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Laissez-les jouer!

C’est le festival des yeux rougis et des épaules qui tressautent

C’est le festival des yeux rougis et des épaules qui tressautent sous la force des sanglots. Dans une boîte, un corps. Une personne aimée. Adorée. Partie trop jeune. Beaucoup trop jeune.

Il fait froid dans la salle et dans nos cœurs. On ressent le vide immense laissé par cet être cher. On gèle… Plus tard, à la réception, on aura la force de se remémorer quelques anecdotes plus rigolotes. Le son de son rire. Ses rêves d’enfance. Et ceux qu’elle avait pour ses enfants. Devenus orphelins.

Mais pour l’instant, on observe le silence rituel. On chuchote nos condoléances. On entend le voisin se moucher, discrètement. On regarde le plancher parce qu’au moins, lui ne nous fait pas pleurer. L’atmosphère est lourde.

Et puis, il y a ces enfants qui jouent à la cachette entre les chaises. Les plus jeunes qui chevauchent les épaules des plus vieux. Une table avec des cahiers à colorier, quelques collations. Un enfant endormi au creux d’un fauteuil. Il est capable d’oublier ce qui se passe à l’instant, le chanceux… Un bébé qui réclame bruyamment son lait ou sa routine.

Il fut un temps où petits et grands avaient la même obligation lors des cérémonies mortuaires. À genou, debout, chut! Contenance obligatoire. Comme si le deuil faisait vieillir de vingt ans. Mais plus maintenant.

J’ai tellement passé de temps dans les salons funéraires que je m’y sens chez moi. Et chaque fois, je remarque les yeux embués qui s’illuminent quand un enfant reste un enfant. Je remarque la tension qui baisse de quelques échelons dès qu’un jeune parent entre dans la pièce avec son bébé. Je vois les regards soulagés de pouvoir observer les enfants qui jouent au lieu de n’avoir que le cercueil comme seul point de mire. Je vois les sourires au milieu des larmes. À la vue des enfants, on se souvient que la vie continue…

Je n’amènerais pas mes enfants « pour le fun » dans un salon mortuaire ou dans des funérailles, mais je ne m’empêcherai jamais de les y amener pour une personne proche ou s’ils demandent de m’accompagner. Et surtout (dans les limites du raisonnable, bien sûr!), je ne les empêcherai jamais d’être des enfants.

Au salon comme partout, les enfants ont un pouvoir magique : celui de s’ancrer dans le moment présent et de faire sourire les gens.

Nathalie Courcy

La valise de Sébastien

Dans son livre Mon grand-père disait… 2.0, Boucar Diouf

Dans son livre Mon grand-père disait… 2.0, Boucar Diouf dit ceci : « Chacun de nous, par son éducation et son histoire familiales, reçoit un pratique sac à dos de bonnes choses et une encombrante valise de choses moins désirables. En libérant nos mains, le sac à dos facilite notre cheminement dans la vie ; la valise qu’on traîne, elle, nous ralentit ». Dans l’histoire que je m’apprête à vous raconter, Sébastien, né quelque part dans les années 80, a malheureusement hérité d’une lourde valise…

Après avoir déposé sa boîte à lunch presque vide dans son casier et suspendu son manteau beaucoup trop léger pour le froid mordant de janvier, Sébastien s’avance devant sa nouvelle classe. Frêle de constitution mais plutôt confiant, se présenter devant des amis encore inconnus ne l’effraie plus, puisque c’est la troisième école qu’il fréquente cette année. Il tire sur son chandail de Superman un peu court pour lui et se lance :

Salut. Je m’appelle Sébastien et j’suis nouveau ici. Y’a fallu déménager, parce que l’électricité marchait pu dans l’autre appartement. J’suis un peu énervé parce que demain, je vais avoir neuf ans et pour fêter ça, mon père va m’amener aux courses de chevaux. On va faire une sortie de gars. Ça va faire changement des bingos où ma mère m’emmène souvent avec mes deux sœurs. C’est un peu plate le bingo, mais quand elle gagne, ma mère nous achète du linge au sous-sol de l’église pis des barres de chocolat. Mais demain, mon père dit que j’vais lui porter chance et qui va gagner aux courses. Ça fait qui va m’acheter un vélo. Mon père, c’est le meilleur! Il nous le dit tout l’temps qu’il va nous gâter quand il va gagner.

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Sébastien est fébrile. Aujourd’hui, il va s’adresser au groupe de soutien du centre jeunesse pour une dernière fois. Après un séjour de trois ans, il est heureux de retourner à la maison, mais à la fois inquiet. Ici, il mangeait à sa faim et dormait dans la même chambre soir après soir. Il enroule ses mains dans le bas de son chandail et commence :

Salut. Je suis Sébastien et c’est ma dernière journée icitte. Ouain… à douze ans, quand on a déménagé à Montréal pis que j’ai changé d’école pour au moins la vingtième fois, j’suis rentré dans un gang de rue. C’était la seule façon d’arrêter de me faire niaiser. Pis j’étais tanné d’être pauvre. Avec la gang, on volait des chars pis on vendait un peu de dope. J’avais enfin du cash pour moi. Je pouvais me payer des bons snacks et en donner un peu à mon père pour ses courses. Il était content et il disait qu’il m’en donnerait la moitié quand il gagnerait. Après un bout, la police m’a pogné, ça fait que j’me suis retrouvé ici. Là ça va mieux. Je vais passer des journaux, aider mon père avec ses comptes pis retourner à l’école. J’ai hâte de revoir ma famille pis eux autres aussi ont hâte.

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En cette soirée pluvieuse et froide, Sébastien marche à grands pas dans la rue obscure. Il s’engouffre rapidement dans ce bar où il a passé plus d’une soirée. Il doit faire vite, car il a dit à son amoureuse qu’il sortait quelques minutes s’acheter des cigarettes et il lui a promis qu’il ne jouerait plus. Il s’avance confiant vers la barmaid qui le reconnaît et le salue d’un signe de la tête. Elle lui sert sa bière et lui donne du change. Elle connaît ses habitudes. « Ça va. Ça fait longtemps qu’on t’a vu! » lui dit-elle. Sébastien attrape le rebord de son chandail détrempé par la pluie et lui raconte :

— Ouain… Mon père vient de mourir d’une crise de cœur. Y me manque, ça fait que je vais jouer aux machines à sous. De même, j’me sens proche de lui. J’ai l’impression de le sentir à côté de moi quand j’appuie sur les boutons. C’est fou, mais j’ai même le feeling qu’il me dit de pas lâcher, que la machine va cracher. Avec cet argent-là, j’vas payer mes dettes pis gâter ma blonde.

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Pour la première fois de sa vie, Sébastien avance, incertain, sur le trottoir de ce grand boulevard. Son cœur bat si fort, qu’il a l’impression qu’il va sortir de sa poitrine. Il ouvre la porte dissimulée derrière l’église, la main tremblante. Bien qu’on l’accueille chaleureusement, il est nerveux. Pour se donner du courage, il jette un coup d’œil à son chandail délavé de Superman qu’il a déniché dans une friperie. Machinalement, il saisit le bas de celui-ci et lâche :

Bonjour. Je m’appelle Sébastien et j’suis joueur anonyme. J’ai trente-huit ans, j’ai deux magnifiques petites filles. Y m’a fallu deux séparations, une faillite personnelle et une tentative de suicide pour admettre que j’avais un problème de jeu. Maintenant que je l’sais, j’vais faire l’impossible pour me sortir de là. J’vais l’faire pour moi et pour mes deux filles. Pour pas qu’elles connaissent la pauvreté et pour qu’elles sachent que la vie est là, maintenant. Ça va être difficile, mais même si je l’aime fort, j’veux pas faire c’que mon père a fait toute sa vie.

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Les enfants aiment leurs parents de façon inconditionnelle et marcher en dehors de leurs pas est un véritable défi. Alors, à nous, parents, de nous assurer que ce qu’on leur donne ira dans leur sac à dos plutôt que dans leur valise.

Je souhaite à tous les « Sébastien » de ce monde d’avoir l’humilité d’admettre et la force de s’en sortir.

Isabelle Lord

 

Détox 12 ans et moins

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Il y a eu la pluie. Il y a eu la bouette, la neige et le verglas. Il y a eu encore de la pluie et encore du verglas. Il a fait froid, la neige n’était même pas collante et il y avait de la glace partout. Depuis janvier, le soleil a souvent joué à la cachette, ce qui a diminué considérablement ma dose de vitamine D et par le fait même, ma patience. Moi qui ai toujours dit que les écrans étaient des hypnotiseurs d’enfants et que les miens ne seraient jamais accros à cette technologie, me voilà prise dans le cercle vicieux de la tablette et de la télévision. C’était la solution facile, mais voilà qu’aujourd’hui, je suis prise avec ça.

Maintenant que le soleil se pointe le bout du nez, que Dame Nature a décidé de nous envoyer de la chaleur et que la neige a fondu, j’ai décidé d’envoyer mes robots hypnotisés dehors. Quelle mère ingrate je suis! Diminution des écrans à l’horizon et aussi… l’ennui! La plus grande a vite compris que maman ne changerait pas d’idée et que c’était plus intéressant de s’occuper que de s’obstiner. Mais pour la plus jeune, sa vie est anéantie. Il y a les dessins, la lecture, la musique ou les poupées. Il y a aussi le ballon poire, la cabane dans l’arbre, le cerceau ou le vélo. Ce ne sont pas les idées d’activités qui manquent. Mais elle reste quand même collée sur moi en répétant qu’elle s’ennuie et qu’elle ne sait pas quoi faire. Ok l’imagination, c’est le temps maintenant, tu peux sortir!

Elle essaie même de négocier : « J’ai sorti le recyclage et le compost, je suis allée dehors, est-ce que je peux prendre la tablette? »

Elle essaie aussi de faire pitié : « Ça fait deux jours, maman, que je n’ai pas écouté la télé, oui, oui, DEUX JOURS! »

Honnêtement, je capote. Je n’aurais jamais pensé être obligée de faire une détox d’écran dans ma maison. Et ce n’est pas évident ni pour eux ni pour nous les parents. Vous le savez autant que moi que les écrans, c’est la solution facile. Qui n’a pas déjà installé les enfants devant la télé quelques minutes pour avoir un petit répit? Mais c’est fini, ce temps‑là. Ennuyez-vous, amusez-vous, découvrez, jouez, riez!

Je pourrais leur dire que la télévision est brisée et enlever les piles de la télécommande, mais j’ai confiance que dans quelques jours, ça va moins leur manquer. J’espère. Et ça va nous faire du bien à nous autres aussi, les adultes…

Valérie Grenier

Mes enfants jouent dans la bouette!

Je ne sais pas pour toi, mais quand je me remémore mes souvenirs d

Je ne sais pas pour toi, mais quand je me remémore mes souvenirs d’enfance, je suis souvent sale et j’ai du gros fun. Je construis des cabanes dans le bois avec mes cousins. Je me cache en grimpant dans un arbre lors de nos parties de cache-cache. Et je te garantis que mes parents étaient au courant et nous laissaient faire, en gardant un œil sur nous entre deux gorgées de café. J’en ai des tonnes des souvenirs comme ça et j’en remercie mes parents chaque jour.

Et là, je regarde mes filles, je me demande si je leur laisse la chance de créer des souvenirs comme ceux-là. Quand j’essaie en les laissant chasser les grenouilles dans le ruisseau derrière chez nous, je vois dans le regard des voisins le jugement. « Yark, c’est dégueu, elles vont avoir plein de verrues »; « Tu as pas peur qu’elles tombent dans le ruisseau? ».

Des commentaires comme ceux-là, j’en reçois à la tonne. Et j’ai envie de leur répondre : « Hey! J’ai jamais attrapé de verrues à attraper des grenouilles » ; « Y a à peine dix centimètres d’eau dans le ruisseau. Si elles tombent, le pire qui peut arriver, c’est qu’elles soient mouillées. »

À quel moment entre mon enfance et celle de mes filles, nous avons mis les enfants dans de bulles de verre? Pourquoi nous les amenons au parc, avec des modules de jeux qui laissent peu de place à l’imagination? Et si par malheur, ils grimpent dans leur vaisseau spatial par la glissade, nous les avertissons de ne pas faire ça, que c’est dangereux.

Nous voyons du risque partout et nous voulons les protéger de tous les risques. Pourtant, j’ai appris tellement de choses dans mon enfance. Je suis restée prise dans l’arbre parce que j’ai monté trop haut. J’ai appris que j’avais dépassé ma limite. Je me suis sentie valorisée lorsque mon père m’a permis d’utiliser son marteau pour construire ma cabane, il avait confiance en moi. J’ai utilisé ma créativité et mon imagination pour faire des recettes de gâteaux de bouette, gazon, pissenlit et j’en passe.

Bien sûr, je suis rentrée à la maison les souliers détrempés parce que je n’avais pas réussi à sauter par-dessus le ruisseau. J’ai eu le pouce bleu parce que j’ai passé à côté du clou. J’ai eu les genoux en sang parce que notre jump de vélo n’a pas tenu le coup. Ma mère m’a même lavée au boyau d’arrosage avec mes vêtements parce que nous avions eu la bonne idée de nous lancer de la bouette.

Il faut dire que nous étions très loin de l’importance du paraître d’aujourd’hui. Je ne portais pas un polo de marque à 150 $ ou des espadrilles à 300 $. Je portais un ensemble jogging fait par la couturière du village et des souliers pris dans un magasin grande surface. Que je sois sale, mouillée, que j’aie scrappé le genou de mon pantalon, ce n’était pas si grave.

Tu sais quoi? Je suis toujours là et j’ai la tête remplie de méchants beaux souvenirs!

Et oui! Mes filles vont jouer dans la bouette et se créer des millions de beaux moments.

Mélanie Paradis

 

Où est mon cœur d’enfant ?

Depuis que je suis maman, j’ai réalisé que mon cœur d’enfant

Depuis que je suis maman, j’ai réalisé que mon cœur d’enfant s’est enfui. Il ne m’a pas laissé d’indices de l’endroit où il se rendait. Je crois qu’il s’est bien caché.

Parfois, je trouve difficile de réaliser à quel point je suis ennuyante. Quand mon p’tit poulet me demande « Maman, viens jouer avec moi un tout petit peu », ma réponse tourne à la négative presque en tout temps. Je me trouve mille choses à faire autres que d’entrer dans le monde imaginaire des enfants. Comme faire la vaisselle, le ménage, dormir, m’écraser sur mon sofa, cellulaire à la main pour regarder Facebook sans arrêt sans savoir pourquoi. Surtout que le contenu ne change pas beaucoup. Je n’y trouve aucun plaisir. J’ai seulement l’impression que j’y suis accro sans trop savoir pourquoi. Avec ce même objet, je « m’amuse » à nourrir des vaches, à récolter du maïs dans une ferme virtuelle. Alors, pouvez-vous bien me dire pourquoi je suis incapable d’animer un cochon de plastique à la maison pour faire plaisir à mon garçon de trois ans ? Définitivement, ce n’est pas logique.

Je le sais que mes priorités ne sont pas au bon endroit. D’ailleurs, je me sens coupable chaque fois que je dis non. Mais, quand je m’assois pour jouer, je fige. Je n’embarque pas dans la game. Si je décide que je joue un peu avec les enfants, bien après deux minutes, je retourne vaquer à mes activités. Je n’espère pas jouer 24 heures sur 24 avec eux, car il est également bon de développer leur imagination en passant un peu de temps seul avec eux‑mêmes. Il faudrait simplement que je dose mieux le temps de jeu seul et celui avec maman.

Heureusement, le papa est formidable. Je confirme que lui, son cœur d’enfant est bien présent. Je vous l’avoue ici, je l’envie énormément. Avec lui, ça ne prend pas de temps pour qu’une ville de Playmobil prenne vie dans le sous-sol ou qu’une partie de hockey ait lieu avec intensité. Les yeux des enfants brillent quand il est assis avec eux.

Je ne sais pas quelles sont les barrières qui m’empêchent de redevenir une enfant pour un instant. Je ne sais pas pourquoi, je suis toujours mal à l’aise quand je joue. J’aimerais tellement retrouver mon cœur d’enfant. L’avez-vous vu ?

Karine Larouche

Cinq côtés positifs à inscrire votre enfant au hockey

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1— Discipline : Il faut non seulement patiner, mais aussi écouter les directives de son coach. Mon fils de cinq ans, enfin prêt à rentrer à la maternelle, a deux années de hockey derrière la cravate. Il sait qu’il doit écouter et suivre les directives du responsable. Mon aîné, pour sa part, a maintenant compris que s’il n’écoute pas les directives, son équipe au complet peut en subir les conséquences. La discipline et l’encadrement constituent l’extension de l’éducation parentale.

2— Les amitiés : Que ce soit dans des camps d’été, lors de tournois ou en saison régulière, les enfants tissent des liens rapidement. L’esprit sportif et le sentiment d’appartenance à un groupe sont tellement bénéfiques pour les enfants! Sans nous oublier, chers parents de sportifs. Que nous soyons accompagnés d’un café bien chaud en matinée ou d’une bière en fin de soirée, nous tissons des liens à force de vivre les émotions engendrées par les victoires ainsi que les défaites de notre chère progéniture.

3-Les road trips : Oh oui, vous allez vous promener! Bonjour les tournois à Québec, Drummondville, Saint-Hilaire et les villes dont j’ai oublié le nom! C’est un vrai bonheur de partir avec les sacs de hockey vers de nouvelles aventures. Sans oublier les fameux tailgates, qui sont plus agréables les uns que les autres.

4— L’épanouissement personnel : Lorsque votre enfant sortira du vestiaire les épaules bien droites, sourire fendu jusqu’aux oreilles parce qu’il a gagné une belle médaille. Lorsqu’il accomplira les meilleurs jeux de sa jeune carrière de hockeyeur et qu’il vous en parlera avec les yeux brillants de bonheur. Lorsqu’il marquera en faisant son premier top corner. Lorsqu’il fera la passe sur le but gagnant du match. Je pourrais continuer pendant des heures parce que votre enfant ne cessera de se surpasser et de s’améliorer.

5— De précieux souvenirs : Mon fils de huit ans a déjà commencé à me dire : « Tu te rappelles maman quand… » Nos souvenirs sont ce qu’il y a de plus précieux. Je discutais avec un autre parent durant la saison et il m’a dit tout simplement : « Je ne me rappelle pas la victoire ou la défaite, mais je me rappelle ma gang de gars. Je me rappelle les nuits à l’hôtel avec toute mon équipe, maudit qu’on avait du fun! » Voilà les traces que le hockey laissera dans la vie de vos enfants.

Peu importe tout le négatif qui peut parfois ressortir durant la saison, le hockey est notre sport national. Transmettons-le à nos enfants, mais transmettons le beau! C’est à nous d’en faire une expérience positive et mémorable.

 

Geneviève Dutrisac

Mon fils joue avec une cuisinette

J’adore faire la cuisine. Ça me relaxe et je suis telleme

J’adore faire la cuisine. Ça me relaxe et je suis tellement fière de moi ensuite, ne serait-ce que d’avoir trouvé le temps de le faire et de manger plus équilibré. Pour moi, ça allait donc de soi que j’allais y initier mon fils, le plus tôt possible.

Je l’implique le plus possible dans la préparation des repas, et ce depuis un bon moment. Rien de bien compliqué : une petite planche à découper, un bol à côté et un petit couteau d’enfant font des merveilles et l’occupent pendant qu’on prépare tranquillement le souper. Les traditionnelles pancakes du dimanche sont faites en équipe. Je suis chanceuse, il est très curieux et aime beaucoup « aider » maman et papa (ou leur créer un beau dégât)!

Quand est venu le temps des idées cadeaux pour Noël et son anniversaire (qui ont une semaine d’intervalle), on m’a suggéré une cuisinette. J’ai trouvé l’idée tellement intelligente! Il adore cuisiner, pourquoi pas? Il pourrait alors laisser libre cours à son imagination, en toute sécurité.

En discutant de ceci, j’ai cependant été tellement surprise! Surprise des gens qui me disaient que c’était « un jouet de fille ». Que mon fils allait être « efféminé » plus tard, et donc qu’il allait avoir droit à des remarques de ses amis.

Pour une cuisinette? Vraiment? Je suis restée abasourdie.

J’ai commencé à me justifier, insistant sur le fait que c’était une cuisinette neutre, « qu’elle n’était pas rose quand même ». Puis, je me suis ravisée. Vous savez quoi? Si mon fils a envie d’une cuisinette rose, eh! bien, il aura une cuisinette rose. Il veut jouer à la poupée? Poupée tu auras, coco.

Regardez un moment les enfants dans un local d’une garderie : pensez-vous que les éducatrices font le contrôle de qui joue avec les outils et qui joue avec la maison de poupées lorsqu’ils ont accès aux deux? Certainement pas… Pourquoi ne pas laisser les enfants jouer avec les jouets avec lesquels ils ont envie de jouer?

Les préjugés ne sont pas innés, mais acquis. Somme toute, si un jour mon fils a droit à des railleries parce qu’il joue au cuisinier, eh! bien, ce sera probablement par des enfants à qui on a appris que la cuisine, c’est pour les filles, et c’est bien dommage!

Sabrina Guesthier

 

Mon éducatrice à moi

Je m’appelle Leïla et j’ai un an et demi. Hier, j’ai entendu

Je m’appelle Leïla et j’ai un an et demi. Hier, j’ai entendu de grandes personnes discuter et ça m’a rendue triste. Tu sais ce qu’ils disaient? Ils disaient qu’être éducatrice, ce n’est pas un travail. Le monsieur dans la télé disait que les éducatrices se battaient pour leurs conditions de travail. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais ça avait l’air sérieux. Il y a eu une grande discussion entre mes parents et leurs invités. Papa et maman leur expliquaient le travail de mon éducatrice, mais les autres disaient que ce n’est pas un travail, être éducatrice, qu’elles ne font que jouer à la journée longue.

Je ne parle pas beaucoup, mais j’aurais aimé pouvoir leur dire tout ce que mon éducatrice Mélanie fait pour moi.

Juste hier, un des amis du groupe est arrivé avec des bobettes. Wow! Mélanie lui a dit qu’elle était fière de lui. Il a fait pipi par terre et Mélanie n’était même pas fâchée. Elle lui a dit que c’était un accident, elle a ramassé le dégât, changé les vêtements de mon ami. Pendant ce temps, nous (les autres amis du groupe) on a fait un peu de niaiseries. Plus tard, mon ami a réussi à faire son caca dans le pot. Mélanie était tellement contente, elle tapait des mains, dansait, disait « Bravo! Bravo! » Je ne comprends pas trop pourquoi, elle ne fait pas ça quand je le fais dans ma couche, mais ça m’a donné le goût d’essayer. Mélanie a bien voulu. Elle m’a assisse sur le pot. Je n’ai pas réussi, mais elle m’a dit que ce n’était pas grave, que je pourrais réessayer plus tard si j’en avais envie.

Gabriel et Madyson ne s’entendaient pas bien aujourd’hui. Mélanie a dû les aider plusieurs fois à résoudre leurs conflits (comme elle dit). Elle les aidait à trouver les bons mots au lieu de se taper et de se mordre. Elle nous le répète souvent. Et tu sais quoi? On s’en vient vraiment bons. On utilise de beaux mots et je vois dans les yeux de Mélanie qu’elle est fière des amis.

Mélanie, elle chante tout le temps et nous explique tout. Elle parle sans arrêt. Et moi, j’apprends plein de nouveaux mots dans ce temps-là, sans même m’en rendre compte.

Hier, maman a dit à Mélanie qu’elle était fière de moi parce que j’arrive à m’habiller seule pour partir et on gagne beaucoup de temps. Les amis et moi, on a travaillé fort pour y arriver. Mélanie a eu chaud, mais elle continuait à nous aider, à nous encourager. Elle a même trouvé des trucs pour que ce soit plus facile. J’aime ça quand elle chatouille mes orteils lorsque j’arrive à sortir le pied de mon pantalon de neige. Je ne m’en rends même pas compte, mais son jeu me pousse à faire des efforts.

Au dîner, je trouve ça difficile parce que j’oublie souvent d’utiliser ma cuillère pour manger. Je prends mes mains. Mélanie nous répète souvent de manger avec notre cuillère. On essaie et on met de la nourriture partout. Des fois, Mélanie dit que le plancher mange plus que nous et ça nous fait bien rire. Ça en fait du dégât à ramasser.

Oui, c’est vrai, on joue. On joue beaucoup même. Mais Mélanie, elle est hot parce que je joue, mais j’apprends. J’apprends à partager, à tenir un crayon, à découper, j’apprends à réfléchir, à m’exprimer, j’apprends à attendre mon tour, j’apprends à dire « s’il vous plaît », « merci » et « est-ce que je peux? » J’apprends à m’excuser lorsque je fais mal à un ami. J’apprends à tousser dans mon coude. Mélanie nous apprend même à nous moucher et c’est vraiment difficile. J’apprends tellement et Mélanie me valorise beaucoup, me soutient quand c’est vraiment trop difficile pour moi.

Elle prend soin de moi quand je suis malade. Parfois, elle appelle papa ou maman au travail parce que c’est mieux pour moi d’être à la maison. Je l’aime beaucoup, Mélanie, mais quand je suis très malade, c’est avec maman et papa que j’ai envie d’être.

Elle me console lorsque j’ai du chagrin, elle m’aide à mettre des mots sur mes sentiments. Elle me respecte et respecte mes choix, même si des fois, c’est vraiment long avant que je réussisse à mettre mon soulier toute seule. Mais tu sais, à dix-huit mois, j’y tiens vraiment, vraiment beaucoup.

Moi, je grandis. J’essaie de nouveaux trucs que je réussis et je suis fière de moi. J’aime voir la fierté dans les yeux de Mélanie.

Mélanie, elle m’offre l’environnement idéal pour faire tout ça et elle m’offre une routine qui me sécurise. Elle m’accueille tous les matins avec un grand sourire et un câlin lorsque c’est plus difficile pour moi de dire « bye » à papa et maman.

Derrière chaque activité, chaque jeu, chaque routine, se cache un but et Mélanie a pris le temps d’élaborer ça juste pour mes amis et moi. Toi, tu as peut-être l’impression que Mélanie fait juste jouer, alors tu n’as pas compris que moi, j’apprends en jouant.

Si je pouvais parler plus comme vous, les grands… c’est ça que je te dirais. Tu comprendrais peut-être mieux tout ce que fait mon éducatrice à moi.

Je l’aime Mélanie et du haut de mes 18 mois, j’apprécie tellement ce qu’elle fait pour les amis et moi!

Mélanie, elle est éducatrice et elle me dit souvent qu’elle fait le plus beau métier du monde!

Mélanie Paradis