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Culpabilité, quand tu nous tiens!

Rassurez-moi : je ne suis pas seule à être atteinte du syndrome d

Rassurez-moi : je ne suis pas seule à être atteinte du syndrome de la culpabilité maternelle? Que la maman qui n’a jamais vécu ce sentiment amer coincé dans la gorge me lance la première pierre!

J’ai l’impression qu’en devenant mère, mon sentiment de culpabilité s’est exacerbé. On dirait que la maternité vient forcément avec un gros voyage de culpabilité bien enveloppé dans la valise d’accouchement. Et paf! Ça nous saute au visage. Ça nous colle à la peau, comme une mauvaise odeur; ça nous suit partout et empoisonne notre vie. Pourquoi, pourquoi?

Premièrement, parce que la société me renvoie l’image de la mère parfaite (et de l’enfant parfait, dodu et souriant). C’est un véritable malaise ou une quête, on nous vend des tonnes de livres sur l’éducation, le bien‑être… C’est louable de vouloir s’améliorer, d’apprendre, mais tout cela reste de la théorie. On oublie que derrière ces bonnes intentions, il y a nos propres réactions, nos comportements; il y a notre vécu, notre implication, nos sentiments.

Deuxièmement, parce que je me mets tellement la pression! Je veux ce qu’il y a de mieux, de meilleur pour mes enfants. On veut tous le meilleur, mais le meilleur de quoi? Peu importe ce que je fais, je m’autoculpabilise sans cesse. Si je les laisse pleurer, je suis cruelle; si je vais les voir trop rapidement, je suis trop protectrice. Entre bienveillance et punition, où est le juste milieu? Je leur donne trop de sucre, pas assez d’exercices, trop de temps devant les écrans ou à l’inverse, je ne leur laisse pas assez d’indépendance, pas assez de temps libre… C’est comme si je n’étais jamais assez bonne, assez bien. Une petite voix intérieure me souffle que je ne suis pas UNE BONNE MÈRE. Que je pourrais faire encore plus, toujours plus.

Et troisièmement, je suis coupable si je pense à moi. C’est comme si mon moi tout entier leur était dévoué. Je les ai voulus alors maintenant, j’assume. Je me sens coupable de rentrer tard le vendredi soir, d’avoir raté l’histoire, d’avoir privilégié une amie, de m’être acheté un nouveau chandail au lieu de leur offrir une nouvelle paire de chaussures… J’exagère, mais à peine, il y a toujours ce petit sentiment qui surgit, qui plane pour nous rappeler notre condition de mère; pour faire passer les enfants avant tout…

La culpabilité de ne pas être à la hauteur, voilà le problème. Mais qu’est‑ce que ça veut dire, être une bonne mère? Personne n’est parfait, et je le sais très bien. Pourquoi ne pas simplement l’accepter et l’appliquer dans mon quotidien? Oui, en tant que mère, j’ai le droit à mes erreurs. Mais ces erreurs impliquent forcément le futur de mes enfants et c’est pour ça que j’angoisse, que je culpabilise. Et si je commettais une erreur qui amputait à jamais leur avenir?

Mais, est‑ce que mes enfants ont vraiment besoin d’une mère parfaite? Je pense qu’ils ne s’en rendraient même pas compte. Est‑ce que je veux vraiment qu’ils croient que je suis une super parfaite et extra dévouée maman? Non, une mère, ça a le droit de péter sa coche, de brailler pour un rien, de filer un sac de bonbons juste pour faire cesser les caprices, ça punit, pis ça fait des câlins. Oui, une mère, c’est contradictoire, c’est ambivalent et ça fait surtout de son mieux.

Il n’y a pas de manuel d’instructions, de guide d’utilisation. On y va au pif, en tâtant et en essayant. Et peu importe ce que je fais ou ce que je ferai, dans vingt ans, après leurs séances chez le psy, mes filles me reprocheront sûrement mille et une choses. Alors je culpabiliserai encore, jusqu’à mon lit de mort.

Gabie Demers

Qu’est-ce qu’une bonne mère?

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je passe mon temps à me demande

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je passe mon temps à me demander ce qui fait qu’une mère est une bonne mère. Qu’est-ce qui définit une « bonne mère »? Je me tourne cette question sans cesse, dans ma tête, depuis quelque temps. Je trouve cela difficile de dissocier le fait d’être une « bonne mère » et «  la normalité de ce qu’une mère doit faire ».

Pour moi, une bonne mère ne se définit PAS comme :

Une mère qui prend soin de son enfant malade. Si tu prends soin de tes enfants, c’est juste « normal ». Tu es une maman, tu es responsable de tes enfants, tu te dois de prendre soin d’eux.

Une mère qui fait des sorties avec son enfant : Si tu veux une qualité de vie, tu ne dois pas t’empêcher de vivre! Faire des activités avec son enfant est aussi bénéfique pour les parents. C’est ça, avoir des enfants.

Une mère qui achète de beaux vêtements pour son enfant : Nos enfants doivent être habillés. Point. C’est une nécessité. Tu n’es pas une « bonne mère » parce que tu achètes des vêtements à ton enfant. Ça va de soi.

Une mère qui se prive de quelque chose pour donner à son enfant : Tu as choisi d’être une maman, tu te dois de le faire passer en premier. C’est juste « normal ». On ne choisit pas de faire des enfants pour les mettre de côté.

Ici, je prends une pause pour vous rappeler que tout ceci est mon opinion.

Je continue.

Une bonne mère ne se définit pas par ses talents de cuisinière, le temps qu’elle met pour nettoyer la maison ou encore pour mettre son enfant en punition pour lui montrer que dans la vie, on ne fait pas toujours ce qu’on veut.

Être une bonne mère ne signifie pas de subvenir aux besoins de sa famille. Ça fait partie du deal en acceptant d’être maman.

Donc, qu’est-ce qu’être une bonne mère? J’ai toujours un malaise quand je me fais dire que je suis une bonne maman. Non, je ne considère pas que je suis une bonne mère. Je suis une mère, point. Une mère qui donne tout à son enfant, une mère qui ne se fait jamais passer en premier, une mère qui aime, une mère qui regarde son enfant avec tant d’admiration, une mère qui ne veut que le bonheur de son enfant, une mère tout court. C’est ça être mère, non? Ça fait partie de nous, en dedans et dans nos tripes!

Qu’est-ce qui différencie une mère, d’une « bonne mère »? Ce que certains qualifient de « bonne mère » pour moi, ce n’est pas ça. C’est juste normal de faire ce qu’on doit faire, car ça vient avec le mandat de la mère.

Je ne considère pas qu’une bonne mère est celle qui va bercer son enfant pour l’endormir. Ça fait partie du contrat de maman. C’est normal de le faire!

Peut-être qu’en fait, je suis trop sévère envers moi-même. Peut-être que je devrais apprendre à accepter que je sois une « bonne mère » malgré mes pertes de patience, mes frustrations et les petites irritations du quotidien. Mes défauts de mère viennent prendre toute la place, alors il est difficile pour moi d’accepter que tout ce que je fais puisse être considéré comme une partie de la définition d’une bonne mère…

Donc, finalement, pour vous, c’est quoi, être une bonne maman? Êtes-vous aussi dure envers vous-même que je le suis envers moi?

Tania Di Sei