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Miroir, miroir, dis-moi…

Depuis toujours, toi, Miroir, tu me joues des tours. Depuis toujours, l’image que tu m’envoies n’est pas à mon goût. Du plus loin que je me souvienne, regarder mon reflet n’a rien d’agréable. Je prendrais un peu plus de ci et un peu moins de ça. Et pourtant…

Quand je regarde les photos de moi, plus jeune, je me trouve magnifique. J’en conclus donc que c’est toi, cher Miroir, qui me rends la vie dure. À moins que ce soit ton ami, Pèse-personne. Là, je l’avoue, tout est déréglé. Le nombre inscrit sur le cadran est celui d’une grosse fille. Mais quand je m’attarde aux images du passé, je vois une belle fille. Que se passe-t-il ? Où est le problème ?

Dans mon magazine « Fille d’aujourd’hui », les filles sont minces, blondes avec des cheveux raides. Elles remplissent leur soutien-gorge beaucoup plus que moi. Toi, tu me renvoies l’image d’une brunette, frisée, avec des fesses. C’est bien confortable, mais ce n’est pas à la mode. Les pantalons sont toujours trop serrés pour moi, même ceux à ma taille. Je dois être grosse.

 

Un peu plus tard arrive le terme « poids santé ». Ça y est, ce que tu me montres depuis des années est confirmé par les experts. Ce n’est pas rien. Ils doivent bien le savoir. Je suis grosse. Alors, tu avais raison, mon cher. S’enchaînent donc régimes de toutes sortes et entraînements. Mais la conclusion demeure la même. Pèse-personne me dit toujours que je fais de l’embonpoint et toi, Miroir, tu m’envoies encore la même image.

Puis un jour, je suis devenue maman. Mon image a changé pour vrai. Ce n’est pas juste toi qui me joues des tours. Mon ventre a perdu sa fermeté, des lignes y sont apparues par dizaines. Quelques rides de souci ont commencé à tapisser mon front. Les filles des magazines aussi ont changé. On commence à parler d’un concept tout nouveau : la diversité corporelle. Mon regard envers moi-même s’adoucit. Pèse-personne ne fait plus partie de ma vie.

Aujourd’hui, à plus de 40 ans, je dois te l’avouer, je me trouve belle. Tu me renvoies l’image de mes taches, mes vergetures, mon petit surplus de poids, mes rides et mes cheveux blancs. Et tu sais quoi ? Je m’en fous ! Je me trouve belle comme je suis. Alors, Miroir, je dois avouer que je t’ai accusé à tort. Tu n’es pas le problème. C’est plutôt la société qui envoie depuis des années une image lisse de la femme. Offre mes excuses aussi à Pèse-personne qui n’y était pour rien lui non plus.

Maintenant maman de deux magnifiques adolescentes, je veux leur montrer l’exemple de l’acceptation de soi, que la beauté est dans la différence. La personnalité d’une personne la rend unique et magnifique. J’ai envie qu’elles n’attendent pas d’avoir 40 ans pour se trouver belles.

Heureusement, les temps changent et des femmes différentes sont représentées dans les diverses publications. J’ai espoir pour les filles qui grandissent. On a encore du chemin à faire, mais nous sommes sur la bonne voie. Vive la diversité corporelle !

 

 Nancy Pedneault

Ma petite quête

Tu étais mon amie parce que tu étais gentille avec moi. Tu me partageais tes Barbies et ta belle Corvette rose. On s’amusait dans ton sous-sol, on se déguisait avec le vieux linge du garde-robe de cèdre et on riait. On préparait des spectacles interminables qu’on présentait à ta mère, qui y assistait sûrement bien malgré elle, en souriant et en finissant par nous ovationner. Je n’avais même pas remarqué que parfois, tu avais de la misère à attacher le dernier bouton de ton pantalon. J’étais bien trop occupée à m’amuser avec toi.

Puis, à l’école, il y en a un qui a murmuré « la grosse » dans un chuchotement non assumé. J’ai réalisé qu’on était bien différentes ; que les camarades pouvaient être méchants. Toi, c’était ça et moi, eh bien j’étais le champ de fraises. Même si c’est loin derrière, que ça n’a pas été dit très souvent, les souvenirs restent et blessent encore.

S’effacer en se laissant pousser un toupet qu’on traîne devant ses yeux comme un rideau qu’on peut tasser pour entrevoir le monde, baisser la tête le plus souvent possible afin d’éviter de présenter ta fleuraison printanière sur tes joues, attirer le moins de regards possible en étant silencieuse et petite. Je voulais absolument éviter d’être la cible. J’ai passablement réussi.

Puis, le printemps s’est tranquillement tassé de mon visage et j’ai pu attacher mon toupet. J’ai découvert que j’avais de jolis yeux. J’ai cessé d’aplatir mes cheveux au fer à repasser et j’ai accepté ma tignasse frisée. J’ai eu mon premier chum qui m’a trouvée belle.

Me sentir belle et bien dans ma peau est une longue quête. À 25 ans, je défendais la beauté naturelle, je prônais le « accepte‑toi comme tu es » avec mes seins fermes et droits, ayant pour seuls plis dans mon visage mes fossettes. Et que dire de ma chevelure dorée !

À chacun sa propre définition de la beauté, à chacun sa propre quête. Pour ma part, à 37 ans, je n’accepte pas les rides qui décorent mon front. Je compte les rayons de soleil qui entourent mes yeux, et que dire de mon gris chat qu’arborent mes tempes. Je n’ai plus le même discours qu’à 25 ans. Pour me sentir belle et bien dans ma peau, je dois camoufler ce qui me dérange. Je ne juge personne dans ces choix, mais moi, si je pouvais me le permettre, je remplirais les sillons qui se creusent hypocritement sur mon visage à chaque éclat de rire. 

Julie De Pessemier

Et si vous disiez merci à votre corps ?

L’autre jour, en me regardant dans le miroir, j’ai eu de la peine. En voyant que mon corps avait changé, n’était plus comme avant, j’ai eu mal, j’ai eu peur. Le soir même, j’ai vu une image passer sur Internet qui disait : « Et si tu disais merci à ton corps à la place ? »

Parfois, la vie nous envoie des signes et il faut savoir les accueillir. J’ai donc tenté l’expérience, en me regardant dans le même miroir, de m’efforcer cette fois de dire merci à mon corps. Je l’ai redécouvert cette soirée-là. Je travaille à reprogrammer la façon dont je me vois et ça fait extrêmement du bien. Notre corps, c’est la seule maison que nous allons avoir toute notre vie. Il naît avec nous et mourra avec nous. Les regards que les autres posent sur nous, sur notre physique, devraient nous passer 6 000 pieds par-dessus de la tête. Ce qui importe, c’est comment nous nous voyons. Car tout ce que notre corps a subi ou à quoi il ressemble est le résultat d’expériences qui ont fait de nous ce que nous sommes.

Voici ma lettre de remerciement à mon corps que j’ai faite cette soirée‑là.

Merci mon corps.

Merci à mes pieds avec de la corne aux talons. Vous m’avez porté à travers toutes mes aventures. Je vous ai salis, je vous ai foulés et pourtant, vous êtes toujours là pour me porter vers de nouvelles places, sur de nouveaux chemins. Vous m’avez permis de marcher pendant des heures et de faire du surplace tout aussi longtemps. Vous m’avez permis de danser, marcher et courir. Je vous aime.

Mes mollets que parfois je cogne, qui parfois piquent. Vous que j’ai tant coupés plus jeune, merci. Mes grosses cuisses qui m’ont toujours aidée à me relever lorsque je tombais. Qui frottent entre elles quand je marche et qui sont plus blanches que la neige, vous êtes solides. Je vous aime.

Mes fesses beaucoup plus molles qu’auparavant, mais qui sont toujours au rendez-vous pour me garder confortable lorsque je joue par terre avec des enfants, qui n’entrent plus dans mes sous-vêtements ou mes pantalons préférés, ce n’est pas grave. Ça n’en fait que plus à aimer. Mes fesses qui ont été là pour m’aider à rester assise pendant les heures de cours et pendant les longs trajets en auto. Merci, je vous aime.

Merci à mon ventre mou qui protège bien mes organes de tout danger et qui a su fabriquer ma petite humaine préférée. Mes seins qui n’ont jamais été à mon goût, mais que j’apprends à aimer depuis ma mi‑vingtaine. Les mêmes qui sont plus pendants qu’avant et qui ont essayé du mieux qu’ils pouvaient de nourrir ma fille, mais qui n’ont pas réussi, merci d’avoir essayé, je vous aime.

Mes bras mous qui m’ont valu tant de moqueries, je vous aime. Vous me permettez de pouvoir serrer tous ceux que j’aime et de ne pas les laisser tomber, jamais. Vous me permettez de lever, pousser, traîner. Vous me permettez tellement plus que je l’aurais cru. Mes super doigts croches qui me permettent de pratiquer une de mes plus grandes passions : l’écriture. Merci et je vous aime.

Mes cheveux qui tombent de plus en plus. Merci de m’avoir servi de bouclier tout au long de ma jeunesse. Merci de laisser place aux cheveux blancs qui arrivent tranquillement. Je les vois comme un signe de sagesse et je les attends.

Déconstruire son idéal et apprendre à s’aimer comme on est, c’est un long processus et ce n’est pas facile pour tout le monde. Cet exercice m’a fait un grand bien et je vous suggère à toutes et à tous d’en faire l’expérience. Vos corps sont beaux et ils racontent une histoire unique et si importante qui est la vôtre.

Et vous, à quelle partie de votre corps voudriez-vous dire merci ?

Anouk Carmel-Pelosse

L’injustice d’être une fille

Élever des filles en 2020, c’est… comment dire? Stressant! Oui, oui, j’avoue, je trouve ça angoissant. L’accès à l’information de toutes sortes, la facilité de communication et les médias sociaux sont très souvent utiles dans nos vies. Mais quand on élève des ados, ça rend parfois la tâche plus difficile.

J’ai souvenir d’un moment précis qui s’est déroulé il y a plusieurs années. J’étais une belle jeune ado de quinze ans qui se promenait sur le camping en maillot de bain. Banal, jusqu’à ce que mon père me demande de m’habiller. Sur le coup, j’étais en colère. Tout le monde pouvait se promener en bikini sauf moi. Injustice! 

Avec mes yeux d’adulte, je comprends. Il me protégeait de la gang de gars en moto qui étaient venus camper chez le voisin. Ils me regardaient intensément, ce qui énervait mon père. Cependant, si les gars ne venaient pas me parler, ça finissait là. Mais aujourd’hui, ce serait plus compliqué.

En 2020, c’est facile de trouver quelqu’un. Alors, la même situation serait bien différente. La gang de gars aurait pu me localiser sur Snapchat, me trouver sur Instagram ou m’envoyer un message avec Messenger. Facile! Donc, comme parents, nous devons outiller nos filles pour qu’elles puissent se protéger, pour qu’elles ne soient pas naïves, pour qu’elles apprennent à se méfier.

Mais pourquoi avons-nous besoin de nous protéger? Pourquoi, comme femme, j’ai dû apprendre à m’habiller pour ne pas attirer les mains baladeuses? Pourquoi j’ai appris à éviter les situations qui pourraient me mettre dans l’embarras? Pourquoi je me méfie des inconnus qui me parlent?

La réponse est simple : mon père avait raison. Il y a des gens qui ont de mauvaises intentions et la naïveté est souvent mauvaise conseillère. Les statistiques parlent d’elles-mêmes.  

Pour mes deux belles ados que j’élève aujourd’hui, je fais un vœu : je souhaite qu’elles puissent s’épanouir et vivre leur vie, sans avoir besoin de se protéger, en étant libres. Que toutes les dénonciations qui ont lieu en ce moment amènent un questionnement et des changements de mentalité.

Un jour, j’espère, les jeunes filles pourront se promener en maillot en ne se protégeant que du soleil.

Nancy Pedneault

Je me suis perdue

Je me suis perdue, et j’en ai conscience. Chaque jour, je retrouve devant le miroir une personne que je ne reconnais pas. Chaque jour, je retrouve ce que j’ai toujours jugé.

Je l’admets, je t’ai jugée, toi qui as passé la trentaine à ne pas prendre soin de ton apparence et de ton âme. Je t’ai jugée avec tes joggings sales, ton chignon défait, ta trâlée d’enfants habillés de vêtements dépareillés. Je t’ai jugée avec tes cernes, ton mascara inexistant et ton peu d’estime de toi. Faut se l’avouer, tu étais à la fois tout ce que je voulais et tout ce qui me rebutait. Tu étais une mère à la tête de ta famille, tu étais importante, mais tu n’étais plus que l’ombre de toi‑même.

En fait, c’est ce que je me disais. Je m’expliquais mal tout ça. 

Parce que hey… MOI, j’avais deux enfants, un chum incroyable, un travail, un poids idéal et pas encore l’ombre d’une ride. J’avais 27 ans et j’étais fière de moi… mais je t’ai secrètement jugée. Je l’avoue. L’espace d’un instant, je t’ai regardée et je me suis dit… jamais je ne serai comme toi. Puis, j’ai continué mon chemin, avec mes enfants, mon mascara, ma toque juste assez défaite pour qu’elle soit belle et avec mes rondeurs inexistantes. 

Toute ma vie, j’ai su que le karma existait. En fait, pour moi il est toujours là. Tout près. 

En fait, je ne sais pas si je peux appeler ça le karma, ou tout simplement la vie. 

Depuis toujours, la vie se charge de me faire vivre les situations que j’ai jugées, pour que je puisse apprendre et comprendre.

Aujourd’hui, j’ai trois enfants. Je les aime. Mais je suis parfois/souvent épuisée.

Aujourd’hui, j’ai un travail que j’adore, mais j’ai pris la décision de ne plus vouloir atteindre les étoiles pour réussir. Je suis bonne dans mon travail, je pense même être excellente. Par contre, je prends ce qui passe. Je me dis qu’un jour, mes enfants seront grands et je travaillerai des 60 heures par semaine pour atteindre mes buts. J’ai choisi de les faire passer avant moi et avant mes rêves.

Aujourd’hui, j’ai 40 livres de plus qu’il y a deux ans. Je porte les mêmes leggings depuis neuf mois. J’ai quatre chandails qui me font dans ma garde-robe beaucoup trop pleine de vêtements qui représentent qui j’étais avant. J’aime bien en rire. Ça rend le tout si normal… Rendre les choses normales, les banaliser… ça aide à ne pas faire face à la réalité, non ?

Aujourd’hui, j’ai réalisé que je n’ai pas fait mes sourcils depuis… beaucoup trop longtemps. Ç’a l’air de rien, mais avant… ça ne serait pas arrivé.

J’ai aussi réalisé que je ne mets plus de mascara ni de cache‑cerne. Que mes cheveux sont remontés négligemment en toque parce que je n’ai pas le temps de les placer.

Aujourd’hui, j’ai reçu des vêtements que j’ai achetés en ligne. Je m’imaginais déjà dedans. J’avais hâte. Je les ai enfilés avec empressement et je n’ai pas reconnu la personne devant le miroir. 

Je me suis perdue…

Je n’ai jamais osé parler aussi ouvertement parce que j’avais peur du jugement. 

Je sais très bien que parmi vous, plusieurs se diront que je chiale pour rien. Certaines d’entre vous ont un poids plus élevé que le mien, d’autres rêvent d’engraisser. 

J’entends déjà les soupirs et les pleurs de celles qui ne peuvent avoir d’enfants et qui donneraient tout pour ne pas avoir les sourcils faits et pour tenir un petit être dans leurs bras. 

Secrètement, je vous entends… et je sais que vous avez toutes, à votre façon, raison.

Je sais aussi que des femmes comme moi, il y en a beaucoup. Et j’avais envie de leur dire qu’elles ne sont pas seules. 

J’ai envie de dire qu’il est temps que nous reprenions le contrôle de notre vie et de notre corps. 

Je ne veux pas être celle que je deviens, et je ne veux surtout pas dire à mes filles que c’est correct de s’oublier.

J’étais et je suis encore une femme de carrière. Une femme fière. Je serai toujours celle que je veux être. Je dois seulement apprendre à m’aimer assez fort pour me respecter. 

Ça ne veut pas dire de mettre mes enfants de côté… JAMAIS !!! Je serai toujours un pilier pour eux. Mais je veux devenir un pilier pour moi‑même d’abord et avant tout. Je veux être forte pour moi, et pour eux.

Je pense qu’aujourd’hui… il est temps que je me retrouve.

Séance photo boudoir

Mesdames, avez-vous déjà entendu parler du principe de la séance photo boudoir? Il s’agit en fait de prendre des photographies professionnelles de soi en petite tenue, souvent dans le but de les offrir à son ou sa partenaire de vie. C’est osé, simple et très efficace pour raviver la flamme dans un couple… Attention, il ne s’agit aucunement de jouer la star porno. Ces clichés se veulent remplis de sensualité et de féminité. Nul besoin de tomber dans la vulgarité. Je me suis moi-même prêtée au jeu et je vous propose d’envisager ces petites questions si vous avez envie de vous laisser tenter par l’expérience…

Quel est le meilleur moment pour se lancer dans l’aventure? Aimer son corps est pour la majorité des femmes un défi au quotidien. Cette séance fera ressortir vos meilleurs angles, votre meilleure silhouette. Si vous venez tout juste d’accoucher et que vous êtes encore en train d’apprivoiser votre nouveau corps de maman, ce n’est peut-être pas le moment idéal. Je vous conseille d’attendre un peu. Le corps d’une mère est magnifique. Par contre, la nouvelle maman n’est peut-être pas encore de cet avis et il lui faut du temps pour accepter sa nouvelle enveloppe corporelle. Prenez un moment pour vous centrer, vous accepter, vous aimer. L’aventure n’en sera que plus positive.

Jusqu’où êtes-vous prête à aller? Chacune d’entre nous a son propre degré de pudeur et je crois qu’il est primordial de le respecter pour en garder un souvenir positif. Vous allez devoir, certes, sortir un peu de votre zone de confort, mais ne faites rien qui vous rend trop mal à l’aise. Respectez-vous. Êtes-vous à l’aise de poser en déshabillé? Êtes-vous à l’aise de poser partiellement nue? Êtes-vous à l’aise de poser en tenue d’Ève? Prenez le temps de voir ce que vous serez prête à faire et à connaître votre propre limite. Retenez aussi que la plupart du temps, les photos restent sensuelles et suggestives. Donc généralement, on ne voit pas directement les parties intimes.

Quelles sont les parties de votre corps que vous préférez? Dure question! Mais pourtant primordiale! Si vous aimez vos longues jambes, vous pourrez les mettre en valeur avec des bas collants et des porte-jarretelles. Si vous aimez vos seins, vous pourrez placer vos mains pour cacher l’essentiel tout en mettant votre poitrine en valeur. Si vous aimez vos fesses, vous opterez pour des poses de côté ou de dos. Ce qu’il faut savoir, c’est que plus vous connaissez votre corps, plus vous arriverez à le mettre en valeur pour les photographies.

Quelles sont vos poses préférées? Faites des recherches. Vous verrez certaines poses qui vous dérangeront. C’est bien. Vous en apprendrez alors davantage sur vos propres limites. Vous savez aussi pertinemment les parties de votre corps que vous n’avez pas envie d’immortaliser. Si vous n’aimez pas votre ventre, vous opterez peut-être plus pour des poses où vous serez justement couchée sur le ventre… Vos recherches vous permettront aussi d’arriver plus préparée mentalement pour le jour J, et vous en saurez un peu plus sur ce que vous voulez faire.

Qui allez-vous engager pour l’occasion? La plupart du temps, il s’agira d’un cadeau, donc la séance se fera dans le plus grand des secrets. Personnellement, je pensais engager une photographe inconnue. Je me disais que j’allais entrer dans le studio, prendre les photos, payer et ne plus jamais la revoir. Je trouvais le concept d’anonymat assez rassurant. Mais finalement, à la dernière minute, j’ai opté pour engager une amie qui a un grand talent en photographie et avec qui je me sentais suffisamment intime et à l’aise. Avec le recul, je pense que c’était vraiment le meilleur choix. Je pouvais être honnête, parler de mes malaises, rire avec elle… Et je crois que le fait qu’elle me connaissait déjà intimement a été un plus. Elle savait que je n’aimais pas tel profil de mon visage, elle savait que je n’aimais pas telle partie de mon corps. J’ai trouvé que cela a détendu l’atmosphère et je ne regrette pas mon choix.

Qu’allez-vous porter? Prévoyez-vous des kits. Si vous avez des déshabillés, c’est le temps de sortir le grand jeu. Si vous n’en avez pas, un beau kit de sous-vêtements fait amplement l’affaire. L’idée, ce n’est pas de dépenser pour vous payer trois déshabillés qui vous coûteront les yeux de la tête. C’est certain que personnellement, je vous conseille d’avoir dans votre garde-robe certains dessous affriolants, ne serait-ce que pour vous sentir femme de temps en temps. Les bobettes de maternité, c’est super confortable, mais ça n’allume aucun homme… Pensez à prévoir des collants, des talons hauts et des accessoires, ça pourra vous être utile. Je ne parle pas ici d’accessoires sexuels, je vous rappelle qu’on capture ici la sensualité et non pas la sexualité. Personnellement, j’ai emprunté la chemise que mon mari portait le jour de notre mariage… Il peut s’agir d’une cravate aussi… Votre homme saura la reconnaître.

Où faire la séance? Plusieurs iront dans un studio professionnel où l’éclairage est déjà bien en place. J’ai fait la séance dans le confort de mon foyer, où je me sentais bien plus confortable… Je sais que certaines femmes vont aussi faire l’expérience entre amies. Moi j’ai préféré faire ça dans l’intimité. Juste la photographe et moi. Sans spectateurs. Encore une fois, tout dépend de vos limites. Je peux vous dire suite à mon expérience que ça m’a permis de prendre des clichés dans des endroits qui n’auraient pas été possibles en studio… comme dans la douche, par exemple.

Quand offrir les clichés? Je vous conseille de choisir un moment significatif dans votre vie. Cette expérience est unique et ne sera offerte fort probablement qu’une seule fois, alors aussi bien sortir le grand jeu pour une occasion spéciale… un anniversaire de mariage ou de couple, par exemple. Noël, la Saint-Valentin ou son anniversaire sont aussi de belles options. Mais attention à ne pas offrir les clichés devant la belle-famille… Et puisqu’on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve, je vous conseille d’offrir seulement les clichés imprimés, et de garder les numériques pour vous.

Je pense que pour faire de cette expérience un souvenir positif, il faut bien s’y préparer. J’aimerais aussi prendre le temps de clarifier quelque chose. Je suis une maman. Pas une fit-mom. J’ai eu plusieurs grossesses qui ont mis mon corps à rude épreuve. J’ai des vergetures, un ventre mou et bien des kilos en trop. Je n’ai jamais dit que votre corps devait sortir d’un magazine pour tenter l’expérience. Au contraire, je regarde ces clichés de mon corps de maman et vous savez quoi? Je me trouve belle. Je me trouve sexy. Je pensais être gênée et ne pas être capable de me regarder. Et bien non. Ça m’a même redonné confiance en moi, je dirais. Se sentir femme. Se sentir désirable. C’est ça qui fait de belles photos. Alors, relevez la tête et osez, mesdames. Vous ne le regretterez pas. C’est probablement le meilleur moment de votre vie pour vous jeter à l’eau.

Joanie Fournier

 

Arrête de traiter ton corps comme un fast food!

Ton corps est unique. Tu ne l’as pas choisi. Mais tu peux choisir ce que tu en fais. S’il te plaît, fille (ou gars), respecte-le. Traite-le comme un grand restaurant 5 étoiles le fait et non comme un fast food. Upgrade ta clientèle. Ton corps ne doit pas être ouvert à tous 24/7. Il doit y avoir des critères pour y accéder et c’est à toi de les définir. Un code vestimentaire? De l’attente pour un rendez-vous? Un langage et une attitude classe? Même le fast food a ses règles et exige du respect.

Si tu te voyais avec nos yeux, tu ne t’exhiberais pas de cette façon. Des fois, on dirait que tu offres des bouchées gratuites sur un plateau d’argent à qui veut en prendre. Malheureusement pour toi, ce seront les plus affamés ou les plus cheap qui voudront se servir. Souviens-toi que peu importe qui vient à toi, à n’importe quel moment, tu peux fermer la porte et tourner ta pancarte « Fermé ». Même le fast food peut expulser des clients. C’est toi le boss!

Peu importe ce que tu veux ou ce que tu as à offrir, l’important c’est que tu te sentes bien… avant, pendant et après le repas. Je suis certaine que tu veux que la personne que tu fais entrer dans ton resto reste pour un menu table d’hôte et non pour un snack rapide sur le bord du comptoir. Peut-être que tu auras moins de réservations… mais ce sera certainement de meilleure qualité.

Tu as tellement à offrir, ne l’offre pas à tous! Ce n’est pas tout le monde qui mérite tes 5 étoiles. Et surtout, ton corps est précieux tout comme toi ; prends-en soin. Laisse les gens te découvrir, te connaître. Fais en sorte que les autres te traitent avec respect… et commence par toi.

Krystal Cameron

 

Le flux instinctif des sorcières

Ce texte va parler de menstruations. De vraies menstruations, avec du sang rouge, noir et brun, pis des p’tits caillots dégueu. Pas du liquide bleu clair comme on en voit à la télévision. Alors, si t’es pas prête à ça, clairement, arrête de lire.

Bon, je sais déjà que je vais me faire juger quand vous lirez ce texte. À peine les premières lignes écrites, je sais que plusieurs d’entre vous me lanceront des pierres. La nouveauté, on n’aime pas ça. Les idées nouvelles, on les juge. Et moi, je fais la lumière aujourd’hui sur une vérité dont toi-même, femme, tu ne soupçonnais pas l’existence. Alors attache tes bobettes avec de la broche et essaie d’ouvrir un peu ton esprit, s’il te plait.

Déjà, on va remettre les choses en perspective : non, je ne suis pas une sorcière. Ni une magicienne. Je suis juste une femme qui a toujours eu un flux menstruel hyper abondant et qui cherchait une solution pour y survivre tous les mois. Sans aucune exagération, je passe les maxi-serviettes-de-grand-mère à une vitesse impressionnante. Et non, je ne les mange pas. Elles sont juste carrément pleines au bout d’une ou deux heures. Ben oui… un flux hyper-abondant pour de vrai. Et évidemment, comme si mourir au bout de mon sang tous les mois ne menaçait pas suffisamment ma survie, ça vient aussi avec des crampes menstruelles dignes de contractions. Pis je sais de quoi je parle, j’ai accouché trois fois de façon totalement naturelle pis ça faisait presque aussi mal.

Viens pas te plaindre que c’est inapproprié ce que tu viens de lire, je t’avais prévenue. Et si ça, ça t’a choquée, arrête de lire, je te jure, tu ne t’en remettras pas.

Je cherchais donc une façon de survivre à ce cauchemar mensuel. Les serviettes sanitaires me coutaient un prix exorbitant. Les tampons et la coupe menstruelle, c’est hors de question pour moi. Je suis sûrement une vieille fille coincée, mais je ne suis aucunement à l’aise à me mettre les deux mains dans le sang tous les mois. Et avec l’abondance de mon flux, personne n’aurait envie de se mettre les mains là. Faque oui, t’as le droit de me juger, mais pour moi, c’est un gros non. Les serviettes sanitaires lavables ont la cote, mais je n’ai pas confiance en leur capacité à absorber tout ça… Et il faudrait que je les lave, ce qui vient contredire mes belles intentions de respecter davantage l’environnement… faque… qu’est-ce qu’il me restait comme option?

J’ai fait quelques recherches pour trouver un moyen qui me convenait. Un moyen qui était à la fois respectueux de l’environnement, de mon maigre budget et de mon dédain évident des menstruations. Puis, je suis tombée sur des articles et des vidéos parlant du «flux instinctif».

En gros, le flux instinctif consiste à arriver à retenir ses menstruations, en contrôlant ses muscles, pour aller se soulager à la toilette tout simplement. Et ce, sans aucune utilisation de produits d’hygiène féminine. Hooooo que j’étais sceptique! Je vous le rappelle, je ne suis pas une sorcière ni une magicienne. Mais ça avait piqué ma curiosité, alors j’ai décidé d’essayer ça. J’ai profité d’une semaine moins chargée pour travailler de la maison, question de tester la théorie. Je ne suis pas bête, j’ai quand même mis une serviette sanitaire jetable pour tenter mon expérience.

Et si je te disais, femme, qu’on t’a menti toute ta vie? Qu’on a menti à ta mère et à ta grand-mère avant elle? Si je te disais que le dégoût de l’Église pour ce sang-qu’on-ne-saurait-voir a changé la vision d’une société pour en faire quelque chose de malsain… et de lucratif?! Si je te disais qu’en fait, tu payes depuis des années pour des produits d’hygiène féminine qui te sont complètement inutiles? Parce que je ne suis ni une sorcière ni une magicienne, mais que je peux t’affirmer que j’arrive maintenant à contrôler mon flux si abondant…

Attention, il s’agit d’un apprentissage. Ça demande du temps, de la volonté, pis de la foi. Mais je te jure que ça marche! Sans mauvais jeu de mots, c’est exactement comme mettre un enfant propre. L’enfant, lui, il ne sait pas qu’il peut y arriver. Il a porté des couches toute sa vie. Il pense que c’est normal de se faire pipi et caca dessus. Pis un jour, l’aventure de la propreté commence. Pis c’est pas facile! Ça peut durer des mois. Parfois ça va bien, parfois il s’échappe. Ben le flux instinctif, c’est pareil.

Au début, j’étais septique, parce que j’avais porté des serviettes sanitaires toute ma vie pis je pensais que c’était normal de laisser le sang couler. Personne ne m’a dit que je pouvais le contrôler. Mais j’ai appris à le faire. J’ai appris à faire confiance à mon corps, à apprivoiser mes sensations. Au début, je courais aux toilettes aux quinze minutes. Puis, j’ai réalisé que je pouvais retenir le sang de plus en plus longtemps.

Ça fait un peu plus de six mois que j’utilise cette méthode. Et voici mes constats :

1- Je peux porter une serviette sanitaire jetable ou un protège-dessous pour toute la journée sans problème. Je la porte les deux premiers jours de mes règles pour me rassurer, mais la plupart du temps, elle est blanche le soir venu. Je suis encore sur le même paquet de serviettes sanitaires que j’avais acheté il y a six mois… Quand il sera terminé, peut-être que je vais passer aux serviettes lavables, juste pour me rassurer.

2- Je n’ai plus jamais eu de crampe menstruelle. Je ne suis ni scientifique ni médecin. Je ne saurais expliquer quel muscle j’ai appris à contrôler ou pourquoi ça m’a soulagée. Mais le fait est que depuis quinze ans, c’est la première fois que mon corps ne me fait pas souffrir le martyre tous les mois.

3- Mes menstruations durent moins longtemps. Encore une fois, je n’ai aucune explication scientifique à vous donner. Je vous parle seulement de mon expérience. Avant, j’étais menstruée au moins six jours. Et c’était très abondant au moins pendant quatre jours. Aujourd’hui, je vais aux toilettes souvent la première journée, un peu moins souvent la seconde, puis tout est fini la troisième journée.

Je ne suis pas une sorcière ni une magicienne. Pis oui, femme, t’as le droit de me juger. J’étais tellement septique avant d’essayer! Mais je crois fermement après ce test qu’on nous a menti toute notre vie. On nous a fait croire que les menstruations étaient sales et qu’on n’y pouvait rien. Qu’on devait se cacher et payer une fortune en produits de toutes sortes. Et aujourd’hui, j’affirme tout le contraire.

Attention, je n’ai rien inventé et je ne m’attribue aucunement le mérite de cette méthode. Je veux simplement partager avec vous ma nouvelle réalité, qui peut‑être, ouvrira des esprits. Et tant mieux si mon témoignage sorti de l’ombre permet à d’autres femmes de découvrir le contrôle de leur corps et toute la liberté qui vient avec.

Joanie Fournier

 

Quand les tatouages parlent

J’ai trente-neuf ans et j’ai cinq histoires de tatouées sur mon poignet gauche.

Mon premier marquage est quasi invisible, cicatrice d’un mal de vivre qui a failli me coûter la vie. Petite ligne amincie et effacée au fil des années. S’alignant le long d’une veine bleutée, elle s’estompe avec ce point‑virgule que j’y ai fait ajouter à l’encre noire.

 

Quelle est la signification de ce point-virgule? Avant même de savoir qu’un mouvement existait en ce sens, j’avais choisi ce signe en amoureuse de littérature que je suis. Dans l’écriture, l’auteur se retrouve parfois devant le choix de mettre un point final à une phrase, ou au contraire, d’y mettre un point‑virgule pour ainsi continuer ladite phrase.

 

À quinze ans, j’avais décidé de mettre un point. Un point final à cette vie que je trouvais si lourde, si vide, si douloureuse. Mais une part de moi en a décidé autrement et c’est finalement un point‑virgule que j’ai tatoué sur mon âme. J’ai décidé de vivre, de me choisir, d’utiliser la chance que j’avais pour en faire « quelque chose ». POINT.

 

Vous commencez à me connaître un brin, j’écris. Toujours, beaucoup et avec passion et émotion. Alors sous mon premier tatouage, j’ai fait ajouter une belle grande plume, verte. Une plume, car elle rappelle l’angélique, la douceur, l’espoir que l’on écrit toujours un peu, chaque jour sur la feuille, dans le livre de notre vie. Verte, car c’est ma couleur favorite, mais surtout, celle de l’espoir.

 

Au centre de mon poignet, les noms de mes plus grands amours, mes trois merveilleux enfants, entrelacés dans le signe de l’infini, ce huit couché qui témoigne que je les aime à l’infini. Mon plus jeune dirait spontanément : « À l’infini plus un! »

 

Puis, j’ai eu, car je ne l’ai plus, un petit cœur rouge avec la première lettre du prénom du père des enfants. N’étant plus ensemble, j’ai voulu l’enlever, le modifier. Mais pas pour une banalité. Pour quelque chose qui me parle, qui me ressemble et qui signifie pour moi un renouveau.

 

Alors le voici, mon tout récent tatouage, un phénix, vert lui aussi, s’harmonisant avec ma belle plume. Le phénix étant un oiseau mythique qui, lorsque sa vie s’arrête, se consume et renaît de ses cendres.

 

Voici ce que je suis : une femme qui s’est consumée entièrement, qui s’est effondrée et qui renaît.

Tout feu tout flamme, me voilà bonifiée par ma nouvelle vie. Mon nouvel amoureux, ma nouvelle moi. Mes enfants s’épanouissant à mes côtés plus que jamais.

 

Je suis celle que j’ai toujours été, avec mes cicatrices, mes souvenirs, mes désirs et surtout mon espoir. Vive comme la flamme et empreinte de cette nouvelle soif de vivre qui me fait sourire plus que jamais.

 

Vous, avez-vous de ces dessins corporels qui vous parlent?

Quels sont-ils?

Vous nous les montrez?
Ou allez-vous en avoir éventuellement?

Quel sera votre choix?

 

Simplement, Ghislaine

Mon vrai corps

Mon vrai corps

« Mon corps alourdi témoigne du passage des amours que j’ai portés neuf mois durant, des cicatrices d’amour. »

Je suis mère. J’ai trois merveilleux enfants. La chair de ma chair, le sang de mon sang, mes plus grandes réussites et fiertés. J’ai vécu trois grossesses tout à fait différentes les unes des autres. La première, si vous avez lu mon texte Le test, vous savez que cela m’a pris près de trois années pour enfin quitter les inquiétudes d’enfanter ou pas un jour. Trois longues années où, la peur au ventre chaque mois, j’attendais si enfin j’aurais ce petit « + ». Trois ans où je me suis jugée, où j’ai calculé, où j’ai espéré et tant pleuré.

Puis enfin, ça y était! À vingt‑neuf semaines de grossesse, j’ai failli accoucher. Ce petit homme en devenir semblait, comme en tout aujourd’hui, bien pressé de vivre. Mais ça a failli lui coûter beaucoup. Heureusement, il a patienté et n’est arrivé qu’à quarante semaines et six jours. Bien à terme. BONHEUR. Bientôt, il aura onze ans! Bien portant, intelligent, un cœur sur deux pattes empli de cette même sensibilité que sa maman et de ses propres exigences personnelles.

L’a suivi sa petite sœur, quatorze mois et des poussières plus tard. Une petite frimousse aux yeux de biche et à la bouche en cœur. Avec ses petites difficultés qu’elle surmonte chaque jour, que NOUS surmontons chaque moment ensemble, en équipe et avec amour. Elle avait à la naissance cet air sévère qui m’a tant marquée! Mais qui l’a quittée au fil de ses bientôt dix années. Elle est espiègle, douce et emplie de cette joie de vivre tranquille. Petite âme d’artiste en devenir, avec ses émotions en vrille.

Puis trois années ont passé. Mon petit loup, frénétique, empli de vie, avec les émotions et les réactions en dents de scie, s’est pointé. Complétant mon tout. Comblant mon envie de maternité. Fort, décidé, mais mordant la vie comme pas un! Du haut de ses six années, il cherche sa place en bon petit dernier. Parfois explosif dans ses émotions, mais si doux. Si amoureux de la vie, voulant tout goûter, tout essayer, et ce, sans se faire arrêter. Mon petit réactionnaire d’autorité.

Oui, comme toute maman, je suis extrêmement fière de mes enfants. Je donnerais ma vie (même si c’est cliché) pour voir leurs yeux s’illuminer.

Mon corps a bel et bien gardé les traces de leur passage. Parfois, cela ne m’atteint pas. Puis ça me frappe. Lorsque je fais le tri de mes vieux vêtements que, quelque peu masochiste, j’ai gardés dans l’espoir qu’un jour à nouveau, je les porterai… Fort est d’admettre que beaucoup continueront à dégager cette odeur de regret envers mes changements de corpulence. MAIS je ne remets AUCUNEMENT en cause ma maternité. J’en referais autant, si c’était à recommencer!

Mais.

Mais j’aurais mieux pris soin de moi. J’aurais accordé à mon corps plus d’attention. Aujourd’hui, je suis alourdie, certes j’en porte la responsabilité : à son retour en forme, je n’ai pas tant travaillé. Mais il n’est pas trop tard, ça ne l’est jamais. Mon vrai corps est un corps de mère qui s’est laissé aller, un peu. Mon vrai corps est sculpté des étirements de mes grossesses, dont la syllabe clé est « grosse »… Ne vous trompez pas! Je sais seulement être lucide.

À l’aube de mes trente‑neuf ans, je constate qu’il serait plus que temps.

Mon vrai corps se veut en santé, sans ce surplus que je peine à traîner.

Mon vrai corps veut courir à cloche-pied avec mes petites déjà si grandes boules d’énergie.

Mon vrai corps veut s’aimer, s’admirer un peu plus que je n’y arrive pour l’instant et depuis tant d’années.

Alors je lui promets à ce corps de lui rendre sa vitalité. Petit à petit, en me rattrapant de l’avoir négligé.

Le tout sous les regards de mes amours, qui trouveront que leur maman peut enfin de nouveau les suivre en courant.

Que ma santé redevienne ce qu’elle était, bonifiée de ce qu’elle pourrait et pourra!

Simplement, Ghislaine

Parlons changements corporels

Maternité et changements corporels… un sujet déjà souvent abordé. Alors, pourquoi choisir d’en rajouter? Parce qu’à travers ce qui est véhiculé et partagé, je trouve peu de nuances. Surtout, je sens qu’on ne peut pas vraiment en parler.

Certaines perdent du poids tellement rapidement que leur allaitement est remis en question ou que leurs proches s’inquiètent d’un trouble alimentaire. Certaines le vivent bien, d’autres non. Il y a celles pour qui les changements diffèrent d’une prise de poids; vergetures, bassin élargi, seins plus gros/petits/bas/pendants/mous/tout est possible, peau en trop sur le ventre, cheveux qui frisaient et ne frisent plus ou l’inverse, peau modifiée, etc.

Bien que la variation de poids soit ce qui paraît le plus et qui est le plus difficile à accepter, c’est plus complexe que ça. En fait, rares sont les femmes qui ne doivent pas apprivoiser leur corps modifié par les grossesses. Celles à qui on répète qu’elles sont si chanceuses, qu’on jalouse plus souvent qu’autrement sans trop de subtilité, doivent, elles aussi, vivre avec un corps qui n’est plus le même : du mou ou du surplus qui n’est pas aux mêmes endroits qu’avant, des vêtements dans lesquels elles entrent peut-être encore, mais qui ne leur vont pas nécessairement aussi bien qu’avant. Bien qu’on ne puisse être contre une vie saine et active, ça ne suffit pas toujours. Car après la maternité, c’est généralement beaucoup plus à gérer et à accepter que des livres en trop. Beaucoup de ces modifications corporelles ne se règlent pas en mangeant bien et en allant s’entraîner.

En plus de devoir apprendre à s’accepter, il faut malheureusement y arriver seule. C’est très difficile d’en parler sans se faire simplement répondre : « Ben voyons, arrête! T’es belle! » Parce que quand on entend certaines personnes commenter les choix alimentaires ou le poids des autres, ça nous enlève souvent le goût d’aborder la question avec elles. Parce qu’on sait bien que derrière la phrase toute faite pour changer de sujet, il y a fréquemment un jugement. Tout le monde a son opinion sur les méthodes les plus efficaces pour être plus mince et plus ferme.

Cependant, c’est si complexe à vivre pour beaucoup que nous devrions pouvoir en parler librement et être simplement écoutée. Sans qu’on nous coupe avec un compliment un peu vide par malaise ou avec un conseil déplacé. Juste écoutée. Parce qu’on peut considérer ça difficile sans être complexée ou se trouver laide pour autant.

Oui, oui, c’est possible de se trouver belle, de croire qu’un kit nous met particulièrement en valeur, mais de ne pas oser porter certains vêtements parce qu’on se trouve moche dedans. C’est possible de se trouver vraiment hot d’avoir donné la vie, mais vraiment poche de ne pas encore pouvoir sauter sur un trampoline avec ses enfants. C’est aussi possible d’être véritablement fière du poids perdu, mais d’être découragée parce que ça ne va pas assez vite à son goût.

C’est complexe et rempli de contradictions, et on devrait pouvoir en parler avec nos proches si on en a envie et ne pas le faire si ça ne nous dit rien. Ça ne devrait pas être un sujet tabou parce que ça fait partie de la maternité. Je me considère bien entourée par ma famille et mes amies. Je suis de celles qui créent des liens facilement et qui tente de les entretenir du mieux qu’elle le peut, qui parle de tout sans gêne.

Néanmoins, ce sujet-là… il passe rarement, met mal à l’aise, crée des jugements, rapporte à soi, alors que ça ne devrait pas. Je sens que je peux aborder ces préoccupations avec seulement trois personnes : mon chéri-mari et nos deux précieuses, choisies comme marraines. C’est tout. Je suis chanceuse de les avoir et j’espère leur dire assez, mais certaines ne sont capables d’en parler à personne, et c’est encore trop peu.

Il y a peu de temps, à travers ces réflexions, ces préoccupations, ces inconforts, je me suis rappelé que mon corps a donné naissance à deux êtres humains merveilleux et le fera sûrement encore; que malgré mes poumons usagés d’asthmatique, j’arrive à courir, danser, sauter et jouer avec eux, et ça c’est hot en titi. Que le regard de mon homme me renvoie l’image d’une femme désirable, pas seulement celle d’une maman, et que ça m’aide à me trouver belle. Que j’ai pu allaiter mes bébés autant que je le désirais et, ça c’est une autre chose très cool que mon corps fait. Il me permet aussi de goûter, danser, jouer, ressentir du plaisir, me sentir vivante.

Tu peux avoir des objectifs à atteindre, vouloir perdre du poids ou être plus en forme, et être fière de toi. Les sentiments contraires peuvent cohabiter. Trouve-toi hot. Tu es la seule personne qui vit avec toi tout le temps. Sois fière de toi quand tu mets tes espadrilles même si tu n’as pas encore atteint le bon nombre de kilomètres. Tu peux travailler fort pour t’y rendre et savourer les efforts nécessaires pendant, pas juste après.

Si une femme aborde ce sujet, écoute‑la.

Des fois, souvent, ça dépend, on oublie que notre corps est notre ami. C’est bien de se le rappeler plus souvent qu’autrement.

Jessica Archambault