Tag alimentation

Ma boulimie, mon ennemie – Texte : Kim Boisvert

Chers lecteurs, chères lectrices,

<p style="text-align: justif

Chers lecteurs, chères lectrices,

Comme vous l’avez probablement déjà lu dans d’autres articles écrits sur ce blogue, je suis personnellement touchée par un trouble du comportement alimentaire. J’ai envie de vous aider à comprendre ce que c’est d’être sous l’emprise de cette difficulté au quotidien. Plusieurs d’entre vous serez probablement surpris de mes prochains propos.

Ce n’est pas quelque chose qu’on balance dans une conversation d’après Match :

Kc ou Tempa ?

J’sais pas mais je suis boulimique. Et toi ?

 

Voici quelques stats, question de rendre le tout plus factuel. Je vous invite aussi à consulter le site d’Anorexie et Boulimie Québec pour les infos complètes et à jour, pour des dons ou si vous avez besoin d’aide. Il y a des gens pour vous aider, ok ?

Les divers troubles alimentaires (anorexie, boulimie, orthorexie, hyperphagie boulimique…) touchent majoritairement les femmes, mais attention ! 10 % des gens diagnostiqués sont des hommes !

Dans notre beau pays, presque 1 adolescente sur 3 âgées de 12 à 18 ans souffre d’un comportement alimentaire anormal. C’est alarmant. Vous avez des enfants ? Votre fille a des copines ? Si ce n’est pas votre fille, probablement qu’une de ses copines à elle souffre en silence. Ces troubles se placent au troisième rang des maladies chroniques les plus répandues chez les adolescentes… Triste réalité encouragée par la société et sa soif de maigreur. Les revues, les émissions, les vitrines de magasins… toujours des jeunes filles minces.

On encourage toujours la perte de poids, sans savoir que ces mots peuvent être tranchants :

T’as donc bien maigri, ça te va bien !

Je l’ai entendue celle-là, dans mes nombreux yo-yo de perte de poids et de régime. Ça te va bien. Et ma personnalité, est-ce qu’elle me va bien, elle ?

Pour vous faire comprendre l’absurdité et la complexité du trouble alimentaire, je commencerai par ceci : je viens de me peser, il est 23 h 45, mardi soir.

C’est ma réalité. La balance a toujours été présente dans ma vie. Beaucoup trop, comme un boulet que je n’ai pas choisi mais qui reste accroché. Je me pèse désormais que 3 fois par semaine. Oh, ne vous inquiétez pas, c’est une victoire pour moi ! Je me pesais 3 à 5 fois par jour en 2014 ! Une fois le matin à jeun, sans vêtement, après avoir fait pipi. La deuxième fois le midi, au gym, après avoir perdu quelques calories et finalement la troisième fois, le soir avant de me coucher. Maintenant, c’est parfois même 1 à 2 fois par semaine ! Ces semaines-là, je suis tout excitée, comme si j’avais gagné un morceau de robot ! Un putain de gros morceau ! Genre, un jarret de robot. Un grand dorsal de robot. Bref, faites-vous une image de robot dans votre tête et donnez-moi le plus gros morceau. Mais ces victoires‑là, je les garde secrètes.

Arrête de faire ça, c’est pas bien.

NON ?!? Sérieux ? Moi qui pensais que c’était super sain de se mesurer par rapport à un + ou un — ! Je le sais que c’est pas bien. Toi, arrête donc de fumer, c’est pas bien. Et toi, arrête donc de t’enfiler du papier de toilette, c’est pas bien (avez-vous déjà écouté mon étrange dépendance ? Gosh! Quand on se compare, on se console ?)

Depuis plusieurs années maintenant, j’ai cessé de me faire vomir. Oh, vous ne le saviez pas ? Je suis boulimique.

Je dis encore que je le suis parce que je ne crois pas que ça part entièrement, un trouble alimentaire. On reste toujours un peu sensible. On apprend à le gérer, à le reconnaître et à le manier. Pour moi, ça a commencé très jeune. J’étais dans la fourchette d’âges que je vous ai mentionnée plus haut. J’étais la plus dodue de mes amies et je ne pouvais pas accepter que toute cette graisse fasse partie de moi. Mais chez moi, on ne mangeait pas toujours super bien. Je n’en ai jamais voulu à ma mère ni à ma grand-mère, elles ont toujours fait ce qu’elles pouvaient et on mangeait avec les mœurs du temps. On n’a jamais manqué de bouffe, au contraire ! La maison était toujours pleine !

Un moment donné, j’ai entendu vomir une fille aux toilettes. Je lui ai demandé si elle allait bien et elle m’a répondu que oui, elle avait juste trop mangé. Mon déclic. Moi aussi, je mangeais trop. Me faire vomir était alors devenu une option, ce que j’ai commencé tranquillement. Et au secondaire, c’est l’endroit parfait pour jaser de : Comment fais-tu pour pas que tes parents ne s’en rendent pas compte ? Comment fais-tu pour vomir plus vite ? Je vous le dis, c’est accessible beaucoup plus qu’on le croit.

Et comme ce n’était pas assez concluant et que le bout de ma brosse à dents sentait toujours l’acide gastrique, j’ai essayé de ne pas manger au dîner, et le moins possible au déjeuner. Facile, je jetais mon lunch en sortant de la maison et je disais simplement que je n’avais pas de lunch aux copines qui me le demandaient. Ou mieux, je disais que mon lunch était dégueu (mea culpa). Un jour, ma meilleure amie du temps est arrivée avec un sandwich au jambon/moutarde préparé par sa mère. Je pliais du genou quand on parlait de ces sandwichs. Et c’est tranquillement, à grandes pelles d’Amour avec un grand A, que ma passe anorexie s’est éclipsée. Je dois dire que les : Bonne journée Kim XXX ou les Bon dîner Kim XXX inscrits sur les sacs à sandwichs ont aidé fortement. Et j’ai continué de manger. Merci, sincèrement. J’ai jamais su si c’était par amour ou par conscience que ce n’était pas normal, mais ça m’a sauvé en grande partie.

Manger. Beaucoup. L’hyperphagie est quand, dans une courte période, on mange une quantité immense de nourriture. Pas le temps d’y goûter, rien ne satisfait l’envie, la faim géante. C’est juste de remplir un vide. Je pouvais manger 1 sac de chipits, 2 biscuits, des chips et une toast au beurre de peanut arrosés d’un grand verre de lait dans un espace de 5 minutes. Je terminais habituellement le tout avec de la crème glacée. Et ça, c’était la nuit. Je me levais, trop honteuse de faire ça devant mon chum… !

C’est le chemin que j’ai emprunté, celui-là et la boulimie, selon la façon dont je me sentais. Et j’ai fait des régimes… Minçavi était mon préféré. Ça a marché, mais trop. Ça a juste amplifié mon trouble alimentaire. Si je devais prendre 1/2 tasse de riz, j’en mettais un petit peu moins, pour être certaine d’avoir un — à ma prochaine pesée ! Parce que se mettre en ligne pour se faire juger par un bout de métal froid, c’est un peu intense à mon goût. Ma conseillère de Québec était une femme en or ! Ne pensez pas que je suis contre ce régime ! Mais pour moi, ça ne fonctionne pas. Vivre l’échec lorsqu’il y avait un + ne faisait qu’augmenter mon obsession.

Le trouble alimentaire, c’est difficile. Au quotidien. C’est se faire vomir au bureau après un BBQ parce que, selon moi, c’était de trop. C’est se retirer d’une soirée entre amis pour trouver la balance dans la salle de bain (je vous le dis, plusieurs de vos balances m’ont prise sur elles !). Et c’est surtout poser un regard de dégoût sur son propre corps. Toujours. En permanence. Mon corps était ma prison. Mon enveloppe n’allait pas du tout avec ma vision d’une belle femme. Je ne me trouverais jamais de copain, d’emploi, ni d’amies… ! Ma dentiste m’a déjà dit, alors que j’avais la bouche grande ouverte : Kim, il va falloir que tu arrêtes de te faire vomir. L’émail de tes dents en souffre aussi. J’avais simplement répondu : OUWdjsu OUSss (oui, oui, je sais).

Oh, croyez pas que c’est fini cette bataille. Mais avec du soutien, j’ai réussi à la comprendre, la gérer et mettre des mots sur des sentiments. Je ne savais pas que j’étais boulimique jusqu’à ce qu’on me le verbalise. C’est là que j’ai compris que ça se travaillait, que ça se guérissait. C’était pas juste dans ma personnalité, je n’étais pas née comme ça. J’étais devenue boulimique, je pouvais donc apprendre à dealer avec. Et c’est ce que je fais, un jour à la fois.

Il y a eu une longue période dans ma vie où je n’avais pratiquement pas de traces de sa présence. J’étais équilibrée, heureuse et non anxieuse. Mon ex-copain et moi, on s’est séparés et j’ai eu un autre conjoint, destructeur à tous les niveaux. J’ai donc repris entièrement le poids que j’avais perdu, et j’ai perdu toute l’estime que j’avais gagnée. Cette période de tempête s’est terminée lorsque j’ai balancé cette relation malsaine.

Maintenant, je crois avoir trouvé MA manière à moi de me nourrir. Bien que ça dérange parfois des gens, c’est mon choix et je suis enfin bien avec la nourriture que je mets dans mon corps. Je me sens en contrôle, de manière saine. Plus de vomissements ni de binge (compulsions) quotidien. Mon corps change et je le trouve de plus en plus beau. Je perds des kilos, oui. Mais je me sens bien, je ne pèse plus ma nourriture ni ne calcule le nombre de pains que je mange. J’arrive tranquillement vers un équilibre alimentaire et je me sens enfin libre !

Soyez à l’écoute des gens qui vous entourent. Un petit comportement suspect peut démontrer un besoin criant. On n’a pas tous la chance d’avoir identifié le problème et d’y travailler.

Vous voyez que c’est complexe. Et c’est un combat au quotidien.

Je suis là si t’as besoin, mais please, reste loin des régimes et autres.

Kim Boisvert

Les troubles alimentaires

Les troubles alimentaires : tous connaissent la signification, mais

Les troubles alimentaires : tous connaissent la signification, mais personne ne connaît le nom de ces maladies. Nous connaissons l’anorexie et la boulimie, les plus populaires malheureusement, mais il existe d’autres types de troubles alimentaires. Nous avons presque tous connu ou entendu une rumeur sur telle ou telle fille qui est anorexique ou qui passe son temps à se faire vomir dans les toilettes.

Pourquoi se retrouver dans ce genre de situation ? Disons simplement que l’image que l’industrie du divertissement nous donne est simple : une femme ou une jeune fille doit porter du 1 ou 3 ans en pantalon, doit avoir un ventre plat avec des abdominaux, mais pas trop, elle doit avoir des gros seins, un visage angélique, des lèvres pulpeuses, des grosses fesses, des petites jambes, des bras minces, un teint bronzé à la perfection, des dents blanches et droites, etc. Ce n’est pas mieux pour les hommes : être grand, un corps bien défini, pas obligé d’être super musclé, mais nous devons voir les muscles, pas un poil sur le corps (wtf!), une barbe c’est sexy et les cheveux longs aussi (seuls endroits où le poil peut pousser… n’importe quoi !), une mâchoire carrée, des dents blanches et droites, etc. Ces hommes et femmes parfaites doivent maintenant, en plus, être intelligents. Fini les cruches sans cervelle et les gars avec un neurone. C’est lourd et difficile pour une ou un jeune de vouloir ressembler à son idole.

Je suis heureuse d’avoir grandi sans la technologie d’aujourd’hui qui est dans les mains de tout le monde. J’ai longtemps été obsédée par mon corps. J’ai été chanceuse : jusqu’à mes 20 ans, j’ai été mince. Oui, j’avais des bonnes fesses, des cuisses et des gros seins, mais je ne m’en faisais pas avec ça. Malgré mon poids santé, j’étais complexée par ces mannequins dans les magazines Cool !. Je voulais être plus mince. Pourtant, je sais maintenant que les photos sont retouchées et qu’elles ne sont aucunement naturelles. J’ai déjà essayé de me faire vomir, jamais été capable. J’ai essayé de jeûner, incapable. J’étais gourmande, j’aime la nourriture.

En 2005, quand j’avais 19 ans, mon père est décédé à 45 ans. Ce fut traumatisant. Je me suis réfugiée dans la nourriture. Je mangeais sans cesse. En 8 mois, j’avais dû prendre une quarantaine de livres. À partir de ce moment, mon poids a commencé à jouer au yoyo. Durant la grossesse de ma fille, j’ai pris 23 livres. Je ne les ai pas perdues. Treize mois après sa naissance, j’étais enceinte de son frère, j’ai pris 8 livres. J’étais tellement malade ! Après sa naissance, ça s’est gâté. J’ai été diagnostiquée avec une dépression post-partum majeure. En plus de manger sans arrêt à en avoir mal au ventre et au cœur, les médicaments me donnaient faim. Alors je mangeais tout le temps. Je prenais du poids, beaucoup.

Durant une séance avec mon psychiatre, je lui ai parlé de mon problème. « Je mange sans arrêt. J’ai pas de fond. Je passe à travers de boîtes de biscuits, de gâteaux complets, de sacs de chips, je me fais 4 crêpes. Ce n’est jamais assez. » Il m’a demandé si ça m’apportait un sentiment de bonheur, de réconfort. La réponse était OUI. « Tu es hyperphagique boulimique ». Moi de répondre : « De quoi ? Ça mange quoi en hiver ça ? » Bah oui, j’ai fait ce genre de jeux de mots poche. Il a ri au moins. Il a expliqué les différentes maladies des troubles alimentaires. Les voici.

ANOREXIE

Une personne qui se prive d’aliments pour maigrir. Se sent toujours en surpoids. Cette personne peut utiliser des moyens pharmaceutiques pour éliminer le plus de déchets possible de son corps. Cette personne est très maigre.

BOULIMIE

Une personne qui fait une orgie de nourriture, ce qui veut dire qu’elle consomme une quantité astronomique de nourriture. Ensuite, elle se fait vomir. Il peut y avoir ou non présence de crise alimentaire. Ça peut être après chaque repas aussi.

L’ORTHOREXIE

Une personne qui est obsédée par la qualité de la nourriture. L’aliment doit être parfait. La personne peut s’isoler par peur de ne pas être capable de s’alimenter avec de la nourriture considérée comme parfaite.

HYPERPHAGIE BOULIMIQUE

Une personne qui fait des orgies de nourriture, ce qui veut dire qu’elle consomme une quantité astronomique de nourriture. Par contre, à la différence de la boulimie, la personne ne se fait pas vomir.

Il y a d’autres troubles alimentaires qui sont reliés à des problèmes d’ordre physique.

Je n’aurais jamais pensé souffrir d’un trouble alimentaire, j’ai simplement pensé que j’étais gourmande. Mais maintenant que je connais mon trouble, je peux mieux contrôler mes crises. J’ai aussi des médicaments qui aident mon trouble déficitaire de l’attention (TDA) et qui coupent la faim. Il existe des traitements autres que la médication, il est certain que d’entreprendre une thérapie va aider à découvrir la raison du trouble.

Aujourd’hui, je suis guérie de ma dépression post-partum majeure et j’ai perdu les 40 livres prises durant ma dépression. Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma peau. J’ai encore du travail à faire pour me rendre à un poids santé, mais je vais y arriver, car ma santé mentale est en pleine forme.

C’est normal d’envier le corps d’une ou d’un autre, mais votre corps est le plus beau, car c’est le vôtre. Prenez‑en soin.

Cindy LB

Maudites catégories

Depuis que j’ai des enfants, j’ai remarqué que les parents tentent de

Depuis que j’ai des enfants, j’ai remarqué que les parents tentent de se regrouper par catégories de parents… Les maternantes, ceux qui font du cododo, celles qui allaitent, ceux qui font du portage, celles qui prônent la DME (diversification de l’alimentation menée par l’enfant), ceux qui font des purées, etc. Et j’avoue que je ne vous comprends pas, chers parents.

Quand je partage une photo de moi, bébé au sein, en train d’allaiter, immanquablement, il y aura des commentaires sur l’allaitement. « C’est si beau un bébé qui boit au sein! », « J’aurais aimé ça pouvoir allaiter! », « Ouf, tu allaites encore! », « À quel âge tu penses arrêter? » « Es‑tu pro-allaitement? »… Pro‑allaitement? Je ne savais pas qu’en nourrissant mon bébé, je devais choisir un camp de parents… Moi, je pensais juste que je nourrissais mon bébé. J’allaite parce que quand mon bébé est né, il est allé boire au sein pis tout s’est super bien passé. Je n’ai pas réfléchi plus loin que ça, et je ne savais pas que ça me prendrait une carte de membre… Je ne l’ai pas fait pour offenser celles qui nourrissent leurs bébés au biberon ni pour narguer celles qui voulaient allaiter et pour qui ça ne s’est pas passé comme prévu. J’ai juste allaité naturellement, sans me poser de questions…

La semaine passée, j’ai partagé une photo de mes enfants et moi, au lever du matin. Cheveux couettés, visages fripés, et tous collés dans mon lit. Et encore une fois, les commentaires ont fusé… « C’est tellement beau le cododo! », « Ouf, moi je serais pas capable! J’ai besoin de mon intimité… », « Ils dorment tous dans ton lit? » Et j’ai réalisé encore une fois que j’étais, sans m’en rendre compte, dans une catégorie de parents… Mes enfants n’avaient pas dormi dans mon lit durant la nuit, mais ils étaient tous venus me rejoindre au petit matin pour qu’on se colle tous ensemble. J’ai beau retourner ça dans tous les sens, je ne vois pas où est le mal… Mais j’ai décidé de ne pas contredire ceux qui m’avaient déjà catégorisée dans les mamans -pro-cododo, tout simplement parce que je me fiche de ces catégories. Je n’ai pas le sentiment d’appartenir à aucune…

Hier, mon bébé a commencé à manger. Je lui ai donné des céréales d’avoine. Sans réfléchir plus loin que ça. Parce qu’il avait faim au souper, et que j’en avais dans l’armoire. Ça aurait pu être n’importe quelle autre sorte de céréales d’ailleurs, ça ne faisait aucune différence pour moi. Et encore une fois, sous la photo partagée, les commentaires sont apparus… « Déjà les céréales? Il n’est pas trop jeune? », « Trop jeune? Ben non! Il était temps qu’il lâche maman! », « Pourquoi tu ne fais pas la DME!? C’est teeeeeellement plus nice la DME que les purées! ». Donc, parce que j’ai donné une fois des céréales d’avoine à mon bébé, je suis officiellement catégorisée comme maman -anti-DME-pro-purée… Sérieusement? Et si demain je lui donne une carotte blanchie à gruger, est-ce que je change automatiquement de catégorie? Est‑ce que ça me prend une autorisation écrite du club des mamans-DME? Et si bébé préfère les purées? Et si bébé préfère les aliments entiers? Parce que moi, je suis naïve comme maman… Je pensais juste m’adapter à ses goûts au fur et à mesure…

J’aimerais vraiment que quelqu’un m’explique à quoi ça sert, toutes ces catégories de parents… parce que pour être bien honnête, je n’en vois vraiment pas l’utilité.

Mes enfants, ils ont dormi dans leur propre lit dès le jour 1. Puis quand ils le veulent, ils viennent se coller avec papa et maman dans notre lit. Je ne suis pas POUR le cododo, ni CONTRE.

Mes enfants, je les ai allaités parce que c’était facile. Je ne suis pas POUR l’allaitement, ni CONTRE.

Ils se sont sevrés seuls, avant même que j’y pense, vers neuf mois. Je ne me sentais pas forcément prête, mais je les ai respectés dans ce besoin d’autonomie. Je pensais bien continuer d’allaiter le soir au coucher, mais ils repoussaient le sein. Je ne suis pas POUR l’allaitement prolongé, ni CONTRE.

Mes enfants, ils ont mangé des céréales pour bébé. Certains ont préféré les purées jusqu’à quinze mois. D’autres ont voulu de gros aliments entiers dès six mois. Et je n’ai de préférence ni pour l’un ni pour l’autre. Je ne suis pas CONTRE les purées, ni POUR la DME.

Mes enfants, je les ai portés en maman-kangourou, tant et aussi longtemps qu’ils étaient confortables. C’est aussi simple que ça. Je ne suis pas POUR le portage, ni CONTRE.

Mes enfants, je les ai élevés de mon mieux, en tentant de m’adapter à chacun d’eux. M’adapter à chaque personnalité, aux besoins de l’un et aux demandes de l’autre. Sans jamais me casser la tête à essayer d’entrer dans des catégories de parents.

Et si tous les parents essayaient d’entrer dans une seule et même catégorie? Celle des parents. Celle des parents qui font de leur mieux pour rendre leurs enfants heureux. Les autres catégories devraient tellement disparaître ainsi que tous les jugements qui viennent avec.

On est tous des parents. On aime tous profondément nos enfants. Et c’est la seule catégorie qui compte dans la vie. La catégorie des parents aimants, ça, je suis POUR.

Joanie Fournier


Le démon de la balance

Quand je suis tombée enceinte, j’ai eu accès pour la première fois à

Quand je suis tombée enceinte, j’ai eu accès pour la première fois à un vrai suivi médical. Et comble de chance, je suis tombée du même coup sur un médecin humain, compréhensif et à l’écoute. À mon premier rendez-vous, il a fait son examen de routine, ce qui incluait évidemment une pesée en règle.

Quand je suis montée sur la balance, son regard est devenu beaucoup plus sévère. « Il faut que tu prennes du poids », m’a‑t‑il lancé. Moi ? Prendre du poids ? Pourquoi ? On m’avait toujours répété que le bébé allait prendre ce dont il avait besoin, peu importe le poids de la mère. Et moi, naïvement, je m’étais aveuglément accrochée à cette croyance. Le doc m’a regardé, toujours avec son air sérieux, et a déposé son crayon.

Il m’a dit : « Oui, c’est vrai. Le bébé va prendre tout ce dont il a besoin. Mais tu es tellement en dessous de ton poids santé qu’il ne te restera plus rien pour toi… et comme tu es aussi ma patiente, je m’inquiète pour toi. Si tu ne prends pas au moins 40 livres dans cette grossesse, l’un de vous deux va en souffrir. Et ce bébé aura besoin d’une maman forte et en santé pour prendre soin de lui. » Ces paroles ont changé ma vie.

Partout, on voit des publicités de mamans enceintes ou en post-grossesse qui s’entraînent au gym, qui sont minces et musclées, qui suivent mille et un cours et programmes de remise en forme. Et on les encourage. On les félicite. On les louange. Depuis qu’on est toutes petites, on nous rentre dans la tête qu’il faut ressembler à ça. Être une fitmom.

Ma nouvelle expérience de maman m’a amenée à réfléchir à mon enfance et au modèle de maman que je voulais devenir. Quand j’étais enfant, ma mère se pesait tous les jours, matin et soir. Chaque demi-livre prise venait indéniablement avec son petit commentaire cinglant. « Fini le pain pour moi ! », « Je n’aurais pas dû manger de gâteau à la fête hier… », « Il faut vraiment que je me mette au régime »… Ma mère a toujours été mince. Et depuis aussi longtemps que je me souvienne, tout le monde la louangeait pour ça. « T’es tellement chanceuse toi d’être mince ! » Chanceuse ? Si seulement ces personnes savaient tout ce qu’elle infligeait à son corps pour garder sa taille de guêpe si enviée des autres…

Et moi, j’ai hérité de sa génétique. Un fabuleux cadeau empoisonné… parce que moi aussi, depuis que je suis enfant, on me félicite pour ma taille. On me dit que j’ai tellement de chance. On me fait sentir à quel point c’est un vrai don de Dieu, d’être mince. La vérité, c’est que je n’étais pas mince, j’étais maigre. Cette maigreur a toujours été encouragée. C’est juste tellement malsain. Les gens ont toujours voulu bien faire, ce ne sont que des compliments, ils se veulent tous positifs en fait ! Mais en réalité, ils viennent avec la pression terrible de devoir garder ce poids, ce fameux chiffre sur la balance.

Je n’ai jamais été consciente de cette pression, jusqu’au jour où ce médecin m’a demandé de prendre du poids. J’ai réalisé que je répétais bien des comportements de ma mère, sans même m’en apercevoir. Je travaillais beaucoup, et de longues journées, alors je sautais des repas parce que j’étais trop occupée. Le frigo était souvent vide parce que j’achetais uniquement le nécessaire pour cuisiner chaque repas. J’ai vu ma mère faire ça toute sa vie… Puis, j’ai réalisé qu’aucun travail ni aucun chiffre sur une balance ne valait plus que ma propre santé.

Et j’ai changé toutes mes habitudes de vie. J’ai suivi des cours en alimentation. Certaines personnes comptent leurs calories pour tenter de perdre du poids. Moi, je me suis mise à calculer mes calories pour m’assurer d’ingérer à chaque repas un nombre suffisant de vitamines, de nutriments, d’aliments sains. J’ai commencé à travailler moins, à diminuer mon niveau de stress. J’ai appris à boire de l’eau, souvent. Je me suis fait la promesse de ne jamais mettre les pieds dans un gym. J’ai commencé à sortir dehors avec les enfants, dès que j’en ai eu l’occasion. Jouer au soccer avec eux, aller faire du vélo, nager dans la piscine… Les enfants ont beaucoup plus à nous apprendre sur l’exercice physique sain que toutes les fitmoms du monde !

Puis, j’ai commencé à prendre du poids. Sainement. Mon bébé est né en santé. J’ai appris à me réapproprier ce nouveau corps, ces nouvelles courbes. J’ai cessé d’essayer de rentrer dans des jeans d’adolescentes et je me suis acheté des pantalons dans lesquels j’étais confortable, tout simplement.

Je refuse d’avoir une balance à la maison. Premièrement parce que je ne veux pas savoir combien je pèse. Me sentir bien dans mon corps me suffit. Et deuxièmement parce que je ne veux pas que mes enfants grandissent dans cette obsession malsaine. J’achète 95 % d’aliments sains à l’épicerie. Mon frigo est toujours, toujours, toujours plein à craquer. Pleins de fruits, de légumes et de bonnes choses à manger. Mes enfants n’auront jamais faim. Ils mangent quand ils le veulent. Et oui, il y a un sac de chips, du popcorn et de la tartinade au chocolat dans l’armoire, parce qu’on se permet aussi ce genre de cochonneries de temps en temps, et qu’il ne faut pas virer fou non plus. L’orthorexie n’est pas mieux que l’anorexie.

Évidemment, ce vieux démon de la balance a laissé des traces… Je le combats encore souvent dans ma tête. Après un accouchement, je dois être patiente pour laisser mon corps cicatriser de chaque grossesse. Et c’est souvent très dur d’être patiente ! Je vois des tonnes de mamans s’inscrire aux cours de remise en forme, au cardiopoussette, au yoga-bébé, au zumba-kangourou… Et moi, je me répète sans cesse que mon corps a mis presque un an pour mettre au monde un enfant, et qu’il est tout à fait normal qu’il prenne presque un an encore pour reprendre sa forme. Je me répète aussi qu’il a le droit de ne pas reprendre sa forme. Parce que malgré ce que la société nous répète, c’est d’essayer d’avoir un corps d’adolescente toute sa vie qui n’est pas normal…

Eva Staire

IGA au service des végétariens (et de ceux qui veulent manger moins de viande)

<img class="wp-image-15503 size-medium alignleft" src="http://www.ma

Il y a quelques mois, Hayden a eu la chance de partir en Europe pour voir son oncle jouer au hockey. Ç’a été vraiment une expérience incroyable pour lui. Il a visité des villes à couper le souffle, il a rencontré de nouvelles personnes, s’est fait des amis et… a encore plus réalisé à quel point son oncle l’impressionnait.

Olivier, l’oncle de Hayden, est un gars super travaillant, avec une éthique de travail parfaite. Déjà là, Hayden était impressionné de le voir aller. À son retour à la maison, il m’a dit : « T’sais maman, j’aimerais ça être aussi travaillant qu’Olivier et tu sais quoi? Olivier et sa blonde sont végétariens, et ils sont plus en forme que tous ceux que je connais. Est‑ce que tu penses que je pourrais essayer, moi aussi? »

Sur le coup, je me suis dit que c’était une belle expérience pour lui et j’ai accepté automatiquement. C’est quand est venu le moment de faire ses menus à lui que j’ai réalisé que ça allait être pas mal plus complexe que je ne le pensais.

La vérité, c’est que je ne suis pas végétarienne et je ne ressens pas le besoin d’adopter ce style de vie. Il faut dire que je ne suis pas non plus une grande carnivore, alors je me sens un peu moins coupable quand mes amis végétariens m’expliquent pourquoi ils ont décidé de couper la viande.

Tout ça pour dire qu’après réflexion, je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir lui faire comme repas. Soyons francs, de la salade et des noix trois par jours, ce n’est pas ça qui va aider mon grand bonhomme en pleine croissance.

J’ai donc pris la direction du IGA près de chez moi, en espérant que quelqu’un pourrait m’aider.

Premier constat, directement en entrant dans le IGA, j’ai trouvé un comptoir rempli de produits végétariens. Saviez-vous qu’il en existait autant? J’avais déjà vu quelques produits en petite quantité dans d’autres supermarchés, mais là, c’était le paradis des végétariens! Haha!

Je pense vraiment que c’est à ce moment‑là que j’ai recommencé à respirer. Quand j’ai réalisé qu’au fond, il fallait seulement que je trouve un bon endroit où ils vendent des produits adéquats pour quelqu’un qui ne veut pas manger de viande sans manquer de nutriments.

Ce soir‑là, j’ai fait un ragoût dans lequel on retrouve en temps normal du bœuf haché et je l’ai remplacé par la « viande » végétale. À la surprise générale, toute la famille a aimé le plat… même Anna! Ma meilleure amie est venue à la maison, et sa fille a redemandé deux portions, vous imaginez! C’est donc dire qu’il est possible de faire les mêmes recettes ou presque, mais de remplacer la viande par des alternatives végétales qu’on retrouve chez IGA.

 

 

Autre point que j’ai aimé en faisant mon épicerie : la diversité des noix. Là, j’en entends déjà me dire : « C’est quoi le rapport des noix?! » Haha! Les noix sont une excellente source de protéines végétales. Par exemple, une portion de 23 amandes entières contient 6 g de protéines et donne une sensation de satiété. Donc, avoir un vaste de choix de noix à un seul endroit, ça aide à ne pas se tanner de toujours manger la même mausus de variété, semaine après semaine. Haha!

Pour vrai, je pourrais vous parler pendant des heures de mes découvertes au supermarché parce que le commis connaissait vraiment son affaire. Je vais terminer avec deux produits qui m’ont surprise par leur apport en protéines.

  • Le yogourt SKYR de Sherpherd Gourmet, qui contient 20 g de protéines pour 3/4 de tasse (0 % de matières grasses)

  

 

  • Les pains plats ProteinUP, qui sont super bons et qui contiennent 12 g de protéines et 7 g de glucides.

Ahhh! Et je ne peux pas terminer mon texte sans vous parler des nouveaux produits Arctic Gardens VÉG-É PROTÉINES. Ce sont des repas déjà tout faits et qui sont congelés dans un sac. On met le sac au micro-ondes et tadam! C’est prêt! Personnellement, je me nourrirais trois fois par jour avec le ORZO ET POIS CHICHES VERTS. Vous ne comprenez même pas à quel point c’est bon!

Tout ça pour dire que, si comme fiston, vous avez envie de diminuer votre consommation de viande tout en gardant votre énergie… dirigez-vous chez IGA! C’est assez fou tout ce qu’on peut y retrouver. Et bien sûr, la qualité est toujours impeccable!

Quand la grossophobie s’invite à l’école

Vous connaissez la grossophobie ? Selon Wikipédia</e

Vous connaissez la grossophobie ? Selon Wikipédia, cela se définit comme étant l’ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses, en surpoids ou obèses. Elle a pour origine des préjugés et des stéréotypes négatifs selon lesquels le fait d’être gros est une question de volonté personnelle et que les personnes grosses seraient ainsi les seules responsables de leur surpoids, en négligeant les autres facteurs à l’origine du surpoids.

Mon fils est en cinquième année du primaire et récemment, il est revenu de l’école dans tous ses états. Quand je lui ai demandé pourquoi il était fâché, il m’a expliqué qu’en cours d’après-midi, des élèves de sixième année sont venus dans sa classe faire une présentation sur le corps humain. Qu’est‑ce qui a pu causer ce changement d’humeur dans une telle présentation ? Une mention sur les gens présentant un surpoids. En effet, selon leur exposé oral, les personnes ayant un surplus de poids ne peuvent être heureuses dans la vie. Cette section de la présentation était appuyée par un support visuel montrant une personne obèse s’empiffrant de junk food sur un divan.

Comme vous le savez peut-être déjà, mon grand garçon est autiste. Les autistes sont réputés pour ne pas avoir de filtre et dire ce qu’ils pensent tout de go. Mon fils ne fait pas exception. Toutefois, cet après‑midi‑là, il n’a rien dit. Après la présentation, il a demandé au professeur pour aller au local d’apaisement pour se calmer. Au retour en classe, quand on lui a demandé ce qui s’était passé, il a été capable de dire que les propos sur les personnes avec un surplus de poids l’avaient fâché. Pas parce qu’il est gros, loin de là, mais parce moi sa mère, je le suis. Pour la première fois, il a réalisé que ce que je lui disais sur les moqueries possibles sur les gens avec un surplus de poids, sur les propos méchants qu’on entend souvent et les jugements des autres sur l’apparence physique était vrai. Soudainement, il a compris mon quotidien et ça lui a fait de la peine. Il a eu de la peine de penser que sa mère ne pouvait, selon une présentation, être heureuse dans la vie si elle avait un surpoids.

Ses mots exacts ont été : « Le bonheur ne se mesure pas sur une balance, voyons ! C’est donc ben niaiseux ce qu’ils ont dit. Pourquoi ils ont dit ça, maman ? » J’ai vu ses yeux se remplir de larmes. J’aurais aimé lui dire de faire comme moi et de ne pas les écouter, de voir les gens autrement que comme une image qu’ils projettent. Que oui, les gens sont effectivement bien plus qu’une série de chiffes sur une balance. Tout ce que j’ai pu lui dire, c’est que les gens sont parfois méchants et blessent les autres parce qu’ils ont malheureux eux-mêmes. Que toute personne qui est différente, que ce soit parce qu’elle a un handicap, une condition neurologique, une différence corporelle va être pointée du doigt par certains individus. Il faut être fort et ne pas les écouter.

La vérité ? Oui, 90 % du temps, je crois fermement ce que je lui ai dit. Mais il y a toujours un 10 % du temps, ce damné 10 %, qui vient nous chercher droit au cœur et qui nous fait mal. Personnellement, hormis la réaction de mon fils, ce qui m’a fait le plus fait mal dans cette histoire est qu’un professeur de sixième année a cautionné ces propos et n’a pas demandé à ses élèves de retirer ce segment de la présentation. Après toutes les campagnes effectuées pour l’acceptation de la diversité corporelle. En 2018, dans nos écoles, un professeur a encouragé des élèves à tenir des propos grossophobiques.

J’aurais aimé voir ces élèves et les inviter chez moi à brûle-pourpoint et leur demander de regarder mon garde-manger, mon frigo et mon congélateur, puis de me regarder, moi, monter sur la balance devant eux. Leur montrer mes résultats d’analyses sanguines et mon bilan de santé général. Leur demander si je représente selon eux la « belle image stéréotypée » qu’ils ont mise dans leur présentation. Les gens ont un surpoids pour diverses raisons et blâmer une mauvaise alimentation est trop facile. On dit souvent de ne pas juger une personne sans avoir marché dans ses souliers. Cela s’applique aussi au poids d’une personne.

Je suis une adulte et un parent et en tant que tel, je ne peux agir de la sorte. Je ne peux pas aller apostropher un enfant qui n’est pas le mien et lui dire que ce qu’il a dit dans un exposé n’a aucun sens. Par contre, en tant que société, en tant que parents, nous avons le devoir d’éduquer nos enfants à être tolérants envers les autres et à voir au‑delà des différences. Nous sommes tous des êtres beaux, uniques et différents. C’est ce qui donne de la couleur à la vie !

Annie St-Onge

Le bonheur ne fait pas le poids

Depuis toujours, je me bats pour essayer d’aimer mon corps.

<

Depuis toujours, je me bats pour essayer d’aimer mon corps.

Je n’ai jamais été plus size, mais juste sur la limite… La damnée limite qui te fait regretter le muffin du commerce que tu viens d’avaler à toute vitesse car tu dois aller mener ta fille à la garderie. Tu vois le genre !

Est-ce que c’est un manque de respect envers moi-même ? Est-ce que je ne m’apprécie pas assez pour faire les efforts nécessaires pour enfin m’aimer ? Est-ce la peur de réussir qui m’effraie autant ? Toutes ces réponses ? Bravo, un morceau de robot !

Dès que je vis un stress, je mange (et quand je dis stress, c’est pas obligé d’être une catastrophe ! Perdre un ongle est une bonne raison pour moi de manger… Tu saisis le sarcasme hein ?) Et lorsque j’ai de la peine… parlons-en même pas ! Tu ne verras plus la nourriture sous le même angle et je t’aime trop pour te faire ça.

Le véritable problème, ce sont les raisons qui me font manger autant.

J’ai comme un vide et je le remplis à coups de crème glacée et de bacon (bon, pas ensemble, voyons donc… quoique…) Puis lorsque je dérape solide, je culpabilise vraiment ! Je peux être des jours à me demander ce qui a bien pu me prendre de me faire ça. Et plus je mange, plus je me dis : « Ce n’est pas une croustille de plus qui fera la différence donc tant qu’à ça, pourquoi ne pas avaler le sac ».

Il y a quatre ans, ma fille est née. Comme elle était malade, elle ne buvait presque pas et ne mangeait pas beaucoup. Un enfer, je vous dis pas. Un jour, un médecin me demande « Madame, arrêtez de me parler des problèmes alimentaires de votre fille. Quelle est VOTRE relation avec la nourriture ? » À ce moment précis, un dix roues m’a passé sur le corps. Pourquoi un parfait étranger voulait-il connaître ma relation avec la nourriture ?

L’urgentologue m’a gentiment fait comprendre que je ne pouvais donner le goût à mon enfant de manger si ma relation avec la nourriture était remplie de stress et de confusion. Je devais retrouver le plaisir de me nourrir. C’était bien logique. Mais comment ? Je devais absolument trouver pour aider ma fille !

J’ai finalement décidé de rencontrer une thérapeute.

Je savais que le problème venait de loin. Mais je n’arrivais pas à le nommer. Durant la première séance, après avoir pleuré toutes les larmes de mon corps (ne t’inquiète pas pour moi, je suis émotive, il me reste encore en masse de larmes), le mot « hyperphagie » est venu résonner dans mes oreilles. Hyperphaquoi ?

Quand je me suis mise à lire sur ce sujet, c’était exactement moi. Ça décrivait tellement ma souffrance. L’hyperphagie est un trouble alimentaire qui se retrouve entre la boulimie et l’anorexie. Ça explique mes rages et ensuite mes régimes secs. La roue pourrait enfin arrêter de tourner. J’allais pouvoir m’en sortir.

Aujourd’hui, je suis encore ronde. Mais combien plus heureuse. Maintenant, je mange sans me priver, mais de façon raisonnable. Je ne peux pas dire que j’ai gagné. Mais je peux tout de même dire que je suis fière de qui je suis. Je suis enfin bien avec moi. Le poids ne fait pas le bonheur.

Alexandra Loiselle

Au diable les purées!

Dans ma vie en général, je travaille fort pour garder mon quotidie

Dans ma vie en général, je travaille fort pour garder mon quotidien simple. J’ai fait plein de choix en ce sens pour m’aider à sauvegarder ma santé mentale et lorsqu’est arrivé le moment de l’introduction des solides avec mon fils, je dois dire que je n’étais pas très inspirée par cette étape. Mon allaitement a été simple dès le départ et j’aimais beaucoup la liberté que cela me procurait. J’allaitais partout, je n’avais aucun accessoire à traîner pour nourrir mon fils, c’était simple et efficace, comme j’aime.

Là, je me projetais dans cet avenir pas si lointain où je sentais déjà que j’allais manquer de temps pour faire les purées, que j’allais oublier d’apporter les purées au restaurant ou en visite chez des amis, que mon fils allait refuser de manger sa petite purée bio faite avec amour à la sueur de mon front entre mille et une autres tâches, parce que lui, le brocoli fade, c’est pas son choix numéro 1, que j’allais devoir le faire manger avant nous ou manger froid parce que j’allais devoir le nourrir. Bref, pas grand positif à l’horizon, sinon que mon fil grandissait et que j’étais fière qu’il soit rendu à cette étape.

C’est dans ce contexte que je me suis mise à chercher des alternatives et à ma grande surprise, il y en avait une : la Diversification Menée par l’Enfant (DME). L’étape des purées était évitable, j’étais sauvée!

La DME, bien qu’elle ne soit pas encore officiellement reconnue dans la guide Mieux-vivre, est en train de gagner en popularité au Québec. Il est assez aisé de trouver de l’information sur le sujet auprès de sources fiables (livres, nutritionnistes, site Internet) et il existe également des groupes de soutien sur Facebook pour les parents adeptes de la DME. De mon côté, après avoir lu sur le sujet, j’ai consulté une nutritionniste via un entretien par Skype, cela m’a aidée à être en confiance et à me rassurer sur le choix que j’allais faire.

En gros, la DME reconnaît que lorsque le bébé a atteint certains critères de maturation (avoir six mois ou plus, se tenir assis seul, être intéressé par la nourriture, etc.), il est capable de gérer lui-même l’introduction des solides en commençant directement avec des morceaux qu’il est capable de saisir dans ses mains et non des aliments réduits en purée. Par exemple, dès la première semaine, j’ai offert à mon fils des lanières de tranche de pain grillé, une carotte, du poulet en lanière et un brocoli. En gros, le travail du parent est d’offrir des aliments variés avec une bonne valeur nutritive et de rester près de l’enfant pour le superviser, sans intervenir. J’ajoutais des céréales riches de fer à mes muffins pour être certaine qu’il en ingérait suffisamment, mais ce n’est pas nécessairement requis.

Les avantages…

  • Bébé découvre à son rythme les aliments et contrôle les portions qu’il prend en mangeant à sa faim, ce qui est le départ d’une saine alimentation.
  • Il peut manger comme tout le monde dès le départ, il devient donc facile de sélectionner des aliments à lui donner dans le repas familial, plutôt que de lui faire un repas juste pour lui. On a d’ailleurs partagé nos premiers sushis à l’avocat quand il n’avait pas encore sept mois.
  • Il peut manger en même temps que tout le monde et les parents peuvent manger chaud eux aussi puisqu’ils ont les mains libres.
  • Il développe en même temps ses habiletés motrices.
  • Cela peut être une bonne alternative pour les bébés qui n’aiment pas être nourris à la cuillère.

Les défis…

  • Lorsque bébé prend une trop grosse bouchée ou qu’un aliment est mal avalé, son petit corps est déjà  tout prêt pour l’aider. Il aura ce que l’on appelle un gag reflex (ou réflexe nauséeux, comme un haut-le-cœur) pour déloger l’aliment. Il est possible aussi qu’il vomisse si jamais le morceau n’est pas délogé par le gag reflex. Bref, la nature est bien faite, mais comme parent, ça peut être difficile à voir. Aussi, certains bébés plus sensibles ont des haut-le-cœur simplement à cause de la stimulation du palais; cela peut d’ailleurs arriver avec les purées aussi. Ce n’est pas comme être étouffé. Dans ce cas, on parle d’une obstruction complète des voies respiratoires et les manoeuvres d’urgence sont de mise. Bref, de toute façon, comme parent, je crois qu’il est bien de réviser les manoeuvres d’urgence, peu importe la manière d’introduire les solides.
  • Ça fait de la bouffe partout… partout sur bébé, partout par terre, partout dans la chaise. C’est très beau à voir, mais le ménage est inévitable après chaque repas.
  • Comme toute approche non traditionnelle, cela peut provoquer de la peur ou de l’incompréhension dans votre entourage.

En fait, de mon côté, en comparant les pour et les contre, je me suis rendu compte qu’il n’y a que ma peur de l’étouffement qui me retenait d’adopter cette méthode. Comme cette peur est non fondée et que les avantages sur le plan du développement de l’autonomie de mon fils étaient beaucoup plus grands, je me suis lancée. Je dois dire que je recommencerais n’importe quand. C’était si simple! Rien à préparer d’avance, toujours quelque chose de disponible pour grignoter et c’était tellement mignon de le voir se nourrir seul, mon cœur fondait chaque fois. Je me suis rendu compte que les enfants de cet âge ont beaucoup de capacités que je sous-estimais. À six mois, mon fils était capable d’être autonome (sous supervision, on s’entend) dans la gestion de son alimentation, c’était fascinant à voir! Pour les parents ayant déjà  fait la DME, j’aimerais bien voir vos cocos en action question de me remémorer de bons souvenirs.

Roxane Larocque

Je déteste cuisiner!

<span lang="FR" style="margin: 0px; color: #333333; font-family: 'Ti

Je déteste cuisiner. Je fais à manger parce que je n’ai pas le choix. Je cuisine simplement et de façon équilibrée. Au quotidien, c’est moi qui suis dans la cuisine. Mes enfants n’ont jamais ingurgité de bouffe toute préparée depuis qu’ils sont nés. J’ai confectionné des tonnes de purées de légumes, de compotes de fruits, de biscuits et de mets en tout genre.

Et un soir…

– Maman, mes amis ont toujours des lunchs trop délicieux pis moi, je mange de la « scrap ».

– Quoi???

– Pourquoi tu ne fais pas mes lunchs?

– Parce que tu as quatorze ans et que je pense que ça ne te rendrait pas service… Et comment sais-tu que les repas de tes amis sont si bons?

– Ils ont « l’air » bons.

– Fais-toi des lunchs qui ont de l’allure alors.

– C’est à toi de me cuisiner de bonnes choses, que je pourrais mettre dans des plats et apporter à l’école.

– Je le fais avec mes lunchs à moi, je cuisine tous les dimanches et je fais MES lunchs, parce que j’ai préparé TES lunchs pendant des années et que tu chialais tout le temps. Alors un jour, il y a trois ans, j’ai arrêté de faire de toi un assisté qui râle. T’es pas content? Fais ta bouffe.

– Quand papa est là, lui au moins, il cuisine de bonnes choses…

VLAN. Ledit papa qui est à la maison peu souvent et qui ne travaille pas quand il est là… ce chéri qui adore cuisiner et mijoter des petits plats, inventer des recettes, fouiller, trouver de nouveaux ingrédients… Ce soir-là, j’aurais pu trouver plein d’excuses pour mon garçon : je manque de temps, je travaille trop, c’est cher des bons aliments… Mais je dois me rendre à l’évidence : je déteste cuisiner!

– Je préférerais que tu aimes cuisiner…

– Pis que je passe des heures dans la cuisine, au lieu de lire, faire du sport, aller voir mes amis, pour que tu engloutisses le repas en trois minutes? NO WAY! Tu sais lire?

– Ouin?

– Bah check des recettes et cuisine ce que tu as envie, go! Fais-toi plaisir, mon homme!

Pourquoi je me sens jugée parce que je n’aime pas cuisiner? Je n’aime tellement pas ça que j’ai allaité longtemps mes enfants pour ne pas avoir à leur préparer de biberons! Je n’ai aucun fun debout, seule dans ma cuisine pendant que le monde s’amuse! Recevoir à souper est pour moi une corvée!

Par obligation, et par souci d’une saine alimentation, je cuisine chaque jour. J’essaie de varier, je manque souvent d’idées et trente minutes avant le repas, je ne sais jamais ce que nous allons manger. Je ne supporte pas de tout organiser à l’avance. J’ouvre le réfrigérateur et je me décide. Chaque jour…

Alors quand mon ado de quatorze ans me reproche le fait qu’il mange de la « scrap », je suis blessée et fâchée. Mais j’assume ce point : je déteste cuisiner! Et ça ne fait pas de moi une mauvaise maman!

 Gwendoline Duchaine

La mode végan

Le mouvement s’est installé progressivement à la

Le mouvement s’est installé progressivement à la maison. En janvier 2016, notre fille de quatorze ans a arrêté de manger de la viande. Quelques mois plus tard, elle a banni le poisson de son alimentation. Et depuis un an, elle s’impose un régime sévère, par conviction : elle ne consomme aucun produit venant des animaux.

Comment en est-elle arrivée là? Pourquoi autant d’adolescents suivent ce mouvement, ce mode vie? Comment c’est d’être végan, au quotidien? Est-ce possible d’avoir une alimentation équilibrée et adaptée aux besoins des ados, sans aucun produit animal?

Tout a commencé avec internet et le visionnement de ces vidéos virales provenant d’associations de protection des animaux. Ces images terrifiantes et cruelles des abattoirs, mises en scènes par des extrémistes amoureux des animaux, ont chamboulé ma fille. Elle pleurait devant tant de cruauté et a commencé à se poser des questions. Elle a décidé de ne plus être à l’origine de ces « meurtres »… et de ne plus consommer de viande!

Nous avons alors commencé à nous inquiéter pour sa santé. Ses besoins en fer et en protéines allaient-ils être comblés? Comme elle mangeait quand même du poisson et des œufs, nous avons décidé de la laisser faire. Et nous nous disions que c’était sans doute une phase, un passage, une rébellion… Après tout, c’est ça aussi l’adolescence : le rejet de la société (qui tue les animaux pour se nourrir).

Quelques semaines plus tard, notre fille nous a annoncé qu’elle s’était « conscientisée sur le poisson ». Elle était très documentée sur le sujet et nous a expliqué toutes les cochonneries qui sont administrées aux poissons d’élevage, et très franchement, j’ai compris sa démarche.

À ce moment-là, c’était clair dans sa tête : elle ne voulait plus consommer de produits animaliers, quels qu’ils soient… sauf qu’elle n’osait pas encore nous en parler. C’est petit à petit que je me suis doutée…

–  Maman, je suis végan.
– Tu es quoi?
– Végétalienne.
– Tu ne manges pas de viande ni de poisson.
– Je ne mange plus de lait, de beurre, de fromage ni tout ce qui vient des animaux.
– Des œufs?
– Non, je ne veux plus en consommer non plus.
– Mais tu vas manger quoi?
– Maman, il y a des milliers de personnes qui sont en santé et ne consomment pas de produits venant des animaux. Je ne veux pas être à l’origine de maltraitances. J’ai vu beaucoup de reportages et je ne souhaite pas être responsable d’autant de souffrance. Il y a de nombreuses alternatives!
– L’homme est omnivore! Il mange de tout et l’a toujours fait!
– Et bien, il serait temps d’évoluer…

Nous avons donc réalisé que les risques pour sa santé étaient réels. Nous nous sommes inquiétés de cette nouvelle manière de vivre très exigeante et contrôlante. L’épicerie est devenue un casse-tête et la convivialité des repas en famille s’est envolée… Même aller au restaurant était trop compliqué : il y a des produits issus des animaux dans tout ce que l’on mange!

La plus grande de mes inquiétudes, c’est ce contrôle alimentaire qu’elle s’imposait. Elle disait se sentir « sale » s’il y avait un peu de beurre dans ses légumes. Cette rigueur extrême me faisait penser à mon anorexie d’adolescente… La surpuissance du corps… Ma fille avait-elle un problème de santé mentale ou simplement de nouvelles convictions?

Nous nous sommes rapidement sentis dépassés et nous avons décidé de nous entourer. Son médecin nous a référés auprès d’une diététicienne qui nous a confirmé que le régime alimentaire de notre fille manquait cruellement de protéines! Depuis, elle est suivie de très près, avec des bilans sanguins réguliers et une alimentation équilibrée qui est très compliquée à mettre en place au quotidien. Nous avons découvert un nombre incroyable d’aliments de remplacement, certains nous plaisent, d’autres sont infectes! On teste, on goûte, on adopte, on découvre! Et finalement, toute la famille se prête au jeu!

Le défi est de faire attention de ne pas consommer plus de deux portions de soja par jour (c’est un perturbateur endocrinien!) et de varier les apports en protéines. Le suivi médical est strict afin qu’il n’y ait pas de carences alimentaires. Être végétalien ne s’improvise pas, c’est compliqué et mon seul conseil est de s’entourer de professionnels de la nutrition!

Elle a accepté toutes nos conditions par conviction. Sa détermination était plus forte que tous nos arguments ou nos mises en garde concernant sa santé.

J’ai regardé ma fille avancer dans ce processus, je l’ai observée expliquer à son entourage le pourquoi de son mode de vie et j’ai réalisé que j’étais fière. Sa manière de rejeter la société et de se conscientiser sur la protection des animaux et de la nature est honorable! Elle pourrait se droguer, faire des bêtises, fumer, boire… Eh bien non! Elle est juste végan! Et ça ne concerne pas seulement son alimentation : elle refuse les hormones, les médicaments, les produits testés sur les animaux et les vêtements en fourrure ou en cuir! Elle nous a ouvert les yeux sur beaucoup de choses!

Je trouve ça fascinant que mon enfant m’éduque et me montre ce qui est bien pour moi et pour l’avenir de la planète. C’est certain que nous ne suivons pas son mouvement un peu trop extrémiste à notre goût, mais nous ne mangeons que rarement de la viande et du poisson, nous consommons beaucoup moins de produits laitiers et d’œufs. Nous nous sentons bien plus en forme et n’avons plus de cholestérol dans nos derniers bilans sanguins. Nous mangeons beaucoup de graines (je sais bien qu’Étienne va rire en lisant cette phrase!) et nous découvrons, grâce à notre diététicienne, plein de nouveaux aliments!

L’avenir nous dira si notre fille poursuit ce chemin très exigeant au quotidien.
Je pense que nous pouvons, en tant que consommateurs, avoir un réel impact sur les conditions de vie des animaux de l’industrie alimentaire. Il suffit de manger différemment, d’acheter local, de fuir les consommations de masse et de privilégier le « bio ».
La route est longue, mais quand je vois la détermination de ma fille et de ces ados végans, j’ai beaucoup d’espoir!

 

Gwendoline Duchaine

Ode au chocolat

Oh! Chocolat, toi qui m’appelles sans arrêt! Que tu sois noir ou

Oh! Chocolat, toi qui m’appelles sans arrêt! Que tu sois noir ou blanc, en pépites ou en copeaux, garni de flocons d’érable ou de sel de mer, je t’aime. Que dis-je? Je t’adore. Tellement que je te mangerais tout cru. Ou en fondue.

 

Dire que quand j’étais petite, je n’aimais pas le chocolat. Sauf le chocolat de Pâques. Et juste les lapins vides. Je n’aimais pas les jeans non plus. Je préférais mes joggings rose bonbon.

Le chocolat, maintenant, ça me fait me sentir comme si j’étais dans mon ensemble de coton ouaté rose des chevilles au ras du cou : confortable et sans stress, à l’abri des intempéries émotionnelles, mais pas vraiment sexy.

Mon métabolisme m’a toujours assez bien servie. Sans arborer la selvitude d’un mannequin photoshopé, j’ai longtemps pu manger le triple de ce que mes amies mangeaient et me maintenir sous la barre critique du surpoids. Et Dieu sait que ce n’était pas parce que je dépensais des calories en bougeant. Le sport et moi, ça ne fait pas très bon ménage. Je déteste transpirer et je hais avoir froid, ce qui élimine la plupart des options.

Quand j’ai déménagé en appartement pour le cégep, je suis partie avec mes dix-sept ans et mes valises. Alors que plusieurs étudiants du collégial découvrent l’alcool, ma drogue à moi, c’était les pâtes et le chocolat. Il y a pire dans la vie, me direz-vous! Mais à long terme, ça s’accumule et ça rend aussi dépendant.

À ma première grossesse, je suis tombée dans une orgie de tomates. J’en mangeais huit fois par jour. Heureusement qu’elles poussaient dans ma cour, sinon je me serais ruinée. Aux trois autres grossesses, je me suis reprise en matière de cochonneries alimentaires. J’ai pris jusqu’à soixante livres sous différents prétextes : les études, la fatigue, la baisse de moral, la colère, l’éloignement, les « moi je suis faite comme ça, alors à quoi bon surveiller les quantités que je mange? », l’insomnie (vous savez, la nuit, quand on ne dort pas, la boîte d’Oréo crie très fort!)… J’ai perdu toutes ces livres chaque fois, bravo à moi!

Mais à l’approche de mes quarante ans, avec un emploi de fonctionnaire, un stationnement au centre-ville et une monoparentalité temporaire, je ne marche plus, je ne fais plus de karaté, je ne vais plus à la piscine et… je mange! Du chocolat, entre autres. Et les fonds d’assiettes de mes enfants, parce que j’ai appris que gaspiller, ce n’est pas bien pour la planète.

Depuis mes onze ans, j’ai aussi développé l’habitude de bouffer (là, on n’est plus au stade de manger en dégustant) sans arrêt pendant ma semaine. J’avais tellement mal à l’utérus et au dos que je préférais souffrir d’une indigestion.

C’est bien connu, la nourriture n’endort pas que les crampes menstruelles. Ça soulage aussi (lire : ça fait oublier temporairement) les émotions sombres. C’est rare qu’une salade au tofu fasse disparaître les blues. Les calories vides sont beaucoup plus efficaces! Je ne fais pas partie du fan-club des accros aux chips, et la bouteille ne m’interpelle pas plus qu’au cégep. Mais, j’ai de la misère à résister à la fraise fraîche trempée dans le chocolat, que la fraise y soit ou non. Je dois me parler fort pour remplacer le chocolat chaud triple crème fouettée à la cannelle avec des pépites de miel par un bon thé. Et le pot de Nutella, on n’en parle même pas.

J’aime manger équilibré. Et ça va de soi, j’aime être en santé. Mes enfants m’appellent parfois madame Tofu (il faudrait que je trouve des recettes de tofu au chocolat… ça doit exister!). J’ai la réputation d’une personne qui mange santé tout en me gâtant à l’occasion. Ces temps-ci, l’occasion se présente souvent.

Si au moins, ça me faisait du bien… Dès que je me brosse les dents, je recommence ma quête du goût du chocolat. Quand l’ennui se met de la partie, mes antennes à bouffe s’activent. Mon métabolisme se déglingue, ma culpabilité culmine. Vous imaginez le mauvais exemple que je sers à mes enfants sur un plateau de pâtisseries (oups… de crudités)? J’ai le cerveau en bouillie, l’énergie en chute libre, et, oh ?

Désolée, je dois y aller… le frigo m’appelle!

 

Je vais aller lui dire de se la fermer. Parce que les joggings roses, c’est bien beau (euh… non!), mais j’ai besoin de réapprendre à manger et à me gérer.