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Culpabilité, mon amie

J’ai réalisé une capsule en direct sur la page Facebook de M

J’ai réalisé une capsule en direct sur la page Facebook de Ma Famille Mon Chaos parce que je commençais à lire plusieurs commentaires de parents qui ressentent de la pression sociale à être le parent parfait en temps de crise #Covid-19. Plusieurs parlent de leur sentiment de culpabilité d’être à demi présent à la maison avec les enfants parce qu’ils sont en télétravail. La situation actuelle implique qu’on se donne le temps de s’ajuster et de revenir à l’essentiel. Je n’ai pas la vérité. Je suis aussi mère de trois enfants et j’ai moi aussi reçu un coup de pelle en plein front comme Dre Pascale Brillon nous le disait à Tout le monde en parle. Et j’organise tranquillement de mieux en mieux ma vie désorganisée. Lors de ce direct, je vous ai promis un article sur la culpabilité et les apprentissages qu’on peut en tirer. Le voici !

La culpabilité, c’est un sentiment universel. Un sentiment avec lequel on fait fatalement connaissance au moment où on devient parent. La culpabilité, selon Wikipédia, est une émotion causée par la transgression d’une norme morale. Ouin, t’sais, quand t’n’as pas eu le comportement du parent idéal selon ta Bible du parent 101, celle composée de tes valeurs parentales. Devenir parent, ça rend fort, qu’on se le dise, que ce soit en situation inhabituelle comme en ce moment ou en temps normal.

Oui, on affronte des situations inimaginables tous les jours. On est testé, oui testé ! Et la fatalité quand on est parent, c’est de devoir se l’avouer. S’avouer que tôt ou tard dans la journée, il y en aura un qui va « péter sa coche ». Oui, ça va arriver ; une chicane, un accident, un NON ! Et ça va complètement envoyer le plan de ta journée en l’air parce que tu vas intervenir. Ces scènes de chaos qui interpellent le meilleur de toi pour intervenir avec bienveillance vont peut-être plutôt réveiller le pire de toi et inévitablement, te faire sentir COUPABLE ! Et ça fait mal, mal à ton cœur de mère, mal à ton cœur de père.

Le problème avec la culpabilité, c’est le chemin vers lequel elle t’appelle. T’sais, le chemin sombre de la colère, de la violence qu’on se fait à soi‑même et qui développe malgré nous une bien mauvaise estime de nous en tant que parent, une bien mauvaise image de nous comme mère, ou comme père et qui nous fait parfois baisser les bras parce que de toute évidence, nous n’y arriverons juste pas. Ça fait mal de voir qu’on n’est pas aussi patient qu’on le voudrait, pas aussi calme qu’on le pourrait et qu’au final, on finit même par percevoir notre enfant négativement.

On finit à tort par penser qu’il est le seul problème dans l’équation, alors qu’il n’y a que nous à blâmer de ne pas avoir remué bienveillance et patience en nous. Ça devient un cercle sans fin qui remue culpabilité, colère et impuissance. NONONONNON ! Je n’ai pas choisi de fonder une famille pour être frustrée et pour me sentir coupable le reste de ma vie. Qu’on se le dise, actuellement, notre niveau de stress plus élevé qu’à l’habitude peut nous amener à être encore plus réactif qu’à l’habitude. C’est pourquoi nous avons besoin de respirer, de nous accueillir et de nous donner du temps pour nous ajuster et tisser des liens encore plus forts avec nos enfants.

Comment on se sort de cette culpabilité sans fin ?

On est humain. J’ai l’impression que je vais toujours naviguer entre fierté et déception. Que je vais traverser des tempêtes et naviguer en me laissant porter par le courant. La vie, c’est un cycle avec ses hauts et ses bas. Plus j’apprends à me connaître, plus je peux réagir différemment. Je sais que je vivrai encore de la culpabilité et je ne la vois pas comme une ennemie. Je m’en fais tranquillement une amie. Et avec cette amie la Culpabilité, je jase. On fait ensemble certaines réflexions. Là, tu me trouves bizarre. Je te comprends. La vie pour moi, c’est une chaîne sans fin d’apprentissages et l’utilité de mon amie la Culpabilité, c’est certainement de découvrir ce qu’elle veut me dire.

Admettons que je prends un exemple de la vie courante. Une fois, ma fille est partie en pleurant parce qu’elle ne voulait pas faire son lit et que j’ai insisté. Elle m’a trouvée dure et je me suis remise en question parce que je me sentais coupable de l’avoir fait pleurer. À ce moment, je peux plonger dans les remords, l’inquiétude de la voir partir triste et fâchée contre moi. Je peux avoir le goût de changer mes règles de la maison pour ne plus la faire pleurer, mais j’irais contre mes valeurs. C’est déchirant et je pourrais me tourmenter longtemps.

Je pourrais aussi me demander ce que mon amie la Culpabilité voulait me dire. Quelle était son intention positive pour moi ? Et si ma Culpabilité voulait me dire que j’avais raison de tenir mon bout même si c’est difficile pour ma fille ? Que je n’aime pas voir ma fille pleurer même quand c’est pour son bien et que c’est correct. Peut-être que ça me donnerait le goût de lui expliquer pourquoi c’est important pour moi qu’elle fasse son lit le matin. Et si ma Culpabilité voulait me signifier que ma fille était fatiguée ? Peut‑être que sur le coup, je lui aurais promis un moment de détente ce soir pour la féliciter de faire son lit quand même ou que je l’aurais aidé un peu en le faisant avec elle.

Reconnaître la Culpabilité comme une amie qui veut me dire quelque chose plutôt que de plonger dans les tourments, c’est ça qui me fait avancer. Être orientée vers les solutions, vers ce que je peux changer : ma réaction, mes pensées, mes paroles, mes gestes. Quand je sens que mon amie la Culpabilité est là, je m’en sers comme d’un repère pour me demander ce que je dois comprendre. Ensuite, je prends position. Dans cette vision, je prends conscience de mes responsabilités et j’apprends à mieux réagir sans tomber dans les remords, les tourments, la dévalorisation parce que je ne suis pas parfaite.

De cette façon, je m’améliore continuellement. Sans pression, sans remords je prends mes responsabilités. Si je sens que j’ai des excuses à demander parce que j’ai mal réagi, je prends le temps de m’excuser et de demander pardon à mes enfants. Je prends le temps de m’expliquer et je prends le temps de dire à mes enfants quelles seront mes attentes envers eux à l’avenir. La Culpabilité est mon amie. Elle m’aide à utiliser le meilleur de moi‑même. Si je sens qu’elle devient mon ennemie parce qu’elle m’entraîne dans mes coins sombres, je me demande ce que je dois tirer comme leçon. Et la vie continue ! J’ai rédigé un exercice si tu as le goût de t’y référer pour apprendre d’une situation qui a généré de la culpabilité chez toi.

J’apprends constamment et j’évolue avec mes enfants. Ce que je souhaite le plus sincèrement, c’est que le temps que je passe avec mes enfants en ce moment me permette de tisser mes liens avec eux. Un jour, j’aimerais qu’on s’en reparle en se disant : on a fait plein de choses ensemble et ça nous a rapprochés ! Et vous, qu’est‑ce que vous aimeriez vous dire quand ce sera fini et que la vie aura repris son cours ? De quoi serez‑vous le plus fier ?

Stéphanie Dionne

 

La boîte à lunch oubliée

Toute seule sur le bord de la porte, elle me fixe. Abandonnée, nég

Toute seule sur le bord de la porte, elle me fixe. Abandonnée, négligée… Elle communique par télépathie et son message est clair: « Il va falloir que tu m’apportes à l’école ce matin, parce que le p’tit, lui, il m’a complètement oubliée. » Un vrai duel western entre elle et moi.

Il y a d’abord l’instinct qui embarque. Une maman, ça protège ses petits. Surtout de la faim. C’est le fun parce qu’il n’y a pas d’ambiguïté sur ce dossier-là. Les enfants ont faim, les parents les nourrissent, point final. C’est pas comme les microbes, les tests non réussis, les petits tannants de cour d’école… et un autre paquet d’affaires qu’on ne peut pas contrôler.

La décision devrait donc être facile à prendre : je lui apporte sa boîte à lunch à l’école.

Mais attends un peu là… Il n’a pas cinq ans, il en a onze. Est-ce que c’est encore ma responsabilité ou c’est maintenant la sienne? En réparant son erreur, est-ce que je lui donne vraiment un coup de main ou est-ce que je le pousse vers l’irresponsabilité chronique? Est-ce qu’un jour, il fera une bêtise et on me dira : « Toi, t’étais du genre à arriver en sauveuse à l’école quand ton fils oubliait sa boîte à lunch, hein? ». Est-ce que j’assume l’étiquette qu’un juge de la bonne conduite (voire une autre maman aussi perdue que moi!) m’apposera dans un futur 5 à 7?

Bref, si je veux qu’il retire une bonne leçon de ça, aussi bien le laisser se débrouiller seul, c’est clair.

Mais se débrouiller… ça ressemble à quoi, exactement, tes options, en 6e année, quand t’as rien à manger? T’apprends quoi de ça? C’est assez limité, faut l’avouer. C’est pas comme au secondaire. Tu ne peux pas décider de t’acheter quelque chose à la cafétéria ou retourner chez toi pour dîner… Ça risque de ressembler à un estomac qui va gargouiller tout l’après-midi chez un pré-ado qui mange habituellement comme dix. Mais c’est encore drôle… Si je lui en laissais la chance, il pourrait me surprendre. Un peu d’entraide entre copains, ça aussi, ça resserre les liens.

Voyons, je suis là à essayer de prévoir ce qui pourrait ressortir d’un simple oubli… Et si je faisais juste preuve d’un peu d’empathie et que je me mettais à sa place quelques instants? Si j’avais oublié mon lunch, moi, comment est-ce que je me sentirais? Qu’est-ce que je souhaiterais que mon chum fasse s’il avait la possibilité de m’aider? Ben, je serais fâchée contre moi-même d’avoir été distraite et j’apprécierais que n’importe qui que je considère dans mon équipe me dépanne. Mais là, on pourrait me dire : « Est-ce réellement une bonne idée de se demander comment on souhaiterait qu’un ami réagisse? C’est ça, tu te prends pour son amie. T’as oublié que t’étais sa mère. C’est pas la même chose. » Mer-de.

Un autre cas de spirale infernale d’angoisse maternelle.

Et puis, on fait quoi à la fin? On l’apporte ou non cette boîte du diable?

Elizabeth Gobeil Tremblay

Ce que je veux dire, c’est…

Ce que je veux dire, c’est exactement ce que j’ai dit ou demand

Ce que je veux dire, c’est exactement ce que j’ai dit ou demandé. Ni plus ni moins.

Par contre, parfois, je n’ose pas demander, de peur que l’autre interprète mes propos différemment, tente d’y trouver un sens plus profond.

On entend et lit très souvent, quasi partout, tant de la part des professionnels de la santé et de l’éducation, des blogues traitant de la parentalité ou de monsieur et madame tout le monde, qu’on doit demander de l’aide, que ça prend un village pour élever des enfants… Je suis d’accord. Je suis la première à offrir mon aide et si on m’appelle, c’est certain que j’essaie de m’organiser avec chéri-mari et les enfants pour répondre positivement, et je serai là avec plaisir. Néanmoins, j’ai de la difficulté à le faire. Je me dis que c’est chéri-mari et moi qui avons choisi de faire des enfants, pas les membres de notre entourage. Ce n’est pas leur responsabilité, je n’ai pas à leur imposer de partager ce qui n’appartient qu’à nous…

Puis, dernièrement, une amie maman a partagé une publication sur sa page Facebook (une traduction d’un texte de Charity Beth). C’était assez long, mais somme toute, ça disait que les demandes des mamans ne sont pas plus que ce qu’elles énoncent, que leurs actions à un instant donné ne représentent pas nécessairement leur quotidien. Par exemple, une maman qui servira des céréales pour souper ne le fait pas généralement tous les soirs, que celle qui perd patience ne le fait pas souvent pour autant, qu’une maman qui dit être fatiguée ne veut pas dire qu’elle regrette sa maternité. Elle est simplement fatiguée, point.

« Quand une mère dit qu’elle a besoin d’aide pour faire les choses, c’est tout ce qu’elle veut dire. Elle ne veut pas dire qu’elle n’est pas capable. » Cette phrase m’a particulièrement interpellée. Quand le stress et l’anxiété montent, je sais rationnellement que de l’aide me ferait le plus grand bien. Qu’avoir de la compagnie durant mes journées ou mes soirées solos les adoucit autant pour moi que pour les enfants. Après tout, c’est beaucoup plus agréable pour mon grand de trois ans de jouer à un jeu de société avec une amie de maman que de rester très calme en s’occupant seul pendant que son bébé frère boit son lait, même s’il est capable de le faire.

Mais comme je suis capable et que nos familles et nos amis n’ont pas demandé à ce qu’on ait des enfants, je n’ose pas les solliciter ou encore trop peu.

Quand je parlais récemment à une amie de ce malaise d’imposer nos responsabilités à notre entourage, elle m’a dit que bien que j’aie raison de dire que nos enfants sont notre choix à chéri-mari et moi uniquement, ceux qui nous aiment voudront nous aider et prendre soin de nous, et de nos enfants par le fait même. Même s’ils ne sont pas obligés de le faire ou justement parce qu’ils ne le sont pas.

C’est vrai que c’est également parce que je me préoccupe de ceux que j’aime que ça me fait plaisir de les aider, même si leurs choix ne m’appartiennent pas.

Ces paroles résonnent encore en moi, font leur chemin tranquillement. Je me répète également que je peux être capable et recevoir de l’aide ; ce n’est pas incompatible.

Jessica Archambault

 

L’armoire en coin

Vous sav

Vous savez, celle qui sert de fourre-tout…

Dans sa partie au-dessus du comptoir. Trois étages de pur fouillis. Ici, le royaume du pêle-mêle. Les plats de plastique, les couvercles – avec le temps, pas nécessairement des couples bien assortis – et, pour la tablette du haut, les trucs rarement utilisés. Utilisés? Il faut dire que l’organisatrice responsable avait les limites de son 1,58 m.

Au moins, elle savait me rendre utile en cuisine.

Je vide le lave-vaisselle. J’ouvre la porte… Ça me tombe dessus en cascade. Des couvercles, surtout. Tôt le matin, un véritable défi pour le Dalaï en moi. J’ai le goût de pester. Pire, de la réveiller. Après tout, c’est bien de partager avec la maisonnée ses états d’âme. Non?

Je sais que c’est elle. Je l’ai vue, hier, se préparer des lunchs. Des pâtes, avec une sauce qu’elle n’aurait jamais aimée si j’avais osé. Résolue. Avec toute l’assurance de sa génération de branchés. Y compris pour utiliser un rond mal adapté au chaudron. Les ados, un conseil… il doit, idéalement, avoir le même diamètre que le chaudron utilisé. Je me doute qu’ils ne doivent pas en parler sur YouTube.

L’évier est rempli de bonnes intentions.

Ses premiers lunchs de travail. Pour son premier vrai travail. Un horaire à respecter, un uniforme à laver. Souvent. Je la trouve si belle en uniforme, elle me rappelle les agents de bord d’Air France. Ses premières payes rapidement flambées. Surtout pour des souliers. Lorsqu’elle a réalisé que la mode ne résiste pas à la douleur de travailler de longues heures debout.

Elle me raconte son quotidien. Comment les clients la félicitent pour son sourire. Un sourire qu’on voit de plus en plus, nous aussi. Qu’elle est appréciée de ses collègues. T’sais, même celles de ton âge, papa. Ouch! Bien sûr, quelques gaffes. Manipuler rapidement des trucs toute la journée, des fois… Dans ce nouveau monde, elle se sent valorisée.

Je reviens à l’armoire.

Ma fille fait des démarches d’autonomie. Pour se prendre en charge, de son mieux. Ça me fait réfléchir à mon rôle de parent. Le temps passe si vite. Je m’entends encore lui chanter « Mon Joe », pour l’endormir. Une dépendance totale. La mienne. Je dois alors accueillir tout aussi tendrement ses essais… et ses erreurs.

Je souris.

Elle me donne l’occasion rêvée de faire un grand ménage. Il est plus que temps. Surtout que, pour ma part, je n’ai rien à craindre. Personne ne me dira quoi faire. Ni ne tentera de m’expliquer la logique de base/armoire 101. Ça me manque, cette complicité imposée. J’apprécie alors davantage la chance de voir ma fille évoluer, sous mes yeux.

Je reste tellement fier de toi, ma fille…

 

michel

 

Mes valeurs GPS

- Nathalie, quelles sont tes valeurs à toi ? Qu’est-ce qui guide tes décisions et tes actions

– Nathalie, quelles sont tes valeurs à toi ? Qu’est-ce qui guide tes décisions et tes actions en tout temps pour ta famille ?

– Euh… tu me demandes ça là, là ? Quand j’ai le cerveau englué par un rhume et des neurones d’escargot sur le valium ?

Mon psy appelle un chat un chat, et c’est ce que j’aime chez lui. Pas de niaisage. Il pose les questions directement, sans passer par Freud et sa clique.

Mes valeurs… Je les connais, mais les expliquer en quelques mots, c’est une autre histoire. Surtout que « quelques mots » et « Nathalie », ça fait deux. Trois… mais bref. Mes valeurs.

– La liberté. Mais pas une liberté qui autorise à faire tout ce qu’on veut n’importe quand sans se soucier des autres. Plutôt une liberté qui dit qu’on peut tout faire si on y met les efforts. Une liberté qui dit qu’on est libre pour autant qu’on assume les impacts positifs et négatifs de nos choix.

– Donc, une liberté responsable. Tu veux responsabiliser tes enfants, c’est bien ça ?

– Oui… mais pas dans le sens de leur donner une liste de tâches à accomplir. Mes enfants n’ont jamais eu de liste de tâches accrochée au mur. Par contre, ils prennent des initiatives, ils aident dans la maison, ils prennent soin les uns des autres, par choix.

Pas facile, trouver la bonne nuance pour expliquer une valeur sur laquelle on construit tout son style de parentalité.

– Ok, donc, une liberté responsable, qui encourage tes enfants à choisir librement ce qu’ils veulent faire et à faire des choix pour y arriver.

– Oui, c’est ça. Une liberté responsable. Une invitation à déployer leurs ailes, à croire en eux et à agir.

– D’accord, et tu guides tes actions là-dessus. Quelle autre valeur est primordiale pour toi ?

– Euh…

La liberté responsable, c’était évident. J’ai été élevée là-dedans. On peut être tout ce qu’on veut, mais il faut s’arranger pour que ça arrive. La technique de la visualisation positive et de la prière à l’Univers, ça marche, mais juste à condition de ne pas se croiser les bras.

– L’amour ?

– Hein ? Ah, ben oui !

– Tu aimes tes enfants ? Tu le leur montres ?

– Tout le temps ! Et eux aussi, ils expriment beaucoup d’amour. Envers moi. Entre eux. Envers eux‑mêmes. Essentiel.

Et là, je souris. Je revois le câlin bisou-doux que mon Tiloup me donne chaque matin dès qu’il se lève. Je revois ma Cocotte qui me prend dans ses bras et flatte mes cheveux en disant : « Ma belle maman, j’espère que tu vas guérir bientôt et te sentir bien… » J’entends mon comique de cinq ans qui a le bouton « Je t’aime » sur Repeat plusieurs fois par jour. Je vois ma grande Peanut qui offre de préparer le souper quand je suis fatiguée.

– Oui, l’amour. Je n’y avais pas pensé. Pour moi, c’était juste normal d’aimer et de le montrer. Mais c’est vrai qu’il faut choisir d’aimer et accepter d’être aimé.

Mes enfants sont très affectueux. Pas trop, pas du genre gossant ou dépendant affectif, pas du genre « saute sur tout ce qui bouge ». Mais affectueux et démonstratifs. Ils expriment leur amour par des mots, par des gestes, de petites attentions qui font du bien, une empathie qui guérit.

Quand je vois mes garçons donner un câlin à leurs amis, je me souviens que « dans mon temps », les gars, ça ne se collait pas. Je me souviens que dans la famille dans laquelle j’ai grandi, les contacts physiques étaient discrets, plutôt rares. Je me sentais aimée, mais j’ai dû apprendre à le dire et à le montrer. Et visiblement, j’ai transmis cette valeur à mes enfants. Ça leur arrive d’être passés maîtres dans le tirage de couettes. Mais le plus souvent, ils se complimentent, s’entraident, se font sentir importants les uns, les autres.

Amour + liberté responsable = humains lumineux.

S’ils continuent de fonder leurs choix sur l’amour qu’ils ont pour eux-mêmes, pour les autres et pour la Terre, s’ils continuent de se sentir libres d’être et de faire ce qu’ils veulent et responsables de leur liberté, mes enfants continueront d’être de bonnes personnes. Et ils continueront de m’é-mère-veiller, d’éveiller en moi la meilleure mère que je peux être pour eux.

Oui, mes valeurs me servent de GPS et guident mes actions. Et mon GPS me guide tout droit vers le bonheur.

Si vous prenez une minute pour vous demander « Sur quelles valeurs est-ce que je fonde mes actions comme parent ? », quelle est votre réponse ?

Nathalie Courcy

Ta deuxième vie débuta un 1er juillet

À toi qui rêves de liberté. Qui aspires à te propulser dans le v

À toi qui rêves de liberté. Qui aspires à te propulser dans le vaste monde des adultes à la vitesse grand V. Toi qui crois en toi et en ta vie.

Nous y voici. À ce grand jour dont tu trépignais tellement d’envie et où nous nous questionnions à savoir si nous avions failli à notre tâche à un certain moment donné… Si nous avions omis de t’inculquer des choses qui te seront importantes pour affronter seule les aléas de la vie, de TA propre vie.

Le jour où la fille de mon conjoint nous a annoncé qu’elle avait déniché LE coin de paradis pour aller compléter ses études, j’ai versé des larmes. Une fois de plus. Comme quatorze ans auparavant lors de son entrée en maternelle. Ma voix s’est éteinte au bout du fil et je marmonnais sans cesse des « Je suis contente pour toi ! Tu sembles si heureuse ! ». Mes balbutiements m’empêchaient en fait de sombrer dans les questions existentielles.

Elle a grandi. Je sais qu’elle a su lire à travers ma voix éteinte toutes mes inquiétudes. Mais elle n’a pas l’expérience de pouvoir les comprendre. Puis, à son arrivée à la maison, elle nous a déroulé sous le nez son billet pour sa liberté… Ce bail avec ces milles signatures et initiales, ses annexes et alinéas. Plus les pages tournaient, plus notre cœur battait la chamade… Et si nous avions omis de lui enseigner quelques choses d’ultra important !?

Puis, pendant les semaines qui nous séparaient du jour J, on s’était fait des plans afin de lui permettre de vivre ses nouvelles responsabilités. De petites suggestions ici et là qui, dites autrefois, n’auraient pas eu le même impact. Lui permettre de devenir l’adulte qu’elle voulait devenir avant son grand départ. On acceptait un tant soit peu qu’elle en soit rendue là… et que c’est grâce à nous tous qui avions gravité autour d’elle qu’elle s’y était si bien rendue.

Le contexte de son départ ne se fait pas dans la cohue ou dans la discorde, mais plutôt dans son affirmation de jeune adulte qui clame haut et fort : « Faites-moi confiance ! »

Depuis qu’elle a l’âge de marcher que son papa et sa maman choisissent ce qui est le mieux pour elle. Lors de leur séparation, leurs choix ont toujours été faits dans l’intérêt de leur enfant. Qu’elle obtienne les meilleures chances afin de se développer et de vivre de belles occasions.

Un peu à la manière de la maman canne, nous lui permettons de déployer vigoureusement ses ailes en tentant de garder pour nous-mêmes nos inquiétudes afin de ne pas les lui transmettre. L’important réside dans le fait qu’elle sache que peu importe ce qui va se passer, nous serons là pour l’accompagner. Il y a toutefois une large marge entre « la sauver de toutes les situations qu’elle rencontrera en faisant tout et en payant tout à sa place », et l’accompagner dans la quête de ses responsabilités.

Le rôle de parent consiste en gros à s’assurer d’offrir à l’enfant un brin d’estime de soi, à lui permettre d’acquérir l’autonomie et le sens des responsabilités nécessaires une fois rendu à l’âge adulte. À cela s’ajoute l’équilibre émotionnel et un niveau de développement social, tout en assurant les besoins de base. C’est tout un contrat ! Le bail d’une vie qui nous appartient jusqu’au jour où nos enfants veulent s’émanciper, se libérer de nous, de notre autorité.

Mais il n’y a rien de plus beau que de voir un enfant déployer ses ailes et foncer tête première dans sa plus belle aventure : devenir responsable. Chaque réussite lui appartient à part entière. À chaque embûche rencontrée, nous serons là pour la soutenir et l’épauler. Mais nous ne ferons rien à sa place.

Lorsque ce jour est arrivé, je me suis sentie comme la première fois où je l’avais laissée seule dans l’immense cour de récréation avec pour seule référence sa nouvelle enseignante rencontrée cinq grosses minutes auparavant. Seule avec son immense sac à dos pour la protéger de tout, de tous et pour s’y lover. Elle tenait fermement les bretelles de son sac comme elle avait tenu ma main lorsque nous avions franchi la clôture d’accès à la cour quelques minutes avant. Mes yeux remplis de larmes et le cœur en miettes, mais remplis de fierté, je la laissais plantée là, en l’observant au loin.

Puis, la même émotion de séparation m’est revenue deux autres fois, à trois ans d’intervalles. J’ai toujours eu le même cœur serré et les mêmes yeux dans l’eau. J’ai pleuré de la voir si grande, pleuré d’être incertaine de mes tâches de maman que j’avais accomplies, pleuré pour tout et pour rien. Chacune des larmes laissaient couler une émotion différente. Mais les retours étaient tellement agréables. Tellement remplis de joies. Je passais du vide en moi et je me sentais à nouveau remplie par cette présence.

La semaine dernière, nous étions tous là pour déménager sa petite vie emballée dans des boîtes de carton. Nous étions tous là, pour souligner cette étape. J’ai eu du mal, une fois de plus, à la laisser plantée là, seule… au cas où elle aurait encore besoin de nous. Mais son amoureux était là. Ses colocataires seront là. Et nous resterons là, à l’attendre pour qu’elle nous raconte sa vie. Sa vie où nous resterons, quelque part.

Et cette étape se répètera. Deux fois encore où je revivrai la même sensation de vide en moi. Où il y aura les mêmes incertitudes, les mêmes inquiétudes. Mais aussi la même immense satisfaction du devoir accompli. Et les retrouvailles de toute ma famille qui se réunira le plus souvent possible autour de la table pour que chacun me raconte sa vie. Des retrouvailles qui me feront oublier ces étapes d’affranchissement.

Bonne chance ! La vie te sera belle !

Et si… si jamais il y a des si… sache que notre porte te sera toujours ouverte.

Mylène Groleau

Parfois maman est fatiguée

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M’étant sauvée de la folie urbaine le temps d’une courte journée, accompagnée de mes trois enfants, je suis appuyée contre la rampe du balcon, le regard vers les montagnes. C’est magnifique. Les larmes me montent aux yeux. Je suis exténuée, vidée, j’ai la simple envie de m’écrouler par terre.

Je regarde cette vue incroyable et j’ai peine à croire que je peux me sentir ainsi. J’ai envie d’éclater en sanglots afin de laisser ce trop-plein de stress, de responsabilités et de fatigue sortir de mon corps. J’ai envie de me recroqueviller en position fœtale l’espace d’un moment et d’être complètement vulnérable. Lamentable. Faible.

Parce que le temps semble s’être arrêté pendant cinq minuscules minutes, je prends conscience de tout ce poids que j’ai sur les épaules. Je suis sur le point de craquer. J’ai la folle envie de délaisser ce fardeau, que nous, adultes, traînons de nos épaules malmenées. Les factures, l’hypothèque, l’école, les rendez-vous, les responsabilités vis-à-vis nos enfants, l’éducation, le travail et j’en passe. Vous savez, ce putain de fardeau qui vient avec le fait d’être un adulte responsable.

Les larmes se mettent à couler silencieusement le long de mes joues. Je n’ai aucune raison valable de pleurer. Mes enfants sont en santé, j’ai un conjoint merveilleux et un toit pour ma famille, mais pourtant, j’ai une boule d’épuisement qui brûle en moi. Je me sens me consumer à petit feu.

Le regard vers le vide, j’essaie de me rappeler ce sentiment de légèreté. Je vois mon fils passer et j’envie tout à coup cette belle naïveté des enfants. Cette ignorance de bonheur. Je voudrais être dans ces petits souliers salis de boue, à chasser les monstres imaginaires. Tout comme ma fille, je voudrais faire virevolter ma jupe dans tous les sens simplement parce que je la trouve jolie. Au diable les fesses à l’air!

Mais je dois donner l’exemple. Même fatiguée, il faut continuer d’avancer.

Mon aîné vient me voir et me dit : « Tu pleures, maman? » Et je lui réponds tendrement : « Non mon chéri, maman est simplement fatiguée. » Et c’est vrai, je suis juste fatiguée, si fatiguée…

Ai-je le droit de dire que je suis fatiguée d’être fatiguée? Je voudrais avoir toute l’énergie du monde pour faire tout ce que je veux faire. Je voudrais avoir toute l’énergie du monde pour suivre mes enfants dans chaque activité qu’ils désirent faire. Je voudrais avoir toute l’énergie du monde pour prendre soin de chéri. Pour prendre soin de moi.

Voilà que ma plus jeune crie : « Maman! » Alors j’essuie mes larmes et je cours la retrouver. « Attrape-moi, maman! » Me voilà repartie. Malgré la fatigue, je cours après ma puce. Elle me fait rire, elle est magnifique. Mes garçons se mêlent au jeu. Un mélange de rires, de cris, de chatouilles, de pur bonheur me fait complètement oublier ce moment d’épuisement.

Mes enfants sont heureux, en santé et c’est tout ce qui compte réellement au fond.

 

Geneviève Dutrisac

Je déteste cuisiner!

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Je déteste cuisiner. Je fais à manger parce que je n’ai pas le choix. Je cuisine simplement et de façon équilibrée. Au quotidien, c’est moi qui suis dans la cuisine. Mes enfants n’ont jamais ingurgité de bouffe toute préparée depuis qu’ils sont nés. J’ai confectionné des tonnes de purées de légumes, de compotes de fruits, de biscuits et de mets en tout genre.

Et un soir…

– Maman, mes amis ont toujours des lunchs trop délicieux pis moi, je mange de la « scrap ».

– Quoi???

– Pourquoi tu ne fais pas mes lunchs?

– Parce que tu as quatorze ans et que je pense que ça ne te rendrait pas service… Et comment sais-tu que les repas de tes amis sont si bons?

– Ils ont « l’air » bons.

– Fais-toi des lunchs qui ont de l’allure alors.

– C’est à toi de me cuisiner de bonnes choses, que je pourrais mettre dans des plats et apporter à l’école.

– Je le fais avec mes lunchs à moi, je cuisine tous les dimanches et je fais MES lunchs, parce que j’ai préparé TES lunchs pendant des années et que tu chialais tout le temps. Alors un jour, il y a trois ans, j’ai arrêté de faire de toi un assisté qui râle. T’es pas content? Fais ta bouffe.

– Quand papa est là, lui au moins, il cuisine de bonnes choses…

VLAN. Ledit papa qui est à la maison peu souvent et qui ne travaille pas quand il est là… ce chéri qui adore cuisiner et mijoter des petits plats, inventer des recettes, fouiller, trouver de nouveaux ingrédients… Ce soir-là, j’aurais pu trouver plein d’excuses pour mon garçon : je manque de temps, je travaille trop, c’est cher des bons aliments… Mais je dois me rendre à l’évidence : je déteste cuisiner!

– Je préférerais que tu aimes cuisiner…

– Pis que je passe des heures dans la cuisine, au lieu de lire, faire du sport, aller voir mes amis, pour que tu engloutisses le repas en trois minutes? NO WAY! Tu sais lire?

– Ouin?

– Bah check des recettes et cuisine ce que tu as envie, go! Fais-toi plaisir, mon homme!

Pourquoi je me sens jugée parce que je n’aime pas cuisiner? Je n’aime tellement pas ça que j’ai allaité longtemps mes enfants pour ne pas avoir à leur préparer de biberons! Je n’ai aucun fun debout, seule dans ma cuisine pendant que le monde s’amuse! Recevoir à souper est pour moi une corvée!

Par obligation, et par souci d’une saine alimentation, je cuisine chaque jour. J’essaie de varier, je manque souvent d’idées et trente minutes avant le repas, je ne sais jamais ce que nous allons manger. Je ne supporte pas de tout organiser à l’avance. J’ouvre le réfrigérateur et je me décide. Chaque jour…

Alors quand mon ado de quatorze ans me reproche le fait qu’il mange de la « scrap », je suis blessée et fâchée. Mais j’assume ce point : je déteste cuisiner! Et ça ne fait pas de moi une mauvaise maman!

 Gwendoline Duchaine

L’allergie au « j’ai pas le choix »

« J’ai pas

« J’ai pas le choix, je dois travailler pour payer mes comptes, pour faire vivre ma famille. »

« J’ai pas le choix, je dois absolument laver le plancher aujourd’hui. »

« J’ai pas le choix, il faut que je me repose si je veux être en forme. »

Je suis allergique aux « j’ai pas le choix », aux « il faut que » et aux « je dois ». Je suis pour la liberté responsable. Pas pour la liberté paresseuse qui refuse de se lever le matin et qui se plaint ensuite de ne pas avoir tout cuit dans le bec.

Ma mère m’a élevée avec la notion de choix, de liberté. On a toujours le choix. On a le choix de porter du noir ou des couleurs dans des funérailles. On a le choix de se lever à l’heure ou de partir en retard. On a le choix de garder notre emploi ou de tout quitter. On a le devoir d’assumer nos choix, aussi.

Si tu portes une robe flyée multicolore aux funérailles, ça se peut que tu te fasses dévisager par matante Carmen. Ou que tu reçoives des félicitations parce que tu illumines une journée sombre. Si tu te lèves toujours à l’heure, il y a des bonnes chances pour que ton employeur, tes enfants, le coach de hockey, l’apprécient. Il se peut aussi qu’à la longue, tu sois perçue comme le réveille-matin familial ou que tu t’épuises à force de ne jamais te donner de lousse. Si tu es tout le temps en retard, le risque est grand pour que tu te fasses montrer la porte à l’école et au travail. Mais peut-être aussi que ça te fera comprendre qu’un emploi de 8 à 4, ce n’est pas pour toi. N’essayez pas de me faire croire que l’avenir appartient seulement à ceux qui se lèvent tôt! Il y a une méchante gang d’artistes à succès qui reviennent des salles de spectacles à l’heure où d’autres démarrent leur voiture pour se rendre au boulot.

Quand j’étais jeune, je n’ai jamais ressenti de pression pour aller à l’université ou au collège privé, pas plus que j’en ai eu pour aller au public ou pour rapporter un salaire pendant mes études. Le deal était clair : étudier, c’est un travail. Tant que tu le fais bien, ça s’équivaut; tu peux habiter sous le toit familial sans payer. Mes frères ont aussi entendu le même discours. Au bout du compte, on a autant fait des études supérieures que des stages en entreprise, des formations d’apprentis et des formations sur le tas. On est allés au privé et au public, selon nos désirs. Et maintenant, on travaille tous, dans des domaines bien différents, mais qui nous rendent heureux et autonomes.

À quoi ça aurait servi que notre mère nous mette de la pression pour faire ce qu’elle considérait comme une réussite? Têtus comme on était, on aurait sûrement eu le même cheminement, avec plus de conflits et de « t’as pas rapp! » Parce qu’avec la force d’assumer ses choix et de croire en sa liberté, vient aussi une propension à la tête de mule. Il faut être bâti solide par en dedans pour garder la tête haute quand on se fait demander pourquoi on travaille au gouvernement alors qu’on a un PhD en littérature. Ou pourquoi notre emploi de camionneur nous comble alors qu’on a une maîtrise en éducation spécialisée.

Des fois, la tête dure de mes enfants, j’en ai marre. L’ostinite aiguë dont ils souffrent tous, je la mettrais aux vidanges, le temps de les élever sans être sans cesse contestée. Mais bon. Ce n’est pas de même que ça marche. Depuis qu’ils sont mini, on a élevé nos cocos d’amour dans la notion de liberté et de respect des limites des autres. « Nos droits se terminent là où commencent ceux des autres »… C’est une grande responsabilité de faire des choix. Ça élimine la possibilité de croire que c’est la faute des autres. Ça t’empêche de dire après coup : « J’avais pas le choix ». Ça te force à te respecter et à respecter les autres qui ont aussi le droit d’avoir leur opinion.

La liberté, c’est dans le quotidien. C’est dans le choix des vêtements pour la journée. Cet hiver, mon garçon de six ans a adopté l’ancienne tuque en ours polaire rose poilu de sa sœur. Ben coudonc. La limite parentale était établie à « tu dois avoir la tête et les mains au chaud ». Ça tombe bien, les mitaines sont attachées à la tuque! Alors c’est ce qu’il porte pour l’école. La liberté, c’est dans le choix de l’activité pour l’anniversaire. La grande sœur voulait inviter ses amies pour une fin de semaine et souper au East Side Mario’s en famille. Il en fut ainsi. Les autres enfants ont dû accepter son choix de resto et tout le monde a eu beaucoup de plaisir. Ma deuxième cocotte, elle, trouvait embêtant de faire une fête d’amis parce que tous ses amis sont des garçons. « Me semble que ça ressemble trop à un rendez-vous galant! ». Elle a préféré aller au cinéma et au McDo. Elle a fait le choix, et le plus beau, c’est qu’au royaume du hamburger pas bon et de la croquette de caoutchouc, elle s’est fait une nouvelle amie… qui l’a invitée à sa fête!

On ne sait jamais où nos choix nous mèneront, mais on sait qu’ils nous mèneront à bon port si on sait se respecter. Si ma mère m’avait interdit de déménager à seize ans ou d’épouser mon mari à vingt-deux ans, tout aurait été différent. Il manquerait probablement quatre petites têtes de mule sur Terre puisque mes enfants n’auraient pas vu le jour!

 

Nathalie Courcy