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Éducatrices en voie de disparition ?

Je ne serais pas surprise de voir une pub du ministère de la Faune, pour n

Je ne serais pas surprise de voir une pub du ministère de la Faune, pour nous dire à quel point nous sommes en voie de disparaître. Tu sais, comme celle que nous avions dans le temps (ceux et celles qui sont dans la quarantaine comprendront lol).

Les listes d’éducatrices remplaçantes fondent à vue d’œil. Il est difficile de se faire remplacer et encore plus d’avoir des vacances. Les bancs des cégeps se vident, il n’y a plus que quelques inscriptions à la technique. Seulement quelques courageuses terminent les trois ans et gardent la flamme de la passion allumée, malgré la réalité à laquelle elles sont confrontées en stage.

Cette réalité de faire plus avec beaucoup moins, parce que nous subissons chaque année des coupures considérables du gouvernement. Celui‑là même qui a louangé notre présence en mots en temps de pandémie, mais pas vraiment en actions.

Cette réalité de non-reconnaissance de notre métier. Parce que c’est vrai, nous ne sommes pas reconnues. Il y a de l’amélioration, mais encore tellement de chemin à faire. Trop souvent encore, je me fais appeler gardienne. Non, je ne suis pas une gardienne, je suis une éducatrice. J’ai trois ans d’études pour le prouver. Ma table de chevet est remplie de livres sur le développement de l’enfant, sur les nouvelles approches parce que je me tiens à jour. 

Parce que je me fais encore dire que ce que je fais n’est pas un travail, parce que selon certains, je garde des enfants. Oui, j’ai la chance de m’accomplir en présence d’enfants et oui, en jouant. Pourtant, je connais le développement de l’enfant sur le bout des doigts. Je connais les différentes sphères du développement et ce qu’elles comportent. Je sais ce qu’est la zone proximale de développement et comment je dois y arriver pour chacun des enfants de mon groupe. Parce que oui, elle diffère pour chacun. Pour y arriver, j’observe, je note. Je monte des activités, je choisis des jeux pour chacun. 

Parce que je travaille chaque jour, je mets tout en œuvre pour appliquer le programme éducatif « Accueillir la petite enfance ». Parce que je veux offrir un service de qualité à chacun de mes petits trésors. Parce que je les aime tellement fort. J’essaie de toujours être sur la coche, je suis en constante adaptation. On favorise le jeu libre ! Ha non ! Là, c’est le jeu actif en nature. Finalement, tu devrais favoriser l’imagination avec le « loose part ». Ah pis tant qu’à faire, mélange donc tout ça. N’oublie pas d’aménager ta salle pour qu’elle ressemble le plus à leur environnement naturel (maison). Mais on (le gouvernement) ne vous donne pas plus de budget. 

Ça fait que je suis devenue une pro des ventes de garages et du design d’intérieur. Ah oui ! N’oublie pas que même si on (le gouvernement) met de superbes photos de grandes salles bien aménagées, ben toi, tu dois faire pareil, mais dans un espace trois fois moins grand.

Ça, c’est mon quotidien. Oui, je l’ai choisi, mais il n’en demeure pas moins de plus en plus difficile. 

C’est pourquoi nous clamons haut et fort, nous éducatrices, de meilleures conditions de travail, ce qui veut aussi dire un meilleur salaire. Parce que OUI, on mérite un meilleur salaire (et oui, je suis prête à me faire lancer des roches).

C’est triste de voir que la passion de la petite enfance s’en va. C’est tellement le plus beau métier du monde.

Mais à la suite de l’écriture de ce texte, je comprends que l’adolescente de 16-17 ans ne soit pas attirée par mon travail.

Moi, ça fait près de vingt ans que la petite enfance, c’est ma vie… C’est le plus beau métier du monde.

Il faut être passionnée pour tenir le coup.


Mélanie Paradis, éducatrice survivante.

Un sport de gars… Watch her!

Je suis là, dans les estrades. Je regarde le match de football. Le

Je suis là, dans les estrades. Je regarde le match de football. Le numéro 66 est prêt… Elle est prête. Elle attend le ballon, qu’elle remettra au quart-arrière. La remise est parfaite. Elle sortira du terrain après le match, en disant avec des étoiles dans les yeux : « J’ai protégé mes gars! ». Et moi, je verrai la fierté dans les yeux de sa mère, parce que sa fille vit sa passion malgré les embûches.

Elle est là, à célébrer la victoire, entourée de son gang, son gang de gars. Elle est heureuse, elle a trouvé sa voie, elle a trouvé son sport. Elle est à sa place dans ce sport de gars.

Elle a su faire sa place dans son équipe. She’s one of the boys! De toute façon, qui aurait pu l’arrêter? Qui aurait pu arrêter autant de courage, de détermination, de passion et de persévérance? Elle a découvert ce sport grâce à son grand frère. Maintenant, elle vit sa passion grâce à lui (son idole).

Son père ne peut qu’admirer sa détermination. Elle qui avant, abandonnait les autres sports dits de filles, se présente chaque soir aux pratiques. Elle ne manque aucun match et apporte une influence positive à son équipe. Il est tellement fier de tous ses efforts et de son talent!

Elle n’est pas seule. D’autres aussi, chaque jour, vivent leur passion malgré les préjugés. Que ce soit le petit gars qui enfile ses chaussons de ballet. La petite fille qui saute sur la glace, bâton de hockey à la main, prête à monter au but.

Et vous parents, vous qui encouragez vos enfants à poursuivre leur rêve. Vous qui devez parfois feindre la surdité, pour ne pas entendre les commentaires pleins de stéréotypes. Vous qui devez parfois essuyer les larmes qui roulent sur les joues de vos enfants, parce que d’autres rient de leur passion.

C’est grâce à vous, chers parents, que nous voyons des Charlie Bilodeau se démarquer en patin artistique, des Justine Pelletier en rugby et des Marie-Philip Poulin au hockey. Vous qui accompagnez vos enfants, qui les aidez à surmonter les épreuves. Vous qui croyez en eux tellement fort, c’est en vous qu’ils puisent cette force pour continuer.

Et toi qui te dépasses dans ton sport, qui surmontes les moqueries : continue de croire en toi et en tes rêves parce que tu donneras le courage à d’autres d’affronter les stéréotypes et de croire eux aussi que tout est possible.

Mélanie Paradis

 

Faire la pluie et le beau temps…

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Dans mon bain, ce soir, j’entends la voix de Colette.

 

LA Colette.

 

Colette Provencher, celle qui déterminait ce que j’allais porter, si mon parapluie allait me suivre ou non, celle qui rassurait tous les parents du Québec.

 

Je me suis mise à réfléchir à sa carrière, à son parcours, à son complice, Pierre Bruneau. Leurs voix ont bercé mon enfance et celle de tant d’enfants au Québec.

 

La voix de Colette, bienveillante, douce, calme. J’ai soudainement réalisé que j’étais devenue cette maman qui cherchait à se rassurer sur la météo du lendemain, cette maman qui attendait les conseils de Colette.

 

Puis, j’ai pensé : une chroniqueuse météo, d’ordinaire, c’est de passage? On ne fait pas la pluie et le beau temps toute une vie? Comment se fait-il qu’elle exerce toujours ce métier avec autant d’étincelles dans le regard?

 

Franchement, Colette, tu as toute mon admiration! Aucun site Internet, aucune application ne peut parvenir à affirmer avec autant d’assurance le temps qu’il fera demain. Tu as quelque chose d’unique qui fait que nous avons l’impression de te connaître. Tu fais partie de notre heure du souper, de notre routine familiale. Je dois avouer que de nous quitter doit être pour toi impensable.😉

 

Merci de faire partie de mes souvenirs d’enfance; que le soleil brille pour toi encore longtemps!

 

 

Karine Lamarche

 

 

La mauvaise herbe

La mauvaise herbe

« Une mauv

La mauvaise herbe

« Une mauvaise herbe est une plante dont on n’a pas encore trouvé les vertus. » Martin Luther King

Le suicide de trop. Le possible suicide de Zombie Boy a fait régurgiter tous les autres qui sont restés coincés dans ma gorge. Robin Williams, Kurt Cobain, Chester Bennington, les multiples tentatives de ma tante et de ma meilleure amie, sans oublier plusieurs autres personnes qui gravitent plus ou moins loin de mon univers. Des êtres vivants, uniques, qui cherchaient à vivre, à provoquer et surtout à flamboyer à travers la verdure, la pelouse et les (très) plates bandes de notre société.

Pourquoi tous ceux et celles chez qui je perçois une lueur dans le regard semblable à la mienne finissent‑ils par s’enlever la vie? Ils s’effacent à grand spray d’injures toxiques quotidiennes. Peut‑être par déformation professionnelle, j’aime, non, j’adore la différence, ce qui dépasse, ce qui égratigne; j’aime les diamants bruts, les passionnés. Ils m’inspirent et rendent le monde plus beau, plus intense, plus vivant. J’aime la mauvaise herbe.

Pourquoi cette beauté épineuse cherche‑t‑elle à mourir? Comme la mauvaise herbe avons‑nous peur de perdre le contrôle de cette nature fougueuse, forte, fière et si fragile paradoxalement? Aussi différentes soient-elles, n’oublions pas que ces personnes sont des nôtres. Chaque fleur, plante, arbre et herbe a sa place. Peut‑être ne  les planteriez‑vous pas dans votre jardin, mais de grâce, ne les détruisez pas. La mauvaise herbe de certains est curative pour d’autres. Écoutez‑les et laissez‑les s’épanouir. La vie et la fougue semblent avoir atteint ses limites.

Eva Staire

Devenir un grand joueur de hockey : le rêve d’un ti-cul

C’est du haut des six ans de mon p’tit bonhomme que ce grand rê

C’est du haut des six ans de mon p’tit bonhomme que ce grand rêve lui est apparu. Après avoir donné le meilleur de lui‑même lors d’une partie, il a été nommé le joueur du match. Y’en fallait pas plus pour allumer un p’tit feu à l’intérieur de lui. Après la partie, le retour à la maison fut bien ordinaire… sauf pour lui. Avec la petite étincelle au fond des yeux, il est venu nous voir et nous a dit : « Maman, papa, je veux patiner avec les grands et je veux jouer au hockey plus souvent… »

Tout simplement, mais avec une détermination nouvelle dans les yeux.

Depuis qu’il est haut comme trois pommes qu’il joue au hockey. Plus jeune, il voyait son grand frère et voulait faire comme lui. Mais au bout de quinze minutes, il était tanné. Des fois, on était vraiment découragés, mais on y allait quand même. On courait les pratiques, les matchs, les tournois, les camps et j’en passe.

Malgré sa facilité, il avait une nonchalance incroyable. On lui demandait si c’était vraiment ce qu’il voulait et nous répondait que oui, mais nous montrait tout le contraire.

Et puis, il a eu cette partie. Il était partout. Il faisait des passes pratiquement les yeux fermés, se lançait à plat ventre pour bloquer les tirs, partait en échappée avec une facilité incroyable. Mon chum et moi, on s’est regardés et on n’en croyait pas nos yeux. Ce n’était pas notre p’tit gars ça ?!

Qu’est-ce qu’il a bien pu manger ce matin‑là, j’en ai aucune mausus d’idée, mais maudit que j’aurais dû le noter ! On ne le reconnaissait pas. On voyait toute la volonté du monde dans un ti-cul de six ans.

« Maman, je veux jouer avec les grands ! »

Parce qu’il tripe lorsqu’il doit repousser ses limites. Il n’est pas toujours capable, mais maudit qu’il travaille fort et qu’il est beau à voir. Il fait de son mieux pis y’est ben fier.

Est-ce que c’est le meilleur ? Non. Mais ma job, c’est qu’il évolue avec les meilleurs. Trouver des coachs qui vont le pousser comme il aime être poussé. Trouver des cours où il peut aller triper avec « les grands ». Trouver des ligues où il sera à sa place.

Parce que dans le monde du hockey, des « vendeurs de chars », y’en a ! Y vont te faire croire que ton enfant a du talent quand ils veulent juste ton cash. Son évolution, ils en ont rien à foutre. Parce qu’à la minute où il ne fournira plus, il va être remplacé plus vite qu’un lancer frappé en pleines dents. Ben oui, même à six ans…

Mon but est de l’accompagner aussi loin qu’il voudra bien se rendre. Qu’il continue à triper à pratiquer ce sport aussi longtemps que possible. Et s’il continue à jouer dans une ligue de garage une fois adulte, ben ce sera mission accomplie pour moi. Parce qu’au fond, il jouera avec les grands, t’sais. Je n’y ferai pas d’accroire en lui disant qu’il jouera dans la Ligue nationale : les chances qu’il y arrive sont quasiment nulles. Je ne lui dirai pas non plus que c’est impossible, on sait jamais. En autant qu’il tripe avec sa gang de chums et qu’il ait toujours ses papillons dans l’ventre lorsqu’il part en échappée, c’est tout ce qui compte pour moi.

Je vais être là quand il va sortir de la chambre, les épaules bien droites de fierté après une belle victoire. Mais je serai aussi là lorsqu’il sera démoli par la défaite. Parce que c’est ça, la beauté du sport. On apprend que dans la vie, on ne peut pas toujours gagner, t’sais.

Je serai présente pour l’accompagner dans sa petite carrière de joueur de hockey. Je vais continuer de l’amener à gauche pis à droite pour ses pratiques, ses games, ses tournois pis tout le tralala. Pis je serai toujours la première à crier comme une folle dans les estrades : GO ! GO ! GO!

La hockey mom

Geneviève Dutrisac

Elle a, elle aussi, allumé la flamme!

Madyson a six ans, elle est en première année et dans les dernier

Madyson a six ans, elle est en première année et dans les derniers jours, elle a aussi été une experte des Jeux olympiques de Pyeongchang. J’aurais aimé dire que c’est grâce à moi… Quelle belle idée d’intéresser des enfants, même de cet âge, aux Jeux olympiques! Mais je dois avouer que l’idée vient de son enseignante, Madame Isabelle, qui a allumé la flamme des Jeux dans le cœur de ma petite Mady.

Chaque soir, elle revenait la tête pleine d’informations qu’elle me partageait. Que ce soit le résultat de nos athlètes canadiens, ou encore le nom et le nombre des disciplines, ou encore des informations sur la Corée du Sud, ou encore des enseignements sur la persévérance, l’importance de rêver et de mettre l’énergie et les efforts pour réaliser nos rêves. Elle était devenue pour moi une vraie petite encyclopédie. Si je me posais une question sur les Jeux, c’est à ma petite fille de six ans que je la posais. Ses petits yeux s’allumaient de passion lorsqu’elle me répondait.

C’est avec plaisir que nous nous sommes aussi laissé porter par la vague des Jeux. Nous avons regardé plusieurs compétitions sur le divan en pyjama, collées toutes les deux sous un gros doudou. Nous avons vécu ensemble de grands moments d’euphorie, d’autres de déception et d’autres d’espoir. Nous avons crié ensemble lors de performances surprises de certains de nos athlètes. J’allais la réveiller le matin en lui nommant les médailles que nous avions remportées pendant qu’elle dormait. On visionnait les performances qu’elle avait manquées.

Lors de la cérémonie de clôture, j’étais émue de voir la réussite de nos athlètes, la déception de certains. Mais j’étais aussi triste parce que tous ces beaux moments partagés avec ma fille prenaient maintenant fin.

Mais contrairement à la flamme olympique, celle dans le cœur de ma fille est toujours allumée. Si je me fie aux paroles de ma fille, son enseignante mérite une médaille d’or.

« Maman, dans quatre ans lors des Jeux de Pékin, j’espère que mon prof sera aussi hot que madame Isabelle et qu’on en parlera aussi, parce que c’était vraiment trop cool! »

Merci Madame Isabelle!

Mélanie Paradis

L’incomprise

Je m’emballe. Je parle vite. Je parle fort. Mon dieu que je parle

Je m’emballe. Je parle vite. Je parle fort. Mon dieu que je parle fort! J’exprime le feu que j’ai en dedans sans être totalement capable de dire les mots exacts. J’ai l’impression de venir d’une autre planète! L’impression que les gens ne comprennent pas le feu qui brûle et pourquoi il brûle. Ils me disent qu’ils comprennent, mais ne savent pas à quel point c’est une urgence pour moi. Une urgence de me délivrer, de me réaliser, de continuer d’être passionnée, car la passion m’allume! La passion me tient en vie, sinon j’en mourrais.

     Un travail à la chaîne et faire la même chose chaque jour?

     Au secours!

J’ai peur. Peur de vieillir. Peur de regretter. Peur de ne pas vivre mon rêve. T’sais le rêve de petite fille, celui qui, habituellement, finit par passer? T’sais le rêve qu’on se sent un peu niaiseux de continuer de nourrir en vieillissant? Celui où on se dit qu’on devrait abandonner parce que ça n’a pas de sens? En fait, c’est quoi, « avoir du sens »? Moi, mon rêve, je ne veux pas qu’il meure! Plus je vieillis, plus il grandit. Plus il brûle, plus il fait mal et plus il me donne l’urgence de vivre. Vivre à cent milles à l’heure! Mon cœur bat vite. J’ai l’impression d’être incomprise! « Est folle! » « Est bizarre et naïve ». Mais non, j’y crois.

     Eille la grande, on ne fait pas tout ce qu’on veut dans la vie! Accepte-le.

     Ouach non!

Je me sens seule. Seule dans un monde où le monde ne pense qu’à survivre. Travailler pour vivre, vivre pour travailler. Travailler pour ne manquer de rien. Même si on n’aime pas, on travaille, sans passion, sans étincelles. Mais pas moi. Je ne veux pas! Je refuse de travailler pour survivre. Survivre pour travailler. Je ne veux pas regretter!

     Vieillir et regretter?

     Non merci!

J’ai peur! Je suis une étourdie dans un monde droit. Je suis une écervelée dans un monde sans courbe. J’ai envie de vivre! Ma passion me fait vivre! Ça oui! Dans mon monde, le feu me tient! Il me tient la main pour que je ne me perde pas en chemin! Un chemin rempli de bosses, de courbes et d’embûches certes, mais un chemin où l’abandon n’existe pas. Le feu me tient par la main pour que j’aille au bout du chemin. Le chemin de ma vie, de mon rêve.

     Rêvez.

     Osez.

     Réalisez.

     Vivez.

Tania Di Sei

Je suis une éducatrice

Je suis une éducatrice. À travers les années qui ont fil

Je suis une éducatrice. À travers les années qui ont filé plus vite que les étoiles filantes, j’ai croisé le chemin de centaines d’enfants… J’ai été passionnée et motivée, plus souvent qu’à mon tour. Je suis celle qui déborde d’énergie, qui a des idées plein la tête et des projets toujours aussi créatifs. Ces enfants, tous ceux que j’ai croisés, ont marqué mon cœur d’une façon ou d’une autre.

J’ai été celle à qui on confie les groupes plus difficiles et les enfants plus turbulents. J’ai été celle à qui on a répété : « Mais comment tu fais avec celui-là? » C’est si simple… Pour moi, un enfant est un livre rempli de pages blanches. C’est à nous, adultes responsables et aimants, de lui montrer comment écrire son histoire. Un enfant qui a eu un départ difficile dans la vie ou qui a fait de mauvais choix ne doit surtout pas cesser d’écrire son histoire. Le livre de sa vie sera plein de rebondissements et il est toujours temps d’en changer le dénouement.

J’ai rencontré des enfants attachants, des enfants pour qui j’ai eu des coups de foudre. Ceux-là m’ont marquée au fer et dans mon cœur, le temps s’arrête quand je pense à eux. Rose a encore trois ans et me tient la main dans la cour du CPE… Zyad arbore toujours son sourire vainqueur quand je le maquille… Alice a encore 18 mois et me saute dans les bras quand sa maman part… Dans mon cœur, ces souvenirs sont impérissables et j’ai peine à croire que les années ont passé…

J’ai travaillé dans tous les types de milieux et j’en ai vu de toutes les couleurs. J’ai fait des projets impensables avec des enfants de 9-10 ans et j’en ai bercé des bébés. Je pense que je me souviens de l’odeur de chaque bébé que j’ai bécoté dans le cou…

J’ai tourné aujourd’hui une page importante de ma carrière. Mais je n’oublie pas. Je n’oublierai jamais vos enfants. Et à vous, chers parents, je dois vous dire merci. Merci de m’avoir permis d’aimer vos enfants. Merci de m’avoir confié ce que vous avez de plus cher. Merci pour votre confiance, jour après jour. Merci.

Et à mes chers enfants… aux vôtres en réalité… Merci mille fois. Merci Hubert de me regarder avec tant d’amour et d’admiration. Merci Violette pour tes mille câlins volés dans une journée. Merci Elliot de m’avoir appris le nom de chacun des dinosaures. Merci Leila de t’être ouverte et épanouie à mes côtés. Merci Edouard de m’avoir permis de te regarder grandir. Merci Florence pour ta vivacité d’esprit. Merci Lily de m’avoir offert tes premiers pas. Merci d’avoir fait de moi l’éducatrice passionnée que je suis. Merci de m’avoir donné le droit de vous aimer, pour de vrai.

J’ai eu une chance inouïe de voir s’épanouir ces enfants, ces frères, ces sœurs et ces familles. Et oui, notre travail est parfois ingrat, parce que ces petites âmes peuvent nous oublier avec le temps… Mais j’espère encore me rappeler de tous ces visages. Et si ma mémoire faillit, je sais que j’ai reçu assez d’amour pour toute une vie.

L’éducatrice de vos enfants se dévoue pour eux. Demain matin, prenez-la dans vos bras. Donnez-lui une autre dose d’amour, pour l’aider à se rappeler toute sa vie…

Joanie Fournier

 

Maman, on le sait bien que tu as choisi Papa parce qu’il dit toujours oui

Nous venons de déménager en Italie. Ça fait exactement une semain

Nous venons de déménager en Italie. Ça fait exactement une semaine que notre avion a atterri à l’aéroport de Naples. Seulement une semaine et pourtant, la quantité de choses accomplies est phénoménale. Est-ce trop?

Je ne sais plus quoi penser de nos trois visites à l’IperCoop (un genre de géant Walmart), de notre premier pique-nique (préparé de mes blanches mains) au pied d’un ancien temple romain, de mes trois entraînements (un bel Italien a même essayé de m’expliquer comment mieux me positionner pour mes squats)… Honnêtement, la liste est longue. Sans compter le cours de cuisine et mes efforts constants pour apprendre la langue. La seule phrase que je refuse obstinément de prononcer est « Je ne parle pas italien ». Alors, est-ce le moment de réaliser que je suis hyperactive? Définitivement, l’expatriation me pousse à l’introspection…

Ça me rappelle une conversation avec mon fils dans l’auto (oui, les réflexions les plus surprenantes surgissent souvent dans l’auto chez nous aussi!) On parlait d’amour et mon fils, qui avait huit ans à l’époque, me balance : « Maman, on le sait bien que tu as choisi Papa parce qu’il dit toujours oui ».

Quoi!?! Raisonnablement, il ne pouvait pas faire référence à ce qui se passe dans l’intimité de la chambre à coucher, alors qu’est-ce qu’il pouvait bien vouloir dire? Moi qui croyais offrir à mes enfants un si beau modèle de relation amoureuse, incluant une communication respectueuse…

Après une profonde inspiration (c’est bon aussi pour les parents, ce truc-là!), la situation fut clarifiée. Il se souvenait que je lui avais déjà partagé à quel point j’appréciais le fait que Papa est généralement partant lorsque je lui propose, pleine d’enthousiasme, une nouvelle activité que j’ai dénichée. En effet, une des plus grandes qualités de mon chum est de bien vivre avec le fait que, même si j’ai décrété « farniente » pour le weekend, après 24 heures, je suis déjà prête pour l’aventure. Je n’ai besoin que d’un court moment pour recharger mes batteries.

Mon cerveau est en constante ébullition et j’ai l’impression de devoir le nourrir régulièrement en découvertes et expériences. Ceci me demande un effort particulier puisque je suis maman à la maison et que nous vivons du seul salaire de mon mari. Je dois donc rester à l’affût des activités gratuites pour les familles : une visite guidée en forêt, un laissez-passer pour le musée distribué par la bibliothèque, une fête de quartier, un film ou un spectacle en plein air… Ces activités sont gratuites, mais c’est généralement notre samedi après-midi qui y passe. Et un moment de repos est une denrée précieuse pour un jeune père (heu, qu’est-ce que je dis-là? Pour tout le monde!) Alors oui, c’est bien vrai, j’ai beaucoup de chance d’avoir trouvé un conjoint qui ne pousse pas de grands soupirs quand je lui propose une nouvelle sortie.

En fait, c’est ainsi que ma réflexion italienne s’est conclue. Oui, certains pourraient me trouver hyperactive, mais mon amoureux, lui, me trouve passionnée. Tant que ma famille est heureuse et que je laisse à chacun le temps de remplir ses réserves d’énergie, il ne me reste plus qu’à m’assumer, je crois.

Elizabeth Gobeil Tremblay

Toi, le paparazzi

Tu as toujours aimé faire des photos. Déjà enfant, tu admirais la

Tu as toujours aimé faire des photos. Déjà enfant, tu admirais la vie à travers un objectif. Tu as eu ta première caméra à onze ans et depuis, tu mitrailles! Chaque étape de ta vie est gravée dans cet appareil, chaque petit bout de nature qui t’a enchanté, chaque moment que tu trouvais drôle, émouvant ou rare.

Depuis que tu as des enfants, ça a pris des proportions incontrôlables! « Clic clic », tu prends des photos à longueur de journée! Ils sont si beaux ces petits amours! Tu refuses de manquer une étape et tu te promènes la caméra greffée à la main.

Vite! Il se met debout! Clic! Il est sur le pot! (non mais t’sais…) Clic! Il mange sa première purée de brocolis et en met partout! Clic! Il est si cute dans le bain! Clic! (Tu te feras chicaner plus tard pour cette photo-là, crois‑moi!) Bébé a vidé tout le tiroir de plats Ziploc! Clic! Grand-papa lui donne son biberon! Clic! Il joue avec le chien! Clic! Il escalade les marches de la galerie! Clic! Il dort (enfin)! Clic clic clic!

En grandissant, ils vont se tanner tes enfants, alors, tu voleras des images en cachette, des moments drôles et précieux immortalisés à la sauvette.

La technologie t’offre des applications toutes plus fascinantes les unes que les autres. Tu retravailles, tu recadres, tu mets des filtres, tu partages, tu tagues et tu hashtagues. Tu adores Instagram, tu penses Instagram, tu vis Instagram!

Tu es le paparazzi des enfants, des arbres, des musiciens, des oiseaux, de tes chiens, des rivières, de ton assiette (oui, oui, tu prends même tes plats en photo!), de la lune, du soleil, de la pluie, de la neige… tu vis en photographies…

Tu as embarqué dans la mode des selfies et tu poses un peu partout à la recherche de l’image qui aura le plus de succès. Tu es alerte et tu as toujours le doigt sur le piton. Tu prends une photo aussi vite qu’un cowboy dégaine son gun lors d’un duel.

Tu imprimes et tu colles ces images dans de grands albums que tu aimes tant regarder, collé sur tes enfants lors des journées pluvieuses d’automne. Tous ces petits moments figés et si vite oubliés reprennent vie au rythme des pages que tu tournes. Tu réalises alors à quel point le temps passe si vite et combien tu es heureux d’avoir volé des petits morceaux de vie afin de les savourer encore et encore. Ces souvenirs en images sont les témoins de petits bouts de bonheur. En effet, à chaque « clic », tu es heureux, car tu arrêtes un peu le temps.

Mais parfois, prends-tu le temps de relâcher la pression sur le petit bouton et de savourer l’instant? Abandonne donc un moment ta caméra et regarde avec tes yeux à toi, car c’est encore plus beau quand on vit et que l’on regarde sans filtre. Les plus belles images ne sont-elles pas celles qui sont gravées dans ta mémoire?

 

Gwendoline Duchaine

Passion à la puissance 1000!

« Tu ne peux plus dessiner » AAAAAAAAHHHH!!!! Pourquoi cette r

« Tu ne peux plus dessiner » AAAAAAAAHHHH!!!! Pourquoi cette réaction? Parce que c’est ma passion. Oui, passion. Une passion, c’est une activité, un animal ou autre qu’on adore à un point où si quelqu’un nous disait qu’on ne peut plus pratiquer cette activité, voir cet animal, etc., on pleurerait jusqu’à la fin de nos jours.
Mais à quoi ça sert? Je ne pourrais pas dire en quoi une passion est bénéfique pour vous, mais pour moi, je peux. J’ai plusieurs passions (eh oui, ça se peut!) et leurs effets sont quelque peu différents. La comédie musicale me donne un boost d’énergie, le dessin me calme ou m’anime selon la journée, et la lecture, c’est pareil. Par contre, toutes mes passions me donnent la motivation de me lever le matin et d’entamer la journée avec un sourire dans le visage, même si j’ai un examen de maths.
Une passion, ça peut aussi faire évoluer une personne. Par exemple, avant de faire mon premier camp de théâtre, j’étais la petite fille la plus gênée du monde. Cette passion a fait de moi une adolescente qui n’a pas peur de s’exprimer (et qui a tellement d’histoires à raconter que parler pourrait presque être une passion pour moi!). Ça peut aussi aider à combler le besoin d’appartenance d’une personne si elle fait une activité qui se fait en groupe, comme les cadets ou les scouts.
Une même passion peut être partagée par les membres d’une famille, ou pas. Ma grand-mère, ma mère et moi adorons l’art, mais malgré les années de cours d’échecs et les nombreux tournois, mon père n’a pas réussi à partager sa passion pour les échecs avec moi…

Une passion n’est pas éphémère. Ça peut même mener à une carrière. Même si je ne sais pas ce que je vais faire plus tard, l’espoir de devenir professeure d’art ou de théâtre me fait vivre avec bonheur!