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Le pigeon voyageur – Texte: Solène Dussault

Le pigeon voyageur est un oiseau docile, qui exécute tout ce qu’on lui demande sans poser de ques

Le pigeon voyageur est un oiseau docile, qui exécute tout ce qu’on lui demande sans poser de questions. Il vole, d’un lieu à un autre, livrant un message dont il ignore le contenu. Cet oiseau fragile mais puissant peut porter l’espoir ou l’amour, la vengeance ou le mépris, mais il n’en sait rien. Il est le messager. Toutefois, il perçoit dans l’œil de celui qui accroche cette missive l’éclat de l’intention et le timbre de voix enflammé.

Tu avais deux ans et demi lorsque j’ai mis la clé dans la porte de ma relation avec ton papa. Je suis partie pour moi, pour me trouver. À ce moment, je me suis fait la promesse suivante : ne jamais me servir de toi comme d’un pigeon voyageur… Lorsque tu avais besoin d’un nouvel habit de neige et de bottes, tu n’as jamais transporté la facture entre deux adresses.

Ton papa et moi nous étions choisis depuis très longtemps. Nous avons été des amis, des complices, des amoureux, des confidents. Nous avons tellement ri et déconné. Nous avons assez cru en l’autre et en nous pour choisir de t’avoir, toi. Je l’ai assez aimé pour qu’il devienne ton papa. J’ai vu en lui un être assez digne pour former une famille. J’ai toujours eu un grand respect pour lui, pour nous. Un jour, la flamme amoureuse s’est éteinte, pour toutes sortes de raisons. Il n’est pas devenu un monstre du jour au lendemain, méritant que je lui déverse tout mon venin. Non, ce n’est pas à toi de faire le pigeon voyageur, de faire le trait d’union entre nous.

Il était primordial que nous continuions de former une équipe. Lui et moi avions ce cadeau inestimable : toi. À nous deux, il fallait se retrousser les manches pour collaborer ensemble à ton éducation, t’inculquer les valeurs qui nous étaient si chères.

C’est pourquoi nous nous sommes retrouvés à l’hôpital un soir, alors que tu étais encore au CPE et que tu avais foncé dans un poteau de balançoire. Il m’a appelée en panique : « Viens tout de suite nous rejoindre à l’urgence, ti lapin ne va pas bien du tout ». S’échanger le lit, à tes côtés, pour te veiller, pendant que l’autre allait prendre une marche pour s’aérer et se convaincre que tout allait bien se passer.

C’est pourquoi nous nous sommes assis l’un à côté de l’autre lors des rencontres de parents, en septembre, dans une classe déjà bondée. Nous tenions à être présents pour ce qui compte vraiment. Nous avons collaboré tous les deux lorsque, après des recommandations de l’école, nous avons pris la décision de débuter une médication pour traiter un TDA.

Ton papa et moi avons toujours pu compter l’un sur l’autre. Les reproches, la hargne, la rancœur n’ont jamais fait partie de nos armes pour détruire l’autre. Qui en aurait le plus souffert ? Toi. Je sais que notre relation de parents séparés est enviable. Lorsque nous avons eu notre dernière discussion ce fameux soir, ton papa m’a dit : « Je t’aime assez pour te laisser partir ».

Notre plus grande richesse, notre appui dans ce monde d’incertitude est que nous savons que grâce à toi, nous sommes liés jusqu’à ta mort ou jusqu’à la nôtre. Si tu n’étais pas là, il y a fort longtemps que nos routes se seraient éloignées, sans jamais se recroiser… À mes yeux, il n’est pas et ne sera jamais mon « ex ». Au contraire, il est présent plus que n’importe quel autre conjoint de passage que j’ai pu avoir, puisque rien ne me reliait à eux. Ton papa n’est pas mon ex, il est mon présent, pour toujours, puisque tu y es…

Oui, il y a plusieurs soirées où tu as pleuré, en demandant « pourquoi » et en nommant toutes tes peurs. Au moins, nous étions deux, dans des maisons différentes, pour nous en parler. Toutes les décisions que nous avons prises étaient pour ton bien-être.

Nous avons continué de signer tes dictées, tes évaluations, chacun de notre côté. C’est lui qui t’a accompagné à chacune des rentrées scolaires, même si ce n’était pas « sa semaine ». Jamais tu n’as été de trop pour nous. Jamais nous ne t’avons donné un rôle qui n’était pas le tien. Si j’ai une fierté dans ma vie, c’est bien celle d’avoir réussi à te préserver de nos tempêtes. Nous avons réglé nos désaccords lorsque tu dormais et que tu ne pouvais nous entendre.

Alors que tu es retourné sur les bancs du secondaire 2, nous avons tenu une rencontre au sommet il y a quelques semaines, papa et sa conjointe, toi et moi. Tous les quatre, assis autour d’une table (il ne manquait qu’une petite bière) à discuter des outils que nous allions te donner pour que ton retour en classe se passe bien et que ton attitude soit plus adéquate dans leur maison. Oui, c’est possible de jaser entre adultes sans s’arracher les cheveux. Trois adultes qui t’aiment et qui veulent ton bonheur sans aucune rancœur pour ce qui est : un couple de parents qui n’a pas poursuivi sa quête ensemble.

Lorsque c’est la fête des Pères, je le remercie pour le soutien qu’il m’apporte et l’amour qu’il t’offre. Il n’y a plus de sentiment amoureux entre nous deux, mais celui de la reconnaissance de l’apport de l’autre. Nous sommes prêts à beaucoup pour te faire évoluer sainement dans une séparation que tu n’as pas choisie. Est-ce qu’il fait comme moi je le ferais ? Non ! Et souvent, ça m’enrage ! Est-ce que je lui tape sur les nerfs parfois ? Sans doute !

J’espère que tu garderas dans ton cœur ce cadeau que nous t’offrons tous les jours, du mieux que nous le pouvons : vivre dans le respect et l’harmonie.

Solène Dussault

Mon amour, laisse-nous revenir — Texte : Eva Staire 

Mon amour. Mon support. Mon équipier. Ma troisième moitié. Laisse-nous revenir. J’ai enco

Mon amour. Mon support. Mon équipier. Ma troisième moitié.

Laisse-nous revenir.

J’ai encore le ton exact de ta voix dans mes oreilles quand tu as prononcé les mots « c’est fini, va-t’en ».

On est habitués de se sauver. Alors pendant que tu ronflais sur le divan, j’étais déjà sur Marketplace, dans notre lit qui serait désormais le tien, pour nous trouver un toit. Parce qu’on est habitués de se virer sur un dix cents, de partir pour éviter. De noyer notre peine dans les chansons lourdes et les repas aussi fréquents que nos heures de sommeil.

Mon beau brun intelligent aux yeux mystérieux et au caractère fort, je t’en supplie, laisse-nous revenir.

Plus tôt aujourd’hui tu m’as demandé pourquoi j’arrivais maintenant à t’exprimer clairement ce qui se passait. Ça m’aura pris trois lames et un appel avec la psy pour identifier la source trop bien connue : la Peur. La honte.

La peur que tu partes, que tu te tannes et nous abandonnes dans le moment le plus intense de nos vies. Parce qu’en fait, Mon Amour, ils sont tous partis. On dit que c’est une belle chance que d’avoir cette résilience, mais je t’assure que je préférerais vivre dans l’inaction complète. Quoique j’ai peur de l’échapper. On essaie tant bien que mal de tout tenir, mais c’est à bout de bras. D’un coup que tout vire de bord et que ça empire ? Ou encore pire, que tout se place enfin ?

Je nous ai trouvé une nouvelle place où ruminer, mais sans l’odeur de ta peau ni le son de ta voix, ce toit ne reste qu’un toit. La maison, c’est toi.

J’aurais aimé être en mesure avant de te dire que j’avais besoin qu’on caresse mes cheveux pendant mes crises de larmes. Qu’on prenne le temps de se poser réellement et d’entendre « Qu’est-ce que je peux faire pour que tu arrives à t’aider toi ».

Que j’avais besoin qu’on valide ma hantise et non pas qu’on la solutionne. Qu’on comprenne que ma peur de l’avenir baignait dans une mer de réponses du passé. Que ça teintait toutes mes pensées et actions présentes.

Mon eau calme, laisse-nous revenir.

La honte qu’on ressent présentement de ne pas avoir simplement levé les feutres seules quelques jours est indescriptible. Oppressante. J’ai le chest lourd et les mains pleines de roches.

Mon amour, laisse-nous revenir, mon Anxiété et moi.

Eva Staire

Apprivoiser la solitude – Texte: Eva Staire

Ça fait un an et demi que suis séparée. Pas besoin de faire le calcul, oui, ça coïncide avec le

Ça fait un an et demi que suis séparée. Pas besoin de faire le calcul, oui, ça coïncide avec le début de la pandémie. Trois mois avant le début de la pandémie, très exactement. Je ne savais pas vers quoi je me lançais, hein ! On a tous eu des moments difficiles, mais je dirais que je m’en suis exceptionnellement bien sortie malgré les circonstances. J’avais besoin de me retrouver et j’ai retrouvé un certain équilibre face à moi-même qui me plaît !

Ce que je trouve difficile c’est maintenant, aujourd’hui. La vie reprend. Je réalise que, malheureusement, je suis seule. Pas seule dans le sens célibataire, mais seule dans la vie de tous les jours. On avait le même réseau d’amis, depuis plus d’une quinzaine d’années. Nos chemins se sont séparés, malgré moi. Ce n’est pas facile de se rebâtir une vie et surtout, ce n’est pas facile de réaliser qu’on voudrait faire une activité mais qu’il n’y a plus personne autour pour la faire avec nous.

– Vas-y toute seule, n’attends pas après les autres.

Si facile à dire mais si difficile à faire ! On a beau dire à tout le monde qu’on ne s’empêche pas de vivre et qu’on part en vacances toute seule, mais on ne peut se mentir à soi-même : c’est solidement plate !

C’est vrai que mes vacances, je les passe seule. C’est aussi vrai que je visite des endroits que je n’ai jamais vus ! J’aime, je découvre et j’apprécie, mais il me manque quelqu’un avec qui partager mes repas de fin de soirée. C’est ma bête noire !

J’aurais envie spontanément d’aller prendre une bière sur une terrasse, mais je n’irai jamais seule. J’aurais envie de partir une fin de semaine en camping, partir en road trip, aller voir un spectacle ou aller dans un festival qui reprend vie mais seule, le courage n’y est pas.

– Sors, rencontre des gens !

Heu ! Comment ? Je répète que je n’irai pas seule dans les bars ! Je ne m’inscrirai pas non plus sur un site de rencontres, non merci, et mon but n’est pas de rencontrer l’âme sœur ! Je voudrais juste retrouver des ami. e. s avec qui partager des passions ! C’est vrai que tout devient plus compliqué quand on vieillit.

Je ne pensais jamais un jour parler de solitude, jamais ! J’étais toujours occupée, toujours partie et j’avais à peine le temps de dormir. Ma vie était un vrai tourbillon ! Je disais toujours que si un jour je me trouvais à ne rien faire, j’allais mourir… Je me rends bien compte aujourd’hui que j’exagérais. Mais en dedans, il y a quelque chose qui me fait mal : cette solitude qui me fait tant de bien en finissant de travailler mais tant de mal la fin de semaine où normalement, je serais sortie tous les jours !

Je savais qu’une séparation ne serait pas seulement avec la personne dans ma vie mais aussi avec la famille, l’entourage et parfois, certains amis. C’est le cycle de la vie. Le temps arrangera certainement les choses, j’ai confiance, mais en attendant, c’est long et plate !

Alors, que diriez-vous d’une sortie au cinéma ?

Eva Staire

 

Toi, ce poison insidieux – Texte : Annick Gosselin

Il m’aura fallu des années pour comprendre ce qui m’arrivait. J

Il m’aura fallu des années pour comprendre ce qui m’arrivait. Jamais je ne me serais doutée que j’en serais victime. Pendant si longtemps, j’ai cru à tort que je n’étais pas tolérante, que j’avais mauvais caractère et que c’est ce qui faisait en sorte que je me sentais constamment en colère contre toi.

Chaque fois que tu buvais, c’était le même manège. Tu te transformais en un vrai monstre.  Les insultes et les remarques destructrices étaient régulières, tu prenais même plaisir à me ridiculiser devant tes amis, comme si ça te donnait un super pouvoir.

Mais le jour où tu as commencé à avoir ce comportement avec nos enfants, que tu les rabaissais et les dénigrais, j’ai su que c’était inacceptable et je suis devenue une vraie lionne pour les protéger de toi. Malgré tout, j’ai supporté tes insultes encore et encore, en espérant que tu allais changer et que j’arriverais à sauver notre famille. Même si au fond, je savais que cela n’arriverait pas. Trop de colère et de méchanceté t’habitaient.

C’est mon entourage qui m’a fait comprendre quel manipulateur tu étais et que toutes ces années, j’avais été victime de violence psychologique de ta part.

La révélation a été un choc. Comment MOI, j’ai pu être aveugle à ce point? Comment j’ai pu en arriver à accepter de vivre cela? Néanmoins, je devais continuer pour nos enfants et surtout ne pas te laisser gagner, malgré le fait que j’étais pas mal abimée psychologiquement, je devais me reconstruire.

Je pensais bien qu’avec la séparation, le pouvoir que tu avais de me faire du mal cesserait enfin, mais je me suis grandement trompée. Tu te servais de ce que j’avais de plus précieux pour me faire mal, nos enfants. Je devais toujours tout accepter, car sinon, c’est sur eux que ton venin retombait. Et comme je ne voulais pas qu’ils souffrent, j’acceptais tout en me fermant et en encaissant, encore et encore.

Ça a été long pour que j’aie le courage de te faire face, que j’arrête d’accepter l’inacceptable.  Et un jour, j’ai trouvé la force. Certes, j’étais fière d’avoir tenu mon bout et de m’être respectée. Mais chaque combat que je te livrais me laissait dans un état de colère et de détresse psychologique incroyable, car tes attaques étaient profondes. Il me fallait, chaque fois, quelques jours pour m’en remettre.

Nos enfants ont grandi, ils sont devenus adultes. Mais comme nos obligations subsistent tant que les études ne sont pas finies, c’est long, très long avant de ne plus t’avoir dans ma vie. J’ai dû constamment supporter tes excès de colère et tes attaques gratuites quand tu ne voulais pas t’impliquer ou payer une facture. La discussion avec toi est impossible. Confrontation et attaques, c’est tout ce que tu connais.

Évidemment, c’est toujours quand je m’y attends le moins que tu frappes le plus fort. Me libérer de ton emprise m’aura pris de nombreuses années, mais maintenant c’est fini. Je prends la décision de me respecter en me libérant de ta présence toxique dans ma vie.

J’ai dû en venir à te bloquer comme contact dans mes courriels, mes SMS et sur les réseaux sociaux. Cette violence psychologique, même ponctuelle, fait mal et est inacceptable. La semaine dernière, c’est la dernière fois de ta vie que tu me traitais de connasse.

Annick Gosselin

Toxicité

J’ai quitté une relation toxique. Aux yeux de tout le monde, nous

J’ai quitté une relation toxique. Aux yeux de tout le monde, nous étions le couple parfait. En public, on riait ensemble, on passait notre temps à s’obstiner, pour tout et pour rien. On avait une belle complicité, ça oui. Mais en privé, je vivais constamment de l’insécurité. L’alcool tuait notre couple à petit feu.

–         Si t’es pas contente, tu sais quoi faire. On a juste une vie à vivre pis moi j’ai du fun.

C’était sa réplique depuis plusieurs années. J’étais toujours stressée quand je le voyais prendre une bière parce que je savais qu’il n’arrêterait pas avant de toucher le sol. Il y a eu quelques épisodes d’agressivité au fil de ces années où on semblait vivre le bonheur aux yeux des autres. Des fois, il me réveillait pendant la nuit pour me menacer de me frapper. D’autres fois, il m’accotait dans le mur pour me menacer de m’arracher la tête en me disant que j’avais un sale caractère et qu’il n’était plus capable de m’endurer parce que c’était moi qui le rendais agressif et qu’à ce moment‑là, ce trop-plein devait sortir. Mais aux yeux des autres, on était le couple parfait. Personne n’a vu venir notre séparation, on était si « parfaits ».

Mais moi, de l’intérieur, je mourais à petit feu. J’avais toujours peur lorsqu’il levait le coude.

Bien sûr, je lui en avais parlé. Il me disait qu’il avait changé, que ça n’arriverait plus. En effet, quelques années ont passé sans violence mais ma crainte, elle, n’est jamais partie. Sa consommation d’alcool n’a jamais diminué par contre, au contraire. Et ma crainte augmentait sans cesse. Je me disais qu’un jour, ça finirait encore par éclater.

Lorsqu’il buvait trop, je feignais de dormir pour éviter de lui parler. Parce que selon lui, je provoquais toujours la chicane. De cette façon, je n’endurais plus ses excès d’alcool. Mais j’angoissais. Beaucoup. J’avais toujours peur qu’il essaie de me parler même si j’étais censée dormir et j’attendais. J’attendais qu’il finisse, lui, par s’endormir. Parfois, ça prenait presque la nuit au complet. Il était tenace. Il buvait beaucoup, même la semaine. Donc, j’attendais toujours qu’il s’endorme avant moi pour que je puisse finalement dormir… en paix. Avoir la paix, ça n’a pas de prix.

Des fois, avec à peine trois heures de sommeil, j’allais travailler. C’était comme ça plusieurs fois par semaine. Je n’en pouvais plus mais en public, je souriais.

–         Vous êtes tellement beaux ensemble ! Vous allez faire votre vie ensemble, c’est impossible que vous vous sépariez, vous êtes un modèle !
Je l’ai entendu souvent et à chaque fois, c’était un coup de couteau de plus dans le cœur. « Si seulement tu savais ».

Les mois passent, j’ai encore cette insécurité et pourtant, il n’est plus là. Est‑ce qu’il va venir cogner à ma porte, un soir, à cause de l’alcool ? J’ose espérer que non, mais c’est plus fort que moi, j’y repense souvent et j’en fais parfois des cauchemars.

Un jour, je retrouverai pleine confiance et je n’y penserai plus.

Eva Staire

 

N’hésitez pas à demander de l’aide

SOS violence conjugale  –  1 800 363-9010 (24/7)

Lettre à mon fils

<span style="font-family: 'Times New Roman',seri

Mon fils. Mon petit homme de ma vie. Tu as 8 ans maintenant. Les années passent à une vitesse effrayante ! Tu as un parcours pas facile pour un petit garçon de ton âge. Jusqu’à l’âge de 3 ans, tu m’as vue vivre une relation difficile avec ton papa. Tu m’as vue camoufler mes larmes, tu m’as vue essayer d’être forte et essayer de vous faire sourire ta sœur et toi, même si tu étais assez perspicace pour savoir que je cachais de la tristesse. Tu étais petit, mais tellement brillant et vif d’esprit. Tu n’avais pas la naïveté des autres enfants, tu ne l’as jamais eue.

 

À 3 ans, tu as vécu la séparation de tes parents, sauf que ton papa à toi est allé vivre à 5 000 km et il est venu te visiter seulement trois fois depuis son départ. J’ai voulu essayer de compenser ce manque-là, mais la réalité, c’est que je n’ai jamais pu. Je suis juste ta maman. Je ne peux pas être autre chose que ta maman.

 

Au fur et à mesure que tu grandissais, je réussissais à voir la fissure qui s’était dessinée sur ton petit cœur d’enfant. Un trouble de l’attachement. On ne veut tellement pas que nos enfants souffrent dans la vie, mais là, je devais bien me rendre compte que la vie est ce qu’elle est. J’allais devoir relever mes manches et tout faire pour que tu ne te sentes jamais abandonné.

 

À la garderie, à l’école, ça n’a pas toujours été évident. Les adultes ne savent pas toujours comment intervenir avec toi, je le sais ça. Le lien d’attachement avec l’adulte est indispensable pour toi pour que ça fonctionne. J’ai aussi vu que ta petite blessure envenimait parfois tes relations avec les autres. Chaque fois que tu as la perception d’être rejeté, c’est une grosse tempête dans ton cœur et dans ta tête. Il faut bien te connaître pour le comprendre.

 

Chaque année scolaire, je croisais les doigts pour que tu tombes sur un prof qui allait comprendre tes particularités, tes besoins. J’essayais d’être ta voix. À chaque rencontre avec l’école, à chaque appel avec la technicienne en éducation spécialisée (combien ? J’ai arrêté de compter !), à chaque appel de la directrice, je me démenais pour qu’en fin de compte, tu sois compris. Derrière tes comportements parfois plus difficiles se cache un garçon hypersensible, anxieux et qui ne demande qu’à être aimé. Tu caches bien tout ça par contre, avec la petite carapace que tu as construite pour te protéger.

 

On a fréquenté une psychologue merveilleuse qui m’a beaucoup aidée à rester forte dans les derniers mois de ta deuxième année qui me semblait interminable. J’avais un petit être humain de 7 ans qui n’aimait plus l’école. Tu n’avais que 7 ans ! Tes crises d’anxiété se multipliaient le matin. Tu pleurais. Tu ne travaillais plus en classe. Tu étais devenu complètement indisponible aux apprentissages. J’étais épuisée, tout comme toi mon amour.

 

Pendant le confinement, on m’a appris qu’une demande avait été approuvée pour toi, pour que tu intègres une classe « nurture » à la prochaine rentrée scolaire, dans une autre ville à côté, dans une école régulière qui avait ce type de classe. J’ai fait mes recherches, j’ai lu, j’ai parlé avec la directrice de la nouvelle école. Wow ! J’ai compris qu’on avait été entendus. Cette classe réduite où le lien d’attachement est à la base des interventions était faite pour toi. Le hic… je m’imaginais mal t’envoyer dans cette école alors que ta sœur allait intégrer l’école primaire que tu connaissais. Eh bien oui, on s’est lancés ! J’ai vendu mon condo pour acheter une maison avec ton beau-père que tu aimes tant et qui est si présent pour toi. Et pas n’importe où. Dans le secteur de l’école que tu allais fréquenter. Je sais que tu penses naïvement que tu as changé d’école parce qu’on a déménagé, mais moi, je garde le secret qu’on a tout fait ça pour toi mon petit bonhomme. Un jour, tu le sauras peut-être !

 

En attendant, moi, je te regarde aller à l’école avec le sourire chaque matin pour aller retrouver tes nouveaux amis et ton enseignante qui comprend parfaitement tes besoins. Tu es dans une classe incroyable, adaptée à tes besoins, et franchement je ne t’ai jamais vu aussi heureux. Tu retrouves une confiance en toi que tu avais perdu complètement. Je te sens apaisé. C’est de la musique dans mes oreilles quand je te vois revenir de l’école avec des étoiles dans les yeux en me racontant tout ce qui s’est passé de merveilleux dans ta journée ! Après tout, je te l’ai promis que je ferais tout pour que tu ne te sentes jamais abandonné ! Je n’arrêterai jamais de croire en toi. Ne l’oublie jamais !

Signé ton ange-gardien, ta maman. 

Faire confiance à l’univers

Après une quinzaine d’années de vie commune, divorce. Nos chemin

Après une quinzaine d’années de vie commune, divorce. Nos chemins n’étaient plus parallèles. Notre petite famille a éclaté. Garde partagée. Nos deux belles cocottes ne comprenaient pas trop ce qui se passait. Ça m’a rentré dedans. J’étais à terre, complètement désemparé. J’avais besoin d’aide. Je voulais comprendre ce qui s’était passé. Pourquoi ce fossé s’était‑il creusé entre nous au fil du temps ? Pourquoi « Pour le meilleur et pour le pire » ne voulait rien dire pour elle ? Je me suis ramassé à la petite cuillère et suis allé voir une psychologue. Je me souviens encore de la toute première séance. J’étais déterminé. Je voulais comprendre. Ce jour‑là, sans trop le savoir, j’ai débuté un merveilleux cheminement qui m’a permis de vivre une transformation. Et aujourd’hui j’en suis fier.

J’ai compris que notre mariage n’était pas fait pour durer. Depuis le début, il avait une date de péremption. Que nous n’étions pas compatibles, finalement. Nous avons vécu ce que nous avions à vivre. Ce divorce a été un épisode douloureux, mais avec du recul, je remercie l’univers de me l’avoir fait vivre. Mon âme avait besoin de vivre cette expérience très émotionnelle pour grandir et s’épanouir. Je ne suis plus la même personne que j’étais. J’ai réussi à dépoussiérer ma sensibilité qui s’était réfugiée dans un coin reculé de mon cœur. « Tu as zéro intelligence émotionnelle », me disait mon ex-conjointe. C’était tellement faux. J’étais blessé, voilà. System shutdown. La thérapie m’a permis de réparer le filage qui était brisé entre ma tête et mon cœur. J’ai appris à ressentir et à comprendre mes émotions, à ressentir mon énergie et celle des autres. Ce cheminement magnifique n’aurait pas été possible si je n’avais pas vécu ce divorce. Merci, univers. Je me suis retrouvé. Et j’ai appris une leçon très importante : ne jamais avoir peur d’être moi-même et d’apparaître.

Quelques années se sont écoulées depuis le divorce.

Aujourd’hui, je partage ma vie avec une âme merveilleuse avec qui je vis un amour profond. Merci, univers. Ma nouvelle conjointe et moi avons choisi de vivre ensemble. Dès l’annonce de notre beau projet de vie commune et de famille unie, j’ai senti une résistance de la part de mes filles. Je suppose qu’elles ne voulaient pas briser leur routine, soit celle d’avoir leur papa à elles toutes seules une semaine sur deux. Elles étaient réticentes à faire partie d’une deuxième famille recomposée. Qu’étais-je censé faire ? Reporter à plus tard le beau projet que ma conjointe et moi caressions ? Non. Nous avons choisi de faire confiance à l’univers. Nous avons donné le GO à notre projet. Quelques mois plus tard, nous étions tous sous le même toit.

Aussitôt déménagés, voilà que la pandémie liée à la COVID‑19 a confiné notre nouvelle famille recomposée à la maison. On ne l’avait pas vue venir, celle‑là. L’adaptation a été moins graduelle que prévu. Mais nous n’avions pas le choix. Mes adolescentes, déjà fragiles à l’idée de déménager et d’avoir à partager leur papa avec une autre femme et ses enfants, ont eu de la difficulté à s’ajuster et à s’adapter. « Ils sont différents de nous. » « On n’a rien en commun avec eux. » « Ses enfants sont turbulents et bruyants. » « On n’a pas choisi de déménager. » « C’était ton choix, pas le nôtre. » Quand l’être humain résiste au changement, il se concentre uniquement sur les irritants et fait abstraction de tout ce qui est positif et qui peut favoriser la croissance et l’épanouissement. Et c’est pire encore quand l’ex-conjointe se mêle de tout ça en arrière-plan.

Voilà que quelques mois plus tard, ma plus vieille a choisi d’aller vivre chez sa mère à temps plein. Bien que son choix m’ait fait beaucoup de peine, je l’ai accepté. Elle était soulagée de savoir que je n’étais pas fâché et que je continuais à l’aimer. Notre relation va continuer d’évoluer, mais d’une manière différente. Quelques semaines plus tard, sa sœur cadette a fait le même choix. J’étais atterré. Je le suis encore.

Mes filles, je les aime, je les adore. Je leur ai proposé une nouvelle vie. Un cheminement différent. Ma conjointe et moi avons tout fait pour rendre la transition la plus agréable pour toute la famille : rénovations pour que chaque membre puisse avoir sa chambre, ajustements au niveau des repas, activités organisées pour favoriser la création de nouveaux liens, etc. Tout ça pendant le merveilleux confinement. Mais depuis le début, je ressens une résistance chez mes filles. Une fausse croyance que ça ne marchera pas, que ça ne marchera jamais. Et depuis le tout début, il y a mon ex-conjointe qui essaie de s’ingérer dans notre projet par tous les moyens possible en s’interposant entre nos filles et moi. Franchement pas agréable. Et inacceptable.

Notre nouvelle famille recomposée se transforme déjà et devra poursuivre son évolution d’une manière différente. Ça nous fait vivre beaucoup d’émotions.

Peu importe ce qui arrivera dans les jours et les mois à venir. Je fais confiance à l’univers. Rien n’arrive pour rien.

Le papa anonyme

Savourer, respirer, le moment présent !

Toute jeune, en plein dans la fleur de l’adole

Toute jeune, en plein dans la fleur de l’adolescence, je suis tombée amoureuse du père de mes enfants. On est restés quasiment vingt ans ensemble. Quand on s’est séparés, j’ai rencontré mon copain des deux dernières années trois semaines seulement après la séparation. Si on fait le décompte, à l’endroit, à l’envers, la tête sur le côté… cela veut dire qu’à la mi-trentaine, je peux dire que j’ai été en couple pendant les deux tiers de ma vie ! J’ai vécu deux belles relations. Avec des hauts et des bas évidemment, mais somme toute, je n’ai pas été contrôlée et je n’étais pas malheureuse. Chacune de ces relations m’a apporté du bien.

Lorsque le père de mes enfants est parti, je suis devenue mère monoparentale avec trois enfants : un qui ne marchait pas, l’autre qui portait encore des couches et le dernier en deuxième année. Les deux années qui ont suivi ont été un tourbillon de découvertes. J’ai découvert qu’il fallait que j’élève mes enfants de mon côté, une semaine sur deux, seule. J’ai appris à faire le deuil, un jour à la fois, d’une vie de famille normale. J’ai appris à faire le deuil de la complicité que j’avais jadis avec le père de mes enfants. J’ai appris que je suis une femme, pleine de désir, de chaleur, de tendresse et de feu !

Deux ans après ce changement de vie, je me pose, tranquille, le cœur et le corps plein de ce tumulte. Je prends conscience que je veux et que je peux en profiter. La tête pleine, les bras pleins avec les enfants, la routine, la grande carrière, la quarantaine qui frappera à mes portes bientôt… Je constate que je veux toujours plus, j’aspire à plus et j’attends plus. Et cela m’empêche de vivre le moment présent, Mon moment présent.

Être content de ce qu’on a, de ce qu’on vit. Cela veut dire profiter, savourer, s’arrêter pour apprécier. Apprécier les petits moments, regarder ton enfant s’émerveiller d’une simple fleur sauvage, le regarder penser avec ses petits sourcils froncés et le coin de sa lèvre supérieure élevée. Si l’on est capable de profiter de ces petits moments délicieux, on est aussi capable de transférer ces moments de pures joies dans notre vie de femme.

Avec mon deuxième partenaire, j’ai appris à être une femme, une femme sensuellement confiante. 😊 Je me sens sexy, belle et radieuse. J’expérimente les joies et l’apport positif de l’énergie sexuelle ! Quand on est bien dans sa peau, quand on expérimente de multiples orgasmes, qu’on savoure notre vie de femme, seule ou en couple, cela nous redonne chaque jour, dans toutes les autres sphères de notre vie.

Bref, je n’apprends pas juste à profiter du moment présent dans ma vie de maman, mais aussi dans ma vie de femme. J’apprends à savourer chaque caresse, chaque toucher, chaque bouffée. Sentir les mains de mon partenaire me toucher, sentir son souffle sur ma peau, partant du cou, glisser sur mes omoplates, dans le creux de mon flanc, sur le haut de ma craque de fesses. Sentir sa langue me lécher furtivement les petites pommes du popotin, glisser le long de mes cuisses. Savourer, humer, apprécier. Sentir tous ses gestes, me sentir bouger !

Quand on prend le temps, le temps de vivre, sans penser à vouloir autre chose et si on se respecte, qu’on est capable de demander et que notre partenaire est capable de donner, on est capable de se satisfaire de chaque petite baise, de chaque petit moment passé à se caresser. On est capable d’apprécier une p’tite vite sur le bord du comptoir sans vouloir plus ni penser à la prochaine session de jeu.

Bref, j’apprends à VIVRE !

Roxy Ka

 

Il y a deux mois

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C’était il y a un peu plus de huit semaines. Dans un élan d’impulsivité, tu as dit ces mots. C’est si difficile de comprendre pourquoi ils sont sortis de ta bouche, toi qui peux être si à cheval sur la langue française. Ces mots, tu les as dits à mon avis huit semaines plus tard sans penser qu’ils étaient pour faire résonner quelque chose de complètement clair en dedans de moi : c’est terminé.

 

À la suite de ces paroles, nous avions un événement familial dans ta famille. J’y suis allée avec toi, mais je me souviens de deux choses pour cette soirée. Il faisait chaud à l’extérieur, c’était agréable, mais j’ai été d’une grande froideur avec toi et encore à ce jour, je ne sais pas comment j’ai fait pour que rien n’y paraisse.

 

Nous sommes revenus à la maison et dans la nuit, alors que je m’étais couchée dans une autre chambre, je suis allée te voir et je t’ai clairement dit que ces propos n’avaient pas leur place, que je ne les acceptais pas et que c’était terminé. J’ai offert dès cet instant à ce que tu rachètes ma part de notre maison.

 

Il y a eu depuis ce jour une cassure, une cassure nette. Je ne pouvais plus à ce moment précis penser que je pouvais continuer ma vie avec toi. Ce n’était pas la première crise que nous vivions, mais cette fois-là, c’était autre chose ; une conviction profonde a jailli de cet événement.

 

Là où ça accroche depuis un peu plus de huit semaines, c’est toi. Au début, tu m’as confirmé que tu voulais racheter ma part de la maison. Tu as débuté les démarches à ton rythme, c’est-à-dire très lentement. Puis il y a quelques semaines, tu m’as annoncé que tu avais interrompu les démarches, car un enfant ne vit pas dans deux maisons. Tu as décidé à ce moment de me mettre en cage. Depuis, oui j’ai l’impression d’être prise, mais en même temps, je pense que c’est davantage toi qui te mets en cage.

 

Moi, de mon côté, je reconnecte avec moi, je reconnecte avec mes passions, mes valeurs, mon amour-propre. Ça fait du bien. Nous avons encore des discussions parfois, ce n’est pas toujours simple, ce n’est pas toujours beau. Mais c’est clair pour moi : le chapitre qu’était notre relation est terminé pour moi.

 

J’ai compris que chaque séparation est unique et amène son lot de défis (y compris des cassures et des déchirures). La mienne se déroule à la vitesse leeente et oui, je voudrais parfois que ça aille plus rapidement. Cependant, à chaque discussion ou accrochage, je comprends que j’en ai beaucoup vécu, parfois de manière trop silencieuse. Mais savoir que j’avance me permet de me sentir plus légère. Noël s’en vient, on me dit que ce ne sera pas facile. En faisant une petite introspection, je me suis rendu compte que cela fait quelques Noëls que rien n’est simple, alors je ne crois pas que ce sera pire.

 

Je sais que le nouveau chapitre qui s’ouvre me permettra de me redécouvrir et je fais confiance à la vie. Pour le reste, elle s’en occupera adéquatement.

 

Eva Staire

Le retour des papillons

Pour faire une histoire courte, je suis maman monoparentale depuis p

Pour faire une histoire courte, je suis maman monoparentale depuis plus de quatre ans. J’ai la garde complète de mes deux trésors. 365 jours par année. Je travaille à temps plein. Pas besoin de vous dire que se donner la chance de tomber amoureuse, ce n’est pas le mandat le plus évident quand ton temps libre commence à 20 h le soir quand les enfants sont couchés (encore faut-il qu’ils s’endorment à 20 h!).

La relation avec le père de mes enfants fut ce que j’appellerais un véritable poison pour l’âme. Le genre de relation qui te ramène une estime personnelle au bas de l’échelle. Après ma sortie de prison séparation, je m’étais dit que plus jamais je n’allais me réinvestir émotivement. C’est si simple, la solitude! Sauf que c’est si triste aussi… à la longue. En quatre ans, j’en ai donc eu des dates, mais ce n’était jamais vraiment ce que je cherchais (est-ce que je savais vraiment ce que je cherchais?). C’est épeurant, terrifiant même, de songer à inclure quelqu’un de nouveau dans la petite vie que tu t’es bâtie avec tes enfants, parmi les milliers de morceaux que tu essaies de recoller ensemble, malgré tes responsabilités de mère à boute monoparentale.

Ces quatre années de célibat m’ont cependant permis de rencontrer la véritable personne que je devais rencontrer avant de faire une place à qui que ce soit d’autre, c’est-à-dire la vraie moi. Pour la première fois de ma vie, j’ai pris le temps d’apprendre à la connaître, à la respecter, mais par-dessus tout, j’ai appris à l’aimer. Un ami m’avait un jour dit que lorsque nous sommes réellement prêts, la vie se charge de nous envoyer la bonne personne. Jamais je n’aurais pensé dire que dans mon cas, il avait raison, ce cher ami.

Tu es arrivé dans ma vie comme si quelqu’un avait secoué une baguette magique au-dessus de ma tête. Je t’ai tout de suite trouvé drôle, charmant, dévoué et presque naïf de vouloir t’embarquer là-dedans avec moi! Tu n’as pas d’enfants, mais tu ne m’as pas montré une seule seconde que ça te faisait peur. Tu as chassé chacune de mes insécurités comme si tu lisais dans mes pensées. À ma grande surprise, je t’ai inclus dans notre petite vie à trois, tout naturellement, comme si tu étais le pion manquant dans nos vies. Les papillons dans mon ventre ont repris vie, un à la fois, et contre toute attente, j’ai dû admettre que j’étais de nouveau amoureuse.

Prenez soin de vous les mamans, soyez vraies, soyez patientes et AIMEZ-VOUS! La vie se chargera du reste.

Stéphanie Provost

 

Flusher son ex de Facebook

Je te flush de mon Facebook.

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Je te flush de mon Facebook.

Je te flush parce que je haïs ça te voir heureux. Pas que tu ne le mérites pas. Au contraire, je te souhaite sincèrement le meilleur. J’aimerais juste ça ne pas en connaître tous les détails.

Tu es mon premier vrai amour. Le premier avec qui je m’imaginais finir mes jours. J’écoutais « I wanna grow old with you » d’Adam Sandler, et j’étais certaine qu’on allait finir ensemble à se bercer durant nos vieux jours.

C’est moi qui t’ai laissé. Ça fait déjà plusieurs années de ça. Je pense encore que c’est ce qui était le mieux pour nous deux. Vraiment. C’est juste que j’aimerais ça savoir que des fois, tu penses à moi toi aussi. J’aimerais ça savoir que j’ai été spéciale et que même si on est marié et qu’on a des enfants chacun de notre bord, tu repenses à nous de temps en temps et que tu souris en coin. À la place, tout ce que je vois, c’est que tu t’amuses comme jamais dans une vie qui paraît enviable.

Je te flush parce que ça m’a fait de la peine à chaque fois que j’ai su que tu étais de retour en ville, mais que tu ne m’as pas appelée. C’est con : j’irais dans ta ville, je ne t’appellerais pas moi non plus. Et puis, je ne sais pas vraiment qu’est-ce que ça donnerait de se revoir.

Je te flush de mon Facebook parce que de toute façon, tu n’y vas même plus sur ton compte. Ça fait que je suis là, à écrire ton nom dans le moteur de recherche, puis à retomber sur les mêmes messages de bonne fête qui datent de plusieurs mois auxquels tu n’as même pas donné suite.

Je te flush parce que c’est tellement pas normal de pouvoir suivre la vie de son ex comme ça. D’avoir accès à tout ce qu’il vit de beau et d’extraordinaire en occultant tout défaut.

Je te flush parce que moi aussi, je suis heureuse et que j’ai envie de tourner la page une fois pour toutes. C’est comme si je sais que tu n’es pas le bon gars pour moi et je sais que je suis épanouie dans ma vie actuelle, mais que j’aurais juste envie que tu me confirmes que c’était vraiment spécial nous deux et que même si ça nous tuait à petit feu, ça reste une belle rencontre marquante dans ta vie.

J’aurais le goût de savoir que toi aussi, ça te fait un pincement au cœur de voir mon bonheur étalé sur les réseaux sociaux.

Ça se peut tu que notre âme sœur ne soit pas faite pour être notre amoureux?

Eva Staire