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Césarienne : On m’a volé mon bébé.

Tu bougeais dans mon ventre, nous étions ensemble, tu étais en moi

Tu bougeais dans mon ventre, nous étions ensemble, tu étais en moi. Lorsque je mettais ma main sur ma bedaine, tu venais te blottir… Et d’un coup, sans prévenir, la douleur a commencé. Si fort. J’avais si mal. Tu allais arriver! Je ressentais un mélange de joie et de terreur. Ta naissance était imminente!

Lorsque j’ai compris que ça n’allait pas… quand j’ai vu les médecins et les infirmières courir… Quand j’ai croisé leur regard grave… l’angoisse c’est installée en moi. Que se passait-il?
Tout est allé vite, si vite, trop vite.
Je me suis retrouvée seule au bloc opératoire, sans mon chéri à mes côtés. Seule avec cette idée que nous allions mourir toi et moi. Seule avec ce chirurgien qui m’annonçait qu’il me couperait en deux et te sortirait de mes entrailles.

On m’a volé mon bébé. On l’a arraché de moi. On m’a volé ta naissance. Je ne t’ai pas mis au monde : j’ai été opérée d’un enfant. On m’a volé mon estime de moi. On m’a volé ma maternité. On t’a sorti violemment de mon corps.

Puis il y a eu la douleur. La douleur lancinante qui me prenait la joie de ta venue au monde. Chaque respiration faisait mal. Clouée dans mon lit d’hôpital, accrochée aux tubulures, me tordant de douleur. C’était ça, être maman?
Je ne pouvais pas me lever, alors… j’ai manqué ton premier bain, j’ai manqué tes premières couches, j’ai manqué tes soins. Il a fallu que tu aies trois jours avant que je te vois tout nu. À chaque pas, j’avais mal. Mal à mon ventre et mal à mon âme. On m’avait volé mon bébé.

Je me suis sentie devenir mère en bataillant comme une folle contre les professionnels de santé, pour te donner exclusivement mon lait. Mon corps fabriquait ça pour toi. On m’avait volé ta naissance, alors je me suis vengée. Mon corps n’avait pas été capable de te mettre au monde, mais il t’a nourri pendant deux ans.

La césarienne est une chirurgie. Ce n’est pas anodin. La cicatrice fait mal longtemps. Chaque fois que tu tétais, mon ventre se tordait douloureusement. Je ne pouvais pas manger normalement, j’avais si faim! Pour moi, la césarienne était un échec, une défaite.

Et il y a les gens…

– Tu es chanceuse, tu es comme neuve en bas.
– Au moins, tu n’as pas ressenti la douleur des poussées.
– J’aurais tellement aimé avoir une césarienne…

Oh! non, tu n’aimerais pas ça… ça hypothèque ta santé pour le reste de ta vie. Il faut des mois pour s’en remettre et une année pour ne plus avoir mal à chaque cycle qui revient. Il y a tout ce sang que tu perds, il y a les adhérences, il y a le risque d’infection, la crainte de faire une phlébite et les injections d’anticoagulants que tu dois t’administrer chaque jour pendant des semaines.
Crois-moi… ça ne te tente pas…

Une semaine après la naissance, en poussant la porte de la maison, j’ai fondu en larmes. Ça ne devait pas se passer comme ça. Dans mon livre à moi, notre histoire ne s’écrivait pas ainsi. On m’a volé mon bébé…

Accoucher d’un bébé du temps des Fêtes

Mettons quelque chose au clair tout de suite : mon but n’est pas

Mettons quelque chose au clair tout de suite : mon but n’est pas de partir un débat sur la meilleure ou la pire période de l’année pour accoucher. Mais on s’entend qu’une naissance entre Noël et le Jour de l’An, ce n’est pas le jack pot? Pour les parents quand ça arrive et pour l’enfant tout le reste de sa vie…

Mes deux filles aînées sont des bébés de printemps. La belle vie, à part pour le prix exorbitant des manteaux d’hiver de maternité et pour les risques de chutes sur la glace. Crampons aux bottes et bras galants pour nous soutenir font habituellement le travail.

Mon médecin a déclenché mon troisième accouchement à quarante semaines un 25 janvier, sinon j’aurais accouché de Hulk. Il n’y avait plus grand’ place pour la tourtière et les petits œufs farcis, mais j’ai pu danser quelques gigues pendant les partys des Fêtes. Surtout, mon garçon peut inviter des amis à sa fête sans qu’ils soient déjà coincés dans des soupers de Noël ou partis se chauffer la couenne dans le Sud.

Mais pour mon dernier, ce sera différent. On l’attendait vers le 10 janvier. Je n’avais jamais accouché à l’avance, ma poche des eaux ne crevait jamais seule, bref, on s’attendait à ce qu’il cuise au four jusqu’à sa date prévue le lancement.

En novembre, j’ai attrapé une saleté de bronchite. Soignée naturellement et à grands coups de repos et de liquide. De rendez-vous médical en rendez-vous médical, les choses ne s’amélioraient pas. «Je ne donne pas d’antibiotiques, c’est presque fini», me répétait le médecin. Pendant ce temps-là, je toussais ma vie.

Quelques jours avant Noël, je suis allée voir le spectacle de Jean-Michel Anctil avec mon amoureux. On a ri comme des fous, mais on a aussi toussé sans arrêt pendant trois heures. Je m’excuse aux personnes des rangées J et K du balcon de la salle Odyssée. Le lendemain, chaque fois que je toussais, une minuscule quantité de liquide coulait. Je savais bien que ce n’était pas de l’urine. Mais je préférais jouer à l’autruche pour ne pas accoucher avant trente-sept semaines.

On a passé Noël dans notre cocon familial. Mon format gargantuesque faisait de la compétition à la largeur du sapin de Noël. Et gagnait. Je n’osais pas dire à mon mari que ma poche des eaux était sûrement fissurée, je ne voulais pas qu’il me force à entrer à l’hôpital.

Noël a passé. L’anniversaire de ma mère a passé (c’était déjà difficile pour elle d’avoir sa fête entre le petit Jésus et la nouvelle année, je ne voulais pas en plus lui faire le coup du nouveau-né qui vole toute l’attention!). Le 29 décembre, à cinq heures du matin, j’étais réveillée et ça coulait doucement entre mes jambes. À peine plus que la veille. À sept heures : «Chéri, faudrait que tu te lèves. Je vais aller à la maternité, je suis pas mal certaine que c’est aujourd’hui qu’on va rencontrer notre petit chou. »

« Ben voyons! Tu n’as même pas de contractions! »

J’ai appelé une amie pour qu’elle m’accompagne jusqu’à l’hôpital. Ma mère pour qu’elle annule son souper des Fêtes (désolée encore!) et qu’elle se tape cinq heures de route en pleine tempête pour prendre le relais auprès des enfants. L’hôpital pour qu’ils préparent le test qui détecte le liquide amniotique.

Pendant que le papa finalisait les bagages et le ménage, je me conduisais moi-même vers l’hôpital. « Bon ben, madame, c’est aujourd’hui que ça se passe! »

Le temps d’installer le soluté et de shooter l’ocytocine, j’ai pu finir de tricoter le bonnet de naissance de mon bébé. « Ouin, c’est pas votre premier, hein? »

« Non, mais c’est le premier dans le temps des Fêtes ».

Un beau bébé est arrivé un peu après le souper, et on a pu retourner à la maison le 31 décembre en après-midi. Notre réveillon a été magasiné dans le rayon des surgelés à 16 h 44. J’ai regardé le Bye Bye avec mon mari pendant que j’allaitais mon nouveau-né.

Depuis, mon fils reçoit tous ses cadeaux de l’année en moins d’une semaine, la moitié des présents emballés en rouge et vert, les autres  avec du papier d’anniversaire. Ou il reçoit des plus gros cadeaux. Il fêtera son anniversaire avec ses cousins et ses cousines plutôt qu’avec ses amis tant que nous célébrerons les Fêtes ailleurs qu’à la maison. Il aura sûrement ensuite une « fausse fête » après le retour à la routine scolaire.

Peut-être qu’à l’occasion, il sera de ceux qui vont dans le Sud pour se faire dorer la couenne pendant les vacances des Noël. Mais peu importe, nous essaierons chaque année de lui créer des souvenirs uniques de son anniversaire.

Nathalie Courcy

5 bonnes raisons de te payer une chambre privée lors de ton accouchement

Je ne sais pas pour vous, mais à l’hôpital où j’ai accouché,

Je ne sais pas pour vous, mais à l’hôpital où j’ai accouché, nous devons payer (pour avoir la paix) si on veut une chambre privée. À mon premier accouchement, je l’ai eu tout au long de mon séjour. Pour ma petite dernière, ça l’air que tout le monde s’est donné le mot pour accoucher ce week-end-là (non, c’était même pas la pleine lune!), donc on a dû avoir ce qui restait…

 

Je vous résume en cinq points le pourquoi tu dois investir dans une bonne chambre privée

 

1- Deux, trois ou quatre bébés qui pleurent en même temps (ou pas!), ça fait que tu n’as JAMAIS le temps de te reposer. Si tu pensais avoir des cernes, attends après quelques mois de manque de sommeil, elles vont te sauter dans face chaque fois que tu croises un miroir! Donc, trois minutes de sommeil consécutives, c’est déjà ça de gagner!

2- Déjà, ta propre visite te tente pas. Imagine voir matante Ginette pis Mononcle Jacques de ta voisine de droite. Non merci.

3- Prendre une douche quand ça te tente, sans tes gougounes (pour pas pogner une maladie quelconque qui s’attrape par les pieds), ça n’a pas de prix.

4- Quand tu as une toilette commune avec la chambre d’à côté, ça se peut que la fille “oublie” de débarrer la porte de ton côté, si tu veux aussi aller faire ton petit pipi. Pis après cinq fois, ça se peut que ton chum soit ben écoeuré d’aller cogner dans sa chambre pour lui dire de peser sur le piton.

5- Tu ne veux PAS retrouver un poil de je-ne-sais-quoi-mais-j’aime-mieux-pas-le-savoir (qui ne t’appartient pas) sur le bord du lavabo. Lavabo où tu te brosses les dents, tsé. Je vous jure que ça m’est arrivé!

 

Ça fait que tes quelques cents dollars investis (oui, c’est cher!), ils valent vraiment la peine. Ton week-end à Tremblant peut attendre. De toute façon, tes sorties de couple pour la prochaine année seront à peu près nulles (sauf si tu comptes l’épicerie pour une sortie).

 

Sur ce, bon séjour!

La naissance d’Isaac

Je te porte au creux de mon être depuis maintenant 39 semaines et 5

Je te porte au creux de mon être depuis maintenant 39 semaines et 5 jours. Quel bonheur cette grossesse. Je me sens bien avec toi et j’ai la chance de la vivre comme je la sens.

 

Ton père et moi attendons ta venue

 

Ton père est extraordinaire avec nous. Il est attentionné et protecteur. Il te parle et te chante des chansons tous les jours. Notre suivi avec la sage-femme est au-delà de nos attentes. On se trouve chanceux d’y avoir droit; de pouvoir échanger, questionner et en apprendre sur ton développement dans le respect de nos choix et de nos envies.

39 semaines et 5 jours à t’attendre, à t’imaginer, à préparer ton arrivée dans notre maison et dans notre coeur. C’est long, mais pourtant, je ne m’attendais pas à te rencontrer tout de suite. Va savoir pourquoi, mais je croyais qu’avant d’accoucher, il fallait arriver au stade « à-boutte-pu-capable-ben-tanné » et moi, je ne l’étais pas. Bien sûr, il y a eu des moments plus difficiles! Il y a eu des maux de coeur, de la fatigue, des maux d’estomac… Et on va se le dire, présentement, je suis de moins en moins mobile. Ton père m’appelle d’ailleurs affectueusement Moby, en référence à Moby Dick. Par contre, je ne me suis jamais sentie aussi calme, aussi confiante et aussi privilégiée. De toute façon, c’est bien vrai que tu arrives, car je viens de perdre mes eaux!

 

Tu es en route

 


Il est minuit, ton père n’est pas encore couché. Je viens de me réveiller en sursaut et bien trempée. J’ai comme un vertige, ça y est, le moment est venu. Je me suis tellement préparée pour ce jour-ci et je suis restée ancrée à mon coeur, malgré les commentaires empreints de peur que l’on m’ait fait :

– Tu accouches à la maison? Mais si ça ne va pas? Si le bébé est trop gros?

– Pourquoi ne pas te faire de plan b avec un gynécologue juste au cas où?

Des fois je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais, comme si on était dans un film, une caricature. Heureusement j’avais le soutien de notre entourage et surtout, celui de ton père. Nous avions le désir commun de te voir naître le plus naturellement possible pour que ton arrivée sur cette terre soit douce. Je me suis réfugiée dans notre bulle d’amour et de convictions, bien loin de la peur et des idées qu’elle nous laisse en tête, mais là, ça y est, on va découvrir si j’ai été sereine ou simplement naïve.

Les contractions commencent rapidement. Ton père appelle la sage femme, puis j’appelle ta grand-mère puisqu’elle assistera à l’accouchement. On allume des petites lumières en papier de riz et la lampe de sel; l’éclairage est doux. Je me sens bien, couchée en cuillère avec ton père. Puis le rythme et l’intensité augmentent. Ton père va préparer la piscine d’accouchement et je m’installe sur mon ballon d’exercice en écoutant un mantra, l’« Om shanti », paraît que ça aide à ouvrir le coeur… En tout cas, ça me calme et m’aide à entrer dans cet espace avec toi, loin de tous mes repères, dans une sorte de trans, de monde parallèle. Il n’y a plus de temps, plus rien qui existe autour. Je suis entièrement absorbée par toi et par les vagues de contractions qui nous rapprochent de plus en plus.

À chaque contraction, je fais un son grave en soufflant sur mon ventre comme pour t’aider à descendre. J’imagine des vagues; j’apprivoise la douleur. Ton père est présent et nous accompagne à chaque contraction. Il me tient la main, me caresse, m’aide à me déplacer. Ta grand-mère prépare des compresses d’eau froide, elle me serre dans ses bras et m’encourage. La sage femme vient nous voir régulièrement pour écouter ton coeur, tout va bien.

Après quelques heures de travail à passer de la piscine au lit, du lit à la toilette et de la toilette à la piscine, je me sens épuisée. Les vagues que j’imagine sont plutôt devenues un tsunami. Ton père et moi, on dort entre les contractions; nous sommes épuisés. La sage femme vient me voir et je lui en parle, elle me prend dans ses bras avec toute la douceur du monde. Elle me rappelle le sens de cette douleur. Elle a raison, cette douleur elle n’est pas veine! Elle provoque un flot d’hormones pour moi, et duquel tu profites par la bande. Cette douleur me permet de t’accompagner physiologiquement vers notre rencontre. Je tente de m’accrocher à cette pensée. Je ne souffre pas : je t’accompagne!

Le temps passe et je sens que les contractions sont différentes. Après vérification, ça y est : la poussée peut commencer. Cette nouvelle m’apaise, j’ai enfin l’impression que notre rencontre approche. Je suis si bien dans le lit, entourée de tout mon monde, que je refuse de retourner à l’eau. Tu vas naître ici, dans notre lit. Ton père me dit souvent que je prends beaucoup de place quand je dors, que j’empiète sur sa moitié de lit. Et bien, imagine-toi donc qu’instinctivement, c’est de son côté que je me suis placée. Tu vas naitre dans son espace! On m’apprend qu’on voit ta tête. Je la touche, je n’y crois pas.

 

Tu es maintenant avec nous

 

Puis, quelques instants plus tard, c’est tout ton corps qui est posé sur le mien. Jamais je n’ai été si heureuse de voir apparaître quelqu’un! Tu pousses un petit cri, puis tu nous observes, l’air de dire : «Mais veux-tu bien me dire ce qui vient de se passer ? ». Je ferme les yeux et respire longuement. Toutes les personnes présentes pleurent de joie. Après un court moment, je demande : « Est-ce une fille ou un garçon ? » La sage femme m’invite à le découvrir par moi-même. Pas question que je te bouge, je préfère aller toucher avec mes mains.

 

Tu es un garçon; mon fils

 

On se colle en « peau à peau », puis ton père coupe le cordon qui a cessé de battre. C’est à son tour de te prendre en « peau à peau », quoiqu’avec lui, le terme « peau à poil » est plus juste. Pendant ce temps, je pousse le placenta qui t’a nourri.

Après, nous sommes réunis de nouveau et on s’installe pour te nourrir. On dirait que tu as fait ça toute ta vie! ? Tu têtes comme un champion et le colostrum coule bien. C’est le début d’une belle histoire d’allaitement, sans douleur, rien que du bonheur!

Quelques heures plus tard, on te pèse et te mesure. Et un peu plus tard encore, tout le monde quitte la maison. Nous sommes seuls : toi, ton père et moi. Seul au monde, dans notre belle bulle d’amour, submergés par nos émotions. Nous sommes maintenant une famille, grâce à toi, bébé d’amour! Je vous regarde dormir ton père et toi, et je me sens fière d’avoir cru en notre projet d’accouchement.

 

Huit mois plus tard, je ne retiens ni la douleur ni les heures de travail de cet accouchement. Je garde plutôt la force de mon corps, cette puissance extrême qui s’est mobilisée en moi comme en des milliers de femmes, avant et après moi. Ce moment si intense partagé avec des gens que j’aime, chez moi, dans ce lit qui ta vu naître.

 

Ce travail d’équipe : cette connexion qui nous lie à jamais, toi et moi, mon beau Isaac.


Je t’aime,

Merci.

Mon accouchement mono

Il était 2h30 du matin quand tout a commencé. J’étais seule à

Il était 2h30 du matin quand tout a commencé. J’étais seule à la maison avec ton grand frère. J’essayais de rester calme, de penser à tout et de ne rien oublier. Habituellement, cette aventure se vit à deux. Dans mon cas, c’était un accouchement « mono », sans ton père, et ça, je le savais depuis le troisième mois de ma grossesse.

Une fois ton grand frère parti chez son père, j’avais le droit de paniquer. J’avais le droit de pleurer toutes les larmes que j’avais retenues durant les six derniers mois. Tu as été conçue, désirée et prévue à deux, mais j’allais te mettre au monde seule, sans ton père. Mon plan? Mamie et marraine seraient là. Parfois, la nature se fout bien de nos plans.

Mamie et moi étions arrivées à l’hôpital à 3h50, tu es née à 4h10. Tellement pressée que marraine n’a même pas eu le temps de se rendre pour ta naissance. Les soirs de pleine lune, tout va vite y parait! 

Je me rappelle qu’entre deux poussées, j’avais envie de pleurer. Pas parce que j’avais mal physiquement, mais parce que j’avais mal mentalement. Ma mère était présente et ça me rassurait. Malgré le fait que j’étais contente qu’elle soit là, une partie de moi se disait que ce n’était pas comme ça que j’avais prévu les choses lorsque nous avions décidé, ton père et moi, d’avoir un enfant. Ça ne devait pas être ma meilleure amie qui vienne aux échographies avec moi. Ça ne devait pas non plus être ma mère qui me tienne la main pendant que je poussais. Ce n’était pas un accouchement en tant que mère monoparentale que j’avais prévu.

Il était 7h30 du matin. Mamie et marraine étaient retournées à leur maison. Le département de la maternité commençait peu à peu à se réveiller. Dans ma chambre d’hôpital, assise dans mon lit, je ne cessais de te regarder, toi ma petite merveille. Ce qui me frappait, c’est que j’étais seule sur mon nuage. J’aurais tant aimé vivre ces moments à deux, avec ton père. L’infirmière était entrée dans la chambre en laissant la porte ouverte. Pendant qu’elle t’examinait, mon petit bout d’humain, je regardais les gens défiler dans le corridor. Je ne peux décrire le sentiment qui m’habitait à ce moment-là. Je voyais des futures mamans en contractions, avec les papas en arrière qui semblaient impuissants. Mais ils étaient là et ils faisaient de leur mieux. Je voyais des couples se promener avec leur mini tout neuf, l’air heureux et des familles qui venaient leur rendre visite. Et il y avait nous, en tête à tête. Nous étions seules pour débuter cette grande aventure. J’étais triste et je me sentais coupable. J’étais jalouse et envieuse de tous ces couples, ces familles. J’aurais aimé que quelqu’un me prenne dans ses bras et me dise « tout va bien aller ».

Présentement, je regarde la merveille que je viens de mettre au monde, toi, il y a quelques heures seulement. C’est dans tes yeux que je trouve le courage de continuer. C’est ça notre famille. Simplement nous trois et c’est parfait comme ça.

Maman

Deuil périnatal: Anthony aurait 10 ans

Selon des statistiques présentées récemment, une grossesse sur ci

Selon des statistiques présentées récemment, une grossesse sur cinq ne se rend pas à terme. Une sur cinq, c’est beaucoup! Ce qui me vient automatiquement en tête, en lisant cela, est le mot «fausse couche». C’est en effet, malheureusement, quelque chose de fréquent et le cauchemar de toute femme enceinte. Parfois, il arrive que le «1 sur 5» survienne plus tard, beaucoup plus tard et ce fut mon cas. À ce stade, on ne parle plus de fausse couche, mais de mort in utero.  Voici mon histoire, celle de mon conjoint et de notre petit ange, Anthony.

J’avais alors 32 ans et la grossesse s’était déroulée sans problèmes, pas même un diagnostic de diabète gestationnel. Un soir de juin, je me lève pour aller à la toilette et je sens quelque chose d’anormal: mes eaux viennent de crever. Je suis alors à 35 semaines de grossesse. Il n’y a pas beaucoup de liquide et il est foncé. Après un appel à Info Santé, on me dit de me rendre d’urgence à l’hôpital, ce que je fais. À mon arrivée, on cherche le battement du coeur de mon bébé, sans succès. L’infirmière me dit que c’est normal, selon la position il est possible qu’on ne l’entende pas, rien d’alarmant, une échographie sera faite pour vérifier que tout va bien.  Je suis seule avec ma mère dans la chambre, mon père est dans le corridor et mon conjoint est au travail croyant à un possible faux travail.

L’échographie est passée et quelques secondes avant l’annonce, mon cerveau comprend. Je vois mon fils sur l’écran et il a l’air de «flotter» dans mon ventre. Je ne vois pas le clignotement de son cœur sur le moniteur. «Mme St-Onge, nous sommes désolés…» et puis black-out total. Ma mère pleure et va chercher mon père. J’ai des larmes qui coulent, je suis dans un autre monde et je ne comprends pas ce qui se passe. Ma seule pensée est que je porte la mort en moi, alors que je devais donner la vie.

Mon conjoint appelle à la maternité pour avoir des nouvelles. C’est alors que je sors de mon état pour crier au téléphone : « Anthony est mort !!». Puis de nouveau, je retourne dans un état proche de celui de zombie pour plusieurs heures. Avant mon entrée à l’hôpital, je planifiais quand et comment le baptême se ferait et là, je devais planifier des funérailles.

Mon obstétricien m’annonce que je devrai accoucher normalement, ils vont aider le travail et j’aurai droit à tout ce que je veux pour soulager la douleur physique. Pour la douleur psychologique, il n’y a rien à faire.

Je passe donc de longues heures en salle d’accouchement, j’ai espoir jusqu’à la dernière minute que les médecins se soient trompés et qu’Anthony, contre toute attente, pousse un hurlement à sa sortie.

Ce fut le silence le plus complet et le plus total. On me demande si je veux voir mon bébé, pour moi ce n’est pas une question que l’on doit me poser. Je demande et j’exige de le voir, maintenant, tout de suite. «Mettez-le-moi dans les bras AVANT d’expulser le placenta et vérifier si j’ai déchiré, pas après comme vous me le proposez.»

anthony-lavigne1Il est là, dans mes bras, et il est parfait. Dix doigts, dix orteils, deux bras, deux jambes, deux belles grosses joues que je n’arrête pas d’embrasser. Il est beau, tellement beau. Un beau gros bébé, exactement comme celui dont j’avais tant rêvé. Je ne sais pas combien de temps je suis restée avec lui, dans mes bras, dans la salle d’accouchement, mais ce fut trop court.

On m’a ramenée à ma chambre, à un étage autre que celui des naissances pour ne pas que j’entende les bébés pleurer dans les chambres autour. On m’a dit que je pouvais demander qu’on m’apporte mon bébé à n’importe quel moment. Une fois seule dans ma chambre, tard en soirée, j’ai fait cette demande. On m’a apporté Anthony, il était froid et rougi. Je n’entendais plus les infirmières rire entre elles au poste de garde, c’était le silence le plus total. J’ai bercé Anthony, je lui ai chanté une berceuse, je lui ai demandé pourquoi il était parti et si j’avais fait quelque chose de mal pour qu’il ne veuille plus que je sois sa mère.

En juin dernier, Anthony aurait eu 10 ans. J’aimerais vous dire qu’avec le temps, la peine s’estompe, mais ce n’est pas vrai. On s’habitue à l’absence, mais on ne l’accepte pas. Le deuil périnatal, contrairement au deuil auquel nous sommes habitués, est un deuil d’avenir et d’espoir. Quand on perd un proche, nous nous accrochons aux souvenirs que nous avons avec cette personne et au temps passé avec elle. Un deuil périnatal, c’est le deuil de l’espoir que nous avions pour ce petit être en formation.

J’ai au total 12 photos de mon fils, car on m’a encouragée à le faire.  J’ai également la tuque qu’on lui a mise et la couverture qu’il avait à l’hôpital. Ce sont mes uniques souvenirs d’Anthony.

anthony-lavigne-2Je suis retournée travailler après les 18 semaines de congé de maternité auxquelles j’avais droit. Le papa a dû rentrer travailler le lundi suivant puisque le gouvernement ne reconnaît pas le congé de paternité dans ce genre de situation.

Le 15 octobre est la journée mondiale de la sensibilisation au deuil périnatal. Je vous invite à avoir une pensée pour toutes ces familles ayant eu un parcours similaire ou différent du mien et à leurs petits anges qui leur sourient là-haut sur leurs nuages.

39 semaines et 5 jours

Au moment où j’écris ces lignes, j’en suis à 39 semaines et 5

Au moment où j’écris ces lignes, j’en suis à 39 semaines et 5 jours de grossesse. Pis je suis tannée. Mes doigts ont de la misère à taper tellement ils sont enflés et ça c’est sans parler des six fois où je me suis levée pour aller faire pipi (pas plus que 3 gouttes, ben sûr!). Pis pense même pas à éternuer (je te laisse deviner pourquoi).

Pour certaines, être enceinte est le moment le plus merveilleux et magique de leur vie. Pas moi. Dès 6 semaines, petit pois vert qui s’était bien installé, me faisait sentir hangover 24/7. Merci Diclectin.

Bon ok, il y a peut-être le deuxième trimestre qui est un peu plus le fun. Tu recommmences à avoir le goût de faire l’amour. Parfois. Parce que quand tu as déjà une terrible two, ta vie amoureuse (et intime) a déjà pris le bord! Donc, oui quand tu ne baves pas sur ton oreiller à 21h, ça se peut que ton chum reçoive un peu d’affection! Pis il y a aussi le fait que ton petit pois devenu un pamplemousse, ou une courge (ça dépend de l’application que t’as téléchargée sur ton cell) commence à bouger dans ton ventre. Ça c’est le fun.

Et il y a le troisième (et i-n-t-e-r-m-i-n-a-b-l-e) trimestre. Quand tout le monde te regarde comme une extraterrestre au centre d’achat (pas plus tard qu’hier). Quand des étrangers veulent te taponner le bid, et qu’ils te posent des questions genre “Ça s’en vient tu ce p’tit là?” “J’espère qu’il y en a deux!”. J’espère que je me souviendrai de ces moments-là le jour où j’aurai la tête blanche et qu’il me viendra un commentaire tata en voyant une femme enceinte.

Bref, j’ai juste hâte de chanter “Libérée, Délivrée!” comme la poupée Elsa de ma fille (dont les batteries marchent encore même si elle l’a reçue à Noël passé. Pas tuable!) Mais en même temps, comme mon chum me répète depuis des mois, “profites-en, tu vas t’ennuyer de ta bédaine!”. Ben oui, c’est vrai, elle va me manquer, une fois que j’aurai perdu les 40 livres de ma grossesse et que ma deuxième fille va marcher et parler. J’aurai peut-être envie d’en avoir une autre “belle bédaine”, mais pour l’instant, je magasine la vasectomie de mon chum.

Ah oui, je profite aussi des derniers moments de paix et de calme dans ma maison (ok faut le dire vite, ça c’est quand j’ai pas une crise du bacon, minimum 3 fois par jour), parce qu’une fois que tu as pondu ton nouveau-né, c’est le cirque de la visite qui commence. Parce que même si tu dors pas plus qu’une heure consécutive par nuit pis que t’es verte, ils ont donc hâte de voir ton rejeton! Il paraît que c’est moins pire au deuxième. Je vous reconfirme ça dans quelques jours (si elle peut finir par sortir!).

Un nouveau bébé = 2 déjeuners gratuits

Je ne sais pas pour vous, mais le déjeuner est mon repas préféré de la journée ! Que diriez-vou

Je ne sais pas pour vous, mais le déjeuner est mon repas préféré de la journée ! Que diriez-vous d’avoir des déjeuners gratuits post accouchement?

En effet, certains restaurants Cora offrent aux femmes qui viennent d’accoucher un déjeuner gratuit pour elles et leur conjoint. Pour profiter de cette promotion, il suffit de remplir un coupon lors d’une visite en restaurant. Ensuite lors du séjour à l’hôpital, une fois le bébé né, le partenaire peut aller chercher deux déjeuners à emporter en présentant son bracelet d’hôpital et son coupon. Les nouveaux parents peuvent donc se régaler d’un bon déjeuner réconfortant  et passer leur tour sur la bouffe d’hôpital. 😉  Toutefois, ces offres sont des promotions locales qui sont disponibles uniquement chez les restaurants participants. Les promotions peuvent aussi différer d’un restaurant à un autre. Le plus simple pour les personnes intéressées serait d’appeler au restaurant Cora près de l’hôpital où ils iront pour savoir si celui-ci offre la promotion et quelles sont les conditions.

smoothie

Par ailleurs, certains restaurants offrent aux femmes enceintes un smoothie aux fruits gratuit à l’achat d’un repas. C’est une belle attention pour les futures mamans.

Nouveaux parents, régalez-vous !

La grâce d’une césarienne

Césarienne, MERCI! Et non, ce n’est pas un « merci » sarcastique; c’en est un sincère e

Césarienne, MERCI!

Et non, ce n’est pas un « merci » sarcastique; c’en est un sincère et senti.

Bon, j’entends d’ici plusieurs césariennées hurler dans leur salon : « Veux-tu, m’a t’ouvrir le ventre avec un couteau, moé, espèce de sadique fini! Tu vas voir c’que c’est que de monter un escalier avec une cicatrice digne des pires films d’horreur! » Laissez-moi vous expliquer. Je sais que mon remerciement peut paraître sans cœur; la césarienne est rarement le premier choix des filles et avec raison d’ailleurs. L’accouchement naturel reste la méthode à prendre quand la situation le permet. Plusieurs voient même cette chirurgie comme un échec et prennent beaucoup de temps à s’en remettre physiquement, mais psychologiquement aussi. Toutes mes pensées vont vers elles. Vraiment. Mais dans notre cas, L’amoureuse et moi, on s’entend pour dire que l’épreuve de la césarienne ne nous aura pas amené que du mauvais. Bien au contraire.

J’dois quand même préciser que nous n’avons pas subi une césarienne d’urgence, mais bien une planifiée. Ça enlève déjà là une partie de drame. C’est d’un commun accord, mais tout de même avec les larmes aux yeux d’inquiétude et de peur, que nous avons décidé de respecter le choix de L’héritier de rester bien assis sur ses fesses jusqu’à l’arrêt complet de l’appareil. Évidemment, ça n’a pas été facile pour L’amoureuse : douleurs, difficultés à s’occuper de son bébé toute seule dans les premiers jours… Mais l’histoire retiendra qu’au final et après un recul bien mérité, c’est précisément cette tournure des événements qui a fait de moi un papa responsable et proactif plutôt qu’un papa qui avance à tâtons dans ses nouvelles fonctions. Disons que j’ai eu intérêt à apprendre vite pour être complètement autonome. Comme quoi, dans la vie, le meilleur moyen de ne pas avoir trop froid quand on va se baigner, c’est de se saucer d’un coup.

Évidemment que j’aurais préféré que L’amoureuse ne passe pas sous le bistouri; Dieu sait que si j’avais pu, j’aurais subi tout ça à sa place. Comme ça, elle aurait pu profiter pleinement des tout premiers moments de bébé si importants pour la mère et son enfant. Mais sa consolation a été de se retrouver rapidement en équipe avec un père rodé sur pas mal tout : les couches, le nettoyage du nombril, le bain, le poudrage, l’emmaillotage, le berçage, le biberonnage. Tout.

Moi, dans le passé, je n’ai jamais imaginé devenir père un jour et je n’ai jamais eu de bébé dans mon entourage. À la limite, ils m’intimidaient. J’ai donc la furieuse impression que si ma blonde avait accouché naturellement, et avait pu s’occuper à sa guise du poupon dès la première heure de sa vie, j’aurais sûrement eu une période d’adaptation plus longue et j’aurais été très timide dans mes initiatives avec L’héritier. Mais là, comme L’amoureuse devait convalescer, j’ai rapidement chaussé mes patins et j’ai patiné du mieux que j’ai pu. J’ai même dû (lire plutôt « eu la chance unique de ») vivre le premier « peau à peau » de mon fils. Moi? Un gars qui n’a jamais pris un bébé dans ses bras de sa vie? Mais dès que la peau de mon enfant a collé la mienne, j’ai senti un calme intérieur prendre toute la place et j’ai immédiatement eu besoin de m’adresser à L’héritier. Je me rappelle encore parfaitement ce que je lui ai glissé doucement à l’oreille : « papa est là… il sera toujours là pour toi. Tu vas voir, ta vie va être belle. On va avoir du fun… papa est là… » Je venais de réaliser dans quoi je m’embarquais; réaliser que les prochains jours allaient être un gros défi, une période d’apprentissage unique et intensive; en nommant mon nouveau rôle ainsi, j’embrassais ma nouvelle vie. Je devenais officiellement un papa.

Je sais qu’une césarienne, c’est une chirurgie; c’est une intrusion forcée dans le corps de quelqu’un. Pour moi, c’est aussi de déranger un bébé qui n’était pas prêt ou pressé de sortir de là. Mais égoïstement, la césarienne a été un élément déclencheur important dans ma vie; c’est ce qui m’a poussé à être le père que je suis aujourd’hui. J’en suis convaincu. Elle m’a montré que je suis capable de m’occuper d’un bébé. Que les gars sont capables de s’occuper d’un bébé. Depuis, avec L’amoureuse, nous sommes une équipe implacable. Mais ne vous méprenez pas : ça ne prend pas nécessairement une césarienne pour devenir un père impliqué et une équipe de feu avec la maman. Mais dans mon cas, dans notre histoire à nous, je crois fermement que c’est elle qui a fait de moi je suis qui je suis; c’est grâce à la césarienne que « papa est là… il sera toujours là pour toi ».

Lettre à mon fils

Mon chéri, Laisse-moi te raconter le récit de ta naissance. C'est probablement la plus belle hi

Mon chéri,

Laisse-moi te raconter le récit de ta naissance. C’est probablement la plus belle histoire que je n’aurai jamais à raconter. Comme tu t’es fait attendre!  Ton papa et moi étions si impatients de te rencontrer. C’est après 41 semaines et deux jours à te porter en moi que, le 4 janvier 2016 à 23h16, tu es enfin venu au monde. Cette date restera marquée dans ma mémoire à tout jamais. La toute dernière prédiction d’un lot de 64! Tu te feras sans doute casser les oreilles par ton Papy toute ta vie, car c’est lui qui a su deviner ta date de naissance et ton sexe! Ton Papy, c’est un vrai monsieur Minou, il a mérité son titre!

Alors, le 4 janvier 2016… C’était une nuit douce, il ne faisait pas très froid pour un dimanche de janvier. Le ciel était clair et rempli d’étoiles.  À ce point-ci, tu prenais beaucoup de place dans mon ventre, j’avais pris presque 40lbs! Il n’y avait pas un truc de grand-mère que je n’avais pas essayé pour te faire sortir plus vite! Manger des ananas, des repas épicés, marcher des kilomètres et des kilomètres avec Soda, prendre des bains, tirer mon lait…  Mon amie Sarah m’avait envoyé par courriel la vidéo d’une séance de yoga, elle m’a suggéré d’essayer ça. Je lui ai répondu que je ne croyais plus aux trucs, que tu allais sortir quand tu serais prêt. Je lui ai quand même dit que je tenterais le coup et que, si ça fonctionnait, je lui devais un souper au resto! Eh bien! ce soir-là! vers 20h00, j’ai exécuté la fameuse séance de yoga. Non sans peine! J’étais un béluga, mais je l’ai fait jusqu’au bout. Ensuite, j’ai pris un bain chaud en écoutant des chants amérindiens apaisants et je t’ai parlé, ma grenouille. Je t’ai dit que j’avais très hâte de te prendre dans mes bras, de voir ton visage, de sentir ta peau. Je t’ai dit que j’étais prête pour toi, que ton papa aussi se mourait de te rencontrer. Je t’ai dit que, même si ça me faisait un peu peur, nous allions être une équipe du tonnerre pendant l’accouchement. J’ai essayé de te dire à quel point je t’aimais déjà, mais j’espère que tu l’as plutôt ressenti, parce qu’il n’y a simplement pas de mot assez fort.

Je suis allée me coucher, calme et sereine. Je n’ai pas eu le temps de fermer les yeux. Quelques minutes plus tard, à 11h00 pm, j’ai perdu mes eaux. Une partie en fait, parce que j’ai continué de perdre de bonnes quantités de liquide pendant plusieurs heures par la suite!  Ma première pensée a été pour Sarah, je me suis promis de l’emmener manger dans un vraiment bon restaurant!! Je suis descendue et j’ai crié à ton papa ”My water broke!”. Il s’est dépêché à venir me rejoindre et s’est tout de suite mis à préparer notre départ vers la maison de naissance.  Il me faisait rire, tout nerveux, mais en contrôle en même temps. Il nous a préparé des cocktails de fruit pour célébrer en attendant les contractions, et l’on a entamé un film.On ne l’a pas fini parce que tout a commencé et on s’est mis en direction. On a quitté la maison avec de grands sourires en se disant qu’à notre retour, nous serions trois. On est arrivés à la Maison de Naissance du Boisé de Blainville vers 3h30 am. Les contractions douloureuses ont vraiment commencé vers 9h00 am.  Jusque là, c’était tolérable. À partir de là, je me demandais comment j’allais me rendre à l’accouchement. Tu vois, en prenant la décision d’accoucher en maison de naissance, je n’avais pas accès à la péridurale pour soulager la douleur des contractions. Toutes mes amies qui ont des enfants me trouvaient folle. À ce moment-là, j’ai compris pourquoi et je m’en suis voulu de ne pas les écouter! Ma sage-femme me massait, m’aidait à mieux respirer, mais, plus le temps passait, plus les contractions étaient rapprochées, longues et douloureuses. Vers 15h00, en constatant que je n’étais pas dilatée à plus de 3 centimètres, j’ai rendu les armes et j’ai demandé à être transférée à l’hôpital pour une péridurale. Ton papa a été tellement merveilleux. Il nous a conduits jusqu’à l’hôpital de St-Jérôme, m’a montée à l’étage des naissances en chaise roulante alors que j’étais en train de mourir de douleur. Une heure plus tard, vers 16h30, je recevais enfin la piqure magique. Je suis redevenue sympathique, je riais, je racontais des blagues. J’avais soif, tellement soif. Ton papa me donnait de l’eau à la paille aux trente secondes.

Tout allait bien jusqu’à ce que je commence à faire de la fièvre. De la fièvre qui n’allait qu’en augmentant et qui me donnait froid, tellement froid. Ton petit coeur commençait à avoir de la misère à suivre, chaque contraction le faisait ralentir. Même avec l’aide du pitocin, je ne dilatais pas assez vite. À 22h00, j’étais toujours à 6 centimètres et extrêmement fiévreuse. Tout mon corps tremblait violemment malgré les couvertures épaisses qui me couvraient. C’est là qu’à cause d’un risque d’infection, on nous a annoncé qu’on devait me préparer pour une césarienne. À 22h30, j’étais étendue sur une civière, claquant des dents, roulant vers le bloc opératoire. Ton papa a dû se changer, il avait l’air d’un docteur et je crois qu’il aimait bien ça! Il est resté auprès de moi pendant l’opération. Je grelotais toujours de tous mes membres. On m’a fait une anesthésie locale, on m’a informé que j’allais sentir les chirurgiens travailler, mais que je n’aurais pas mal. Seulement, je n’ai pas gelé comme il faut. J’ai eu mal, très, très mal. J’ai tout senti, de la première incision au moment où ils t’ont sorti de mon ventre. J’ai crié comme un animal pendant toutes les cinq minutes qu’a duré l’opération. Ton papa me tenait la main, je croyais lui briser les doigts tellement je le serrais fort. On a entendu le médecin dire que tu étais sorti. Le regard de ton papa était cloué au mien, et quand tu as émis ton premier cri, nos 4 yeux se sont remplis de larmes de bonheur. On t’a amené vers nous, j’ai croisé ton regard pendant une fraction de seconde avant que l’on t’emmène faire des tests pour être certain que tu étais en bonne santé vu les complications. Ton papa ne t’a pas quitté une seconde. Moi, on m’a fait respirer dans un masque pour m’endormir et terminer l’opération.

Je me suis réveillée deux heures plus tard dans la salle de réveil du bloc opératoire. La première chose que j’ai demandée était de te voir. On m’a dit que je ne pourrais pas être amenée à ma chambre tant que je n’arrivais pas à bouger mes orteils. Jamais je n’ai travaillé aussi fort pour bouger mes foutus orteils! Au bout d’une demi-heure, j’ai demandé à ce que l’on appelle ma chambre pour me donner des nouvelles de toi. L’infirmière a eu une très courte conversation avec un autre membre du personnel, a affiché un grand sourire avant de m’annoncer que tu étais en parfaite santé et que ton papa et toi étiez en pleine séance de peau à peau. Mon coeur s’est immédiatement allégé. J’ai dû patienter une autre demi-heure en mangeant des chips de glace avant que mes orteils se décident enfin à donner signe de vie, et on m’a finalement amenée à ma chambre. La première chose que j’ai vue et qui a fait fondre mon coeur comme une glace au soleil, c’est le visage rempli d’amour et de soulagement de ton papa en posant ses yeux sur moi. La deuxième chose,  c’est la lumière qui émanait de lui en te tenant collé contre sa peau. Avoir été debout, mes genoux auraient flanché pour cause d’un trop-plein de bonheur.  Ton papa t’a déposé sur moi,  et là, tout a changé. Tout est devenu coloré, lumineux, magnifique. Mon fils d’à peine 3 heures, tu venais de m’apprendre le sens de la vie, rien de moins.