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Les premières fois – Texte: Ghislaine Bernard

Vous rappelez-vous votre premier amour ? Votre premier baiser ? Ces papillons dans l’estomac q

Vous rappelez-vous votre premier amour ? Votre premier baiser ? Ces papillons dans l’estomac qui vous prennent d’assaut pour la toute première fois ? Je me rappelle que ça donnait l’impression de voler, d’être unique dans notre histoire, même si depuis que le monde est monde, les rapprochements ont toujours été. Quand ça nous arrivait à nous, c’était magique.

Les battements de cœur qui s’accélèrent, l’impression d’être dans un monde à part. La peur. Celle que tout s’arrête, celle de se faire prendre, comme si c’était interdit. Cet attrait de la nouveauté qui nous rendait tout chose.

Je suis mère, trois fois. Un grand adolescent de treize ans, une de douze et mon petit dernier qui a tout juste neuf ans. Je m’aperçois que les premières fois pour mes deux « grands » sont à ma porte. Ouvrir le dialogue est parfois si facile, mais à d’autres moments, c’est un mur de béton armé qui nous attend. Les jeunes savent. Ils savent que ça existe, ils savent beaucoup plus sur la sexualité qu’on ne le croit. Mais nous portons toujours cette crainte qu’ils ne la vivent pas, comment dire, « correctement ».

C’est quoi, vivre les débuts de la vie intime « correctement » ? J’essaie de me rappeler comment je me sentais à mes premiers pas dans ce nouveau monde. Mon premier baiser a été tôt, un peu avec ce sentiment que je « devais » le faire. Ce n’était pas « correctement ». Je n’ai pas aimé. Je me rappelle que j’avais même été dégoûtée ! J’avais de la salive partout sur le menton, presque jusqu’au nez. Il faut avouer que mon vis-à-vis était tout aussi barbouillé ! Par la suite, j’ai été longtemps à ne pas retenter l’expérience et de toute façon, le jeune homme de mon premier baiser m’avait laissée tomber devant mes refus répétés.

Puis, je me rappelle ce grand ténébreux. Nous avions failli nous embrasser, mais la gêne avait pris le dessus. J’étais en cinquième année. Bien maladroits tous les deux, suite à une partie de « tag BBQ », nous devions nous embrasser, je voulais de l’intimité, il a accepté. Mais au final, nous avons reculé. Ça n’a pas abouti à une relation amoureuse non plus ! La pression était forte au secondaire. La première fois ne se limitait plus à embrasser avec la langue. Ç’a été très maladroit, très… ordinaire. Mais je n’en tiens pas rancune : nous étions tous les deux complètement innocents.

Alors les discussions avec mes grands sont un peu maladroites. Lorsque je parle sérieusement, ils sont mal à l’ase. Lorsque je blague, ils sont gênés et pensent que je me moque d’eux. Quelles sont vos méthodes de discussion ? Je suis une maman ouverte, je n’ai jamais fait de cas sur n’importe quel sujet. Mais malgré que je pensais bien m’en sortir, je me questionne.

Je parle du respect de l’autre, de soi. De la patience, mais aussi de la hâte. Je parle et j’écoute. Je souligne que je suis là au besoin. Que je ne juge jamais, je ne l’ai jamais fait de toute façon, ils le savent. Mais j’ai l’impression qu’autant ils me racontaient tout, autant qu’ils hésitent. Pour ma part, il ne me serait pas venu à l’esprit de discuter de tout ça avec ma mère à cet âge ! Mais justement : j’ai tout mis en place pour qu’ils se sentent bien et libres d’en parler. Alors je me dis : je leur répète ma disponibilité et j’attends. Mon respect va aussi dans le sens de respecter leurs silences.

Mais j’espère que tout se passera bien pour eux lorsqu’ils seront rendus à ces étapes. Je n’y peux rien, mais j’ose avoir la certitude de leur avoir inculqué des valeurs sûres. J’espère que ce sera simple pour eux et que ce passage se fera selon leurs attentes.

Vous qui l’avez vécu, qui le vivez… qu’avez-vous à me conseiller ?

 

Simplement, Ghislaine

Mon corps d’enfant – Texte : Marina Desrosiers

Je n’ai pas réussi à te faire bander. Tu me l’as reproché. Tu m’as boudée parce que je

Je n’ai pas réussi à te faire bander. Tu me l’as reproché.

Tu m’as boudée parce que je n’étais pas assez excitante.

Pourtant, j’ai essayé! Je voyais le cadeau que tu m’avais promis me glisser entre les doigts, alors que toi, tu voulais que ce soit ton pénis qui y glisse. J’ai pleuré. Pas de honte, pas de rage. De déception. J’étais déçue de moi, de mon échec. J’étais déçue de toi, de ta trahison. Tu m’avais promis que si je me mettais toute nue, que je te laissais me pénétrer, tu me donnerais ton plus gros toutou. Le jaune, presque aussi grand que moi.

J’ai couru à l’étage. Maman, maman, mon frère ne veut pas me donner son toutou, il m’avait dit qu’il me le donnerait!

J’ai dû révéler la condition. Tu voulais éjaculer. Et ça n’a pas fonctionné.

Un corps d’enfant de huit ans ne t’avait pas excité. Peut-être aussi que la peur de te faire pogner les culottes baissées avait refroidi tes ardeurs.

Tu t’es fait prendre quand même, parce que j’ai crié à l’injustice. Pas celle de l’abus, mais celle de la promesse non tenue. Tu as dû t’excuser, notre autre frère aussi. Parce que tu n’étais pas seul, on exigeait de moi des deux côtés. J’étais la petite sœur de service.

Vous avez demandé pardon, merci, bonsoir. Fin de l’histoire.

Jusqu’à ce que mon adolescence se réveille et que mes cellules se souviennent.

J’avais été touchée illégalement, sans mon consentement (on ne peut pas dire oui au sexe à cet âge et encore pendant de nombreuses années). Le pardon avait été demandé à la va-vite, comme le sexe que vous aviez essayé d’avoir à quelques reprises.

Plus tard, quand j’ai révélé ces abus, mon malaise, mon mal-être, on m’a accueillie à bras ouverts ou à cœur fermé, selon la confidente. On m’a comprise et écoutée. On m’a aussi jugée. « Arrête d’en faire tout un plat, ils étaient jeunes et remplis d’hormones, ils avaient besoin d’expérimenter. Tu étais là, c’est tout. »

Je cite ici une enseignante de formation personnelle et sociale qui enseignait la sexualité dans une école de filles. C’est bien ce qu’elle m’avait répondu.

En gros, farme ta gueule.

J’avais été choquée, blessée, mais je ne l’avais pas crue. Moi, je savais qu’ils m’avaient salie avec leurs hormones dans le tapis. Sperme ou pas, c’était dégueulasse. Point.

Dans le temps, on ne dénonçait ni les abuseurs ni ceux qui camouflaient. On endurait. Peu ont su la vérité, mais j’ai bien dû la révéler à des hommes qui me trouvaient crispée.

J’aurais aimé que le pardon soit suivi d’une réelle réparation. Sous quelle forme, je ne sais pas. Je portais encore des robes roses à dentelle, c’est jeune pour prendre une si grande décision. Mais j’aurais voulu ne pas devoir me battre à l’âge adulte pour que les abuseurs admettent leurs gestes à la femme que j’étais devenue.

« T’es folle, t’inventes des histoires, t’es juste bonne pour l’asile! »

C’est ce qu’un des coupables m’avait répondu. Plus d’une fois. L’autre s’était excusé, sincèrement. Mais de grâce, qu’on enterre ce sujet pour de bon, qu’on l’incinère, qu’on le jette aux oubliettes! La force du tabou, même quand on ose dire.

J’ai fini par recevoir une demande de pardon, maladroite, insuffisante, mais quand même mieux que rien. Une excuse pour le geste, pas pour les séquelles, qu’il ne connaît pas, puisqu’il ne m’a pas écoutée. On n’écoute pas les folles, après tout.

En passant, au cas où l’étymologie vous intéresse, le mot « inceste » vient du latin et signifiait « sacrilège », profanation du sacré.

Le corps d’un enfant, fille ou garçon, est sacré. Sacrez-lui la paix. Respectez-le.

Marina Desrosiers

Promets-toi de t’aimer en premier… Texte : Sophie Barnabé

Ma fille, t’as l’droit d’avoir peur quand t’écoutes les nou

Ma fille, t’as l’droit d’avoir peur quand t’écoutes les nouvelles… parce que c’est vrai que c’est souvent épeurant. On frissonne chaque fois qu’on entend des mots définissant trop de maux qui n’ont malheureusement rien de nouveau. Les mots marquants prononcés trop souvent : abus, violence, féminicide… Des amours qui ont mal viré, des souffrances jamais avouées, une détresse insoupçonnée. J’aimerais savoir exactement quoi t’dire pour t’éviter de tomber dans les bras d’un homme qui aime mal. J’me sens parfois dépassée et maladroite pour t’en jaser… Je remercie le ciel. Ça ne m’est jamais arrivé.

J’imagine que pour en arriver là, c’est souvent sournois… Tranquillement, il y a des rires jaunes, des petites insultes ici et là, puis un « pardonne-moi »… Du mépris écrasant, des cris à 2 pouces du nez, une main trop serrée sur un bras menacé, puis un « je t’aime tellement ». T’sais ma fille, l’amour qui t’rabaisse, l’amour qui t’fait mal, l’amour qui te draine, l’amour qui t’culpabilise, c’est pas d’l’amour ça, ma fille. J’te jure, c’est pas ça l’amour.

On manque de doigts pour compter les féminicides des quatre derniers mois. Dix, crisse ! Le même nombre qu’on compte normalement trop de fois en une année. Ça me serre en dedans en pensant à tout ce qui peut se passer derrière les portes closes et qu’on n’entend pas aux nouvelles.

Mais quand on aime, c’est tellement fort ! Quand il décide qu’il t’emprisonne, il est tellement fort… On te sensibilise, on te crie tes droits, mais au-delà des paroles, on l’sait toutes que l’amour enivre, l’amour rend aveugle. J’ai envie de t’dire : « Ouvre les yeux avant qu’ils n’aient le réflexe de se fermer devant le poing que tu penseras mérité ».

Je regarde ce qui te valorise, les modèles que tu admires, ce qui te fait rire, les rêves auxquels tu aspires… Entre ma coolitude et ma bienveillance, je ne sais parfois plus quoi penser. Entre ce qu’on te dit et ce qu’on te montre, il y a un monde… J’ai peur que la pression sociale et les messages que ta génération t’envoie t’aspirent comme une vague de fond. Quand on parle d’amour, de couple et de respect, c’est censé être beau, c’est censé te gonfler le cœur et te décrocher un sourire. Pourtant, on te dit quelque chose, mais on t’en présente une autre. J’te comprendrais si t’étais mélangée…

T’es de cette génération où les meilleures danseuses sur TikTok sont celles qui se penchent par en avant, les fesses dans les airs et qui zignent comme le fait ton chien. Quand ce sont elles, tu trouves ça bien, mais quand c’est ton chien, tu interviens. T’es de cette génération où le bestial semble normal et où la pudeur est synonyme d’ennui. Rappelle-toi qu’une relation saine est consentante. Ma fille, promets-toi de dire non quand t’as envie de te fermer les yeux parce que ce que tu fais juste pour lui plaire ne te rend pas fière…

T’es de cette génération qui envoie des photos explicites à des gars qui les montrent allègrement à leurs chums qui s’excitent. Comme si la notion d’intimité s’était évaporée. C’est pourtant tellement beau cette complicité… T’es de cette génération exposée à tant de vulgarités qu’elles en deviennent des banalités. Ces « c’est pas grave » et ces « y’a rien là » imprégnés comme l’encre d’un tatouage dans ton cerveau se traduiront comment dans ta maison une fois la porte fermée ? Rappelle-toi qu’une relation saine est riche de moments complices. Ma fille, promets-toi de ne pas tout partager ce qui est normalement réservé à l’amoureuse intimité !

Tu es de cette génération qui absorbe des infos et des images à la chaîne, sans rien remettre en question. Ta vie défile à vitesse grand V, un rythme qui t’empêche de te déposer. Tu suis la parade parce qu’elle te dicte ce que tu crois être la normalité. T’as beau te faire répéter combien l’amour c’est fort, combien les caresses sont douces, combien le respect est primordial, mais j’avoue que quand tu m’entends rire avec mes copines en disant qu’on rêve toutes d’un Christian Grey, ça s’peut que, faute de discernement, tu penses que c’est le modèle de relation convoité… Mea Culpa… Rappelle-toi qu’une relation saine est stimulante. Jamais contrôlante. Ma fille, promets-toi de te questionner quand tu sentiras ta liberté emprisonnée !

Tu es de cette génération pour qui l’image parfaite est plus importante que la souffrance que tu pourrais garder secrète. Quand je regarde les réseaux sociaux, tout le monde y met de belles photos… Y’a pas une femme qui s’affichera avec des doigts tracés sur ses bras. La fille qui s’est fait crier qu’elle était une ostie d’conne ou une salope par son chum n’en parlera pas sur le bord d’la machine à café. Elle passera pourtant ses moments de silence à se demander ce qu’elle a fait pour le provoquer… Ma fille, promets-toi de te confier quand t’auras envie de mentir pour embellir ta vie par peur que ça empire.

Ma fille, t’es à l’âge où tu rêves d’avoir un chum comme si sans ça, t’étais rien… T’es à l’âge où t’es prête à tout pour te faire aimer, où t’es prête à tout pour ne pas être rejetée… T’es à l’âge où tu passes des heures devant le miroir pour plaire plus aux autres qu’à toi… Rappelle-toi qu’une relation saine, ma fille, ça part de l’amour que tu as en premier pour toi.

Sophie Barnabé

Ce texte va parler de sexe.

Ce texte va parler de sexe. Appelons un chat,

Ce texte va parler de sexe. Appelons un chat, un chat. Si le sujet te rend mal à l’aise, je te suggère chaudement d’arrêter de lire.

Moi mon chum, je l’ai rencontré quand j’étais adolescente… Nous étions jeunes, inexpérimentés et vraiment maladroits… Mais le sexe, c’est comme un bon vin, ça devient encore meilleur en vieillissant. Ça fait qu’après presque vingt ans en couple, c’est encore meilleur que jamais. Bon, dernier avertissement, si ça te choque, arrête de lire maintenant.

J’entends parler de tellement de couples qui ne prennent plus le temps… Le temps de se caresser, de sortir de la routine, le temps de se retrouver… C’est encore ça la clé : prendre le temps. Prendre le temps de se parler avant, d’écouter, de se vider la tête, de décompresser, de relaxer. J’ai besoin de parler de ma journée, de ce qui me trotte en tête, avant de pouvoir m’abandonner à l’autre. Il est hors de question que je fasse l’amour en pensant à autre chose…

Évidemment, nous aussi, en tant que parents de plusieurs enfants, ça nous arrive d’être trop fatigués. Épuisés. Vidés d’énergie. Mais on le sait qu’on tombe de fatigue dès 20 h… Ça fait qu’on ne fera pas exprès de se donner rendez-vous en soirée ! Oui, je dis « se donner rendez-vous ». Parce qu’avec les années, c’est certain que la spontanéité doit se planifier. Avant d’avoir des enfants, tu peux faire l’amour sur ton comptoir de cuisine en faisant le souper. Avec des enfants, on s’entend tous pour dire que ce n’est plus possible. Pas de faire l’amour, là. Mais de le faire où tu veux, quand tu veux. Le comptoir de cuisine, c’est plus quand les enfants dorment chez Mamie disons… Mais ! Il te reste toutes les pièces fermées… Alors si c’est le comptoir qui t’allume, il te reste celui de la salle de bain… et la sécheuse… et l’établi dans le garage…

Avec les années, on a appris aussi à profiter des petites occasions. Quand on se réveille avant les enfants… Quand on finit notre journée de travail plus tôt que prévu… Quand nos heures de lunch tombent en même temps… Quand on vient de rendormir le bébé la nuit et qu’on n’arrive plus à se rendormir… Non mais, autant en profiter !

Et avec les années, on a appris à se découvrir soi-même, mais aussi à connaître l’autre par cœur. Donc les ados maladroits ont cédé la place aux adultes nettement plus habiles. Il sait très bien comment me faire jouir. Je sais comment l’empêcher de jouir. Il peut décider du moment où on jouira tous les deux. Et de celui où on recommencera. C’est choquant, hein ?

Parfois, on se répète qu’on n’est pas normaux. La société a tellement fait croire aux parents qu’ils n’auraient plus de vie sexuelle. Dans les films, les parents ont l’air de robots qui s’occupent de leurs enfants sans se soucier de leurs propres besoins. La vie, ce n’est pas ça. Et on n’est pas des robots. J’ai besoin de sa chaleur. J’ai besoin de lui. J’ai besoin de nous.

Est-ce qu’on a eu des creux dans notre vie sexuelle ? Évidemment. En vingt ans, on n’a pas été de chauds lapins chaque jour. Je dirais qu’il y a eu des cycles de temps où on tombait plus facilement dans la routine, dans le prévisible et le répétitif. Mais, la plupart du temps, on arrive encore à prendre le temps. Le temps d’être ensemble, de ne faire qu’un. Et je dirais qu’on a une maudite bonne moyenne au bâton…

Je dirais qu’un autre de nos meilleurs trucs, c’est de savoir encore rire ensemble. Rire de nos niaiseries, rire de nous-mêmes, rire de nos maladresses, rire de nos essais manqués. Même rire de nos engueulades, après coup.

Je pense qu’avec les années, c’est devenu beaucoup plus facile aussi de différencier « faire l’amour » et « baiser ». Parce que parfois, j’ai besoin de mon homme, mon homme à moi. J’ai besoin de me blottir contre lui, besoin de sentir qu’il m’aime. Besoin de ne faire qu’un, de s’unir. Besoin de sentir nos âmes se mélanger. Et d’autres fois, c’est un besoin beaucoup plus physique, animal. Un besoin de sentir le désir monter. Un besoin beaucoup moins catholique et définitivement plus bestial. Un besoin de grogner. Un besoin de se laisser aller. Et je pense que ces deux besoins-là sont tout aussi légitimes, complémentaires même.

Bref, ça fait vingt ans que je l’aime, que je le désire et que je profite de nous. Mon homme, mon pilier, mon loup… Et j’espère pouvoir dire dans vingt ans qu’on se désire toujours autant et qu’on arrive encore à se faire jouir l’un et l’autre comme si on avait été façonnés du même arbre.

Eva Staire

 

Marier Sexualité et Parentalité

Les enfants sont debout. Il est tôt, je veux dormir. J’ai mal à

Les enfants sont debout. Il est tôt, je veux dormir. J’ai mal à la tête. J’ai mal au cœur. Je suis fatiguée. Il a pris un peu de gras de mou cette dernière année. Oh ! La petite m’appelle !

Toutes des raisons qui font en sorte que la routine s’installe et que tu te colles de moins en moins souvent avec ton amoureux, qu’il n’y a plus autant de sexe qui se passe dans ta chaumière. Puis quand t’as le goût, ben, c’est ben plus vite et ben moins fatigant de te toucher toi-même, tu connais la bonne façon pour que ça fasse du bien, mais au plus sacrant, parce que… ben parce que t’es fatiguée, bon.

Pis, si au contraire, tu te forçais un brin ? Pas te forcer dans le sens que tu fais quelque chose qui te tente plus ou moins. Non, non, te forcer dans le sens de te donner le droit d’en parler avec ton partenaire de vie. Te forcer dans le sens de mettre toutes les chances de ton côté pour vivre une vie sexuelle épanouie.

Quand tu as le goût, quand tu as une bonne libido et que ton homme t’attire, les enfants qui font du bruit, c’est juste une musique de fond à tes oreilles. Ce n’est pas une raison pour pas jouir ce soir ! Parce qu’on s’entend-tu pour dire que si tu as eu un orgasme ce soir‑là, tu viens d’avaler de la patience en même temps ?!

Quand tu as le goût, même si tu es stressée par la rencontre de demain au travail ou par le premier cours de danse de ton plus jeune, le soulagement qu’un orgasme te procure en vaut cr**ment le cri qui vient avec !

Le manque d’hygiène, le « pot » qui s’accumule autour de la belle taille de Brad Pitt, ça se discute avec ton partenaire de vie. C’est délicat, mais il n’y a rien qui ne se discute pas.

Y a un bout de cela, j’ai rencontré un mec qui me faisait triper, mais vraiment beaucoup. Je le regardais et je lubrifiais. La chimie sexuelle était vraiment au rendez-vous ! Mais… il était un brin beaucoup plus confiant que moi tout nu. Eh bien, avec ses conseils, ses trucs, en le regardant aller, j’ai acquis de la confiance. Parce que j’ai réalisé que c’est ma responsabilité de lui dire ce que j’aime et comment j’aime ça.

Il n’y a personne qui peut te faire jouir aussi vite que toi-même, on s’entend !

Je suis une maman. Le sexe, ça me soulage, ça me déstresse, ça me console, ça me change les idées et ça me rend bien plus patiente avec ma marmaille. Allez ! Quelle maman ne s’est jamais enfermée dans la salle de bain pendant un Passe-Partout ou un pat Patrouille pour se toucher et se soulager avant de faire un petit roupillon de vingt minutes pour, ensuite, commencer le souper, bien tranquille avec un petit verre de vin ?! Orgasme + Sieste + Petit Verre de Vin = WOW !

Bien, garde cette idée en tête et transpose‑la dans ta vie de couple. Si tu enseignes à ton conjoint comment te faire plaisir au plus vite, la vie va être bien plus simple, bien plus drôle et bien moins stressante. Parce que des petites vites sur le bord du comptoir de la salle de bain, c’est bon. Parce que des petites séances de masturbation individuelle l’un à côté de l’autre, le soir, après une grosse journée de travail, c’est bien plus plaisant que de se cacher avec la douche-téléphone. Il y a moyen d’aimer le sexe, d’en profiter et de vivre avec des enfants… tout ça dans la même Vie! 😊

Roxy Ka, une maman à l’esprit sexuel bien éveillé.

Assumer sa sexualité feminine

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J’aime le sexe.

Malheureusement, ce mot si doux à mes oreilles, si soyeux à mon corps, est encore très tabou dans notre société.

C’est malheureusement encore tabou de clamer haut et fort que je suis un être sexuel féminin.

Je dois et je veux l’assumer, car mon corps m’appartient, mon plaisir m’appartient… Non seulement il m’appartient, mais c’est ma responsabilité d’y parvenir et d’en prendre soin. Si, à la fin d’un ébat sexuel, je n’ai pas atteint d’orgasme, de jouissance, je dois et je veux pouvoir le dire, l’exprimer. Si la position ne me convient pas, si je n’arrive pas à atteindre le niveau de jouissance que je veux, auquel je m’attends, je veux arriver à le reconnaître, l’exprimer et identifier ce qui me fera plaisir.

Je suis partante pour essayer beaucoup de choses différentes quand ça vient au sexe. Pourquoi pas! Après tout, si je n’aime pas ça, je m’exprime et on change, on arrête, on essaie autre chose. Le sexe c’est bon… non, excuse-moi… Le sexe c’est vrrrrraiement bon ! Le sexe me fait vibrer… Ça choque venant d’une femme ??!! Eh bien, je l’assume pleinement ! Je suis une femme. J’aime ce qu’un orgasme peut me procurer comme bien-être et je trouve super important d’en parler !

Ceci étant dit… On remet souvent, trop souvent, les clés du plaisir féminin aux hommes. (Petite parenthèse… jusqu’à maintenant, je n’ai pas rencontré une femme qui ne se souciait pas de mon plaisir.) Tu sais… l’image d’un homme de l’âge des Cro-Magnon qui dit : « Couche-toi sur le dos ma belle, je vais te f*** ! »… C’est très cru, mais très représentatif de la pornographie ET de l’éducation que l’on donne à nos enfants.

On enseigne à nos enfants comment ne pas tomber enceinte, comment mettre un condom, comment se protéger des ITSS et MTS. Mais on oublie de leur enseigner que le plaisir est le plus important. On oublie de leur enseigner qu’il faut écouter son partenaire, écouter ses besoins, ses demandes, son corps, ses yeux. C’est tabou pour une mère de dire à son fils que le désir, c’est crissement important dans une vie, dans une relation. C’est tabou pour un père d’expliquer à sa fille que pour être heureux en relation avec un/une partenaire, il faut savoir reconnaître pas juste l’amour, mais le désir de l’autre corps également. On emploie plutôt les mots comme enfants, maison, famille quand on parle à nos enfants de leur avenir.

Et si le fait de s’assumer en tant que femme passait par l’éducation sexuelle de nos enfants, garçons ET filles ? Nos enfants sauraient reconnaître le bonheur sexuel, le désir de l’autre, le désir à travers les yeux de l’autre. Moi… en tant que femme, j’ai acquis beaucoup de confiance à travers les yeux de mon partenaire. Le voir me regarder avec envie, avec désir, voir dans ses yeux qu’il aime ce que je lui fais, m’a donné énormément de confiance. Et acquérir de la confiance au lit m’a permis d’acquérir de la confiance tout court.

Ce qui se passe dans mon lit se reflète dans ma vie hors du lit !

Moi, j’ai le goût de faire plaisir à mon homme et à mes partenaires, j’ai le goût de leur montrer que je suis belle, que j’ai du plaisir et que je mouille en leur faisant plaisir. J’ai le goût de m’assumer et de contribuer à mon propre plaisir à l’aide de leurs doigts, leur membre, leur bouche, leur corps et j’ai le goût de le leur dire. Je n’ai pas le goût de me coucher sur le dos, de leur prêter mon corps et d’attendre que ça finisse.

Je suis Roxy, une belle femme, une femme complexe et sexuelle et je M’assume! 😊

Se masturber, point.

Se masturber. Se toucher, s’aimer, se savourer, se connaître, app

Se masturber. Se toucher, s’aimer, se savourer, se connaître, apprendre à se connaître.

Se masturber. C’est un besoin.

Se masturber. Le mot choque, surprend, c’est un mot qu’on chuchote avec un sourire gêné en coin.

Mais… se masturber… c’est un besoin.

Une discussion fort intéressante m’a marquée pendant que je prenais un café avec une amie l’autre jour. On parlait de la façon d’aborder la masturbation avec les jeunes. Elle me dit : « Tu te grattes quand ça te pique ? Ben, c’est tout à fait normal de se masturber quand tu en ressens le besoin ! »

Crime ! Je n’aurais jamais pensé à résumer ma pensée ainsi. Mais c’est donc ben vrai !

Ressentir le besoin pressant de se toucher, de se frôler, de se frotter, c’est primal, c’est inné. Certains disent à leurs enfants : « Fais pas ça ! ». D’autres disent : « Si tu veux faire ça, fais‑le tout seul dans ta chambre. »

Me masturber me console, me calme, me fait bien dormir. J’aime entendre monter ma respiration pendant un orgasme et se calmer après celui‑ci. Notre cerveau sécrète des endorphines et notre stress est moindre. On se sent mieux après un orgasme !

Quand mon garçon d’une dizaine d’années tout juste s’est mis à démontrer un avancement et un vouloir assez prononcé et insistant de charmer, explorer et expérimenter, j’ai senti que l’heure de la conversation avait sonné ! Eh bien, on s’est assis avec un bon chocolat chaud et des biscuits et on a parlé. Tout d’abord, il faut se rappeler, à nous aussi chers adultes, que nos organes génitaux servent à trois choses : procréer, évacuer nos besoins et avoir du plaisir ! « Franchement maman ! » Outré qu’il fût en me regardant de ses grands yeux brun foncé comme la terre noire.

À mon enfant j’ai dit qu’être curieux, c’est normal. Se toucher, c’est normal. Désirer, c’est normal. Encore une fois, une amie m’a instruite et m’a dit ces mots que j’ai joui à entendre : « Ma mère m’a dit : Tu ne peux faire l’amour avant ta majorité. C’est interdit ! D’ici là, masturbe-toi autant que tu peux, comme ça, tu sauras ce qui te fait plaisir et tu sauras comment faire plaisir à ton partenaire. » Bien sais‑tu que ça non plus, ce n’est pas fou du tout !

Assise par terre en buvant mon chocolat chaud et en grignotant mes biscuits au beurre, j’ai répété essentiellement les mêmes mots à mon fils. Si tu es curieux, lis, instruis-toi, pose des questions, explore ton propre corps. Se toucher, c’est normal, c’est un besoin humain. Fais-le seul, tranquille et ne te sens surtout pas coupable.

Parce que… se masturber… ça fait du bien !

Signé Roxy Ka, une femme pleine de désir… pour elle-même d’abord et avant tout.

Savourer, respirer, le moment présent !

Toute jeune, en plein dans la fleur de l’adole

Toute jeune, en plein dans la fleur de l’adolescence, je suis tombée amoureuse du père de mes enfants. On est restés quasiment vingt ans ensemble. Quand on s’est séparés, j’ai rencontré mon copain des deux dernières années trois semaines seulement après la séparation. Si on fait le décompte, à l’endroit, à l’envers, la tête sur le côté… cela veut dire qu’à la mi-trentaine, je peux dire que j’ai été en couple pendant les deux tiers de ma vie ! J’ai vécu deux belles relations. Avec des hauts et des bas évidemment, mais somme toute, je n’ai pas été contrôlée et je n’étais pas malheureuse. Chacune de ces relations m’a apporté du bien.

Lorsque le père de mes enfants est parti, je suis devenue mère monoparentale avec trois enfants : un qui ne marchait pas, l’autre qui portait encore des couches et le dernier en deuxième année. Les deux années qui ont suivi ont été un tourbillon de découvertes. J’ai découvert qu’il fallait que j’élève mes enfants de mon côté, une semaine sur deux, seule. J’ai appris à faire le deuil, un jour à la fois, d’une vie de famille normale. J’ai appris à faire le deuil de la complicité que j’avais jadis avec le père de mes enfants. J’ai appris que je suis une femme, pleine de désir, de chaleur, de tendresse et de feu !

Deux ans après ce changement de vie, je me pose, tranquille, le cœur et le corps plein de ce tumulte. Je prends conscience que je veux et que je peux en profiter. La tête pleine, les bras pleins avec les enfants, la routine, la grande carrière, la quarantaine qui frappera à mes portes bientôt… Je constate que je veux toujours plus, j’aspire à plus et j’attends plus. Et cela m’empêche de vivre le moment présent, Mon moment présent.

Être content de ce qu’on a, de ce qu’on vit. Cela veut dire profiter, savourer, s’arrêter pour apprécier. Apprécier les petits moments, regarder ton enfant s’émerveiller d’une simple fleur sauvage, le regarder penser avec ses petits sourcils froncés et le coin de sa lèvre supérieure élevée. Si l’on est capable de profiter de ces petits moments délicieux, on est aussi capable de transférer ces moments de pures joies dans notre vie de femme.

Avec mon deuxième partenaire, j’ai appris à être une femme, une femme sensuellement confiante. 😊 Je me sens sexy, belle et radieuse. J’expérimente les joies et l’apport positif de l’énergie sexuelle ! Quand on est bien dans sa peau, quand on expérimente de multiples orgasmes, qu’on savoure notre vie de femme, seule ou en couple, cela nous redonne chaque jour, dans toutes les autres sphères de notre vie.

Bref, je n’apprends pas juste à profiter du moment présent dans ma vie de maman, mais aussi dans ma vie de femme. J’apprends à savourer chaque caresse, chaque toucher, chaque bouffée. Sentir les mains de mon partenaire me toucher, sentir son souffle sur ma peau, partant du cou, glisser sur mes omoplates, dans le creux de mon flanc, sur le haut de ma craque de fesses. Sentir sa langue me lécher furtivement les petites pommes du popotin, glisser le long de mes cuisses. Savourer, humer, apprécier. Sentir tous ses gestes, me sentir bouger !

Quand on prend le temps, le temps de vivre, sans penser à vouloir autre chose et si on se respecte, qu’on est capable de demander et que notre partenaire est capable de donner, on est capable de se satisfaire de chaque petite baise, de chaque petit moment passé à se caresser. On est capable d’apprécier une p’tite vite sur le bord du comptoir sans vouloir plus ni penser à la prochaine session de jeu.

Bref, j’apprends à VIVRE !

Roxy Ka

 

Merci pour toutes ces nuits

Savais-tu que c’est la journée internationale des câlins? Moi, j

Savais-tu que c’est la journée internationale des câlins? Moi, j’ai envie de faire honneur à ceux qu’on échange sous la couverture.

Par pudeur ou par peur de gêner, nous gardons généralement le silence sur notre sexualité. Même si elle fait partie de nous, même si elle est universelle.

Nous parlons sans tabou de notre travail, nos voyages, nos enfants, alors qu’il y a tout un pan de notre vie qu’on garde caché. Et pourtant, c’est un morceau assez important! Ça passe beaucoup de nuits à se coller, un vieux couple. Je tiens à célébrer autant nos jours que nos nuits.

Je trouve désolant que, par souci de protéger notre intimité, on hésite à dire qu’on s’amuse toujours ensemble. Tous ces moments partagés restent un secret bien gardé entre amoureux. On en vient même à se demander si c’est normal de monter aussi régulièrement au septième ciel… Ça devrait être rendu plate après quinze ans, non?

Autour de nous, cinq couples d’amis qui semblaient bien aller viennent de se séparer. Nous nous faisons bombarder de tristes récits de désir qui s’éteint et de plaisir qui s’empêtre dans la poussière. Les gens heureux n’ont pas d’histoire… et en plus, ils gardent pour eux ce qu’ils vivent chaque soir. Cachez ce bonheur que je ne saurais voir… Surtout, répétez à tous que le désir ne cherche qu’à s’enfuir et que l’amour rime rarement avec toujours.

Eh! bien, les câlins derrière la porte close, moi je les trouve merveilleux et poétiques… J’ai envie d’en parler sur l’espace publique. J’ai envie de rappeler qu’ils existent. J’ai envie de dire qu’on s’endort dans les bras l’un de l’autre, l’esprit ramolli, les cheveux décoiffés. Bercés par cette vague de tendresse qui nous aidera à traverser vents et marées. Et j’ai envie de terminer avec un peu d’humour, en disant : merci pour les orgasmes, mon amour. J’en prendrais encore quelques-uns, si ça ne te dérange pas!

Elizabeth Gobeil Tremblay

Sexualité et école, ça fait bon ménage?

J’ai reçu cette semaine le plan des ateliers proposés aux diffé

J’ai reçu cette semaine le plan des ateliers proposés aux différents niveaux scolaires pour répondre à la nouvelle norme d’éducation à la sexualité. J’étais curieuse de savoir ce qu’on enseignerait à mes petits de première et troisième années, et quelle approche serait privilégiée avec mes grandes du secondaire.

J’ai été charmée (oui, oui, charmée!) par le programme annoncé. Et je suis curieuse d’entendre mes enfants me raconter les ateliers.

J’avais peur qu’on fasse dans le rose bonbon ou au contraire, qu’on crée des peurs en ne parlant que des bibittes et des affaires pas belles.

Mais non.

On parle à la fois de découverte du corps, d’affection, d’estime de soi, de désir, d’agressions sexuelles, d’infections transmissibles sexuellement, de grossesse et de poils au menton.

Mais pourquoi, pourquoi donc, me direz-vous? Pourquoi en parler à l’école? N’est-ce pas aux parents d’aborder ces sujets délicats avec leurs enfants? N’est-ce pas aux parents de choisir ce que les chastes oreilles de leurs rejetons peuvent tolérer?

Oui, et non.

Certains parents garderont le sujet tabou, classé secret CIA, comme si ça n’existait pas, comme si c’était laid et sale. Comme dans le temps. On dit pas ces choses-là…

On ne les dit pas et quoi? On attend que l’enfant ait sa première éjaculation nocturne sous le couvert de la honte et des draps à laver en catimini? On attend que l’adolescent ne sache que faire de son surplus d’hormones et le garroche à tout vent sur quiconque veut bien le recevoir, ou pas? On préfère que le jeune curieux de comprendre ce qui se passe avec sa poitrine ou ses testicules se fie à Wikipedia pour le lui expliquer? Et s’il se retrouvait sur un site XXX, au lieu de visiter un site fiable? On préfère peut-être laisser le soin à OD de fournir les modèles à nos jeunes éponges…

Qu’on le veuille ou non, nos enfants ont et continueront d’avoir une sexualité, tout comme leurs parents. Et leurs grands-parents… sinon, ça ne fait pas des enfants forts. Il paraît, si je me fie à mes propres cours de formation personnelle et sociale, dans le temps. Cours qui n’ont pas fait de moi une dévergondée, by the way. Ce n’est pas parce qu’on en entend parler qu’on développe soudainement un désir de tout découvrir et de tout vivre, now!

Je suis d’avis que chaque parent devrait ouvrir la discussion avec ses enfants, dès leur plus jeune âge. Nommer les choses par leur nom, dans le respect, sans en faire un sermon sur la montagne. Permettre aux enfants de poser des questions, de s’exprimer, de s’étonner de leur corps qui change et qui ressent différemment. Ça mettrait la table pour le programme encadré de l’école qui, évidemment, est planifié en fonction du groupe et non du développement psycho-sexuel de chaque enfant. Ça mettrait surtout le tapis rouge pour une communication familiale ouverte, qui accueille au lieu de taire.

Mettre la sexualité à l’ordre du jour dans les familles et dans les écoles, ça peut, peut-être, sauver un enfant de l’inceste, parce qu’il aura appris très tôt à dire non et à dénoncer. Il aura appris que son corps lui appartient, tout comme le corps de la petite voisine ou du petit cousin leur appartient aussi. Ça s’appelle « pas touche sans consentement clair ».

Ça pourrait sauver une trop jeune fille d’une grossesse non désirée, un jeune adulte d’une maladie qui reviendra le hanter toute sa vie. Ça pourrait sonner l’alerte chez les proches d’une anorexique dès les premiers signes d’un mal-être corporel. Ça pourrait garder un jeune transsexuel en vie parce qu’il aura entendu un message commun (ou non) sur la valeur de la différence et de l’acceptation, autant à l’école que dans sa famille. Au moins, il l’aura entendu quelque part.

Avec tout le temps que nos enfants passent dans la communauté scolaire, il me semble normal et souhaitable que l’école fasse partie de la solution pour une société qui prône l’acceptation, le respect, la connaissance de soi et l’estime personnelle.

De la même façon que les écoles véhiculent ouvertement un message environnementaliste qui renforce le message des familles et des municipalités, elles peuvent jouer un rôle déterminant dans la transmission d’informations concernant la sexualité. Ensuite, libre à chacun d’adhérer au message commun. Et de discuter des ateliers sur la sexualité à la maison!

Nathalie Courcy

Mamaaaan! Toi et papa, faites-vous encore l’amour?

Hier soir, je relaxais paisiblement dans mon lit. Mon chum est venu

Hier soir, je relaxais paisiblement dans mon lit. Mon chum est venu me rejoindre. Pour une fois, nous pouvions discuter tranquillement, sans trop d’interruptions de la part de nos trois filles. Nous profitions vraiment du moment, nous étions habillés…

Je ne comprends pas pourquoi, lorsque notre plus vieille est entrée dans la chambre, elle a figé et a poussé cette question sur un ton suraigu : « Maman! Toi et papa, faites-vous encore l’amour? »

« Oui ma grande, c’est normal pour un couple d’amoureux de faire l’amour. »

« Ok! Ça veut dire qu’on va avoir un petit frère ou une petite sœur. »

« Heu non! »

« Ben pourquoi vous le faites, d’abord? »

C’est à ce moment que j’ai vu non pas ma vie défiler, mais bien la sienne. Du moment où je l’ai tenue dans mes bras pour la première fois, jusqu’à ce moment exact où, plantée devant nous, les yeux grands ouverts, elle attendait ma réponse.

J’avais un petit sentiment de panique au creux du ventre. Je me demandais honnêtement ce que je pouvais répondre à une petite fille de neuf ans.

Mon cerveau réfléchissait à un rythme fou. Toutes les réponses possibles se présentaient à moi. Presque comme un choix de réponse, qui nous faisait paniquer dans un examen au secondaire, car toutes les réponses semblaient possibles. Et en plus, il y avait dans ces choix « Toutes ses réponses » et « Aucune de ses réponses ».

Je voyais dans les yeux de mon chum la panique. Je ne pouvais donc pas compter sur lui. Il semblait muet et tout son non-verbal me suppliait de répondre.

C’est là que mon cerveau a choisi la plus poche des réponses dans toutes celles qui s’offraient à lui.

« Parce que c’est le fun! ».

Ma fille m’a regardée, stupéfaite.

« HAAAA ! Dégueux, je ne veux pas en savoir plus! »

Le soulagement m’a envahie tel un tsunami. Cependant, j’ai réalisé que je n’étais pas du tout prête à répondre à ce genre de questions. J’ai aussi compris avec angoisse que ma fille grandissait.

Grandissait trop vite pour mon cœur de maman…

Mélanie Paradis