Tag Corps

3 trucs simples pour se valoriser au quotidien — Texte : Kim Boisvert

Avec les médias sociaux et les nouveaux canevas de publicité, faut

Avec les médias sociaux et les nouveaux canevas de publicité, faut pas se leurrer, nous sommes quotidiennement bombardé-es de photos les plus parfaites les unes que les autres, d’articles qui parlent de perte de poids et de comment se sentir plus beau-belle.  Hey, qu’on se le dise, ça ne sert à rien de lire ces articles. Quand tu lis un article sur du Fat shaming, il n’y a RIEN de positif qui en ressortira. Rien pantoute comme dans pas pantoute, comme dans — 1000. Impossible que rendue à la fin, tu te dises : Oh là, j’suis donc ben contente de savoir maintenant que je dois absolument mettre tout ce qui n’est pas ferme dans une gaine pour sortir prendre un verre avec mon Homme. Fiou, j’aurais pu avoir honte si je n’avais pas lu l’article !

Non. Le contraire est plus probable. Tu vas te mettre à culpabiliser, à te regarder dans le miroir et justement, à te body shamer toi-même encore plus, parce que quelqu’un quelque part aura écrit que ce que tu es, ce n’est pas suffisant. Voyons, tu dois être mieux ! Être mieux, c’est intéressant parce que ÊTRE, ce n’est pas ça, la base de la vie ? Juste être soi-même, exister ?

J’avais envie de te partager mes trucs à moi, qui m’aident à me rappeler que je suis plus qu’un nombre sur une balance, plus qu’un reflet dans le miroir.

REMERCIE TON CORPS

Lorsque j’ai commencé le yoga, je croyais sincèrement que c’était réservé aux athlètes. À mesure que mon corps a compris les mouvements, ma tête quant à elle, a arrêté de me juger.  La première fois que j’ai réussi à passer d’un chien tête baissée à une fente pour monter un guerrier, je suis venue les yeux pleins d’eau. J’étais CAPABLE de mettre mon pied entre mes mains. Et ça, c’était magique. Mon corps était CAPABLE. J’étais CAPABLE. Je me souviens ce soir‑là, lors de ma méditation, j’ai remercié mon corps d’être aussi fort et je me suis pardonné de lui avoir créé autant de misère.

Prends le temps de remercier tes jambes de te porter jusqu’au travail. Ouais, ça se peut que ta culotte de cheval soit plus une écurie au complet, et puis ? C’est ton corps, ce corps qui te permet d’aller à la rencontre de ta meilleure amie un vendredi soir pour prendre un café à deux mètres de distance.

TROUVE UN ÉLÉMENT DE TON VISAGE QUE TU AIMES

Simplement, prends le temps de te regarder de proche dans le miroir. Pas à la va-vite, en te regardant le derrière. Non, de ben ben proche. Fais de la buée dans le miroir tellement tu es proche. Et là, regarde ton visage seulement, tes cheveux. Nomme un élément qui est absolument magnifique sur ta personne. Il y a de fortes chances que tu trouves que tu as des yeux complètement débiles. Une bouche à faire rêver ou des cils longs comme l’horizon. Tu as peut-être la peau douce ? De beaux sourcils fournis naturellement ? Sérieusement, nomme cette beauté de ton visage à voix haute en te regardant dans les yeux. C’est fou à quel point tu es déjà beau ou belle ! Quelqu’un qui ne t’a jamais vu n’a pas le droit de te donner des trucs pour être PLUS, tu es tellement époustouflant-e à la base !

ÉCRIS UNE RÉUSSITE PAR JOUR

Lors d’une période un peu creuse où je croyais que mon corps était tout ce qui était important, je me suis fait conseiller de trouver un aspect positif dans ma journée, aussi mini soit-il, et de l’écrire dans un journal (mais tu peux aussi simplement prendre le temps de faire l’exercice dans le lit avant de te coucher !) Une simple chose que j’avais faite, que j’avais accomplie. Au début, c’était « Prendre une douche ». Ensuite, ça s’est changé en « Appeler une amie et l’inviter à prendre un café » et ensuite, c’est devenu « Je suis allée courir dehors parce que ça me tentait ». Écrire nos réussites nous aide à voir tout le chemin accompli et à constater à quel point on en fait ben en masse.

N’essaie pas de devenir quelqu’un. Aie comme simple objectif d’être toi. Tu es tellement magnifique, inside-out. Si tu as des moments où tu as moins d’amour envers toi-même, demande-toi d’où vient ce sentiment.  De toi ou des autres ? Il y a de fortes chances que ça provienne d’un élément extérieur. Alors, reprogramme ta pensée et ressors tes compliments. Relis tout ce que tu es capable de faire dans une journée ou tout ce que ton corps te permet d’accomplir ! Ce qui est beau, c’est que tu as la chance d’être unique. Ça, c’est magique, non ?

Kim Boisvert

Tu seras la plus belle femme rondelette enceinte – Texte : Kim Boisvert

Je vous le jure, c’est une vraie phrase qu’on m’a dite quand

Je vous le jure, c’est une vraie phrase qu’on m’a dite quand j’ai annoncé ma grossesse à une bonne connaissance.

« Tu seras la plus belle rondelette femme enceinte qui existe sur la Terre tout entière ».

J’serai pas la plus belle femme enceinte tout court, non ! Je serai la plus belle femme rondelette enceinte.

J’étais enceinte de jumelles, 4 mois de fait avec une bedaine bien apparente, et j’en avais aussi une avant, of course. J’imagine que le RONDELETTE vient qualifier ma bedaine d’avant. Mais être enceinte, ça ne nous rend pas déjà plus rondelette ? Qu’on le veuille ou non ? J’pensais qu’à la base, c’était pas si important, que tout le monde était conscient que la femme subit une transformation extrême inversée et que c’était pas si facile à vivre. Du moins, pas pour toutes. Mais enceinte, j’ai compris que mon corps n’appartenait pas juste aux deux petits Aliens tout à fait sympathiques qui poussaient en moi. Oh ! Non, mais bien à tout le monde qui avait une opinion, qui voulait toucher à mon ventre ou même juste me donner des conseils santé sur comment bien me nourrir. Laissez-moi manger ma crème glacée.

J’avais juste envie de crier « Écoute-moi bien, Madame, jusqu’à tout dernièrement, je vomissais ma vie du matin au soir et maintenant, si je ne vomis pas, tout me lève le cœur ou presque. Je suis rendue à avoir une bonne journée d’énergie sur deux. C’est pas si parfait, mais ce qui rentre est toujours mieux que ce qui sort. Alors si je te dis que mes bébés grossissent, mais que j’ai pris une seule minuscule livre depuis le début de ma grossesse gémellaire, j’pense pas que t’as le droit de juger ma situation, encore moins de me rappeler que comme j’étais déjà rondelette avant, je viens désormais avec une deuxième étiquette. Parce que je sais bien que ce n’était pas normal que mes bébés grossissent sans que je prenne de poids. »

Mais encore là, c’est normal de mettre une étiquette sur le corps d’une femme enceinte. La plupart du temps, c’est fait sans méchanceté, parce que la maternité semble donner le droit à qui le veut bien de commenter cedit corps comme s’il n’appartenait à personne. La propriétaire de ce corps doit vivre au quotidien avec des changements, des peurs et dans mon cas, le miroir.

Le choix de mots pour qualifier une femme enceinte ne devrait jamais porter sur la grosseur. Parce que se faire dire qu’on est rendue une belle rondelette enceinte ou une grosse toutoune, ça ne devrait pas faire pas partie de la normalité de la maternité. Je préférais de loin avoir les nausées que d’entendre les gens parler de combien j’étais énorme ou combien je le serais !

La grossesse est censée être empreinte de bonheur et de légèreté. D’amour et d’excitation. Pourtant, chaque jour, je vérifiais dans le miroir à quoi ressemblait mon corps. Ce corps portait la vie, deux vies et demie dans mon cas, si j’inclus leur sœur triplette rendue en étoile. Et je l’ai oh ! combien maltraité ce corps durant des dizaines d’années. Et pourtant, malgré tout le travail, ces remarques me mettaient encore un poignard dans le cœur. Un doute en tête. Des craintes de ne jamais retrouver un poids correct. De ne jamais réussir à courir à nouveau. De revenir au travail après un an et de ne pas avoir réussi à retrouver un poids d’équilibre. La peur que sur les photos du party de Noël, mon surplus de poids paraisse. Pourquoi ces peurs ? C’est insensé.

Alors, la prochaine fois que vous verrez une baleine qui marche un peu en clown, à la place de lui dire qu’elle est rendue énorme, tournez votre langue dans votre bouche. Ou mangez un beigne et encouragez-la. Parce que sincèrement, personne n’a besoin de se faire rappeler la circonférence de son corps, peu importe le poids ou la situation.

Kim Boisvert

Éloge à mon corps — Texte : Karine Larouche

À toi, mon petit corps d’amour. C’est rare hein que je t’appe

À toi, mon petit corps d’amour. C’est rare hein que je t’appelle comme ça, avec autant de délicatesse ? Je le sais que notre relation n’a pas toujours été très bonne. Je n’ai pas pris soin de toi comme tu le méritais. Je ne t’ai pas souvent chouchouté. Je t’ai « bardassé », parfois plus brusquement que j’aurais dû. Je n’ai pas souvent pris le temps de t’écouter. Je t’ai souvent intimidé en te traitant de toutes sortes de noms, en te dénigrant. J’ai rarement pris la peine de te dire comment tu étais magnifique. Je t’ai ignoré. J’ai ignoré tes signes, j’ai préféré pousser ma limite… du même coup la tienne. Je m’en excuse, sincèrement.

Aujourd’hui mon petit corps d’amour, on a passé à travers toute qu’une épreuve. Au départ, je t’en ai voulu de m’envoyer un cancer à mon âge. Je jouais la victime en me demandant ce que j’avais bien pu te faire pour mériter ça. Plus tard, la colère s’est envolée et une certaine sagesse s’est installée. Là j’ai compris, j’ai vu, j’ai entendu les signes que tu m’as déjà envoyés et que je balayais sous le tapis. J’ai compris que je me devais d’être plus délicate, bienveillante et douce envers toi. J’ai compris que tu étais en train de te noyer et qu’avec ce cancer, tu espérais pouvoir sortir la tête de l’eau pour de bon.

Tu sais, mon petit corps d’amour, on a combattu ensemble le méchant, l’intrus comme je l’appelle. Puis, tu t’es tenu bien droit devant l’adversaire. Je n’ai pas été envoyée au plancher. J’ai continué de fonctionner. Par contre, cette fois je t’écoutais, je prenais le repos et l’amour dont j’avais besoin. Tu sais, le mot « chimiothérapie » fait peur en maudit. On s’imagine couché tous les jours pour quelques mois. On s’imagine vomir partout. On s’imagine chauve du coco, mais aussi sans sourcils et sans cils. On s’imagine avoir l’air malade. On s’imagine qu’on ne pourra plus faire d’activités. Le pire est qu’on imagine que le moral en prendra un coup et ira visiter les bas-fonds. Mais toi, mon petit corps d’amour, tu as déjoué mes pensées les plus sombres. Tu n’as pas vomi, tu n’en as pas vraiment eu envie. Tu m’as permis de monter des montagnes, de prendre des marches, de faire du vélo pendant les traitements. Oui, toi et moi on prenait quelques jours de repos, mais au final, ce n’était rien. On a déjoué les gens qui disaient que je n’aurais plus de cheveux, de cils et de sourcils. J’ai gardé un peu de tout, même qu’il me restait encore beaucoup de cheveux (ok, ok, je sais je les ai rasés à 1 pour qu’ils tombent beaucoup moins).

On a déjà fait trois rounds ensemble, on a travaillé en équipe cette fois et tu sais quoi ? J’ai confiance que cette expérience sera enrichissante pour notre relation. Je n’ai pas encore la confirmation à 100 % que le crabe est parti, mais la chirurgienne s’est tout de même avancée à me dire que ça lui surprendrait qu’il reste des traces de lui. Tu sais que c’est une merveilleuse nouvelle. Notre travail aura un beau résultat. Merci d’avoir été là pour moi. Je te promets qu’en retour, je serai là pour toi aussi.

Avec amour, Karine Larouche

P.-S. Ce texte ne veut en rien banaliser la chimiothérapie, je crois que certaines personnes peuvent l’avoir plus durement que je l’ai eue. Peut-être qu’à 34 ans les coups se prennent plus « facilement ». Courage à toutes celles qui passeront par là.

J’ai mal à mon corps, mon corps postnatal

J’ai mal à mon corps. Mon corps postnatal de presque 3 mois.

J’ai mal à mon corps. Mon corps postnatal de presque 3 mois.

J’ai mal à mon corps de maman. Avant, il était de femme. Maintenant, il me semble n’être que tristesse et désolation. Tout pend par en bas. Mes seins sont aussi bas que mon estime. Sauf en montée de lait. Dans ces cas‑là, j’ai les seins durs comme le roc, hauts comme l’Empire.

Pourtant, il a créé la vie, ce corps. Il a porté la vie et donné la vie. Deux fois et demie plutôt qu’une. Mais ce soir, assise dans le salon, les joues en larmes avec comme bruits de fond le mobile des enfants et mes pleurs étouffés, je ne peux que penser au fait que ce corps‑là n’est pas le mien. N’est plus le mien. Comme si je l’avais emprunté.

Qu’on me rende mon corps d’avant. Celui qui n’avait pas connu la douleur des courbatures de la grossesse ni celles de l’accouchement. Celui qui n’avait jamais pensé changer autant de forme et de texture, malgré tous les sévices subis. Parmi toutes les horreurs qu’il aura vécues, ce choc est le plus gros connu, celui qui a laissé le plus de traces. Qu’on me rende ce corps‑là qui avant me semblait si imparfait, mais qui me semble maintenant l’exemple à retrouver.

J’ai mal à mon corps. Celui que je regarde avec dégoût. Celui qui pendouille. Les cuisses qui frottent, les bras trop mous et la bedaine qui passe par-dessus bord. Oh hé matelot, on a attrapé le gros lot.

J’ai mal à mon corps. Ce corps‑là qui a craqué sous la pression des bêtes qui poussaient en moi. Celui que je dois regarder et crémer sans pleurer. Celui que mes enfants réclameront du bout de leurs cris. Celui qui fut jadis celui d’une amante sans limites.

Je sais bien que des milliers de femmes prendraient mon corps et les enfants qui vont avec sans broncher. Pour elles, je suis sincèrement désolée. Mais n’empêche que ce soir, j’ai mal à mon corps.

Kim Boisvert

Aide-moi à m’aimer

Vieillir n’est pas un moment de gloire pour tout le monde. Chacun

Vieillir n’est pas un moment de gloire pour tout le monde. Chacun va vivre sa petite affaire à sa façon et le courant de sa vie va continuer. Je me souviens que quand j’étais petite, on me disait souvent que vieillir était difficile autant pour le corps que pour l’esprit. Honnêtement, je n’y croyais pas. Je regardais autour de moi et les gens que je voyais, je les trouvais beaux. Je ne comprenais pas cette urgence de vivre que certains exprimaient et ce mal de vivre que d’autres démontraient. Aujourd’hui, à l’aube de mes 38 ans, je comprends.

Où est passée la fille de 20 ans énergique qui mordait dans la vie ? Qu’est devenue la demoiselle pleine de fougue que j’ai jadis été ? Personne ne m’avait parlé de cette préménopause arrivée trop vite. De ses symptômes aussi anodins que dérangeants. Comment est-ce possible de s’aimer avec autant de changements ?

Quand j’entendais « préménopause », je voyais cette dame plus vieille qui vivait un calvaire. Aujourd’hui, quand j’entends « préménopause », je me vois… moi ! Moi, la fille qui n’a jamais vu cela arriver, moi la fille qui vivait dans le déni. Aujourd’hui, je dois vivre avec les changements et maudit que je trouve cela difficile de m’aimer.

Est‑ce que j’ai tant changé ? Est-ce que tout cela va finir par arrêter ? Des questions que je me pose régulièrement pour ne pas dire trop souvent. Oui, il y a les fameuses bouffées de chaleur, les changements d’humeur et les changements physiques, mais il y a aussi les changements que vous ne voyez pas.

Avant, je n’avais jamais eu peur de vieillir. Je me disais que comme un bon vin, j’allais m’améliorer avec le temps. Il est vrai que l’on s’améliore, il est vrai que nous évoluons, mais est‑ce toujours pour le mieux ?

Des petites rides au coin de mes yeux, des vergetures sur mes cuisses, des cheveux blancs qui se pointent dans tous les sens et une fatigue de plus en plus présente. Je sais, je ne devrais pas me plaindre. Je suis en pleine forme et ce ne sont que de petits inconvénients de la vie, mais maudit que c’est difficile de s’aimer quand on y est confronté.

Avec du recul, je comprends que personne ne peut vraiment m’aider dans cette acceptation de mon nouveau moi. Je dois aussi apprendre à vivre avec ces petits changements pour évoluer avec le temps. Je sais qu’aux yeux de mes enfants, je serai toujours la plus belle ; qu’aux yeux de mon amoureux, je suis la même qu’il y a 10 ans et qu’aux yeux de mes parents, je suis cette enfant qui grandit. Il faut juste me donner du temps. Je dois m’accorder ce délai pour réapprendre à m’aimer telle que je le suis. Au-delà des apparences, au-delà des changements, je dois retrouver celle que j’étais pour faire un tout avec cette nouvelle moi. Je dois m’aider à m’aimer…

Véronique Daigle

La fin du nous

J’ai porté au creux de mon ventre mes enfa

J’ai porté au creux de mon ventre mes enfants. Je les ai aimés, dès le premier instant. Je les ai mis au monde, avec une force insoupçonnée jusque-là. J’ai tenté chaque jour d’être la meilleure mère possible pour eux. J’ai joué à la maman-pieuvre, entre les tâches à faire, le travail qui me passionne et ces petits humains qui ont toujours besoin de moi. J’ai fait la maman-kangourou en emmaillotant mes bébés contre mon cœur aussi souvent qu’ils en ont eu besoin. Je leur ai donné mon cœur de mère, mais aussi mon corps. Mon corps pour les porter, pour les accoucher, et encore pour les allaiter.

Et c’est officiel, cette semaine, j’ai allaité mon tout dernier bébé pour la toute dernière fois… À la fin de chacun de mes allaitements, j’ai ressenti beaucoup de nostalgie. Je revoyais mon bébé si petit, si dépendant de mon corps. Je me sentais à la fois coupable de le laisser, de m’éloigner un peu de lui. Et dans ce cocktail d’émotions, je me sentais aussi bien triste de me sentir aussi facilement remplaçable en fait…

Ce sevrage est différent des autres. Sûrement parce que c’est le dernier. Je ne me sens pas coupable du tout cette fois. Au contraire, une grande fierté m’envahit. Je regarde mon parcours de maman-allaitante derrière moi et je suis fière en titi. Et cette fois‑ci, je me sens même libérée. Oui, oui. Parce que je retrouve mon corps. Mon corps à moi. Et juste à moi.

Je ne serai plus jamais enceinte. Je ne ferai plus jamais de portage. Je n’allaiterai plus jamais. Je n’aurai plus à partager mon corps avec un petit être. Je dois me réapproprier ce nouveau corps de maman. Il a changé, c’est certain. Mais je lui dois tellement… Il m’a permis d’accomplir ce que j’ai fait de plus beau sur la Terre. C’est correct que ces petits humains y aient laissé leurs traces…

Je réalise que ce sevrage, c’est aussi la fin du « Nous ». La fin de notre fusion maman-bébé. Parce que maintenant, tu te nourris sans moi. Que je sois là ou non. Tu explores sans moi. Tu joues sans moi. Et honnêtement, je trouve ça beau, la fin du « Nous ». Parce que ça veut aussi dire que c’est le commencement du « Toi ». Un « Toi » qui aura ses propres rêves, ses propres chemins à suivre dans la vie. Un « Toi », jamais tout à fait sans moi. Parce que je marcherai toujours à tes côtés. Juste pour te regarder être un « Toi » aussi merveilleux que celui que tu peux devenir.

Bonne route, mon bébé.

Joanie Fournier

 

Faites-vous partie du 10 % ?

3 décembre, journée internationale des personnes handicap

3 décembre, journée internationale des personnes handicapées.

Levez la main (ou sifflez, si vous ne pouvez pas lever la main), ceux qui se considèrent handicapés ou qui ont un proche handicapé.

Combien de Québécoises et de Québécois souffrent d’une incapacité handicapante, selon vous ?

Qui est considéré comme handicapé ? Si tu as tes deux yeux, tes deux oreilles, tes deux bras et tes deux jambes, ça roule, n’est-ce pas ? Mais le handicap peut être divers, il peut même être invisible. Il peut être temporaire, permanent, périodique… Chose certaine, s’il vous dérange, imaginez à quel point les personnes qui le portent tous les jours doivent se sentir dérangées par leur handicap !

Pour assouvir votre soif immense de connaissances, près de 10 % de la population québécoise de 15 ans et plus serait atteinte d’au moins une incapacité. Parce que comme plusieurs désagréments de la vie, ça vient souvent accompagné. Un diagnostic en annonce souvent un autre.

Dans mon jeune temps, une personne handicapée se déplaçait en fauteuil roulant ou en planche à roulettes (je ne parle pas des ados qui roulent pour aller au dépanneur du coin, mais bien de cet homme sympathique qui sillonnait les rues du village sur sa planche parce que la vie avait oublié de lui donner des jambes). Une personne handicapée pouvait aussi avoir un retard mental ou se promener avec une canne blanche. C’était limité comme vision, mais c’était l’époque.

Avec le temps, la vision s’est élargie. On comprend maintenant qu’un handicap est une incapacité partielle ou totale à accomplir certaines activités de base comme se nourrir, aller à l’école, travailler, se déplacer, apprendre, etc. Votre collègue qui souffre de douleurs chroniques à cause d’une fibromyalgie, votre enfant qui a un déficit d’attention ou une dyslexie, votre mère qui n’entend plus grand-chose ou votre oncle qui entend des voix, votre ami qui a vu trop d’explosions en terrains minés et qui est revenu changé, traumatisé… ils ont tous un certain degré de handicap. Ces situations ne mènent pas nécessairement à une déclaration officielle au gouvernement ou à des subventions, mais elles ont toutes un impact sur la vie de la personne atteinte et sur son entourage.

Donc, quelqu’un qui a ses deux yeux, ses deux oreilles, ses deux bras et ses deux jambes peut être handicapé, à ses propres yeux et peut-être aussi aux yeux du gouvernement. Ça peut sembler banal, mais dans certains cas, le soutien financier s’avère essentiel parce qu’être dans l’incapacité de cuisiner, de marcher, d’apprendre, de parler, de gérer ses émotions ou de faire son budget, ça peut coûter cher et ça peut même être dangereux si on ne reçoit pas les soins appropriés.

Certains handicaps sont invisibles et même silencieux. Ils prennent du temps à être diagnostiqués et traités. Ils peuvent générer de la gêne, de la honte, des non-dits. La personne qui en souffre a le droit de révéler sa condition ou non à son employeur par exemple. Le silence peut malheureusement limiter l’aide et l’adaptation de l’environnement de travail. Même chose pour l’école et la famille. On veut à tout prix que nos enfants en difficulté d’apprentissage aient un plan d’intervention solide avec des moyens d’adaptation béton. Comme adultes, ne devrait-on pas aussi demander que des moyens (souvent gratuits ou peu dispendieux) soient mis en place pour qu’on puisse s’accomplir dans notre milieu de vie et de travail ? Une chaise adaptée, un lecteur d’écran, un preneur de notes pour les réunions, un poste de travail plus silencieux ou exempt de parfums, un horaire adapté… ce n’est pas juste pour les moins de 18 ans ! Encore faut-il en parler et proposer des pistes de solutions.

Dans tout ça, la clé, c’est toujours la sensibilisation et l’information. Communication is the key.

Si on avait plus entendu parler des handicaps invisibles quand j’étais petite, peut-être qu’on aurait moins potiné à propos du gars qui était parti en ambulance après une tentative de suicide. Ou qu’on aurait moins jugé la fille qui avait donc de la misère à mémoriser ses tables de calcul mental. Ou qu’on aurait pu nommer avec les vrais mots ce qui rendait madame Unetelle un peu coucou.

Les personnes handicapées, officiellement ou pas, ouvertement ou en silence, se seraient sûrement senties portées par tout un village, au lieu d’avoir honte de se promener dans le village.

3 décembre : n’est-ce pas une belle journée pour poser un regard différent sur une personne handicapée, pour lui poser la question : « Qu’est-ce qui te ferait du bien ? », et pour poser un geste concret et simplement gentil ?

Go, vous avez la capacité de le faire !

Nathalie Courcy

Assumer sa sexualité feminine

<img class="alignnone size-medium wp-image-18421" src="https://maika

J’aime le sexe.

Malheureusement, ce mot si doux à mes oreilles, si soyeux à mon corps, est encore très tabou dans notre société.

C’est malheureusement encore tabou de clamer haut et fort que je suis un être sexuel féminin.

Je dois et je veux l’assumer, car mon corps m’appartient, mon plaisir m’appartient… Non seulement il m’appartient, mais c’est ma responsabilité d’y parvenir et d’en prendre soin. Si, à la fin d’un ébat sexuel, je n’ai pas atteint d’orgasme, de jouissance, je dois et je veux pouvoir le dire, l’exprimer. Si la position ne me convient pas, si je n’arrive pas à atteindre le niveau de jouissance que je veux, auquel je m’attends, je veux arriver à le reconnaître, l’exprimer et identifier ce qui me fera plaisir.

Je suis partante pour essayer beaucoup de choses différentes quand ça vient au sexe. Pourquoi pas! Après tout, si je n’aime pas ça, je m’exprime et on change, on arrête, on essaie autre chose. Le sexe c’est bon… non, excuse-moi… Le sexe c’est vrrrrraiement bon ! Le sexe me fait vibrer… Ça choque venant d’une femme ??!! Eh bien, je l’assume pleinement ! Je suis une femme. J’aime ce qu’un orgasme peut me procurer comme bien-être et je trouve super important d’en parler !

Ceci étant dit… On remet souvent, trop souvent, les clés du plaisir féminin aux hommes. (Petite parenthèse… jusqu’à maintenant, je n’ai pas rencontré une femme qui ne se souciait pas de mon plaisir.) Tu sais… l’image d’un homme de l’âge des Cro-Magnon qui dit : « Couche-toi sur le dos ma belle, je vais te f*** ! »… C’est très cru, mais très représentatif de la pornographie ET de l’éducation que l’on donne à nos enfants.

On enseigne à nos enfants comment ne pas tomber enceinte, comment mettre un condom, comment se protéger des ITSS et MTS. Mais on oublie de leur enseigner que le plaisir est le plus important. On oublie de leur enseigner qu’il faut écouter son partenaire, écouter ses besoins, ses demandes, son corps, ses yeux. C’est tabou pour une mère de dire à son fils que le désir, c’est crissement important dans une vie, dans une relation. C’est tabou pour un père d’expliquer à sa fille que pour être heureux en relation avec un/une partenaire, il faut savoir reconnaître pas juste l’amour, mais le désir de l’autre corps également. On emploie plutôt les mots comme enfants, maison, famille quand on parle à nos enfants de leur avenir.

Et si le fait de s’assumer en tant que femme passait par l’éducation sexuelle de nos enfants, garçons ET filles ? Nos enfants sauraient reconnaître le bonheur sexuel, le désir de l’autre, le désir à travers les yeux de l’autre. Moi… en tant que femme, j’ai acquis beaucoup de confiance à travers les yeux de mon partenaire. Le voir me regarder avec envie, avec désir, voir dans ses yeux qu’il aime ce que je lui fais, m’a donné énormément de confiance. Et acquérir de la confiance au lit m’a permis d’acquérir de la confiance tout court.

Ce qui se passe dans mon lit se reflète dans ma vie hors du lit !

Moi, j’ai le goût de faire plaisir à mon homme et à mes partenaires, j’ai le goût de leur montrer que je suis belle, que j’ai du plaisir et que je mouille en leur faisant plaisir. J’ai le goût de m’assumer et de contribuer à mon propre plaisir à l’aide de leurs doigts, leur membre, leur bouche, leur corps et j’ai le goût de le leur dire. Je n’ai pas le goût de me coucher sur le dos, de leur prêter mon corps et d’attendre que ça finisse.

Je suis Roxy, une belle femme, une femme complexe et sexuelle et je M’assume! 😊

4 pieds 10 pouces

On parle de la diversité corporelle, mais on n’en parle pas encor

On parle de la diversité corporelle, mais on n’en parle pas encore assez, ça m’a tout l’air. 4 pieds 10 pouces, c’est moi ça.

Je suis venue au monde dans un corps qui allait éprouver des difficultés pendant l’enfance. Un arrêt de croissance s’est invité et donc, j’ai trois ans de retard osseux. À six ans, j’avais le corps d’une trois ans. Grandir n’a jamais été dans mes priorités. Rien de bien grave !

Cependant, dans le cadre de mon travail, j’ai eu à intervenir avec une jeune fille qui me demandait, en larmes, quand elle allait finir par s’habituer aux commentaires sur sa grandeur.

J’ai pogné un deux minutes*, je l’avoue. J’ai répondu instinctivement : jamais !

Jamais, on ne doit s’habituer à se faire narguer pour notre physique. Les blagues de ce genre, ça n’a pas sa place, dans aucun contexte.

Je croyais que les commentaires allaient passer, en vieillissant. Je me suis développé une stratégie qui consistait à rire jaune aux taquineries tout en essayant de ne pas perdre la face. Cependant, j’ai réalisé dernièrement que l’adolescence est terminée depuis longtemps et pourtant…

Encore aujourd’hui, on me traite de naine et on me dit que je suis considérée comme handicapée. On me demande si je suis assise alors que je suis debout. On me dit que je n’ai pas assez mangé de coups de pied au derrière quand j’étais enfant. On m’utilise comme échelle de grandeur pour mesurer les enfants, on me compare constamment à eux. On me dit que je n’aurai jamais l’air d’une femme, encore pire, d’une mère. On me fait même des blagues très salaces dans le domaine de ma vie privée. Ces remarques s’accompagnent souvent de la phrase « Tu le sais que je te niaise », « C’est juste pour rire ». Mais pour être honnête, si c’est drôle pour les autres, pour moi ce ne l’est plus.

Suite à des commentaires sur mon physique, mon fils m’a demandé avec toute son innocence d’enfant pourquoi ce n’était pas poli de parler du poids des autres mamans, mais que les adultes se permettaient de rire de ma grandeur. Je lui ai répondu que ce n’était pas plus poli et qu’il est important de voir au‑delà des apparences, parce que la beauté d’une personne, c’est tellement plus que le physique.

Je vais bien, je suis assumée et confiante. 4 pieds 10 pouces, ce n’est pas ce qui me définit. Cependant, à l’ère où on parle beaucoup de la diversité, il est important de se rappeler que la personne devant nous mène peut-être un combat qu’on ignore. J’ose aujourd’hui aborder ce sujet, même si on m’a déjà mentionné avec mépris que je faisais bien « pitié » d’être petite et que c’était une insulte aux personnes qui ont un surplus de poids, que de m’en plaindre.

Alors aujourd’hui, je dis non ! Rire d’un physique, peu importe la forme, la taille, la grandeur, c’est non !

Il n’y a pas de comparaison à y avoir, le point central de cette lutte pour la diversité corporelle, c’est que le physique de quelqu’un ne devrait en aucun cas être un sujet de conversation. Point à la ligne.

Marilyne Lepage

*Pogner un deux minutes se résume à un regard de raton laveur coincé en flagrant délit.

Se masturber, point.

Se masturber. Se toucher, s’aimer, se savourer, se connaître, app

Se masturber. Se toucher, s’aimer, se savourer, se connaître, apprendre à se connaître.

Se masturber. C’est un besoin.

Se masturber. Le mot choque, surprend, c’est un mot qu’on chuchote avec un sourire gêné en coin.

Mais… se masturber… c’est un besoin.

Une discussion fort intéressante m’a marquée pendant que je prenais un café avec une amie l’autre jour. On parlait de la façon d’aborder la masturbation avec les jeunes. Elle me dit : « Tu te grattes quand ça te pique ? Ben, c’est tout à fait normal de se masturber quand tu en ressens le besoin ! »

Crime ! Je n’aurais jamais pensé à résumer ma pensée ainsi. Mais c’est donc ben vrai !

Ressentir le besoin pressant de se toucher, de se frôler, de se frotter, c’est primal, c’est inné. Certains disent à leurs enfants : « Fais pas ça ! ». D’autres disent : « Si tu veux faire ça, fais‑le tout seul dans ta chambre. »

Me masturber me console, me calme, me fait bien dormir. J’aime entendre monter ma respiration pendant un orgasme et se calmer après celui‑ci. Notre cerveau sécrète des endorphines et notre stress est moindre. On se sent mieux après un orgasme !

Quand mon garçon d’une dizaine d’années tout juste s’est mis à démontrer un avancement et un vouloir assez prononcé et insistant de charmer, explorer et expérimenter, j’ai senti que l’heure de la conversation avait sonné ! Eh bien, on s’est assis avec un bon chocolat chaud et des biscuits et on a parlé. Tout d’abord, il faut se rappeler, à nous aussi chers adultes, que nos organes génitaux servent à trois choses : procréer, évacuer nos besoins et avoir du plaisir ! « Franchement maman ! » Outré qu’il fût en me regardant de ses grands yeux brun foncé comme la terre noire.

À mon enfant j’ai dit qu’être curieux, c’est normal. Se toucher, c’est normal. Désirer, c’est normal. Encore une fois, une amie m’a instruite et m’a dit ces mots que j’ai joui à entendre : « Ma mère m’a dit : Tu ne peux faire l’amour avant ta majorité. C’est interdit ! D’ici là, masturbe-toi autant que tu peux, comme ça, tu sauras ce qui te fait plaisir et tu sauras comment faire plaisir à ton partenaire. » Bien sais‑tu que ça non plus, ce n’est pas fou du tout !

Assise par terre en buvant mon chocolat chaud et en grignotant mes biscuits au beurre, j’ai répété essentiellement les mêmes mots à mon fils. Si tu es curieux, lis, instruis-toi, pose des questions, explore ton propre corps. Se toucher, c’est normal, c’est un besoin humain. Fais-le seul, tranquille et ne te sens surtout pas coupable.

Parce que… se masturber… ça fait du bien !

Signé Roxy Ka, une femme pleine de désir… pour elle-même d’abord et avant tout.

L’impact des médias sur la femme

La première fois que j’ai lu un magazine f

La première fois que j’ai lu un magazine féminin, c’est aussi la première fois que je me suis dit que je n’étais pas assez pour les autres. Pas assez féminine, pas assez jolie, pas assez intéressante. Après ma lecture, j’ai pensé que mon ventre devait être plus plat, que mes épaules étaient trop carrées et que mon visage n’était pas assez beau sans maquillage. Je ne crois pas qu’à sept ans, ou à n’importe quel âge d’ailleurs, ça devrait être une préoccupation pour une femme. Ce thème n’est pas seulement récurrent dans les magazines, mais dans tous les médias. Partout, je vois des bêtises comme des pubs d’applications qui aident à avoir le parfait beach body, comment éviter ou cacher son acné, quoi mettre selon ton type de corps ou quel régime utiliser pour avoir une silhouette de rêve. 

J’ai déjà lu un article dont le titre était : « Quoi porter pour plaire aux garçons ». On dirait que, selon eux, le seul but d’une femme est d’être appréciée par la gent masculine et que c’est tout ce qui devrait être important. On voit toujours les mêmes types de corps qui nous disent quoi faire pour leur ressembler. C’est insensé de devoir stresser pour correspondre à des critères de beauté inatteignables qui changent tout le temps.

C’est déjà si dur de s’accepter et de s’aimer, moi‑même je travaille sur mes complexes qui, je le sais, ne sont que naturels. Ce serait tellement aidant si les médias nous soutenaient vraiment au lieu de nous rabaisser indirectement. Il faudrait montrer des femmes fortes et brillantes de toutes les formes, couleurs et orientations sexuelles. On pourrait aussi normaliser ce que la société appelle des défauts tels que la cellulite, les vergetures, l’acné, le vitiligo, l’eczéma et les autres conditions de peau répandues et normales. Ce serait vraiment bien de parler de ce qu’est une femme au‑delà d’un corps. 

En plus, toutes les femmes sont magnifiques, peu importe le corps dans lequel elles sont nées. Alors, pourquoi ne pas le leur rappeler une fois de temps en temps pour qu’elles arrêtent de se sentir aussi mal par rapport à elles‑mêmes ? Il faut encourager toutes les femmes à s’aimer, sans exception.

Layla Archambault