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La fratrie dans tous ses états

Un grand frère, ça dérange, ça veut tout décider, ça se laisse

Un grand frère, ça dérange, ça veut tout décider, ça se laisse traîner.

Une moyenne sœur, ça parle fort, ça veut de l’attention, ça négocie.

Une petite sœur, c’est bébé, ça veut être parfait, ça rapporte.

Mais vos frères et sœurs sont votre plus grande richesse. Ils sont ceux avec qui vous pouvez tout partager. Ils sont votre famille. Le lien qui vous unit est irremplaçable. Depuis que vous êtes petits, je vous répète que votre relation est ce que vous avez de plus précieux. Il faut la chérir et en prendre soin, comme un diamant. Cette relation a une valeur inestimable.

Ensemble, vous avez appris et développé des qualités sociales insoupçonnées. Vous avez appris à prendre votre place et à vous défendre. Vous avez imité des comportements ou décidé de ne pas le faire. Vous avez fait des choix et des concessions, vous avez négocié. Vous avez appris très tôt à partager, tout, même l’attention des parents.

Vous n’avez jamais connu la solitude ni l’ennui. Vous avez toujours eu un ami pour jouer, un public pour rire de vos plaisanteries, des compagnons de voyage. Devenus ados, vous avez partagé ensemble vos doutes, vos difficultés, vos angoisses et vos peines. Pendant les soupers familiaux, vous entendre partager au sujet de vos cours, de vos enseignants et de vos amis est un bonheur.

Vous ne serez pas toujours d’accord. Vous irez dans toutes les directions. Le quotidien de votre vie d’adulte risque de vous séparer. Mais tout ce que vous avez cultivé ensemble depuis votre enfance restera gravé dans vos cœurs. Vous ne serez jamais seuls, même à distance.

On peut donc conclure que :

Un grand frère, ça protège, c’est de bon conseil, ça taquine, ça trace la voie.

Une moyenne sœur, ça rassemble, ça comprend, ça divertit, ça montre le chemin.

Une petite sœur, ça accueille, ça amuse, ça encourage, ça rappelle que tous les sentiers peuvent être empruntés.

Et surtout, une fratrie, ça s’aime.

Nancy Pedneault

J’essaie fort, maman

En revenant de l’école, tu m’as annoncé que le monde allait s

En revenant de l’école, tu m’as annoncé que le monde allait s’arrêter pour deux semaines.

Que l’école était fermée, la garderie aussi. Tout simplement à cause d’un virus.

J’étais contente, mais je ne savais pas toute la charge que ça impliquait.

J’essaie fort, maman, je te promets.

Tu m’as dit que ton travail, par contre, n’allait pas changer. Que tes patients avaient toujours besoin de toi. Que tu devais continuer à travailler, que tu étais devenue un ange à présent.

Papa, aussi, est un ange. Son travail ne lui permet pas de rester à la maison avec nous quatre et le chien.

J’essaie fort, maman.

Puisque vous êtes des anges de la société, vous ne pouvez être nos anges et rester à la maison. S’occuper de nous, vous êtes incapables.

C’est donc à moi, la grande sœur de maintenant dix-huit ans, de m’occuper du troupeau.

Ce n’est pas la première fois que tu me demandes cette faveur. Loin de là.

Ça me fait toujours plaisir d’aider.

Mais cette fois, je crois que c’est trop.

J’essaie maman, je te le jure.

Lorsque tu m’as demandé, j’ai accepté avec plaisir, pour aider, comme d’habitude.

Je ne m’attendais pas à autant.

Tu m’as donc annoncé que nous partions au chalet.

Ça faisait plus de deux mois que je n’y étais pas allée. J’étais très heureuse de passer du temps avec vous en famille pour la dernière fois avant je ne sais combien de temps.

Mais lorsque la fin de semaine s’est terminée, papa et toi deviez retourner au travail, servir la population et être des anges.

C’est donc avec un congélateur rempli et du wifi piètrement fonctionnel que tu m’as laissée avec trois enfants de douze, neuf et quatre ans.

Deux semaines, ça va bien aller, pensais-je.

La plus jeune veut jouer. C’est normal, je la comprends. À la garderie, elle est over stimulée avec plein de jeunes de son âge. Les deux autres ne veulent pas aider pour aucune tâche.

Je te jure, maman, que j’essaie fort.

Je dois jongler avec les repas, surveiller pour qu’ils arrêtent de grignoter entre les repas et qu’ils mangent assez de légumes pour avoir du dessert.

Je dois surveiller leur santé. La plus vieille est asthmatique, c’est elle qui est le plus à risque.

Je dois veiller à ce que tout le monde se brosse les dents, prennent sa douche, joue assez dehors et à ce que personne ne s’entre-tue.

C’est vrai qu’il serait facile de les planter devant leur tablette à longueur de journée, mais notre wifi ne le permet pas. Et éthiquement non plus, ça ne se fait pas.

Être pris au fin fond des bois ne sert qu’à nous isoler. Du dangereux virus qui nous empêche de voir notre famille et qui pourrait mettre en danger la vie de ma sœur.

Je dois donc jouer à la mère 24/7.

J’essaie fort, maman, je te le jure.

Mais là, c’est trop.

Nous avons terminé la deuxième semaine et j’ai craqué.

Devant les enfants en plus. La voiture a brisé. Elle n’avance plus.

J’angoisse comme ça ne se peut pas. Je sais que j’ai un super talent pour le cacher, mais ce matin, c’était trop. Comment je vais faire s’il y a une urgence?

En plus, le cégep recommence. Comment vont se dérouler les cours? En ligne? Non, mon wifi ne me le permet pas. Des vidéos capsules, ça non plus. Comment je vais faire?

J’ai trois enfants à ma charge et un chien.

La jeune de quatre ans retient toute mon attention : je joue aux Playmobil, aux Barbie, aux casse-têtes et plus encore…

Celui du milieu doit être stimulé : être sur sa tablette le rendra légume d’ici la fin du mois. Donc j’organise des activités pour lui : maths, jardinage, tours de magie, quiz géographique. Je veux qu’il continue à apprendre.

Et la plus vieille, elle a terminé son année scolaire, mais son anglais… Elle l’a à peine pratiqué. J’essaie somme je peux d’écouter des films en anglais, de lui parler en anglais.

Je dois prendre aussi des marches, m’occuper du chien, lui apprendre des tours pour qu’il ne s’ennuie pas.

Je dois faire à manger, le ménage, le lavage, l’éducation et les activités. Parce que toujours des exercices, je comprends que ça peut être ennuyant à la longue. J’organise des repas thématiques, des chasses au trésor, des rallyes photo…

Où sera mon temps alloué pour mes études?

Quand vais‑je rédiger ma dissertation de 500 mots sur l’idéologie de Platon? Quand vais‑je avoir le temps de regarder un vidéo de trois heures sur la dissolution du cuivre en chimie? Quand vais‑je pouvoir lire mon livre d’anglais?

Ça fait déjà deux semaines et je suis épuisée. Je tourne en rond, j’angoisse quand je reçois un nouveau courriel de mes professeurs.

Je n’en peux plus.

Mais je dois rester, c’est la vie de ma sœur asthmatique qui est en jeu. Je ne peux pas l’abandonner.

On dit que c’est en situation de crise que nous voyons la vraie personne qui se cache en nous.

Eh bien, la voilà la vraie moi : épuisée, angoissée et incapable.

J’ai vraiment hâte que tout ça finisse et que vous reveniez à la maison.

Pouvez‑vous être mes anges au lieu d’être ceux de la société?

Ta fille qui vous aime et qui a besoin de vous.

Clara

Le petit frère fatigant

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Pendant plus de dix ans, mes filles ont été en guerre. Ouverte et violente. On a travaillé extrêmement fort pour réparer leur relation et bingo! Ça a fini par fonctionner. Mon cœur se ramollit devant chaque câlin, devant chaque parole douce entre elles. Et en même temps, ces gestes tendres me replongent dans des souvenirs que j’aimerais oublier. Toutes ces journées où j’ai eu peur autant pour la plus jeune que la plus vieille.

Quand j’ai compris que l’histoire serait différente avec mes garçons, j’ai vécu un choc. La complicité entre mes enfants, je ne connaissais pas. C’était une notion inconnue que je n’espérais plus. J’ai dû apprendre à simplement croire qu’une relation fraternelle pouvait être simple. Et douce. Et bienfaisante.

Quand j’entends mes garçons jouer ensemble de 6 heures le matin jusqu’à l’heure du dodo, je fonds. Quand j’entends le plus vieux dire que son frère est son « camafrère » parce qu’il est à la fois son meilleur camarade et son frère adoré, je fonds. Quand j’entends le plus jeune exprimer sa gratitude chaque soir en disant « Je veux remercier mon frère d’être un aussi bon ami pour moi et de toujours vouloir jouer avec moi », je fonds. Quand je m’aperçois qu’entre eux, il n’y a pas de hiérarchie, pas de petit ou de grand frère, pas de « petit frère fatigant » ni de « grand frère terreur », pas de prises de bec ni de pouvoir, je me sens rassurée sur ma compétence parentale et sur le pouvoir de l’amour.

C’est bien l’amour fraternel et maternel qui a permis à mes garçons de reconnaître l’âme frère en eux. C’est bien ce même amour qui a permis à mes filles de faire renaître l’âme sœur entre elles. C’est bien l’amour qui nous unit et qui donne vie à tous les colleux, les « je t’aime », les bisous et les pardons.

 

Nathalie Courcy

On n’a pas deux enfants pareils

J’ai deux merveilleuses filles de quatre et deux ans. Ça me fasci

J’ai deux merveilleuses filles de quatre et deux ans. Ça me fascine de voir à quel point elles sont différentes.

Mes deux grossesses ont été assez similaires. Elles étaient deux petites cachotières; deux échographies chacune et aucune ne m’a révélé que je pouvais peindre la chambre en rose. J’ai dû aller au privé pour pouvoir satisfaire ma curiosité.

C’est à l’arrivée de ma deuxième fille que l’on a pu constater que leurs tempéraments étaient bien différents! Mes deux filles ont fait une petite jaunisse à la naissance. Elles ont dû être placées dans un incubateur avec luminothérapie pendant quelques jours. Ma première fille était comme un lézard : bien étendue au chaud comme si elle se faisait bronzer. Je devais même la réveiller pour ses boires. Ma deuxième hurlait dès qu’on l’installait dans l’incubateur, je la sortais pratiquement aux quinze minutes pour la prendre dans mes bras. L’infirmière m’avait même chicanée parce que je la prenais trop. (Assez difficile pour le cœur de maman de voir bébé qui a seulement quelques heures pleurer, et ne pas pouvoir la prendre.)

Aujourd’hui, elles sont en santé et ont bien grandi! Ma plus vieille est très calme. Elle aime dessiner, et faire du bricolage est une de ses activités préférées. Elle est très attentive lorsque je lui lis un livre. Aller jouer dehors est presqu’une corvée, surtout l’hiver!

Ma mini, elle, est très active! Elle court et grimpe partout. Son côté moteur est très développé; elle marchait à onze mois. Lorsqu’on lui interdit quelque chose, elle s’empresse de le faire en nous regardant droit dans les yeux! Elle adore jouer dehors, été comme hiver, et c’est la crise quand on rentre.

Je les apprécie dans leurs différences. C’est avec ma grande fille que j’adore regarder un film collées, faire des bricolages pour toutes les occasions spéciales et les fêtes, et regarder un livre avant le dodo. C’est ma plus petite qui m’étonne chaque fois quand elle court (tellement vite!) pour venir me faire un « colle-colle » et c’est avec elle que je glisse dans la neige l’hiver et que je joue au ballon l’été. Après tout, la vie serait beaucoup moins amusante si elles étaient pareilles!

Julie Lampron Desaulniers

 

Le plus vieux doit attendre

Au moment d’écrire ces lignes, notre grand a 2 ¾ ans et notre mi

Au moment d’écrire ces lignes, notre grand a 2 ¾ ans et notre mini a six mois. Assez rapidement après mon accouchement, dans divers contextes, on m’a dit que c’était mon plus vieux qui devait attendre, pas mon bébé. « Il est grand maintenant », « Il doit comprendre qu’il n’est plus le centre de votre univers », « Moi, j’en ai trois et je n’ai jamais laissé pleurer un de mes bébés pour m’occuper d’un plus vieux ». Ces propos m’ont fait réfléchir.

Bien qu’on ait l’impression que notre Deux ans est géant quand on le prend dans nos bras depuis la naissance de son petit frère, ils ont tout de même seulement deux ans de différence. Deux ans et presque deux mois. Il me semble que ce n’est pas si vieux pour saisir en un claquement de doigts qu’il faut attendre maintenant… et j’espère bien qu’il ne comprendra jamais qu’il n’est plus le centre de notre univers!

On est chanceux, notre bébé est calme et très facile. Mais quand chéri-mari est retourné au travail avec un horaire me laissant en solo deux soirs par semaine alors que notre mini pleurait sans arrêt pendant au moins une heure tous les soirs, pile pendant la routine bain-histoire-dodo du plus vieux… j’ai trouvé ça difficile. J’ai eu de l’aide, heureusement, mais ç’a été un défi.

Notre grand attendait sagement assis sur le divan que la crise de son bébé frère passe en me disant parfois « Papa, pas là. Hein, maman? » ou « On appelle mamie? » Mais jamais un signe d’impatience. Au contraire, il était calme, comprenait qu’une histoire pouvait attendre, qu’on se collerait plus tard. Je le regardais en berçant mon bébé et j’étais si fière du grand frère qu’il devenait doucement, mais j’étais aussi un peu triste. Parce que je le trouvais bien petit pour être si sage.

Ai-je réussi à toujours faire attendre notre grand et jamais le bébé? Non, je cherche encore l’équilibre. Il m’est arrivé de gérer la crise de bacon sons et lumières de mon plus vieux avec, en fond sonore supplémentaire, le plus jeune qui chignait-pleurait parce qu’il était tanné d’être sur son tapis de jeux. Est-ce que je me sentais mal? Un peu, mais je pense sincèrement que le plus grand avait plus besoin de cette attention immédiate que le mini d’être diverti. Ai-je déjà lu une histoire d’avant dodo sous le doux son du petit dans le porte-bébé qui commençait à être dû pour son dernier boire? Oui. Me suis-je sentie mal de le « faire tougher un peu »? Non, je me suis trouvée hot d’arriver à coucher le plus vieux à peu près à la même heure que d’habitude et d’allaiter le plus jeune à peu près à son heure habituelle.

Alors, le plus vieux doit attendre… OK, mais en toutes circonstances, vraiment? Sans considération de qui sont nos enfants et de leurs besoins? Je ne suis pas d’accord. Chaque enfant a sa personnalité, chaque famille a sa réalité. C’est certain qu’on aimerait que notre bébé ne pleure jamais, mais ce n’est pas toujours envisageable. Ni nécessaire.

Être parents… cette éternelle quête de l’équilibre et ce perpétuel exercice de laisser-aller face aux commentaires d’autrui.

À tous les parents d’enfants en bas âge : faites ce que vous pouvez. Gérez votre chaos à votre façon. Donnez le meilleur de vous-même avec amour. Et ça ira. Promis. Peu importe ce que la voisine de la cousine de la collègue de la tante de madame Chose en pense!

Jessica Archambault

Maman, gestionnaire de conflits !

MAMAN ! Ma sœur m’a frôlé le pied sous la table, elle fait ex

MAMAN ! Ma sœur m’a frôlé le pied sous la table, elle fait exprès.

MAMAN ! Mon frère m’a poussée.

MAMAN, mes sœurs font exprès de me gosser.

MAMAN, MAMAN, MAMAN !…….. Hey bien, elle n’est plus là maman okay ! Faites comme si je n’existais pas cinq minutes parce que vos conflits pour des maudites niaiseries, hey bien j’suis pu capable !

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, la majorité du temps, je dois toujours régler de la chicane entre mes enfants ! Ça se chicane pour tout, chaque jour, chaque heure. Probablement aux cinq à dix minutes. Je capote et parfois, je m’arracherais bien toute la crinière que j’ai sur la tête. Une chance, ils sont tous rendus à l’école, ce qui me donne un p’tit break d’arbitrage dans leurs guerres pour des petits riens.

J’aime mes enfants, c’est vrai, je donnerais ma vie pour eux, mais sont dont bien exaspérants par bout ! Entre les crises de préadolescences (ben oui, j’ai fini par me dire que de nos jours, ils ne font pas juste des crises d’ado), la joie des devoirs et le chialage qu’ils se font entre eux… vive le vin. On va dire ça comme ça. Une chance qu’un petit verre de vin rouge apaise un peu notre esprit dans les moments difficiles. (Je tiens ici à préciser que je suis très raisonnable sur l’alcool, ce ne sont pas les paroles d’une alcoolique finie. Juste d’une maman à bout certains jours !)

J’ai essayé de les laisser gérer leurs conflits en essayant de les guider sur la façon de s’y prendre dans des situations conflictuelles. Par contre, ça a bien l’air que ça fonctionne entre amis(es), mais pas entre frères et sœurs. Non, entre frères et sœurs ça dégénère pour obliger les parents à intervenir encore et encore. J’ai essayé aussi plusieurs systèmes de récompenses, j’ai essayé l’encouragement, bref je crois bien que j’ai tout essayé ! Sauf que rien ne fonctionne !

Dit comme ça, ça peut paraître intense, voire déplaisant, mais les fois que ça va bien, sans chicanes, je SAVOURE ! Ça fait tout oublier le reste et dans ces moments‑là, j’ai quasi l’impression d’avoir une famille normale… Ah oui, parce qu’on se demande souvent si c’est comme ça partout. On pense qu’il y a juste nos enfants qui ont l’air de se détester et qui ne sont pas capables de vivre ensemble. Reste que dans le fond, je suis sûre qu’ils s’aiment… ils ne le savent juste pas encore. En vieillissant, ils vont devenir plus matures (j’espère !) et voir qu’une sœur et un frère, c’est important dans une vie.

Je vais donc retourner de ce pas à mon rôle de commando familial et arbitre de chicanes… en gros, à mon rôle de parent.

Mireille Coutu Lessard

 

Le souper

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Je venais de mettre au four ces fameux petits rouleaux de saumon farci. Vous savez, ceux qui sont farcis, tout délicatement, d’épinards et de délicieux fromage?

Sachant que mon riz d’accompagnement était prêt et que nos rouleaux étaient sur le point d’être cuits, je me mets à dresser nos assiettes de façon nonchalante. « Nos » étant celles de mes enfants et la mienne. Papa a une sortie au restaurant avec des collègues de travail. Le chanceux!

En mettant le riz dans l’assiette de ma fille, mes oreilles se mettent soudainement en « mode alerte ». Des cris stridents retentissent de la chambre. Je me dis qu’il y a certainement quelque chose de très grave qui vient d’arriver. En marchant d’un pas rapide vers la pièce, j’élimine toutes les possibilités : pas de météorite ni d’avion qui aurait pu « crasher », sûrement pas une abeille apparue de nulle part, ni un chat sauvage se pointant le bout du nez à la fenêtre. Arrivée dans le cadre de la porte, je constate la présence de mes deux enfants, dont mon plus jeune qui a pris le jouet de sa grande sœur. Aussi simple que ça. Un geste anodin ayant nécessité un cri fort et presque surnaturel.

Je me dis que ça ne vaut pas la peine d’intervenir puisque tout semble sous contrôle, alors je retourne d’un pas pressé vers la cuisine. J’ai mes assiettes à dresser et mon saumon risque de cramer au fond du four. En me rendant à la pièce principale, je me fais bousculer par la plus grande qui a décidé de fuir son frère pour je ne sais quelle raison. Comme si c’était le temps de faire une course.

Le petit frère bondit vers moi. Je me dis qu’il vient sans doute pour me dire que sa sœur se sauve de lui. Mais non… il se met à beugler : «  J’ai faim ». Pas un petit «  J’ai faim » tout mignon… C’est plutôt un « J’AI FAIM » quasi bestial qui fait en sorte que si je ne le nourris pas à la seconde, il risque de mourir sur-le-champ. Oui, ce genre de « J’ai faim ». Des paroles bien sympathiques pour certains, mais qui prennent un tout autre sens lorsqu’elles durent de longues minutes sans perdre d’intensité. J’ai beau me dépêcher, je ne suis pas une machine. Je propose de prendre quelques crudités le temps que je termine le tout et que j’apporte les plats sur la table.

Je ne le savais pas, mais il s’avère que mes enfants sont peut-être allergiques aux crudités parce qu’à entendre le « Noooooooooooooooooooooooooooooooon » qui est sorti de façon synchronisée, il est clair que c’est malsain pour eux!

Bref, plus je me dépêche à apporter la nourriture sur la table, plus je ressens de pression. Mais, fière de moi, j’y parviens avant qu’ils… se déshydratent.

Le souper va bon train, mais mon plus jeune décide qu’il peut faire deux choses en même temps : manger et dessiner. Je lui donne la permission de faire quelques barbouillages sur du papier pourvu que ça ne l’empêche pas de manger son repas qu’il désirait tant depuis de trop longues minutes. Digne des plus grands dessinateurs, il s’empresse de me montrer l’automobile dernier cri qu’il vient de créer avec des… marqueurs permanents. Désespérément, je regarde sous le papier pour constater de grandes lignes bleues sur ma table de bois. Je m’en veux parce que je n’avais pas remarqué le type de crayons, trop occupée à prendre une bouchée froide de mon riz tout en versant du jus d’orange à la plus grande.

En allant chercher des produits pour nettoyer ma table de ces barbeaux permanents, j’entends un «  Oooooooooups ! » suivi de deux enfants qui rient à chaudes larmes. Je n’ose pas me retourner, mais je n’ai pas le choix. Je constate une grande tache liquide orangée qui, à grande vitesse, rejoint l’autre extrémité de la table pour s’écouler au sol. La chienne, petit bichon de la famille, semble folle de joie et accourt jusqu’au dégât. Ses pattes poilues deviennent comme de petites éponges et amènent le jus d’orange un peu partout sur le plancher.

Comme si ce n’était pas assez, le téléphone se met à sonner. Des vendeurs d’un journal, dont les histoires ne sont pas toujours véridiques, tentent sans doute de me rejoindre pour que j’achète. Pas envie de feindre une raison bâtard, je décide de ne pas répondre et de laisser retentir la sonnerie comme musique de fond.

En quelques secondes, je me retrouve avec une assiette de saumon et de riz à peine touchée, des papiers et des crayons qui s’éparpillent sur la table, une chienne qui court dans la maison avec ses petites pattes oranges, du jus qui s’amourache de mon plancher de bois franc, deux enfants qui crient « Mammmmmmmmmman » et qui bien sûr ne sont plus assis à la table depuis belle lurette (en fait, ils sautent sur le divan!) et des lignes de crayons permanents sur la table.

Je décide de me pincer. Des fois que tout ça serait un mauvais rêve. Je suis peut-être dans une maison en ordre, étincelante de propreté d’où une odeur de lavande émerge des murs. Avec à mes côtés, deux magnifiques enfants qui attendent la réponse de l’autre avant de parler…

Je vous assure que finalement, je suis bel et bien dans la réalité. Je me console en me disant que du saumon, ça se réchauffe bien et que je mériterai, amplement, une petite coupe de vin ce soir.

Kim Racicot

Moi, grande sœur

Être la grande sœur de trois enfants, c'est une grande responsabilité. Grande sœur, ce n'est pas

Être la grande sœur de trois enfants, c’est une grande responsabilité. Grande sœur, ce n’est pas juste être l’aînée. C’est aussi montrer l’exemple, rendre service et aider quand c’est nécessaire, réconforter ses parents quand les chicanes des plus jeunes sont insupportables. Tout cela et bien plus, sans toutefois faire la job des parents.

Oui, ça a l’air facile dit comme ça, mais parfois, on a envie d’exploser, comme quand on garde nos frères et sœurs et qu’ils font exprès pour nous faire réagir, ou lorsque notre petite sœur nous vole nos bonbons d’Halloween.

Attention! Je ne dis quand même pas qu’il faut être Bouddha, nous sommes humains après tout. C’est normal de se fâcher et de se chicaner. Mais il faut essayer de rester calme la plupart du temps, car les petits frères et sœurs suivent l’exemple de la plus grande. Si vous dites de mauvais mots, ne vous étonnez pas si l’école appelle en disant que p’tit bonhomme a répété lesdits mots…

Bref, il faut rester calme et montrer l’exemple, tout en restant humain. Être grande sœur, c’est difficile, mais il faut être fier d’être un modèle et de montrer le bon exemple.

 

Alexane Bellemare

Lauriane ou l’instigatrice du fondement de notre famille

Lorsque je me mets à discuter avec d’autres mamans sur les sujets

Lorsque je me mets à discuter avec d’autres mamans sur les sujets de la maternité, je me rends bien compte à quel point rêver d’avoir des enfants ne m’avait pas beaucoup effleuré l’esprit. Pendant que certaines en rêvaient depuis la tendre enfance ou encore que d’autres clamaient haut et fort que jamais, au grand jamais, la maternité ne ferait partie de leurs plans élaborés de vie, moi, l’éducatrice en petite enfance entourée de bambins au quotidien, je n’avais jamais soulevé la question dans mon cœur ou dans mon esprit. Je n’étais ni pour ni contre. Non, seulement pas encore arrivée à la croisée des chemins pour me poser cette question.

Et puis, sans crier gare, la question n’a pas eu le temps de se poser… elle m’était passée sous le nez à la vitesse de l’éclair… La réponse avait trouvé place en mon ventre sans que je n’aie eu le temps d’y réfléchir.

À l’époque, je venais à peine de rencontrer ton papa.  Un grand gaillard qui cumulait les heures de travail pour subvenir aux besoins de sa fille dont il avait la garde une semaine sur deux. Une blondinette aux grands yeux bleus d’à peine deux ans et demi. Nous entamions une relation remplie d’incertitudes qui ne savait trop par quel bout commencer.

Nous venions de débuter « l’officialisation » de notre couple que nous annoncions par la même occasion ta venue neuf mois pile poil après le début de notre relation. Pourquoi faire compliqué lorsque l’on peut faire si simple!

Et c’est à ce moment précis que tu as fait, à toi seule, grosse comme une crevette dans mon océan, opérer toute la magie telle une véritable Fée Clochette de Disney.  Moi qui n’étais pourtant certaine de rien face à cette vague de nouveautés dans ma vie, j’ai pourtant décidé de plonger à pieds joints dans celle-ci. Ton papa et Julia ont emménagé avec moi. Nous avons fondé, une semaine sur deux, notre petite famille, nous acclimatant ainsi à cette nouvelle réalité de temps plein qui arrivait à grands pas.

Toi si petite, qui venais de bousculer mon grand univers et mes immenses certitudes, tu restais pourtant si discrète. Une grossesse de rêve! Tu valsais dans mon ventre telle une ballerine de haut niveau. Je vaquais à mes occupations et toi, toujours, tu suivais sans grandes manifestations.

J’ai apprivoisé cette nouvelle réalité et plus le temps avançait, plus j’avais hâte de devenir TA maman. Pour nous faire languir, tu t’es pointée avec du retard : 41 semaines et trois jours.  Seize jours après l’effroyable effondrement des tours jumelles de New-York durant lequel l’idée d’accoucher en pleine guerre me terrassait. C’est par césarienne qu’on t’a fait sortir de ta réconfortante position.  Dans mon univers utérin, il n’y avait que de l’amour, que de la quiétude et de la douceur à ton égard. Pourquoi se presser? Cela n’avait tellement rien à voir avec les projections d’horreur qui nous subjuguaient les esprits.

Aujourd’hui, à l’orée de tes seize ans, papa et moi sommes toujours en amour. Nous vivons par contre notre coup de foudre à retardement. C’est maintenant que nous nous offrons la latitude de nous découvrir… Avant, nous étions trop occupés à fonder notre famille. Vous avez, tes sœurs et toi, atteint l’âge de l’autonomie et c’est tant mieux pour nous deux… Nous nous découvrons comme couple et c’est si merveilleux.

Encore aujourd’hui, chère Lauriane, tu es celle qui a le plus confiance dans ce que tu fais et dans la direction où tu vas. C’est par cette même conviction que tu devais savoir, dans mon ventre, que papa et moi allions fonder notre famille. Aussi certaine que ta grande sœur Julia ferait toujours partie de nos vies.

Tu as cédé un peu de ta place pour la venue de ta petite sœur Emmanuelle qui, malade, a pris beaucoup de notre temps, en laissant ainsi moins pour toi.  Tu t’ajustes à toutes les situations. Devenant à ton tour grande sœur, tu avais cette maturité de tout comprendre et pour toi, tout était toujours correct.

Toi, Lauriane, tu as la confiance dans tous tes gestes et tes paroles. Tu as la détermination, la douceur et la passion enfouies dans tout ton être. Tes pas sont dictés par ta volonté inébranlable. C’est tellement beau de te regarder devenir une jeune femme assumée.

Merci d’avoir bousculé mes plans. Emprunter la voie de ton assurance aura été le plus beau des chemins que j’aurai parcourus.

Grâce à toi, j’ai un mari que j’aime de tout mon cœur et qui m’aime en retour comme jamais je n’ai été aimée auparavant.

Grâce à toi, j’ai choisi d’aimer et de laisser entrer Julia dans ma vie. Quelle belle rencontre ce fut d’être sa belle-maman, et ce l’est encore chaque jour.

Grâce à toi, nous avons agrandi la famille, laissant venir au monde notre belle Emmanuelle, te permettant de jouer à la fois un rôle de petite et de grande sœur.

Ne va surtout jamais croire que tu n’as pas été désirée ou que par la force des choses, nous avons dû nous accommoder à ta présence. Non… il n’en est rien. Tu es la plus belle des surprises que la vie puisse offrir à quiconque et tu ne cesses de nous surprendre!

Par ta venue, nous sommes une famille unie et inébranlable, remplie de souvenirs et de traditions que nous tentons de recréer année après année. Une famille qui continue de cheminer et sur qui on peut toujours s’appuyer lors des coups durs. Une famille avec laquelle on peut festoyer toutes les réussites. Le reste nous appartient. Mais notre histoire débute par toi!

Ta maman qui t’aime xx

Mylène Groleau

Mon frère

Lui, il me dit mes quatre vérités.

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Lui, il me dit mes quatre vérités.

Lui, c’est mon ami.

Il est mon confident.

Il est mon ancre.

Il est mon frère.

Lui, c’est presque le premier homme de ma vie; il est mon grand frère.

J’ai trente et un ans, lui trente-trois. Pourtant, j’ai encore souvent l’impression que nous en avons  treize et quinze.  Même trois et cinq, quand on dansait et chantait sur « Tourne la page ».

Il est celui qui a toujours pris soin de moi. Celui qui me traînait chez ses amis (parce que c’était aussi les miens, hein!), même si cela ne lui faisait pas toujours plaisir. Celui qui me laissait jouer même pas deux minutes au Nintendo, sachant très bien que Luigi allait mourir bien vite et laisser Mario avancer en paix. Malgré tout, je restais tout le long de la partie à ses côtés. Il était mon partner de bibliothèque. Ouais, on aimait lire, BD ou romans, et on allait dévaliser la biblio ensemble. Grâce à lui, j’ai découvert et je découvre encore des groupes ou des musiciens tellement pas plates. Je lui ai parlé de mes premiers amours, il m’a aussi confié les siens.

Une fois, une seule vraie fois, on s’est chicanés. C’était affreux. On se détestait, mais on s’aimait si fort de cet amour fraternel qu’on ne voulait pas réellement se faire de mal. C’était assurément la dispute la plus ridicule et laide de l’histoire des frères et sœurs. Maintenant, quand je vois mes minis se taper dessus, j’espère de tout mon cœur qu’ils n’auront qu’une seule vraie, ridicule et laide dispute entre eux. Que toujours, ils auront un lien si fort et que jamais ils ne voudront réellement se blesser, blesser le cœur de ces personnes si chères pour eux.

Une fois, j’ai touché le fond. Mon deuxième bébé avait deux mois, ma « grande » avait dix-huit mois. J’avais le syndrome de la superwoman/maman parfaite. Résultat : Je me suis retrouvée à pleurer d’épuisement pendant deux ou trois heures d’affilée dans ma salle de bain. Après avoir repris mes esprits, je lui ai écrit. J’ai écrit à mon frère que je n’allais pas bien, parce que je n’arrivais pas à parler tant je pleurais. Lui, il m’a appelée. Pendant une heure, il m’a parlé, il m’a confrontée à moi-même, il m’a rassurée, il m’a brassée… et moi, pendant une heure, j’ai pleuré. Il n’y avait que lui pour me faire prendre conscience de moi, de mon état et de ce que je m’imposais. Que lui pour trouver les bons mots pour me faire comprendre. Les semaines et les mois suivants, il continuait de s’assurer que sa petite sœur prenait du mieux.

Mon grand frère, c’est aussi celui à qui je peux être des semaines sans parler, mais avec qui je peux spontanément avoir une conversation des plus loufoques qui ne mène nulle part. Il est celui avec qui je peux faire un concours de rots et avoir une conversation des plus réfléchies dans la même soirée. Lui, il me manque parce qu’il habite loin de chez moi depuis quelques années. Mais quand on se voit, c’est simple et c’est mémorable à la fois. Lui, il n’a pas d’enfants, mais il m’enseigne souvent à être une meilleure maman pour les miens. Et de le voir les aimer, les comprendre, les cajoler, les faire rire, les écouter, c’est inestimable.

Je souhaite très fort que mes enfants auront toujours ce lien et cet amour qui les uniront. Qu’ils se taperont sur les nerfs, mais qu’ils seront capables de se le dire et que le reste sera plus fort que tout. Je sais qu’on ne choisit pas sa famille. Mais dans mon cœur de maman, j’espère sincèrement qu’ils choisiront d’être amis.

Lui, c’est mon ami.

Avec lui, je ris, je me confie; avec lui, je suis moi.

Lui, il me connaît parfois mieux que moi-même.

Lui, c’est mon grand frère, même si parfois, il me m’énerve solidement (je sais que je lui fais le même effet!), pour rien au monde je ne l’échangerais. Je m’estime chanceuse d’être la petite sœur d’un homme si merveilleux.

J’t’aime bro!

Caroline Gauthier

BABI, BABI et demi : Message aux familles d’un Bébé à Besoins Intenses

Toi, la maman d’un bébé qui pleure du matin au soir et du soir a

Toi, la maman d’un bébé qui pleure du matin au soir et du soir au matin, qui te donne l’impression qu’il aurait mieux fait de rester dans ton utérus une année ou deux de plus pour trouver sa sécurité, qui se trouve trop loin de toi même s’il est dans tes bras ou dans le porte-bébé…

Toi, le papa qui fais ton possible pour prendre le relais quand tu reviens du travail, pour libérer les bras et alléger les épaules de ta douce, toi qui te sens impuissant devant ce bébé-criard, ce bébé-colère, ce bébé-jamais-satisfait-toujours-en-manque-d’une-sécurité-que-vous-pensez-lui-donner-mais-qui n’est-jamais-suffisante…

Toi, le grand frère, la grande sœur, qui est écœuré d’entendre ce petit monstre en couche hurler quand tu aimerais déjeuner en paix, quand tu voudrais regarder ton émission préférée, quand tu voudrais jouer avec tes parents à la cachette ou à Minecraft, toi qui es à bout de te faire voler ta place et ton temps de qualité avec tes parents par un bébé qui prend toute la place et qui occupe tout le temps de tout le monde…

Je vous comprends. Mon mari vous comprend. Ma fille aînée vous comprend. Nous sommes passés par là. Et nous nous en sommes sortis! Alors vous aussi, vous réussirez. Vous ne savez pas quand et ça rend le moment présent encore plus pénible. Si quelqu’un pouvait vous promettre que dans une semaine, un mois, un an, ce rythme de vie infernal sera chose du passé, vous auriez au moins quelque chose à vous raccrocher. À la fin de chaque journée, au moment de coucher la petite bestiole intense (bébé dormira une heure, peut-être deux si vous êtes chanceux, avant de recommencer son cirque), vous pourriez au moins faire un X libérateur sur le calendrier. Bébé sera peut-être toujours intense et hypersensible, mais un jour (promis juré craché!), ce sera plus facile. Votre amour, votre patience, votre écoute, votre façon de répondre à ses multiples besoins paieront. Le lien entre vous sera encore plus fort et il se sentira en sécurité.

Même si on sait d’avance que les bébés pleurent, ont des coliques, lancent des objets et vivront éventuellement un terrible-two (et toute autre phase poche qui fait partie du développement normal), personne n’est préparé mentalement et physiquement à vivre vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec une boule de rage et d’anxiété. Aucune réserve de sommeil ne tient le coup devant l’accumulation interminable de nuits interrompues par des séances de berçage pendant lesquelles bébé sanglote et se tord dans tous les sens.

Dans un autre billet, je parlerai aux frères et sœurs de ces BABI. Vous aussi, ce bébé vous fait vivre beaucoup d’émotions, alors ça vaut la peine d’y consacrer un texte entier. Je m’adresse ici aux parents.

  • Consultez un médecin (peut-être y a-t-il un problème physique qui explique les crises), un pharmacien ou un homéopathe (pour un traitement contre les coliques ou l’anxiété, par exemple); visitez un ostéopathe. Avec mes enfants, le reiki est aussi très efficace! Peut-être que vous avez des doutes, mais entre vous et moi, vous avez tout à gagner.
  • De grâce, gardez toujours près de vous de la musique (classique ou métal, selon ce qui vous apaise et qui peut « enterrer » les pleurs à 90 décibels (au-delà, on est sur le bord de perdre l’ouïe. Sérieusement). Une fois que vous avez été à l’écoute de votre bébé (A-t-il faim, soif? Est-il malade, mouillé, inconfortable? A-t-il trop chaud, trop froid? Est-il trop stimulé?) et tout fait pour le soulager (lait, eau, purées, couche changée, vêtements appropriés, bouillotte (un colleux ventre à ventre fait le travail), emmaillotement, massage, chansons), la musique peut étirer votre patience jusqu’à ce que le calme revienne.
  • Ayez sous la main une liste de personnes de confiance qui sont prêtes à prendre soin d’un BABI (en toute connaissance de cause, sinon ça peut ruiner une relation) pendant un moment pour vous donner une chance de refaire vos forces.
  • Pensez à tout ce qui vous aide à rester zen : parfums, huiles essentielles, massage, bruit blanc, méditation… Vous shooter au Valium est déconseillé si vous allaitez… D’ailleurs, vider votre bar en une soirée est déconseillé en tout temps. Par contre, ça peut être un fantasme qui vous aide à passer à travers une soirée particulièrement pénible!
  • Gardez votre humour, autant que faire se peut. Quand vous n’en avez plus, même pas une petite pincée, et avant de penser à lancer votre bébé par la fenêtre, déposez-le dans son lit et allez prendre de l’air pendant cinq minutes. Question de sécurité. Même les personnes les plus saines d’esprit peuvent péter un plomb.
  • Appelez la Ligne Parent, votre marraine d’allaitement, votre mamie ou votre meilleure amie. Avec votre conjoint(e), partagez les tâches (bercer bébé cinq heures par nuit devient une tâche même si vous le faites avec amour, croyez-moi!) avant de devenir fous. Ou de vous séparer.
  • Gardez une boîte de jeux pour vos autres enfants, que vous pouvez utiliser même si bébé BABI exige toute votre attention. Il se peut qu’un lecteur DVD ou une tablette en fassent partie. Rappelez-vous : c’est temporaire. Si votre plus vieux devient accroc, il sera toujours temps de gérer ça quand monsieur BABI sera de meilleure humeur.
  • Sortez. Et pas juste pour aller faire l’épicerie. Faites des activités avec vos autres enfants, sortez voir des amis, faites des activités qui vous tentent, mangez au resto en amoureux. Je ne l’ai pas fait, je le regrette encore. Il faut se donner un coup de pied dans le derrière avec de solides caps d’acier, mais votre corps, votre cerveau, vos oreilles, vos bras et votre cœur ont besoin de silence, d’air frais, de calme. Mute and reset!
  • Ne vous définissez pas seulement comme un parent. Et ne vous définissez surtout pas comme un mauvais parent. Ça vous arrivera. Exprimez-le (même si tout le monde vous dira que vous ne devriez pas dire ça!) Souvenez-vous que les circonstances ne définissent pas ce que vous êtes. Vous faites de votre mieux? Votre bébé n’est pas facile? Vous êtes un bon parent. Vous faites des erreurs? Ça vous arrive même de sacrer quand votre bébé se réveille pour la 3000e fois? Vous êtes un bon parent. Nul besoin d’être un parent parfait pour être un bon parent.

Avoir un BABI est une épreuve. Être un BABI est un diagnostic. Ce n’est pas un mythe. Je vous donne la permission d’envoyer promener ceux qui vous diront que les BABI n’existent pas, que vous n’êtes pas assez (stricts, patients, encadrants, tough : choisissez). En ce moment, vous n’avez pas besoin de ces personnes. Entourez-vous de personnes qui vous aiment assez pour accepter que vous êtes plus qu’à bout et que vous avez besoin d’aide, de personnes qui vous donnent un coup de pouce et une petite tape sur l’épaule.

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