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Maman est là

Maman est là…

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Maman est là…

Mes amours, il ne se passe pas une heure sans que maman pense à vous. Depuis que vous êtes tout petits, ma mission première est de vous protéger. Vous protéger de la méchanceté, vous protéger de ceux et celles qui voudraient vous blesser.

Mes amours, dans votre parcours de vie, vous allez en rencontrer des gens qui voudront vous rabaisser. Des personnes qui auront pour mission de vous blesser simplement pour pouvoir eux-mêmes réussir à se remonter. Vous allez probablement connaître la peine, la colère et la frustration. Vous allez certainement rencontrer et combattre de multiples émotions.

Mes amours, maman voudrait tellement vous protéger. La vie est belle et grandiose, cette même vie qui amène son lot de bonheur dans nos cœurs. Toutefois, sur votre chemin vous allez immanquablement rencontrer l’autre côté de cette médaille, c’est-à-dire l’animosité. Maman cherche comment vous y préparer. Maman aimerait tellement que cela ne soit jamais votre réalité.

Depuis que vous êtes petits, maman vous enseigne l’acceptation des autres, l’acceptation des différences et l’acceptation de soi. Depuis que vous êtes petits, maman cherche à vous donner le meilleur pour que vous puissiez avancer, sans vous faire dénigrer. Mes enfants, maman aimerait vous promettre de toujours vous épauler, vous conseiller, vous guider. Les amis viendront et partiront. Les vrais amis resteront et vous apprécieront.

Mes amours, à votre tour de me promettre de ne jamais changer pour qui que ce soit. Mes amours, n’oubliez jamais que maman est là et sera toujours là.

Véronique Daigle

« Maman… J’ai peur qu’il arrive quelque chose à mon frère »

J’ai eu mes premiers enfants « back à back », comme on dit. Je vou

J’ai eu mes premiers enfants « back à back », comme on dit. Je voulais des enfants rapprochés, parce que… En fait, je ne sais pas trop pourquoi… Peut-être que je pensais qu’ils allaient être plus proches les uns des autres. Peut-être que je pensais que ce serait plus facile de suivre les mêmes étapes ensemble. Peut-être aussi que je voulais juste en finir très vite avec l’étape des couches et des nuits blanches… Bref, j’ai eu mes enfants sur une courte période.

Puis, dix ans plus tard, la vie a décidé de nous faire une belle surprise ! Notre tout dernier bébé est donc né, en parfaite santé, avec ses grosses bajoues et ses sourires éternels. On a donc la chance de vivre aussi l’expérience d’avoir des enfants avec un grand écart d’âge. Et c’est une grande opportunité de pouvoir vivre les deux !

Les plus grands s’occupent aussi du bébé. Ils changent des couches, le bercent, lui chantent des berceuses, etc. Mais, ils s’inquiètent aussi pour lui…

Hier soir, ma grande fille pleurait dans son lit. Quand je me suis approchée, elle s’est lovée dans mes bras et s’est confiée à moi : « Maman, j’ai peur qu’il arrive quelque chose à mon petit frère… ». Elle pleurait à chaudes larmes… Elle avait peur qu’il tombe malade, qu’il se fasse enlever, qu’il arrête de respirer, qu’on le perde quelque part, qu’il meure…

Mon premier réflexe, ça a été de rationaliser son émotion. Je lui ai dit que son frère était en pleine santé, qu’on prenait bien soin de lui, qu’on le surveillait toujours et qu’il n’arriverait rien. Puis, j’ai réalisé à quel point ce que je venais de lui dire manquait terriblement d’empathie. Parce que je comprends aussi qu’elle ait peur de le perdre. Au fond, c’est surtout une grande preuve d’amour pour son frère, et c’est vraiment beau à voir.

En plus, comment je pouvais lui promettre qu’il n’arriverait jamais rien à son frère ? Comment moi-même je pourrais être certaine de ça ? Évidemment, on prie tous pour qu’il n’arrive jamais rien de mal à nos enfants. On ne veut même pas penser aux atrocités qui arrivent à des petits cocos innocents… Mais ma grande fille a aussi raison quelque part, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver et que c’est vrai que la vie est très fragile.

Mais hier soir, je ne pouvais pas montrer ce petit doute à ma fille. Parce qu’elle avait besoin d’être rassurée, rien de plus. Alors j’ai été honnête en lui disant que moi aussi, j’avais parfois peur qu’il arrive quelque chose à mes enfants, et que c’était mon rôle de maman de m’inquiéter pour eux. Mais je lui ai aussi menti ce soir‑là. Parce que je lui ai fait la promesse que rien de mal ne leur arriverait jamais… Une promesse que je sais que je ne peux pas tenir à moi seule. Mais une promesse qu’elle avait besoin d’entendre pour pouvoir s’endormir en paix…

Je réalise que le plus grand écart d’âge entre les enfants, ça vient aussi avec son lot de défis. La maturité des plus vieux vient aussi avec des réflexions comme celles‑ci… Mais bon, il n’y a pas de recette idéale ni de parole toute faite. Il y a juste des parents qui font de leur mieux !

Alors, que vos enfants soient rapprochés en âge, ou au contraire, qu’il y ait un grand espace entre eux, sachez qu’aucune formule n’est plus facile que l’autre. Chaque âge vient avec ses avantages et son lot de défis. On les aime fort, on doute de nous, on fait de notre mieux, et parfois, on leur ment, pour leur bien… Et on continue d’espérer qu’on en fera des adultes épanouis et heureux !

Joanie Fournier

Je serai là…

C’était écrit dans les étoiles depuis le jour où j’ai aperç

C’était écrit dans les étoiles depuis le jour où j’ai aperçu ces petites lignes roses : j’allais être là pour toi, qui que tu sois, quoi qu’il arrive.

J’aime t’accompagner dans ton apprentissage de la vie, même si ce n’est pas toujours aussi simple que cela puisse paraître. Ce que je trouve le plus difficile, c’est te laisser te tromper, faire des erreurs et surtout, accepter que tu n’es pas moi (une chance, en fait!). Tu as ta personnalité, énergique, audacieuse, généreuse… Mon rôle, c’est de t’apprendre à trouver l’équilibre dans tout ça.

Faire des faux pas, c’est normal. C’est vivre! C’est même ce qui nous fait avancer le plus, je crois. Pourtant, je dois me rappeler qu’avant de marcher seule, avec assurance, tu es tombée, tu t’es blessée parfois, mais chaque fois, tu t’es relevée.

Encore une fois, hier, tu nous as démontré toute ta détermination. Nous sommes fiers de toi, belle nageuse! Tu es notre athlète préférée!

Ce matin, je veux te redire que peu importe où tes rêves te mèneront et quel que soit le chemin que la natation tracera pour toi, je serai là.

Maman xxx

 

Mitaines, foulards, tuques et cie… bref l’hiver!

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je n’étais mentalement pas pr

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je n’étais mentalement pas prête au froid qui nous est finalement (et enfin pour certains *je ne vous comprends pas!*) tombé dessus!

Mea culpa : je DÉTESTE le froid!

Je suis de ceux qui auraient été si heureux de vivre là où l’hiver est chaud, sec, ensoleillé et surtout exempt de neige lourde à pelleter. J’aurais voulu me faire griller au soleil à l’année, les vagues me léchant les orteils. Nageant tout simplement dans une eau cristalline. **soupir**

Mais cette année, j’ai fait une promesse. (Quelle idée!) Oui, comme vous le savez, je suis mère de trois merveilleux enfants de dix ans et moins. Du coup, eux, ils ADORENT l’hiver. Malgré que chaque année, je m’efforce de m’habiller et de « jouer » dans la neige avec eux, de créer la « famille bonhommes de neige » à exhiber en façade de la maison, malgré mes efforts : ils le savent :

Maman a horreur de l’hiver!

Alors, je leur ai promis, en toute bonne foi, « d’essayer » de me réconcilier avec cette saison froide et transperçante d’humidité glaciale. Je n’ai qu’une parole! Alors je fais appel à vous tous, lecteurs et lectrices, pour me dire, pour NOUS dire :

Quelles sont vos raisons d’aimer cette…**grimace** saison?

Je voudrais que vous racontiez vos anecdotes joyeuses. Si vous insistez, vous pouvez aussi partager les moins plaisantes. Racontez-moi. Convainquez-moi que l’hiver, c’est aussi de la joie. Il fut un temps où j’appréciais… je ne sais ni quand ni comment j’ai changé d’idée. Mon appréciation a fondu, comme neige au soleil!

Il y a eu un temps où j’attendais la première neige impatiemment, où j’avais l’impression de « sentir » son arrivée. Je sortais, nez au ciel respirant l’air qui différait à CE moment précis de la première bordée de tous les autres airs. Même rendue adulte, il m’est arrivé de tirer la langue pour y accueillir les tout premiers flocons.

Vous vous rappelez ces neiges un peu ouatées? Ces immenses flocons que l’on sentait fondre doucement sur le bout de notre nez? J’arrive à me souvenir de ma joie en ces temps-là. Je ne sais pas pourquoi tout a changé.

Cette année, j’ai fait une promesse à mes enfants, mais en vous écrivant, je me rends bien compte que j’ai ENVIE de redécouvrir les joies de l’hiver. J’ai ENVIE de réapprendre à attendre cette première neige, à sauter pieds joints dans ses bancs blancs. J’ai envie de planter cette carotte en guise de nez en riant. En appréciant le moment tout simplement.

Dites-moi, aimez-vous l’hiver? Pourquoi? Si vous ne l’aimez pas, je vous encourage à revoir vos raisons. En vous écrivant ce texte ce matin, le bout du nez refroidi de ma sortie matinale, je pensais venir me plaindre contre cette saison et j’ai découvert au fil de mes mots que j’ai envie que cela change.

JE VEUX AIMER L’HIVER!

Voulez-vous m’y aider?

Simplement, Ghislaine

La promesse

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J’aimerais vous dire que cette histoire est une histoire. Mais non. C’est mon histoire vraie. 

 

Tu fais quoi quand le désespoir te frappe et que tu réalises que même avec un enfant d’à peine un mois, son comportement ne changera pas et que tu sors en catastrophe de la maison avec ton enfant contre toi, te retrouvant dans la rue à marcher de long en large, le corps et la tête en panique parce que tu réalises que tu veux fuir, mais qu’à force de céder à l’abus financier, tu es sans le sou, que tu n’as plus de travail, pas de voiture, que tu es isolée et complètement coupée du monde extérieur et que tu gardes en secret la réalité dans laquelle tu vis bien enfouie au fond de toi et que tu t’es habituée à rester dans le silence…

Eh bien, tu commences par regarder cette enfant qui vient de naître et tu constates toute la vulnérabilité de ce petit être complètement à la merci de son monde extérieur. Tu en fais ton levier, tu te rappelles ce privilège et tu prends l’engagement : «Jamais tu ne vivras ce que j’ai vécu. Tant que je serai ta mère, jamais je ne te laisserai vivre dans la violence. Je te promets de tout mon être de t’offrir un milieu sain et sécuritaire dans lequel tu pourras t’épanouir et apprendre à briller de tous tes feux.»  Tu ne sais pas comment faire, mais tu lui promets et tu ne perds pas de vue cette promesse…

Mais tu fais quoi quand, malgré la promesse, graduellement, insidieusement, le sentiment d’impuissance prend toute la place à cause de ses manipulations perverses, de son harcèlement en continu, de ses «Crisse de pas bonne» quotidiens et de ses menaces de «Crisse ton camp et je te fais la peau»… et tout ce que tu sembles savoir faire est de garder le silence parce que tu sais que c’est la seule façon de contrôler les crises, et que tu t’étends sur le lit et le laisses faire ce qu’il a à faire… Quand ton estime part en fumée, mais qu’heureusement, après ces sacrifices de toi-même vient un moment de répit… alors tu t’en sers et tu te souviens de la promesse que tu as faite à cette enfant. Tu choisis donc de faire un petit «grand» pas…

Tu commences à en parler… Mais pas à n’importe qui, tu veux te protéger et tu veux agir avec délicatesse. Tu en parles donc spontanément à l’infirmière du CLSC qui est venue te rendre visite un lendemain de crise. Tu craques, tu baisses les armes et la peur dans les yeux, tu lui dis : «J’ai besoin d’aide.»

Avec courage, tu suis les directions qui te sont proposées, mais le cœur serré parce que la DPJ intervient et tu as peur de perdre ton enfant. Tu es déstabilisée et tu n’es pas convaincue à cause du lavage de cerveau que tu as reçu pendant des années qui t’a fait normaliser la violence et t’a coupée de ton senti. Tu collabores quand même, alors tu sors de la maison avec ton bébé naissant, tu écoutes les intervenants t’éduquer sur la violence conjugale, tu vas aux rencontres hebdomadaires qui te sont imposées et, malgré ces efforts, il réussit avec son charisme légendaire à te convaincre et à te faire entendre ses promesses à travers ses menaces que tu n’entends plus. Tu retournes à la maison parce que cette fois-ci, tu as une impression d’être en pleine possession de tes moyens et tu te crois capable de transformer tout cela en un portrait de famille harmonieux. Tu as l’impression de remplir ta promesse…

Mais tu fais quoi quand tu réalises que ses promesses à lui n’étaient qu’un feu de paille et que tu réalises que rien n’a changé à part son comportement qui est devenu de plus en plus insidieux, jusqu’à te faire douter de ta santé mentale, et que tu fais le constat amer que tu n’es plus que l’ombre de toi-même… Quand tu te tapes dessus, tu as honte, tu veux te cacher, tu vois ton existence s’effriter et tu veux disparaître, mais tu entends ton enfant pleurer au loin et tu te souviens de ta promesse…

Alors tu choisis la vie, sauf que maintenant, tu te sens mourir et tu as peur de mourir en quittant cette relation. Mourir en dedans, mourir en dehors… Eh bien, tu te dis que tant qu’à mourir, aussi bien tenter ta chance de partir. Alors tu décides, intérieurement, secrètement, de quitter coûte que coûte cette relation. Tu tiens à remplir cette promesse, tu te prépares et tu uses de stratagèmes.

Sauf que dans ce nouveau choix, tu es confuse; la peur est omniprésente, c’est le néant total, tu te sens épuisée et impuissante, mais tu es responsable de cette enfant. C’est donc non négociable, tu te rappelles ta promesse.

Alors, sans trop savoir comment, tu cesses de te battre, tu te regardes en pleine face et tu acceptes le constat de ta vie. Tu entreprends donc le plus grand voyage que tu aies connu : tu sautes dans ce vide en toi et tu réalises tout ce manque d’amour présent en toi, pour toi. Tu rencontres tes regrets, tes déceptions, tes culpabilités. Tu pleures, tu piques tes crises, ça fait mal, mais au moins, tu t’entends et ça, ça te fait le plus grand bien.

Petit à petit, cet espace se comble avec l’amour que tu commences à te donner. Un sentiment de confiance s’installe et tu arrives à choisir la foi au-delà du doute qui persiste. Tu continues à plonger en toi, à écouter et considérer ce que tu ressens en toi, et tu commences à agir en fonction de ce qui se passe en toi uniquement. Tu apprends, discrètement, à prendre soin de toi. Tu décides enfin de te montrer loyale envers ce qui est important pour toi et graduellement, tu agis en conséquence et la vie te montre le chemin, fluidement, jusqu’au jour «J».

Ce jour-là, à force de te choisir et sans rien forcer, le courage arrive et tu lui annonces que tu pars. Tu ne le quittes pas, tu pars parce que tu te choisis et tu sens que c’est ce que tu as à faire. Mais ça, lui, il ne le comprend pas. Ses réponses donnent froid dans le dos et son comportement te foudroie et te traumatise, mais tu gardes le focus parce que maintenant, tu sais qu’en maintenant le cap sur ce qui se passe en toi, l’erreur est impossible. Parce que tu t’es rapprochée de ton senti, tu es capable de ressentir l’épée de Damoclès au-dessus de ta tête qui ne permet aucune «erreur émotionnelle» et tu ressens le danger. Alors tu agis en conséquence.

Tu tends donc la main pour que l’on t’aide. L’artillerie au complet se présente : policiers, intervenants, DPJ, travailleuses sociales, avocat, maison d’hébergement, CAVAC, IVAC, psychologue, psychiatre, inconnues, amis et nouveaux amis, tout se fait intensément, rapidement, mais fluidement, avec une synchronicité déconcertante. Tu t’es choisie, tu apprends donc que lorsque l’on se choisit, la vie répond à ton appel.  

Deux ans après ta séparation, après t’être retrouvée dans la rue avec ta fille, ton chien et quelques bagages, sans travail et en état de stress post-traumatique, tu fais les merveilleux constats que ce chemin à travers la violence t’a apportés comme apprentissage : tu as appris que tu as aussi droit au bonheur, que tu as le droit de réaliser tes rêves et que c’est possible. Tu as maintenant en toi une foi si grande que le Tout Possible est à ta porte, attendant que tu lui demandes tout ce que tu veux…

Tu touches maintenant à ta liberté d’être et ça, personne ne pourra te l’enlever parce que tu as découvert l’antidote à la violence : l’amour de soi. Plus jamais tu ne te soumettras ou ne te rendras victime de la violence, parce que par amour pour toi, tu sauras prendre soin de toi et faire les choix appropriés. Dans un contexte que tu croyais hermétique à l’amour et où tu te croyais indigne d’être aimée, eh bien, l’amour a toujours été présent et il a réussi à percer les murs de la peur et du doute comme le soleil qui brille derrière les nuages et qui finit toujours par réapparaitre. Mais t’en souviens-tu maintenant? Regarde ta fille et vois : tu as tenu promesse…

B<3

 

Te voilà orpheline

Mon amour, la vie te fait subir aujourd’hui une te

Mon amour, la vie te fait subir aujourd’hui une terrible épreuve. Tous les enfants savent qu’ils devront voir leurs parents partir un jour ou l’autre. Et tous les parents prient pour partir avant leurs enfants. Parce qu’on sait que nos cœurs de parents ne survivraient jamais à la perte d’un enfant… Voir son parent partir, c’est censé être naturel, puisque c’est l’ordre normal des choses. Mais personne ne t’avait dit à quel point ça allait faire mal.

Tu as eu la grande chance de savoir son départ prochain. Le cancer est un mal terrible, qui permet toutefois un choc moins subit. Ça faisait des mois que tu le savais… Ça faisait des mois que tu voyais ce terrible mal s’emparer de cette personne qui t’a élevée. Elle t’a appris à marcher, à manger, à parler… Et dans ses derniers instants, elle n’avait plus la force de se nourrir, de se lever, ni de te raconter à quel point elle avait peur…

Tu aurais dû te préparer à son départ et commencer à faire ton deuil… mais tu étais paralysée par la peur de la voir partir. Être au courant de sa mort imminente, c’est une chose, mais ça ne rend pas la chose moins douloureuse, ni moins terrible. Et tu n’étais pas prête à faire ce deuil. Je le sais…

Je t’ai vu dans la colère et dans le déni, pendant des mois. Qu’est-ce que j’aurais pu faire? Qu’est-ce que je pouvais dire? Te faire la leçon n’aurait servi à rien, et te forcer à parler de ta douleur n’aurait rien donné de bon. Mais te voilà aujourd’hui, devant ce grand lit vide. Ta souffrance est énorme et je ne peux, encore aujourd’hui, rien faire pour te soulager…

Mais je tenais à t’écrire cette lettre. Parce qu’aujourd’hui, tu te dis que tu seras seule à ton mariage. Que personne ne sera là pour te prendre dans ses bras quand tu mettras ton premier enfant au monde. Que tu feras face à un immense vide lorsque tu vivras tes peines… Mais tu as tort. Tu as tellement tort. Principalement, parce que tu auras sur toi, tous les jours de ta vie, le regard de tes parents qui t’aiment, peu importe où tu iras. Je te le promets.

Et je te promets que je serai là. Je serai là pour t’écouter quand tu seras en colère. Je serai là pour te bourrer de chocolats et de crème glacée quand tu vivras de grandes peines. Je serai là pour te serrer dans mes bras, chaque fois que tu en auras besoin. Et je crierai avec toi, chaque joie que tu voudras bien partager avec moi.

Je ne remplacerai jamais tes parents. Mais je te promets d’être la sœur que tu n’as jamais eue. Et sache que peu importe ce que l’avenir te réserve, ils seront fiers de toi. Parce que tu as été la plus merveilleuse des filles qu’ils auraient pu avoir.

Je t’aime.

Et tout va bien aller.

Promis.

Joanie Fournier

Le syndrome du frigo en inox

« Je te le jure promis juré! Si on achète un frigo en inox, je vais le nettoyer tous les deux j

« Je te le jure promis juré! Si on achète un frigo en inox, je vais le nettoyer tous les deux jours. Tu ne verras JAMAIS de traces de doigts dessus. Pleeeeaaaase! »

Ben oui, c’est ça. Tu sais qu’il ne tiendra pas sa promesse. Tu sais même que tu seras déçue. Mais tu ne considères pas que refuser un frigo en inox fait partie de tes droits de veto. En couple, on décide à deux, et il a tellement l’air d’y tenir!

« On verra bien combien de temps ça tiendra… »

Comme plusieurs promesses, ça dure une semaine, tout au plus. Après, c’est le retour des traces de doigts et des coulisses de lait sur la porte du frigo. As if qu’il aurait nettoyé quelque chose tous les deux jours.

Les enfants ont la même maladie : la promesse-en-l’airite. « Je te jure! Je vais faire mon ménage de chambre dès que je serai revenue de jouer chez mes amies! Je vais même passer mon balai sans que tu me le demandes… » Euh… non. Expérience de parent oblige, je sais parfaitement qu’une fois revenue à la maison, tu seras trop 1 — fatiguée 2 — épuisée 3 — affamée 4 — soudainement alzheimer (« J’ai jamais promis ça! »). Je me suis déjà fait avoir par tes beaux yeux suppliants de petit caniche battu. Une balle, une prise. Après, retirée. Alors là, ça s’appelle ménage ET devoirs. Quand tu m’auras prouvé à plusieurs reprises que tu es fiable et que je n’ai pas à te menacer supplier pour que tu ranges ton bordel ta chambre, on pourra assouplir la règle.

Pour moi, les promesses sont importantes. Ce sont des engagements pris sur la tête de notre respect mutuel. Si je dis que je vais arriver à l’heure ou préparer ton repas préféré pour ton anniversaire, ça prendra un méchant tsunami pour m’en empêcher. Mais pas nécessaire de m’appeler Sainte Maman. La personne envers qui je tiens le moins mes promesses, c’est moi. Je vais me coucher plus tôt. Je vais marcher pendant la pause du midi. Je vais respirer par le nez. Je vais prendre le temps de boire mon thé chaud le samedi matin. Je vais arrêter de m’arracher la peau des doigts… oups! Je passe souvent tout droit sur mes promesses à moi-même.

Est-ce signe que je m’auto-manque de respect? Que je m’oublie? Que je ne mets pas la même valeur à la relation que j’entretiens avec moi-même qu’à mes relations avec les autres? Peut‑être. Peut‑être aussi que j’ai besoin d’une personne qui m’aime assez pour m’aider à tenir mes promesses. Peut‑être tout simplement que je devrais vivre dans le « je-maintenant » et non dans le « je-vais ». Je me couche maintenant, il est tôt. Bravo à moi. Je marche ce midi. Bravo à moi. Je respire par le nez. Afuuu afuuu. Bravo encore. C’est samedi, mon thé est chaud, je le bois. Menoum! Ark, de la peau de doigt! Maintenant, je tiens mes promesses.

Et j’aimerais que les personnes de mon entourage sentent tout mon soutien et mon amour. Qu’elles le sentent assez pour tenir les promesses qu’elles me font. Ou admettent qu’elles ne frotteront pas l’inox tous les deux jours. Ou rangent leur chambre sans négociation. Out, le syndrome du frigo en inox!

 

 

Nathalie Courcy