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4 pieds 10 pouces

On parle de la diversité corporelle, mais on n’en parle pas encor

On parle de la diversité corporelle, mais on n’en parle pas encore assez, ça m’a tout l’air. 4 pieds 10 pouces, c’est moi ça.

Je suis venue au monde dans un corps qui allait éprouver des difficultés pendant l’enfance. Un arrêt de croissance s’est invité et donc, j’ai trois ans de retard osseux. À six ans, j’avais le corps d’une trois ans. Grandir n’a jamais été dans mes priorités. Rien de bien grave !

Cependant, dans le cadre de mon travail, j’ai eu à intervenir avec une jeune fille qui me demandait, en larmes, quand elle allait finir par s’habituer aux commentaires sur sa grandeur.

J’ai pogné un deux minutes*, je l’avoue. J’ai répondu instinctivement : jamais !

Jamais, on ne doit s’habituer à se faire narguer pour notre physique. Les blagues de ce genre, ça n’a pas sa place, dans aucun contexte.

Je croyais que les commentaires allaient passer, en vieillissant. Je me suis développé une stratégie qui consistait à rire jaune aux taquineries tout en essayant de ne pas perdre la face. Cependant, j’ai réalisé dernièrement que l’adolescence est terminée depuis longtemps et pourtant…

Encore aujourd’hui, on me traite de naine et on me dit que je suis considérée comme handicapée. On me demande si je suis assise alors que je suis debout. On me dit que je n’ai pas assez mangé de coups de pied au derrière quand j’étais enfant. On m’utilise comme échelle de grandeur pour mesurer les enfants, on me compare constamment à eux. On me dit que je n’aurai jamais l’air d’une femme, encore pire, d’une mère. On me fait même des blagues très salaces dans le domaine de ma vie privée. Ces remarques s’accompagnent souvent de la phrase « Tu le sais que je te niaise », « C’est juste pour rire ». Mais pour être honnête, si c’est drôle pour les autres, pour moi ce ne l’est plus.

Suite à des commentaires sur mon physique, mon fils m’a demandé avec toute son innocence d’enfant pourquoi ce n’était pas poli de parler du poids des autres mamans, mais que les adultes se permettaient de rire de ma grandeur. Je lui ai répondu que ce n’était pas plus poli et qu’il est important de voir au‑delà des apparences, parce que la beauté d’une personne, c’est tellement plus que le physique.

Je vais bien, je suis assumée et confiante. 4 pieds 10 pouces, ce n’est pas ce qui me définit. Cependant, à l’ère où on parle beaucoup de la diversité, il est important de se rappeler que la personne devant nous mène peut-être un combat qu’on ignore. J’ose aujourd’hui aborder ce sujet, même si on m’a déjà mentionné avec mépris que je faisais bien « pitié » d’être petite et que c’était une insulte aux personnes qui ont un surplus de poids, que de m’en plaindre.

Alors aujourd’hui, je dis non ! Rire d’un physique, peu importe la forme, la taille, la grandeur, c’est non !

Il n’y a pas de comparaison à y avoir, le point central de cette lutte pour la diversité corporelle, c’est que le physique de quelqu’un ne devrait en aucun cas être un sujet de conversation. Point à la ligne.

Marilyne Lepage

*Pogner un deux minutes se résume à un regard de raton laveur coincé en flagrant délit.

Les moutons

Les moutons

Un mouton,

Les moutons

Un mouton, deux moutons, trois moutons…

Même plus besoin de les compter dans mon lit, ils me sautent dans la figure tous les jours sur les réseaux sociaux, par les temps qui courent.

« Hey gang de moutons » est devenu l’insulte de l’heure ! Une insulte dirigée contre ceux qui ont des croyances différentes quant à la situation actuelle. Étonnement, lorsqu’on tente d’entreprendre une discussion, le seul argument énoncé concerne les plateformes de nouvelles et des images visant à dénigrer l’interlocuteur.

J’en ai vu passer de la publication en ce genre, toujours le même baratin d’insultes.

Entendons-nous, je ne suis pas ici pour faire le procès de ces gens dont les croyances diffèrent des miennes. S’il y a bien quelque chose que je respecte, même si je n’y consens pas, ce sont les idéaux d’une personne. Ce que je veux dire par là ? Ce n’est pas de mes affaires ! Cela dit, il serait important que l’on respecte les autres, aussi ! Quand il y a des attaques, ça ne donne pas l’impression qu’on assiste à un partage de points de vue, mais plutôt à un recrutement. J’ai pu lire sur des pages de personnalités publiques des insultes et des préjugés quant à l’intelligence ou aux habitudes de vie d’une personne en raison de ses croyances. Voyons ! C’est fort quand même, de croire qu’on détient la vérité à ce point.

Certes, je ne savais pas que d’avoir un point de vue différent était si confrontant. La seule chose qui me confronte, c’est de voir les insultes fuser de toute part.

Si une personne porte un masque en public, c’est parce qu’elle juge bon de le faire pour des raisons qui lui appartiennent. À l’inverse, si quelqu’un s’y oppose, ses raisons lui appartiennent tout autant. Bien qu’il s’agisse d’un exemple, cela s’applique à tout ce qui se passe actuellement. Tout est question de choix et de perspective et je ne vois pas de sous-intelligence ici. Juste des gens qui respectent ce en quoi ils croient.  

Que l’on se donne le droit de s’attaquer à l’intégrité des autres, pour une question de croyance, cela me questionne grandement sur l’humanité de ces individus et que l’on reproche aux gens d’être des moutons me laisse d’autant plus perplexe. S’identifier à un groupe qui partage nos croyances est un comportement purement humain et à cet effet, je ne vois pas en quoi l’un des groupes est plus mouton que l’autre. 

Respect les amis ! Personne ne détient la vérité, nous sommes influencés par notre expérience et nos croyances. Faites ce qui est bon pour vous. Pas besoin de mettre de l’énergie à vouloir convaincre. Ce n’est pas parce que quelqu’un emprunte un autre chemin que le vôtre qu’il est inférieur à vous.

Marilyne Lepage

Un sport de gars… Watch her!

Je suis là, dans les estrades. Je regarde le match de football. Le

Je suis là, dans les estrades. Je regarde le match de football. Le numéro 66 est prêt… Elle est prête. Elle attend le ballon, qu’elle remettra au quart-arrière. La remise est parfaite. Elle sortira du terrain après le match, en disant avec des étoiles dans les yeux : « J’ai protégé mes gars! ». Et moi, je verrai la fierté dans les yeux de sa mère, parce que sa fille vit sa passion malgré les embûches.

Elle est là, à célébrer la victoire, entourée de son gang, son gang de gars. Elle est heureuse, elle a trouvé sa voie, elle a trouvé son sport. Elle est à sa place dans ce sport de gars.

Elle a su faire sa place dans son équipe. She’s one of the boys! De toute façon, qui aurait pu l’arrêter? Qui aurait pu arrêter autant de courage, de détermination, de passion et de persévérance? Elle a découvert ce sport grâce à son grand frère. Maintenant, elle vit sa passion grâce à lui (son idole).

Son père ne peut qu’admirer sa détermination. Elle qui avant, abandonnait les autres sports dits de filles, se présente chaque soir aux pratiques. Elle ne manque aucun match et apporte une influence positive à son équipe. Il est tellement fier de tous ses efforts et de son talent!

Elle n’est pas seule. D’autres aussi, chaque jour, vivent leur passion malgré les préjugés. Que ce soit le petit gars qui enfile ses chaussons de ballet. La petite fille qui saute sur la glace, bâton de hockey à la main, prête à monter au but.

Et vous parents, vous qui encouragez vos enfants à poursuivre leur rêve. Vous qui devez parfois feindre la surdité, pour ne pas entendre les commentaires pleins de stéréotypes. Vous qui devez parfois essuyer les larmes qui roulent sur les joues de vos enfants, parce que d’autres rient de leur passion.

C’est grâce à vous, chers parents, que nous voyons des Charlie Bilodeau se démarquer en patin artistique, des Justine Pelletier en rugby et des Marie-Philip Poulin au hockey. Vous qui accompagnez vos enfants, qui les aidez à surmonter les épreuves. Vous qui croyez en eux tellement fort, c’est en vous qu’ils puisent cette force pour continuer.

Et toi qui te dépasses dans ton sport, qui surmontes les moqueries : continue de croire en toi et en tes rêves parce que tu donneras le courage à d’autres d’affronter les stéréotypes et de croire eux aussi que tout est possible.

Mélanie Paradis

 

Sois qui tu as envie d’être, mon enfant

De prime à bord, je n’aime pas dire à mes enfants qu’ils ont l

De prime à bord, je n’aime pas dire à mes enfants qu’ils ont le droit d’être différents, car pour moi, chaque personne est unique et a sa personnalité. Quand nous partons de ce principe, il est facile d’accepter nos enfants tels qu’ils sont. Nous n’avons pas à les comparer aux voisins, à l’enfant qui réussit dans tout à l’école ou au petit sportif qui cumule toutes les médailles.

Évidemment, pour certains, on remarque une identité plus marquée, que ce soit au niveau physique ou psychologique. J’ai trois garçons et je ne souffre aucunement du fait de ne pas avoir eu de filles. Mes enfants ont toujours pu commander des poupées et des toutous à paillettes par exemple. Petits, ils se sont déguisés en princesses et ont été accroc à Ballerina et à la Reine des neiges. Ils ont été libres d’être qui ils voulaient, d’interpréter le rôle qu’ils avaient envie. Ils savent déjà que ce sera toujours permis de suivre leurs envies, malgré les messages que la société peut envoyer.

Le jugement

Je sourcille atrocement lorsque j’entends des gens crier au scandale lorsque nous parlons d’une réalité maintenant plus médiatisée, et avec raison : la dysphorie de genre. Des adultes s’exclament que c’est une mode inquiétante. Une mode ?

Je crois que si nous pouvions nous mettre dans la peau d’une seule de ces personnes, seulement quelques semaines, nous pourrions mieux comprendre leur détresse. Je ne suis pas une spécialiste en la matière, mais je sais que ces changements ont une incidence majeure dans la vie de ces enfants touchés et dans celle de leur entourage. On est loin d’une bulle au cerveau quand on est prêt à accepter une multitude de chirurgies, de la médication et de l’intimidation à outrance par manque d’ouverture d’esprit. Ne croyez-vous pas que ces enfants préfèreraient jouer dehors avec leurs amis plutôt que de côtoyer spécialiste par-dessus spécialiste pour enfin réussir à s’affirmer et devenir qui ils sont vraiment ?

Le plus étonnant dans tout ça, c’est que les jugements viennent des adultes. On lapide sur la place publique des gens qui démontrent beaucoup plus de courage que ceux derrière leur écran. Vous savez, vos enfants apprennent de vous. Ils ont une résilience étonnante, tant et aussi longtemps que vous ne leur enseignez pas le contraire.

Aussi banal que des cheveux

Un de mes garçons a les cheveux longs. Dans ma tête de maman, des cheveux, c’est banal, mais en même temps très important. C’est une partie de l’identité d’une personne. Du haut de ses six ans et de son propre gré, il a refusé d’aller chez la coiffeuse. J’ai accepté. Je ne le poserai pas de force sur une chaise s’il n’en a pas envie. Aucun stress, ce sont des cheveux, ils vont tout simplement continuer à pousser. Quand il sera prêt, on ira. Aujourd’hui, deux ans plus tard, la tignasse est bel et bien définie. Il ne vit aucune intimidation de la part de ses camarades, petit bun sur la tête, queue de cheval ou cheveux à l’air libre.

Là où ça se gâte, c’est dans les lieux publics. Pourquoi ? Parce que des adultes de tous âges se permettent des commentaires dégradants. On a beau répondre poliment, mais les gens en rajoutent. Une fille est-elle « moins » fille si elle a les cheveux courts ? Non. Une fille peut dégager autant de féminité avec des cheveux courts. Pareillement pour un garçon. Un gars n’est pas moins gars parce qu’il a les cheveux longs.

Dernièrement, une dame d’une quarantaine d’années a crié à mon fils de huit ans, disons‑le : « Tes parents ne t’ont jamais appris qu’un vrai gars a les cheveux rasés ? Il serait peut-être temps qu’ils te le disent parce que c’est vraiment laid tes cheveux et tu as l’air d’une fille. » Mon fils m’a lancé un regard et m’a dit : « Maman, elle est bien bizarre, ce sont mes cheveux, pas les siens. » Quand je disais plus haut dans mon texte que les enfants sont plus résilients que bien des adultes… Malgré tout, je sais que cette dame a réussi à blesser mon fils et à créer un doute dans sa tête.

 

Souviens-toi

Tu as le droit de ne pas aimer. Tu as le droit de ne pas consentir. Tu as le droit à ton opinion. Tu as aussi le droit de la garder pour toi afin de ne pas nuire à l’émancipation de ces enfants‑là. Évite de semer un petit doute dans leur esprit. Tu ne sais pas ce que ces enfants vivent. Dans un an, lorsque mon fils tiendra son chèque pour Leucan pour le Défi Têtes rasées, j’ai hâte de voir ce que vous aurez à dire. Mon fils a une idée derrière la tête. Il a bon cœur et il est généreux. Il n’est pas mal élevé ni pouilleux comme vous l’avez perçu. Son cœur est clairement plus grand que le vôtre.

Si tous les gens se concentrent sur leur propre vie et acceptent les autres tels qu’ils sont, tout le monde s’en portera mieux. Gardez toujours ça en tête. Le monde sera plus beau et plus en santé.

Maggy Dupuis

 

Ce n’est pas une blague !

– C’est débile !

– T

– C’est débile !

– T’es vraiment TOC !

– Attends-tu que je me tue ?

– Un vrai mongol !

– T’as pas pris tes pilules ?!

Ce sont des blagues. Des expressions banales. Des mots qui semblent anodins et inoffensifs. Mais qui peuvent blesser les personnes souffrant de ces troubles ainsi que les personnes qui les entourent.

Ces mots perpétuent les traits caricaturaux et fondés sur les préjugés qui sont associés à certains troubles mentaux ou physiques. Lancer à quelqu’un qu’il est « fou raide » ou « parano », c’est un manque de jugement marqué par le jugement malsain de ce qu’on ne connaît pas.

On ne connaît pas l’histoire intime, ni les fragilités des personnes à qui on s’adresse, ni celles des personnes qui nous entendent. Notre blague ne part pas d’une mauvaise intention ! C’est juste une façon de parler… On connaît cet ami depuis la maternelle. Un vieux chum ! On s’est toujours parlé comme ça…

Mais qui nous dit que cette personne ne souffre pas véritablement d’un TOC (trouble obsessionnel compulsif) ? Elle peut avoir besoin d’une médication pour gérer l’anxiété. Peut-être que son frère est trisomique ou que sa mère s’est suicidée. Samedi dernier, quand votre vieux chum a décliné votre invitation au cinéma, c’était peut-être pour aller voir son grand-père atteint de démence. Ou encore parce que sa sœur est hospitalisée en psychiatrie pour traiter un épisode dépressif sévère. Et il ne vous l’a pas dit, parce que depuis toujours, vous dites à la blague qu’il devrait être enfermé à l’asile…

– Coudonc, es-tu dans ta semaine ?

Toutes les filles se sont déjà fait dire ça. Des dizaines de fois. Parfois, le commentaire tombe à point ! On est en plein SPM. Note au lecteur : votre commentaire ne fait qu’attiser le SPM. Et si on n’est pas en SPM, vous venez d’en réveiller les symptômes. Parce que c’est un réel syndrome, avec de réels symptômes. Je ne connais aucune fille qui se plaît à perdre le contrôle de son humeur et de son acné chaque mois jusqu’à ce que la ménopause apporte pire. Offrez plutôt un bon bain chaud et proposez de lire l’histoire de dodo aux enfants ce soir‑là. Merci, amen.

Ces mots-là ne se disent pas, ne se disent plus. Faisons attention aux mots que nous utilisons.

Utilisons l’humour autrement. Pas par souci d’être politiquement corrects, juste pour être plus humains.

Utilisons les mots pour faire du bien, dans un contexte qui rassure et qui n’impose rien.

– Comment te sens-tu ?

– J’ai remarqué que tu as l’air moins concentré/plus soucieux/plus nerveux que d’habitude, est‑ce que je peux faire quelque chose ?

– Aimerais-tu qu’on aille prendre une marche pour en parler ?

Avec la journée Bell Cause pour la cause qui approche, posons-nous la question : si quelqu’un parlait à notre enfant comme nous parlons aux autres, quelle serait notre réaction ? Si ça fait sortir la lionne protectrice ou le papa protecteur en nous, c’est probablement parce qu’il est temps qu’on ajuste notre filtre. « Tourne ta langue sept fois dans ta bouche avant de parler », ce n’est pas juste un dicton de grand-mère, c’est encore d’actualité.

Ce qui est une blague pour l’un peut être une profonde blessure pour l’autre.

Nathalie Courcy

Moi, je vous aime, bon !

Pourquoi construire un mur entre les gens ? Et là, je ne parle pa

Pourquoi construire un mur entre les gens ? Et là, je ne parle pas du mur que notre voisin du sud veut bâtir. J’ai lu presque TOUS les commentaires sur les réseaux sociaux concernant le fameux bar qui a refusé l’accès à l’humoriste à cause de sa chevelure. Ok, je m’étais promis d’arrêter de faire ça, mais cette fois-ci, c’était plus fort que moi parce que je voulais comprendre.

J’avoue être assommée.

J’avoue également ne pas vouloir partir de débat à ce sujet mais maudit, pourquoi faut‑il toujours finir par entendre parler en mal de la différence ? La vie serait tellement plus simple si tout le monde s’aimait tel qu’il est, non ?

Est‑ce qu’il y a juste moi qui ne vois pas cette différence ? Que tu sois blanc, jaune, noir ou mauve, que tu aies les cheveux longs, courts, rasés pourris ou sales, que tu manges des toasts pour déjeuner, un steak ou des coquerelles, si tu es heureux, who cares ?

Si tu es sympathique, que tu ris et que tu es une personne positive dans la vie, je t’aime déjà ! Je n’en ai rien à faire de ton origine, de ton orientation sexuelle et de ce que tu fais dans tes temps libres !

Pourquoi faut-il toujours diviser les gens ? Pourquoi parle‑t‑on toujours de racisme ? Pourquoi ce mot existe-t-il, en fait ? Pourquoi la vie n’est-elle pas aussi simple que la vision à travers les yeux d’un enfant ? Pourquoi en venez-vous toujours à pointer la différence et surtout, pourquoi jugez-vous la différence ?

Qu’est-ce-que-ça-peut-ben-faire-que-l’autre-ne-soit-pas-comme-vous ?

C’est ÇA la beauté du monde : LA DIFFÉRENCE !

Sortez de chez vous ! Voyagez, visitez votre voisin, ouvrez‑vous aux autres et vous verrez que la vie est belle et que les gens sont tous beaux, à leur manière ! Vous verrez que les gens ont de belles histoires à raconter et surtout, vous apprendrez ! Vous apprendrez à aimer et à vous ouvrir sur le monde !

Moi, je vous aime, bon !

Tania Di Sei

Quand la grossophobie s’invite à l’école

Vous connaissez la grossophobie ? Selon Wikipédia</e

Vous connaissez la grossophobie ? Selon Wikipédia, cela se définit comme étant l’ensemble des attitudes et des comportements hostiles qui stigmatisent et discriminent les personnes grosses, en surpoids ou obèses. Elle a pour origine des préjugés et des stéréotypes négatifs selon lesquels le fait d’être gros est une question de volonté personnelle et que les personnes grosses seraient ainsi les seules responsables de leur surpoids, en négligeant les autres facteurs à l’origine du surpoids.

Mon fils est en cinquième année du primaire et récemment, il est revenu de l’école dans tous ses états. Quand je lui ai demandé pourquoi il était fâché, il m’a expliqué qu’en cours d’après-midi, des élèves de sixième année sont venus dans sa classe faire une présentation sur le corps humain. Qu’est‑ce qui a pu causer ce changement d’humeur dans une telle présentation ? Une mention sur les gens présentant un surpoids. En effet, selon leur exposé oral, les personnes ayant un surplus de poids ne peuvent être heureuses dans la vie. Cette section de la présentation était appuyée par un support visuel montrant une personne obèse s’empiffrant de junk food sur un divan.

Comme vous le savez peut-être déjà, mon grand garçon est autiste. Les autistes sont réputés pour ne pas avoir de filtre et dire ce qu’ils pensent tout de go. Mon fils ne fait pas exception. Toutefois, cet après‑midi‑là, il n’a rien dit. Après la présentation, il a demandé au professeur pour aller au local d’apaisement pour se calmer. Au retour en classe, quand on lui a demandé ce qui s’était passé, il a été capable de dire que les propos sur les personnes avec un surplus de poids l’avaient fâché. Pas parce qu’il est gros, loin de là, mais parce moi sa mère, je le suis. Pour la première fois, il a réalisé que ce que je lui disais sur les moqueries possibles sur les gens avec un surplus de poids, sur les propos méchants qu’on entend souvent et les jugements des autres sur l’apparence physique était vrai. Soudainement, il a compris mon quotidien et ça lui a fait de la peine. Il a eu de la peine de penser que sa mère ne pouvait, selon une présentation, être heureuse dans la vie si elle avait un surpoids.

Ses mots exacts ont été : « Le bonheur ne se mesure pas sur une balance, voyons ! C’est donc ben niaiseux ce qu’ils ont dit. Pourquoi ils ont dit ça, maman ? » J’ai vu ses yeux se remplir de larmes. J’aurais aimé lui dire de faire comme moi et de ne pas les écouter, de voir les gens autrement que comme une image qu’ils projettent. Que oui, les gens sont effectivement bien plus qu’une série de chiffes sur une balance. Tout ce que j’ai pu lui dire, c’est que les gens sont parfois méchants et blessent les autres parce qu’ils ont malheureux eux-mêmes. Que toute personne qui est différente, que ce soit parce qu’elle a un handicap, une condition neurologique, une différence corporelle va être pointée du doigt par certains individus. Il faut être fort et ne pas les écouter.

La vérité ? Oui, 90 % du temps, je crois fermement ce que je lui ai dit. Mais il y a toujours un 10 % du temps, ce damné 10 %, qui vient nous chercher droit au cœur et qui nous fait mal. Personnellement, hormis la réaction de mon fils, ce qui m’a fait le plus fait mal dans cette histoire est qu’un professeur de sixième année a cautionné ces propos et n’a pas demandé à ses élèves de retirer ce segment de la présentation. Après toutes les campagnes effectuées pour l’acceptation de la diversité corporelle. En 2018, dans nos écoles, un professeur a encouragé des élèves à tenir des propos grossophobiques.

J’aurais aimé voir ces élèves et les inviter chez moi à brûle-pourpoint et leur demander de regarder mon garde-manger, mon frigo et mon congélateur, puis de me regarder, moi, monter sur la balance devant eux. Leur montrer mes résultats d’analyses sanguines et mon bilan de santé général. Leur demander si je représente selon eux la « belle image stéréotypée » qu’ils ont mise dans leur présentation. Les gens ont un surpoids pour diverses raisons et blâmer une mauvaise alimentation est trop facile. On dit souvent de ne pas juger une personne sans avoir marché dans ses souliers. Cela s’applique aussi au poids d’une personne.

Je suis une adulte et un parent et en tant que tel, je ne peux agir de la sorte. Je ne peux pas aller apostropher un enfant qui n’est pas le mien et lui dire que ce qu’il a dit dans un exposé n’a aucun sens. Par contre, en tant que société, en tant que parents, nous avons le devoir d’éduquer nos enfants à être tolérants envers les autres et à voir au‑delà des différences. Nous sommes tous des êtres beaux, uniques et différents. C’est ce qui donne de la couleur à la vie !

Annie St-Onge

Wo! Les préjugés!

Vous savez, la vieille blag

Vous savez, la vieille blague sur les fonctionnaires qui dorment au bureau? Ou celle sur les policiers mangeurs de beignes? Que vous soyez coiffeur, infirmier, enseignant, fleuriste, chiro… il y a des préjugés qui circulent par la bouche de gens mal informés. Et ces préjugés ont la couenne dure!

Quand j’étais étudiante en littérature, on me voyait comme une pelleteuse de nuages. J’étais boursière, donc je me faisais vivre par le gouvernement pour… rien. Parce que la littérature, c’est rien, voyons! Aucune utilité!

Quand je suis devenue enseignante à l’université, je suis devenue la snob, la péteuse de broue. Autour de moi, les gens s’étonnaient que je ne parle pas en trou de cul de poule. Des personnes m’ont déjà dit : « J’ai failli refuser de te rencontrer parce que j’étais certain que tu te prendrais pour une autre. » Ces personnes étaient surprises que je sois « normale », que je parle normalement, que je m’intéresse à des sujets normaux, que je ne sois pas hautaine, et même que j’aie le sens de l’humour. Comme si en signant un contrat dans une université, on signait un pacte avec le diable des chiants.

Pendant quelques mois, j’étais sans emploi. J’avais passé l’année à courir entre deux emplois à temps plein et simultanés, le cerveau à ON vingt-deux heures par jour, les cernes en dessous du bras, le salaire qui entrait en double. Je recevais des prestations de chômage qui me semblaient nécessaires à la préservation de ma santé et qui, je le savais, étaient temporaires. Malgré mon retour déjà prévu sur le marché du travail, on me faisait sentir comme une moins que rien, une « pas intéressante ». Dans une soirée, les autres invités tournaient les talons dès que je répondais à leur question : « Qu’est-ce que tu fais dans la vie? »

– Pour l’instant, je suis sans emploi.

Je n’avais même pas le temps de parler d’un projet à venir ou de la façon dont j’occupais mes journées. J’avais la lèpre. On était en plein « faire », bien loin de l’être…

Puis, je suis devenue fonctionnaire. Au fédéral, en plus. Ça, dans l’opinion populaire, c’est une coche pire que « juste » fonctionnaire. C’est connu, pour faire avancer le pays, ça prend juste des paresseux, des incompétents, des personnes qui passent leur journée à regarder YouTube ou à boire du café. Des commentaires, j’en ai reçu, j’en reçois encore, malgré mes protestations. Un fonctionnaire, quand ça prend un congé, c’est payé à ne rien faire. Un fonctionnaire, quand ça prend deux heures pour célébrer Noël, c’est gras dur. Même si ledit fonctionnaire paie son propre repas, son propre taxi pour se rendre à l’activité pour laquelle il a payé sa propre inscription. Et un fonctionnaire, quand ça travaille, ça fait juste semblant. À la limite, ça tape sur un clavier pour se donner bonne conscience. Des pousseux de crayon. Invisible, tant qu’à y être.

Vous voulez connaître mon opinion là-dessus? La voici.

Qu’on soit fonctionnaire, électricien, médecin, camionneur, ingénieur, parent au foyer ou étudiant, on peut être paresseux, ou dynamique, ou motivé, ou travaillant, ou profiteur, ou honnête, ou workoholique. On peut être désagréable avec nos collègues ou sympathique. On peut faire des heures supplémentaires ou prendre des pauses exagérément longues. On peut changer le monde ou s’asseoir sur son steak. On peut être un atout pour la société grâce à notre bon travail ou un poids à cause de notre mauvais travail.

Ce qui définit une profession, ce ne sont pas les préjugés qui circulent et qui font de la peine aux travailleurs fiers de leur métier. Ce qui définit une profession, ce sont les personnes qui exercent ce métier. Au lieu d’être aveuglé par l’image que vous avez des éducatrices en garderie ou des plombiers, regardez le travail qu’ils font vraiment, regardez leurs yeux qui brillent, écoutez leur fierté. Regardez à quel point leur travail améliore et parfois même change la vie de plusieurs.

Si on attend longtemps à l’urgence, ce n’est pas à cause d’un médecin ou d’une infirmière qui dort sur la switch. Si le format du bulletin de nos enfants a des lettres au lieu des pourcentages et que ça ne fait pas notre affaire, ça ne sert à rien de s’attaquer aux profs. Si les constructeurs de maisons tapent du marteau trop tôt dans notre quartier, ce n’est pas parce qu’ils veulent nous faire suer.

J’ai la chance de travailler avec des gens d’une cinquantaine de métiers différents et qui proviennent de partout au Canada. Je peux vous dire qu’il y a des bons travailleurs dans tous les domaines, comme il y en a des mauvais. Faque… est-ce qu’on peut s’entendre pour dire un gros « À bas le racisme de profession »? Au lieu de juger votre beau-frère parce qu’il travaille chez Postes Canada ou votre sœur parce qu’elle est comptable, ou plutôt que de juger votre cousine qui accumule les congés de maternité ou votre mère qui a pris une retraite méritée, vous pourriez peut-être vous intéresser à ce qu’ils font réellement de leurs journées. Et surtout, à ce qu’ils sont.

Nathalie Courcy

 

Forfait familial : 2 adultes, 2 enfants

Avec l’arrivée des réseaux sociaux, je le vois encore plus. Tira

Avec l’arrivée des réseaux sociaux, je le vois encore plus. Tirage d’un forfait familial pour une super activité, c’est le fun des tirages. Et merci aux organismes qui en font. Ce qui me dérange, c’est le nom « Forfait familial » suivi de l’inscription en petits caractères « 2 adultes, 2 enfants ».

Pour moi, « familial », ça inclut toute la famille. Et moi, ma famille, c’est deux adultes, quatre enfants. Je fais quoi avec mes deux autres enfants ? Je les laisse à la maison en leur disant : « Désolée, vous n’êtes pas inclus dans le forfait ! » ? Naturellement, je ne ferais jamais ça et oui évidemment, je paierais pour mes deux enfants hors norme.

On est une famille hors norme. Vous savez, cette famille qui dérange au restaurant, parce qu’on défie le setup des tables. Cette famille qui voit le visage des personnes, près de notre table, se décomposer lorsque la serveuse nous assoit près d’eux.

Cette famille qui en fait sourciller plus d’un et qui nous donne droit aux commentaires déplaisants : « J’espère qu’après quatre, vous avez terminé. Parce que ça coûte cher des enfants. » On le sait déjà, oui ce n’est pas toujours facile. Oui, ça implique des sacrifices, on le sait et on est prêts à les faire.

Cette famille qui fait qu’on me pose de drôles de questions : « Ils sont tous à vous ? » Comme si j’en avais volé quelques-uns dans les rayons de l’épicerie (et oui, je suis assez folle pour faire l’épicerie seule avec tous les enfants).

Cette famille qui parfois en impressionne plusieurs : « Quatre enfants ! Vous êtes courageux ! » Honnêtement, je ne crois pas qu’il y a du courage là-dedans (peut-être un peu de folie). On prend une journée à la fois, parfois une minute à la fois dans les journées plus difficiles, comme le font les autres familles (enfin, je crois).

J’ai toujours voulu une grande famille, et si je n’avais pas trouvé l’amour de ma vie si tard, elle serait probablement encore plus grande.

Nous sommes une famille hors norme qui s’assume pleinement.

Je suis aussi cette maman qui reçoit de l’amour multiplié par quatre.

Mélanie Paradis

Quand la différence n’est pas acceptée

Mon fils est sans contredit ma plus grande fierté, ma joie de vivre

Mon fils est sans contredit ma plus grande fierté, ma joie de vivre et un soleil dans ma vie. Comme toutes les mères, je trouve que mon fils est parfait comme il est, même avec son caractère de préado! Mon fils, aussi parfait soit-il à mes yeux, est différent : il est autiste.

Il y a autant de formes d’autisme qu’il y a d’autistes. Raphaël est verbal, fonctionnel, hyper intelligent. Sa différence s’exprime dans le fait qu’il n’a aucun filtre lorsqu’il parle. Il peut paraître gêné et peu sociable, il est réfractaire aux changements s’il n’est pas mis au courant préalablement. Il n’aime pas être touché, il aime la routine, il n’aime pas les contacts visuels et il a des rigidités alimentaires.

Il a reçu son diagnostic il y a maintenant plus de quatre ans. Ce jour-là, je l’avoue, j’ai été soulagée. On avait enfin mis un nom sur la différence de mon fils, j’entrevoyais une lumière. De l’aide allait pouvoir être apportée et il aurait un type d’éducation adapté à sa situation. Si pour moi, ce fut un soulagement de pouvoir enfin mettre un nom sur ce qui affligeait mon fils, cela n’a pas été le cas pour les gens qui nous entouraient. Si la majorité a bien répondu et était également heureuse de savoir ce qui en retournait, d’autres, par contre, ont réagi négativement. Ils ont eu honte de la condition de mon fils, du fait que celui-ci n’était pas « parfait » comme eux l’entendaient. Ils se sont mis à le traiter différemment, à questionner son intelligence et son avenir.

Pire encore, on m’a blâmée pour la situation. On a accusé mon surpoids d’être la cause de la rigidité alimentaire de mon fils. On a dit que j’étais trop « mère poule » et que c’est pour cela que mon fils n’était pas porté à aller vers les autres. Si mon fils s’exprime sans filtre, c’est forcément que je l’ai mal élevé, ai-je entendu à maintes reprises. On a dit que je le couvais trop en lui expliquant au fur et à mesure le plan de la journée, et qu’en prenant le temps de lui expliquer les changements qui étaient survenus, je l’avais rendu insécure et que c’était aussi pour cela qu’il évitait les contacts visuels. J’étais LA raison derrière la différence de mon fils. Les médecins et les spécialistes se trompaient et j’avouais mes torts, puisque je ne demandais pas de seconde opinion médicale.

Ça m’a bien entendu fait beaucoup de mal, ça m’a blessée profondément. J’ai voulu protéger mon fils de ces gens et de ces propos en les côtoyant le moins possible. Malheureusement, on ne peut pas toujours couper les liens avec certaines personnes, même si on le voulait. Le temps a passé, ma carapace s’est épaissie face à ces personnes. Le temps a passé et Raphaël a grandi. En grandissant, il a observé par lui‑même le comportement différent de certaines personnes envers lui et envers sa sœur. Un jour, il m’a posé la question que je redoutais : « Pourquoi ils sont différents avec moi qu’avec ma sœur? ». C’était confirmé, flagrant et indéniable : lui aussi l’avait remarqué.

J’ai alors eu une conversation avec mon fils que je n’aurais jamais voulu avoir. Lui expliquer que sa différence est malheureusement mal connue des gens et que certaines personnes le perçoivent différemment à cause de cela. Que cela ne change rien à qui il est, à ce qu’il peut ou ne peut pas faire, mais que l’ignorance des gens sur l’autisme fait en sorte qu’ils agissent de façon étrange avec lui. L’autisme n’est pas une maladie, c’est un état. On naît avec cette condition et non, les vaccins reçus lors de la petite enfance ne sont pas en cause!

Raphaël sait qu’il est différent. Il est conscient de son état, il est capable d’expliquer l’autisme aux gens autour de lui. Il l’a même fait aux membres du service de garde de son école! Par contre, il m’a avoué que certains enfants à son école jouent avec lui, mais aussitôt qu’ils apprennent qu’il est dans une classe relation (classe pour enfants autistes), ils arrêtent de lui parler et de jouer avec lui. Malgré mes explications, il ne comprend pas la situation et je vois la tristesse dans ses yeux de ne pas être accepté. Mon cœur de mère saigne lors de ces moments, car je sais que hormis écrire des textes et parler de sa condition pour la démystifier, je ne peux rien faire de plus pour changer la vision des gens.

Je souhaite, pour toutes les personnes vivant avec une différence, quelle qu’elle soit, que les gens puissent finalement voir l’être humain se cachant derrière cette différence. Que la société arrête de voir des obstacles où il n’y a que des possibilités. De voir les gens pour ce qu’ils sont et les apprécier tels quels, sans préjugés ni idées préconçues. La différence doit être célébrée, c’est ce qui fait de nous des êtres uniques.

Annie St-Onge

 

Maman, je veux mourir

 

Tu ne le sais peut être pas mon grand, mais souvent, je te

 

Tu ne le sais peut être pas mon grand, mais souvent, je te regarde marcher. Je vois ce boulet que tu traines derrière toi. Malgré tes seulement onze ans, on dirait que tu portes un poids énorme sur tes épaules. Dire qu’il y a trois ans, tu avais osé me dire que tu aurais aimé mourir. Tu disais que tu n’osais pas passer à l’acte, mais que tu n’aimais pas la vie.

 

Mon cœur de mère a été détruit à ce moment. Être maman est supposé être tellement valorisant, mais moi, je me voyais vraiment comme la pire mère du monde. Moi qui t’ai toujours tout donné, qui ai fait vraiment de son mieux. Pourquoi ta vie était-elle si difficile? Pourquoi étais-tu si malheureux!?! Mes autres enfants étaient souriants, affectueux et pleins de vie. Qu’avais-je fait de différent avec toi?? Est-ce que c’était notre faute, à moi et ton père ?

Tu as toujours pensé que le monde ne t’aimait pas. Il est vrai que tu as vite été étiqueté à l’école. Les gros mots sortaient vite lorsque quelqu’un t’accrochait par accident dans la cour. Si quelqu’un osait te dénigrer même si léger soit-il, tu explosais tel un volcan. Des fois, c’était des pleurs. Des fois, tu te figeais comme un piquet, les points serrés, maitrisant ta colère. Toi qui n’a jamais frappé personne. Toi qui ne réagis que quand il y a un élément déclencheur. Tu es perçu par les autres comme étant un « petit criss »; celui qui n’est pas fréquentable. Tu as été longtemps seul dans ton coin.

Nous avons travaillé fort, moi, toi et ton père pour que tu remontes la pente. Aujourd’hui ça va mieux, ta vie sociale se porte mieux aussi. Ton diagnostic de TDAH (trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité) a peut-être aidé dans tout ça, même si des fois je ne suis même pas sûr que ce soit le véritable problème. Je vois toujours ce boulet que tu traines pis ça me chicote. J’ai peur que tes idées noires reviennent. J’essaie de rester positive, car je sais que tu es et que tu seras une bonne personne.

Au lieu de voir ça, toi, tu ne fais que penser aux mauvaises réactions que tu as eues. Tu regardes trop en arrière, car ce que tu détestes le plus est de décevoir le monde. Juste à onze ans, tu crois que ta vie est partie trop tôt tout croche et que tu n’arriveras jamais à rien. Mais moi, mon ange, je le vois ton potentiel, ton cœur immense et ton sens de l’empathie trop très développé! À un tel point que toutes les émotions qui montent en toi te sont insupportables et tu ne sais pas comment toutes les gérer.

Pourtant, malgré tous tes efforts et améliorations, il y a toujours des parents qui osent me dire que tu n’es pas fréquentable. Même si j’entends leurs enfants parler super mal et dénigrer les autres. Même si tu as un très bon début d’année, même si tu as travaillé d’arrache-pied pour mieux gérer tes émotions pour que tu sois mieux perçu. Malgré tout ça, tu restes étiqueté aux yeux du monde, au détriment de ta perception de toi-même. C’est à cause de ce monde-là que j’ai peur pour toi; ce monde remplit de jugements faciles, et ce, sans même te connaître vraiment.

 

La dernière chose que je veux est de réentendre que tu veux mourir.