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Change ton NON en OUI – Texte : Joanie Therrien

Depuis plusieurs mois, les livres, les podcast et les vidéos de dé

Depuis plusieurs mois, les livres, les podcast et les vidéos de développement personnel font partie intégrante de ma vie.

Je suis passionnée par l’humain et par tout ce qui l’entoure.

Je m’intéresse à ce qu’il est, mais SURTOUT, à ce qu’il peut potentiellement devenir.

Je tente de cheminer du mieux que je peux au travers de tout ça, en apprenant à me connaître davantage.

J’ai fait quelques pas de recul.

J’essaie de définir mes limites.

Je réalise avec le temps que personne ne prendra soin de moi à ma place.

Puis je suis là, cachée derrière mes barricades, protégée du reste du monde, la peur au ventre de devoir être confrontée aux autres et de voir tout ce que j’ai forgé se démolir d’un coup.

Je me questionne : à quoi ça me sert tout ça?

Bien que je veuille protéger mon cœur et ma tête, j’ai envie de VIVRE et de m’ÉPANOUIR.

Si pour le faire, je devais arrêter d’apprendre à dire non aux autres et apprendre plutôt à me dire oui à moi ?

Oui à ce que je suis,

Oui à ce que j’aime,

Oui à ce qui me rend fière,

Oui à tout ce qui s’offre à moi et qui me fait vibrer,

Oui à sortir de ma zone de confort,

Oui aux échecs,

Oui au processus, quel qu’il soit.

Parce qu’au-delà des risques de dire oui et de se tromper, il y a les regrets de ne pas avoir essayé.

Il y a les opportunités auxquelles je me suis fermée par crainte d’échouer.

Il y a un monde de possibilités qui s’ouvre à chaque pas que je fais.

Parce qu’au-delà du risque de s’étourdir à trop dire oui, il y a les risques de s’éteindre à force de ne rien faire.

Alors moi, je choisis de dire OUI à la vie et à ce qu’elle a de plus beau et de plus vrai à offrir. Je choisis de vivre chaque instant, pas comme s’il était le dernier, mais comme s’il était là, pour m’amener plus loin.

Et toi, qu’est-ce que tu choisis ?

Joanie Therrien

Et si aujourd’hui… Texte : Maïka

Souvent, je me parle à moi-même. Je m’écris des lettres, dans m

Souvent, je me parle à moi-même. Je m’écris des lettres, dans ma tête. Pendant que je fais le souper ou pendant que je fais du ménage. Je m’explique à moi-même comment je me sens. Comme si ça allait faire du bien, comme si transposer mes émotions sur cette page blanche imaginaire allait faire que tout se replace.

Cette semaine, on m’a dit que j’avais toujours l’air heureuse. Pour vrai… qui est toujours heureux dans la vie ? Personne. On a tous des hauts et des bas. On est humains ! Le problème, c’est ce que les autres voient de nous, et ce qu’ils veulent bien nous laisser voir.

En fait, le bonheur, c’est quoi ?

C’est une multitude de petites choses qui s’emboîtent jour après jour pour former un noyau qui nous tient debout, qui nous tient en vie.

Le problème survient quand ce noyau n’est plus suffisant ou plutôt quand on s’est trompé de noyau.

À la base, le bonheur devrait être vous-même.

Chaque jour, on devrait être en mesure de se regarder et de s’aimer. Parce que si on ne s’aime pas assez, qui le fera pour nous ?

Je suis la première à me dire que l’important, mon vrai bonheur, c’est ma famille… mes enfants.

Mais quand mon Chum part au travail et que mes enfants sont à l’école, je me retrouve inévitablement confrontée à celle que je ne connais plus et que je délaisse depuis tant d’années : moi-même.

C’est à ce moment que ça rentre dedans.

As-tu déjà pris le temps de t’asseoir devant le miroir et de t’analyser. Pas seulement physiquement, mais mentalement. T’analyser sous toutes tes coutures.

La question est celle-ci : es-tu heureuse avec toi-même ? Voudrais-tu que tes enfants suivent ton chemin ?

Pour certaines, la réponse est sans contredit OUI !

Pour d’autres, c’est ambigu… oui sur des points et non sur d’autres.

Et malheureusement, pour plusieurs, la réponse sera NON !

Et si aujourd’hui, je te disais quelque chose que tu sais déjà, mais que tu as sûrement oublié.

Si je te disais que de t’aimer et de t’apprécier est la chose la plus importante au monde… pour toi ET pour tes enfants.

Un jour, ils referont inévitablement ce qu’ils ont vu toute leur vie.

Si tous les soirs, tu rentres de travailler la mine basse, sans la moindre vie intérieure… c’est ce qu’ils tiendront pour acquis à propos de la vie.

Si tu te chicanes sans cesse avec les gens autour de toi, ils reproduiront les mêmes choses avec leurs amis et les gens autour d’eux.

Si tu ne t’aimes pas et tu ne te respectes pas, ça va transparaître et se ressentir et ils finiront peut-être par engloutir ton énergie jusqu’à ce qu’elle fasse partie d’eux aussi. Parce que les enfants, ce sont de vraies petites éponges à émotions.

Tantôt, je te disais que tu devais être la plus importante pour toi-même alors, pourquoi est-ce que soudainement, je rapporte tout à tes enfants ? Parce que c’est souvent le meilleur moyen de faire comprendre quelque chose à une maman.

C’est là que ça fait mal, que ça blesse. De prendre conscience qu’on pense agir dans le meilleur intérêt pour nos enfants et nos proches, et que malheureusement, c’est le contraire.

On n’agit correctement ni pour nous ni pour eux !

Alors, pour une fois… choisissons-nous !

Et pour celles qui seraient tentées de se dire que je parle au travers de mon chapeau en ne sachant pas ce que c’est de ne pas s’apprécier…

Aujourd’hui, je me suis levée et j’ai évité le miroir. Jusque-là, c’est pas nouveau…

Je n’ai pas fait mes sourcils depuis des années… et je ne me maquille jamais sauf si je suis en tournage.

Je me lave les cheveux une fois par semaine, au point où même mes enfants remarquent quand je ne ressemble pas à la chienne à Jacques.

J’ai pris quarante livres depuis trois ans. Et non, ce n’est pas à cause de ma grossesse. C’est parce que je m’alimente tout croche et que je manque de rigueur quand vient le temps de couper ce qui est mauvais pour ma santé et mon poids.

Je n’ai pas de manteau d’hiver qui me fait. Je porte celui de Hayden, que je lui ai acheté au début de l’année. Celui qu’il ne veut pas porter parce que je l’ai pris trop grand pour lui.

La fermeture éclair ne fonctionne pas… c’est chic ! Je pourrais clairement en acheter un large de femme… mais NON, parce que c’est bien mieux d’attendre de reporter mes anciens Xsmall (J’écris et je me trouve moi-même ridicule…).

Je n’ai aucune paire de jeans qui me fait et je refuse d’en acheter d’autres parce que depuis dix-sept mois, je me dis que je vais rentrer dans mes foutus jeans taille 27 sous peu. La réalité, c’est que je porte du 30 et que le 27 ne monte pas plus haut que mon genou.

Mes chandails sont tous des chandails hyper confos et très grands. Ça me permet de bien me cacher et comme ce sont des oversize, psychologiquement, je me dis que je porte encore du Xsmall et du small…

Est-ce que je fais pitié ? PANTOUTE !

Je comprends que j’ai choisi, sans le vouloir, d’être ce que je suis aujourd’hui.

J’ai choisi de mal m’alimenter. J’ai choisi de ne pas m’arranger. J’ai choisi de ne pas m’acheter des vêtements à ma taille !

Je suis le maître de ma vie, et présentement, ça ne vole pas haut.

Mes enfants sont heureux et ne manquent de rien. Mais moi, je manque de… MOI !

Et je ne veux SURTOUT pas qu’Anna et Livia pensent que c’est normal d’être ainsi.

J’ai réussi au niveau professionnel. Je fais des sous et je suis indépendante financièrement. Le problème est loin d’être par rapport à ça… C’est beaucoup plus profond.

On parle ici de respect de soi et d’amour-propre.

C’est fou pareil parce que je suis certaine que je ne suis pas la seule à vivre ce genre de situation.

J’ai réalisé aujourd’hui que j’avais 34 ans… dans ma tête, j’en ai encore 30 ! Comme si ma vie s’était mise sur pause à une période distincte de ma vie.

Voilà c’est dit ! J’ai enfin mis sur papier tout ce qui me passe habituellement par la tête.

Tout ce que je mets dans un petit tiroir de mon cerveau et que je referme une fois que j’ai réussi à m’exprimer.

C’est cliché, mais… Et si aujourd’hui était le premier jour du reste de ma nouvelle vie ?

Et si aujourd’hui était le premier jour du reste de… ta nouvelle vie !

Maïka

Je ne veux plus mourir – Texte: Nathalie Courcy

J’ai passé la moitié de ma vie à vouloir mourir. À trouver que

J’ai passé la moitié de ma vie à vouloir mourir. À trouver que la vie ne valait pas la peine. Je souffrais trop. Je ne voyais pas le but de me lever tous les matins. Je me rivais le nez sur des échecs répétitifs qui cachaient les succès que je vivais sans les vivre. Ma génétique et les trop nombreux suicides dans ma parenté m’avaient convaincue que j’étais née pour être déprimée.

Médicamentée ou pas, en thérapie ou pas, ça allait downhill de toute façon. J’avais la tête dans une gelée de cumulonimbus sombre et grandissante. Vous dire la lourdeur de l’enclume qui pesait sur mes épaules, à force de porter tout ce malheur.

Et pourtant. J’avais des diplômes avec mention honorable. J’avais une maison, un mari. J’avais des enfants en santé, une famille, des amis. J’avais un bon emploi. J’avais suffisamment d’argent.
Mais. Mais je ne me sentais pas adéquate. Je ne me sentais pas à l’abri ni aimée. Je ne me sentais pas entourée. Je ne me sentais pas à ma place. Je ne me sentais pas en sécurité, financière et morale. Je n’étais pas la maman que je voulais être : calme, drôle, énergique, en santé mentale et physique. Je n’étais pas celle que je voulais être : heureuse, équilibrée, libre, amoureuse.

J’étais une habituée des thérapies. Psy, masso, chiro, t.s., art-thérapeute, acupuncteur… je les avais tous essayés. Même chose pour les médicaments. Anxiolytiques, antidépresseurs, somnifères, antidouleurs… toujours avec un suivi adéquat, merci de demander. Mais je restais enfermée dans mon gros nuage noir. C’est frustrant, rester prise dans un gros nuage noir mélasse quand tu patauges sans arrêt pour t’en sortir.

Un jour, j’ai supplié d’avoir un médecin de famille. Que j’ai eu. Miracle, de nos jours. Et j’ai été honnête. Elle s’est étonnée que je tienne debout. Quand je dormais deux heures, je me trouvais chanceuse. Je ne pleurais pas, oh non ! J’étais gelée. Pas de drogue (merci à moi, je ne suis pas attirée par les drogues ni l’alcool [comme dit ma fille, l’alcool, ça goûte les pieds !]). Juste le cerveau embourbé, engourdi, comme si ma boîte crânienne était envahie par une glue visqueuse, pas de glitters. Mon corps était devenu immobile, toute mon énergie étant réservée à passer à travers mes journées de travail et mes soirées avec les enfants. Auto, boulot, dodo. Repeat. On repassera dans vingt ans pour le plaisir.

On a travaillé ensemble pour d’abord régler mon problème de sommeil. Ajuster la chimie du cerveau, mais aussi mon rapport à mon lit, à la nuit, à mon mari. J’ai mis des limites, je suis partie, je suis revenue vers moi, peu à peu. Le plus petit pas possible. PPPP. Quatre lettres qui m’ont sauvée, parce que si je m’étais fiée à la hauteur de la montagne à escalader, je n’aurais jamais osé. Elle m’aurait écrasée. Kapout.

Je me suis construit un nouveau nid, j’ai récupéré mon corps, je me suis activée. Je me suis pardonné plein de choses, et je me suis félicitée pour plein d’autres. D’abord de m’être choisie. D’avoir cessé d’attendre que d’autres le fassent à ma place. J’ai remis au centre de ma vie ce qui était important pour moi. Mes enfants, l’art, la créativité, l’écriture, la spiritualité, la famille, les amis, la santé. Puis l’amour.

Mais en premier, au tout début du parcours et ensuite à chaque jour, à chaque instant, je ME suis mise en premier. Égoïste ? Non, je ne crois pas. Si moi, je ne vais pas, rien ne va autour de moi. Si j’ai mes lunettes noires avec les verres salis par la glaise qui me sort du cerveau, je ne peux pas voir la beauté. Je ne peux pas percevoir l’amour, les bonnes intentions, la chance d’être en vie. Je ne porte pas de lunettes roses pailletées, ne vous en faites pas. J’ai les deux pieds sur terre, et c’est clairement mieux que s’ils étaient sous terre. Mais j’ai remisé mes perceptions erronées pour voir la vie comme elle est : variée, grande, lumineuse même dans ses bouts de noirceur.

Depuis l’adolescence, je restais en vie pour ne pas faire de peine à ceux qui restent. Je ne voulais pas déranger par mon départ. Je ne voulais pas laisser un vide dans la vie de ceux qui m’aiment. Je ne voulais pas générer de la culpabilité. Je ne voulais pas laisser comme héritage un gros sac de questions sans réponses.

Maintenant, si je reste, c’est pour moi. C’est parce que je vaux ce que je vaux et que je trouve que la vie est belle, même quand un nuage passe. Justement parce qu’il passe.

Si je reste, c’est aussi pour encourager les autres à rester. Un jour à la fois. S’il le faut, une heure à la fois. PPPP.

Nathalie Courcy

#BellCause

La nouvelle moi

La vie nous lance parfois des signaux. Parfois doux, parfois forts. Ce fut

La vie nous lance parfois des signaux. Parfois doux, parfois forts. Ce fut le cas pour moi en 2019. Un cancer est venu tout chambouler. « Le même que tout l’monde » m’a gentiment rappelé une réceptionniste à l’hôpital il n’y a pas si longtemps. J’ai failli m’étouffer. Généraliser si simplement un tel épisode de vie, il ne faut pas l’avoir vécu pour en parler ainsi. Mais c’est correct, je comprends. J’ai compris.

Je ne m’en fais plus avec de tels détails. J’ai choisi de rire, de m’amuser et de voir le plus souvent possible le positif dans ce qui m’arrive et m’entoure. J’ai décidé de m’amuser et d’être ma priorité. Je m’accorde maintenant le droit de refuser une invitation parce que « ça ne me tente pas ! », même si je n’ai pourtant pas de projets. Pourquoi s’imposer des moments obligés ? Je n’ai plus de temps à perdre ainsi et ça n’apporte rien à personne, bien au contraire.

Je m’éloigne des chicanes, des frustrations et des malentendus. Je choisis mes batailles et croyez-moi, elles n’en valent pas toutes la peine ! Si je suis à un évènement et que je n’éprouve aucun plaisir, je remercie et je quitte. Simple, me direz-vous ? Possible, mais je ne m’accordais pas cette possibilité avant, trop mal à l’aise, avec la peur de décevoir qui m’habitait constamment. Je me suis si longtemps obligée à dire oui à tout par peur de déplaire et de décevoir. J’ai toujours voulu faire plaisir aux autres.

J’ai désormais adopté un principe : « La réaction des autres ne m’appartient pas, je n’en suis pas responsable. » Ainsi, si je refuse une invitation et que la personne se sent vexée, blessée, fâchée, ça la regarde et ça lui appartient. Je ne me casse plus la tête (ou presque plus !). La vie est beaucoup trop courte pour s’imposer quoi que ce soit qui ne nous convient pas. Les gens qui nous aiment devraient d’ailleurs comprendre.

J’ai envie de douceur, de légèreté, de simplicité et de bonheur. J’ai envie d’être la maîtresse de chacun des moments de ma vie restante. De ne rien devoir faire par obligation, de ne plus rendre de comptes. Encore aujourd’hui, je grandis, je chemine, je progresse vers une meilleure moi. Une moi avec plus d’assurance et à l’écoute de ce qu’elle veut et désire vraiment. Une moi plus positive, plus légère, plus douce avec elle-même. Je me respecte et je m’écoute. Ma priorité, c’est moi. Une moi beaucoup plus sereine et heureuse.

Marie-Claude Larivière

Le grand saut

Et oui, ça

Et oui, ça y est, je l’ai fait ! Après des années à chercher comment réorienter ma carrière, me voici de retour sur les bancs (bon pas de panique là, je fais le tout à distance) d’école.

J’ai fini mon Baccalauréat en mai 1999 et me voici, à 46 ans, de retour aux études.

Pas facile d’y retourner après tant d’années. Pas facile, car ma vie a beaucoup changé depuis et mon amie technologie a pris le dessus.

Retourner aux études aujourd’hui, ça prend beaucoup de discipline. Oui, je sais, les enfants sont grands. Mais eux ne comprennent pas le défi que je réalise en ce moment. Eux voient seulement qu’ils en ont de la chance, maman est à la maison. Vous savez, la maman qui a passé les huit dernières années à travailler à temps plein. À quitter la maison pour le travail douze heures par jour. Cette maman à qui ils devaient parler tout doucement pour ne pas qu’elle explose à cause de ses douleurs intenses causées par des hernies cervicales. Eh bien, cette même maman, elle est à la maison, mais elle est également aux études.

Lorsque j’ai fait mon choix de cours, je n’ai jamais pensé à tout le travail que demandait un cours universitaire. Je n’ai jamais pensé que je devrais remettre de magnifiques travaux sans fautes, avec une mise en page parfaite. Moi, dans mon temps (OUTCH) on remettait les travaux à la dactylo ! Ben oui… la dactylo ! Cette merveilleuse machine dans laquelle tu insérais une feuille. Cette machine qui ne faisait rien seule, mais que tu pouvais contrôler ! Aujourd’hui, mal de tête m’en prit de faire une belle mise en page avec notes en bas de page, pagination, etc. Une chance qu’un ange est venu à ma rescousse !

Parce qu’il faut savoir que, dans mon ancienne vie, je ne travaillais pas avec un ordinateur. Non, non ! Mon ordinateur c’était ma tête ! 25 ans comme croupière au Casino ! Ce n’est pas rien, mais ça ne t’aide pas beaucoup avec Word et Office !

De plus, chaque cours requiert beaucoup de temps. Et non, je ne suis pas assise dans une salle à prendre de notes, mais bien devant mon écran à faire des recherches, à lire des textes, à organiser mon temps !

Organiser son temps… c’est quoi ça ? Alors, tout enthousiaste, je me suis inscrite à trois cours. Quelle idée de génie ! Championne qui n’a pas été aux études depuis 21 ans pense qu’elle aura le temps de faire trois cours à l’université avec deux enfants (n’oubliez pas que je suis veuve) une maison, des tâches ménagères et une grosse lacune informatique.

Alors devant l’inévitable, moi, Annie la Superwoman, j’ai dû abandonner un cours. Abonner un cours pour lequel je devais investir des heures de travail et qui ne m’apporterait qu’un minimum de savoir approprié à mes futurs défis.

Mon but : faire de la suppléance dans les écoles de ma région. Le monde de l’éducation a bien besoin de personnel qualifié et je crois que je peux faire la différence dans la vie des petits et grands qui croiseront mon chemin. Tout ça pour me rapprocher de mes enfants, être plus présente. Dans les derniers mois, j’avais l’impression d’avoir manqué une partie de leur vie. J’ai l’impression de les avoir négligés, d’autant plus qu’ils n’ont que moi. Alors voilà ! J’ai pris une année sabbatique de mes cartes pour retourner aux études et voir si cette future carrière pourra m’apporter l’équilibre dont j’ai besoin dans ma vie en ce moment.

Dans les derniers mois, le hamster courait pas mal vite pour essayer de trouver une solution à mes deux plus grands problèmes : le manque de temps avec mes enfants et mon corps blessé qui ne peut plus continuer.

J’espère donc maintenant qu’un avenir extraordinaire s’ouvrira devant moi, car j’ai eu des bouts pas mal rough. Je me souhaite la vie douce pour les prochaines années.

Annie Corriveau

Nouveau départ

J’ai toujours voulu tout lâcher, recommencer à zéro. Pourtant,

J’ai toujours voulu tout lâcher, recommencer à zéro. Pourtant, chaque fois, je redescendais sur terre. Je ne peux pas faire ça, j’ai un loyer et des comptes à payer. J’ai un bon emploi, je suis syndiquée et j’ai un bon fonds de pension en plus.

Non, non, non. Suffit les rêveries et retour à la routine.

Un jour, mon conjoint se fait offrir un poste pour une ville en Abitibi à plus de sept heures de route de ma famille, de ma ville et de mes amis. C’est maintenant ou jamais. Est-ce que j’ose tout lâcher pour tenter la grande aventure ? Let’s go.

Le lendemain, je donne mes deux semaines de préavis et la fin de semaine d’après, nous descendons en Abitibi pour visiter des logements. Ç’a beau être une ville, ce n’est vraiment pas comme Montréal. La semaine d’après, nous déménagions. Parfois pour oser faire face au changement, il vaut mieux appliquer la méthode du pansement et tout arracher d’un coup.

J’ai pleuré souvent, je me suis sentie loin. Quand on fonce, c’est normal d’avoir la chienne. Seule avec mon amoureux dans une nouvelle ville, pas d’amis, sans repères, sans emploi et avec les comptes qui s’accumulaient. J’ai postulé à quelques endroits, rencontré quelques personnes. Je ne vous cacherai pas que les débuts ont été durs.

Malgré tout, je ne regrette rien. J’ai moins d’amis qu’à Montréal mais ici, la communauté est ton amie. J’ai pu progresser dans ma carrière et j’ai pu obtenir des emplois que je n’aurais jamais eu l’occasion d’avoir à Montréal. J’ai enfin réussi à faire pousser mes tournesols, que je plante chaque été en faisant un souhait avec chaque graine.

Ici, la nature est partout et mon niveau d’anxiété a diminué significativement. Parfois, ça vaut la peine de se faire peur, d’oser tout quitter et de recommencer ailleurs. Il faut croire en ses projets et ne pas arrêter pendant les phases difficiles. C’est le plus beau cadeau que j’ai pu me faire. J’ai peut-être perdu mon ancienneté dans un emploi bien rémunéré, mais j’ai investi dans ma santé, mon bonheur et dans mon fonds de pension spirituel.

Ce n’est pas tous les jours facile. J’apprends encore un peu plus sur moi avec le temps qui passe.

À toi qui penses souvent à tout lâcher. À toi qui es tanné de ton quotidien. À toi qui veux voir du pays ou revoir tes priorités. À toi qui veux commencer un nouveau projet.

Je te dis : FONCE ! Tu ne regretteras pas. Fais de toi et de tes rêves une priorité. Que ce soit de partir un blogue, écrire un livre, faire un album, déménager ou bien changer de carrière, tu n’as rien à perdre et tout à gagner.

Tu ne perds jamais au change quand tu décides de miser sur toi.

Et toi, à quoi rêves-tu ? Quel est ton plan ?

Et surtout, comme dirait Yan Thériault du Daily Buffer Podcast, qu’avez‑vous fait aujourd’hui pour faire avancer votre projet ?

Anouk Carmel-Pelosse

 

Me choisir, les choisir

Ce n’est pas du jour au lendemain que je me suis choisie et ce n

Ce n’est pas du jour au lendemain que je me suis choisie et ce n’est pas encore gagné! Mais tout doucement, je me priorise. Je me fais des cadeaux et je me fais tendresse.

Toute mon adolescence,

J’ai juré, promis, hurlé!

Que jamais je n’échangerais mes ami(e)s. Qu’ils seraient toujours là dans ma vie, présents tout autant qu’à mes seize ans.

À mes 18 ans, j’avais déjà laissé derrière plus que la moitié de mes amitiés du secondaire.

Mais ce n’était pas grave, ils reviendraient. Ça passerait.

Ils ne sont jamais revenus.

À 20 ans, enceinte jusqu’aux oreilles… et endeuillée comme jamais je n’aurais cru possible de l’être, j’ai rencontré la solitude.

Celle que je ne croyais pas possible.

Une solitude qui ne m’a pas plu et que j’ai dû combler par des amitiés plutôt futiles ou vides. Qui ne sont plus aujourd’hui, évidemment. Mais mes ami(e)s reviendraient… Ils vivaient autre chose et je leur pardonnais. Ils ne sont pas revenus depuis… pas vraiment… jamais réellement.

Maman disait toujours : « Tu vas voir à 30 ans, tu vas les compter sur deux mains tes vraies personnes. Et à 40, une main sera suffisante. »

Et moi, je levais les yeux au ciel, car clairement elle ne comprenait pas à quel point moi, je n’étais pas faite ainsi. Mes amitiés étaient solides et traverseraient le temps.

Le jour de mes 30 ans, sous un gros soleil brûlant, j’ai parlé avec ma petite enfant en dedans.

Je lui ai dit que finalement, maman n’avait pas si tort que ça. Me v’là à 30 ans… avec beaucoup moins d’ami(e)s que j’en avais.

Je me suis surprise dans la dernière année à ne pas avoir envie de rien planifier pour le weekend qui venait… Improviser avec ma famille est devenu un besoin.

Tous mes soirs de semaine, je me les garde… pour faire des gratouilles à mon bébé et pour cuisiner leurs mets préférés.

Rire avec mon chum. Retomber en amour, se donner du temps ensemble. Arrêter de courir tout le temps.

J’ai tellement cuisiné pour des gens dont je n’ai jamais même vu la maison.

Tellement écouté et donné à des gens qui n’ont même jamais fait la rencontre de mes garçons.

Me voilà aujourd’hui.

Plus heureuse que jamais avec juste assez d’anges et de personnes en or pour combler mes dix doigts. Comme le disait maman.

La quantité ne vaudra jamais la qualité.

Je l’ai compris!

L’amitié, ce n’est plus de se voir chaque jour, mais de se sentir accepté et respecté malgré le temps qui a filé.

C’est de ne pas se forcer pour répondre au téléphone ou pour aller souper avec quelqu’un pour qui on fait un « effort ». En me choisissant, j’ai choisi ceux qui m’aiment finalement!

Lisa-Marie Saint-Pierre

 

Mon sourire niaiseux

J’ai été cette femme qui pleure en conduisant parce que la chans

J’ai été cette femme qui pleure en conduisant parce que la chanson à la radio fait remonter le trop-plein de la vie. Celle qui garde tout en dedans, qui filtre les signes du désespoir pour continuer à fonctionner. Celle qui éclate en sanglots ou en cris. Celle qui voit même la neige en noir tellement il fait sombre dans sa tête.

J’ai été cette personne qui ne croit plus en rien. Celle qui en veut à Dieu et à Satan. Celle qui s’en veut surtout à elle pour tous les choix et les non-choix qu’elle a faits dans le passé ou le matin même. Celle de qui s’est évaporé tout espoir, tout courage d’affronter un autre matin occupé ou une autre nuit esseulée.

J’ai été cette femme qui a décidé de changer ce qui n’allait pas, de risquer de tout perdre pour tout gagner. Celle qui est partie, celle qui a dit « C’est fini ». Celle qui a démissionné d’un emploi et d’un couple. Celle qui a remisé certaines amitiés qui faisaient mal au lieu de lui faire du bien. Celle qui a fini par mettre des limites et des priorités. Celle qui s’est mise en priorité.

Et maintenant, je suis celle qui sourit en conduisant. Celle qui a le goût de rire ou de danser en écoutant la chanson à la radio. Celle qui se dit que le conducteur dans l’autre voie doit se dire : « Mais qu’est-ce qu’elle fait là, elle, avec son sourire niaiseux? » Elle, elle est heureuse, tout simplement. Elle est celle qui aime la vie, tout simplement. Celle qui profite d’un petit moment calme en voiture pour constater à quel point les choses ont pris un chemin positif depuis qu’elle a donné un coup de volant dans sa vie.

Si quelqu’un m’avait dit il y a deux ans que je serais celle qui sourit sans raison à tout moment, je ne l’aurais pas cru. Je n’aurais même pas eu la force de rire de lui. Et pourtant, je souris maintenant, sans même me forcer. Juste parce que.

J’ai été celle que vous êtes parfois, ou souvent. Et je vous dis que de l’autre côté du mur de désespoir qui vous rentre dedans à chaque seconde, il y a du beau et du bon. Et de l’espoir.

Nathalie Courcy

C’est si difficile d’aimer

Depuis toute petite, comme beaucoup d’autres petites filles, je m

Depuis toute petite, comme beaucoup d’autres petites filles, je m’imaginais déjà avoir un amoureux à l’âge de vingt ans, je me voyais planifier mon mariage, avoir des enfants, une maison, une voiture et un chien. À l’aube de mes 26 ans, je me rends compte que la vie en a voulu bien autrement.

Je n’ai jamais eu de chum. Un vrai de vrai. J’en ai souvent voulu à la Terre entière pour cela. Je me suis demandé si c’était parce que je n’étais pas assez belle, pas assez gentille, pas assez brillante ou encore trop grosse, trop gentille, trop brillante. Je me comparais constamment aux autres, je me disais que ça ne se pouvait pas que tout le monde finisse par rencontrer SA personne et que moi, je n’y arrive jamais.

Puis, j’ai fini par me dire que je faisais peur aux hommes : une femme indépendante, audacieuse et de carrière, ce n’est pas ce qui attire tous les hommes (alors que c’est pourtant tout le contraire !) J’ai longtemps blâmé les autres alors que je ne m’étais jamais arrêtée à me questionner : suis‑je difficile à aimer ou bien ai‑je de la difficulté à aimer ?

Bam ! La vérité en pleine face, qui m’assomme comme un deux par quatre. C’est moi qui ne suis pas capable d’aimer. Je ne veux pas m’engager. Ça me fait peur. Je suis très exigeante dans mes choix et mes critères face à la personne avec qui je partagerai ma vie. Les gars de mon âge que je rencontre ET qui sont célibataires, eh bien, ils ne me plaisent pas. Il y a un an, j’ai rencontré un garçon. On s’envoyait des messages, et malgré les nombreuses fautes d’orthographe, je le trouvais tout de même sympathique et agréable. J’ai décidé de lui donner une chance, je n’y perdais rien. Quelle erreur.

Le gars avait 27 ans, il habitait chez ses parents, était sans emploi et a osé me dire (il fallait quand même avoir du cran pour me dire ça) : « Yo non, moi j’me cherche pas d’emploi, j’men fous man, le gouvernement me paye pour habiter chez mes parents, c’est chill. » Tu vois le portrait ? C’est évidemment le pire cas que je te raconte, mais c’est aussi celui qui ne me donne pas envie de m’engager dans une relation avec les yeux fermés. Les bons gars, avec qui je pourrais avoir plusieurs aspirations et valeurs communes, sont déjà en couple. J’ai l’impression d’être la niaiseuse qui arrive à 16 h au Best Buy pendant le Boxing Day pour avoir la télévision en spécial. Comme si je venais d’allumer qu’un homme avec qui partager ma vie, ça pourrait être bien.

Malgré tout, même si parfois, je me surprends à être jalouse de mon amie qui se mariera bientôt, ou de l’autre qui part en fin de semaine d’amoureux au chalet, je ne regrette pas mon éternel célibat. Oui, j’aimerais avoir quelqu’un dans ma vie, mais j’ose espérer que la raison pour laquelle je n’y arrive pas, c’est que j’attends vraiment la bonne personne pour moi, celle qui créera des étincelles de bonheur dans tous nos petits moments au quotidien. Je suis aussi heureuse de constater que je me suis choisie avant tout, puisque je ne me suis pas jetée dans les bras du premier venu, chose que j’aurais pu faire il y a bien longtemps et que j’aurais pu regretter.

Je passe ma 25e Saint-Valentin célibataire, mais je suis maintenant en paix avec cela.

Stéphanie Parent

Si on essayait d’être heureux?

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Vous avez sûrement souvent entendu la phrase « Être parent, c’est faire passer le bonheur de son enfant avant le sien ». On a souvent entendu cette phrase aussi en amour : « Être amoureux, c’est faire passer le bonheur de son conjoint avant le sien ». Est-ce vraiment cela la vie? Faire passer le bonheur de tous et chacun avant le sien?

 

Depuis que je suis enfant, j’ai développé le syndrome du « Si les autres sont heureux autour de moi, alors je le serai aussi ». Pourquoi? Je n’en ai sincèrement aucune idée. J’avais vraiment l’impression que si je rendais tout le monde heureux autour de moi, si tout le monde était content de moi, alors je serais heureuse. Pendant des années, j’ai pensé comme ça. Des années, que dis-je, la majeure partie de ma vie à penser comme ça!

 

À 43 ans et ¾, je suis épuisée de tenter de plaire à tout le monde. Premièrement, c’est juste carrément impossible de le faire, je le sais : j’ai essayé ! Est-ce que tout le monde me plaît? Bien non et c’est juste normal! Il y a des gens dont le visage ne me revient juste pas, pour zéro raison donc l’inverse doit être vrai aussi : des gens à qui « ma face » ne revient pas pour zéro raison aussi. Donc ok, plaire à tous, c’est impossible, on raye ça de la liste.

 

Plaire à la famille, aux amis, et aux gens plus près de moi, est-ce que cela va me rendre heureuse? Encore une fois, c’est impossible de rendre tout ce monde‑là heureux. Il y a toujours une décision que je vais prendre qui ne plaira pas à l’un ou à l’autre. Je pense seulement aux avis contradictoires que je reçois quand j’essaie de nouveaux vêtements en magasin et que je demande un avis parce que je ne suis pas certaine de ce que le miroir me montre. Pour certains, c’est trop décolleté, pour d’autre c’est trop conservateur, ça ne met pas mes courbes en valeurs ou alors, on ne voit que mes bourrelets (à bien y réfléchir, je devrais aller magasiner seule à l’avenir).

 

Plaire à tout prix à mes enfants? Plaire à des enfants se résume souvent à dire « oui » à tout ce qu’ils demandent, ce qui n’a honnêtement aucun sens. Pensez‑y une seconde : à quoi ressemblerait une journée où vous allez plaire du matin au soir à vos enfants? Déjà, si vous en avez plus d’un, bonne chance, car c’est contre nature que deux enfants veulent la même chose en même temps! Je suis leur mère, pas leur copine; je vais inévitablement avoir le rôle de « méchante qui dit non » plus souvent qu’à mon tour!  

 

Hier soir, j’ai fait une introspection. Ça fait des années que je suis épuisée de me fendre en quatre pour répondre aux attentes des gens autour de moi et réaliser qu’au final, très peu de gens répondaient aux miennes. Est-ce que mes attentes étaient déraisonnables? Pas vraiment, enfin je ne crois pas… Une psychologue m’a dit que pour que l’on réponde à mes attentes, je dois les exprimer clairement. Ça semble élémentaire comme principe, non? Je dois humblement avouer que je souhaitais dans la vie que des personnes voient au fond de mes yeux que ça ne va pas même si j’affirme le contraire, voient les larmes qui se cachent derrière les sourires. Je m’attendais à ce que les gens devinent ce dont j’ai envie, ce qui me fait plaisir, sans avoir que j’aie à l’exprimer. Bref, je voulais que les gens portent attention aux détails ou aux indices que je donnais de la même façon que je porte cette attention envers eux. Les gens me déçoivent, mais moi, je ne me donne pas le droit de les décevoir, espérant que le vent tourne.

 

Hier soir, j’ai réalisé que c’est cette image que mes enfants ont de moi : une maman qui est épuisée et qui pleure parce que déçue des gens et de la vie. Hier soir, j’ai réalisé que mes enfants s’engageaient sur le même chemin que moi en voulant plaire à tout prix et ne pas décevoir. Ils ont peur de me dire qu’ils n’aiment pas un aliment que je glisse dans leur lunch. Ils me donnent plein d’excuses valables pour expliquer que la compote revient intacte tous les soirs depuis deux semaines. Ils ont peur de me dire qu’ils n’ont plus envie d’avoir des compotes dans leurs lunchs, de peur de me déplaire. Alors hier soir, je leur ai dit ceci : « Dites toujours ce qu’il y a au fond de votre cœur même si ce n’est pas ce que l’autre personne veut entendre. Vous ne pouvez pas plaire à tout le monde et vous allez être malheureux ou avoir des lunchs poches si vous n’exprimez pas les choses comme elles sont par peur de décevoir les autres. C’est trop tard pour réaliser cela une fois adulte ». Mon fils de presque 10 ans et ¾ et qui est autiste m’a répondu : « C’est de toi aussi que tu parles maman? »  Hier soir, j’ai décidé que si j’étais heureuse, les gens autour de moi le seraient aussi et non l’inverse. À 43 ans et ¾, j’ai finalement compris!     

 

 Annie St-Onge

À toi qui as volé ma vie

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Toi qui as volé ma vie alors que je n’avais même pas commencé à la vivre,

Toi qui as posé tes mains sur moi sans même avoir la permission,

Toi qui t’es servi d’une autorité parentale comme excuse,

Toi qui t’es permis de me salir sans que je ne puisse rien dire

 

Tu m’as entendue crier,

Tu m’as vue pleurer,

Tu m’as entendue te supplier de me lâcher,

Tu m’as vue me renfermer sur moi‑même

 

Pourquoi m’as-tu fait ça?

Pourquoi as-tu voulu me détruire?

Pourquoi as-tu volé ma jeunesse?

Pourquoi as-tu préféré me détruire plutôt que d’aller chercher de l’aide?

 

Comment as-tu pu recommencer presque tous les soirs?

Comment as-tu pu faire ça à des gens qui t’ont accueilli chez eux à bras ouverts?

Comment as-tu pu continuer de me regarder comme si de rien n’était lorsque nous étions en famille?

Comment as-tu pu continuer à faire des blagues déplacées alors que tu savais très bien ce que tu faisais?

 

Et toi maman, pourquoi l’as-tu laissé faire?

Pourquoi ne m’as-tu pas crue quand je t’ai tout avoué?

Pourquoi, maman, croyais-tu que j’inventais tout?

Pourquoi n’as-tu pas fait confiance à ton enfant?

 

Pourquoi, maman, ne m’as-tu pas sortie de cet enfer?

Pourquoi, maman, m’as-tu crié de m’excuser à celui qui m’effrayait le plus?

Pourquoi, maman, as-tu décidé de rester avec mon agresseur?

Pourquoi, maman, étais-tu fâchée contre moi?

 

Tu sais, ce jour où je t’ai tout avoué, tu ne m’as pas crue

Tu m’as même fait douter de moi

Pourquoi ne m’as-tu pas protégée?

Pourquoi n’as-tu pas rempli ton rôle de mère comme il se devait?

 

Je t’ai toujours prise comme idole

Je t’ai toujours vue comme une femme forte

Je t’ai toujours considérée comme la meilleure mère au monde

Celle qui donnerait tout pour ses enfants

 

Mais ce jour où tu ne m’as pas crue, tu es devenue pour moi un monstre

Le même genre de monstre que celui qui a volé mon enfance, ma vie

J’ai dû faire deux deuils, celui de voir à tout jamais ma vie s’envoler

Et celui de perdre ma mère, car pour moi tu ne méritais plus ce titre

 

C’est moi, maman, qui ai dû grandir avec ces blessures, cette rage

C’est moi qui ai dû réapprendre à faire confiance aux hommes

C’est moi, maman, qui a dit réapprendre à sourire, à vivre avec les rechutes

C’est moi, maman, qui vis maintenant avec une partie de moi en moins.

 

Aujourd’hui, tu es toujours avec cet homme

Je me demande ce qui est le plus douloureux : avoir subi ces agressions ou que ma mère ne m’ait pas crue et qu’elle continue à coucher, embrasser cet homme

Aujourd’hui, je ne suis pas capable de te renier, mais aujourd’hui, j’ai décidé de me choisir

De prendre soin de moi et d’imposer mes limites.

 

Tu as choisi de briser notre famille, et longtemps vous avez essayé de me faire sentir coupable, et tu sais quoi, jusqu’à tout récemment, ça a fonctionné

 

Mais maintenant, c’est fini, je ne suis plus une victime, je suis une battante, une survivante!

 

Eva Staire