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Merci, nos Canadiens ! Texte : Marilou Savard

Malgré les larmes aux yeux et le motton dans la gorge, j’aimerais finir cette saison de hockey su

Malgré les larmes aux yeux et le motton dans la gorge, j’aimerais finir cette saison de hockey sur une belle note :

Je me souviens du but en désavantage numérique du numéro 41.
Je me souviens du but du numéro 15 à 15 minutes 15 secondes.
Je me souviens du genou à terre du numéro 73.
Je me souviens du saut dans les airs du numéro 62.
Je me souviens du retour et de la glissade du numéro 17.
Je me souviens du numéro 22 avec autant de talent à compter qu’à sourire.
Sans oublier ses passes avec son super binôme numéro 14.
Je me souviens de la confiance, de l’assurance et de l’excellence du numéro 31.
Et je me souviens de Marc Bergevin avec ses éclats de joie et tout son amour démontré pour ses boys.

Ah oui… je me souviens bien évidemment des pointes de pizza du numéro 24 après nos grosses win et des moments hilarants avec les anciens numéros 40 & 84.

Dieu sait que j’en oublie, tous ont été merveilleux tout comme mon préféré, numéro 26, Jeff Petry.

Vous avez gagné un trophée et c’est en finale que vous êtes allés.
Ce n’est pas rien.

Merci de nous avoir montré que croire en soi, en nous, fait toute la différence.
Merci de nous avoir donné de l’espoir.
Merci de nous avoir fait vivre des émotions incomparables.
Merci de nous avoir sauvés en temps de pandémie.

Une chose est certaine, ce n’est que le début. PROUD OF YOU!

Marilou Savard

Mon gars, c’est ça la game ! Texte : Sophie Barnabé

Il y a quelques années à peine, tu grimaçais avec les paupières

Il y a quelques années à peine, tu grimaçais avec les paupières bien fermées en nous voyant nous embrasser ton père et moi. Des « c’est dégueu le sexe », répétais-tu à la chaîne avec ta petite voix d’ange. Puis, plus rapidement que ne poussent les champignons, je t’ai vu ouvrir l’œil sur un écran qui ne filtre aucun tabou, sur les filles qui te font des yeux doux… J’ai essayé subtilement d’ouvrir la discussion, mais tu t’es refermé avec tes « m’man, j’veux pas parler de sexe » et tes « m’man, j’pas rendu là ».

Récemment, mon souffle s’est coupé quand je t’ai aperçu, à l’autre bout de la rue, embrasser la p’tite Lili avec tes mains sur ses fesses. Ce soir‑là, quand j’ai abordé le sujet, tu t’es fâché en me disant que vous en aviez parlé à l’école et que tu savais déjà « tout ça ».

Comprends‑moi bien mon gars ! Ce n’est pas de condom, de risques d’I.T.S. ou de grossesse que je veux te jaser. Les choses mécaniques, celles qui n’ont rien de romantique, ne sont pas celles qui émiettent le cœur. Savoir enfiler un condom, c’est mécanique. Choisir de le mettre parce qu’on veut que tout se passe bien, parce que c’est une preuve de respect, ça c’est romantique. Si je te disais que l’amour, le plaisir, l’intimité, la sexualité, c’est un peu comme un match de hockey, voudrais-tu enfin en jaser ?

D’abord, en tenant pour acquis qu’on a les bons joueurs, on prend le temps d’analyser la game. On regarde les matchs précédents, on comprend les jeux, les passes. On se prépare parce qu’on veut être le meilleur joueur. Tu me suis ?

Avec la petite blonde aux yeux bleus, c’est la même chose. Prends le temps de la regarder dans les yeux… longtemps. Analyse sa réaction. Si elle plonge son regard dans le tien, qu’elle le maintient, c’est le signe qu’elle veut aller plus loin. Si elle détourne le regard, c’est peut-être qu’elle se sent intimidée. Analyse le « jeu ». Peut-être qu’en évitant de te regarder, elle souhaite que tu ne puisses pas déjouer les hésitations cachées en elle. Celles créées par la peur que tu sois déçu ou que tu insistes avec un come on. Tu sais mon gars, j’ai déjà eu quinze ans… C’est bien jeune pour oser dire non…

Dans le doute, arrête. Considère ta partenaire. Ne sois pas le « mangeux de puck ». Un peu comme une boussole qui indique la direction à prendre, son regard te fera comprendre si elle est prête à aller plus loin. Regarde‑la longtemps… souvent… T’es intelligent. Comprends.

Une fois l’analyse du match faite, les joueurs prennent le temps de pratiquer de nouveaux jeux. Ils essaient, analysent à nouveau, prennent leur temps, essaient d’autres trucs… C’est la base de la game, t’es d’accord ?

Même chose avec la grande brunette aux yeux noisette. Quand vous vous embrasserez, sois attentionné. Apprends à lire les baisers. Embrasse doucement, lentement… Si elle avance le visage vers toi, qu’elle te présente ses lèvres, qu’elle ferme les paupières comme un signe d’abandon, comme pour permettre de faire abstraction de ce qui vous entoure, tu devineras qu’elle se sent bien. Savoure ce moment. C’est tellement bon !

Au contraire, si tu sens qu’elle recule la tête, qu’elle ne t’embrasse que du bout des lèvres, n’insiste pas. Peut-être qu’elle ne le fait que pour te faire plaisir. Arrête. Serre‑la sans pression dans tes bras. C’est correct comme ça…

Et puis, le match le plus important arrive. Tout au long de la game, les joueurs se regardent, se font des signes, se parlent, sont attentifs à la réaction des coéquipiers.

Même si la rouquine semble à l’aise de jouer les coquines, comprends ses mouvements. Sous l’emprise de tes caresses, si tu sens ses mains immobiles, si son corps devient tendu, c’est peut-être un signe qu’elle est figée en dedans. Prends ton temps. Pose-toi des questions et si la lecture semble floue, chuchote-lui un « ça va ? ». Au besoin, rappelle-toi que même les plus grands joueurs retournent parfois sur le banc. T’inquiète, ils n’accrochent pas leurs patins pour autant…

Enfin, peu importe l’issue, rappelle-toi que les grands joueurs ne dévoilent jamais leur jeu… Assurément, ils y seraient perdants. Ne raconte pas tout à tes chums, ne texte pas tes exploits… Tu y gagnerais quoi ? Vraiment…

Tu sais, au hockey, on ne passe pas notre temps à parler des bâtons ou des risques de blessures, un peu comme pour le condom et les I.T.S.  On le sait déjà et c’est pour ça que je t’en ai mis une boîte dans ton tiroir, sans rien dire. Toutefois, ce qui crée la plus belle chimie dans une équipe, la plus valorisante des victoires et la plus grande des satisfactions, c’est le temps qu’on prend à connaître ses partenaires, les revers, et aussi les étapes qu’on franchit une à une, ensemble. Immanquablement, les équipes qui font ça sont celles qui scorent ! C’est la même game avec ta blonde…

Si on se souvient encore aujourd’hui de Jean Béliveau comme étant l’homme le plus respecté de l’histoire du hockey, c’est parce qu’il considérait ses partenaires, il prenait le temps de lire le jeu, et cela lui a permis d’être le meilleur compteur de son époque.

Et toi mon gars ? Quand tu reverras ces filles dans dix ou vingt ans, voudras-tu qu’elles se souviennent de toi comme le « mangeux de puck » ou comme le joueur de hockey le plus class de tous les temps ?

Sophie Barnabé

Mes 40 ans ou la fois où j’ai décidé de jouer au hockey

On a toutes au fond de nous un petit rêve, une petite envie de tenter quel

On a toutes au fond de nous un petit rêve, une petite envie de tenter quelque chose que l’on refoule parce que… parce qu’on est trop vieilles, parce que ç’a pas de sens, parce que ça aurait l’air fou, parce que franchement, toi ?!? Moi, c’était de jouer au hockey. Mes parents ne m’ont jamais offert de m’inscrire au hockey. Après l’essai infructueux de quinze minutes de mon frère à l’époque, je pense qu’ils ont définitivement mis ce sport aux oubliettes, pour lui et par conséquent pour moi… parce qu’en 1980, elles étaient où les petites filles qui jouaient au hockey ? 


Je suis allée voir mes amis jouer au hockey, mes chums jouer au hockey, je suis allée voir les Canadiens jouer au hockey, j’ai regardé les filles jouer aux Olympiques… et cette envie de jouer était toujours là… Mais on trouve ça où, une équipe pour fille de quarante ans n’ayant jamais reculé avec « des patins de gars » ? 

Un matin, texto de mon chum : « J’ai trouvé une ligue, j’ai donné ton nom, tu commences à jouer la semaine prochaine. On va aller te louer un équipement en fin de semaine ! » Mon cœur s’est mis à battre la chamade et je me suis dit : Ben voyons, ça se peut pas! Le lundi précédent le premier match, j’étais dans le sous-sol avec mon chum et mon fils et je me pratiquais à enfiler l’équipement… j’avais chaud, j’étais plus certaine du tout… et j’avais même pas encore fait mon premier coup de patin…! Et si je tombe ? Et si je ne suis pas capable d’avancer ? Et si je suis ridicule ? Et si je suis mauvaise ?

Au tout premier coup de patin, armée de mon bâton et équipée pour aller à la guerre, j’ai compris… J’ai compris que j’allais pas vite, que je pouvais à certains moments ressembler à Bambi sur la glace, que patiner avec l’équipement complet n’est pas toujours évident au début. Mais j’ai aussi compris beaucoup d’autres choses : que faire partie d’une gang de filles qui ne demandent qu’à avoir du fun sans se prendre au sérieux une fois par semaine, c’est grandement bénéfique. Que ça fait du bien au moral de presque oublier, pendant un après-midi, que l’on est des mamans et qu’un vestiaire de hockey peut devenir un lieu de fous rires, de confidences et de blagues pas toujours racontables… et que compter son tout premier but, à 41 ans, ça apporte un sentiment de fierté assez particulier, le sentiment que peu importe l’âge auquel on débute quelque chose dans notre vie, on peut se surpasser !

Stéfanie Giguère

Mon sport national déchu

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Je suis l’une de ses mères qui courent les arénas sans arrêt. Lamentable vous me direz, certes, mais j’assume. J’aime ce sport, je suis une passionnée et quant à moi, rien ne vaut une bonne partie de hockey.

Je me fais sauter des vaisseaux sanguins dès que le pointage d’une partie est serré. Je m’époumone à chaque bras levé par les arbitres (rien de négatif, juste de la belle grosse passion!). Les larmes me montent aux yeux à chaque victoire par un trop-plein de fierté.

Et pourtant…

Le hockey mineur est malade.

Hockey Québec est déchu.

Écrire et vanter le bon développement des enfants sans même s’assurer que l’objectif est atteint dans les arénas de leur belle capitale est littéralement dérisoire. Le cas des « papas coachs » de régions qui créent les équipes dans le but de mettre leur fils en valeur est beaucoup trop récurrent. Prévaloir les amitiés au-delà du niveau de hockey des enfants lors des sélections est encore une fois beaucoup trop récurrent. Le hockey est devenu la mafia des sports.

Les parents bénévoles n’en font qu’à leur tête. Dans bien des cas, lorsqu’un enfant est une menace pour leur enfant, au lieu d’en faire une arme secrète afin d’élever le niveau de jeu de leur équipe, ils le tassent du revers de la main (l’autre équipe le prendra, il ne fera pas ombre à mon fils!).

Ce ne sont que des enfants…

Ils ne feront pas la Ligue nationale. Désolée de vous l’annoncer, mais c’est ainsi. Alors, pourquoi pénaliser des enfants ainsi, simplement pour élever leur progéniture?

Je suis de la Rive-Sud de Montréal et notre ville est hockey. Pourtant, année après année, les équipes ne sont clairement pas de calibre face aux autres villes. Pourquoi? Un bassin trop vaste. Des pommes pourries qui se sont placées en haut de la chaîne et tout en découle. Parmi les coachs, plusieurs priorisent leur enfant face à l’intégralité de l’équipe. Résultat : des joueurs qui n’atteignent pas le calibre de la catégorie dans laquelle ils ont été placés.

Malheureux? Vraiment! Allez demander aux parents ainsi qu’aux joueurs comment ils se sentent après plusieurs défaites de 11 à 0. L’important est bien sûr de participer, mais lorsque vous vivez défaite par-dessus défaite, il n’y a plus rien d’agréable là-dedans! Et ce, autant pour les enfants que pour les parents.

Ils nous chargent des coûts afin que nos enfants puissent jouer un niveau de hockey compétitif lorsqu’il n’y a clairement pas de compétition. Nos jeunes autrefois passionnés en deviennent littéralement écœurés. Voir nos enfants pleurer après chaque partie n’est pas normal. Ce qui est censé être amusant devient déception et découragement.

On ne devrait pas devoir se tourner vers les associations des villes avoisinantes.

Hockey Québec devrait changer ses politiques d’évaluation ou bien ajuster le calibre de l’équipe selon le niveau des joueurs. Ils disent engager des firmes indépendantes afin de faire les évaluations et pourtant, ce sont les entraîneurs qui ont le dernier mot. Lorsque votre enfant vous demande pourquoi il a été placé dans telle catégorie et que l’on demande des explications, l’association se cache derrière la firme. Pour ce qui est des plus jeunes, les dirigeants disent que c’est le choix des bénévoles tout simplement. Jamais d’explication afin que les jeunes puissent s’améliorer. Des décisions sans justifications.

Pourquoi des représentants d’Hockey Québec n’iraient pas voir ce qui se passe réellement lors des évaluations? Allez voir si les classements ne sont pas que jalousie et ambition. Bien des enfants en sont pénalisés et AUCUN enfant ne devrait être puni par l’ambition d’un papa inaccompli. Allez voir si les équipes sont assez fortes pour affronter les autres villes. Mais de grâce, n’abandonnez pas vos jeunes et ne laissez pas vivre des défaites de 10 à 0 match après match.

Le hockey devrait simplement créer de merveilleux souvenirs pour les enfants et pour les parents. Tout simplement.

 

Eva Staire

  • Les opinions exprimées dans les articles n’engagent que leur auteur

Être une « hockeymom »

C’est connu, faire du sport, c’est bon pour la santé ! C’es

C’est connu, faire du sport, c’est bon pour la santé ! C’est pourquoi on habitue nos petits trésors, très tôt dans leur vie, à pratiquer des sports, à bouger et à regarder des personnes en faire. Notre société évolue et grandit à travers les sports. Donc, pas vraiment le choix, en tant que parents, que de se mettre en mode sportif. De nos jours, plusieurs activités s’offrent à nos enfants. Quand tu as un garçon, tu le sais très bien en dedans de toi qu’il risque de te demander de jouer soit au soccer, soit au baseball, soit au hockey.

Ah ! Le hockey ! Ce sport qui fait tant réagir et qui fait les manchettes sans cesse. Vous savez qu’il n’y a pas juste du négatif dans le hockey ? J’en sais quelque chose, je suis une vraie hockeymom.

J’ai deux fils, un de seize ans et un de quatre ans. Deux générations avec la même passion pour le hockey. Le premier est gardien de but et joue dans un très bon calibre. Il vient même d’être invité au camp d’une équipe collégiale AAA. Si le premier est gardien, devinez ce que le deuxième veut faire ? Et oui, un gardien de but (avec tous les coûts que ça implique) !

À la maison, on ne parle que de hockey. Le réseau des sports joue en boucle chez moi. On connaît toutes les équipes et qui sont les meilleurs gardiens de but en ce moment. On a une place au sous-sol réservée pour les parties de mini hockey. Mes fils ont tous les mini bâtons qui existent et toutes les sortes de rondelles et de balles pour y jouer. Ils trippent !

Mon petit a commencé à jouer dans une équipe cette année. Au début, les petits joueurs de quatre ans savaient à peine patiner et se tenir debout. Avec les efforts de tous les entraîneurs et des parents, nos petits hockeyeurs savent maintenant patiner, faire des tirs au but, se relever, se lancer par terre en glissant et faire des mises au jeu. Mises à part les techniques du hockey, ces petits humains ont appris à être persévérants, à collaborer, à jouer en équipe, à écouter des consignes précises, à prendre leur place sans en prendre trop, à communiquer avec d’autres enfants, à intégrer une discipline et j’en passe.

J’en profite pour remercier tous les entraîneurs bénévoles du Québec qui s’impliquent et essaient de transmettre le meilleur de leurs connaissances du hockey à nos enfants. Oui, le hockey peut apporter son lot de réflexions, mais quand on prend le temps de regarder ce que ce sport apporte à nos enfants, on ne peut qu’y voir du positif. Pour ma part, j’ai beau avoir visité tous les arénas du Québec et gelé dans certaines, je suis fière de voir évoluer mes fils dans ce sport et de les voir appliquer cette discipline dans leur mode de vie. Qu’on se le dise, le hockey fait partie de nos racines québécoises et il nous rassemble pour vivre de beaux moments en famille et entre amis.

Momsicle :

« celle qui est assise à l’aréna en train de geler pour l’amour de son enfant »

 

Karine Filiatrault

Père… sévère?

J’admets qu’il m’a pris totalement par surprise…

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J’admets qu’il m’a pris totalement par surprise…

J’avais bien eu un indice. La semaine dernière. Au lendemain de la première activité de mise en forme. Il ne se sentait pas suffisamment bien pour la seconde. Plutôt inhabituel.

Avant de quitter, la veille, j’avais entendu un des responsables souligner aux jeunes qu’ils ne pouvaient décider de prendre des pauses quand bon leur semble. J’avais compris que la pratique avait été exténuante. Et toi, tu as pris des pauses? Il m’avait répondu de ce regard vide, celui de ceux qui ont tout laissé sur la glace. Comme son idole, le n11 du grand club.

Aucun problème, mon gars, si tu ne te sens pas bien aujourd’hui, tu iras à l’activité de sélection de dimanche! Avec, évidemment, le sous-entendu qu’il faudra alors encore tout donner.

Le hockey, c’est son choix. Je n’avais aucun intérêt pour l’attente interminable et frigorifiée. Les levers avant le soleil, la fin de semaine. Le rush trafic et pratique à 17 h, souper et devoirs ensuite. La routine familiale prise en otage. Les tournois dans des coins perdus.

Pire, que je sois forcé de me racheter un bâton et des gants, parce que la presque totalité des autres pères ne veut pas s’impliquer. Jusqu’à recevoir des rondelles perdues sur les tibias. Non protégés. Ou tolérer, à peine, quelques jeunes irrespectueux.

Je ne parle même pas du gouffre financier.

Mais, comme tout parent, je veux encourager mon enfant. Je veux qu’il participe aux activités sportives. Surtout celles d’équipe. Pour développer tout ce que celles‑ci permettent. Le support, l’entraide. La camaraderie. Avec d’autres jeunes, différents, qu’il ne côtoie pas à l’école.

Le Novice, l’Atome, le Pee-Wee. Là, rendu Bantam…

Déjà, l’an dernier, certains de son âge avaient pris une bonne longueur d’avance. Côté poids et grandeur. Mais il continuait de tenir son bout. Un des rares à tout donner. Père réaliste, je voyais ses lacunes, mais j’appréciais tellement son implication totale. Présences après présences.

Papa, je veux arrêter le hockey, j’aime pu ça…

Je risque l’habituelle réponse. Tu m’as demandé de t’inscrire, fais au moins cette saison; tu arrêteras l’an prochain! Il me renvoie sa déception. Sans filtre. J’essaie, alors, l’autre truc de parent. Penses-y quelques jours, tu me reviendras!

Habile, il me souligne que l’école, cette année, ce sera plus exigeant. Qu’il a déjà le baseball, son option sport. Que ses goûts peuvent changer. Ont changé.

Pendant ces quelques jours, j’ai aussi réfléchi. La persévérance, je la vois déjà. Dans tout ce qu’il fait. Autant que les efforts et la volonté de toujours bien faire. Si je l’ai laissé choisir cette activité, pourquoi, là, je déciderais pour lui? Malgré lui.

Au fond, ça vient juste me chercher. Dans ma perception des sports d’équipe. Ne jamais laisser tomber les coéquipiers. Jamais. Mais ça, c’est moi. Lui, il veut surtout avoir du plaisir. S’amuser.

Je t’aime mon gars, bye bye les arénas…

 

michel

 

Mon p’tit joueur de hockey

C’est vêtus de short et gougounes au pied que nous traînons la p

C’est vêtus de short et gougounes au pied que nous traînons la poche de hockey de fiston. C’est un rendez‑vous pour tous les petits joueurs de hockey ainsi que pour leurs parents afin de faire face au processus de classement pour la prochaine saison. J’enfile ma p’tite laine et je vais m’asseoir dans les estrades, doudou sur les genoux.

Un drôle de réconfort me submerge. Je me sens chez moi dans ce froid hivernal, entourée de gens aussi passionnés que moi. On se dévisage quelque peu malgré les beaux bonjours enjoués. Sans jamais se l’avouer, chacun désire ardemment que son fils performe plus que l’autre. Mais quand t’es sportif dans l’âme, c’est normal…

Mon fils s’essaie pour le double lettre. Ses amis le font et naturellement, il veut être avec eux. Mon huit ans est entouré de neuf ans et de dix ans. Certains ont plus d’une tête de plus, mais il ne se laisse pas impressionner.

La première mise au jeu retentit. Je vois la palette du bâton de hockey de mon fils trembler. Nerveusement et maladroitement, il fait la passe à son coéquipier. C’est parti. Mon cœur bat à tout rompre. Involontairement. Je me surprends à être si nerveuse que j’en perds le souffle. Mon cœur de maman lui souhaite tellement d’être choisi! « Let’s go mon gars, t’es capable! »

Mon fils a joué avec son cœur. Il a fait de son mieux et je l’ai vu. Quelques heures plus tard, nous regardons les résultats rentrer sur Internet et nous voyons qu’il a été coupé. Ordinaire…

C’est spécial, ce sentiment de déception. Nous étions si fiers de notre fils (et le sommes encore!) et pourtant, nous étions si déçus pour lui. Annoncer à son enfant qu’il a été rejeté n’est pas le meilleur sentiment au monde. Voir les larmes lui monter aux yeux, ne pas comprendre pourquoi, parce que lui, il le sait qu’il a fait de son mieux. Qu’il y a mis tout son cœur, tous les efforts du monde. Mais en vain. Ce n’était pas suffisant.

« Tu as tellement bien fait, mon chéri! Tu sais, tu étais avec des enfants âgés de neuf et dix ans, tu n’en as que huit et tu étais de leur niveau. C’est pas grave, tu vas rejoindre tel et tel ami qui n’a pas fait le classement. Tu pratiqueras tes points faibles et l’année prochaine, tu iras les rejoindre les yeux fermés. Tu vas voler sur la glace, mon gars! Vaut mieux être l’un des plus forts que le trentième repêché. »

Ces phrases, on les a toutes dites. Comme tous les parents de joueurs de hockey qui n’ont pas été sélectionnés durant leur camp d’entraînement. Mais c’est ça, un joueur de hockey, et année après année, nos enfants feront face à ces up and down. Certains seront choisis, d’autres pas. Vivre ces émotions avec eux vaut tout l’or du monde.

Peu importe le résultat, je suis fière de mon gars. Sa détermination et sa persévérance sont hallucinantes. La saison n’est même pas commencée et je capote déjà. Je serai là à chaque victoire comme à chaque défaite pour voir de mes yeux sa belle évolution.

À tous les p’tits joueurs de hockey et à leurs parents… bonne saison!

La hockey mom

Geneviève Dutrisac

 

Devenir un grand joueur de hockey : le rêve d’un ti-cul

C’est du haut des six ans de mon p’tit bonhomme que ce grand rê

C’est du haut des six ans de mon p’tit bonhomme que ce grand rêve lui est apparu. Après avoir donné le meilleur de lui‑même lors d’une partie, il a été nommé le joueur du match. Y’en fallait pas plus pour allumer un p’tit feu à l’intérieur de lui. Après la partie, le retour à la maison fut bien ordinaire… sauf pour lui. Avec la petite étincelle au fond des yeux, il est venu nous voir et nous a dit : « Maman, papa, je veux patiner avec les grands et je veux jouer au hockey plus souvent… »

Tout simplement, mais avec une détermination nouvelle dans les yeux.

Depuis qu’il est haut comme trois pommes qu’il joue au hockey. Plus jeune, il voyait son grand frère et voulait faire comme lui. Mais au bout de quinze minutes, il était tanné. Des fois, on était vraiment découragés, mais on y allait quand même. On courait les pratiques, les matchs, les tournois, les camps et j’en passe.

Malgré sa facilité, il avait une nonchalance incroyable. On lui demandait si c’était vraiment ce qu’il voulait et nous répondait que oui, mais nous montrait tout le contraire.

Et puis, il a eu cette partie. Il était partout. Il faisait des passes pratiquement les yeux fermés, se lançait à plat ventre pour bloquer les tirs, partait en échappée avec une facilité incroyable. Mon chum et moi, on s’est regardés et on n’en croyait pas nos yeux. Ce n’était pas notre p’tit gars ça ?!

Qu’est-ce qu’il a bien pu manger ce matin‑là, j’en ai aucune mausus d’idée, mais maudit que j’aurais dû le noter ! On ne le reconnaissait pas. On voyait toute la volonté du monde dans un ti-cul de six ans.

« Maman, je veux jouer avec les grands ! »

Parce qu’il tripe lorsqu’il doit repousser ses limites. Il n’est pas toujours capable, mais maudit qu’il travaille fort et qu’il est beau à voir. Il fait de son mieux pis y’est ben fier.

Est-ce que c’est le meilleur ? Non. Mais ma job, c’est qu’il évolue avec les meilleurs. Trouver des coachs qui vont le pousser comme il aime être poussé. Trouver des cours où il peut aller triper avec « les grands ». Trouver des ligues où il sera à sa place.

Parce que dans le monde du hockey, des « vendeurs de chars », y’en a ! Y vont te faire croire que ton enfant a du talent quand ils veulent juste ton cash. Son évolution, ils en ont rien à foutre. Parce qu’à la minute où il ne fournira plus, il va être remplacé plus vite qu’un lancer frappé en pleines dents. Ben oui, même à six ans…

Mon but est de l’accompagner aussi loin qu’il voudra bien se rendre. Qu’il continue à triper à pratiquer ce sport aussi longtemps que possible. Et s’il continue à jouer dans une ligue de garage une fois adulte, ben ce sera mission accomplie pour moi. Parce qu’au fond, il jouera avec les grands, t’sais. Je n’y ferai pas d’accroire en lui disant qu’il jouera dans la Ligue nationale : les chances qu’il y arrive sont quasiment nulles. Je ne lui dirai pas non plus que c’est impossible, on sait jamais. En autant qu’il tripe avec sa gang de chums et qu’il ait toujours ses papillons dans l’ventre lorsqu’il part en échappée, c’est tout ce qui compte pour moi.

Je vais être là quand il va sortir de la chambre, les épaules bien droites de fierté après une belle victoire. Mais je serai aussi là lorsqu’il sera démoli par la défaite. Parce que c’est ça, la beauté du sport. On apprend que dans la vie, on ne peut pas toujours gagner, t’sais.

Je serai présente pour l’accompagner dans sa petite carrière de joueur de hockey. Je vais continuer de l’amener à gauche pis à droite pour ses pratiques, ses games, ses tournois pis tout le tralala. Pis je serai toujours la première à crier comme une folle dans les estrades : GO ! GO ! GO!

La hockey mom

Geneviève Dutrisac

Football mom, hockey mom, soccer mom, ALOUETTE!

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En fin de semaine passée, la saison de football de mon beau-fils s’est terminée. Elle s’est conclue avec la victoire et on a rapporté la bannière du championnat dans notre ville. Jusque-là, c’est merveilleux, mais ce que je ne vous ai pas dit, c’est que la finale était à six heures de route de chez nous, en Gaspésie.

Oui, nous avons fait le voyage. Toute une organisation, parce qu’il était évident pour nous que d’amener les trois filles était clairement impossible. Juste un voyage de deux heures et on vire fous, alors six heures… NO WAY! On a trouvé une gardienne (merci à maman) qui accepterait de garder les trois enfants. On a préparé la voiture, les pneus d’hiver. Il ne fallait pas être surpris par la température : en novembre, on ne sait jamais (surtout en Gaspésie). Réserver l’hôtel, préparer l’itinéraire, me trouver une remplaçante pour ma garderie, préparer les bagages des enfants et j’en passe.

Vivre la passion de nos enfants (beau-fils dans mon cas) avec eux, c’est exigeant. Alors toi, parent qui encourage, soutient, encadre ton enfant dans son sport, je te dis :

Merci de te lever parfois très tôt le matin pour le conduire à une pratique ou le voir partir pour un match.

Merci d’aller le chercher, malgré ton horaire de fou, après les pratiques.

Merci de parfois t’occuper du transport d’un coéquipier.

Merci d’être là pour l’encourager, même aux pratiques.

Merci d’ajuster le budget familial pour que chacun de tes enfants vive sa passion. Après tout, on aura le temps d’aller au resto lorsqu’ils seront partis de la maison. 😉 

Merci de donner de ton temps pour l’équipe en faisant du bénévolat, en trouvant des commanditaires, en vendant des trucs promotionnels et j’en passe.

Merci de lui faire vivre sa passion au max.

Et à toi, joueur de football, de soccer ou de hockey; à toi, gymnaste, patineuse artistique, nageuse, etc. Je voulais aussi te dire merci. Parce que grâce à toi, on apprend à se dépasser en tant que parents. Tu nous fais connaître de nouvelles personnes. On développe de nouvelles amitiés. On découvre une deuxième famille.

Ça fait partie de la vie de parents et on aime ça.



Mélanie Paradis

*crédit photo Martin Boisvert

 

Cinq côtés positifs à inscrire votre enfant au hockey

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1— Discipline : Il faut non seulement patiner, mais aussi écouter les directives de son coach. Mon fils de cinq ans, enfin prêt à rentrer à la maternelle, a deux années de hockey derrière la cravate. Il sait qu’il doit écouter et suivre les directives du responsable. Mon aîné, pour sa part, a maintenant compris que s’il n’écoute pas les directives, son équipe au complet peut en subir les conséquences. La discipline et l’encadrement constituent l’extension de l’éducation parentale.

2— Les amitiés : Que ce soit dans des camps d’été, lors de tournois ou en saison régulière, les enfants tissent des liens rapidement. L’esprit sportif et le sentiment d’appartenance à un groupe sont tellement bénéfiques pour les enfants! Sans nous oublier, chers parents de sportifs. Que nous soyons accompagnés d’un café bien chaud en matinée ou d’une bière en fin de soirée, nous tissons des liens à force de vivre les émotions engendrées par les victoires ainsi que les défaites de notre chère progéniture.

3-Les road trips : Oh oui, vous allez vous promener! Bonjour les tournois à Québec, Drummondville, Saint-Hilaire et les villes dont j’ai oublié le nom! C’est un vrai bonheur de partir avec les sacs de hockey vers de nouvelles aventures. Sans oublier les fameux tailgates, qui sont plus agréables les uns que les autres.

4— L’épanouissement personnel : Lorsque votre enfant sortira du vestiaire les épaules bien droites, sourire fendu jusqu’aux oreilles parce qu’il a gagné une belle médaille. Lorsqu’il accomplira les meilleurs jeux de sa jeune carrière de hockeyeur et qu’il vous en parlera avec les yeux brillants de bonheur. Lorsqu’il marquera en faisant son premier top corner. Lorsqu’il fera la passe sur le but gagnant du match. Je pourrais continuer pendant des heures parce que votre enfant ne cessera de se surpasser et de s’améliorer.

5— De précieux souvenirs : Mon fils de huit ans a déjà commencé à me dire : « Tu te rappelles maman quand… » Nos souvenirs sont ce qu’il y a de plus précieux. Je discutais avec un autre parent durant la saison et il m’a dit tout simplement : « Je ne me rappelle pas la victoire ou la défaite, mais je me rappelle ma gang de gars. Je me rappelle les nuits à l’hôtel avec toute mon équipe, maudit qu’on avait du fun! » Voilà les traces que le hockey laissera dans la vie de vos enfants.

Peu importe tout le négatif qui peut parfois ressortir durant la saison, le hockey est notre sport national. Transmettons-le à nos enfants, mais transmettons le beau! C’est à nous d’en faire une expérience positive et mémorable.

 

Geneviève Dutrisac

Quand Radulov me remplace…

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19 h! Voilà, c’est la fin. Mon chum est assis sur le bord du divan, bière à la main. Il écoute Ginette chanter l’hymne national, la main sur le cœur.

 

Et là, plus rien ne compte. Son audition devient sélective. Il ne répond qu’au son de la TV qui diffuse le match. Il commente le match, il grogne et crie lorsque finalement le Canadien finit par trouver le fond du filet (NOOOONNN! Je parle comme le commentateur du match!) Je finis par lui rappeler que les joueurs ne l’entendent pas lorsqu’il leur crie des encouragements. Il m’envoie valser (j’ai choisi un joli mot, car ce n’est pas celui-là qu’il a utilisé).

 

La TV est devenue sa meilleure amie. Il oublie qu’il est père. L’heure du dodo est là. Il embrasse les enfants machinalement et rapidement. Il ne doit rien manquer. Je fulmine intérieurement. Je me tape la routine du dodo toute seule. Je ne lui demande pas de m’aider, il expédierait le tout sans trop de ménagement.

 

Les filles sont enfin couchées. La dernière fait des siennes. Elle a envie de pipi. Je la recouche. Il y a des bruits dans sa chambre. Je la rassure et la recouche. Elle a soif… Je regarde papa. Soit il ne l’a vraiment pas entendue (même si la voisine est venue chez nous pour lui donner de l’eau), soit son audition est vraiment sélective (je place mon vote ici).

 

J’essaie de lire. J’en peux pu de l’entendre. Il devrait prendre la place de Marc Bergevin, au nombre d’échanges qu’il effectue pendant le match. Je relis la même page depuis dix minutes. Dérangée à coup de : Check chérie le crisse de beau but! » « Ostie check ça! Il aurait dû être puni! » CHECK CHECK CHECK.

 

Je m’en fous. J’aime pas le hockey. J’aime le football moi. Tellement un plus beau sport.

 

Je décide d’aller me coucher. Je ferme la porte pour atténuer la voix de l’homme. J’étouffe, je suis pas capable de dormir la porte fermée.

 

Lâche pas, ma belle… La troisième achève. Je prie pour qu’il n’y ait pas de prolongation.

 

C’est fini. L’homme vient me rejoindre. Il chuchote « Dors-tu? » C’est une blague ou quoi! NON! JE DORS PAS. Le Canadien a gagné. Je m’en fous toujours.

 

Bon, je vais avoir la paix demain soir…

 

« Chérie, vas-tu écouter le match des Pingouins avec moi demain soir? »

 

Ostie que j’ai hâte d’être en juillet.

 

Mélanie Paradis