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Une heure du bain qui sent zen!

Je lisais d’anciens articles sur le blogue cette semaine et je sui

Je lisais d’anciens articles sur le blogue cette semaine et je suis tombée sur quelques textes qui parlaient des (RARES) moments où nous, les mamans, pouvons enfin nous reposer avec nos petits rituels et prendre un bain. Le fameux self-care dont on entend souvent parler.

Maintenant, quand j’entends parler de bain, je sens souvent la pression monter dans la maison juste à l’idée de devoir courir partout pour attraper les filles pour faire trempette dans l’eau rapido et les laver à la vitesse de l’éclair.

Pourquoi donc est-ce que je recherchais douceur et relaxation pour mon moment à moi, mais que je me contentais du stress et du chaos pour mes enfants ? Ils ont leur journée dans le corps eux aussi. Ils ont de bonnes et de moins bonnes journées. Qui va s’occuper de leur montrer les bonheurs du bain si moi, je ne fais que jouer à la pieuvre pour attraper savons, serviettes et mes deux filles ?

Ça fait un petit moment que je teste quelques produits avec mes filles pour créer une routine agréable qui va les amener tranquillement vers le sommeil (un jour…) Quand vient l’heure du bain, je range mon cellulaire, on tamise les lumières, on se met une petite musique douce et je demande aux filles de sortir notre petite boîte magique et de choisir un produit. Je n’en ai pas beaucoup, mais les filles ont déjà leurs coups de cœur.

Les voici :

  • Les produits GOM-MEE

Gom-mee est une compagnie québécoise que j’affectionne particulièrement pour mes enfants. Des produits non toxiques qui respectent la peau fragile et sensible des tout-petits. J’adore le côté ludique et original de leurs produits. C’est coloré et conçu avec et pour les enfants. J’ai presque autant de fun que mes filles à les utiliser quand on joue toutes ensemble. Gros coup de cœur. Ils ont plusieurs autres produits que je vous invite à découvrir sur le site de Gom-Mee 

  • Bubble Whoosh

J’ai deux filles donc c’est certain que dès qu’il y a du rose, c’est un gros plus! J’ai trouvé chez Clément cette poudre magique sans produits chimiques, qui colore l’eau et qui sent vraiment trop bon! Il y en a de différentes couleurs. En plus, le produit hydrate et apaise délicatement les peaux sèches et sensibles. Le préféré d’Anna.

  • BATHORIUM – Little Charlie

Je connaissais déjà les produits pour adultes de Bathorium, que j’adore. Bathorium crée des produits de bain haut de gamme qui fortifient et restaurent le corps, l’esprit et l’âme. Juste à sentir leurs produits et on se sent déjà bien. Le produit pour enfants Little Charlie est un bain de noix de coco et d’avoine. Dès que je fais couler le bain, j’en ajoute!

Grâce à ma petite boîte magique, j’arrive enfin à profiter du moment bain avec mes filles tout en décompressant moi aussi de ma journée. Si jamais vous connaissez d’autres produits chouchous, n’hésitez pas à me les faire connaître! J’ai en masse de place dans ma boîte. 😉

À toi, mon fils anxieux

Depuis ta naissance, tu as toujours été un petit garçon enjoué, drôle

Depuis ta naissance, tu as toujours été un petit garçon enjoué, drôle et qui vit sa vie au jour le jour. Par contre, depuis un an, les choses ont changé. Je ne sais pas si c’est le fait de devenir grand frère ou simplement parce que tu as commencé l’école, mais quelque chose semble s’être brisé en toi.

Au début, les changements ont été subtils. Tu avais parfois de la difficulté à t’endormir le soir. Peu à peu, ton enseignante m’a fait remarquer qu’il t’arrivait de pleurer en classe. Tu avais peur de ne pas réussir une tâche ou simplement peur d’oublier ta boîte à lunch et que je sois fâchée. Tu n’arrivais plus à te concentrer sans avoir tes doigts ou ton chandail dans la bouche. J’ai essayé de te rassurer du mieux que je le pouvais et je t’ai fait savoir que j’étais toujours à ton écoute si tu voulais me parler.

Puis au mois de mars, le confinement a débuté. Tu semblais heureux de rester à la maison avec moi pour travailler, de pouvoir passer du temps avec tes frères. Un jour, pourtant, tu as commencé à me dire que tu avais mal au cœur. Pas comme des nausées, plus comme si ton cœur se serrait. Tu m’as dit que la douleur était souvent présente du matin au soir. Tu as commencé à te questionner ou à aborder des sujets beaucoup trop sérieux pour ton âge : « Si j’attrape le coronavirus, vais‑je mourir ? ». « Si je me ronge les ongles, est‑ce que je peux perdre mon doigt ? ». « Maman, je ne veux pas que tu meures ! ».

Voilà maintenant trois semaines que tu me parles de ta gorge qui se serre. « Maman, je ne peux plus respirer ». Tu m’as même appelée la semaine passée pour t’aider à te calmer lors de ton séjour chez tes grands-parents. Je trouve tout ça tellement difficile ! Je voudrais tant être capable de te rassurer assez pour que tu recommences à vivre comme un enfant de six ans. J’en fais de l’insomnie. Qu’ai‑je fait ou dit pour que ça arrive ? Suis‑je une bonne mère pour toi ?

Depuis ton retour à la maison, j’essaie d’être plus calme. Je prends du temps pour toi, je te serre davantage dans mes bras. J’essaie de te faire rire, de rendre ta vie plus douce, plus légère. Je fais tout le nécessaire pour que tu arrives à maîtriser tes peurs. Une chose est claire : sache, mon fils, que je t’aime et que je ne te laisserai jamais tomber.

Caroline Girard

C’est normal

Aujourd’hui, j’ai envie de me sentir normale. Tu sais, normale comme da

Aujourd’hui, j’ai envie de me sentir normale. Tu sais, normale comme dans « maudit que j’aimerais que la vie aille moins vite ». J’ai l’impression d’étouffer par moment. J’ai l’impression que je n’arriverai jamais à temps dans mon temps. Pourquoi je me sens ainsi? Qui m’impose ce rythme effréné?

Après réflexion, j’en suis venue à la conclusion que cette pression vient bel et bien de moi. C’est moi qui décide de me mettre dans de telles situations, et ce, de mon propre chef.

Du matin au soir, ma vie est chaotique. Enseignante de profession, je roule au quart de tour pour m’assurer que mes élèves sont les meilleurs de tous. Je m’assure qu’ils ne manquent de rien et j’en fais toujours trop. Dans le jour, j’oublie de respirer calmement. Dans le jour, j’oublie que j’existe. Je suis sur le pilote automatique, nous devons avancer, apprendre et nous amuser et je dois surtout ne pas oublier de corriger, de planifier et de ramasser.

Quand arrive le soir, je suis maman. Une maman aimante et dévouée qui oublie encore une fois de bien respirer. Une maman qui prépare le repas, qui s’assure que les douches sont prises, qui s’occupe des lunchs et qui prend le temps de jouer. Une maman qui se couche avec ses cocos et qui patiente avant de pouvoir aller se coucher juste pour être certaine qu’elle n’aura pas à se relever.

Quand arrive le soir, je suis brûlée, fatiguée. Me traîner dans mon lit est un vrai tour de magie. J’aimerais tellement fermer les yeux et m’endormir, mais ma réalité me ramène souvent en plein visage que l’anxiété n’a pas encore donné son OK. C’est à ce moment‑là que je voudrais crier. C’est justement là que je voudrais tout arrêter. Tu sais, arrêter le temps qui gère mon existence, arrêter la perfection et parfois couper les coins ronds, arrêter de stresser pour ne rien oublier. 

Aujourd’hui, j’ai envie de me sentir normale. Donc, je vais respirer, laisser aller et juste imaginer que demain sera une meilleure journée et que pour une fois, je réussirai à ne pas m’oublier.  

Véronique Daigle

Une nuit dans ma tête

Bienvenue entre mes deux oreilles, tu peux entrer! Ne regarde pas le fouill

Bienvenue entre mes deux oreilles, tu peux entrer! Ne regarde pas le fouillis. C’est long pour moi de faire le ménage de mes idées après une nuit d’insomnie. 

Bien oui, tout est beau comme ça, de l’extérieur. J’ai l’air bien calme et sereine. Je semble en parfait contrôle de mes émotions. Mais c’est faux. Regarde attentivement et tu verras, les poches sous les yeux, les rides au front… 

Dans ma tête, certaines nuits, on dirait qu’un tsunami est passé et qu’il a brisé tout sur son passage. C’est la crise d’anxiété qui m’envahit qui cause ces dommages. J’en ai pour quelques jours à ressentir de minuscules secousses que je devrai contrôler. 

Des trucs? J’en connais des tonnes pour arrêter mes pensées, mais quand le tsunami tourne dans ma tête, c’est difficile. Il arrive comme ça, sans prévenir. Il est difficile à maîtriser. Je respire, je médite, je me change les idées, je compte par bonds impairs, à l’envers, je fais du yoga… mais il est là. Et il m’empêche de réfléchir de façon logique. 

Le matin arrive, le soleil se lève et avec lui, l’espoir du renouveau. Tranquillement, je retouche terre, mes pensées s’adoucissent, ma logique revient. Je respire un bon coup et démarre ma journée avec ces soubresauts de ma nuit d’insomnie. 

Tu aimerais m’aider à faire le ménage de mon fouillis, je sais. Mais puisque la majorité de mes idées ne sont pas logiques, il est difficile pour moi de te les partager. Déjà, de te laisser entrer est un grand pas. Mais ne t’inquiète pas, j’arriverai à démêler tout ça. Un petit morceau à la fois.  

Aujourd’hui, je ferai du sport et je prendrai du temps pour moi afin d’être en contrôle de mes idées. J’écrirai des mots positifs que je lirai avant de me mettre au lit. Et j’espère que la prochaine nuit me permettra de récupérer le sommeil perdu. 

Reviens me visiter dans quelques jours. Chaque idée sera à sa place, il y aura de la musique et des fleurs. À ce moment, je serai capable de te partager ces idées noires qui m’envahissaient. Mais d’ici là, reste près de moi et sois patient, j’y arriverai. 



Nancy Pedneault

En grandissant, tu comprendras, mon garçon

C’était le début des vacances des fêtes avec les enfants et ma

C’était le début des vacances des fêtes avec les enfants et ma femme. Enfin, fini le stress du matin! Je m’étais dit que nous pourrions respirer un peu pour quelques semaines.

Mon fils de six ans voulait aller dans une boutique pour acheter un objet bien précis avec les sous qu’il avait économisés. Je me suis dit : pourquoi pas? De toute façon, j’avais une petite course à faire.

Arrivé au centre commercial, j’étais étonné de voir autant de voitures dans le stationnement. Ah oui, c’est vrai, j’avais oublié, nous étions le samedi 21 décembre… Mais je me suis rassuré du fait que maintenant, je pouvais faire mon épicerie la fin de semaine. En plus, je n’ai pas eu de sensation de tirage dans le côté droit de mon visage depuis quelques mois. J’étais totalement confiant en moi.

Arrivé dans le centre commercial, il y en avait des gens! Il y en avait du bruit! La première boutique, c’était l’enfer. J’avais de la misère à passer avec mon chien d’assistance.

Mon fils avait trouvé ce qu’il cherchait, alors direction la caisse pour payer.

Maintenant, nous devions aller dans une autre boutique. Il voulait acheter un cadeau de Noël pour sa grande sœur. Est-ce que ça me tentait? Non pas du tout, mais je l’ai fait pour lui malgré la difficulté qui grandissait en moi.

Quand on est arrivés à la boutique, mon champ de vision était déjà réduit depuis quelques minutes. J’avais de la misère à avoir une bonne respiration. La chaleur se faisait ressentir. J’essayais d’aider mon fils à trouver un cadeau malgré ma vision brouillée.

Nous étions dans la file d’attente pour payer. Un gentil monsieur est venu me trouver pour me faire passer à une autre caisse. Je crois qu’il s’est aperçu que je n’allais pas bien. Je l’ai gentiment remercié.

Je savais que j’en avais assez et que je devais retourner vers la voiture. Sur le chemin du retour, je me sentais comme un zombie. Ça me tirait dans le visage. J’avais la sensation d’avoir le visage tout croche. Une sensation qui ne s’était pas produite depuis des mois. J’avais de la misère à marcher. C’était comme si tout le côté droit de mon corps avait envie de paralyser. Ou bien que j’avais de la misère à faire fonctionner la partie droite de mon corps. J’avais de la misère à voir clair. J’avais mal aux oreilles et à la tête à cause du bruit.

Théra, ma chienne d’assistance, sentait ma détresse et tirait sur la laisse pour m’aider à sortir de cet endroit. Elle connaissait le chemin du retour. Je me laissais guider par elle. Je n’avais même pas pensé à prendre mon médicament d’urgence parce que j’avais de la misère à fonctionner.

Pour ceux qui me suivent sur mon blogue et qui me connaissent, vous allez sûrement dire que je me répète au niveau de mes symptômes. Non, car c’était la première fois que la partie droite entière de mon corps était affectée. J’avais besoin de vous en parler au cas où quelqu’un comme moi lirait cet article.

Une fois à l’extérieur, enfin, je pouvais prendre de grandes bouffées d’air. Il n’y avait plus personne.

Toi mon fils, tu me demandais d’aller dans un autre magasin. Ma réponse fut négative, car je n’allais pas bien.

Alors voici en bref notre conversation :

Fils : On ne peut jamais rien faire à cause de ton trouble de stress post-traumatique.

Moi : Tu sais mon garçon, ce n’est pas facile d’aller à la guerre. Parfois, cela peut causer des problèmes.

Fils : Tu avais seulement à dire non et ne pas y aller, à la guerre.

Moi : Quand tu es militaire, tu ne peux pas toujours décider. Tu dois faire ce qui t’est demandé.

Fils : Tu aurais dû travailler dans une pizzéria ou être pâtissier ou quelque chose comme ça.

Moi : C’était mon rêve et mon désir d’être militaire. Parfois dans la vie, on ne sait pas comment les choses peuvent tourner.

Je sais que pour toi mon garçon, c’est difficile de comprendre malgré tes six ans. Ne t’en fais pas, c’est même difficile pour un adulte de comprendre.

Sache que je me suis battu pour vivre et rester à tes côtés.

Sache que je me bats tous les jours contre ces démons.

Sache que j’essaie d’être le meilleur père et le meilleur amoureux pour votre maman.

Un jour mon garçon, peut-être que tu comprendras mieux ma blessure de stress opérationnel.

Il est certain que chaque fois que tu me la reproches, ça me fait mal au cœur. J’aimerais être comme les autres papas.

Mais tu sais quoi mon garçon? Le plus important est que je t’aime et que je suis là pour toi.

L’amour est la plus belle richesse.

Je sais que tu m’aimes, car tu me le dis souvent.

Je t’aime mon fils.

Carl Audet

 

Pas de mammouths à l’école!

Veille de rentrée scolaire, trois minutes après l'heure du coucher

Veille de rentrée scolaire, trois minutes après l’heure du coucher, moment propice par excellence pour que la machine à soucis s’emballe.

 

– Maman, je ne me sens pas bien, j’ai mal au ventre, j’sais pas ce que j’ai…

– Hum… genre des papillons dans l’estomac?

– Ouin…

– Des papillons féroces à grandes dents qui te dévorent l’intestin?

– Ouin…

– Ça ressemble étrangement à de la nervosité… La rentrée scolaire te stresse?

– Ben non voyons, j’aime ça, l’école!

– Même si tu aimes l’école, tu peux être nerveux. Une première journée, dans une nouvelle école en plus… Même les profs et les directeurs d’école ont des papillons la veille de la rentrée. Je t’ai déjà parlé des mammouths, hein?

Mes enfants connaissent l’histoire des mammouths, mais un petit rappel est parfois le bienvenu. En tant qu’abonnés aux ateliers de gestion de l’anxiété, nous avons entendu et raconté cette histoire plusieurs fois. En plus, ce n’est même pas de la fiction! Quoique je n’étais pas là à l’époque pour témoigner…

Il y a des milliers et des milliers d’années, les humains vivaient au milieu des mammouths. Quand ils voyaient une gang de mammouths courir vers eux, ils avaient trois choix :

– Qu’est-ce qui arrive si on s’écrase par terre en boule et qu’on fige devant une gang de mammouths?

– On se fait écraser. On devient une crêpe. Ce n’est pas une bonne solution.

– Parfois, figer et prendre le temps de réfléchir, c’est la meilleure solution. Mais pas devant une urgence mammouths. Le deuxième choix, c’était de se battre.

– Ben là maman, on n’est pas assez forts!

– En effet. Tu as beau avoir des super muscles, ton petit coup de poing sur le nez d’un mammouth ne t’amènera pas très loin. Même chose à l’école : si tu es fâché parce qu’un prof te donne une dictée ou parce qu’un plus petit t’a embêté, sortir tes poings et tes passes de karaté, ça ne t’aidera pas. Tu n’auras pas ce que tu veux. En plus, tu vas avoir des conséquences et tu risques de blesser quelqu’un. Enlève la violence de ton répertoire d’options.

– Et la troisième solution?

– Devant le danger, on peut aussi s’enfuir. Penses-tu que c’est une bonne solution face à des mammouths?

– Faut courir vite en titi, mais ça peut nous sauver.

– En effet. Mais courir vite, ce n’est pas la solution à tout. Si tu te sauves de l’école et que tu cours dans la rue, tu te mets en danger et tu inquiètes pas mal de monde.

– Mais si je m’éloigne pour me calmer ou parce que quelqu’un fait des bruits qui m’énervent, ça va.

Dans la vraie vie de maintenant, on peut parler, écouter, demander de l’aide. Les mammouths sont plutôt rares. Mais dans le temps, le corps humain devait permettre de figer, de frapper ou de s’enfuir. Pour ça, une grande partie du sang était subitement dirigée vers les pieds pour courir et vers les mains pour frapper.

Résultat : le cerveau et le bedon recevaient moins de sang et donc moins d’oxygène.

– Tu te souviens, quand je te dis de prendre des grandes respirations?

– L’air, c’est comme l’eau qu’on boit : ça aide à réfléchir et à se calmer le pompon.

– Si un jour, tu te fais courir après par un mammouth, tu ne prendras pas le temps de penser à toutes les options. Tu vas frapper, tu vas courir ou tu vas figer. Tout ton corps va réagir à l’urgence.

– Comme quand je me suis fait piquer par une guêpe.

– Voilà. Tu ne t’es pas demandé si la guêpe aurait mal ou si elle serait triste que tu la frappes. Tu as crié, tapé, couru. Après, on a pris le temps de réfléchir pour te soigner et pour enlever le nid de guêpes. À l’école, tu as le temps de respirer pour calmer ton cerveau. Ton instinct de survie peut relaxer.

Et le ventre, dans tout ça? En mode panique, notre digestion ralentit. Ce n’est pas la priorité. Si nos organes reçoivent moins de sang, ils font moins bien ce qu’ils ont à faire. Donc en état de stress, on peut avoir des crampes, un peu comme si des engrenages mal huilés essayaient de tourner dans l’estomac. On peut avoir de la difficulté à aller aux toilettes ou au contraire, avoir des selles liquides, parce que notre système ne réagit pas comme d’habitude. Dans ces cas, boire de l’eau, se reposer, respirer, être en contact avec la nature, recevoir des câlins, penser à des choses qui nous font du bien, ça aide beaucoup.

– Tiloup, merci de m’avoir dit que tu ne te sentais pas bien. C’est une excellente façon de faire taire le mammouth-papillon-à-grandes-dents qui essaie de te faire croire que tu es en danger.

P.S. Quelques minutes après le début de la première journée d’école, les papillons à grandes dents, les mammouths et les maux de ventre étaient portés disparus…

Nathalie Courcy

 

Mon point Z

Il y a plusieurs années, j’ai reçu un diagnostic auquel je ne m

Il y a plusieurs années, j’ai reçu un diagnostic auquel je ne m’attendais pas. TAG : trouble d’anxiété généralisée. Je ne m’étais jamais perçue comme stressée de nature. J’avais toujours navigué au milieu des sessions d’examens de fin d’année, des compétitions provinciales, des entrevues d’embauche. Une solide préparation a toujours été ma clé. Ça n’évitait pas les papillons dans le ventre, mais je vivais plus l’excitation enthousiasmante que la nervosité malsaine.

Puis comme adulte, j’ai subi des attaques de panique. Pas le fun du tout. Mais temporaire. Et gérable.

Ce qui m’a tuée (ben… pas littéralement, puisque je vous écris), c’est le stress continu. Le métro-boulot-pas-de-dodo auquel on ajoute plusieurs crises d’enfants par jour, des rendez-vous de suivi, des échecs relationnels, des inquiétudes parentales normales (les coliques, la molaire qui fait souffrir, la première rentrée scolaire…) et les hors normes (celles qui font consulter, qui poussent à l’insomnie chronique et à la remise en question systématique).

Le corps et le cerveau sont bien faits, ils peuvent surmonter beaucoup de stress avant de péter au frette (s’cusez l’expression). Mais quand l’élastique lâche, on a beau le rattacher, c’est juste plus tendu et plus fragile.

Jusqu’à ce que.

Ma tolérance ne sera plus jamais la même. J’aurai toujours une sensibilité, un drapeau rouge qui lève plus rapidement que si j’avais vécu sur une île paradisiaque sans obligations financières, parentales ou professionnelles (euh… ça existe, ça pour le commun des mortels?). Mais je crois bien que j’ai trouvé mon point Z (vous êtes déçus, hein? Vous pensiez que le point G était rendu avec un jumeau?!).

Mon point Z, c’est mon point Zen. Ma zone centrée. L’espace mental dans lequel je me sens en sécurité. Ma conviction que je peux redevenir sereine même au milieu d’un tsunami émotif.

Après avoir frappé mon mur (celui de béton armé) et atteint le fond (du gouffre, parce que le baril n’était pas assez profond), j’ai trouvé la force de retendre mon élastique de stress pour qu’il devienne tendre au lieu d’être tendu. Ma méthode n’est pas infaillible, je suis encore bourrée de failles qui font mon charme (ou mon humanité), mais je profite de chaque occasion pour m’exercer à la zénitude et pour reconnaître mes progrès.

La semaine passée, par exemple. J’embarque dans l’autobus pour me rendre au travail à Gatineau, donc du côté québécois de la rive. Je lis, parce que c’est mon moment à moi de moi avec tout plein d’amour. Quand je lève les yeux de mon livre, on est rendus sur la rive ontarienne, à Ottawa… Oups! L’ancienne moi aurait paniqué, se serait traitée de tous les noms (imbécile, tarte, méchante épaisse, y’a ben juste toi pour être perdue de même… vous voyez? Beaucoup d’amour dirigé vers mon moi-même). Mais pas cette fois-là.

J’ai posé mon livre, je me suis demandé ce qui se passait (j’ai pris le 58 au lieu du 59), j’ai examiné mes possibilités pendant cinq secondes et je suis allée voir le conducteur. Puis, j’ai profité du fait qu’il devait me ramener au Québec pour continuer à lire en souriant. Résultat? Je suis quand même arrivée en avance au travail, avec ma fierté d’avoir une preuve que mon TAG va se promener de plus en plus loin de moi, de plus en plus souvent. En réalité, c’est moi qui l’envoie (se) promener.

Aujourd’hui, un autre exemple. Appel du camp de jour juste avant un rendez-vous important. Ça dérape chez les fistons. Montée d’adrénaline soudaine, le mal de tête de tension qui s’installe automatiquement. Au lieu de me flageller ou de tomber dans mes questionnements existentiels, je suis allée quelques minutes dans une salle de sérénité qu’on a fait installer au bureau. J’ai respiré au son d’une musique pour équilibrer les chakras. Puis je suis sortie, j’ai trouvé un arbre et je lui ai demandé de me donner sa force pour faire le reste de ma journée. Apaisement immédiat.

L’ancienne stressée que j’étais aurait rapporté tout son stress et sa fatigue mentale à la maison, aurait coléré contre ses enfants, en aurait voulu à Pierre-Jean-Jacques et à la vie. Mais non, pas ce soir. Régénérée, j’ai vécu une soirée apaisante et apaisée avec mes cocos. On a ri, on a joué, on s’est collés. Ça sentait la complicité à plein nez!

Je ne suis pas à l’abri d’un pétage d’élastique. Par contre, je repère les signes d’usure plus facilement et je m’autosoigne. Et par le fait même, j’enseigne à mes enfants qu’ils sont capables de gérer leur propre anxiété. Qu’ils peuvent l’accepter parce qu’elle existe, mais qu’ils ont surtout le pouvoir de refuser qu’elle prenne toute la place.

 

Nathalie Courcy

L’arme à la main

Kabul, Afghanistan, 2004. C’était une journée très chaude ce ma

Kabul, Afghanistan, 2004. C’était une journée très chaude ce matin-là. Je devais partir pour effectuer une patrouille à pied avec tout mon équipement sur mon corps comme d’habitude.

Mais cette fois‑ci, c’était différent, car j’étais avec une nouvelle section d’infanterie pour la première fois. J’étais très content, car je pouvais partir à l’aventure et développer des liens avec de nouveaux frères d’armes.

Ces frères d’armes représentaient tout pour moi. Ils étaient comme ma famille. J’étais à l’autre bout du monde et ce qui était le plus important pour moi, c’était eux.

J’étais fier de faire partie de leur équipe et de patrouiller à leur côté pour la toute première fois.

Après plusieurs kilomètres de marche, nous étions de plus en plus dans la profondeur de la ville de Kabul. On marchait en double rang et chacun surveillait son arc de tir. J’étais le premier en avant du rang gauche.

Soudainement, j’ai aperçu au loin un enfant qui courait à travers la foule avec une arme dans les mains en avant de moi.

La panique m’a envahi.

Je me suis dit : « Est-ce que j’en parle aux autres? Pourquoi il faut que cela arrive à moi? Si je ne fais rien, mes frères d’armes vont peut-être mourir… »

En quelques secondes, beaucoup de questions me sont venues en tête.

Ces secondes ont semblé être des minutes très longues.

Après quelques secondes, j’ai averti mes frères d’armes à travers mon casque d’écoute. J’observais l’enfant courir à travers la foule avec son arme. Je me disais que s’il venait vers nous avec son arme, je n’aurais pas le choix de tirer. J’avais plein de pensées qui me traversaient l’esprit et j’étais perturbé.

Dois‑je mettre en jeu la vie de mes frères d’armes ou celle de l’enfant? Je ne savais plus quoi faire. Non, la vie des frères d’armes est primordiale. J’observais et j’essayais de distinguer si c’était un jouet ou une arme, sachant fort bien que les enfants n’ont pas de jouets, car ils ont de la misère à avoir des souliers.

Ouf! Finalement, j’ai réussi à découvrir que c’était un jouet.

Que serait-il arrivé si j’avais mentionné à un de mes collègues d’ouvrir le feu parce que l’enfant était armé?

J’aurais ordonné de tuer un enfant qui n’était même pas armé?

Que serait-il arrivé si un de mes collègues avait perdu la vie par ma négligence? Dans ce contexte, tout aurait pu se produire. Cet enfant aurait pu être la distraction idéale pour nous tous.

Cette vision, je la vois tous les jours. Tous les jours, elle m’envahit. Même qu’il n’y a pas très longtemps, j’entrais dans une épicerie et une fois arrivé dans le rayon des fruits et légumes, une image de ce vécu s’est superposée à l’image réelle. J’avais un flashback solide et réel de ce que j’avais vécu.

Normalement, mes flashbacks passent tellement vite que je ne peux pas les voir. C’est la supposition de ma psychologue. Et pour moi, cela est logique, car mon TSPT est sévère et mon stress est très intense. Je suis tellement stressé que j’ai de la misère à voir ce qui se passe. Par contre des fois, des images peuvent se superposer une par-dessus l’autre très clairement. C’est comme si je suis à Saint-Jean-sur-Richelieu et que soudainement, je me retrouve à Kabul en Afghanistan.

Pas évident je vous le dis, mais je dois vivre avec cela tous les jours.

Ces transpositions d’images, j’essaie de les éviter du mieux que je peux. Par exemple, quand je conduis, je vais emprunter des chemins moins achalandés. J’essaie toujours de trouver une solution pour diminuer mon stress.

Chaque jour est un combat.

Chaque instant est une victoire pour moi!

Et vous, qu’auriez-vous fait devant un enfant armé?

Carl Audet

Théra

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Je me rappelle au tout début de l’été passé, on m’avait diagnostiqué un Trouble de Stress post-traumatique. Même si j’avais douté de cette blessure pendant des années, je m’étais quand même informé. J’avais lu beaucoup d’articles à propos des chiens d’assistance et des bénéfices auprès des vétérans.

Ayant eu un chien dans le passé et voulant mettre toutes les chances de mon côté, j’ai adopté une chienne Golden Doodle de deux mois au mois d’octobre 2018. J’étais super content et fier. Mais la première semaine était très difficile, car moi, je dormais quatorze heures par jour et elle pleurait la nuit. Pas besoin de vous dire que je me suis remis en question, sachant que c’était pour un besoin futur.

Finalement après quelques semaines, c’était de moins en moins pire et tout allait de mieux en mieux. Elle était toujours adorable.

Dès les premiers jours où elle était avec moi à la maison, je voyais du positif dans ma vie. J’avais quelqu’un avec moi constamment. Plus les jours passaient, plus elle me suivait et était constamment près de moi. Nous devenions une équipe! Le jour où elle a obtenu sa veste de chien d’assistance, ma vie a changé encore, car elle pouvait maintenant me suivre partout. Dès que je lui présente sa veste, je lui dis : On va travailler Théra! Et déjà, elle se présente la tête pour enfiler sa veste car elle est contente. Puis, elle devient plus sérieuse parce qu’elle sait qu’elle a un travail à faire. Lorsqu’on revient à la maison, je lui enlève sa veste et son comportement change. Le travail est fini pour elle, elle peut enfin courir après les chats et jouer.

Nous étions connectés encore plus ensemble lorsqu’elle me suivait partout. Nous étions davantage connectés lorsque nous avons suivi notre formation avec l’organisme Audeamus. Nous nous sommes métamorphosés. Même moi, je sentais que j’étais un homme meilleur. Je prenais mes responsabilités plus sérieusement face à Théra. On m’avait appris comment vraiment me servir d’elle pour diminuer mon anxiété. Également des façons de faire évoluer la connexion entre nous deux. Cela demande du temps, mais c’est extrêmement bénéfique à long terme.

Cette formation m’a aussi permis de me faire des nouveaux amis qui ont la même blessure que moi. Certains avec des douleurs physiques comme moi. Quoi dire de plus des nouveaux amis que j’ai rencontrés? Ils étaient tous formidables. Je m’ennuie d’eux. Mais on garde contact et on va continuer à se rencontrer afin de garder ces liens. Des liens avec des personnes qui peuvent vraiment me comprendre. Des personnes qui ont tous le même besoin : un chien d’assistance.

Donc nous sommes désormais partenaires Théra et moi, pour la durée de sa vie. Pour ceux qui se questionnent, la durée de l’entraînement, il n’y en a pas. C’est toujours, tout le temps, chaque jour, chaque instant. Une nouvelle situation peut se présenter et il faut être prêt à réagir.

Théra m’aide à sortir de la maison et à diminuer mon anxiété en public. Je me sers d’elle pour faire de la récupération lorsque mon stress est trop élevé. Elle est vitale pour moi, surtout quand mon champ de vision se réduit. Elle me donne tellement et je ne pourrais plus m’en passer. Voilà ce que peut faire mon chien et elle débute. Je ne lui ai pas appris encore tous mes besoins. Mais ça viendra. L’entraînement prend du temps, de la détermination et de la constance.

J’avais choisi son nom Théra parce qu’elle est thérapeutique pour moi. Aujourd’hui, je ne pourrais plus vivre sans elle.

Pour terminer, j’aimerais tout simplement remercier sincèrement Audeamus.

Merci Audeamus d’avoir changé ma vie et de m’aider à avancer.

  

Carl Audet

Le mauvais chum dans le salon

2004, j’étais presque à la fin de ma mission en Afghanistan, et

2004, j’étais presque à la fin de ma mission en Afghanistan, et j’avais le pressentiment que cette mission était la dernière de mes trois missions dont deux auparavant en Bosnie-Herzégovine. Car celle‑là, je la trouvais difficile et j’avais de la misère à me comprendre.

À mon retour, l’alcool s’est installé quotidiennement de façon rapide sans que je m’en aperçoive, car ça me faisait du bien. Ça me gelait sans que je m’en aperçoive à la fin de mes journées de travail.

2005, j’ai décidé de m’acheter une maison, car je ne pouvais plus rester dans les maisons militaires en rangées collées les unes sur les autres. Je ne sortais plus dehors. Je restais enfermé dans mon logement parce que j’étouffais avec le monde.

Ce fut l’achat d’une belle maison canadienne en pierre avec vue sur le fleuve St-Laurent, dans le bois et possédant un vaste terrain boisé. Par la suite, j’ai fait l’obtention d’un chien. J’étais heureux, enfin, je pensais que je l’étais. Ma consommation d’alcool avait nettement augmenté à une quantité phénoménale, que j’ai maintenue pendant quatorze ans. Je ne savais pas ce que j’avais. Toujours pendant ce temps, j’avais le pressentiment que quelque m’observait ou était présent avec moi. Mais je ne voulais pas vraiment y porter attention…

En 2007, j’ai connu ma femme, puis en 2008, nous emménagions ensemble. 2009 fut l’année marquante de l’arrivée d’une belle petite fille aux yeux bleus et 2013 fut l’année de l’arrivée d’un beau petit garçon aux yeux bleus lui aussi.

Puis à travers ces années, j’étais devenu un papa heureux et fier d’avoir de beaux enfants en santé. Mais cela impliquait aussi d’avoir une vie sociale que je n’avais pas avant car j’avais une vie isolée, ce que je n’avais pas remarqué.

2012, je n’en pouvais plus de souffrir avec mes douleurs physiques et chroniques. Je commençais finalement à utiliser le mauvais chum dans le salon qui était là tout le temps à m’attendre. Et il m’aidait pour faire des plans pour mettre fin à mes jours. Suite à cela, j’ai discuté avec l’infirmière en santé mentale de la base militaire et j’ai été référé à une psychologue en ville.

Mars 2013, libération médicale des Forces canadiennes pour mes blessures et mes douleurs aux genoux et au dos. Ce fut un soulagement, une pression de moins sur mes épaules. J’ai décidé d’arrêter tous mes médicaments avec l’accord de mon médecin parce que selon moi, l’armée était mon problème.

Automne 2017, quelle erreur de ma part ! J’avais encore pété les plombs un matin comme tant d’autres, jusqu’à faire un black-out. Je me sentais mal, j’avais mal au ventre, je n’avais plus le goût de vivre. J’avais fait du mal à mes enfants, ceux que j’aimais le plus au monde. Le mauvais chum du salon était encore là. J’ai appelé ma femme dans le stationnement du DIX30 à Brossard et je me suis mis à pleurer. Je craquais, je ne voulais plus vivre ainsi, j’avais besoin d’aide !

J’ai pris un rendez‑vous à ma clinique privée et en m’y rendant, je me voyais écrire des lettres d’adieux à mes enfants. Je me suis dit : bon, il est temps que j’arrive, car ce maudit chum de salon n’arrête pas ! Il m’aidait encore à faire des plans pour m’enlever la vie.

J’ai consulté des psychologues pour finalement découvrir que j’étais atteint du trouble de stress post-traumatique (TSPT), alors que j’avais toujours eu des doutes par rapport à cette blessure. Donc, j’ai dû avaler ma pilule et l’accepter ! Car oui ça pouvait exister, j’en étais atteint !

Avec ma thérapie maintenant, je me suis rendu compte que je m’étais développé une vie en accord avec ma blessure sans m’en rendre compte.

Depuis environ quatre mois, ce mauvais chum de salon, je l’ai mis dehors de ma maison avec les conseils de ma psychologue et depuis, ça va beaucoup mieux. Car tant et aussi longtemps que je garde ce mauvais chum près de moi, rien ne pourra m’aider.

Je lui ai dit : Va-t’en dehors, mauvais chum ! Je ne veux plus te revoir !

Carl Audet

Demande de l’aide

« N’hésite pas, demande de l’aide! »

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« N’hésite pas, demande de l’aide! »

C’est ce qu’on pense sincèrement et ce qu’on dit, comme ça ou autrement, à des proches qui traversent des périodes plus difficiles.

Ça y est. C’est à moi que ça arrive. C’est moi qui ai une boule dans le ventre tout le temps, sans arrêt. C’est moi qui manque de souffle pour un rien. Je détermine certaines causes, mais ce n’est pas encore très clair.

Je n’ai pas l’habitude. Je ne suis pas vraiment une personne anxieuse. Je me gère bien, j’en mène plutôt large. C’est généralement moi qui offre mon aide, mon écoute.

J’ai donc tenté d’appliquer les conseils que je donne et de nommer mon anxiété. Maladroitement je crois, car l’aide est bien mince…

« Ça va moyen ces temps‑ci. Je n’ai pas l’habitude de gérer autant de stress et d’anxiété. Je ne sais pas si je serai à tel souper, pas certaine de pouvoir gérer tout ce monde. »

Même si ce genre de propos sort vraiment de l’ordinaire, c’est presque toujours accueilli comme si je disais que j’avais attrapé le rhume. Mais je ne comprends pas ce qui m’arrive, je ne sais pas comment le dire autrement.

J’ai peur d’aller consulter, peur d’un diagnostic ou d’une prescription. Peur de me rendre là.

Je continue à cuisiner, faire les courses, organiser les soupers, voir des amis, faire des activités, je continue… Ceux à qui je n’ai parlé de rien croient que je vais très bien. Ceux à qui j’en ai glissé un mot croient que ce n’est pas si pire, parce que je souris et que je fais tout ce que j’ai à faire.

Mais je suis presque tout le temps avec mes enfants qui sont bien petits pour comprendre que maman va moyen, alors je souris. Et je fais ce que j’ai à faire… parce que personne ne le fera à ma place.

J’ai nommé mon anxiété en espérant recevoir du soutien pour ne pas tomber.

Je me prépare maintenant mentalement à la chute…

Eva Staire