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12 avantages de l’école virtuelle selon mes enfants – Texte : Nathalie Courcy

Ok, ok, on est tous tannés des changements de mesures sanitaires, d

Ok, ok, on est tous tannés des changements de mesures sanitaires, du couvre-feu et de la distance imposée avec ceux qu’on aime. Mais avouez qu’il y a quand même certains avantages à cette période inhabituelle !

Si j’en crois mes enfants et mes ados, voici les points positifs de l’école virtuelle (avec mes propres remarques de maman qui télétravaille) :

1- On peut se lever plus tard (les parents aussi ! Pas de lunchs à préparer, pas de « dépêche-toi, tu vas être en retard », pas de cahiers oubliés ni de manteau perdu.)

2- Pas d’autobus ni de service de garde : après l’école, on est déjà prêts à jouer ! (Pas de message de dernière minute pour annoncer que l’autobus est annulé, pas de stress pour arriver à l’heure au service de garde, pas d’appels de l’école pour nous dire que notre enfant dérange !)

3- Pas de bouffe de thermos et on peut quand même manger des sandwichs. (Pas de thermos à laver, pas de plats oubliés dans le fond du pupitre, et en plus, on peut manger en famille !)

4- Il y a beaucoup moins de bruits, ça fait moins mal aux oreilles et à la tête. (Même si on est six à la maison, ça ne bat pas le nombre de décibels d’une classe ou d’un autobus.)

5- Pas besoin de porter de masque ! (Ça, j’avoue, je les comprends tout à fait !)

6- Presque jamais de devoirs le soir et la fin de semaine si on a bien travaillé pendant nos périodes autonomes. (Yes! Plus de temps en famille et en plein air, sans avoir à s’obstiner sur le bien-fondé des leçons…)

7- Pas besoin d’attendre à 16 h pour avoir des colleux de maman ! (Maman fait dire qu’elle aussi, elle aime ça, des colleux à n’importe quelle heure ! Même parfois en plein milieu d’une réunion sur Teams !)

8- On peut assister à notre cours dehors s’il fait beau. (Merci, mois d’avril ! Tu es magnifique dans notre coin de la province !)

9- On peut faire ce qu’on veut dans nos récréations. On peut faire du vélo, de la planche à roulettes, du dessin, on peut même faire une sieste. (Bon, les parents, eux, n’ont pas full de récréations entre deux séances de soutien technique à la marmaille, mais on atteint plus facilement notre compte de 10 000 pas à force de courir d’un ordinateur à l’autre.)

10- On voit nos frères et sœurs plus longtemps, on s’ennuie moins d’eux. (C’est là que je suis contente en titi d’avoir des enfants qui s’entendent bien, parce que je me doute que cet « avantage » n’en est pas un dans plusieurs foyers !)

11- C’est moins anxiogène parce qu’on a un meilleur équilibre entre les moments seuls, les moments en groupe (quand il y a l’alternance entre les deux), les moments en famille, et les différentes activités. (Moins d’anxiété du côté parental aussi, croyez-moi! Au moins une fois qu’on a trouvé le moyen d’installer tout le monde convenablement pour leurs cours virtuels.)

12- Quand on a compris la matière, on peut écouter d’une oreille et faire quelque chose qu’on aime en même temps comme dessiner ou s’entraîner. (Le rêve!)

De mon côté, le plus grand avantage que je vois, c’est que j’ai plus de temps avec mes amours. Plus de temps pour les voir grandir et apprendre. Ça me permet d’être un tout petit peu dans leur bulle-classe, de voir le style d’enseignement de la prof, d’entendre la voix ou de lire les commentaires (pas toujours pertinents ; o)) des amis de leur classe.

On dit souvent que les enfants grandissent trop vite. Il n’y a rien de drôle dans cette pandémie, mais il faut avouer qu’on a (pour certains, pas pour ceux qui travaillent deux fois plus à cause de la Covid) une pause pour regarder nos enfants grandir et pour ÊTRE avec eux plus souvent et plus longtemps que d’habitude. J’espère que nous retournerons bientôt à un quotidien à peu près normal, mais aussi que nous garderons certains des avantages de cette pause.

Nathalie Courcy

Je te promets – Texte : Karine Lamarche

Mon élève, en ces temps incertains qui n’en finissent plus de s

Mon élève, en ces temps incertains qui n’en finissent plus de s’allonger, je te promets d’être là.

Je t’ai confié qu’étrangement, malgré la distance, je me sentais plus près de toi. Je me sens plus compétente, plus en mesure de t’aider. Ce ne sont pas toutes les conditions gagnantes qui sont réunies, mais pourtant, je sens que j’ai le vent des voiles pour t’enseigner.

Si tu es au rendez-vous, si tu t’investis, si tu sautes à pieds joints dans ce que j’ai à t’offrir, je te promets que tu ne seras pas déçu. Tu fermeras ton écran avec le sentiment d’en connaître un peu plus qu’avant et surtout, tu seras fier de toi.

Ces derniers jours nous ont déjà rapprochés. Je t’ai vu dans ton univers. J’ai rencontré ton lapin, ton chat, ton chien… J’ai vu ta chambre. J’ai eu de la compassion pour tes parents que j’ai vus derrière toi ou que j’ai entendus.💕

Je t’ai vu faire quelques prouesses sur ton trampoline pendant la période de travail autonome puis revenir, énergisé, prêt à te remettre à la tâche.

Je te promets de redoubler d’audace et d’ingéniosité pour te préparer une semaine captivante. Je veux que lorsqu’on se quitte, tu te dises: « Hein, déjà? »

Mon élève, tu mérites que je te donne le meilleur de moi-même. Profite de mes moments de disponibilité pour en savoir plus, pour combler les réponses à tes questions qui traînent peut-être depuis longtemps. Propose-moi tes idées!

C’est un temps précieux dont je ne dispose pas au quotidien. 🌟 L’école à la maison a cela de beau; elle nous rapproche et te permet d’aller plus loin…

Si tu acceptes de me suivre, je serai là pour toi, je te le promets.💝

Ton enseignante

Chère Odette

Chère Odette,

Je me permets de

Chère Odette,

Je me permets de t’appeler Odette puisque c’était comme ça que tu voulais te faire appeler : Odette, pas de madame. Je t’écris aujourd’hui pour te remercier. Je te l’ai déjà dit, en vrai, il y a de cela plusieurs années, mais je ne connaissais pas encore l’importance que tu aurais dans ma vie. Maintenant, je sais.

Toi, à qui on avait imposé un passage au primaire, tu as changé mon rapport avec l’école. Je dois t’avouer qu’au départ, j’étais déçue d’être dans ta classe. Comme toutes mes amies, je voulais être avec Marcel, LE prof de 6e. Puis, pendant que tu apprenais à enseigner à des enfants de 11 ans, j’apprenais à te connaître. Déjà, après quelques heures en ta compagnie, je comprenais que ce serait une année bien spéciale. Tu avais cette couleur, cette bonne humeur. Tu avais ce que les profs austères de mes années précédentes ne démontraient pas : la passion.

Avec ta bonne humeur contagieuse, tu m’as donné le goût d’aller à l’école pour apprendre et pas seulement pour voir mes amis. Tu nous proposais des projets, tu innovais, tu dansais dans la classe. Tu étais un oiseau rare pour la fin des années 80.

Une fois ma petite lumière allumée, tu m’as donné confiance en mes capacités et aidée à prendre ma place. J’avais enfin l’impression de comprendre quelque chose au français et en mathématiques. Pour une fois, mes dessins étaient utiles, pas juste une distraction. Tu me faisais illustrer des affiches qui décoraient les murs de la classe et des cartes de Noël. Je pouvais passer plusieurs heures à dessiner les pages de mes projets, j’étais motivée. Bref, cette année en ta compagnie fut bien spéciale.

Puis j’ai vieilli et tu es retournée à ton vrai travail : enseigner au secondaire. J’ai eu la chance d’être à nouveau dans ta classe. Tu avais un peu vieilli mais tu n’avais pas changé. Tu avais gardé cette belle folie, cette passion pour l’enseignement.

Les années ont passé et un jour, je t’ai rencontrée à nouveau. Tu étais amaigrie, tes beaux cheveux colorés étaient tombés. Ta voix rieuse était affaiblie, mais ton petit œil taquin était toujours là. Tu ne pouvais plus enseigner, la fatigue était trop grande. Cette journée‑là, j’ai eu la chance de te dire merci, de te dire que tu avais changé le parcours de ma vie scolaire. Tu n’y croyais pas. J’ai insisté, tu m’as serrée dans tes bras.

Tu t’es éteinte sans que j’aie le temps de te dire que maintenant j’enseigne, comme toi. Je suis tes traces. Chaque jour, je travaille à allumer une petite lumière dans les yeux de mes élèves, comme tu l’as fait avec moi et bien d’autres jeunes. Je me plais à penser que j’ai un peu de ta couleur, de ta passion.

Ma chère Odette, je te dis merci pour tout.

Ton élève, maintenant passionnée, comme toi,

Nancy Pedneault

Chère madame Catherine

Quand je suis tombée enceinte de ma fille, j’

Quand je suis tombée enceinte de ma fille, j’étais tellement excitée à l’idée de mettre au monde un petit humain. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours rêvé d’être une maman. La grossesse s’est déroulée normalement et facilement. Un peu de nausées au premier trimestre et le reste était parfait. Oui j’étais stressée, j’avais fait une fausse couche affreuse avant ma grossesse, mais j’avais espoir que ce petit trésor s’accrocherait.

L’accouchement ne s’est pas déroulé exactement comme je l’avais espérée, j’ai dû subir une césarienne d’urgence et j’ai été endormie. Donc les 24 premières heures de vie de ma fille sont très floues dans ma mémoire. J’ai vécu un deuil de ne pas avoir été capable d’accoucher naturellement. En plus d’avoir été endormie, mon conjoint et moi avons manqué le premier pleure de notre fille. Ce fut traumatisant pour nous. Lorsqu’elle est revenue dans notre chambre après 24 heures à la pouponnière, j’ai réalisé que j’étais incapable de dormir sans qu’elle soit sur moi ou si mon conjoint n’était pas réveillé pour la surveiller. J’ai longtemps eu de la difficulté à dormir lorsqu’elle était bébé. Au moindre bruit, je me réveillais et vérifiais si elle respirait.

Je ne sais pas si c’est relié à l’accouchement où nos vies ont failli être chamboulées à jamais, car ma vie et celle de ma fille étaient en danger, mais je suis devenue hyper angoissée. Dès qu’elle était malade, et même encore aujourd’hui six ans et demi plus tard, je stresse à mort. Si quelque chose me semblait anormal, je m’inquiétais vraiment beaucoup. C’était malsain.

Quand elle a eu un mois et demi, nous avons trouvé une garderie formidable, mais nous devions payer pour sa place à partir de septembre à ses six mois. Nous avons conclu qu’elle débuterait à temps partiel, deux ou trois avant-midis par semaine et qu’on augmenterait graduellement. Heureusement que nous avons fait ça, parce que deux mois avant septembre, je faisais des crises de panique. À mon retour au travail un an plus tard, je pleurais tous les matins. La veille de mon retour, j’ai pleuré pendant des heures.

À chaque étape importante de sa vie, ma grossesse avec son frère lorsqu’elle avait 13 mois, à mon accouchement quand elle avait 21 mois, quand elle a commencé à se traîner, à marcher, j’imaginais toujours les pires scénarios. Évidemment, la rentrée scolaire de la maternelle en 2019 était pour moi une étape méga angoissante, mais j’ai réussi à le cacher à ma fille, car elle était la petite fille la plus heureuse et fière de la Terre. Elle parlait de l’école depuis qu’elle avait trois ans.

À la rencontre de sa professeure, j’étais stressée au max. J’avais l’impression que j’allais éclater en larmes à tout moment. Mon conjoint et moi étions en file pour entrer dans sa classe, j’avais si hâte de rencontrer son enseignante. Quand j’ai entendu la petite voix douce et calme de madame Catherine, ça m’a un peu rassurée. Puis, j’ai vu cette jeune femme remplie de joie, débordante d’énergie, stressée, mais heureuse. Quand je lui ai serré la main, une petite voix m’a dit : « Ça va bien aller avec elle ». Puis, je me suis assise au bureau de ma fille, j’ai commencé à éplucher les feuilles devant moi. J’ai lu une petite lettre de la professeure à ma fille ; tous les élèves avaient la même lettre. Nous devions la lui lire la veille de sa rentrée. Dans la lettre, on pouvait lire comment son enseignante avait préparé la classe et combien elle avait hâte de les rencontrer. Les larmes ont envahi mes yeux, mais j’ai réussi à les contenir. La rencontre n’avait même pas commencé encore et j’étais déjà prête à pleurer.

Madame Catherine s’est présentée et ce fut le coup de foudre. Plus la rencontre avançait, plus je me sentais rassurée et confiante. Ma petite fille serait bien encadrée par cette jeune enseignante passionnée. Elle nous a invités à venir passer des avant-midis avec elle et ses renards dans sa classe. Nous, les parents, mais aussi les grands-parents, marraine et parrain étions les bienvenues en tout temps à venir partager leur quotidien. Pas besoin de dire que j’y suis allée quelques fois. À chacune de mes visites, j’étais impressionnée de voir l’évolution des autres élèves, mais surtout de voir l’amour qui régnait entre les élèves et madame Catherine. Spontanément, un élève se levait et allait la serrer dans ses bras et lui dire un gros « Je t’aime ».

Ma fille nous parlait tout le temps de son enseignante et nous disait combien elle était gentille et qu’elle l’aimait beaucoup. Elle voulait et veut toujours être une « professeure comme madame Catherine ». Nous avions beaucoup de communication avec elle ; elle était très facile à rejoindre et toujours prête pour une nouvelle idée.

Quand la COVID-19 est arrivée, l’enseignante a envoyé un message à ses élèves pour expliquer la situation et qu’elle était très triste de ne plus les voir. Elle a rapidement commencé à faire des appels vidéos. Ma fille n’a jamais manqué un appel. Même chez le dentiste, elle tenait à y assister. Puis, les appels éducatifs sont arrivés. Elle était si heureuse de parler toutes les semaines avec sa madame Catherine. Durant la quarantaine, notre fille a recommencé à faire des crises de colère. Nous lui avons demandé ce qui pourrait l’aider à mieux gérer ses crises. Elle nous a parlé d’un personnage de l’école qui explique les émotions. J’ai contacté son enseignante ; elle nous a envoyé un fichier et elle a proposé de parler en privé avec notre fille pour mieux lui expliquer. Ça a beaucoup aidé notre princesse. Ses colères ont diminué énormément. Encore une fois, madame Catherine m’impressionnait avec sa disponibilité et son aide. Elle allait plus loin que son rôle d’enseignante. Puis, à la fin de l’année scolaire, elle est venue porter un cadeau et passer du temps avec chacun de ses élèves. Elle est restée environ deux heures à parler avec ma fille et mon fils.

Tout l’été, dès que ma fille réussissait quelque chose, elle disait : « Madame Catherine serait contente, tu peux lui écrire pour lui dire ? ». Nous avons communiqué avec elle durant l’été et chaque fois que je lisais la réponse de madame Catherine à ma fille, un sourire immense illuminait son visage. Cette jeune enseignante a réussi à se graver une place spéciale dans le cœur de ma fille. Grâce à elle, elle a encore plus confiance en elle. Elle a appris à être plus indépendante et à mieux gérer ses émotions.

En tant que maman, je n’aurais pas pu souhaiter une meilleure enseignante pour ma fille. Je suis extrêmement déçue qu’elle ne puisse pas enseigner à mon fils, car elle a eu sa permanence dans une autre école. Je suis heureuse pour elle, car je sais comment cela peut être difficile d’avoir une permanence en milieu scolaire. Mais la maman en moi se dit qu’elle aurait sûrement eu un impact aussi grand dans la vie de mon fils. Elle aura peut-être un impact sur sa vie, mais différemment. Je me réjouis de la connaître, d’encore lui parler et qu’elle fasse encore partie de nos vies même si une autre année scolaire a débuté. Elle est toujours présente pour ma fille et je suis si heureuse.

Merci madame Catherine de m’avoir appris à faire confiance à la vie et aux gens. Merci d’avoir calmé mes peurs et mes craintes. Vous avez un cœur immense rempli d’amour et de générosité. Chaque élève à qui vous allez enseigner sera un enfant privilégié. Merci d’être toujours là pour mon Éloïse. Merci d’être son modèle, son idole.

Je crois que j’aime madame Catherine autant que ma fille !

Bonne année scolaire aux nouveaux petits renards de madame Catherine de l’école Emmanuel-Chénard à Deux-Montagnes.

Cindy LB

Défi relevé !

En cette fin d’année scolaire, nous pouvons enfin souffler, respirer et

En cette fin d’année scolaire, nous pouvons enfin souffler, respirer et mettre toute cette période derrière nous. Les quatre derniers mois furent particuliers, exceptionnels, différents, éreintants… Je pourrais trouver une centaine d’adjectifs pour décrire cette période qui restera à jamais gravée dans nos mémoires. Depuis la grippe espagnole, nous n’avions jamais eu à apprendre à vivre avec un virus aussi virulent et dangereux. Tout le monde a dû s’adapter. Le milieu de la santé, le milieu de l’éducation, les familles, les commerces, l’économie. Bref, tous ont dû apprendre à vivre avec la Covid-19.

Travaillant dans le milieu de l’éducation, j’ai envie de lever mon chapeau à tous les acteurs qui gravitent autour de nos enfants.

Bravo à tout le personnel des écoles pour leur dévouement, leur patience, leur implication et leur facilité à se tourner de bord sur un 10 cents ! Que ce soit les directions, les enseignants, les éducatrices spécialisées, les éducatrices en service de garde, les concierges, les secrétaires ou les professionnels, tous se sont impliqués jusqu’à la fin pour que nos jeunes vivent des réussites et continuent de garder le lien avec leur école.

Certains enseignants ont dû développer leur côté informatique et ont relevé ce défi avec brio. D’autres ont dû s’adapter à travailler de la maison et à consolider le boulot et la famille. J’ai vu des enseignants organiser des rencontres virtuelles avec des minis de six ans afin de leur faire vivre un dîner chic ! J’ai vu des enseignants stressés d’enseigner de façon virtuelle, ce qui est tout à fait justifié. Le lien avec les humains était maintenant disparu et parler à un ordinateur ne fait pas partie de la réalité d’un enseignant ! J’ai vu des enseignants créer des capsules vidéos en se faisant filmer et ainsi passer par-dessus leur orgueil pour les présenter à leurs élèves.

J’aurais bien aimé que vous soyez là pour voir tout ce que j’ai vu. C’est tellement beau et inspirant ! Le travail d’équipe s’est développé à vitesse grand V. Tout le monde s’entraidait ! Bravo à tout le personnel œuvrant au sein des écoles. Je suis fière d’en faire partie et je suis fière de nos métiers.

Il ne faut surtout pas oublier les parents. Ces parents qui ne sont pas des enseignants et qui, du jour au lendemain, ont dû travailler de la maison et enseigner à leurs enfants. Ils ont dû faire un horaire pour leurs enfants pour pouvoir les garder motivés. Ils ont dû improviser leur nouveau quotidien et vivre avec les conséquences que cette crise a apportées. Les parents de nos élèves sont maintenant les champions des rencontres virtuelles. Ils sont maintenant capables de « plugger » deux enfants en même temps sur des rencontres virtuelles, tout en travaillant de la maison et en faisant une ou deux brassées ! Ouffff, cela n’a pas dû être évident pour tout le monde, chacun vivant cette crise à sa façon.

Un immense bravo, aussi, aux parents qui ont des enfants différents ! Par expérience, ce n’est pas reposant de voir son enfant vivre ce stress, cette anxiété et courir partout pour évacuer son trop-plein !

Les vacances, à la maison, arrivent à grands pas. Ce sera un bon moment pour se reposer et refaire le plein d’énergie. Ainsi, nous espérons tous revoir nos cocos en présentiel en septembre. Le monde de l’éducation, c’est un milieu humain où nous sommes constamment remplis d’amour et d’affection. Nous voulons revoir nos élèves et jaser avec eux face à face ! Gageons que les premières causeries de l’année seront assez remplies d’anecdotes. 🙂

Karine Filiatrault

Inégalités et éducation

Je fais partie des personnes immensément chanceuses, car nous recev

Je fais partie des personnes immensément chanceuses, car nous recevons notre salaire en ces temps de confinement. Je suis enseignante. Je lis beaucoup de choses. Certains profs offrent des cours à distance, des travaux en ligne, font preuve de beaucoup de créativité. Je trouve ça génial, vraiment ! Tous les jeunes méritent d’être stimulés, d’apprendre et de continuer à se dépasser malgré la crise que nous traversons.

Par contre, bien que j’en étais déjà bien consciente, ça me fait voir d’un autre œil les énormes inégalités sociales entre les jeunes Québécois. J’enseigne dans un milieu dit « difficile ». Pour plusieurs de nos élèves, l’école est le seul endroit où ils mangent un repas complet, où ils sont écoutés, considérés et estimés. Ils n’ont pas tous accès à un ordinateur et à Internet (oui, oui, en 2020, c’est le cas, pour une minorité, mais on ne peut pas encore dire que c’est exceptionnel). Plusieurs, aussi, ont des parents aimants qui leur donnent tout ce qu’ils peuvent, mais leur réalité socioéconomique fait qu’ils doivent, à 13 ou 14 ans, prendre soin de leurs jeunes frères et sœurs, cuisiner, faire des courses, etc. Pour de nombreux élèves de notre école, les conditions à la maison ne leur permettent pas de poursuivre leurs apprentissages. Et je dis ça sans aucun jugement pour leurs parents. Ça fait des années que j’observe ces familles et je sais que ces parents font de leur mieux pour leurs enfants, pour leur offrir le meilleur. Aux yeux de plusieurs, le meilleur signifie « mieux que ce qu’ils ont eu et vécu ».

Les idées que j’ai lues concernant l’enseignement à distance et tout ce qui s’en approche sont remarquables, mais elles nécessitent des moyens technologiques qui semblent de base pour beaucoup, alors qu’ils ne le sont pas pour certains. Ces moyens exigent aussi un environnement propice aux apprentissages ; un environnement calme, un endroit où les jeunes peuvent se concentrer. Idéalement, la famille y joue un rôle en accordant de l’importance aux apprentissages, en soutenant les enfants de manière plus ou moins active. En fait, il est indéniable que dans la situation actuelle la situation familiale a un gros impact sur les apprentissages des jeunes.

J’aime le milieu dans lequel j’enseigne. Le lien humain y est très important et c’est en grande partie pourquoi je m’y épanouis. Nous devons travailler fort pour rendre nos élèves disponibles aux apprentissages, que ce soit en leur donnant confiance en les adultes desquels ils se méfient, en les aidant à calmer leur anxiété ou à mettre de côté, pour quelques heures, les soucis qui les envahissent à la maison, en leur permettant de reprendre confiance en eux et en leurs capacités, pour ne nommer que ces exemples.

Alors, j’avoue vivre des émotions contradictoires lorsque je lis sur le sujet, lorsque je vois des commentaires insinuant, subtilement ou non, que les profs qui ne se donnent pas la peine de faire de l’enseignement à distance ne sont pas créatifs ou même paresseux, alors que le bien-être de mes élèves me préoccupe tellement. Je suis partagée entre trouver ça merveilleux pour les élèves pouvant en bénéficier et être triste que ce ne soit pas réaliste pour notre clientèle qui paiera beaucoup plus cher ces semaines sans école. Ces semaines sans nourriture saine pour certains, sans douceur pour d’autres, sans stimulation intellectuelle ou même sans tenir un crayon pour plusieurs.

Et quand j’écris que je trouve ça génial, c’est sans ironie. Priver ceux qui en bénéficient ne rendrait pas plus accessible et réaliste l’enseignement à distance pour mes élèves. Je me réjouis donc sincèrement pour ceux qui reçoivent ce service.

Je me considère comme très chanceuse, cette année tout particulièrement. J’ai des groupes que j’adore, vraiment ! Les meilleurs depuis un bout de temps. Je travaille avec des ados éveillés, curieux, drôles, généreux et empathiques. Oui, ils nous donnent des défis ; oui, ils ne sont pas toujours matures, mais n’est‑ce pas ça, être ado ? Je m’ennuie d’eux, sincèrement. Je pense à eux tous les jours. J’espère vraiment les revoir avant l’été, que notre année n’est pas déjà terminée, que nos chemins ne se sont pas croisés si brièvement. Ce n’était pas assez. Je n’ai pas fini avec eux, j’ai encore beaucoup à leur apprendre, à leur apporter. Et, surtout, je n’avais pas fini d’apprendre d’eux.

Si quelques‑uns d’entre vous me lisent, je vous aime. Vous êtes géniaux et vous irez loin. N’en doutez pas. On ne sait pas combien de temps cette crise durera, mais nous serons là pour vous après. Nous vous accueillerons et continuerons à vous accompagner dans vos apprentissages et dans cette phase si intense qu’est votre adolescence.

À bientôt j’espère ! (Restez chez vous !)

Jessica Archambault

 

C’est la faute des profs!

Quelle période intense de débats et de réflexion sur l’éducati

Quelle période intense de débats et de réflexion sur l’éducation ces temps-ci! Tout y passe : le ministère et son ministre, les commissions scolaires, les enseignants, les matières enseignées, l’école à domicile, tout!

J’aime le débat, civilisé, on s’entend. J’aime qu’on contribue démocratiquement à faire évoluer la société, à mettre à jour les institutions tout autant que nos visions.

Ce que je n’aime pas, par contre, c’est la victimisation et l’accusation. C’est la faute du ministre, la faute du bâillon, la faute des écrans et du cannabis, et quoi encore? N’oublions pas les parents, surtout, ces êtres ignobles qui ont formé des enfants-rois et des peureux chroniques! Et pourquoi pas Charlemagne! C’est quand même lui qui a inventé l’école…

Ce matin, j’ai lu une opinion qui m’a horrifiée. Chacun a droit à son opinion, bien sûr, alors je me permets d’exprimer la mienne, en tout respect. À la suite du suicide d’un étudiant d’université, un internaute a exprimé tout de go : « C’est de la faute des profs! ». Oui, apparemment, les profs en demandent trop aux étudiants. Ils exigent trop de travaux, trop d’excellence, trop de ponctualité, trop de réflexion et de recherche, trop de tout. La cause première de l’anxiété généralisée qui attaque nos jeunes (et leurs parents, soit dit en passant) n’a qu’un nom : ENSEIGNANTS. Voilà, tout est dit.

Hey, les profs! Vous avez le dos large, hein! Portez sur vos épaules la mort d’un de vos protégés. Sérieux?

J’ai déjà enseigné à l’université et au cégep. J’étais exigeante. J’étais pointilleuse autant sur la date de remise que sur la qualité du français. Les références à Wikipédia n’avaient pas leur place. Les résultats étaient proportionnels à la profondeur de la réflexion. Et pourtant, mes étudiants (la plupart, du moins… je ne prétends pas avoir été appréciée de tous) étaient heureux en classe, ils apprenaient, ils progressaient et savaient que je pouvais me montrer compréhensive. Ils savaient que j’étais toujours là pour eux, sauf peut-être entre 2 h et 4 h du matin. Ils savaient qu’ils pouvaient me confier que leur grand-mère était malade ou qu’ils avaient de la misère à payer leur loyer. Ils savaient qu’ils avaient droit à l’erreur et aussi le droit de me demander de l’aide. Ils savaient qu’en classe, ils étaient en sécurité intellectuelle et émotive. Et je suis convaincue que je n’étais pas la seule à les traiter ainsi, comme des humains en cheminement.

Donc… la détresse qu’on met sur le dos des profs? Ce que je connais des profs, peu importe le niveau et la matière qu’ils enseignent, c’est qu’ils se donnent corps et âme pour leurs étudiants. Un prof n’a pas de congé. Un prof n’a pas de fin de semaine. Un prof n’a pas le droit de laisser son sac d’école à l’école. Un prof est en mission constante, celle d’accompagner ses élèves sur le chemin de l’apprentissage, souvent malgré des ressources limitées.

Est-ce que le système exige trop des étudiants? Peut-être. Tout comme la vie en général. C’est vrai que remettre des travaux, préparer des examens, étudier et se présenter en cours en plus de travailler suffisamment pour payer un logement ou une pension, ça peut être étourdissant. Rares sont les adultes qui ont l’obligation d’étudier à temps plein ou de vivre dans un appartement ou un condo au centre-ville. Je vois souvent des étudiants voyager une ou deux fois par année, manger des sushis et boire de l’alcool plusieurs soirs par semaine, aller au gym, au spa, au cinéma.

La vie qu’on choisit a un coût. Si on choisit de dépenser, on choisit de travailler assez pour subvenir à nos besoins. Si on choisit d’étudier, on choisit aussi de travailler pour réussir. Libre à chacun d’équilibrer les sphères de sa vie. Il en sera de même sur le marché du travail : une maison à un million, ça se paye, tout comme un mois en Asie ou le dernier modèle de cellulaire.

Je ne dis pas que tous les étudiants anxieux ou déprimés ont un budget déficitaire et des goûts exorbitants. Je dis que chacun trouve son équilibre, et qu’il est mieux de le trouver plus tôt que plus tard. Je dis aussi qu’accuser les profs, ou n’importe quel facteur individuel, est réducteur. Expliquer le suicide d’une personne sans connaître cette personne, sans connaître l’ensemble du contexte et de sa vie personnelle, professionnelle, sociale, familiale, c’est mentir. C’est attribuer des intentions malveillantes à des humains bienveillants qui pataugent aussi dans une société exigeante. C’est oublier que dans d’autres coins de notre planète, la pression exercée sur les jeunes par le système scolaire et les familles est mille fois plus lourde. C’est accuser sans preuve et sans jugement.

Les profs, continuez de bien faire votre travail. Les étudiants, continuez d’apprendre et prenez du recul au besoin. La clé, c’est l’équilibre.

Nathalie Courcy

Et si on parlait de l’intégration des élèves à risques…

RisqueS avec un grand S.

Risque

RisqueS avec un grand S.

Risque de vivre de graves difficultés d’apprentissage. Risque d’avoir un comportement inadéquat. Risque de vivre des épisodes d’impulsivité et de violence. Risque de vivre de l’anxiété.

Les classes spéciales se font de plus en plus rares. Ces classes sont pourtant si bien pensées pour des enfants aux besoins particuliers… Ce sont des milieux rassurants offrant un nombre de places restreintes et des adultes aux qualités professionnelles diverses, placés là exprès pour soutenir ces petits humains dans leur quotidien.

Aujourd’hui, la tendance est d’intégrer ces élèves aux écoles régulières, avec tous les défis que cela comporte, mais sans le filet de sécurité offert par une classe spéciale.

Je parle au nom de l’élève qui lui, ne vit aucune problématique, qui a cette chance d’être né avec un bon potentiel académique, qui ne vit pas d’anxiété, qui évolue dans un bon milieu et qui se retrouve pourtant négligé en classe quand on intègre à son milieu un élève à risques.

Cet élève ne mérite pas un enseignant moins présent pour lui parce qu’un autre élève demande plus au quotidien. Il mérite sa part d’attention, il mérite un enseignant qui le pousse plus loin encore, il mérite un environnement sécuritaire. Il a le droit de débuter sa journée sans entendre un élève crier, faire des bruits, lancer des objets parfois, même… Il mérite de vivre une vie d’élève normale.

Je parle au nom de cet enseignant qui redouble de créativité tous les matins pour accueillir cet élève (parfois deux ou trois…) particulier, cet enfant pour qui chaque matin est source de stress. Pour la majorité d’entre vous, entrer à l’école, défaire son sac et faire la routine demandée apparaît fort simple. Or, c’est souvent tout un défi pour un enfant vivant avec un TSA ou un TDA/H très marqué. Le nombre d’élèves, le bruit, les consignes… tout cela devient si anxiogène que son comportement devient imprévisible.

Cet enseignant, tu l’ignores peut-être, mais il subit régulièrement de la violence verbale et parfois même physique.

Je parle au nom de l’éducatrice spécialisée qui aujourd’hui, ne travaille plus seule dans une école. Elle fait souvent partie d’une équipe, car désormais, les besoins sont trop criants.

Elle est à bout de souffle. Son local déborde d’enfants qui ne sont pas disposés aux apprentissages. Elle fait des pieds et des mains pour imaginer des solutions parfaites qui répondent aux besoins de tous (parents, élèves, directions, enseignants…). Elle se sentirait tellement plus compétente autrement…

Dans une classe spéciale, son rôle est mieux défini ; les élèves auprès de qui elle doit intervenir, moins nombreux et sa relation avec eux, bien établie.

Je parle au nom des parents. Les parents d’enfants qui eux, ne sont pas « à risques » et qui méritent un milieu stimulant. Ces parents qui se font rapporter par leurs enfants des situations inquiétantes et tristes à la fois qui ont été vécues en classe. Cher parent, sache que l’enseignant de ton enfant fait son possible.❤️

Je parle au nom des directions d’école, coincées entre les mesures gouvernementales, la commission scolaire et les parents de ces élèves à risques… C’est une position si délicate!

Oui, l’intégration de ces enfants aux classes régulières peut être une bonne chose pour eux. Toutefois, plus le temps passe, plus les groupes se complexifient et plus je trouve que trop d’enfants en paient le prix. Leur imprévisibilité fait que parfois, de l’anxiété se développe chez d’autres enfants et parfois même, chez les adultes qui subissent de la violence verbale au quotidien…

Posons-nous la question : intégrer les élèves à risques, oui, mais dans quelles conditions? L’accompagnement en classe réservé à ces enfants, jadis, est presque totalement disparu aujourd’hui… Or, il faisait une grande différence. Pour l’élève touché par ce service, en premier lieu, mais aussi pour tous les humains qui gravitent autour de lui, petits et grands.❤️

Eva Staire

Sexualité et école, ça fait bon ménage?

J’ai reçu cette semaine le plan des ateliers proposés aux diffé

J’ai reçu cette semaine le plan des ateliers proposés aux différents niveaux scolaires pour répondre à la nouvelle norme d’éducation à la sexualité. J’étais curieuse de savoir ce qu’on enseignerait à mes petits de première et troisième années, et quelle approche serait privilégiée avec mes grandes du secondaire.

J’ai été charmée (oui, oui, charmée!) par le programme annoncé. Et je suis curieuse d’entendre mes enfants me raconter les ateliers.

J’avais peur qu’on fasse dans le rose bonbon ou au contraire, qu’on crée des peurs en ne parlant que des bibittes et des affaires pas belles.

Mais non.

On parle à la fois de découverte du corps, d’affection, d’estime de soi, de désir, d’agressions sexuelles, d’infections transmissibles sexuellement, de grossesse et de poils au menton.

Mais pourquoi, pourquoi donc, me direz-vous? Pourquoi en parler à l’école? N’est-ce pas aux parents d’aborder ces sujets délicats avec leurs enfants? N’est-ce pas aux parents de choisir ce que les chastes oreilles de leurs rejetons peuvent tolérer?

Oui, et non.

Certains parents garderont le sujet tabou, classé secret CIA, comme si ça n’existait pas, comme si c’était laid et sale. Comme dans le temps. On dit pas ces choses-là…

On ne les dit pas et quoi? On attend que l’enfant ait sa première éjaculation nocturne sous le couvert de la honte et des draps à laver en catimini? On attend que l’adolescent ne sache que faire de son surplus d’hormones et le garroche à tout vent sur quiconque veut bien le recevoir, ou pas? On préfère que le jeune curieux de comprendre ce qui se passe avec sa poitrine ou ses testicules se fie à Wikipedia pour le lui expliquer? Et s’il se retrouvait sur un site XXX, au lieu de visiter un site fiable? On préfère peut-être laisser le soin à OD de fournir les modèles à nos jeunes éponges…

Qu’on le veuille ou non, nos enfants ont et continueront d’avoir une sexualité, tout comme leurs parents. Et leurs grands-parents… sinon, ça ne fait pas des enfants forts. Il paraît, si je me fie à mes propres cours de formation personnelle et sociale, dans le temps. Cours qui n’ont pas fait de moi une dévergondée, by the way. Ce n’est pas parce qu’on en entend parler qu’on développe soudainement un désir de tout découvrir et de tout vivre, now!

Je suis d’avis que chaque parent devrait ouvrir la discussion avec ses enfants, dès leur plus jeune âge. Nommer les choses par leur nom, dans le respect, sans en faire un sermon sur la montagne. Permettre aux enfants de poser des questions, de s’exprimer, de s’étonner de leur corps qui change et qui ressent différemment. Ça mettrait la table pour le programme encadré de l’école qui, évidemment, est planifié en fonction du groupe et non du développement psycho-sexuel de chaque enfant. Ça mettrait surtout le tapis rouge pour une communication familiale ouverte, qui accueille au lieu de taire.

Mettre la sexualité à l’ordre du jour dans les familles et dans les écoles, ça peut, peut-être, sauver un enfant de l’inceste, parce qu’il aura appris très tôt à dire non et à dénoncer. Il aura appris que son corps lui appartient, tout comme le corps de la petite voisine ou du petit cousin leur appartient aussi. Ça s’appelle « pas touche sans consentement clair ».

Ça pourrait sauver une trop jeune fille d’une grossesse non désirée, un jeune adulte d’une maladie qui reviendra le hanter toute sa vie. Ça pourrait sonner l’alerte chez les proches d’une anorexique dès les premiers signes d’un mal-être corporel. Ça pourrait garder un jeune transsexuel en vie parce qu’il aura entendu un message commun (ou non) sur la valeur de la différence et de l’acceptation, autant à l’école que dans sa famille. Au moins, il l’aura entendu quelque part.

Avec tout le temps que nos enfants passent dans la communauté scolaire, il me semble normal et souhaitable que l’école fasse partie de la solution pour une société qui prône l’acceptation, le respect, la connaissance de soi et l’estime personnelle.

De la même façon que les écoles véhiculent ouvertement un message environnementaliste qui renforce le message des familles et des municipalités, elles peuvent jouer un rôle déterminant dans la transmission d’informations concernant la sexualité. Ensuite, libre à chacun d’adhérer au message commun. Et de discuter des ateliers sur la sexualité à la maison!

Nathalie Courcy

« Congé de lecture »

Mes deux plus grandes filles vont maintenant à l’école primaire.

Mes deux plus grandes filles vont maintenant à l’école primaire. Nous avons vu passer près d’une dizaine d’enseignantes dans leurs vies scolaires depuis le tout début. Nous avons rencontré des femmes passionnées qui leur ont donné envie de lire, d’écrire et d’apprendre… Et personnellement, c’est ce que je trouvais le plus important. Moi aussi, j’enseigne. Moi aussi, j’essaie d’user de pédagogie pour transmettre des savoirs. Mais ce n’est pas l’enseignante ici qui vous écrit. C’est la maman.

Parce qu’en tant que maman, je vais peut-être vous choquer, mais je m’en fou un peu de ce que mes filles apprennent à l’école. Ce qui m’importe, c’est bien plus « comment » ça leur est transmis. Je pense qu’elles ont encore beaucoup de temps devant elles pour apprendre des notions de mathématiques ou des accords de français. Mais il y a une chose qui doit leur être transmise tous les jours : L’envie d’apprendre. Cette soif d’apprendre, de découvrir, d’être curieuses et de remettre les choses en question, ça, c’est le plus important. Les amener à réfléchir, à penser par elles-mêmes, à philosopher… À avoir envie d’en apprendre encore plus tous les jours. Pour moi, c’est ça le plus important à l’école. Parce que quand on apprend dans le plaisir, tout est mémorisé beaucoup plus rapidement et efficacement.

J’ai une grande fille de 9 ans qui lit à une vitesse impressionnante et qui a un vocabulaire vraiment riche. Mais par-dessus tout, elle aime lire. Que dis-je? Elle adore lire. Elle lit tous les jours en arrivant de l’école, pas parce que je lui demande, mais juste parce que ça l’aide à se détendre. Ça calme son anxiété. Ça l’aide à gérer ses émotions. La lecture lui permet de s’évader le temps d’un roman. Et des romans, elle en lit des tonnes ! Cet amour de la lecture évidemment est encouragé chez nous et transmis également aux plus jeunes. Parce qu’en tant que maman, je pense que la lecture ouvre tout un monde d’apprentissages et de réflexions.

Mais cette année, les méthodes utilisées par l’enseignante de ma fille viennent heurter mes valeurs… Elle a une enseignante qui a beaucoup d’expérience. Elle utilise ses bonnes vieilles méthodes depuis des décennies. Mais ce n’est pas parce qu’on a l’habitude de faire quelque chose que c’est forcément la bonne chose à faire… Pour la première fois depuis cinq ans, ma fille doit s’asseoir pour faire plus de trente minutes de devoirs tous les soirs. Il y a 20 minutes de lecture obligatoire tous les soirs. Sauf le vendredi, où c’est écrit dans son agenda : « Congé de lecture. »

Ma fille adorait faire des exercices en devoirs. Parce qu’il n’y avait aucune obligation. L’été, elle me suppliait d’aller lui acheter des cahiers d’exercices et de lui imprimer des mots croisés sur Internet. Elle lisait aussi tous les soirs parce qu’elle adorait ça. Ça ne fait qu’un mois que ma fille est avec sa nouvelle enseignante et ça fait déjà des ravages sur son envie d’apprendre… Elle a bien retenue ce que son enseignante lui enseigne : La lecture est un devoir, une corvée. Maintenant, elle fait ses devoirs en pleurant et en rageant de fatigue. Elle refuse de lire du vendredi au lundi, parce que tsé, c’est pas obligatoire. La lecture qui était pour elle une grande passion est devenue une corvée.

« Congé de lecture. » Ces petits mots ont marqué son esprit. Parce qu’un congé, c’est forcément une pause de quelque chose de désagréable. Congé de travail. Congé de devoirs. Congé de tâches ménagères… Pourquoi ne pas écrire « Lecture pour le plaisir » ? Ces petits mots ont tellement de pouvoir…

La semaine dernière, ma fille a fait une dictée sans faute. Qu’elle était fière d’elle ! Parce qu’elle adore écrire. Parce qu’elle sait qu’elle est bonne là-dedans et que ça lui fait du bien. Et bien vous savez ce que son enseignante lui a donné comme récompense ? Oui, vous l’aurez deviné… « Congé de dictée. » La dictée que ma fille aimait tant. La dictée, qui pour elle, n’avait jamais représenté un examen où il faut se stresser. Ce n’était pour elle qu’un autre exercice pour le plaisir. Ma fille m’a demandé pourquoi elle était punie d’avoir eu 100% à sa dictée… Pourquoi elle n’avait pas le droit de faire la dictée la semaine prochaine… Et elle avait vraiment de la peine. Encore une fois, ce simple « congé de dictée » lui apprend que la dictée doit être vue comme une tâche, un devoir, un fardeau.

Mon cœur de maman trouve le début de l’année bien difficile… Parce que ma fille ne se plaindra pas à l’école. Elle va encaisser sans rien dire et continuer de sourire à son enseignante parce qu’elle veut lui plaire. Mais moi tout ce que je vois, c’est la petite graine que cette enseignante a planté dans son esprit fertile… Cette petite graine qui germera trop vite… Et dans quelques années, quand ma fille aura une boule d’anxiété dans le ventre devant chaque examen, quand elle lira à reculons les livres obligatoires en français et que je devrai tenter de la soudoyer pour qu’elle accepte de faire ses devoirs, et bien je saurai où tout ça a commencé. Parce que quand on plante des petites graines dans les esprits de demain, il faut savoir qu’on a énormément de pouvoir sur leurs avenirs. Et les petits mots sont si puissants…

Je veux être optimiste. Je continue de dire à ma fille qu’elle passera une belle année avec son enseignante. Je lui parle des projets qui s’en viennent dans sa classe. Je mets l’accent sur le positif. Parce que j’essaie à mon tour de planter quelques graines… Je sais qu’être enseignante est exigeant et que ces femmes ne comptent plus leurs heures depuis des années. Je sais qu’elles sont sous-payées et qu’elles méritent tellement plus de reconnaissance. Je sais que c’est une profession vraiment difficile et que plus les années avancent, plus le système scolaire est fragile. Mais ma fille ne vivra cette année qu’une seule fois dans sa vie… Et les idées qu’on lui transmet resteront à jamais… Je fais le choix de faire confiance à son enseignante. Ce n’est peut-être qu’un début d’année difficile… Ses méthodes vont peut-être changer… J’espère seulement qu’elle réalise tout le pouvoir qu’elle a entre les mains, chaque jour. Et avec des grands pouvoirs, viennent de grandes responsabilités…

Eva Staire

Bienvenue dans notre équipe!

Bonjour à toi,

Tout d’abord,

Bonjour à toi,

Tout d’abord, je tiens à te souhaiter la bienvenue dans notre famille. Je sais qu’on ne se connaît pas encore, mais ironiquement, on a déjà envie de t’aimer. L’école pour nous, c’est un travail d’équipe et à partir de maintenant, tu vas faire partie de la nôtre pour la prochaine année. J’sais bien qu’on n’est pas censés être aussi intimes, mais je veux que tu saches qu’ici, on te considère déjà comme l’une des nôtres.

On joue dans le même team, t’sais!

Comme dans chaque groupe, nous avons chacun nos forces et nos faiblesses. Tu as le droit d’avoir tes faiblesses, on ne va certainement pas s’attendre à ce que tu sois parfaite alors que nous ne le sommes pas. La vérité, c’est qu’on n’arrive pas à faire ce que tu fais.

Je considère être l’experte de mon fils. Je suis master dans l’art de détecter s’il fait de la fièvre juste en reniflant son haleine (oh oh oh, ça fera les gros yeux! Je ne dois pas être la seule à trouver qu’un enfant fiévreux a une haleine différente!). Mais pour l’école, je ne suis pas l’experte la plus compétente. Alors, c’est avec plaisir que je te laisse la place. Tu es le ou la spécialiste, ton bagage et tes études te donnent une méchante longueur d’avance sur moi. Mon livre lu en 2012 et qui parlait du bouchon muqueux ne disait rien de spécifique quant au volet scolaire. Je suis le chef d’équipe à la maison, mais à l’école, c’est toi!

On risque d’avoir besoin de faire des caucus de temps en temps, parce que notre joueur du coin gauche en arrache un peu, parfois. Peu importe, je serai toujours disponible pour toi parce que je veux l’aider à scorer et à s’épanouir. Il faut que tu saches aussi qu’on n’est pas seuls, dans notre équipe. Il y a d’autres spécialistes qui s’impliquent pour notre joueur de gauche. Ne t’inquiète pas, tu seras toujours au courant de ce qui se passe avec eux. Je ne garde rien pour moi, on est ensemble ou pas, là-dedans?

Il faut que je me confesse, j’ai une grosse faiblesse : le banc des punitions. Quand notre joueur s’égare et opte pour la noirceur, je n’ai absolument rien contre une punition logique et conséquente. Je suis all in dans ton sens pour ça. Mais pour une raison obscure, certains préfèrent des interventions douteuses qui ne donnent aucun résultat. Heureusement pour nous, c’est encore du jamais vu dans notre équipe. Lui faire danser la lambada avec le nez au mur, devant la classe en lui criant qu’il n’a rien dans tête, c’est tellement 1990. Hein? Ok j’exagère, petit traumatisme d’enfance ici!

J’ai un peu beaucoup d’expérience dans le domaine préscolaire et même scolaire. Si je te dis ça, c’est parce que j’ai moi aussi eu mes moins bons jours et que parfois, mes interventions n’étaient pas à leur top d’efficacité, on va dire. C’est une façon poétique de dire que je l’ai échappé parfois, parce que les enfants ne sont pas une science exacte. Jamais de lambada, ça, c’est promis. Alors, tu as le droit d’avoir tes moins bons jours et d’être moins efficace sur le terrain, je ne vais certainement pas te le reprocher. Dans ces moments‑là, je vais mettre les bouchées doubles. Je te PROMETS que comme monsieur papa et moi le faisons l’un envers l’autre, JAMAIS nous n’allons te rabaisser et te juger devant nos joueurs. Sauf pour la lambada, là c’est possible que je l’échappe. Ok j’arrête avec ça. À l’inverse, je vais être moins efficace moi aussi parfois et tu vas peut-être même devoir me lancer un « minute papillon ». Tu as le droit, c’est ça une équipe!

Alors voilà, je nous souhaite une belle saison et merci de te joindre à nous. T’es bon(ne), t’es fin(e), t’es capable. Surtout, t’es un atout, on a besoin de toi et on est contents que tu sois là.

Tous pour un et un pour tous!

Marilyne Lepage