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Mon cher élève – Texte : Nancy Pedneault

Mon cher élève, Depuis le début de ton primaire, tu vis l’école comme personne ne l’a vé

Mon cher élève,

Depuis le début de ton primaire, tu vis l’école comme personne ne l’a vécue auparavant : ouverture, fermeture, école à la maison, école en ligne, nettoyage, masque, et j’en passe. Je dois t’avouer quelque chose, je te trouve vraiment fort.

Tu n’as pas connu l’école « normale » avec quelques cas de grippe et de gastro. L’école, au temps où les enfants (et les profs) venaient à l’école malades. Tu n’as pas cette naïveté d’avant où tout le monde jouait ensemble malgré la toux et les nez bien coulants.

En début d’année, tu étais épuisé par la charge de travail. Tu n’étais pas habitué à cette école à temps plein. Je voyais tes yeux fatigués et tes joues rougies. On prenait des pauses plus fréquentes. Je te racontais des histoires pour travailler autrement.

J’ai bien vu toutes les difficultés scolaires qu’ont engendrées les multiples fermetures. Ensemble, nous avons redoublé d’efforts pour rattraper le temps perdu, travailler les notions que tu n’as pas apprises, développer les méthodes de travail qui t’ont manqué.

À ta place, bien des adultes se seraient plaints. Toi, tu as continué de travailler, de faire confiance aux adultes qui décident pour toi.

Malheureusement, tu n’as pas rattrapé tout le temps perdu. Ce serait impossible. Cependant, tu as fait tout ce qu’il fallait pour y arriver.

Je suis fière de tout le travail que tu as accompli et tu es maintenant prêt pour ta prochaine année. D’ici là, repose-toi, profite des vacances et n’oublie pas de lire le plus souvent possible !

Bonnes vacances !

 

Nancy Pedneault

À nos souvenirs d’été — Texte : Audrey Boissonneault

Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais enfilé une légère robe noire, accompagnée

Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais enfilé une légère robe noire, accompagnée de mes sandales sans talon. Mon vernis de couleur fluorescente ressortait à cause de mon bronzage qui s’installait, au fil des jours. J’allais rejoindre mon groupe qui m’attendait à la table du restaurant, juste avant qu’on lève nos verres à une énième soirée qui commençait. Nos rires se faisaient entendre à travers la salle, un souper qui s’éternisait, à travers les conversations et souvenirs qui se créaient.

Il y en a eu plein des soirées comme celle-là, celle où je surveillais mon téléphone, afin de recevoir un de tes messages ou appels. Finalement, il était inexistant, un peu comme toi à ce moment-là. À des milliers de kilomètres, j’espérais encore. Je ne voulais rien d’énorme, un petit : « Tu es très belle ce soir, passe une belle soirée. Je pense à toi. » m’aurait suffi. Malheureusement, jamais rien, malgré toutes ces promesses que tu m’avais murmurées. En fait, je courais dans le vide, en te croyant sur parole.

On marchait afin de se rendre à ce petit club qui nous faisait danser jusqu’aux petites heures du matin. Au courant de la soirée, après quelques verres ingurgités, mais rien de catastrophique, je me suis remise à penser à cette soirée où je t’ai appelé, plus d’une fois. Celle où tu as préféré fermer complètement ton téléphone au lieu de t’assurer que j’allais bien. Ça résonnait dans ma tête, si fort ; je t’ai écrit, je t’ai avoué que j’arrêtais tout ça. Certains diront impulsivité ou même sans respect. Puis, moi, je te chuchoterais, tout simplement, que tu n’as jamais pris le temps de m’appeler et que je te renvoie la pareille. À ce moment précis, j’ai fait comme à ton habitude. J’ai arrêté de m’en faire. Je t’ai laissé de côté, j’ai pris une respiration en ouvrant les deux portes et je suis allée retrouver ceux qui me l’ont fait réaliser.

Shooter, comme on a dit. On les a enchaînés, on a dansé comme des fous. Pour une des rares fois, aucun regret, seulement ma tête qui s’est fermée à chaque aspect négatif, mon sourire qui s’agrandissait à chaque chanson qui commençait, avant d’attraper la main qu’on me tendait et d’aller bouger mes hanches, sur la piste de danse, de droite à gauche. D’un point de vue externe, on voyait plusieurs adultes et jeunes adultes sauter au son de la musique comme s’ils avaient retrouvé leur cœur d’enfant. Les rires et les paroles de chansons quelque peu criées résonnaient entre les murs. Alors que d’autres essayaient de parler plus fort pour se commander un verre ou plusieurs culs secs à partager. De l’extérieur, on pouvait entendre le bourdonnement de ce qui s’y trouvait.

Près de trois mois avaient dégringolé devant nos yeux, sans qu’on n’arrive à arrêter le temps. Les soirées assis face au feu qui scintille, les conversations et les confidences, les chansons et même les danses, par moment. Les journées chaudes à courir sur la plage. Les baignades à s’éclabousser, les cheveux plus pâles et le teint plus foncé (ou rouge pour quelques-uns). À tous ces moments à se remémorer, tous ces passe-temps qui auront été authentiques. Le contact humain avec chacun qui nous aura fait grandir. Même ceux avec qui les fils auront été coupés. Les décisions, les leçons, mais surtout, les étoiles qui brillent aux creux de nos yeux. Les regards qui se font aller pour une autre soirée, avant que l’automne pointe le bout de son nez, la musique qui joue en arrière-plan, sans oublier nos cellulaires tous fermés et regroupés. Pour une dernière fois, nos verres qui se lèvent en même temps et nos voix résonnantes :

« À nos souvenirs d’été. »

Audrey Boissonneault

Entendez-vous la voix des vacances ? Texte : Nathalie Courcy

Je me suis offert deux nuits dans un gîte pendant la relâche. Seule. Juste assez loin de chez moi

Je me suis offert deux nuits dans un gîte pendant la relâche. Seule. Juste assez loin de chez moi pour être dépaysée, mais pas pour me ruiner.

J’y vois le blanc de la neige à perte de vue. La rivière gelée. Les arbres, le ciel, l’espace.

J’y entends le silence. La jasette des coyotes. La voix basse des propriétaires.

J’y sens le parfum des chandelles, le repas libanais qui cuit. La mousse du bain que je me fais couler.

Je m’y dépose, avec mes livres, mes cahiers, ma balle de laine, mon tapis de yoga. J’y ai apporté la partie de moi qui voulait prendre soin de moi. J’ai laissé derrière les responsabilités, les tracas, les urgences. Ils y seront encore à mon retour, mais moi, je les verrai un peu différemment, comme s’ils étaient devenus un filigrane pâle sur une page.

Enceinte, on cohabite à temps plus que plein avec notre enfant, pendant neuf mois, plus ou moins quelques semaines. On est loin des gestations éléphantesques de 22 mois, mais quand même, cette fusion persiste même après la sortie de l’utérus. La survie humaine est ainsi programmée : bébé a besoin d’un adulte, d’un parent, et si possible de sa mère, pour rester en santé et en vie et pour devenir autonome.

Vient un temps où c’est à la maman de sortir de la bulle construite avec son enfant. C’est sain pour lui, c’est sain pour elle. Comme pour toute transition, il peut y avoir une impression d’être « arraché », de se lancer dans l’inconnu, de tomber dans le vide. Ne plus savoir ce que fait notre bébé (nos ados aussi sont nos bébés…) en tout temps, ne plus savoir qui on est sans notre bébé.

Même si je m’absente à l’occasion de la maison pour le travail, je constate que je l’ai peu fait pour prendre soin de moi ou par pur loisir. Ce n’est pas naturel pour moi de m’éloigner de mes enfants, je dois m’y entraîner, développer l’habitude pour la rendre plus confortable. Je le fais par nécessité, mais aussi parce que je les vois, eux, s’éloigner tranquillement. Ils grandissent et les pas qui les éloignent de moi s’allongent de plus en plus. Ainsi va la vie qui va…

Donc plutôt que de me rebeller et de tout faire pour les retenir, je préfère me pratiquer à les laisser s’éloigner… en m’éloignant une fois de temps en temps. J’existais avant eux, j’existerai après ! En version modifiée, améliorée. Quand je prends soin de moi, je prends soin d’eux et bonus : je leur donne l’exemple.

Nous recommençons bientôt un blitz école-activités-amis-rendez-vous jusqu’à la fin de l’année scolaire. Ce n’est pas moi qui suis assise devant les profs, mais quand même, je suis derrière, en soutien, en encouragements, en « go, t’es capable », en réveil le matin. Donc la relâche, c’était pour moi aussi !

J’avais besoin de petites vacances pour être plus présente à moi, plus présente à eux. Je me suis entendue. Je me suis écoutée.

Pourquoi attendre que l’épuisement, la maladie ou la dépression nous soufflent à l’oreille d’arrêter quand on peut choisir le meilleur moment et la meilleure façon de le faire ?

Entendez-vous ? Il y a une petite voix qui me dit de reprendre des mini vacances bientôt…

 

Nathalie Courcy

 

Souvenir de vacances

Cet été, j’ai visité pour la première fois, la magnifique rég

Cet été, j’ai visité pour la première fois, la magnifique région de la Gaspésie. Je garde précieusement le souvenir des gens qui l’habitent et qui prennent le temps de regarder la vie passer. Bien sûr, je me suis gavée d’air frais et de paysages enivrants, mais ce splendide voyage m’a également permis de faire le plein pour le retour à la vie normale.

Le rocher a littéralement percé mon cœur. Il était impératif que je frôle cette force de la nature se tenant fièrement dans l’océan, témoin des premiers pêcheurs qui ont forgé notre monde. Malgré le vent, le froid et la mer qui rongent ses parois depuis des siècles, il se dresse fort et grand. Je ne peux que m’incliner devant tant de grandeur. Après une marche ardue parmi des tonnes de touristes, pieds nus sur les millions de galets dans l’océan glacial, je suis enfin arrivée à ses côtés. J’avais l’impression de participer à Fort Boyard tant l’eau était froide, mais rien ne m’aurait arrêtée! Cependant, je n’ai pu m’empêcher de dévisager les jeunes garçons qui martelaient le rocher à grands coups de bâton. Je me suis empressée de me lover contre ce monument en les fixant, les sourcils froncés. Ils ont rapidement cessé leur jeu. Vive la force du non-verbal que j’oublie trop souvent au moment d’intervenir avec les enfants!

Non loin se tient l’île Bonaventure, noble et fière, abritant les magnifiques fous de Bassan. Postée au milieu de centaines de curieux, à quelques mètres de l’intimité de ses oiseaux gracieux, j’ai appris que le couple se retrouve chaque année dans le même nid. J’ai été touché d’apprendre que le mâle et la femelle s’unissent pour couver le nid. Bien qu’ils vivent séparément après la période de reproduction, ils affrontent ensemble les éléments de la nature pour voir grandir leur oisillon. Voilà une belle allégorie pour certains parents séparés et pour un éventuel texte sur Ma Famille Mon Chaos😉.

Enfin, grimpée en haut du belvédère pour jeter un dernier coup d’œil à ces deux grandes forces de la nature, j’ai cru entendre l’île murmurer au rocher de ne pas lâcher, les touristes finiront par s’en aller…

Isabelle Lord

 

À toi qui te sens jugée

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À toi, la maman qui se sent jugée parce que tu amènes ton enfant à la garderie quand tu es en congé!

Réglons la question tout de suite. Oui, je suis éducatrice et sache que je ne te juge pas. J’ai des enfants, moi aussi, et ils sont déjà allés à la garderie lorsque j’étais en congé.

Mon travail, je le fais chaque jour avec autant de passion et je vais m’occuper de ton enfant, que tu sois en congé ou non.

Sache que je te comprends. Je cours aussi après mon temps à la maison. Je suis fatiguée, le ménage laisse parfois à désirer. Mes enfants manquent parfois de bas parce que je n’ai pas eu le temps de faire le lavage.

Tu as raison : prendre une journée de congé pour s’occuper de nous, j’en conviens, ça fait du bien.

Mais je vais t’avouer que parfois, j’essaie de te comprendre. Ce n’est pas du jugement, mais de l’incompréhension.

Toi non plus, tu ne me connais pas et tu n’es pas éducatrice. Moi, ça fait seize ans que je fais ce métier‑là. Des enfants sans aucune journée de congé, sans aucune vacance, j’en vois toutes les années et pas seulement un.

Tu sais, c’est moi qui console et berce ton enfant parce qu’il pleure et qu’il voulait rester avec toi. Je le rassure, je lui dis que je l’aime, je te trouve même des excuses pour ne pas qu’il soit fâché contre toi. Parce que tu sais, il le comprend que tu es à la maison et parfois avec ses frères et sœurs plus vieux.

J’aimerais t’expliquer pourquoi il est important pour ton enfant d’avoir des congés lui aussi.

1. Vivre en groupe tous les jours, c’est difficile et fatigant pour lui. On s’amuse, oui, mais il fait face à de nombreuses stimulations.

2. Son horaire et très chargé de la maison à la garderie et de retour à la maison, sans compter les activités en soirée. Je lui en demande beaucoup, j’essaie de respecter son rythme, mais il doit aussi s’adapter à celui du groupe.

3. Le bruit : tu le sais sûrement, plusieurs parents m’en font part, c’est bruyant ici. Ils me demandent comment je fais pour y passer mes journées. C’est le même bruit pour ton enfant, les mêmes pleurs, les mêmes crises, les mêmes cris, etc.

4. Et la vie de groupe… chaque jour, il doit vivre avec ses amis. Chaque jour, je lui demande d’attendre son tour, de partager les jouets, de partager son environnement avec les autres.

5. Il a besoin de faire le plein de votre amour. Je l’aime, ton enfant ; ses amis l’aiment et il les aime. Cependant, son lien le plus important, c’est avec vous, les membres de sa famille. Il a besoin de refaire le plein de votre amour.

Ceci étant dit, je ne te juge pas. J’essaie de te comprendre. Je ne te connais pas, tu as sûrement d’excellentes raisons pour amener ton enfant à la garderie. Mais souvent, tu ne me les dis pas. Tu me laisses sur un « Pas de message, il va bien », ton maillot déjà sur le dos et les autres enfants prêts pour la plage.

Je ne veux pas connaître toute ta vie. Je comprends que tu n’aies pas envie de m’en parler. On se voit chaque jour, mais on n’est pas amies.

Tu t’es peut-être perdue, tu as besoin de temps pour te retrouver, ton couple ne va pas bien, tu essaies de recoller les pots cassés. C’est difficile avec le plus vieux et tu veux lui donner plus de temps.

Tu peux seulement me dire, « C’est difficile, ces temps-ci, j’ai besoin qu’il soit ici! ».

Je vais te sourire et mieux comprendre.

Eva Staire

Je me suis ennuyée de toi, mon grand !

Tu as enfin terminé ta première année scolaire, pis j’suis pas

Tu as enfin terminé ta première année scolaire, pis j’suis pas déçue. C’est fou comme tu m’as manqué. Je te regardais embarquer dans ton autobus le matin, en me disant que c’était ben trop tôt. Pis j’te regardais revenir le soir, en me disant que c’était ben trop tard. J’ai ben essayé d’aller te reconduire le plus souvent possible, de te kidnapper pour des dîners au p’tit resto d’à côté, mais la vérité, c’est que le temps m’a paru ben long sans toi à mes côtés. Entre la routine du matin et la routine du soir, j’ai l’impression qu’on a manqué de temps pour se parler. C’est entre deux bouchées que j’en apprenais un peu sur ta journée. Si tu savais combien j’aurais voulu tout savoir, en détail, mais je dois lâcher prise, qu’ils disent.

J’ai l’impression que tu as pris cinq ans en un an. C’est fou combien l’école t’a changé. Au début de l’année, je pouvais te bécoter devant l’école, pis par un matin ben frette d’hiver, tu m’as fait comprendre qu’on allait se garder ça pour la maison. Tu sais quoi? C’est ben correct et je respecte ça, mon homme. J’ai juste pleuré jusqu’à Granby! Pas parce que tu ne voulais pas me bécoter, juste parce que c’était un rappel que l’temps qui passe ne reviendra pas. Ô combien heureuse je suis, de l’avoir savouré, ce temps-là.  J’ai un peu l’impression d’avoir perdu le contrôle sur qui tu deviens, mais j’te fais confiance, j’suis fière du papillon que tu deviens. L’époque de la chenille pis du cocon est vraiment terminée, faut que j’te laisse voler.

Mais là, c’est fini, pour un mois et demi. Tu as travaillé si fort pis je suis épuisée de te voir épuisé. Dormir un peu plus, jouer dehors et sacrer la routine dehors. On va en profiter à notre façon de l’été. Juste être ensemble plus souvent, c’est ça pour moi, les vacances. Je suis fière de toi, de ton premier grand accomplissement. Je sais bien que ce n’est pas le dernier, pis que ça va recommencer chaque année…

Mais là, ce soir, laisse-moi te cuisiner ton repas préféré. On peut même commander si tu veux. On mange du gâteau et on célèbre la fin de ton année. Tu le mérites, tu as assez donné. Je te promets de te célébrer comme ça chaque année, parce que c’est important pour moi que tu saches combien je ne tiens pas tes efforts pour acquis.

Pis il faut que j’te dise : t’es encore mon bébé mais promis, j’le dirai pas devant tes amis.

Je me suis ennuyée de toi, mon grand!

Bon été à tous vos grand(e)s!

Marilyne Lepage

Le deuil de fin d’année

À l’heure où les chapeaux des finissants valsent dans le ciel de

À l’heure où les chapeaux des finissants valsent dans le ciel de juin, regardez bien au fond du terrain de récréation ou dans le coin des classes. Vous pourriez être surpris d’y voir un enfant pleurer.

Cet enfant est endeuillé. Endeuillé de son année d’écolier. Endeuillé des personnes rencontrées, profs, directrices et copains. Endeuillé de la routine qui le sécurisait. Peut‑être même endeuillé de la fierté et des défis que les matières scolaires lui apportaient. Probablement inquiet devant l’inconnu d’une nouvelle année qui l’attend au détour des vacances d’été. Il venait à peine de s’habituer…

Mes filles sont souvent parties et déménagées, ont souvent changé de garderie, d’école et de quartier. Peut-être est-ce pour ça que leur moral se fait ramasser par une grosse vague de fond émotive dès que le décompte de fin d’année commence? 20 jours d’école… 19… 18… Chaque matin, l’enthousiasme du reste de la classe leur rappelle qu’elles sont différentes. Elles, elles ont de la peine que ça se termine. Elles, elles ont juste hâte que maman annonce le lancement officiel de la saison du magasinage d’effets scolaires. Si je ne les retenais pas, elles feraient le pied de grue tout l’été à l’arrêt d’autobus, pour ne pas le manquer.

Mes garçons ont vécu plus de stabilité géographique, ils sont déménagés moins souvent, n’ont jamais changé d’école. Pourtant, l’école est un repaire sécurisant, un lieu rempli des plaisirs d’apprendre et de jouer. Donc quand la page du mois de juin apparaît sur le mur, leur caractère change. Ils deviennent plus irritables, la fatigue embarque, l’écœurantite aigüe des mille et une répétitions les attaque, la chaleur suffocante (ah non, ça, c’était l’année dernière)… Si je pouvais leur faire finir l’année plus tôt, leur éviter cette torture du dernier mois, je le ferais! Mais leur deuil commencerait seulement plus tôt, et durerait trois mois au lieu de deux.

Cet enfant qui pleure dans le coin de la classe ou dans le fond du terrain, c’est le mien, c’est la mienne. Je les écoute, je les comprends, je les rassure (la plupart des amis seront encore là en septembre, on les reverra pendant l’été ; le prof de l’an prochain sera aussi cool que celui de cette année ; l’été sera palpitant!). Nous célébrons ce qui mérite d’être célébré (la fin des évaluations, le dernier lundi d’école, le dernier réveil à 6 h 45, le dernier lunch à faire). Nous soulignons tous les efforts faits pendant l’année, et nous rappelons que ces efforts doivent encore toffer la run quelques jours pour finir l’année sur une bonne note. Nous passons plus de temps dehors pour faire passer le motton et rappeler que l’été, c’est comme dans Passe-Partout : l’été, c’est fait pour jouer! Mais au bout du compte, le 21 juin, des larmes couleront sur leurs joues et dans leur cœur.

À tous les parents dont les enfants vivent un deuil à chaque fin d’année scolaire, je compatis. Ça tord le cœur de voir nos poussins si désespérés et incompris alors que tous les autres jubilent.

À tous les enseignants qui voient, dans le coin de leur classe ou au fond du terrain de récréation, un jeune qui pleure ou qui retient ses larmes, n’hésitez pas à prendre un moment spécial avec lui pour le réconforter et pour donner une place à sa peine. Il mérite de savoir qu’il n’est pas un extraterrestre. Et prenez cette expérience comme un compliment : s’il s’endeuille de sa classe et de vous, c’est qu’il s’est beaucoup attaché, c’est que vous avez réussi à créer un lien puissant. C’est qu’il vous aime, tout simplement.

Nathalie Courcy

 

Ah les vacances…

Hourra, les vacances sont réservées, toute la famille est excitée

Hourra, les vacances sont réservées, toute la famille est excitée à l’idée de partir vers une destination lointaine. À nous le soleil, la mer et les cocktails! Mais voilà que je déchante un peu, car voyager avec des enfants, c’est comme monter le Kilimandjaro : même avec beaucoup d’entraînement quotidien, je me dis que je vais être encore plus fatiguée qu’au départ…

Premièrement, le défi des valises. Qu’est‑ce qu’on amène?! A priori, je me dis maillot de bain et la panoplie d’été, chapeaux, sandales, jupes… Mais si jamais il fait froid? Avec tous ces changements climatiques, la nature est capricieuse. Donc, je ne prends mes précautions : gros chandails, pantalons longs et même imperméable en cas de pluie. Pour les souliers, si on marche, je prends les souliers de randonnées, pour la plage, les sandales… J’apporte la pharmacie au grand complet. Voilà, je ferme de peine la valise, sans avoir oublié d’apporter le contenu du coffre à jouets, les crayons de couleur et les livres pour le soir.

Deuxièmement, le départ. Avion ou voiture, je prévois les grignotines, les jeux, les films, les vêtements de rechange. J’ai l’impression de faire une deuxième valise. À peine partis, ça crie, ça se plaint, sans parler du mal des transports et des arrêts pipi. La route va être longue, sans compter les travaux, les mauvais itinéraires du GPS.

Troisièmement, l’arrivée. Notre hôtel, la chambre, les lieux. Et là, catastrophe : la piscine est en rénovations, les lits sont trop durs ou trop mous pour les uns et les autres… Il y a toujours quelque chose qui cloche. Bon, ce n’est pas si grave, soyons positifs. Les vacances peuvent enfin commencer! Mais c’est sans compter le jus de raisin renversé sur mon livre, les lunettes cassées ou le méga coup de soleil. Et puis les repas, les files d’attente, le trafic, les algues, les piqûres de mouches… et quoi d’autre!?

Finalement, même si ce n’est pas parfait, et surtout très loin des photos des brochures publicitaires, je m’en fous. L’important, c’est de partager des moments ensemble, en famille. C’est ça les souvenirs de vacances! Sur ce, bonnes vacances à tous!

Gabie Demers

Les vacances par chez nous

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Avec cette canicule, j’ai des envies d’ailleurs, d’escapades exotiques et surtout d’étendues d’eau.

 

Que voulez-vous, je suis Poisson… C’est peut-être pour ça que l’eau est un élément essentiel à mon équilibre ! Sauf que cette année, je n’ai pas la liberté de partir à l’étranger avec mes enfants ni les moyens de m’éloigner de Montréal.

Alors depuis le début de l’été, nous profitons de la piscine municipale extérieure sans modération. Tous les jours. Et parfois plusieurs fois par jour. Nous sommes chanceux, quand même, d’avoir ces infrastructures en ville, et autant de verdure à deux pas de chez nous.

Sauf que je suis une addict du voyage ! J’ai un besoin vital de bouger, de prendre le large, d’explorer de nouveaux horizons, de casser la routine, de varier les décors… Je suis une nomade. Une vraie. J’ai tout le temps besoin de perdre mes repères et de me laisser guider par les étoiles dans le ciel. De sortir de ma zone de confort pour mieux m’épanouir et grandir. Car c’est dans l’improvisation et la spontanéité que je me sens bien. Et mes enfants aussi. Tant qu’ils sont avec moi. Notre Home Sweet Home, c’est d’être ensemble tous les trois. Peu importe l’endroit.

Il va donc sans dire que de rester assignée à Montréal pour l’été est pour moi source de frustrations et de mal‑être. Déjà que le cancer m’a contrainte de freiner mes élans de globe-trotteuse dans les deux dernières années…

Mais un autre trait de caractère qui me définit est que j’ai une capacité d’adaptation à toute épreuve et une force créative au service de ma résilience. Autrement dit, si tu me coupes les ailes, j’irai à pied. Si tu me casses les pieds, je rebondirai sur les fesses. Et si tu me pousses dans le derrière, je ferai face à la vie devant moi.

Bref, il n’y a rien ni PERSONNE qui puisse m’amarrer à quai bien longtemps. Je trouve toujours une façon de m’échapper et de composer avec la situation. Si savoir s’adapter à son environnement est le propre de l’homme, avoir évolué dans un environnement hostile est celui de la femme que je suis.

Donc pour cet été, ne pouvant pas amener mes enfants outre Atlantique, ou dans quelconque destination exotique, ou même juste rejoindre la côte pour voir la mer, j’ai fait ce que je fais de mieux : me retourner sur un 10 sous et faire preuve d’imagination.

C’est ainsi que j’ai découvert un petit coin de paradis à moins d’une heure de Montréal, qui nous a donné l’illusion parfaite d’être loin de chez nous.

Le domaine Pourki offre plusieurs options d’hébergement dépaysant, comme les tipieaux et les huttes Bora, Bora. Mon fils ayant encore plus besoin de bouger que moi et se levant souvent la nuit, j’ai remis à une prochaine fois, l’expérience des tipieaux, puisqu’ils sont accessibles uniquement par canot (fourni gratuitement) et qu’étant maman monoparentale avec deux enfants, j’avais le désavantage du nombre. Nous avons donc opté pour les huttes Bora, Bora. Et nous avons été enchantés par ce choix. Les huttes sont accessibles par un quai flottant en bois. La nuit tombée, nous nous sommes donc fait bercer par la rivière Richelieu, confortablement allongés dans de vrais lits ! Il ne nous en fallait pas plus pour se sentir choyé…

Comble du luxe, il y avait même un mini réfrigérateur dans la hutte et le nécessaire pour cuisiner, ce qui m’a permis de voyager plus léger et de faciliter la préparation des bagages avant notre départ. Nous n’avions qu’à apporter notre linge de rechange, notre nécessaire de toilette, notre nourriture pour la durée du séjour, sans oublier nos maillots de bain ! Car il y a une piscine sur le domaine… Avec beaucoup moins de monde (pour ne pas dire personne) qu’à la piscine municipale de notre quartier. Le bonheur, tout simplement !

Et puis, ce ne sont pas les activités pour occuper les enfants qui manquaient. Entre la mini ferme avec chevaux, lamas, poules, dindons et lapins, le mini terrain de soccer, l’immense structure gonflable de type bootcamp, le tir à l’arc, la table de ping-pong et les canots fournis gratuitement pour ceux qui veulent pêcher sur la rivière, même pas besoin de sortir du domaine pour varier les plaisirs. De vraies vacances pour les enfants, mais aussi pour les parents ! Que demander de plus ?

Finalement, les voyages, ce n’est pas tant la distance parcourue mais les souvenirs que l’on en retire en famille…

Vanessa Boisset

 

Vacances j’oublie tout?

Vraiment…

Bien avant le salai

Vraiment…

Bien avant le salaire, la première préoccupation qui nous traverse l’esprit est : « Combien de semaines de vacances? » Avec l’expérience, c’est même « le » critère; placé en haut de la liste, juste sous celui des dollars.

Quel beau mirage de notre société moderne!

Pendant les études, les vacances sont l’équivalent de travailler pour les payer… les études.

Récupérer un peu, nous le ferons ensuite en cours d’année. Ensuite, un premier emploi. On retrousse ses manches et on travaille fort. Une carrière à bâtir. Un soir, une fin de semaine à la fois. L’orgueil de pouvoir dire qu’on est dans ceux qui font le plus d’heures. Se mentir que le citron… c’est pas nous!

Je me souviens très bien de ma première négociation annuelle. J’étais prêt. Une certaine attente salariale. Mais, surtout, quelques bonbons à obtenir. Lorsque l’élastique sera blanc. Cerise finale… une semaine de vacances de plus. Et, normalement, ça fonctionne si le citron a fourni ses méga litres de jus.

Avec le temps, et les responsabilités, les mathématiques de base nous sautent aux yeux : V = (E+T)². Chaque semaine de vacances devient hors de prix. Comme la formule est de mon cru, la voici décortiquée : Vacances = (Épuisement + Travail)². Où l’épuisement est aussi multiplié par le nombre d’enfants (famille conjuguée souvent au passé recomposé).

On est le dernier vendredi, votre tête y est presque. Le stress augmente. Ai-je oublié quelque chose? Les valises seront-elles prêtes à temps? Et alors ˗ même si on s’y attend ˗ le courriel de 16 h 30 — 16 h 45. Celui qui demande une réponse immédiate ou qui sent seulement le transfert du singe d’un dossier important.

L’intervention de toutes ces personnes pour qui le travail… c’est de le faire faire par d’autres. Ceux qui ont très bien noté votre date de départ. Ces ânes, broutant dans l’enclos vert, qui rient des quelques-uns qui sont attelés à faire tourner la roue.

Comme nous sommes presque tous branchés, pas trop de choix. Sans doute du travail à distance. Mais, le ménage de ses messages, ce n’est pas vraiment décrocher.

Des vacances, comme la majorité les souhaiterait. Relax, sur le bord de la mer. Le petit vino de 16 h 30. La petite bière froide bien méritée. Un lâcher prise total sur l’agenda qui nous mène toute l’année par le bout du nez.

Pendant que vous avez ce sourire béat… Bang! « Maman/Papa/Chose… j’ai rien à faire! » « Je veux ceci, mais pas ma sœur/mon frère! » « Il/elle m’énerve! » La vie familiale, elle, ne prend jamais de vacances. Et, comme les heures sont étendues, la plage de fatigue augmente aussi pour vous. C’est sans doute aussi la plage… dont vous profiterez le plus!

Au bureau, au retour, vous entendrez les collègues dire qu’ils en sont presque heureux… que les vacances soient terminées. Paradoxe! Vous n’aurez pas le temps de confirmer. Les bottines d’alpiniste aux pieds, vous attaquerez déjà la montagne qui s’est accumulée.

Après tout, les prochaines vacances viendront si vite…

michel

 

Vague à l’âme

Cette année, je croyais pouvoir m’en passer…

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Cette année, je croyais pouvoir m’en passer…

Les enfants n’y tenaient pas. L’une est à l’étale. Quand on quitte l’enfance et qu’on est immobile. Amarrée solidement à son groupe d’amies. Juste avant de pouvoir comprendre et de replonger dans le bonheur que ça procure. L’autre, il ne voulait surtout pas manquer les séries de fin de saison du baseball. Peur de laisser tomber l’équipage…

Le taux de change transforme également tout intervenant en pirate assoiffé. La fluctuation qui étouffe le chant des sirènes américaines. Vouloir alors dépenser ses billets multicolores sans les échanger pour des monochromes.

La côte Est, j’y vais depuis que je suis gamin. Wells et ensuite Cap Cod. Jusqu’à Cape May. Là, quelques jours. Le temps de réaliser qu’une tente, ce n’est pas climatisé! Depuis 2011, Olle’ochade! La banlieue sud du 514/450…

Jadis, le périple se faisait à la dure. Président-Kennedy jusqu’aux douanes dans la Beauce. La queue leu leu dans les montagnes. À la merci du fardier chargé de bois. Quand, petit et naïf, on ne sait pas qu’ils sont payés au voyage. Que dormir est, pour eux, une option trop coûteuse. Avant qu’il n’y ait des vibreurs, pour tenter d’en réchapper quelques‑uns à temps. Tout autant à la merci de la lanterne rouge — celui ou celle qui prend toute limite de vitesse comme une maladie honteuse. Dont il ne faut jamais même s’approcher.

Ce qui laissait beaucoup de temps pour apprécier le paysage. Sauvage, isolé et même un brin menaçant. Villages et les locaux inclus. Depuis, je comprends mieux où Stephen tire toute son imagination. Vivre là, ça me donnerait sans doute l’idée de trucs extraterrestres qui nous sortent du c…

L’état de cette route, qui nous fait réaliser que l’effet du gel et dégel, il s’arrête comme par magie à la frontière. Puis l’autoroute. Les péages. La bouffe des Howard-Johnson. L’arrivée, habituellement en fin de journée.

Moi, j’ai changé la recette… Départ vers 4 h 30 et arrivée avant 11 h 30. La course, pour tenter de profiter de la première journée les pieds dans le sable!

Enfant, la symbiose totale avec l’océan et la plage. Rester des heures dans l’eau. Malgré le bris, dès le deuxième jour, de la « planche de surf » de styromousse… Adulte, je comprends mieux pourquoi ma mère restait le plus souvent au sec. Les glaçons, c’est bien mieux dans un drink!

Mais tout s’est sans doute alors programmé en moi.

L’odeur. Le salin, la crème solaire et, malheureusement, souvent l’excédent de parfum cheap. Vous savez, la grosse matante habillée de la tête aux pieds sous le parasol. À se plaindre avec son accent de la métropole que les enfants… sont des enfants! À fumer ses américaines en continu, pour nous faire profiter pleinement de la volatilité du taux de change.

Les châteaux de sable. Art que je maîtrise toujours. Activité qui nous fait désormais constater qu’une position, soutenue, ça donne des courbatures. Ça donne aussi des coups de soleil à des endroits qui s’exposent malgré nous.

Le son précis des vagues. Envoûtant. Qui bat la mesure du farniente. Comme pour bercer nos rêves. J’ai même pris mon iBidule, pour enregistrer la mélodie…

michel