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La parole tue à petit feu, mais elle fleurit aussi après la pluie – Texte : Eva Staire

Je vais commencer ce texte par un souhaite très fort, le souhait de donner l’espoir qu’il peut

Je vais commencer ce texte par un souhaite très fort, le souhait de donner l’espoir qu’il peut réellement avoir une lueur au bout d’un fucking long tunnel. Je n’aurai pas la langue dans ma poche. Ça va être cru par moments, mais c’est promis, la pluie éteint le feu.

  • Habille-toi, mets-toi une veste. Si tu te fais violer, ce ne sera pas de ma faute.
  • As-tu vu la paire de boules qu’elle a pour son âge ?

Je n’étais qu’une enfant lorsque j’entendais ces phrases à mon égard.

  • Tu es tellement laide et grosse, parle-moi pas !
  • Viens ici, j’ai besoin d’un étui à crayon pour mon stylo, dit-il en le mettant entre mes seins.
  • Est-ce que je peux monter le mont Everest ?
  • Tiens, une paire de ciseaux, ça va être plus facile pour te couper les veines.

J’avais 12-13 ans lorsque les jeunes de mon âge me criaient ses paroles lourdes de conséquences.

J’ai longtemps cru que les gens avaient raison. J’essayais d’être discrète en leur présence pour ne pas les déranger. Difficile d’être discrète avec ma shape. C’est ce que je me disais. Ils avaient tous réussi à jouer dans ma tête. Je n’arrivais plus à voir des ciseaux sans penser à faire glisser la lame sur mon poignet. Me préparer pour l’école était interminable. Je me changeais pas moins de dix fois avant de choisir comment j’allais m’habiller. « Ah non, trop décolleté, trop moulant, trop coloré… » Je me demandais toujours ce que les autres allaient penser de moi. L’intimidation peut être invisible à l’œil nu, mais n’est pas pour autant indolore pour la personne qui la subit.

À l’âge de 13 ans, j’ai eu la chance de rencontrer un garçon merveilleux. La phrase qu’il aimait me répéter régulièrement c’est « On s’en fout des autres ». J’ai pris du temps pour vraiment assimiler ses mots, mais cette phrase a fini par résonner très fort en moi. Enfin des paroles qui fleurissent et non qui m’affaiblissent.

Encore aujourd’hui, dix ans plus tard, il lui arrive de devoir me rappeler de m’en foutre. Je ne suis pas guérie de toutes les blessures qui m’ont été infligées, mais il y a plusieurs cicatrices qui me rappellent d’où je viens. J’ai appris à respecter la femme que je deviens et à choisir ceux qui méritent de jouer un rôle dans ma vie.  C’est lorsque je regarde mes trois enfants dans les yeux que je vois de la lumière. Oui, oui, d’la lumière au bout du tunnel. Ce tunnel que j’ai finalement réussi à traverser en gardant mon souffle beaucoup trop longtemps. Je respire enfin la liberté et je commence à fleurir.

Et toi, en quelle fleur souhaites-tu grandir ?

Eva Staire

Viens que j’te serre dans mes bras, ti-gars ! Texte : Sophie Barnabé

J’suis assise devant ta copie d’examen, crayon rouge à la main. J’essaie de me concentrer, ma

J’suis assise devant ta copie d’examen, crayon rouge à la main. J’essaie de me concentrer, mais dans ma tête, ta voix retentit. Cette question que tu m’as posée à la fin du cours de mercredi… « Madame, depuis que j’suis plus sur le bord adulte, c’est tough… la pandémie, la guerre… y’a-tu toujours quelque chose du genre qui se passe, mais je ne le réalisais tout simplement pas avant aujourd’hui parce que j’étais trop petit pour m’en rendre compte ? »

Ti-gars, depuis dix-huit ans, tu grimpes l’échelle un barreau à la fois, sans jamais regarder en bas ni derrière toi. Il y a deux ans, on t’a obligé à ralentir la cadence. T’avais pas ton permis, jamais pris de brosse ni fait l’amour… Bon… peut-être que oui, mais ces aventures d’adolescence ne sont qu’un sursis sans souci… Il te restait encore un bout de pied dans l’enfance et tu vivais tout ça avec insouciance.

Pendant ces deux ans, encabané, t’as vieilli. T’as pris conscience que la vie ne se limite pas à ton nombril. Il y a deux ans à peine, pour l’ado invincible que tu étais, un virus était un simple prétexte pour manquer une journée d’école. Tu réalises maintenant que l’ennemi est parfois sournois. Qu’il y a plus fort que toi. À l’école, on t’apprend à écrire des textes pour partager ton opinion et pourtant, même bien exprimée, elle amène à la division. Tu réalises qu’il y a deux ans à peine, tu rêvais de vieillir pour gagner en liberté, mais que parfois, plus t’es vieux, plus le déploiement de tes ailes devient périlleux. Et puis, comme si ce n’était pas assez, à l’aube du retour à la liberté, tu découvres que « poutine », ça donne des brûlements d’estomac, ça goûte moins le bonheur qu’avant… Le jaune et le bleu ne te font plus simplement penser aux couleurs de la marque de tes jouets Pokemon, non… tu les perçois différemment maintenant…

Ti-gars, depuis deux ans, t’es passé de l’adolescent insouciant au jeune adulte de plus en plus conscient. Entre l’actualité fracassante, les réseaux sociaux et leurs images choquantes, tu te demandes aujourd’hui si c’est toujours comme ça la vie. Tu réalises que lorsqu’on est petit, on enrobe les mauvaises nouvelles de sucre d’orge, on nous rassure en nous berçant tendrement… Plus tu vieillis, plus tu deviens conscient… Tu te poses des questions à répétition.

Et là, t’es venu me voir… Habituellement, à la fin d’un cours, tu me demandes à quand la remise de tel ou tel travail, si je suis dispo pour une période de récup… J’ai toujours réponse à tes questions… Pourtant, même si habituellement, je suis bonne pour t’expliquer les choses, je ne trouve pas les mots pour t’en convaincre. Le secret d’une belle vie ? Qu’elle soit remplie, je crois. Juste de beau ? La vie c’est comme un gâteau… Il y a de bons ingrédients et de très mauvais. Parfois, on le savoure et parfois il nous écœure… Peu importe, c’est ça un gâteau ! Pareil pour la vie. Parfois elle est bonne, parfois elle nous écœure. Peu importe, c’est ça la vie ! La vraie vie, c’est rempli de beau et de laid, c’est doux et c’est rough. C’est triste et c’est heureux… C’est tout ça, une vie !

La vie c’est parfois s’attendrir devant le rire d’un bébé, c’est avoir le goût de vomir devant certaines injustices. La vie, c’est aussi se sentir bien après avoir fait le ménage de sa chambre, se sentir beau après s’être fait couper les cheveux et pogner les nerfs après ces p’tits cheveux qui restent collés et nous piquent dans le cou. La vie, c’est se questionner à savoir si on mange des toasts ou des céréales le matin, c’est rêver de se marier même après la rupture qui nous a tant fait pleurer. La vie, c’est perdre son temps sur TikTok et c’est goûter à des huîtres pour la première fois. La vie c’est perdre espoir à la vue d’un hôpital bombardé pour ensuite se raccrocher au masque qu’on pourra bientôt enlever. La vie, c’est se faire friend zone par la p’tite brunette d’à côté et choisir un prof pour se confier…

La vie, c’est accueillir chaque événement, chaque émotion et se coucher le soir en disant que t’as appris quelque chose, que t’as été choqué devant une nouvelle, que t’as vibré au son d’une chanson. Si tu te couches le soir heureux, c’est que tu vis. Si tu te réveilles anxieux, c’est que tu vis. Si tu pognes un fou rire dans un salon funéraire, c’est que tu vis. Si tu trembles en faisant l’amour, c’est que tu vis. C’est comme ça la vie !

Je n’ai peut-être pas les bons mots pour te rassurer, j’aurais envie de te serrer dans mes bras, mais j’peux pas. Si je te dessine un bonhomme sourire à l’encre rouge, tu comprendras… Assure-toi que ta vie soit remplie et fais-lui confiance comme tu l’as fait avec moi mercredi… Merci de me faire confiance ti-gars, tu contribues à ma belle vie remplie…

Sophie Barnabé

Je m’ennuie de vos petits doigts enroulés autour des miens ! Texte : Marie-Nancy T

Trop souvent, on ne se rend pas compte de la valeur d’un moment avant qu’il ne devienne un souve

Trop souvent, on ne se rend pas compte de la valeur d’un moment avant qu’il ne devienne un souvenir. Il y a quelques années, j’étais loin de me douter que les laborieuses nuits blanches passées avec mes bébés deviendraient des beaux souvenirs de ma vie de maman. C’est fou comment la vie défile à vitesse grand V. C’est fou comment les années se dissipent, sans crier gare. C’est tellement cliché de dire cela mais c’est avant tout tellement vrai.

Est-ce qu’il vous arrive parfois de faire un petit bilan de votre parcours personnel et de réaliser que le temps s’est écoulé, sans vous donner d’avertissement ? J’ai parfois cette relation amour/haine avec le temps. Lors des périodes difficiles, le temps est mon allié car grâce à lui, mes douleurs se dissipent et s’estompent. À d’autres occasions, le temps est mon ennemi. Comme lorsqu’il décide de filer, comme un voleur, en emportant avec lui des moments précieux de ma vie. Des moments qui ne reviendront jamais.

Récemment, j’étais affairée à regarder des photos récentes de mes filles. J’ai réalisé, abruptement, qu’elles étaient devenues des petites ados. Deux belles jeunes filles en devenir. Je le savais, évidemment, mais cette journée-là, j’en ai pris pleinement conscience et j’ai reçu une gifle en plein visage. Comme un coup de massue. J’ai eu un choc. Mais où sont mes bébés ? J’ai vécu par la suite un moment de nostalgie et de réflexion. Est-ce que j’ai assez profité de tous les moments avec mes filles, depuis leur naissance ? Est-ce que j’ai réussi à créer de beaux souvenirs pour elles, du temps de leur petite enfance ? Qui plus est, je me suis remémoré des périodes plus difficiles de ma vie, des soirées où j’étais plus fatiguée et moins disponible pour elles. J’ai vécu de la culpabilité à leur égard. Malencontreusement, la fameuse culpabilité de maman, on n’y échappera jamais. Mais ça, c’est un autre sujet.

Je suis nostalgique quand je repense à tous les beaux moments qui ne reviendront guère. Je suis mélancolique quand je fouille dans mes souvenirs et que je revois les petits doigts de mes bébés filles, enroulés autour des miens. Mais où sont rendus leurs petits doigts délicats qui s’enroulaient autour des miens, lorsqu’elles avaient besoin de réconfort ? Ils ont été emportés par le temps. En même temps, je suis heureuse lorsque je repense à tous les moments doux passés avec mes filles. Je suis remplie de gratitude de les voir évoluer chaque jour. Je suis fière des deux petits humains que nous avons créés, mon conjoint et moi. C’est paradoxal comme sentiment quand on y pense. La nostalgie et la mélancolie affrontent la fierté et la joie. Je sais qu’il y a encore plein de beaux moments à venir et que nous devons en profiter au maximum. Nonobstant, je demeure nostalgique quand je repense aux moments qui ne reviendront jamais.

Au fond, c’est probablement cela être parent, vivre des émotions parfois contradictoires. Être parent c’est aussi tenter de guider nos enfants, au meilleur de nos capacités, vers leur autonomie et vers leur vie adulte. C’est accepter de les voir vieillir et de les laisser faire leurs propres choix. Être parent c’est également permettre à nos enfants de prendre leur envol, même si ce n’est pas toujours facile, pour une maman. Quel privilège au fond que d’être parent. Quel privilège que de voir grandir et évoluer nos enfants, de les voir se forger leur propre personnalité, à travers les valeurs que nous tentons de leur inculquer.

Je m’ennuie de vos petits doigts, enroulés autour des miens, les filles. Mais en parallèle, je suis immensément privilégiée et fière de vous voir devenir les adultes qui vont constituer la société de demain. Prenons le temps d’analyser chaque moment passé auprès de nos enfants, peu importe leur âge. Prenons le temps de contempler leurs petits doigts de bébés enroulés autour des nôtres, lors des nuits blanches. Car qui sait, peut-être que ces moments deviendront des souvenirs de nostalgie ou encore de joie. Des souvenirs pour la vie.

Nancy Tremblay

 

Un de moins – Texte : Nathalie Courcy

Combien de fois je me suis fait regarder bizarre parce que j’avais choisi d’avoir quatre enfants

Combien de fois je me suis fait regarder bizarre parce que j’avais choisi d’avoir quatre enfants ! C’est clair que quand j’entre dans un avion ou dans un resto avec ma gang, on se fait remarquer (et dévisager…) On te remplit une banquette assez vite ! Il fut un temps où on avait déserté les endroits publics, les activités impliquant une foule, les sorties qui nécessitaient trop de surveillance ou d’équipement. J’ai donné à mes enfants le temps de maturer et d’apprendre à gérer leur volume vocal.

Après cette période d’apprentissages dans l’intimité, on a recommencé à sortir et à apprécier d’être ensemble en public. Je savais que mes enfants se comporteraient bien et qu’ils apprécieraient ce temps en famille. Je savais que moi aussi, j’aurais du plaisir, que je ne suerais plus ma vie à essayer de les garder groupés et un brin disciplinés. Ça exige quand même un bon système d’organisation, une répartition efficace des tâches (je ne suis pas la seule à porter les sacs à dos ou à préparer les bouteilles d’eau) et une once de flexibilité. Mais c’est pas mal plus zen qu’avant !

Ils ont grandi. Je me suis améliorée comme maman et comme personne. J’ai appris des trucs, j’ai écouté leurs besoins et leurs limites, les miens aussi. Maintenant, faire des activités en famille me donne de l’énergie au lieu de m’en prendre. Je suis fière de me promener avec ma tribu.

Mes enfants grandissent (surprise !), c’est ben beau, mais ça fait aussi que maintenant, on sort de moins en moins tous ensemble. Ma fille aînée commence le postsecondaire en septembre, elle travaille à l’autre bout de la ville, elle voit des amies. Même quand elle est à la maison, elle a sa vie, ses projets. Elle veut du temps de repos (très sage !), du temps pour elle (génial !), du temps en famille (fiou !). Quand ça adonne ou quand on fait une activité qui lui tente, elle nous accompagne, « comme dans notre bon vieux temps ». Mais le reste du temps, elle ne suit plus.

OK, ça me laisse quand même trois enfants qui suivent ! Ça remplit encore plutôt bien la banquette. Quand on débarque quelque part, les gens s’étonnent de voir autant d’enfants sortir de ma Mazda (surtout que ma deuxième ado sort parfois par le coffre, comme si je l’y avais rangée…). Mais pour moi, c’est une petite famille parce qu’il manque une personne. Il manque une personne avec qui je vis (en comptant le temps de cohabitation intra-utérine) depuis plus de dix-huit ans. Mes bras sont moins pleins qu’avant.

Mes prochaines années de maman seront remplies de sentiments mitigés :

⭐Ma fierté de voir mes enfants devenir plus indépendants et débrouillards, et ma peine de les voir s’éloigner.

⭐Ma joie de les voir heureux avec leurs choix, et mon cœur qui pince de ne plus faire partie de chacun de leurs bonheurs.

⭐Mon bonheur d’avoir du temps spécial avec les plus jeunes comme j’en ai eu dans le passé avec les plus vieilles, et ma nostalgie du temps où tous mes enfants étaient autour de moi.

⭐Ma hâte (ben oui !) d’avoir plus de temps et d’espace pour moi et mon couple, et ma hâte que mes bébés (oui, oui, mes bébés !) viennent nous visiter ou qu’ils nous invitent à souper.

Je dois bien me faire à l’idée qu’il y aura de moins en moins de monde autour de la table. Bientôt, je n’aurai plus droit au forfait de groupe quand on visite un musée. Éventuellement, je n’aurai plus besoin de six places dans ma voiture. J’aurai besoin de beaucoup moins d’imagination pour trouver des activités qui plaisent à mes petits autant qu’à mes grandes (et aux adultes !)

En attendant, j’essaie encore de trouver des façons de rassembler toute ma garde rapprochée pour des repas, des moments collés, des sorties. C’est un exercice quotidien de carpe diem : profiter du moment présent. Et quand on sera rendu aux nouveaux moments présents, on en profitera tout autant. Il n’y a rien de plus beau que les jasettes animées et les rires de toute la maisonnée. Et même quand la famille n’habitera plus à la même adresse, on trouvera quand même le moyen de se rassembler.

Nathalie Courcy

 

 

 

 

Bientôt tu seras grand – Texte : Isabelle Fournier

Ce soir, en t’accompagnant au parc, j’ai réalisé que la vie file à toute allure et que bient

Ce soir, en t’accompagnant au parc, j’ai réalisé que la vie file à toute allure et que bientôt, tu seras grand.

 

Voir ton immense sourire en montant sur ton vélo…

 

Tes jambes pédalant dix fois plus vite que les miennes pour aller à la même vitesse…

 

Tes yeux émerveillés…

 

Ton désir et ta fierté de me montrer que tu es bon en grimpant dans les modules de jeux…

 

Tout ce bonheur dans ton petit cœur… illumine le mien !

 

Il n’y a pas si longtemps, les soirées préférées de tes frères étaient aussi de venir au parc avec moi…

 

Puis, ils ont grandi…

 

À ton tour, bientôt, tu développeras ton autonomie et, par le fait même, ton indépendance…

 

Et à ce moment, comme je le vis avec tes frères, mon cœur s’illuminera de te voir réaliser tes rêves et grimper pour atteindre tes propres sommets…

 

Ce soir, je suis reconnaissante de cette magnifique soirée qui me rappelle le privilège que j’ai de vous accompagner tes frères et toi… 💖

 

Je vous aime, mes garçons xx

 

Isabelle Fournier

Te voilà grande, ma puce ! – Texte : Simplement Ghislaine

Ma petite biche d’amour, il y a trois mois, tu as vécu une grande

Ma petite biche d’amour, il y a trois mois, tu as vécu une grande étape dans ta vie. De la petite fille que tu étais, tu es entrée dans le monde de l’adolescence. Tu étais prête depuis longtemps, outillée, sachant très bien ce qui allait se passer « un jour », comprenant que c’était normal et que toutes les jeunes filles passaient tôt ou tard par ce chemin des règles menstruelles.

Puisque moi-même j’avais vécu cette étape très jeune et surtout en n’étant aucunement au courant que ça m’arriverait, je m’étais fait un point d’honneur que toi ma fille, tu le vivrais mieux que moi. Que tu serais prête. Alors tu l’étais ! C’est avec fierté, malgré ta petite crainte d’y être rendue à ton tour, que tu es revenue de l’école et qu’immédiatement après ton bonjour habituel, tu t’es exclamée sans détour : « Maman, ça y est, je saigne ! ».

Tu m’as dit avoir un peu pleuré à la salle de bain de l’école lorsque tu as vu tes vêtements tachés. Mais qu’après tu allais bien. Nous sommes allées ensemble nous assurer que matériellement et concrètement tout allait bien, puis nous avons eu un bon moment « entre filles » toutes les deux, collées en cuillère à jaser de cette étape. Tu m’as reposé toutes les questions qui te passaient par la tête et patiemment, je t’ai répondu, d’égale à égale.

Tu as pleuré le nez dans mon cou, de gros sanglots d’émotion pure. Je t’ai consolée avec tendresse te flattant les cheveux comme lorsque tu étais petite. Je t’ai expliqué que tes émotions étaient on ne peut plus normales, que parfois, maintenant, tu aurais peut-être des émotions incompréhensibles qui t’envahiraient lorsque ton cycle évoluerait. Sur un calendrier, nous avons noté en rouge la première lettre de ton prénom à la date de cette journée si spéciale de la vie féminine.

Depuis, à trois reprises tu as ajouté cette lettre mensuelle au calendrier, toute fière de constater que tu pourrais prévoir la bonne semaine. Aussi, que nous nous suivions, la mère et la fille vivant ce moment en même temps mois après mois.

Tu sais ma puce, depuis ce premier jour de règles, je t’ai vue changer. Je me suis demandé si c’était vraiment le cas ou si c’était ma propre perception de toi qui avait changé, mais force est d’admettre que tu as bel et bien pris en maturité ! C’est étonnant en fait, je ne me rappelle plus pour moi-même comment mes agissements, mes pensées avaient ou pas évolué à cette étape.

Tu as encore tes moments bien à toi, vacillant entre les gamineries et les attitudes de jeune femme en devenir. Ton corps a bien changé aussi, je vois la demoiselle que tu deviens. Certes, cela m’effraie un peu parfois, la vie est si dure avec la gent féminine par moment. Depuis ta naissance que je m’inquiète de ces faits pour toi. Mais je vois aussi que dans les prémisses de cette toute nouvelle maturité, tu affirmes ta personnalité, tes limites et surtout, pragmatique à tes heures, tu observes la vie et ses acteurs afin d’analyser et d’ajuster tes agissements et tes dires.

Tu taquines toujours autant tes frères, mais tu as développé aussi ce petit côté protecteur, encourageant et consolateur qui départage la gamine de l’adolescente que tu deviens. Je suis vraiment, tellement et réellement fière de toi ma puce, ma biche d’amour ! Je te regarde évoluer et j’entrevois la femme forte mais délicate, obstinée mais conciliante, spontanée mais patiente que tu seras. Je vois en toi ce prolongement de moi qui prend sa propre place, qui évolue sur sa propre route. Je te la souhaite douce et avec le moins d’embûches possible ma beauté. Sache que je serai toujours là pour toi, que ce soit pour se vernir mutuellement les ongles, pour pester contre un garçon en se goinfrant de crème glacée (au chocolat, je sais !), pour démystifier la vie ou même juste pour être silencieuses, l’une contre l’autre, partageant tout et rien simplement. Que ce soit pour rire, pour danser, pour essuyer tes larmes ou les encourager lorsque tu seras incapable de les assumer, je serai là, toujours. Aussi proche et aussi présente que la vie me le permettra et si celle-ci essaie de me mettre des bâtons dans les roues pour m’empêcher d’être à tes côtés, je me battrai de toute ma force pour enfoncer mes empreintes aux côtés des tiennes sur la plage de ta vie.

Je t’aime ma puce et je suis une maman comblée de t’avoir comme fille.

Simplement Ghislaine.

Tes pieds dépassent

Presque 10 ans que je vais te voir dormir tous les soirs. 3600 «

Presque 10 ans que je vais te voir dormir tous les soirs. 3600 « Maman, tu vas venir me donner mon colleux tantôt, hein ? » Pourtant, tu le sais que je n’oublierais ce moment pour rien au monde. Ce n’est pas toi que je gâte, c’est moi. C’est mon cœur maternel que je remplis en admirant ton air paisible de petit gars endormi.

On se donne 1000 câlins avant ton dodo, mais le dernier, quand tu dors déjà, il est spécial. C’est celui où je te souffle de beaux rêves au creux de l’oreille. Je replace tes cheveux rendus trop longs à mon goût (mais t’sais, ton corps, c’est ton corps, je te laisse faire tes choix !). Je t’écoute parler dans ton sommeil et je ris. Si ton toutou est tombé, je le remets près de tes bras. Je ferme la lumière et je t’envoie toutes les ondes de bon dodo du monde.

Je remonte un peu ta doudou sur tes épaules, mais pas trop parce que tu as tout le temps trop chaud. C’est mon côté maman-poule. Tout d’un coup que mon poussin aurait un frisson… Mais dès que je tire un peu sur le coin de la doudou, je vois tes pieds apparaître à l’autre bout. Ta doudou a rapetissé ? Ou c’est toi qui as grandi ? Même ton lit semble rétrécir… au même rythme que tes pantalons raccourcissent. Tes pieds dépassent au bout du matelas ! À croire que tu es couché dans ton berceau !

« Maman, j’ai mal aux jambes ! Pourrais-tu me masser s’il te plaît ? »

Ah, les poussées de croissance qui reviennent trop souvent. Elles te font souffrir ! Mais elles te font aussi grandir. Elles te font devenir celui que tu es, un grand bonhomme adorable et brillant, joyeux la plupart du temps, juste assez boudeur pour me rappeler que la puberté sonne à la porte. Pris entre l’arbre et l’écorce, accroc au cordon ombilical et prêt à en décrocher la seconde d’après.

Au retour de l’école, tes pieds te démangent, tu dois bouger. « Maman, je m’en vais jouer au basket ! »

Même pas le temps de dire « bye » que tu es déjà parti. Tu reviendras juste à temps pour le repas. Parfois même, tu passeras tout droit, jusqu’à ce que ton estomac te rappelle à l’ordre. Je sais que tu es avec tes amis en train de faire du sport. Tu pourrais être en train de faire des niaiseries ou des graffitis, en train de reluquer les filles ou de fumer ton premier joint. Mais non. Tu t’autonomises sainement, à ton rythme. Et tu reviens toujours.

Je t’ai toujours dit que tu serais toujours mon bébé tout en étant mon très grand garçon. Je le crois encore. Je te trouve beau quand tu t’éloignes de la maison parce que tu vas rejoindre tes amis et ta vie. Et je te trouve beau quand tu reviens te coller en disant qu’on t’a manqué. Chaque moment que tu nous donnes, je le prends, je le savoure. Je sais qu’ils seront de moins en moins fréquents, et c’est bon signe : ça veut dire que tu suis ton cours. Tu prends ton envol, tranquillement pas vite, avec ton sentiment de sécurité et l’assurance que nous t’aimons.

Tu fais ton cheminement, je fais le mien. J’ai besoin d’apprendre à être la mère de toi en version plus indépendante. C’est un défi d’apprendre à te laisser prendre tes décisions. Mais jusqu’à maintenant, tu me montres que j’ai toutes les raisons de te faire confiance, alors j’observe et j’admire mon fils à l’œuvre.

Je t’annonce tout de suite qu’à l’occasion, je vais te réclamer. Je vais imposer mon droit de véto pour te garder pour nous pendant quelques heures, pour un repas ou une activité, ou juste parce que. Même quand tu seras rendu tellement grand que tu vivras dans ton propre nid, je vais chérir nos moments ensemble. Et je vais encore te murmurer à l’oreille « je t’aime mon bébé ».

D’ici là, vas-y, grandis ! Mais pas trop vite.

Nathalie

Comment tu fais, toi, parent?

Si je te pose la question, c’est parce j’ai tant de difficulté

Si je te pose la question, c’est parce j’ai tant de difficulté à faire face…

Mon ado est partie. Ma fille s’est envolée. Dix-sept ans.

Si jeune, mais si mature. Elle a pris sa vie en main, elle avance, elle m’épate, elle m’inquiète.

Comment tu fais, toi, parent? Pour ne pas arrêter de respirer quand ton enfant disparaît dans le métro de cette ville trop grande et pleine d’inconnus…

Comment tu fais pour dormir quand il oublie de répondre à ton texto le soir? Tu imagines des centaines de scénarios horribles, tu t’accroches à l’espoir pour ne pas appeler les secours, le cœur en panique…

Comment tu fais pour ne pas fondre en larmes en entrant dans sa chambre vide? Les semaines passent, mais tu ne t’habitues pas à cette absence… ce vide…

Comment tu fais pour ne pas mourir d’inquiétude quand tu vois qu’il rushe autant au cégep, qu’il dort trop peu car il travaille dans un resto le soir, qu’il manque de temps pour ses devoirs, qu’il ne mange presque plus, qu’il subit du stress permanent et que tu te sens si impuissant… si loin…

Comment tu fais, toi, parent, pour pas virer fou quand ton enfant ne vit plus avec toi?

Quand tu ne sais pas où il est, où il dort, ce qu’il fait, avec qui il vit, avec quelles personnes il évolue, s’il a de la nourriture dans son réfrigérateur, s’il a barré sa porte, s’il a pensé à prendre son traitement, s’il s’est perdu, s’il va bien…

Tu n’as plus ce regard bienveillant, cet accompagnement quotidien auprès de ton enfant. Il n’est plus sous ton toit. Il est sans filet… Tu te sens sans filet… Ce sentiment te terrifie…

Cet enfant qui était en toi, cet enfant si petit, que tu as vu grandir, manger, marcher, courir, grimper, sauter, tomber, apprendre, avancer… s’est envolé…

Toi, tu trembles à chacun de ses battements d’ailes, tu vois tant d’obstacles dans son ciel si bleu. Tu te sens abandonné.

Comment tu fais toi, parent? Pour te rassurer, avoir confiance dans cette nouvelle vie et lâcher prise?

Comment tu fais pour l’aimer sans l’apeurer?

Comment tu fais pour ne pas brailler chaque fois que tu le laisses seul dans sa nouvelle vie, que ta vue s’embrouille sur le chemin du retour, et que tu retrouves ta maison trop vide?

Dis-moi, comment tu fais toi, parent, quand ton enfant s’en va?

Gwendoline Duchaine

 

Couper le cordon

Elle est là, juste là. La fin que je redoutais tant, le début d

Elle est là, juste là. La fin que je redoutais tant, le début d’une autre aventure qui m’implique un peu moins au quotidien.

C’est la fin de ta petite enfance, le début de ton enfance. C’est l’heure de la rentrée scolaire, ta première.

 Je disais souvent à la blague que ce jour n’arriverait jamais, que j’allais trouver le bouton « pause » bien avant. Cependant, je n’ai pas fait exception aux autres parents il faut croire, je ne l’ai jamais trouvé moi non plus.

Selon plusieurs spécialistes de la petite enfance, tout se joue avant cinq ans. Je veux que tu saches, mon fils, que maman et papa ont joué le match de leur vie pour réussir à t’emmener là où tu devais être aujourd’hui. Tu es là, déjà si grand, et pourtant. Je sais que tu es prêt et que c’est l’ordre des choses, mais on a oublié juste une petite chose… préparer maman.

Ta petite enfance, nous l’avons passée soudés l’un à l’autre. Que ce soit avec moi, avec papa ou juste dans le local d’à côté au CPE. J’ai eu l’immense privilège d’assister à pratiquement tous tes moments de vie depuis que je t’ai mis au monde. Malheureusement, toute bonne chose à une fin, et nous en sommes là. Il est venu pour moi le temps de couper le cordon et de te laisser passer devant moi. Je vais ralentir le pas et me placer derrière toi, pour que je te laisse tracer ta route et pour t’aider à te relever quand tu vas tomber.

Même si je pleure quand tu portes ton sac à dos fièrement ou encore en pleine rencontre à l’école (ouin, pas fière), je veux que tu saches que maman pleure un peu de tristesse, mais surtout de fierté. Te voir grandir est le plus beau privilège qui m’est offert, mais chaque nouvelle étape est un douloureux rappel que le temps qui passe ne reviendra jamais.

Tu as eu la vie que je voulais t’offrir durant ta petite enfance, parce que je pouvais contrôler à ma façon notre temps à nous. Maintenant, je sais que je dois laisser ma place à quelque chose d’aussi gros et d’aussi important.

Fonce mon grand, ne regarde pas derrière parce que de toute manière, il faut avancer. Les moments passés sont imprégnés en nous et ça, même le temps ne peut nous l’enlever. Je n’avais pas prévu que ce serait aussi difficile de te voir grandir, les émotions qui y sont reliées sont toujours aussi contradictoires pour moi.

La seule chose qu’il faut que tu saches, c’est que malgré le temps qui passe et les étapes qui se succèdent, tu restes mon bébé.

Marilyne Lepage

J’ai perdu mon bébé…

Nous avons deux filles. Nous les chérissons depuis leur naissance e

Nous avons deux filles. Nous les chérissons depuis leur naissance et même bien avant. Sans rentrer dans les détails, nous avons eu huit grossesses pour deux belles filles, exceptionnelles. Je dis « nous », puisque je considère qu’il s’agit d’un exploit d’équipe. Nos deux petits miracles, nous les avons voulus, attendus.

Lorsque ma fille aînée est venue au monde, j’étais le papa le plus heureux sur Terre. Fier comme un paon, j’attendais ce moment depuis un bon moment. Quel sentiment incroyable que de vivre cet instant où l’on met au monde un enfant. J’ai mis mon enfant au monde au sens figuré bien naturellement, mais j’étais présent, soutien incontestable du coéquipier, prêt à tout, même maladroitement, pour faire ce qu’il faut pour aider ma douce moitié pour quoi que ce soit lors de ce moment. La venue de notre belle fille n’a pas été de tout repos lors de ses premiers jours.

J’étais là. J’ai eu le privilège de m’occuper d’elle dès ses premiers instants. Allaitements, biberons, changements de couches, tout le kit qui vient avec un bébé. Notre petite caresse a passé ses premiers jours en confinement dans un incubateur. J’appelais cela « son désert du Sahara ». Après quelques jours, mon épouse a pu avoir son congé, mais pas bébé. Le titan en moi était en furie. Heureusement, nous avons eu un bon médecin qui a autorisé le congé de maman quand bébé serait prêt. Quelques jours ont passé et nous avons pu quitter l’hôpital et nous retrouver dans notre chez-nous avec notre poussière d’étoile, la première venue dans la famille.

J’ai eu l’occasion d’avoir ce beau congé parental avec ma fille puisque mon épouse était travailleuse autonome à cette époque et je ne pouvais lui transférer mes semaines de congé parental. Je crois que c’était au tout début du régime gouvernemental. J’étais déchiré pour mon épouse, mais heureux en silence pour moi. Je n’ai que de beaux et bons souvenirs de ce passage. Merci la vie de m’avoir permis de vivre tout cela.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis cela. Naturellement, j’écourte l’histoire puisque nous avons vécu de beaux moments jusqu’à maintenant avec elle. Lorsqu’elle avait deux ans et demi, ma fille aînée a eu une acolyte qui est venue au monde. Complice du crime, elle pouvait enfin avoir une partenaire pour faire ses folies et ses mauvais coups. Mon bébé fille est né au mois de décembre. On l’appelle notre bébé d’hiver. Elle a toujours chaud, elle aime jouer dehors tout le temps même lorsqu’il fait -1000 degrés, elle est un petit calorifère. À mes yeux, mes filles ont une belle relation de sœurs. Bien entendu, elles se chamaillent, se chicanent et se tombent sur les nerfs à l’occasion, mais je crois qu’il s’agit d’un passage temporaire.

Pour revenir à ma fille aînée, elle est maintenant à l’adolescence. Eh oui, en plein dedans. Je trouve cela parfois difficile en tant que Papa. Pour être franc, les trucs de filles, de femmes, je passe à côté. Je crois que par gêne ou maladresse, ma fille en parle plus avec maman, ce que je respecte et comprends. J’ai une chance immense d’avoir une épouse qui est une maman hors du commun pour mes deux filles. Elles sont entre bonnes mains pour tout ce qui concerne les questionnements d’une jeune fille qui sera, dans quelques années, une jeune femme.

De mon côté, je me sens un peu seul dans mon team, parfois. Le seul sur qui je peux me tourner est notre tortue et même lui, il ne jase pas trop. Ce que j’ai trouvé le plus difficile depuis l’adolescence de ma fille, c’est la fermeture, l’éloignement, les conversations restreintes et moins présentes que nous avions avant. Je me suis rendu compte avec le temps que tout cela était créé par moi et non par elle. Le fait de la voir vieillir m’inquiétait, me faisait peur. Voir grandir son enfant est vraiment superbe, mais chaque étape a son lot de contraintes. J’avais peur qu’elle ne m’aime plus. Que ma place dans son cœur soit réduite. Que les conversations que nous avions soient rendues monotones pour elle. Les sujets plus croustillants sur la sexualité, la puberté, les changements corporels ou autres, que j’avais crainte d’aborder, et bien, je ne les abordais tout simplement pas par peur de la rendre mal à l’aise. Ces barrières entre elle et moi, je les ai érigées moi-même.

Il y a bientôt deux ans, j’ai fait une dépression majeure. Cet évènement m’a permis de faire un arrêt temporaire sur un bobo qui laisse des cicatrices. Personne n’est à l’abri de cela, je dis bien personne. Quelques mois se sont écoulés et je répétais les mêmes erreurs qu’avant : manque d’écoute, opinion arrêtée sur divers sujets et conversations avec ma fille et j’en passe. Par contre, j’avais les outils pour m’en sortir. On grandit, on évolue, chaque jour.

Aujourd’hui, pour ma fille aînée, je m’intéresse, j’écoute et je prends le temps d’une véritable conversation. Je ne réponds pas tout de suite à ses commentaires, paroles ou questions, mais je prends le temps d’y réfléchir. On m’a appris que lorsque l’on écoute quelqu’un et que l’on réfléchit à ce que l’on va répondre pendant que l’autre personne nous parle, il ne s’agit pas d’une réelle écoute active et attentive. J’ai appris que dans l’écoute active, souvent, nous n’avons pas nécessairement besoin de répondre. L’autre personne qui nous parle veut une oreille à l’écoute, simplement.

Ma fille aînée est une jeune fille géniale remplie d’amour, avec plein de qualités et de défauts. Elle me ressemble beaucoup à plusieurs niveaux et je la comprends. Quand elle était plus jeune, j’étais son jouet. Avec le temps qui passe, je suis devenu, pas à pas, un parent aimant à l’écoute et un guide qui l’accompagne sur le chemin de la vie qui peut être cahoteux par moments et magnifique à d’autres heures.

Je croyais avoir perdu mon bébé, mais elle le restera, dans mon cœur de Papa, toute sa vie.

Merci la vie, merci parce que ma fille a choisi d’atterrir dans ma vie.

Elle m’apprend beaucoup sur moi, seulement en étant qui elle est.

Elle me ramène et m’offre un voyage à mes souvenirs d’enfance, seulement en me racontant ce qu’il y a dans sa tête, dans son cœur, ses joies, ses peines. Je me rappelle, moi, il n’y a pas si longtemps…..

Karl Wilky

 

Peut-on figer le temps pour un instant?

Je me surprends souvent à observer mes enfants en silence. À tente

Je me surprends souvent à observer mes enfants en silence. À tenter d’imprégner cette image du moment présent pour que je puisse m’en souvenir dans plusieurs années. Parce que le temps file à toute allure et en voyant grandir nos enfants, on se rend compte à quel point tout va beaucoup trop vite.

Je regarde mon fils de huit ans et je me demande où le temps s’en est allé. Mon cher petit garçon tout mignon a fait place à un beau jeune homme tout épanoui. Un préadolescent qui préfère de loin être avec ses amis plutôt qu’avec sa mère. Et c’est correct, ainsi va la vie. Mais j’avoue m’ennuyer du temps où il me demandait de lui chanter des berceuses. J’avoue m’ennuyer du temps où il me sautait au coup pour un simple câlin. Maintenant, mes câlins se font à l’abri des regards. À l’heure du coucher, où c’est maintenant lui qui vient me donner un tendre baiser avant d’aller se coucher.

Mais je suis si fière du garçon qu’il devient que cela compense grandement le fait de perdre mon petit garçon. Chaque moment, chaque étape est belle en soi. Même dans les moments plus difficiles, lorsque je prends du recul, j’arrive à y voir toute la beauté. À tenter encore une fois de me souvenir de cette étape précise.

Je regarde mon fils de cinq ans et je me demande où le temps s’en est allé. Mon petit garçon espiègle est déjà en maternelle. Tout fier de suivre les traces de son grand frère. Parfois, il me demande des attaques de chatouilles et je le fais avec le plus grand bonheur. Sachant trop bien que cette étape sera bientôt terminée.

Ma chère petite princesse est déjà âgée de deux ans. Mais où le temps s’en est donc allé? J’ai parfois l’impression que je veux la retenir de grandir simplement parce que c’est mon bébé. Deux ans. N’est-ce pas merveilleux? Ils sont enfin propres, finis les sacs à couches à ne plus finir. Ils veulent découvrir et voir le monde dans la plus belle et naïve manière qui soit.

Stop! Peut-on figer le temps s’il vous plaît? Je veux les garder exactement comme ça juste un peu plus longtemps. L’espace d’un moment, pouvoir en profiter encore plus. Avoir la chance de créer encore plus de souvenirs mémorables.

Évidemment, je veux les voir évoluer, grandir, s’accomplir. Mais c’est le cœur serré et dans un silence rempli d’un mélange de fierté et de tristesse que je passerai chacune des étapes de leur existence.

Être maman, c’est magnifique. Mais ce qui est encore plus magnifique, c’est d’avoir la chance de vieillir auprès de nos enfants. Avoir la chance de pouvoir assister à chaque précieuse étape et tenter de s’imprégner de ces fabuleux souvenirs.

Geneviève Dutrisac