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Une autre étape – Texte : Jessica Archambault

Ce matin, je suis allée reconduire mon aîné à l’école pour la dernière fois avant les vacanc

Ce matin, je suis allée reconduire mon aîné à l’école pour la dernière fois avant les vacances. Mon six ans a voulu marcher jusqu’à la porte seul, que je le regarde près de la voiture plutôt que je l’accompagne jusqu’à l’entrée. Parce que « je suis grand maintenant maman, je suis presque en première année ».

Je l’ai regardé s’avancer, fier, et j’étais émue.

Son entrée à la maternelle me terrorisait. Pourtant je suis prof, je sais. Notre grand intense et sensible, à tendance anxieuse, avec qui nous avions déjà tellement travaillé la gestion des émotions, la communication, qui avait fait de si grands pas du haut de ses cinq ans était encore bouillant, émotif, parfois impulsif ou maladroit avec les autres enfants. Comme il est costaud, on croit qu’il est plus vieux, on s’attend donc à ce qu’il soit plus sage. Ses mouvements brusques ont aussi plus d’impact sur les autres que les mêmes comportements venant d’un enfant de son âge avec une tête de moins. Il adore apprendre, est curieux, pose mille questions, s’intéresse à tout. Je craignais qu’il tombe sur une prof un peu vieux jeu, qu’on étouffe sa soif d’apprendre, qu’on brise son amour de l’école, qu’il ne soit « qu’un tannant ». J’étais terrorisée à l’idée que l’école gâche mon fils. Eh oui, c’est dit.

Je le regardais, disais-je, marcher vers l’école ce matin, la tête haute et j’étais si fière !

Oui, il est tombé sur des profs super qui ont su l’accompagner avec les bonnes doses de fermeté et d’amour, stimuler sa curiosité, sa créativité et canaliser son énergie. Oui, nous l’avons bien guidé. Cependant, la réalité est que c’est lui qui a fait le plus à travers les derniers mois. C’est lui qui est persévérant et humble, ouvert et réceptif, honnête et bon. Je suis capable de relever nos bons coups de parents, mais c’est lui qui fournit des efforts au quotidien et qui désire sincèrement s’améliorer. Il en a fait du chemin. Il est plus posé. Ses champs d’intérêt se sont diversifiés. Il aime encore autant l’école, il adore ça, même ! C’est tellement ce qu’il y a de plus important en maternelle. La base des années qui suivront : le rendre disponible et réceptif aux apprentissages. On discute de plein de choses avec lui, il nous en apprend beaucoup ! Il est plus habile avec les autres, a de super amis et sait les choisir judicieusement.

La veille, nous avions une amie à la maison et il a insisté pour lui présenter son portfolio rapporté le jour même. Tous ses travaux, activités et bricolages commentés de septembre à juin (oui, mon amie est patiente) avec, encore, beaucoup de fierté. Je trouvais ce moment beau et précieux.

Mon premier bébé est officiellement sorti de la petite enfance et c’est merveilleux. Merveilleux et émouvant.

Sa personnalité et ses goûts se définissent. Il choisit ses amis volontairement et consciemment. Il devient un enfant différent tout en étant le même. Nous sommes choyés de le côtoyer et de l’accompagner.

J’observe ses frères de quatre ans et de dix mois et j’ai hâte de les voir grandir ainsi, tout en voulant savourer d’autant plus leur petite enfance, période magique, intense et volatile.

Mon pincement au cœur de voir mon grand entrer à l’école en septembre s’est transformé en fierté et en joie. J’ai confiance qu’il fera son bout de chemin et j’ai hâte de revivre cette étape de grande transformation avec mes deux plus jeunes.

Jessica Archambault

 

Crise à la maternelle

C’était un beau matin ensoleillé. Je m’étais levé de bonne h

C’était un beau matin ensoleillé. Je m’étais levé de bonne humeur et tout allait bien. Je m’étais dit en prenant mon café que ce serait une très belle journée. J’étais allé mener ma fille à l’arrêt d’autobus avec le cœur paisible. Par la suite, je m’étais rendu à l’école avec mon fils et ma femme. Mon fils devait aller porter ses effets scolaires ce matin­‑là pour sa rentrée à la maternelle.

Arrivé à l’école, tout allait bien. J’étais un papa extrêmement fier d’aller avec mon garçon à son premier jour de classe à vie. C’est quand même un évènement marquant pour un enfant. Dans la classe, fiston a décidé que c’est papa qui complèterait les papiers. Maman, elle, devait écouter les directives de l’enseignante.

J’avais fini de remplir les formulaires lorsque j’ai commencé à avoir des flashbacks. Le stress s’était mis en place rapidement. Ma respiration était courte et mon rythme cardiaque était plus rapide. Mes pensées étaient embrouillées et je n’étais plus capable d’entendre ce qui se passait. J’avais beaucoup de difficulté à rester là et je voulais juste m’enfuir.

Mais non ! Je ne pouvais pas. C’était une journée importante pour mon fils. J’essayais de prendre de bonnes respirations, discrètement. Inspire, expire… Je ne voulais pas que les autres parents me remarquent. Mon champ de vision avait rétréci.

Les autres enfants étaient chanceux. Ils n’avaient pas un papa ou une maman atteints du TSPT.

Ah oui ! Ma femme revenait de la salle de bain. Elle me l’avait dit et je ne m’en souvenais plus. « Chérie, dis‑moi quoi faire parce que là, ça ne va pas du tout. Je ne sais plus quoi faire. » J’étais vraiment perdu et en détresse. Moi qui avais dirigé du personnel dans des situations exigeantes. Moi qui avais formé des recrues dans les Forces armées canadiennes. Moi qui avais transformé des citoyens en soldats. Moi qui avais effectué des missions à l’étranger. Là, j’étais au pied du mur. Je ne pouvais même pas faire ce que l’enseignante demandait aux enfants de cinq ans. Quelle humiliation pour moi ! Je me sentais tellement inutile et incompétent ! Il n’y a pas de mots pour exprimer la douleur et la honte que j’aie ressenties cette journée‑là.

Heureusement, j’avais rendez-vous avec une personne formidable à la fin de ma journée et tout s’est bien terminé.

Carl Audet

10 raisons pour lesquelles mes enfants n’iront pas dans une maternelle 4 ans

Certains diront que j’ai été éducatrice pendant dix ans et que

Certains diront que j’ai été éducatrice pendant dix ans et que je prêche pour ma paroisse. D’autres diront que j’enseigne en Techniques d’éducation à l’enfance et que je défends les éducatrices. Le fait est que je maîtrise assez bien le sujet et que, certes, mon opinion est faite. Mais je n’écris pas ce texte en tant qu’éducatrice, je l’écris en tant que maman.

Et je précise que si toi, comme parent, tu as fait le choix d’inscrire ton enfant à la maternelle 4 ans, je ne te juge aucunement. Chaque parent prend la meilleure décision pour son propre enfant.

De plus, afin d’alléger le texte, je dirai « CPE » pour illustrer tous les types de services de garde éducatifs, qu’il soit en installation ou en milieu familial. Donc, je vous ouvre mon cœur et je vous explique pourquoi je n’inscrirai jamais mes enfants dans une maternelle 4 ans.

1) « L’enfant apprend par le jeu. » : Il est tout à fait normal, en tant que parent, de ne pas connaître par cœur le programme éducatif en petite enfance proposé par le ministère. Ce qu’il faut en retenir, ce sont cinq grands principes de base. L’un d’eux dit : « L’enfant apprend par le jeu. ». L’enfant, pour pouvoir apprendre réellement, a besoin de jouer, tout simplement. De jouer librement, avec les jeux qu’il choisit et accompagné par une éducatrice qui sait comment soutenir l’enfant dans son jeu. Et c’est en CPE que le jeu de mon enfant sera le mieux stimulé. Pas dans une classe.

2) Apprendre ses lettres et ses chiffres : J’entends tellement de parents me dire qu’ils sont fiers que leur enfant de 4 ans connaisse ses lettres/chiffres/formes/couleurs… Et oui, la maternelle 4 ans va apprendre cela à vos enfants. Mais l’éducatrice en CPE sait que ces apprentissages‑là, ils ne font partie que du développement cognitif de l’enfant. Et qu’en est‑il des quatre autres sphères de son développement ? En CPE, l’éducatrice va stimuler son développement cognitif, certes, mais également son développement moral, social, affectif, moteur, langagier… Je veux que mon enfant soit stimulé dans toutes les sphères de son développement, et pas seulement au niveau cognitif. En CPE, il apprend à s’aimer, à respecter les autres, à prononcer les mots, à demander de l’aide, à être autonome, à agir en société et j’en passe !

3) Être prêt pour l’école : La mission des CPE est de favoriser la réussite éducative des enfants. Cela veut dire que l’éducatrice a pour devoir de s’assurer que l’enfant aime apprendre. Cela veut aussi dire que si elle le bourre d’apprentissages scolaires trop tôt, il aura déjà une écœurantite aigüe avant même sa première année scolaire. Et je veux que mon enfant aime l’école.

4) Le lien affectif : L’un des principes fondamentaux en éducation, c’est que l’enfant doit être vraiment et sincèrement attaché à l’adulte pour pouvoir apprendre avec lui. En le changeant de garderie, en le changeant d’école, en le changeant d’éducatrice, je ne l’aide pas du tout. Parce que le temps qu’il passera à recréer une relation avec une nouvelle enseignante, il aurait pu le passer à apprendre avec une éducatrice passionnée qu’il aime déjà…

5) Le ratio : Peu importe l’école, l’enseignante doit s’occuper d’un plus grand nombre d’enfants de 4 ans à l’école que l’éducatrice en CPE. Mon enfant est en milieu familial, où l’éducatrice a tout son temps pour le stimuler et jouer avec lui, personnellement. Elle le connaît par cœur, elle connaît ses forces et ses faiblesses et sait comment intervenir avec lui. Elle a beaucoup plus de temps pour l’accompagner et l’aider à relever ses petits défis.

6) Le multiâge : À l’école, quoi que fasse mon enfant, il sera toujours dans les plus jeunes. Il a 4 ans. Tous les autres élèves de l’école sont plus grands que lui. Dans sa classe, il n’y a que des enfants de son âge avec lesquels se comparer. Il apprendra alors la compétition et l’anxiété de la performance. En CPE, il voit aussi des plus petits. Dans la cour dehors, il aide un plus jeune à se relever. Il aide un plus petit à apprendre ses couleurs. Il console un bébé qui pleure. Il apprend à s’occuper des autres et à les aider, peu importe leurs difficultés. En CPE, il apprend l’empathie et le respect du rythme d’apprentissage de chacun.

7) L’obligation sociale : Saviez-vous que la maternelle 5 ans n’est même pas obligatoire au Québec ? La majorité des parents l’ignorent et pensent que c’est un passage obligé. Mais non ! La maternelle 5 ans a été créée pour aider les enfants qui n’avaient aucune expérience en garderie à s’intégrer avec les autres. Et le gouvernement veut développer les maternelles 4 ans dans le même but… Le problème, c’est que les parents pensent ensuite à tort qu’il s’agit d’une expérience obligatoire pour leurs enfants, même s’ils ont déjà tout ce qu’il leur faut en CPE…

8) Le dépistage : On vous a fait croire que la maternelle 4 ans permettrait de dépister plus tôt les problèmes de développement des enfants. Encore un mensonge, parce que l’enseignante n’est pas outillée et formée suffisamment pour les enfants de moins de 6 ans et que les spécialistes manquent à l’appel ! Alors que l’éducatrice en CPE a été formée à observer et dépister ces problèmes depuis des années. Elle est encore à ce jour la mieux placée et la mieux formée pour le faire auprès des enfants de 0 à 5 ans.

9) Le Québec et ailleurs : J’entends beaucoup de parents dire : « Mais en France (insérez ici le pays que vous voulez), la maternelle commence à 3 ans ! » C’est vrai. Mais avez-vous visité l’une de ces maternelles ? Si oui, vous savez que c’est un local avec des coins de jeux dans lesquels les enfants s’amusent souvent sans contrainte. Ici, on appelle ça un CPE. C’est uniquement l’appellation qui diffère, mais les autres pays ne scolarisent pas leurs enfants de 4 ans dans des classes !

10) Les besoins de l’enfant : Un enfant de 4 ans a besoin de prendre son temps pour manger, en discutant avec ses amis, dans une ambiance conviviale. À l’école, il doit se dépêcher et le faire en silence. Un enfant de 4 ans a encore besoin de faire la sieste, pas un repos de 15-20 minutes. L’école ne répond pas à ses besoins de sommeil. Un enfant de 4 ans a besoin de bouger. Mais il n’aura pas la place pour le faire en classe. Plusieurs besoins de l’enfant sont comblés en CPE et ils ne le seront plus à la maternelle 4 ans.

Je le répète, vous avez tous les droits d’inscrire votre enfant dans une maternelle 4 ans. Si vous n’avez jamais envoyé votre enfant en CPE, ce sera peut-être sa seule chance de socialiser. Mais personnellement, mon choix est fait. L’enfance, c’est fait pour jouer, pour apprendre en s’amusant, pour chanter, pour avoir des câlins, pour courir et pour rire aux éclats. Nos enfants auront toute la vie pour apprendre les lettres et les chiffres. C’est pourquoi je n’enverrai pas mes enfants en maternelle 4 ans.

Joanie Fournier

 

Lettre d’une mauvaise mère

Je suis certaine que je ne suis pas la seule maman qui a tendance à

Je suis certaine que je ne suis pas la seule maman qui a tendance à s’autoflageller quand il s’agit de l’éducation de ses enfants… Dès qu’on passe une journée plus difficile, j’ai un don incroyable pour remettre en question mes capacités parentales. Les enfants se disputent? Bah, c’est de ma faute : je n’ai sûrement pas assez insisté sur la résolution de conflits… Les enfants refusent de manger un aliment? Bah, c’est aussi de ma faute : je ne le leur ai sûrement pas présenté assez souvent, ou assez jeunes… Les enfants me crient après? Bah, c’est encore de ma faute : j’ai monté le ton en les disputant hier…

Vous vous reconnaissez, n’est‑ce pas? Je pense que cette culpabilité est arrivée le jour où on a mis ces enfants au monde…

On passe notre temps à se remettre en question… à repenser nos façons de parler et d’intervenir avec eux… Mais est-ce qu’on prend le temps de s’arrêter, parfois, juste pour voir qu’on fait une maudite belle job, au fond?

Cette semaine, j’ai fait quelques pas de recul et j’ai observé mes enfants. Au lieu de focaliser sur les fois où mes filles sont venues me voir en chialant que l’autre avait volé son jouet, ou donné un ordre, ou parlé trop fort, ou regardé de travers, ou je-ne-sais-quoi-d’autre-qui-lui-tape-sur-les-nerfs, j’ai choisi de regarder les autres moments… Ce moment où j’entre dans leur chambre et que je les trouve couchées bras dessus, bras dessous, à regarder un livre d’histoire ensemble. Ce moment où je les entends chanter des comptines en voiture. Ce moment où la plus petite apporte sa doudou à la plus grande, pour la consoler. Ce moment où elles se souhaitent bonne nuit, comme si leurs mots d’amour ne reviendraient jamais. Ces moments…

Je pense qu’il faut regarder de plus en plus ces moments‑là. Il faut enlever nos lunettes de culpabilité-de-mère-indigne, pis regarder qu’on fait toutes une maudite belle job.

Pour ce début d’année scolaire, j’ai regardé ma fille faire sa toute première rentrée en maternelle. Ou en « matapouelle » comme elle aime si bien le dire! Moi qui m’inquiétais pour sa force de caractère, pour ses réactions souvent intenses et, disons‑le, pour sa maudite tête de cochon. J’te jure, elle n’est pas toujours facile d’approche… Pis encore là, j’ai pris le temps d’enlever mes fichues lunettes de culpabilité qui voudraient-que-tout-soit-parfait… Pis j’ai regardé mon enfant. Pour ce qu’elle est. J’ai vu une grande fille déterminée courir vers son enseignante pour lui faire un câlin. J’ai vu une grande fille prête, avec son sac à dos trop lourd, foncer vers la vie qui l’attendait. Elle a fini sa première journée avec des dessins plein les poches et des amis plein le cœur. Faque quelque part… je dois sûrement avoir fait une maudite belle job

Alors je vous donne ce petit truc aujourd’hui. Quand vous passerez votre prochaine soirée de m****, oubliez la broue dans votre toupet, calmez la vapeur qui vous sort des oreilles et allez voir à quel point vos enfants sont formidables. Pis à ce moment‑là, prenez donc une seconde pour vous dire que vous faites une maudite belle job.

Joanie Fournier

 

Pleurer au dernier

La Marie-Madeleine pleureuse en moi est bien cachée. Habituellement

La Marie-Madeleine pleureuse en moi est bien cachée. Habituellement. Je m’exprime plus par les mots que par les larmes. Mais cette semaine, au moment de voir mon petit dernier partir en rang avec sa nouvelle enseignante de maternelle, j’ai versé une larme. Ok, deux.

Après quatre enfants, on s’attendrait à ce que je connaisse la routine. Pour la connaître, je la connais! Par cœur même. Tellement que j’ai pris toute la semaine de congé pour amortir l’impact d’une rentrée progressive en maternelle (le principe est beau, mais vraiment nécessaire avec la majorité des enfants québécois qui connaissent depuis leurs premiers mois la routine de la garderie?). Sur quatre enfants, trois changeaient d’école. Le stress dans le piton pour eux, pour moi. Avoir essayé de combiner horaire de travail et rentrée scolaire cette année aurait été suicidaire.

Une organisation au quart de tour, les seize paires de chaussures achetées et identifiées (extérieures, intérieures, gymnase, service de garde… ça ne compte même pas celles d’extra, pour le look ou pour la température). Les sacs à dos étaient alignés dans les chambres depuis deux semaines, scellés : Ne pas ouvrir avant le 30 août. À vos risques et périls. Au temps et à la concentration que ça prend pour décortiquer toutes les listes scolaires… Il ne faudrait pas envoyer le cahier 32 pages avec interlignes 1,5 à la place du cahier 40 pages avec interlignes pointillés de 1,25…

Accompagner mon fils en classe pour une première heure de contact avec son enseignante, c’était de la petite bière. Ou du petit lait, pour être plus dans le thème. Mon rêve inavoué étant de passer ma vie sur les bancs d’école, j’ai eu peine à cacher ma joie d’être avec lui à son pupitre et de bricoler une couronne. Je jubilais de le voir si heureux, si épanoui. Au milieu du mini groupe d’enfants intimidés par l’école et s’efforçant de rentrer sous le tapis de la classe, mon petit bonhomme rayonnait. Il riait. Il jasait. Sans arrêt. Il était plus que prêt. C’est sûr qu’en tant que quatrième de la fratrie et petit dernier, il avait hâte de faire comme les grands.

Mais le second jour, au moment de le laisser pour deux heures aux bons soins de son enseignante, l’émotion est montée jusqu’à mes yeux. Fierté, sentiment du devoir accompli, joie, et peine de le voir grandir. Ben oui. Peine. Même s’il est rendu là et que je suis très heureuse pour lui. Je ne vivrai plus jamais de rentrée en maternelle (ce qui risque de me rendre la vie plus facile côté emploi!) Ok, peut-être si j’ai des petits-enfants. Mais ce n’est pas pareil. Ce ne sont pas les miens.

Si l’émotion est montée et redescendue en cascade sur mes joues, c’est aussi parce qu’après les dernières semaines occupées à penser à tout pour tout le monde (la fameuse surcharge mentale), je me sentais soulagée (et vidée). Mes quatre poussins étaient à l’école et moi, je me trouvais de l’autre côté de la clôture, hors de portée de mes enfants.

Tout le monde avait survécu à la rentrée, tout le monde avait passé un bel été et était prêt à retourner dans une routine scolaire pour les dix prochains mois. Et moi, je pouvais reprendre mes responsabilités « normales », sans penser au nombre de crayons HB à aiguiser, sans me demander si les étiquettes tiendront toute l’année, sans essayer de détecter l’angoisse dans les yeux de mes protégés avant qu’elle se rende à leurs poings.

Ce soir-là, je suis allée m’échouer sur un tapis de yoga. J’y ai laissé ma fatigue, mon anxiété, mon « court-partout » et mon « pense-à-tout ». Dans la position du cadavre, je suis tombée en état hypnotique, portée que j’étais par plus grand que moi. L’impression d’être arrivée à un port.

Nathalie Courcy

 

Couper le cordon

Elle est là, juste là. La fin que je redoutais tant, le début d

Elle est là, juste là. La fin que je redoutais tant, le début d’une autre aventure qui m’implique un peu moins au quotidien.

C’est la fin de ta petite enfance, le début de ton enfance. C’est l’heure de la rentrée scolaire, ta première.

 Je disais souvent à la blague que ce jour n’arriverait jamais, que j’allais trouver le bouton « pause » bien avant. Cependant, je n’ai pas fait exception aux autres parents il faut croire, je ne l’ai jamais trouvé moi non plus.

Selon plusieurs spécialistes de la petite enfance, tout se joue avant cinq ans. Je veux que tu saches, mon fils, que maman et papa ont joué le match de leur vie pour réussir à t’emmener là où tu devais être aujourd’hui. Tu es là, déjà si grand, et pourtant. Je sais que tu es prêt et que c’est l’ordre des choses, mais on a oublié juste une petite chose… préparer maman.

Ta petite enfance, nous l’avons passée soudés l’un à l’autre. Que ce soit avec moi, avec papa ou juste dans le local d’à côté au CPE. J’ai eu l’immense privilège d’assister à pratiquement tous tes moments de vie depuis que je t’ai mis au monde. Malheureusement, toute bonne chose à une fin, et nous en sommes là. Il est venu pour moi le temps de couper le cordon et de te laisser passer devant moi. Je vais ralentir le pas et me placer derrière toi, pour que je te laisse tracer ta route et pour t’aider à te relever quand tu vas tomber.

Même si je pleure quand tu portes ton sac à dos fièrement ou encore en pleine rencontre à l’école (ouin, pas fière), je veux que tu saches que maman pleure un peu de tristesse, mais surtout de fierté. Te voir grandir est le plus beau privilège qui m’est offert, mais chaque nouvelle étape est un douloureux rappel que le temps qui passe ne reviendra jamais.

Tu as eu la vie que je voulais t’offrir durant ta petite enfance, parce que je pouvais contrôler à ma façon notre temps à nous. Maintenant, je sais que je dois laisser ma place à quelque chose d’aussi gros et d’aussi important.

Fonce mon grand, ne regarde pas derrière parce que de toute manière, il faut avancer. Les moments passés sont imprégnés en nous et ça, même le temps ne peut nous l’enlever. Je n’avais pas prévu que ce serait aussi difficile de te voir grandir, les émotions qui y sont reliées sont toujours aussi contradictoires pour moi.

La seule chose qu’il faut que tu saches, c’est que malgré le temps qui passe et les étapes qui se succèdent, tu restes mon bébé.

Marilyne Lepage

Et si on sautait la maternelle?

Ce n’est pas en septembre qu’on se questionne sur l’école à

Ce n’est pas en septembre qu’on se questionne sur l’école à la maison généralement. C’est plutôt comme drette là, maintenant, en plein cœur de l’année scolaire.

On retrouve donc deux groupes très actifs présentement sur les forums de parents ‑éducateurs. Il y a les familles pour qui ça ne fonctionne plus à l’école pour x raison (comme nous en 2015 avec notre plus vieux). Et il y a les parents qui mijotent l’idée de ne pas inscrire leur enfant à la maternelle (comme nous en 2016 avec notre plus jeune).

Sortir des sentiers battus, au mieux, éveillera quelques inquiétudes; au pire, plongera certains (lire ici : moi!) dans un grand état d’agitation. T’sais quand tu as peur de gâcher la vie de ceux à qui tu tiens comme la prunelle de tes yeux… ça peut te troubler une paix intérieure assez vite!

Peut-être pour calmer les parents anxieux, peut-être aussi juste parce que c’est la réalité… on entend souvent : « La maternelle n’est même pas obligatoire au Québec de toute façon. » Ouch! Que ça me fait grincer des dents…

Ne vous méprenez pas! Que vous souhaitiez tenter les apprentissages en famille (en maternelle, en troisième ou en sixième année), je vous y encourage à 100 %. Je n’ai aucune réserve. Go, allez-y, essayez-le!

Mais on va mettre les choses au clair tout de suite : non obligatoire ne signifie pas sans importance. Obligatoire ou non, la première année du cheminement scolaire de nos enfants mérite toute notre attention. C’est donc avec grand sérieux que j’ai pris la responsabilité d’accompagner mon fils pour sa maternelle.

Est-ce que ça veut dire que notre vie s’est transformée du jour au lendemain? Non. Notre grand joueur-explorateur-créatif a continué à vibrer avec ardeur comme il l’avait fait durant les cinq premières années de sa vie. Nous avons continué à lui offrir un environnement riche et stimulant. Eli Gerzon décrit tellement parfaitement la chose : « It’s when the whole world is your school, instead of school being your whole world. »

Après avoir lu le chapitre « Éducation préscolaire » du Programme de formation de l’école québécoise, j’ai fait mes choix de parent-éducateur et décidé de réserver une petite partie de nos journées aux exercices de lecture et d’écriture. C’est la partie que mes enfants appellent l’école. Est-ce que c’est parfait? Sûrement pas. Mais la plupart du temps, ça va bien et ça va vite. En plus, toute la petite famille est heureuse là-dedans, alors je trouve que c’est bon signe.

Pour être bien honnête avec vous, les cahiers servent surtout à me rassurer. Ils ne représentent qu’une infime partie de tout ce que mes enfants peuvent découvrir dans une journée. C’est pas compliqué, ils sont toujours en apprentissages. Il ne leur viendrait jamais à l’esprit qu’ils font l’école lors de notre routine du soir, quand je leur fais la lecture des aventures de Billy Stuart d’Alain M. Bergeron. Et pourtant!

Puisque c’est la première fois que j’accompagne un enfant dans l’apprentissage de la lecture (mon plus vieux, lui, l’avait appris à l’école), j’expérimente tout ça, moi aussi, en même temps que lui. Comme une jeune maman qui s’informe sur l’allaitement, le développement de l’enfant… j’ai une nouvelle mission et je m’applique à la remplir de mon mieux.

Mon poussin qui débutait la maternelle en 2016 a maintenant sept ans et termine sa première année (encore à la maison). Il lit seul dans son lit avant de s’endormir et rédige au déjeuner, les aventures de sa propre BD, Chat qui mange des chips. Je commence donc tranquillement à dire (pas trop fort quand même) : Mission accomplie. Bien sûr, ça ne fait pas de moi une enseignante. Je serais complètement dépourvue devant une classe d’une vingtaine d’élèves. Mais, comme parent, je commence à avoir confiance en ma capacité à éduquer mes enfants.

Pour celles qui se lancent cette année, voici les 10 principales ressources que j’ai utilisées pour la maternelle :

  1. Le livre Lire et écrire en première année… et pour le reste de sa vie (Yves Nadon)
  2. Les cahiers Enquête au Village des sons 1, 2 et 3 (Josée Laplante)
  3. Le blogue L’atelier d’écriture au primaire pour devenir un auteur « pour le vrai », dès la maternelle
  4. Le livre 40 mini-leçons efficaces pour enseigner l’écriture (Lori Jamison Rog);
  5. Deux après-midis par semaine d’activités variées avec le groupe de soutien des Apprentis-sages de l’Outaouais (mes garçons ont même offert une série de cinq ateliers d’initiation aux échecs à leurs amis)
  6. De nombreuses Activités pour améliorer la connaissance des lettres de l’alphabet (www.sites.fse.ulaval.ca/INDISSE)
  7. Un projet de correspondance Le toutou voyageur, réalisé avec d’autres enfants scolarisés à domicile du Québec
  8. Le programme d’éveil à la lecture et à l’écriture Jouons avec Cornemuse et ses amis! (Cinq ateliers offerts à une vingtaine d’enfants du groupe de soutien des Apprentis-sages de l’Outaouais de 3 à 6 ans)
  9. Les fameuses lettres rugueuses Montessori (version homemade Elizabeth) et un plateau de sucre pour pratiquer les tracés
  10. Une fabuleuse littérature jeunesse. Les préférés de Poussin pour ses premières lectures : la collection Les zigotos (Benoît Charlat), Tom et Tim (De Bourgoing & Calarnou) et Je lis avec Pat le chat (James Dean)

Bonne aventure!

Elizabeth Gobeil Tremblay

Je n’ai plus de bébés!

Dix années. Voilà bientôt dix années que je suis maman. Durant c

Dix années. Voilà bientôt dix années que je suis maman. Durant ces années, j’ai eu la chance, le bonheur, l’apothéose de la joie de créer, avec mon époux et tellement d’amour, trois bébés.

Mais voilà, je n’en ai plus!

Mon plus jeune quittera la jupe de maman du haut de ses cinq ans pour prendre la route de la maternelle! Précédé par ses aînés, il est fort impatient d’être considéré « comme un grand ». Il est prêt, pleinement! Il a une imagination vive, une curiosité débordante et une énergie qu’on devra quelque peu encadrer, je m’y attends. Mais il est plus que prêt. Son école en est de celles qui excellent. Sa future enseignante et lui se connaissent déjà et s’apprécient pleinement. Bref, tout est P‑A‑R‑F‑A‑I‑T.

MAIS MOI?

Égoïstement, maman, elle… n’est pas prête! Ne l’a jamais été et ne le sera jamais. Je n’ai pas été prête lorsque mon aîné a pris l’autobus scolaire pour la première fois. Je me suis précipitée au sous-sol en pleurant, allez savoir pourquoi. Lui aussi était prêt, même bien au-delà! Il faisait l’école « à la maison » depuis déjà bien des mois! Pour ma fille, ma puce à moi, j’ai pleuré tout autant. Elle était « bien préparée », mais plus réservée.

Cela fait quatre années que bébé regarde les « grands » partir, sac au dos, et il en rêve! À trois ans, il disait à qui lui demandait :

          Vas-tu à l’école?

          Oui.

          Mais tu as quel âge?

          J’ai cinq ans! Torse bombé, épaules bien droites, empli de l’espoir de se faire croire.

Mais cette fois, c’est VRAI. Il aura dans moins d’un mois ce cinq ans si attendu de sa part.

La maison me paraîtra bien vide en septembre. Je sais, il sera temps pour moi de passer à une toute nouvelle routine, celle d’avoir du temps. Le temps de faire le ménage calmement, le temps pour le lavage sans devoir plier trois fois les mêmes morceaux. Le temps de lire, d’écrire et de peindre. Le temps de m’entraîner, de prendre « soin » de moi.

Mais surtout, le temps de m’ennuyer.

Je suis de ces mères accros à sa marmaille, celle qui planifie tout son emploi de temps selon ses enfants. Qui se plie à LEURS activités. En septembre, je vais avoir du temps pour avoir MES activités!

Je ne mentirai pas, j’ai parfois hâte. Lorsque mon bébé-qui-n’en-n’est-plus-un me fait la vie dure à la maison, je soupire en lui disant : « Tu es dû pour l’école, toi! Vivement l’automne! » Mais sincèrement, après avoir passé près de dix années à ne vivre qu’à travers eux nuit et jour, me retrouver avec autant de « temps » m’effraie un peu.

Je SAIS que je vais bien m’occuper après un peu d’adaptation. Mais j’anticipe et parfois, je ressens une certaine, minuscule, mais bien présente, panique.

Au-delà de ma personne, j’ai confiance. Je suis fière de mes trois amours. Je suis envahie d’euphorie à les voir si bien évoluer, s’épanouir et devenir les « grands » de demain. J’aurai tout au moins participé à cette élévation humaine. Maman est comblée, mais malgré mes dires en ce moment, maman reste déchirée.

Je n’ai plus de bébés, ne me dites pas d’en faire un autre : ce temps est passé!

Mais je n’ai plus de bébés : je me le répète, car ce matin, alors que j’ouvrais mon traitement de texte, fiston avec ses quatre ans et trois quarts (selon ses propres dires!) m’a regardée et m’a dit : « Maman, tu sais, quand je vais aller à l’école, tu vas pouvoir faire ton travail d’écrire et je ne vais pas pouvoir te déranger. Alors aujourd’hui, on va pratiquer ça: je vais aller dans la salle de jeux et tu vas écrire comme si j’étais pas là! Allez, maman, t’es capable! »

Définitivement… bébé est devenu grand. **émue**

Simplement Ghislaine

 

La rentrée, l’étape des grands changements

Déjà la fin du mois de septembre arrive.  La rentrée parait si loin et à la fois si proche. Cet

Déjà la fin du mois de septembre arrive.  La rentrée parait si loin et à la fois si proche. Cette année, ma fille passait de la maternelle à la première année. Comme maman, j’ai toujours été fière de chacune des étapes de sa vie et j’ai toujours regardé vers l’avant pour elle et avec elle, mais là, je dois avouer, j’ai eu une faiblesse.

En six ans d’expériences, j’ai eu un choc. J’ai trouvé cette étape beaucoup plus émotive et prenante que beaucoup d’autres. La première année pour moi c’est l’entrée officielle dans l’enfance. La maternelle sert de tremplin pour quitter la petite enfance, mais là c’est sérieux. Ton enfant veut entrer seul à l’école, la directrice t’avise que tu n’es plus autorisée à aller à son casier le soir avec elle afin de ramasser le sac à dos. Aussi, ton enfant habille du 7-8 à l’Aubainerie donc fini les petits mauves et la Reine des Neiges. C’est maintenant beaucoup plus adulte. Étrangement, ces vêtements commencent à ressembler aux tiens.

Tout ça, tu le vis en l’espace de deux-trois semaines, tout juste après avoir terminé les sept semaines de camps de jour. Ce camp de gymnastique l’a fait vieillir en l’espace de si peu de temps.

Il y a aussi la notion d’inclure les devoirs dans la routine du soir… Oui, c’est important et je crois au fait qu’il doit y en avoir. Cependant, dans la tête de ma fille de six ans, comme je suis déjà allée en première année, j’ai déjà eu des devoirs et j’ai déjà eu SES devoirs… En termes clairs, pour elle j’avais déjà fait ces mêmes devoirs alors, go maman, opère…

Oui, c’est tout ça la rentrée. J’ai lu, l’an dernier, qu’au fond ce moment de l’année c’est un peu comme le passage vers la nouvelle année à la fin décembre. Je ne comprenais pas nécessairement pourquoi ce parallèle, mais là, cette année, oui, je comprends et c’est vrai. La rentrée, c’est maintenant une étape importante dans l’année chez moi. Ce moment va au-delà de la lecture du « spécial boite à lunch » de la meilleure revue en kiosque. Cette étape te fait réfléchir sur ton enfant et te fait constater à quel point il vieillit.

Je vous écris ce mot en l’entendant ronfler gaiment sur toutes les nouvelles connaissances que son cerveau est en train d’assimiler. Je suis fière et je suis aussi très excitée car d’ici quelques heures je serai une grande tante. Le neveu de mon conjoint est à l’hôpital pour la venue de sa première fille…. Je n’ai qu’un air en tête, que c’est beau, c’est beau la vie.

Choix santé pour la boîte à lunch

Soyons francs, il n'est pas de tout repos de faire un lunch pour l'école!
  • Trop de sucre

    Soyons francs, il n’est pas de tout repos de faire un lunch pour l’école!

    • Trop de sucre par là
    • Trop de sel aussi
    • Ohh les méchants OGM
    • Pas assez de fibres
    • S.O.S.: ARACHIDES EN VUE !!!

    Bref, de quoi nous donner bien des maux de tête. De plus, les idées ne se bousculent malheureusement pas lorsque vient le temps de parler des repas pour la boîte à lunch. Plusieurs d’entre-nous avons la fâcheuse habitude de mettre des repas “plattes” 🙂

    Vous savez, le fameux lunch “Sandwich, céleris/carottes, pommes, yogourt et barre tendre”. Aucun jugement ici, parce que quand vient le temps de préparer les boîtes à lunch, nous sommes les premiers à nous frapper la tête contre le mur et à choisir la fameuse option: FACILITÉ. Et ça inclus le repas mentionné ci-haut (Oui oui, honte à nous! De là le bonheur des repas chauds à l’école ; ).

    Voici un article publié par les supermarchés METRO, afin d’avoir de bonnes idées pour les lunchs de nos enfants : http://www.metro.ca/conseils-astuces/abc-cuisine/cuisiner-simplement/boite-lunch/idees-pour-boite-lunch-enfants.fr.html

    Bonne lecture 🙂

     

    Crédit photo : csss-iugs.ca