C’est un super beau parc avec un lac artificiel, beaucoup de végétations, des canards, des poissons, des tortues… le chant des oiseaux, le coassement des grenouilles. Des sentiers pédestres, une piste cyclable et des bancs de parcs…

 

Il y avait plein de familles, toutes différentes les unes des autres, qui pique-niquaient malgré la température un peu fraîche.

 

Assise sur mon banc de parc, cachée derrière mes lunettes fumées, j’ai pris le temps de les observer, de les écouter. Le visage face au vent, les yeux fixés du côté où toute l’action se déroulait.

 

Un papa attentionné poussait à répétition la balançoire de son bébé en lui faisant des coucous en cachant ses yeux avec ses mains.

 

Une maman criait à son fils d’arrêter de l’arroser avec son fusil à eau.

 

Un homme d’une cinquantaine d’années discutait avec un jeune adulte, peut-être un père et son fils, dans une langue que je ne comprenais pas.

 

Un couple de grands-parents se promenait avec leurs petites-filles sur le pont.

 

Un jeune couple promenait ses chiens. Chacun tenait son petit chien en laisse.

 

Il y avait aussi des enfants qui jouaient dans les jeux d’eau, d’autres qui ignoraient les règles et qui avaient les deux pieds dans le lac, qui avait débordé à cause de la violente averse des derniers jours.

 

De jeunes enfants couraient partout, grimpaient sur les structures de jeux. Des petits qui pleuraient de mal ou parce qu’ils ne voulaient pas partir. D’autres qui criaient, qui se chamaillaient ou qui se boudaient. Des grands qui semblaient vouloir être ailleurs, probablement avec leurs amis.

 

Des parents qui s’amusaient avec leurs enfants, d’autres qui semblaient gérer des conflits. Certains assuraient la sécurité des leurs et d’autres étaient écrasés sur le gazon, perdus dans leurs pensées. Un homme était assis sur un banc et une femme lui tournait le dos, les bras croisés sur sa poitrine. J’ai pu entendre des adultes qui riaient, qui criaient et qui chantaient.

 

Tout ce beau tableau familial m’a fait un bien énorme. Toutes les familles sont différentes. Chaque famille a ses défis, ses joies et ses peines, ses hauts et ses bas. Chaque famille évolue à son rythme.

 

Et j’ai pris le temps de réfléchir à ma propre famille, à mon rôle de mère, et j’en ai conclu que ma famille, je l’aime telle quelle.

 

En essuyant mes larmes, j’ai vu au loin mon chum et mes trois adolescents tout sourire qui venait à ma rencontre. Ils parlaient tous en même temps. Ils avaient fait le ménage de leur chambre, mon chum avait enfin réparé la porte de la garde-robe de l’entrée. Ils m’avaient préparé un bon repas pour me faire plaisir.

 

Quessé que j’raconte là? Ce bout-là, j’ai dû le rêver, assise sur mon banc de parc.

 

Line Ferraro

Le temps…

Pour certains, il y en a trop; pour d’autres, il se sauve; encore

Pour certains, il y en a trop; pour d’autres, il se sauve; encore quelques-uns n’en ont plus…

Peu importe notre relation au temps, il occupe énormément d’espace dans nos esprits.

Je fais partie de ceux qui en manquent cruellement! J’ai une vie professionnelle, familiale et sociale très active. Je ne veux rien manquer. Je veux tout vivre, tout voir!

J’adore habituellement ce rythme mais parfois, cela devient trop. Mon corps, mon esprit n’en peuvent tout simplement plus. Je tente bien souvent de garder la cadence, mais force est de réaliser que je dois m’offrir une pause.

Lorsque mon frère est décédé, je me suis juré de vivre chaque minute. Je ne suis donc pas quelqu’un qui a trop de temps devant moi. Je vis à fond, jusqu’à ce que j’atteigne mon fond!

J’entre alors, souvent accompagnée des membres de ma famille, en mode pause. On se donne du temps. On éclaircit nos agendas. On filtre les nécessités. On se dépose…

On se retire dans nos quartiers. On est tous ensemble collés ou à d’autres moments, tous à des endroits différents, mais refaisant notre plein vibratoire.

L’important, c’est de respecter l’humeur de chacun. On a tous une façon propre à soi de se détendre.

On médite, on lit, on dort, on jase, on joue à des jeux, on contemple la vie qui se vit à l’extérieur. On « est », tout simplement.

Cela peut nous prendre deux heures comme deux jours! On ne se donne pas de temps. On accueille notre moment de recharge. Nous savons que notre moment de remontée vibratoire est complet lorsque nous ne  voulons que reprendre notre rythme régulier. Un rythme rapide mais amusant, stimulant, passionnant, bienveillant, exaltant!

Le temps n’est souvent qu’une perception, car pour certains, j’ai une vie de fou. Pour d’autres, j’ai une vie tranquille.

Mais le plus important est que ma relation au temps me convient. J’adore vivre le temps de cette façon!

Martine Wilky

Quand supermaman accroche sa cape

Je suis fatiguée ces temps-ci. Changement de saison ? Peut-être

Je suis fatiguée ces temps-ci. Changement de saison ? Peut-être bien ! Tout ce que je sais, c’est que mon niveau d’énergie est bas, très bas. Les nuits ne sont plus assez longues. Les matins viennent beaucoup trop vite. Les fins de semaine sont une bénédiction. Je traîne de la patte.

Je voudrais pouvoir prendre un bain chaud, une coupe de vin et un bon livre m’accompagnant. Un bain sans interruption. T’sais celui où personne ne vient te rejoindre ou quand tu finis à quatre dans le bain sans trop savoir comment c’est arrivé. Ou quand personne ne vient faire son numéro deux, question d’embaumer ton moment de paix.

J’ai envie de ranger ma cape d’infirmière. Ne plus avoir à gérer le Tylenol de celle qui fait de la fièvre, l’antibio de celle qui a un streptocoque ou les pompes de la dernière qui bronchospasme à tout vent. J’ai pas envie de sortir le thermomètre aux quinze minutes parce qu’il y en a toujours une qui est bouillante au toucher.

J’ai envie de ranger ma cape de ménagère. Ne plus avoir à faire le ménage. À ramasser tout ce qui traîne dans la maison. J’ai envie d’oublier les paniers de vêtements sales qui débordent ou ceux de vêtements propres qui attendent depuis trop longtemps que je les plie et les range.

J’ai envie de ranger ma cape de cuisinière. Ne plus avoir à prévoir les repas de la semaine, pour finalement me rendre compte le moment venu que j’ai pas du tout le goût de manger ça. J’ai pas envie de consulter tous les sites de recettes possibles pour trouver de nouvelles idées et me rendre compte qu’il me manque toujours un ingrédient et qu’il faudrait que je passe à l’épicerie.

J’ai envie de ranger ma cape de secrétaire qui gère l’emploi du temps de tout le monde. Qui appelle pour les rendez-vous chez le docteur, l’optométriste, chez le chiro, à l’école, etc. Celle qui doit ensuite remanier son horaire pour honorer chacun de ces rendez-vous.

Je suis cette supermaman qui a juste besoin d’un petit moment à elle. Un pur moment de solitude, que certains qualifieraient d’égoïste (« Tu as voulu des enfants ben c’est ça… ») Me louer une chambre d’hôtel just for me. Toute seule une fin de semaine complète à prendre soin de moi, juste de moi.

Une fin de semaine pour accrocher toutes mes capes pour ne devenir que moi.

Et revenir à la maison et me rendre compte à quel point tout le monde m’a manqué…

Mélanie Paradis

Mettre sa vie sur pause

Il y a un an exactement, le 31 mars 2016, je décidais de partir en

Il y a un an exactement, le 31 mars 2016, je décidais de partir en thérapie pendant vingt‑huit jours sans aucun contact avec l’extérieur. Mettre ma vie sur pause, car ce n’était pas une semaine dans un tout-inclus qui allait me guérir de ce mal intérieur que je sentais grandir depuis quelques années. Depuis quand en fait? Je ne savais plus, car du plus loin que je me souvenais, j’ai souvent senti que je venais d’une autre planète.

Non, je ne suis pas alcoolique ou dépendante des drogues, non, je ne suis pas bipolaire ou folle à lier, peut-être juste dotée d’un cœur plus sensible que la moyenne. Le 28 avril 2016, après vingt‑huit jours à pleurer ma vie, mes échecs, ma séparation, mon enfance, mon père absent et mon petit frère tannant. Vingt-huit jours à écrire ma vie (du plus loin que je me souvenais) avec les petits et les grands deuils, les rejets, les peurs de ne pas réussir et surtout ce désir de me faire tant aimer. La veille de ma sortie, j’ai regardé brûler ce rouleau de papier contenant Les malheurs de Véro sur l’air de Human, de Christina Perri. J’ai dit au revoir à mes amis de thérapie pour reprendre ma route seule avec un sac à dos rempli de nouveaux outils pour m’aider à mieux gérer mon anxiété et mes peurs.

Depuis un an, les relations toxiques ne m’attirent plus, j’apprends à apprivoiser ma solitude, à rassurer ma petite Véro et à lui dire qu’elle est bonne, qu’elle peut venir poser sa tête sur mon épaule et que je vais la consoler et l’écouter. J’apprivoise beaucoup de choses, comme le fait de voir partir ma fille et de réaliser que ma fin de semaine sans elle n’est pas remplie de milliers d’activités et de tonnes d’amis. Que je peux passer quarante‑huit heures seule avec moi‑même, aller au cinéma ou au spa en solo et me donner une tape dans le dos : Bravo Véro! En apprenant à être bien seule, tu finiras par accepter plus facilement la vie à deux avec ses hauts et ses bas!

Je vous mentirais si je vous disais que cette dernière année a été facile. Malgré le yoga, les lectures et surtout le fait de mieux gérer mes pensées, il y a certains matins où je sens que ma sérénité est partie prendre une marche et a perdu son chemin au retour. J’ai cependant compris que j’ai tellement de potentiel en moi, un boulot de rêves depuis le début de ma carrière, des amies en or, une maman si aimante et une charmante cocotte qui m’apprend jour après jour que la vie est remplie de petits bonheurs avec son regard émerveillé sur la vie. Ma plume me permet de parler de ce que je vis, on se confie à moi et on réalise que je ne suis pas une superwoman. Je m’implique en santé mentale, j’ose parler des tabous liés à la dépression, à l’anxiété et aussi de ma grande sensibilité. Pendant vingt‑huit jours, on m’a parlé du moment présent, que je ne peux contrôler le futur, que je ne peux ressasser le passé. Que je dois vivre mon ici et maintenant… et ça fait presque 365 jours que je me le répète!

Véronique Hébert

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