Tag violence conjugale

Le temps des fleurs Texte : Eva Staire

Les petites fleurs colorées qui nous remettent dans un état d’es

Les petites fleurs colorées qui nous remettent dans un état d’esprit heureux et joyeux. Ce moment de l’année où je me sens revivre.

C’est mon anniversaire dans quelques jours, je soufflerai mes 31 bougies. En plus, c’est la fête des Mères le weekend prochain, une douzième pour moi à l’exposant 3.

Ce soir, je me suis acheté une belle orchidée qui me rappelle la vie qui ne cesse de m’épater et tout ce que j’ai accompli en tant que femme et comme maman.

Malheureusement, ce n’est pas si beau pour tous !

Une amie m’a récemment envoyé un message, que j’ai pris pour un appel à l’aide. Elle n’arrivait plus à vivre avec cet homme qui la dénigrait de toutes les façons possibles. En l’empêchant de travailler de la maison devant lui parce que monsieur pensait que cette dernière travaillait pour lui prouver à quel point il était une m*rde. Il serait allé jusqu’à lui dire qu’elle ferait mieux de se suicider pour le bienêtre de tous, que son enfant méritait mieux qu’elle comme maman.

Je ne crois pas avoir besoin de vous écrire à quel point mon printemps venait de sacrer son camp en courant. Je réalise la chance que j’ai, mais je veux tout faire pour que cette perle sorte de ce fléau. La violence conjugale, ça n’arrive pas qu’aux autres. Ceux et celles que nous connaissons peuvent être dans cette situation en le cachant par honte, par peur. Prenez le temps d’analyser chaque comportement, chaque message ; cela peut sauver une vie.

Elle s’est sortie de son calvaire avec des ressources plus que superbes dans son petit coin de pays et je les remercie. Son printemps pourra enfin commencer !

Un printemps doux, un printemps léger avec sa petite fleur préférée.

Eva Staire

Promets-toi de t’aimer en premier… Texte : Sophie Barnabé

Ma fille, t’as l’droit d’avoir peur quand t’écoutes les nou

Ma fille, t’as l’droit d’avoir peur quand t’écoutes les nouvelles… parce que c’est vrai que c’est souvent épeurant. On frissonne chaque fois qu’on entend des mots définissant trop de maux qui n’ont malheureusement rien de nouveau. Les mots marquants prononcés trop souvent : abus, violence, féminicide… Des amours qui ont mal viré, des souffrances jamais avouées, une détresse insoupçonnée. J’aimerais savoir exactement quoi t’dire pour t’éviter de tomber dans les bras d’un homme qui aime mal. J’me sens parfois dépassée et maladroite pour t’en jaser… Je remercie le ciel. Ça ne m’est jamais arrivé.

J’imagine que pour en arriver là, c’est souvent sournois… Tranquillement, il y a des rires jaunes, des petites insultes ici et là, puis un « pardonne-moi »… Du mépris écrasant, des cris à 2 pouces du nez, une main trop serrée sur un bras menacé, puis un « je t’aime tellement ». T’sais ma fille, l’amour qui t’rabaisse, l’amour qui t’fait mal, l’amour qui te draine, l’amour qui t’culpabilise, c’est pas d’l’amour ça, ma fille. J’te jure, c’est pas ça l’amour.

On manque de doigts pour compter les féminicides des quatre derniers mois. Dix, crisse ! Le même nombre qu’on compte normalement trop de fois en une année. Ça me serre en dedans en pensant à tout ce qui peut se passer derrière les portes closes et qu’on n’entend pas aux nouvelles.

Mais quand on aime, c’est tellement fort ! Quand il décide qu’il t’emprisonne, il est tellement fort… On te sensibilise, on te crie tes droits, mais au-delà des paroles, on l’sait toutes que l’amour enivre, l’amour rend aveugle. J’ai envie de t’dire : « Ouvre les yeux avant qu’ils n’aient le réflexe de se fermer devant le poing que tu penseras mérité ».

Je regarde ce qui te valorise, les modèles que tu admires, ce qui te fait rire, les rêves auxquels tu aspires… Entre ma coolitude et ma bienveillance, je ne sais parfois plus quoi penser. Entre ce qu’on te dit et ce qu’on te montre, il y a un monde… J’ai peur que la pression sociale et les messages que ta génération t’envoie t’aspirent comme une vague de fond. Quand on parle d’amour, de couple et de respect, c’est censé être beau, c’est censé te gonfler le cœur et te décrocher un sourire. Pourtant, on te dit quelque chose, mais on t’en présente une autre. J’te comprendrais si t’étais mélangée…

T’es de cette génération où les meilleures danseuses sur TikTok sont celles qui se penchent par en avant, les fesses dans les airs et qui zignent comme le fait ton chien. Quand ce sont elles, tu trouves ça bien, mais quand c’est ton chien, tu interviens. T’es de cette génération où le bestial semble normal et où la pudeur est synonyme d’ennui. Rappelle-toi qu’une relation saine est consentante. Ma fille, promets-toi de dire non quand t’as envie de te fermer les yeux parce que ce que tu fais juste pour lui plaire ne te rend pas fière…

T’es de cette génération qui envoie des photos explicites à des gars qui les montrent allègrement à leurs chums qui s’excitent. Comme si la notion d’intimité s’était évaporée. C’est pourtant tellement beau cette complicité… T’es de cette génération exposée à tant de vulgarités qu’elles en deviennent des banalités. Ces « c’est pas grave » et ces « y’a rien là » imprégnés comme l’encre d’un tatouage dans ton cerveau se traduiront comment dans ta maison une fois la porte fermée ? Rappelle-toi qu’une relation saine est riche de moments complices. Ma fille, promets-toi de ne pas tout partager ce qui est normalement réservé à l’amoureuse intimité !

Tu es de cette génération qui absorbe des infos et des images à la chaîne, sans rien remettre en question. Ta vie défile à vitesse grand V, un rythme qui t’empêche de te déposer. Tu suis la parade parce qu’elle te dicte ce que tu crois être la normalité. T’as beau te faire répéter combien l’amour c’est fort, combien les caresses sont douces, combien le respect est primordial, mais j’avoue que quand tu m’entends rire avec mes copines en disant qu’on rêve toutes d’un Christian Grey, ça s’peut que, faute de discernement, tu penses que c’est le modèle de relation convoité… Mea Culpa… Rappelle-toi qu’une relation saine est stimulante. Jamais contrôlante. Ma fille, promets-toi de te questionner quand tu sentiras ta liberté emprisonnée !

Tu es de cette génération pour qui l’image parfaite est plus importante que la souffrance que tu pourrais garder secrète. Quand je regarde les réseaux sociaux, tout le monde y met de belles photos… Y’a pas une femme qui s’affichera avec des doigts tracés sur ses bras. La fille qui s’est fait crier qu’elle était une ostie d’conne ou une salope par son chum n’en parlera pas sur le bord d’la machine à café. Elle passera pourtant ses moments de silence à se demander ce qu’elle a fait pour le provoquer… Ma fille, promets-toi de te confier quand t’auras envie de mentir pour embellir ta vie par peur que ça empire.

Ma fille, t’es à l’âge où tu rêves d’avoir un chum comme si sans ça, t’étais rien… T’es à l’âge où t’es prête à tout pour te faire aimer, où t’es prête à tout pour ne pas être rejetée… T’es à l’âge où tu passes des heures devant le miroir pour plaire plus aux autres qu’à toi… Rappelle-toi qu’une relation saine, ma fille, ça part de l’amour que tu as en premier pour toi.

Sophie Barnabé

Mes parents volés — Texte : Nathalie Courcy

Papa ? Maman ? Où êtes-vous ? Je ne vous vois plus…

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Papa ? Maman ? Où êtes-vous ? Je ne vous vois plus…

D’habitude, j’aime ça les autos de police et les ambulances, je trouve ça cool… mais là, il y en a partout devant la maison. Je ne comprends pas ! Les gyrophares sont allumés, il y a trop de bruits partout. Plein de gens en uniforme qui entrent et sortent sans arrêt de la maison. Et vous, vous êtes où ?

Papa, je t’ai vu sortir de la maison tantôt… Tu avais les mains derrière le dos. La tête penchée. Cachée dans quelque chose qui ressemble à de la honte. J’ai aperçu tes yeux sortis des orbites, mi-enragés et mi-affolés. Tu avais peur de quoi ? De toi ?

Maman, je t’ai vue sortir de la maison tantôt… Tu étais couchée sur un genre de lit avec des roues. Tu étais escortée par deux personnes en uniforme, comme une princesse. C’est peut-être pour ça qu’une lueur blanche te survolait. Mais maman, tu me dis toujours de ne pas mettre mes couvertures sur ma tête, tu as peur que ça m’empêche de respirer. Des draps blancs te recouvraient des pieds à la tête. Je voyais juste tes doigts dépasser, figés dans le temps. Qu’est‑ce qui va t’arriver si tu arrêtes de respirer ? Qu’est-ce qui va m’arriver, à moi ? Maman ? Tes protecteurs m’ont empêché de m’approcher de toi même si je leur ai crié que je voulais juste enlever le drap de ton visage. Ils ne le savaient pas, eux, que tu étais en danger.

Papa, maman, je suis tellement habitué d’entendre vos cris, vos insultes, les assiettes se casser sur les murs. Je suis tellement habitué de me cacher derrière le divan pour ne pas voir le couteau pointé et le fusil prêt à tirer. Je suis tellement habitué d’avoir peur… mais là, j’ai peur de ne plus vous revoir. Où êtes-vous ? Je ne vous vois plus…

J’ai vu le noir de la rage sur un visage et le blanc de l’effroi sur l’autre. J’ai vu du rouge sur les murs, sur le tapis, sur ta robe, maman. Et sur tes mains, papa. J’ai vu la couleur de mon vomi qui sortait en jet tellement mon corps a accusé le choc durement. Ne me chicanez pas, je n’ai pas pu me retenir. Toi non plus, papa, mais ce n’est pas pareil. Je vais ramasser et tout nettoyer. Je vais même ramasser vos éclats de verre, à défaut de pouvoir ramasser vos éclats de voix. Et ton crâne éclaté, maman.

Papa, maman, il y a une dame ici. Elle dit qu’elle me veut du bien. Elle veut m’amener ailleurs, mais je ne veux pas. Vous m’avez toujours dit de ne pas parler aux inconnus et surtout de ne pas les suivre. Alors je ne parlerai pas tant que vous ne serez pas revenus, et je ne la suivrai pas. Jamais. Nulle part. Ils ne sauront rien de moi tant qu’ils ne vous ramèneront pas.

La madame m’a apporté un toutou, vous imaginez ? Comme si elle n’était pas au courant que tous les kidnappeurs ont des bonbons et des toutous pour attirer les enfants. Je ne me ferai pas prendre par ses ruses. Je vais me cacher, comme vous me l’avez appris et s’il le faut, je vais me sauver. Déjà que des gens vous ont volés, ils ne me voleront pas. Je serai le fort familial et je vous attendrai ici. Jusqu’à ce que vous reveniez. Vous ne pouvez pas m’abandonner, n’est-ce pas ? Je suis votre enfant, après tout. Vous êtes mes seuls parents, j’ai besoin de vous. Où êtes-vous ?

Je vois des rubans jaunes partout. Je ne sais pas lire, mais les lettres noires sur les rubans racontent un cauchemar d’enfant, j’en suis sûr. À côté de toute cette action autour de la maison, vos chicanes de couple, comme vous les appeliez, étaient presque tranquilles. Presque sécurisantes. Ou peut-être pas ? Au moins, je savais à quoi m’attendre. Ça criait, ça frappait, ça pleurait, puis ça se calmait, ça s’excusait et ça m’envoyait dans ma chambre plus tôt que d’habitude. Toute la nuit, je vous entendais respirer, c’était rassurant. Je savais que vous étiez là. Et au matin, il y avait des fleurs sur la table. Si je pars de la maison, je ne verrai pas papa déposer le bouquet de fleurs, et je ne verrai pas si maman a pu dissimuler tous ses bleus et toutes ses plaies. Peut-être que tu ne pourras pas sortir de la maison pour longtemps, hein? Papa m’a déjà expliqué que les voisins pourraient jaser, s’ils voyaient ta peau arc-en-ciel.

Papa, maman, mamie et papi viennent d’arriver. Je les vois par la fenêtre, mais je ne vous vois pas, vous. Ça m’inquiète : l’ambulance est partie, mais il y a encore plein d’autos de police. Je ne sais pas où ils vous ont amenés. Je ne sais pas pourquoi ils vous ont amenés. Loin de moi. Et j’ai peur qu’ils amènent aussi papi et mamie. La dame me dit qu’ils sont là pour moi. Mais vous, vous êtes où ?

Je vais aller dormir chez papi et mamie pour la nuit. Je reviendrai demain pour ne pas vous inquiéter. Je suis allé les rejoindre devant la maison, ils ne voulaient pas entrer. Je pense qu’ils avaient peur que le ménage ne soit pas fait. C’est vrai qu’avec tout ce rouge, le plancher n’est pas très invitant. La dame m’a pris dans ses bras pour me sortir de la maison, je n’ai pas eu à marcher dans les flaques rouges ni à ramasser mon vomi. J’espère qu’elle tiendra sa promesse et qu’elle le nettoiera. Sinon, papa, tu seras en colère contre moi. Je n’aime pas quand tu te fâches contre moi. Mais j’aime encore moins quand tu te fâches contre maman. Je n’aime pas l’entendre pleurer toute la nuit et toute la journée. Toi papa, tu ne le sais pas, parce qu’elle se tait dès qu’elle entend tes pas dans la maison. Je pense qu’elle ne veut pas que tu t’inquiètes pour elle. Elle sait que tu l’aimes, tu le lui répètes tellement souvent ! Sinon, pourquoi tu voudrais toujours savoir où elle va et avec qui ? Tu la veux pour toi tout seul parce qu’elle est comme ton trésor le plus précieux, c’est ça? Elle est si belle, ma maman ! Tu ne veux pas la partager, tu ne voudrais pas qu’on te la vole.

Mais papa, moi non plus, je ne voulais pas que tu me la voles. Dans quelques années, je comprendrai que toi, tu as volé ma mère, ma seule maman, ma maman que j’aimais tant. Dans quelques années, j’entendrai des discussions murmurées, je surprendrai des regards de pitié. On m’expliquera ce qui s’est passé ce jour-là. Je comprendrai que toi, tu as été amené dans un endroit pour les voleurs de mamans. Je lirai dans les nouvelles des mots que j’aurais voulu ne jamais lire à propos de toi, à propos de ma maman. Meurtrier, assassin, violence conjugale, tuée, poignardée à plusieurs reprises, laisse derrière elle un enfant orphelin. Prison à vie. Prison pour qui ?

Papa, tu m’as volé ma maman, mais tu m’as aussi volé mes parents. Avais-tu pensé que toi aussi, tu disparaîtrais de ma vie en faisant disparaître la vie de ma maman? Moi, j’étais trop petit pour comprendre ce qui se passait. Mais les gens en uniforme, le voisin qui a alerté la police, la dame qui m’a apporté le toutou, eux, ils le comprenaient. Je pense même que papi et mamie l’avaient compris depuis longtemps, mais ils n’ont rien dit. Ils avaient peur, eux aussi.

Monsieur, tu m’as volé mon enfance, ma naïveté, ma joie. Tu m’as emprisonné loin de vous.

Mais tu n’as pas réussi à me voler ma vie. D’accord, ça ne sera pas facile de quitter ma maison, mon école, mon quartier, ma ville, de changer de famille plusieurs fois, de me départir de mon identité de fils de meurtrier, d’enfant orphelin, de laisser aller ma culpabilité : et si j’avais crié, j’aurais pu t’arrêter, j’aurais pu la sauver… Pas facile de me défaire de ce que j’ai vu, entendu, ressenti, pendant toutes ces années de silence et de violence.

Ça ne sera pas facile d’aller au cimetière pour enterrer ma maman et tout en continuant de te chercher. On me dira que tu as fait quelque chose de très méchant et que tu es en punition. Si tu avais su à quel point j’allais passer ma vie à tout faire pour éviter de faire des choses méchantes ! J’avais si peur des punitions… mais j’avais surtout peur d’être comme toi.

 

Urgence 9-1-1

Tel-Jeunes

Cycle de la violence conjugale

SOS Violence conjugale

Violence conjugale, Gouvernement du Québec

Centre d’aide aux victimes d’actes criminels

Educaloi – Violence conjugale

 

Les gars, faut que ça arrête! – Texte : Etienne Boulay

Je pense qu’après 7 féminicides en 6 semaines, y’est temps qu

Je pense qu’après 7 féminicides en 6 semaines, y’est temps qu’on ait cette discussion-là, entre gars. Évidemment, ce message-ci ne s’adresse pas à tous les hommes. Mais si :

Ça t’arrive de prendre du temps dans ta journée pour essayer de rentrer dans le compte Facebook de ta blonde pour savoir à qui elle parle, c’t’à toi que je m’adresse.

Si aussitôt qu’elle a le dos tourné, tu fouilles dans son téléphone cellulaire pour savoir si elle te trompe, c’t’à toi que je parle.

Si t’es le genre de gars qui lui demande de se changer parce que tu trouves que son kit est trop révélateur… c’t’à toi que je parle.

Si tu lui dis que sa famille pis ses amis, c’est de la marde pis qu’elle est chanceuse en maudit de t’avoir toi… parce que t’sais sans toi, elle en arracherait pas mal. Qu’elle serait rien. Si tu tasses tout le monde autour d’elle petit peu par petit peu… c’t’à toi que je parle.

Si quand t’es pas d’accord avec elle, tu hurles ou tu fesses dans le mur pour lui faire peur, pour qu’elle te donne raison… c’t’à toi que je parle.

La violence physique c’est une chose. Mais faut pas oublier sa petite sœur, la violence psychologique. Elle est sournoise. T’as peut-être même l’impression qu’est pas si pire que ça. Mais si tu ne fais rien pour la combattre, cette petite sœur-là, elle finit par grandir pis éventuellement, elle rejoint l’autre.

Pis j’en entends déjà me dire qu’il y a des femmes aussi qui agissent comme ça. Ben oui, c’est vrai. Mais y’a un rapport de force ici, on se contera pas de menteries. C’est quand la dernière fois que t’as entendu dire qu’un homme a été tué dans une histoire de violence conjugale ? C’est sûr que c’est déjà arrivé, mais si on sort les statistiques, je pense pas que ça va être proche. On se comprend, hein ?

Gère tes insécurités mon gars. Gère ta dépendance affective. Gère ton estime de toi. Tu mérites d’être fier de toi quand tu te regardes dans le miroir. T’as un problème. Pis y’a juste toi qui peux le régler. Y’a pas une femme au monde qui va pouvoir le faire à ta place.

Des fois, on va se le dire aussi, c’est que tu projettes sur ta blonde ton propre comportement. C’est pas parce que toi tu fais des trucs par en arrière qu’elle fait comme toi. On se comprend ?

Si quand tu parles à tes chums, tu te plains que ta blonde, c’t’une folle. Pis que ton ex aussi c’t’une folle. Pis que l’autre d’avant aussi, c’était une folle, devine quoi ? Y’a un dénominateur commun ici. C’est toi le problème. Pis tant que t’en auras pas conscience et que tu l’auras pas réglé, ta prochaine blonde pis l’autre d’après aussi, tu vas trouver qu’elles sont folles.

Tu peux pas traiter ta blonde d’une façon devant les gens pis à porte fermée, la traiter autrement. Ou être cool avec elle 95 % du temps pis l’autre 5 %, la traiter comme d’la marde. C’est sérieux ces comportements-là : même si ça arrive pas souvent. Même si c’est juste une fois de temps en temps : « Ah… c’est parce que j’étais fatigué. Ah… c’est parce qu’elle a dit quelque chose qu’il fallait pas. C’est parce que je vivais du stress ». Non mon gars, c’est parce que tu sais pas comment gérer tes émotions.

Je le sais, on est mal faits des fois, les gars. C’est peut-être le bagage qu’on traîne des générations passées : toutes les émotions négatives, on les vit toutes sous forme de colère.

T’es triste ? « Je suis en tabarn* ». Non t’es pas en tabarn*, t’es triste.

T’es déçu ? « Je suis en maudit ».

T’es insécure ? « Je suis en maudit ».

Être tough, c’est pas de lever le ton pis de lui imposer tes désirs pis ta vision. C’est pas de la blâmer pour tes insécurités pis le bagage que tu traînes. Être tough, c’est admettre que ça va pas. Admettre que t’es pas bien. Ça se peut que tu sois pas heureux avec elle. J’ai été dans une relation ultra toxique, vécu toutes sortes de frustrations, de déceptions et d’injustices. Après un bout à me faire vivre ça pis à pas être fier de moi après des chicanes, j’ai décidé de me choisir. J’ai décidé de me respecter. Ça se peut que tu ressentes toutes sortes d’émotions négatives pis que tu sois malheureux quand t’es avec elle. Y’a rien ni personne qui t’empêche de la laisser pis de sacrer ton camp.

Être tough, c’est pas facile. Parce qu’être tough, c’est se responsabiliser. Arrêter de la blâmer pour TES problèmes. T’es responsable de tes actions. T’es responsable de tes réactions. Pis t’es responsable de la gestion de tes émotions.

Des gars tough, avec des backgrounds pas faciles, qui ont été élevés dans des environnements malsains, j’en connais. C’est aussi des gars qui ont brisé le cycle de violence dans lequel ils ont grandi. Pis ils sont devenus des hommes : des maris, des chums, des papas encore plus extraordinaires grâce à leur vécu.

Pour tous les bons gars qui écoutent, je peux pas vous blâmer de ne pas vous sentir concernés. Mais voici où et comment on a besoin de vous. Si vous soupçonnez un de vos chums d’agir de la sorte, faut que vous lui parliez. Le message, le changement, y vont arriver pour vrai quand on n’acceptera pas qu’un autre gars agisse comme ça. Vous ne le laisseriez jamais parler de même à ses enfants hein ? Ben c’est la même chose pour sa blonde. Si quelqu’un traitait votre mère comme ça ? Ou votre sœur ? Ou votre fille ?

Regardez-vous dans le miroir ce soir, pis soyez francs avec vous-mêmes.

Parlez à vos chums

Parlez à vos garçons.

Aux Alouettes, on avait une règle : « If it’s one of us, it’s all of us. » Si c’est un de nous, c’est chacun de nous. Si on sortait un soir et qu’un des nôtres se mettait dans la marde, peu importe la situation ou l’attitude de marde d’un gars, c’était la faute de tout le monde. Parce que c’était notre job de se protéger mutuellement. Ben là, c’est le temps de faire la même chose comme société.

Va chercher de l’aide si t’en as besoin, ça presse.

Des ressources, il y en a à travers la province au complet. Suffit d’une petite recherche Google et le tour est joué.

Urgence  9-1-1

SOS violence conjugale 1 800 363‑9010

À cœur d’homme 1 877 660‑7799

Fédération des maisons d’hébergement pour femmes

Dans la région de Montréal :

Centre de ressources pour hommes de Montréal 514-355-8300

Faut que ça arrête.

Passer de l’ombre à la lumière

Une personne victime de violence amoureuse n’en parle pas. Elle se sent incomprise et jugée. Elle

Une personne victime de violence amoureuse n’en parle pas. Elle se sent incomprise et jugée. Elle a honte. Ne jouons pas avec les mots : elle se sent conne. Surtout d’y avoir cru si longtemps et d’être revenue auprès de lui à maintes reprises. Elle va garder ça pour elle dans l’espoir que tout finisse par s’arranger, revenir comme au début. Il arrive à faire sortir la partie la plus sombre, la plus noire d’elle-même. Elle croit mériter ce qui lui arrive.

Puis, un jour, elle finit par abdiquer. Il ne changera pas. Maintenant, elle sait. Mais maintenant, elle est détruite par dehors parfois, mais surtout par en dedans. Elle est terrorisée. Et si ça ne s’arrêtait jamais même après la rupture? Elle n’a plus l’énergie de s’en sortir. C’est exténuant de se chicaner jour et nuit et d’être en hyper vigilance constamment. Elle a de la difficulté à réfléchir. Elle ne sait même plus qui elle est ni vers qui se tourner. Elle est isolée. La dernière chose qu’elle a besoin d’entendre, c’est que l’homme qu’elle s’est entêtée à aimer, le père de ses enfants, est un salaud. Elle a juste besoin d’être écoutée et comprise sans jugement. De savoir qu’elle peut compter pour et sur quelqu’un, parce qu’elle a sincèrement l’impression d’être seule au monde à vivre ce qu’elle vit.

Maintenant, toi qui t’es reconnue dans ce texte : débarrasse-toi de cette culpabilité qui te ronge. Ce n’est pas à toi d’avoir honte. Tu n’es pas conne. Cette violence ne t’appartient pas, tu ne la mérites pas. Ce n’est pas de ta faute. Tu n’es pas responsable. Les hommes ne sont pas tous pareils. Tu vas mettre beaucoup de temps à t’y habituer, mais ton homme à toi, celui qui va t’aimer à ta juste valeur, même quand vous allez être en colère, il ne lèvera jamais la main sur toi, ne cherchera pas à t’humilier. Il te fera confiance, sera doux et attentionné. Promis, il existe. Tu mérites de marcher sur un nuage et non sur des œufs.

Tu n’es pas seule. Fais-toi confiance. Sors de l’ombre.

 

SOS Violence conjugale

1 800 363-9010

 

Krystal Cameron

Cette confidence…

Il y a un an, tu as quitté le quartier. Dans le tumulte, dans le ch

Il y a un an, tu as quitté le quartier. Dans le tumulte, dans le chaos.

J’ai entendu des voisins parler des voitures de police. J’avoue, j’étais sous le choc.

Cela t’a pris quelques jours à répondre à nos messages, à nous rassurer. Nous avons tous eu peur pour toi. En fait, nous avions peur en ignorant pourquoi. Que s’était‑il passé cette fameuse nuit?

Les hypothèses les plus sombres ont émergé. Et si mon amie faisait partie de ces femmes? Non, impossible. Elle est si énergique, si fière, si sûre d’elle…

Et lui… se pourrait-il qu’il se soit laissé emporter? Qu’il ait fait une gaffe, un soir? Lui, si solide, confiant…

Nous avons été patientes. Il aura fallu un an pour que tu te sentes prête. Prête à nous revoir, prête à nous dévoiler pourquoi, cette nuit‑là, tu avais quitté le quartier avec tes deux enfants. Ta confidence, je la redoutais.

Si toi, tu étais prête, je crois que moi, je ne l’étais pas. Au lendemain de cette confidence, je me demande si j’ai manqué à un moment ou à un autre. Aurais‑je dû voir ce qui se tramait? Quelque chose en moi me disait que ça n’allait pas, mais jamais je n’aurais imaginé pareil dénouement. Jamais.

Ton histoire nous rappelle que la violence, c’est insidieux, ça ne se mesure pas au nombre d’ecchymoses, que les blessures au cœur laissent des cicatrices bien plus grandes.

Il t’en aura fallu du courage pour tout quitter, pour te reconstruire, pour renaître.

Accepter de jongler avec un budget serré. Devoir rebâtir son nid. Fournir à tes enfants un milieu accueillant, réconfortant. Avouer tout cela à tes copines, un an plus tard.

Mon amie, je te souhaite des douceurs à l’infini…

Rappelle-toi que nous sommes toutes là pour toi. ❤️

Rappelle-toi combien tu es une femme exceptionnelle. 🌸

Merci d’être revenue… Je t’aime xxx

Eva Staire

Il faut que tu partes

Belle amie,

Tu es tombée amour

Belle amie,

Tu es tombée amoureuse, pis d’aplomb. Qui peut t’en vouloir? Ce n’est pas tous les jours qu’on tombe en amour.

Même si ton instinct t’envoyait des signes à ce moment‑là, tu as foncé. Qui peut t’en vouloir? Ce n’est pas tous les jours qu’on tombe en amour.

Peu à peu, ton sourire s’est effacé.

Peu à peu, ta joie de vivre s’est effacée.

Peu à peu, tu t’es effacée.

D’un œil intérieur, il n’y a rien d’évident, alors tu t’es abandonnée et ça lui rend service.

D’un œil extérieur, tout est si évident, alors je ne t’abandonne pas, parce que ce serait de lui rendre service.

Je sais que je peux te faire du mal avec ma vérité toute crue, mais je continue. Ça fait son bout de chemin dans ton esprit, et c’est la seule chose que je peux réellement faire pour t’aider. Je ne veux pas te faire de mal, mais je n’ai pas le choix parce que j’ai peur pour toi.

Je ne me pardonnerais jamais de voir ta p’tite face aux nouvelles avec, en dessous, écrit : drame conjugal. Alors je persiste…

Il s’est assuré d’être ton oxygène pour que sans lui, tu aies l’impression de ne plus pouvoir respirer. N’oublie jamais que la fille que j’ai connue respirait toute seule, alors je sais que tu n’as pas besoin de lui pour ça.

Tu ne peux le sauver, arrête d’essayer. Mets cette énergie‑là pour te sauver toi‑même.

Tu ne peux l’excuser, arrête d’essayer. Mets cette énergie‑là à être plus douce envers toi‑même.

Alors je te le répète :

Quand tu seras prête, pour ton toi, ton bonheur, ton bien‑être, ta santé mentale et ta sécurité… il faudra que tu partes.

Ce ne sera pas facile, mais je serai là, ta famille sera là et tous les autres qui tiennent à toi aussi. Peu importe le temps que ça te prendra, je serai là.

Surtout, souviens-toi : la lune de miel ne dure jamais bien longtemps.

Je t’aime.

Pour toutes les femmes vivant cette situation, peu importe la forme, vous n’êtes pas seules.

Appelez : Ligne S.O.S. Violence conjugale : 1 800 363-9010

http://www.scf.gouv.qc.ca/violences/violence-conjugale/

 

Eva Staire

 

La promesse

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J’aimerais vous dire que cette histoire est une histoire. Mais non. C’est mon histoire vraie. 

 

Tu fais quoi quand le désespoir te frappe et que tu réalises que même avec un enfant d’à peine un mois, son comportement ne changera pas et que tu sors en catastrophe de la maison avec ton enfant contre toi, te retrouvant dans la rue à marcher de long en large, le corps et la tête en panique parce que tu réalises que tu veux fuir, mais qu’à force de céder à l’abus financier, tu es sans le sou, que tu n’as plus de travail, pas de voiture, que tu es isolée et complètement coupée du monde extérieur et que tu gardes en secret la réalité dans laquelle tu vis bien enfouie au fond de toi et que tu t’es habituée à rester dans le silence…

Eh bien, tu commences par regarder cette enfant qui vient de naître et tu constates toute la vulnérabilité de ce petit être complètement à la merci de son monde extérieur. Tu en fais ton levier, tu te rappelles ce privilège et tu prends l’engagement : «Jamais tu ne vivras ce que j’ai vécu. Tant que je serai ta mère, jamais je ne te laisserai vivre dans la violence. Je te promets de tout mon être de t’offrir un milieu sain et sécuritaire dans lequel tu pourras t’épanouir et apprendre à briller de tous tes feux.»  Tu ne sais pas comment faire, mais tu lui promets et tu ne perds pas de vue cette promesse…

Mais tu fais quoi quand, malgré la promesse, graduellement, insidieusement, le sentiment d’impuissance prend toute la place à cause de ses manipulations perverses, de son harcèlement en continu, de ses «Crisse de pas bonne» quotidiens et de ses menaces de «Crisse ton camp et je te fais la peau»… et tout ce que tu sembles savoir faire est de garder le silence parce que tu sais que c’est la seule façon de contrôler les crises, et que tu t’étends sur le lit et le laisses faire ce qu’il a à faire… Quand ton estime part en fumée, mais qu’heureusement, après ces sacrifices de toi-même vient un moment de répit… alors tu t’en sers et tu te souviens de la promesse que tu as faite à cette enfant. Tu choisis donc de faire un petit «grand» pas…

Tu commences à en parler… Mais pas à n’importe qui, tu veux te protéger et tu veux agir avec délicatesse. Tu en parles donc spontanément à l’infirmière du CLSC qui est venue te rendre visite un lendemain de crise. Tu craques, tu baisses les armes et la peur dans les yeux, tu lui dis : «J’ai besoin d’aide.»

Avec courage, tu suis les directions qui te sont proposées, mais le cœur serré parce que la DPJ intervient et tu as peur de perdre ton enfant. Tu es déstabilisée et tu n’es pas convaincue à cause du lavage de cerveau que tu as reçu pendant des années qui t’a fait normaliser la violence et t’a coupée de ton senti. Tu collabores quand même, alors tu sors de la maison avec ton bébé naissant, tu écoutes les intervenants t’éduquer sur la violence conjugale, tu vas aux rencontres hebdomadaires qui te sont imposées et, malgré ces efforts, il réussit avec son charisme légendaire à te convaincre et à te faire entendre ses promesses à travers ses menaces que tu n’entends plus. Tu retournes à la maison parce que cette fois-ci, tu as une impression d’être en pleine possession de tes moyens et tu te crois capable de transformer tout cela en un portrait de famille harmonieux. Tu as l’impression de remplir ta promesse…

Mais tu fais quoi quand tu réalises que ses promesses à lui n’étaient qu’un feu de paille et que tu réalises que rien n’a changé à part son comportement qui est devenu de plus en plus insidieux, jusqu’à te faire douter de ta santé mentale, et que tu fais le constat amer que tu n’es plus que l’ombre de toi-même… Quand tu te tapes dessus, tu as honte, tu veux te cacher, tu vois ton existence s’effriter et tu veux disparaître, mais tu entends ton enfant pleurer au loin et tu te souviens de ta promesse…

Alors tu choisis la vie, sauf que maintenant, tu te sens mourir et tu as peur de mourir en quittant cette relation. Mourir en dedans, mourir en dehors… Eh bien, tu te dis que tant qu’à mourir, aussi bien tenter ta chance de partir. Alors tu décides, intérieurement, secrètement, de quitter coûte que coûte cette relation. Tu tiens à remplir cette promesse, tu te prépares et tu uses de stratagèmes.

Sauf que dans ce nouveau choix, tu es confuse; la peur est omniprésente, c’est le néant total, tu te sens épuisée et impuissante, mais tu es responsable de cette enfant. C’est donc non négociable, tu te rappelles ta promesse.

Alors, sans trop savoir comment, tu cesses de te battre, tu te regardes en pleine face et tu acceptes le constat de ta vie. Tu entreprends donc le plus grand voyage que tu aies connu : tu sautes dans ce vide en toi et tu réalises tout ce manque d’amour présent en toi, pour toi. Tu rencontres tes regrets, tes déceptions, tes culpabilités. Tu pleures, tu piques tes crises, ça fait mal, mais au moins, tu t’entends et ça, ça te fait le plus grand bien.

Petit à petit, cet espace se comble avec l’amour que tu commences à te donner. Un sentiment de confiance s’installe et tu arrives à choisir la foi au-delà du doute qui persiste. Tu continues à plonger en toi, à écouter et considérer ce que tu ressens en toi, et tu commences à agir en fonction de ce qui se passe en toi uniquement. Tu apprends, discrètement, à prendre soin de toi. Tu décides enfin de te montrer loyale envers ce qui est important pour toi et graduellement, tu agis en conséquence et la vie te montre le chemin, fluidement, jusqu’au jour «J».

Ce jour-là, à force de te choisir et sans rien forcer, le courage arrive et tu lui annonces que tu pars. Tu ne le quittes pas, tu pars parce que tu te choisis et tu sens que c’est ce que tu as à faire. Mais ça, lui, il ne le comprend pas. Ses réponses donnent froid dans le dos et son comportement te foudroie et te traumatise, mais tu gardes le focus parce que maintenant, tu sais qu’en maintenant le cap sur ce qui se passe en toi, l’erreur est impossible. Parce que tu t’es rapprochée de ton senti, tu es capable de ressentir l’épée de Damoclès au-dessus de ta tête qui ne permet aucune «erreur émotionnelle» et tu ressens le danger. Alors tu agis en conséquence.

Tu tends donc la main pour que l’on t’aide. L’artillerie au complet se présente : policiers, intervenants, DPJ, travailleuses sociales, avocat, maison d’hébergement, CAVAC, IVAC, psychologue, psychiatre, inconnues, amis et nouveaux amis, tout se fait intensément, rapidement, mais fluidement, avec une synchronicité déconcertante. Tu t’es choisie, tu apprends donc que lorsque l’on se choisit, la vie répond à ton appel.  

Deux ans après ta séparation, après t’être retrouvée dans la rue avec ta fille, ton chien et quelques bagages, sans travail et en état de stress post-traumatique, tu fais les merveilleux constats que ce chemin à travers la violence t’a apportés comme apprentissage : tu as appris que tu as aussi droit au bonheur, que tu as le droit de réaliser tes rêves et que c’est possible. Tu as maintenant en toi une foi si grande que le Tout Possible est à ta porte, attendant que tu lui demandes tout ce que tu veux…

Tu touches maintenant à ta liberté d’être et ça, personne ne pourra te l’enlever parce que tu as découvert l’antidote à la violence : l’amour de soi. Plus jamais tu ne te soumettras ou ne te rendras victime de la violence, parce que par amour pour toi, tu sauras prendre soin de toi et faire les choix appropriés. Dans un contexte que tu croyais hermétique à l’amour et où tu te croyais indigne d’être aimée, eh bien, l’amour a toujours été présent et il a réussi à percer les murs de la peur et du doute comme le soleil qui brille derrière les nuages et qui finit toujours par réapparaitre. Mais t’en souviens-tu maintenant? Regarde ta fille et vois : tu as tenu promesse…

B<3

 

Au nom du père

Aujourd’hui c’est la fête des Pères. De TOUS les Pères.

Aujourd’hui c’est la fête des Pères. De TOUS les Pères.

Les jeunes, les vieux, les nouveaux, les bons, les beaux, les absents.

Oui, c’est ta fête aussi, toi, le père de mon enfant. Toi qui ne l’as jamais voulu. Toi qui, maintenant, revendiques tes droits au nom du Père, du Fisc et du Mâle démis.

Oui, toi! C’est ta fête aussi. Du moins, selon le calendrier…

Alors pour ta fête, j’ai quelque chose à te dire, à toi que j’ai choisi pour être le père de mon enfant. Ou devrais-je dire que la vie a choisi, car quand j’y repense, ce n’est pas TOI que j’ai choisi, c’est la vie de notre enfant, en refusant d’avorter alors que ce petit bout de nous avait décidé de s’installer dans mon ventre sans être désiré. Une conception maculée de parjures au nom du Père, du lit et de ton Sacrosaint pénis.

Oui, je le confesse sans honte désormais. Notre enfant n’est pas le fruit de notre amour. Il est le pêché originel qui a donné le coup de grâce à ce qui me restait d’amour-propre. Il est à la fois ma damnation et ma rédemption pour les souffrances que cette relation toxique a stigmatisées dans mon être, au nom du Père, du Vice et du Mal appris.

Je t’entends déjà me dire que je confonds encore conjugalité et parentalité. Que nos histoires de couple et la violence que tu m’as fait subir pendant nos dix ans de vie commune n’ont rien à voir avec notre enfant. Que c’est pour qu’il ne soit plus témoin de cette violence que tu m’as quittée dans une autre démonstration de la puissance de ta colère à laquelle notre enfant a encore assisté, au nom du Père, du Vil et du Sang vomi.

Tu m’as quittée, mais cela n’a pas mis fin à ton comportement violent envers moi, parfois encore devant notre enfant. Mais plus souvent, de façon sournoise et tout aussi efficace, sous couvert de la loi. Je suis soulagée, cependant, que notre enfant soit moins directement exposé à tes instincts destructeurs envers sa mère. Mais ne t’attends quand même pas à ce que je te donne ma bénédiction au nom du Père, du Fils et de l’ex soumise.

M’avoir quittée ne fait pas de toi un meilleur père. Même si tout au long de ces années de vie commune, tu as tenté de me convaincre que tout était de ma faute, et en particulier ton comportement envers moi. Que c’était moi qui faisais ressortir le méchant en toi. Que je suis une mauvaise mère parce que je tente de protéger notre enfant de son père. À t’écouter, je devrais me faire exorciser au nom du Père, du Psy et du Satirique.

Je te l’accorde, je suis maudite, car je partagerais toujours l’autorité parentale de cet enfant avec toi. Pour le meilleur et surtout pour le pire. Tu es son père. Légalement et biologiquement. Cela ne fait pas de toi un Saint-Père pour autant. Le titre n’est pas la fonction. Mais au regard de la fête des Pères, je m’en remets au jugement dernier de notre Fils, au nom de la Mère, du Lys et du Sain d’esprit.

 

Eva Staire

 

Il était une fois, une princesse nommée Daphné…

Il était une fois, une princesse nommée Daphné. Fragile et jolie,

Il était une fois, une princesse nommée Daphné. Fragile et jolie, elle cherchait le prince charmant qui viendrait la délivrer. Il a surgi, grand et fort, pour la secourir et la protéger. Il l’aimait profondément, sa princesse. Si bien qu’un jour, il lui a enlevé la vie.

Daphné

Ce texte n’est pas un témoignage personnel. Il est simplement inspiré du drame survenu à Saint-Hilaire il y a quelques semaines. Le père de cette jeune fille et sa conjointe étant des connaissances de mon entourage, cette tragédie m’a particulièrement touchée.

Même si je les connais très peu, je peux me faire une bonne idée de leur chagrin et de leur vie qui s’est fracassée en miettes, le 22 mars. J’ai aussi une pensée et surtout, une bouffée d’amour pour le frère et la sœur de Daphné. Comment explique-t-on une telle calamité à des enfants?

Comme j’ai suivi l’affaire avec attention, je suis tombée sur le magnifique article de Patrick Lagacé dans La Presse (voir le lien ci-dessous). Ce dernier se demande si on parle suffisamment d’amour avec nos enfants. Ma réponse à cette question est non.

On présente souvent l’amour à nos enfants comme un conte de fées. On n’a qu’à penser à Blanche Neige et les sept nains ou à La belle et la bête. De jolies robes et des personnages attachants viennent embellir le tout. Présenter l’amour aux enfants de façon féérique est une bonne chose et bien sûr, lorsque l’amour en est à ses premiers balbutiements, il est léger et grisant.

Cependant, il faudrait écrire une suite. Ce second tome s’adresserait sans doute plus aux adolescents et adolescentes en quête d’amour. On expliquerait alors que l’amour est fait de petites et de grandes concessions, qu’il s’use sur les bancs du quotidien et qu’il se perd dans les horaires trop chargés.

Dans la vie de tous les jours, Elsa et Anna perdent un peu de leur magie et Aladdin devient un peu moins romantique. Il faut soigner et cajoler l’amour pour le faire durer. Il ne faut surtout pas le tenir pour acquis.

Il faudrait ajouter un troisième tome, dans lequel on expliquerait aux jeunes et moins jeunes que si l’amour peut vous transporter au septième ciel, il peut aussi vous blesser jusqu’au tréfonds de l’âme quand il meurt. Il peut vous donner des ailes à sa naissance, mais vous broyer les tripes lorsqu’il s’éteint. On a alors le sentiment de mourir avec cet amour et de n’être plus rien.

Blessée, la Princesse au Bois dormant peut vite devenir fragile et vulnérable, ou encore se transformer en méchante Cruella. Quant au prince charmant, il peut se changer en tout petit crapaud ou muer en dangereux dragon.

Finalement, il serait primordial que cette série de contes se termine en insistant sur ces propos : les peines d’amour finissent par guérir, et laisser partir quelqu’un qu’on aime est un geste d’amour en soi. Tout comme l’indique Patrick Lagacé dans son article, il faut du temps et rien d’autre.

Les jeunes doivent savoir que même si on a l’impression de mourir lorsque l’amour nous quitte, on en sortira plus fort. Une fois la douleur apaisée, on revit, et ceci, sans avoir besoin du baiser glorieux d’un Shrek.

Pour ce qui est de princesse Daphné, aucun prince charmant ne viendra la réveiller… malheureusement. Toutefois, du haut de son ciel, elle veillera sans doute sur un tas de fillettes pour que leur conte de fées se termine par :

Elles vécurent heureuses et eurent… beaucoup d’enfants droits au respect et à la dignité.

Pour l’amour de vos enfants et de toutes celles qui, comme Daphné, ont perdu la vie au nom de l’amour; PARLEZ-LEUR D’AMOUR!

En terminant, je souhaite mes condoléances les plus sincères, mille condoléances et tout autre sentiment de paix et d’amour aux proches de Daphné Boudreault.

Isabelle Lord

Voici le lien pour lire le texte de Patrick Lagacé dans La Presse

http://plus.lapresse.ca/screens/2dde3bcc-0151-4dbd-acb8-dd6ba3f35785%7C_0.html

 

QUAND L’AMOUR REND MALADE

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De plus en plus de drames conjugaux frappent la population. Les journaux débordent d’histoires d’ex-conjoint jaloux qui enlèvent la vie de leur ex-conjointe, de pères qui tuent leur enfant avant de s’enlever la vie ou encore d’histoires de violence conjugale. Les médias sociaux, journaux et nouvelles à la télévision accordent à ces histoires une attention démesurée. Quelques fois, je me dis qu’il faudrait arrêter d’en parler autant pour ne pas donner des idées de fous à certains.

Mais il m’arrive aussi de me dire qu’à force d’en parler, ça peut ouvrir les yeux à certaines futures victimes qui pourraient prendre le taureau par les cornes et contacter les services d’aide avant qu’il ne soit trop tard. Je suis donc mitigé sur l’attention médiatique accordée à ces tragédies humaines qui font beaucoup plus d’une victime à la fois. Oui, plus d’une victime, car en plus de la victime qui y laisse sa vie, il y a, dans ceux que je considère comme victimes, la famille de la victime, la famille de l’agresseur et l’entourage de ces derniers. Ils sont victimes du geste et leur vie à eux aussi sera marquée à jamais.

J’ai été élevé en apprenant que pour être en couple, l’amour doit être réciproque entre deux êtres humains et que l’on ne peut forcer une personne à en aimer une autre. J’ai aussi appris que l’amour est supposé être agréable et sans pression. J’ai, comme probablement tout le monde, eu de grosses peines d’amour à l’adolescence. J’ai aussi compris qu’insister ne donne rien et comme je l’ai dit plus tôt, on ne peut forcer une personne à en aimer une autre. L’amour rend heureux, mais l’amour peut aussi faire mal, très mal.

De par mon métier, j’ai été témoin d’épisodes de violence conjugale à la tonne. De la simple agression verbale, en passant par les agressions physiques comme des coups de poing, jusqu’à une victime qui est morte dans mes bras en attendant l’ambulance après avoir reçu un nombre incalculable de coups de couteau de son mari. J’en ai vu plus que j’aurais voulu en voir.

Je ne suis pas expert, spécialiste ou consultant dans le domaine, mais je peux vous dire qu’avec mon expérience, la violence conjugale s’installe souvent tranquillement et progresse graduellement. Quand je parle aux victimes de violence conjugale, je leur parle d’escalade à venir. Il est difficile de leur faire entendre raison, car suite aux premières escarmouches, le conjoint redevient gentil et s’excuse en promettant que cela ne se reproduira jamais plus et qu’il regrette profondément. Il dit qu’il a fait ça parce qu’il l’aime trop. Une fois pardonné, c’est là que le processus risque de s’enclencher. L’homme violent prendra confiance et verra qu’il peut être pardonné.

J’ai donc envie ici de parler aux agresseurs, agresseurs en devenir ou simplement conjoints jaloux ou contrôlants. Je ne porterai aucun jugement envers vous. Je sais que la plupart d’entre vous ne sont pas fiers de vos agissements et que vous aimeriez être capables de vous contrôler. Je sais aussi que c’est plus fort que vous et que dans vos moments de colère, vous pensez que c’est de sa faute et que, sachant comment vous êtes, elle fait tout pour vous mettre hors de vous. NON, ce n’est pas de sa faute.

Il existe de l’aide pour vous. N’attendez pas d’avoir commis l’irréparable avant de demander de l’aide. Il n’y a pas de honte à tendre la main et à demander de l’aide. Vous aussi avez le droit d’être heureux. Aller chercher de l’aide pour guérir ces comportements inacceptables vous permettra de trouver le chemin vers le bonheur à deux. Souvenez-vous que si vous l’avez aimée autant que ça, c’est que c’est une bonne personne. Aimer quelqu’un, c’est lui vouloir du bien, c’est vouloir la savoir heureuse, avec ou sans nous.

Chaque fois que vous dénigrez votre conjointe, chaque fois que vous tentez de prendre le contrôle d’elle, chaque fois que vous la frappez, vous vous enfoncez tranquillement dans un engrenage. Je donne souvent en exemple que, quand on déboule un escalier, on n’a pas besoin de se rendre jusqu’en bas pour réaliser qu’on le déboule. Si on a une chance de s’accrocher à un barreau en chemin pour ne pas débouler jusqu’en bas et se cogner au plancher de béton, on va automatiquement le faire. Bien, c’est la même chose avec la violence conjugale : n’attendez pas de vous rendre au bas de l’escalier et de vous cogner fort avant d’aller chercher de l’aide.

·    Si vous avez tendance à humilier votre conjointe et à lui crier après en la traitant de noms pour lui faire comprendre qu’elle n’a que vous et qu’elle ne trouvera jamais mieux, allez chercher de l’aide.

·    Si vous avez tendance à contrôler physiquement votre conjointe pour lui faire comprendre que c’est vous qui menez, allez chercher de l’aide.

·    Si vous faites des crises de jalousie à votre conjointe parce que vous manquez de confiance en elle, allez chercher de l’aide.

·    Si vous avez tendance à la pousser, la frapper ou encore la menacer de le faire, allez chercher de l’aide.

·    Si vous sentez souvent la colère monter au point de vouloir la frapper, mais que vous réussissez encore à vous contrôler, allez chercher de l’aide.

·    Si vous voulez contrôler ses allées et venues et lui demandez constamment de vous rendre des comptes sur ce qu’elle a fait, allez chercher de l’aide.

Si un homme de votre entourage semble avoir ce genre de comportements, parlez-lui. Ne fermez pas les yeux. Encouragez-le à aller chercher de l’aide.

C’est en en parlant et en brisant le silence qu’on peut aider. En partageant ce texte sur vos réseaux sociaux, il y a de fortes chances qu’une personne ayant besoin d’aide ait la chance de le lire. Qui sait la différence que VOUS pourriez faire!

N. B. Le masculin dans ce texte peut autant s’appliquer au féminin. La violence conjugale n’a pas de sexe défini.

Lien utile : http://www.acoeurdhomme.com/besoin-daide

Yanick Bissonnette